La Brigade des loups - Episode 4
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Description

2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.


Mikaï et Vasile, capitaine de la Brigade, fuient à travers la Roumanie, aidés par la Résistance. Le procès de Vasile sert de prétexte au gouvernement pour augmenter la pression sur les lupins, et surtout sur les Brigades des loups. La Roumanie, terre de refuge des lupins, le restera-t-elle encore longtemps ?

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 20
EAN13 9782364752177
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Lilian Peschet
La Brigade des loups
Épisode 4

Éditions Voy’el
Collection E-courts
Présentation
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.

Mikaï et Vasile, capitaine de la Brigade, fuient à travers la Roumanie, aidés par la Résistance. Le procès de Vasile sert de prétexte au gouvernement pour augmenter la pression sur les lupins, et surtout sur les Brigades des loups. La Roumanie, terre de refuge des lupins, le restera-t-elle encore longtemps ?
La Brigade des loups
Épisode 4
Les rideaux baissés, je médite,
à ma table de sapin,
devant l’âtre noir qui palpite,
de nouveau pensif et vain.
En vols pressés voici que passent
de douces illusions,
ou criards des souvenirs chantent
comme aux ruines les grillons.

Ils tombent caressants et graves,
goutte à goutte en mon esprit,
ainsi que se fond une cire
aux pieds d’un vieux crucifix.


Extrait de Solitude, poème de Mihai Eminescu. {1}
Mikaï, membre de la Brigade des loups.
Tout autour de Bucarest, des champs. Moissonnés. À ras.
Impossible de s’y cacher.
Ensuite, des bois. Malades. Des troncs minces. Espacés. Des branches fines. Acérées. Qui griffent le visage.
Enfin, la glaise. Lourde. Boueuse. Jaune. Mauvaise.
J’évite les routes. Je vais de ferme en ferme. D’usine en entrepôt. Les chiens aboient. Les hommes jettent des coups d’œil. Je me tapis. J’attends. Ils s’en vont. Je reprends ma course. Dans la nuit. Sous la pluie. Trempé. Mais libre. Enfin libre. Avec la police de la capitale à mes trousses.
Je les sens. Une vingtaine d’hommes. Et des chiens. Et l’huile. L’huile de leurs armes à feu. Pistolets. Fusils. C’est une traque. Une chasse au loup.
Je porte toujours le cap’. Il soupire. Il divague. Il grogne. Mais il ne bouge pas. Il est dans ses cauchemars.
Parfois, il tremble. Comme sous l’effet d’une fièvre. Il doit être malade.
Je suis blessé. Je ne saigne plus. La douleur est bien là. Mais supportable. J’ai retiré les balles. Puis je suis reparti. D’ici quelques heures, j’aurai cicatrisé. En attendant, j’avance. Direction la vieille Europe. Ses zones de non-droits. Son chaos. Son anarchie. Idéal pour se cacher. On ne nous retrouvera pas là-bas. Mais comment y parvenir ? Par quels moyens ? Rien n’était vraiment préparé. Comme la première fois. Lorsque nous avons quitté le laboratoire. Sauf que les temps ont changé. Le pays aussi. Les Roumains nous voudront vivants. Enfin je crois.
Mais je ne dois tuer personne. Pas cette fois.
La température a baissé. Les nuages se sont dispersés. Le soleil ne va pas tarder à se lever. J’ignore où l’on est. Mais nous avons besoin de repos. Au moins le temps de se sécher.
Je ne sens plus la police. Bon ou mauvais signe. Difficile de le dire.
Nous entrons dans une grange. J’allonge le cap’. Il se recroqueville sur la paille. Comme un nourrisson. Je deviens un loup. Et me roule en boule pour avoir chaud. Juste quelques minutes. Le temps de récupérer.
Je ferme les yeux. Le visage d’Hanz m’apparaît. Des années que je n’avais pas pensé à lui. Hanz… Il s’est sacrifié pour que je m’en sorte.
Je somnole.
À l’affût.

Hiver 1991.
Les bois sont denses. Les feuilles vertes. Des odeurs se mêlent. Humus. Champignons. Fougères. La vie. Et derrière nous, la mort. Les soldats courent. Ils tirent à vue. Les balles filent. Traversent des bosquets. Finissent dans les troncs.
Hanz part à droite. Il emprunte un sentier. Un chemin de chasseur. Il court aussi vite qu’il le peut. Je le suis tout juste. Ma poitrine me brûle. Mon cœur va exploser.
Nous sommes faibles. À cause des privations. Et des mauvais traitements.
D’un coup, il tombe. Il roule sur lui-même. Et il heurte un sapin. Je prends la forme semi-lupine. L’attrape. Et file à nouveau.
En contrebas, un ruisseau. Nous le traversons.
Puis plus loin, une cabane. Je passe la porte. Je jette Hanz. Et je nous enferme.
Je me plaque contre le bois. J’écoute.
Les soldats poursuivent. Le long du ruisseau. Je me retourne. Deux Allemands sont là. Un père et son fils. Ils sont dans un coin. Ils se blottissent l’un contre l’autre.
Pas le temps de réfléchir. La peur dicte mes gestes. L’horreur du laboratoire aussi. Je suis prêt à tout pour ne pas y retourner. À ne prendre aucun risque.
Et ils sont un risque.

Va me chercher le tracteur !
Le propriétaire sans doute.
On n’a pas la journée !
Je me dresse.
Derrière la porte, des chiens grondent. Le temps est venu de repartir.
J’attrape le cap’. Nous reculons par l’arrière.
Qu’est-ce qu’ils ont à gueuler ces clébards ?
Un coup vole. Le chien gémit. L’autre se tait. Méfiant.
Nous nous éloignons. Jusqu’à un sentier. Le tracteur démarre. Des voix de paysans. Ils ne nous ont pas vus. Ils râlent.
Nous filons plein ouest.
Et nous nous reposons. Toutes les huit heures.
Je somnole encore. Pour continuer la nuit. Des petits repos. Pour éviter de dormir. Mais la fatigue est là. Et mes souvenirs aussi.
Je ferme les yeux.
Et le passé revient.

Hiver 1991.
On s’habitue à fuir. Surtout quand ça dure.
Après une semaine, nous surveillons tout. Et tous.
Dans chaque village, c’est pareil. D’abord repérer la police. Les moyens de communication. Les routes. Comment fuir. Puis les endroits où se terrer. Les appartements à occuper. Les vieux à massacrer. Les poulaillers à voler. Les potagers à piller. Et repartir vite. Dans les vingt-quatre heures. Avant d’être découverts. Une itinérance mortelle. Remplie de sang.
Et l’armée a compris. Les soldats quittent les bois. Ils occupent les routes. Ils nous cherchent. Ils nous traquent. Nos visages sont placardés partout. Nous accélérons.
Nous avons laissé pousser nos barbes. Nous changeons souvent de vêtements. Nous cherchons à passer inaperçus. Nous nous cachons.
Nous nous déplaçons vite. En un mois, nous sommes près de la frontière allemande. Les soldats ont pris position. Des garnisons entières. Qui nous attendent. Qui nous veulent. Morts ou vifs. Surtout morts en fait.

Valeni est une petite ville. Petits lotissements. Petites maisons. Petits jardins. Les Roumains aiment ce qui est petit. L’espace leur fait peur.
Le soleil est presque levé. Les lampadaires s’éteignent. Nous pourrions approcher. Mais le risque est trop grand. Ce genre de ville possède un commissariat. Peut-être même une brigade. Ça vaudrait le coup de les appeler.
Je crie.
J’attends.
C’est le plus vieux moyen de communiquer. Entre loups.
Je crie à nouveau.
Une réponse. Au sud. Un peu en retrait. Nous attendaient-ils ? Appartiennent-ils à la Résistance ?
J’y cours.
Bringuebalé, inconscient, le cap’ gémit.
Nous approchons. Un petit bois. De ceux que les paysans laissent. Pour le chauffage.
Je crie à nouveau. Pour localiser le loup.
Il répond encore. Il est dedans. J’approche.
Une silhouette se découpe des arbres. Puis une seconde. Et une troisième. Et une quatrième.
Elles s’avancent.
Ce sont des hommes. Qui porte des masques. Et des combinaisons de combat. Des casques. Des protections.
Et des armes à feu.
Vasile, ancien capitaine de la Brigade des loups.
Elena ? Yuri ?
Les médecins, les injections, la colère, la fureur, la douleur, les murs blancs, les liens, l’urine, la merde, le sang, plein d’odeurs, et celles des autres membres, tout se mélange.
Une blouse blanche, une voix nasillarde : « Le traitement fonctionne ».

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