La Noxiance, tome 2
240 pages
Français

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Description

Les ténèbres ont frappé ! Désormais, la vie des Gardiens ne sera plus jamais la même. Mais le temps presse, ils ne peuvent pas se décourager. Non seulement, ils doivent gérer les conséquences désastreuses de l'attaque sur New York, mais en plus ils doivent faire face à un ennemi redoutable qui a recouvré toute sa puissance. Or, il s'est mis en quête de s'approprier les Livres des Sorciers qui contiennent tout leur savoir. Mais dans quel but ?


Les Gardiens vont devoir libérer Morsana afin de mener à terme la mission que les Doyens lui avaient confiée. Laquelle ? Et pourquoi la Vampire porte-t-elle une Goutte de Cristal autour de son cou ?


Découvrez le deuxième chapitre de la Noxiance et voyagez aux confins de l'Entremonde !

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Informations

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EAN13 9782379600128
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Guillaume Guégan
©Guillaume Guégan&Livresque éditions, pour la présente édition – 2018 ©Thibault Benett, Designer graphiste pour la couverture ©Aymeric Fernandez, Correcteur ©Jonathan Laroppe,Suivi éditorial & Mise en page ISBN : 978-2-37960-011-1 Tous droits réservés pour tous pays Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
Entremonde, Saison Blanche Cette fois, ça y est, le gouvernement magique perd peu à peu son influence. En obligeant tous les hauts responsables sorciers à se battre contre lui, Toby les a révélés aux yeux du monde. Ils ne pouvaient pas à la fois s’engager dans la bataille et jeter des sortilèges d’Amnésie sur la foule. De plus, aucun d’entre eux n’a pu éloigner les journalistes. La révélation de leur existence a fait le tour du monde. C’est une opportunité que nous devons saisir. Je vais essayer de l’exploiter. Après avoir recouvré mon corps et ma puissance, j’ai regagné mon château du Territoire Noir. Je regrette d’avoir perdu ma clé parce que, si je l’avais eue, j’aurais retrouvé mes forces bien plus tôt et j’aurais moi-même débarrassé le monde des Doyens. Je n’aurais jamais dû l’abandonner dans le château au terme de la Troisième Guerre. Je suis persuadé d’avoir entendu son appel, récemment. Je dois la récupérer... Avant de mourir, Toby n’a pas eu le temps de me livrer la Sphère du Temps... J’étais trop faible pour organiser notre rencontre ; sa mort m’a permis de reconstituer mon corps. La deuxième phase de mon plan va commencer et je ne crois pas qu’on puisse m’arrêter... Malerius
-Note de l’auteur-
Souvenez-vous : le Livre des Sorciers est un artefact qui s’autorédige au fil des événements, détaillant le monde des sorciers comme aucun autre auteur ne le pourra jamais. Je me suis heurté à quelques difficultés avant de pouvoir le consulter puisque, dans un premier temps, les sorciers s’y opposaient, mais mon ambition de présenter leur monde et leur Histoire à mes lecteurs les a finalement convaincus. Ainsi, j’ai pu en retranscrire certains passages pour vous. Remerciez le gouvernement magique !
-1-Les funérailles 29 décembre, Trinity Church, Manhattan, New York.
La ville tout entière s’attelait allègrement à la préparation du réveillon de la Saint-Sylvestre. Des panaches de fumée s’élevaient des cheminées ; chaque foyer s’enveloppait d’une douce chaleur. L’on pmets que l’on ne confectionnait qu’unerofitait de ces moments en famille et l’on jouissait des délicieux fois l’an. Pourtant, la joie ne régnait pas partout. Les flocons blancs virevoltaient et se posaient en silence dans le cimetière de Trinity Church, comme pour respecter la peine de la foule qui s’y amassait. Des parapluies d’un noir de jais pointaient çà et là au-dessus du vaste cortège. Tout près de l’entrée d’un caveau, aux portes coiffées d’un ange aux ailes déployées, l’assistance fixait avec attention une grande boîte en bois blanc. En atterrissant à la surface du cercueil, les perles de neige y déposaient de petites marques, pareilles à des larmes. Le ciel lui-même semblait pleurer la disparition de Tyler Tuckrey, un adolescent de dix-sept ans, assassiné trois jours plus tôt. Son père, James, portait un élégant costume sombre et des lunettes en écaille embuées. Ses mains, préservées du froid par des gants de cuir noir, effleurèrent le couvercle du cercueil. L’homme aurait souhaité offrir une cérémonie sobre et intime à son défunt fils, mais il n’avait pu se résoudre à interdire auxhomo sapiensde se réunir pour dire adieu à leur sauveur. Tyler, qui reposerait pour toujours dans le caveau familial, avait protégé la population new-yorkaise en triomphant d’un criminel qui cherchait à détruire la ville. Après quoi, le meurtrier comptait rapporter à son maître, Malerius – plus connu sous le surnom de Démon Millénaire –, un antique élément d’une rare puissance : le Pouvoir Ancestral. Si jamais quelqu’un venait à douter de toute cette histoire, il pouvait interroger l’une ou l’autre des personnes présentes au moment de la mort de Tyler. Toutes témoigneraient du courage de l’adolescent qui n’avait pas hésité à se sacrifier pour sauver ses amis et la ville tout entière. Les sorciers – ou encorehomo hexe, conformément au jargon scientifique – avaient longtemps vécu dans l’ombre des humains qui ignoraient leur existence jusqu’au 26 décembre dernier. Le terme « humains », peu approprié puisque les sorciers l’étaient aussi, avait toutefois été conservé pour se référer aux êtres dénués de magie, le qualificatif «sapiensen p e u esthétique e t tr op discriminant, selon  » s’avérant bi certains linguistes. Les sorciers ne menaient pas une vie sereine. Depuis des siècles, ils s’opposaient à leurs redoutables ennemis : les démons. On racontait que si ces derniers venaient un jour à disparaître, les sorciers cesseraient aussitôt d’exister. L’un des démons les plus tenaces était Malerius, même s’il avait longtemps fui, préférant se faire oublier de ses adversaires depuis la fin de la Troisième Guerre. Dans le plus grand secret, il avait perfectionné son plan, conçu des siècles auparavant, puis avait recruté Toby Carrera, devenu son Émissaire. Sa mission ? Assassiner les sept Doyens – les sorciers les plus sages et jadis les plus forts – afin de leur arracher un fragment du Pouvoir Ancestral que leurs prédécesseurs s’étaient partagé quatre cents ans plus tôt. Cependant, comme l’univers aime à équilibrer la vie, le Mal est forcément contrebalancé par le Bien ; ainsi naquirent trois jeunes sorciers, nés sous la même configuration
astrale que le Démon Millénaire. Ils furent élevés – plus ou moins ensemble – de manière à ce que, le jour venu, ils soient prêts à embrasser leur destin : empêcher l’Émissaire de s’emparer du Pouvoir Ancestral. On les nommait les Gardiens. Une quatrième Gardienne, Morsana, avait été désignée, qui menait une autre mission. Après qu’il eut obtenu le Pouvoir Ancestral, Toby – le cousin de Jarod Carrera, l’un des Gardiens – affronta plusieurs sorciers du gouvernement magique, puis les Gardiens en personne. C’est ainsi que Tyler perdit la vie. En l’offrant pour sauver ses amis, il brisa le Pouvoir Ancestral et en assimila une infime partie, ce qui lui permit d’accomplir le rituel de la Transe-Migration. Grâce à cela, Toby fut confronté à tous ses crimes et les remords l’anéantirent. Néanmoins puisque l’Émissaire avait déjà cédé son âme à son maître, la plus grande partie du Pouvoir Ancestral fut assimilée par Malerius qui retrouva un nouveau corps. Le combat titanesque opposant Toby aux Gardiens fut retransmis en direct et, ainsi, les humains découvrirent l’existence des sorciers. Aujourd’hui, donc, avaient lieu les funérailles de Tyler. Humains et sorciers étaient venus lui rendre hommage. Le cimetière accueillait tous ceux qui désiraient saluer le jeune homme une dernière fois. James avait toutefois refusé la présence des journalistes. Il essayait d’éviter les questions humiliantes qu’on pourrait lui poser, notamment à propos de l’endroit où il se trouvait quand le drame était survenu... Il ne se remettrait jamais de son absence ce fameux soir. Les remords rongeaient son âme, mais pour James, une autre personne était tout aussi responsable du sort funeste de son fils : Nééri Mc Gik. Le Conseiller Principal du gouvernement sorcier, l’un de ses plus hauts dirigeants, n’avait pas capturé le meurtrier à temps alors qu’il en avait eu le pouvoir. Tout ça pour respecter une vieille promesse conclue avec la mère de Toby, six ans plus tôt. James ne lui pardonnerait jamais d’être resté inactif. Il posa son regard glacial sur le vieil homme au visage abîmé par le temps et par les responsabilités de sa fonction. Ses yeux d’un bleu très clair, habituellement pleins de malice, avaient perdu leur éclat à cet instant. Ses cheveux blancs soigneusement coiffés témoignaient d’une certaine élégance tout comme sa stature, toujours forte malgré les années. Le regard perdu dans le vague, il songeait au défunt. Accrochée à son bras, son épouse, Shana, portait un épais manteau de laine. C’était une femme replète dont les cheveux roux, noués en un haut chignon, viraient au gris depuis plusieurs années. L’air toujours sympathique, elle était un peu la grand-mère qu’on rêvait d’avoir. Des larmes mouillaient ses grands yeux pâles. Tous les proches de Tyler se tenaient là, alors James s’avança pour s’adresser à eux : — Merci, dit-il d’une voix frêle et tremblante, merci à tous d’être venus dire au revoir à mon fils unique. C’est le deuxième membre de ma famille que je perds en deux mois. Sa femme, Sarah, avait été assassinée par un humain, ensorcelé par l’Émissaire. Tuckrey s’éclaircit la gorge et reprit : — Tyler était un... bon garçon. Il aimait les comics… Ses yeux balayèrent la foule, à la recherche d’un point où se fixer, d’une aide bienvenue, car lui ne savait pas quoi dire. Il vacilla un instant, accablé par cette prise de conscience : James était incapable d’évoquer Tyler parce qu’il ne le connaissait pas. Tous deux ne s’étaient jamais entendus ni appréciés, il fallait l’admettre. Lors de leur dernière journée ensemble, ils s’étaient affrontés et Tyler avait triomphé. — Oh, par les Chimères, je ne le connaissais pas... Je suis... Pardon, mon fils... Il se mit à pleurer pour la première fois depuis très longtemps. Jessica Erin, la mère de Sam – un autre Gardien –, rompit le cercle des proches pour réconforter James qui sanglotait. Nééri intervint : — Pardonnez-lui, je vous prie. La douleur d’un père est facile à concevoir, n’est-ce pas ? Ce genre de cérémonie est toujours propice aux éloges ou aux banalités en l’honneur du défunt. Néanmoins, proclamer que Tyler était un jeune homme profondément généreux n’est pas une platitude : c’est la vérité. Durant les derniers mois de sa vie, il s’est battu pour la justice (Nééri braqua machinalement ses yeux sur James, qui
comprit l’allusion) et pour contrer le Mal sous toutes ses formes. Autant de force et de qualités en une seule personne, c’est peu commun. Pour Jarod et Sam, ses meilleurs amis, il était plus que cela, c’était un frère. Au cœur de la foule, ceux-ci acquiescèrent. Jarod était plus grand et aussi plus carré d’épaules. Ses yeux bleus fixaient Nééri avec intensité, ses cheveux bruns se balançaient au gré du vent. Il tenait la main de sa petite amie Michelle. Sam rajusta ses lunettes rectangulaires sur son nez. Il écarta aussi les quelques mèches noires qui tombaient devant ses yeux marron tandis qu’il consolait l’ex-compagnon de Tyler, Max, complètement effondré. Leurs pieds étaient gelés, mais ils n’y prêtaient pas attention. — Leur amitié persistera par-delà la mort, poursuivait Nééri, j’en suis convaincu. Tyler chérissait la vie et sa bonne humeur était communicative. Son départ laisse un grand vide dans nos cœurs... Or, nous en avons deux. La plaisanterie fit sourire ceux qui l’avaient comprise. Kyle Smith, un agent du FBI, présent lors de la grande bataille contre Toby, renifla bruyamment, attirant sur lui le regard noir d’Elena Carrera, la mère de Jarod. Il s’excusa de sa grande émotivité, puis tendit l’oreille pour écouter la fin du discours de Nééri. Lorsque ce dernier eut achevé l’éloge funèbre, il regagna la foule et bientôt, les gens commencèrent à se disperser après avoir déposé une rose blanche au pied du cercueil. Shana Mc Gik accosta Jarod et lui tendit une petite fiole en verre qui renfermait un liquide bleuâtre. — Oh non, pas encore ! s’emporta-t-il. J’ai plus mal. Ce n’était pas tout à fait vrai. Toby lui avait fêlé quelques côtes et seule cette potion pouvait le guérir rapidement. Il n’éprouvait doncpresqueplus de douleur. — Demain, ce sera terminé, assura Shana. Jarod soupira et glissa le flacon dans sa poche avant d’emboîter le pas à sa famille et à Michelle. Pendant plusieurs minutes, James demeura seul devant le cercueil de Tyler, avec le sentiment coupable de n’avoir pu choisir les mots justes pour évoquer son souvenir. Alors qu’il se laissait aller à sangloter, un croassement sinistre le fit tressaillir. Il scruta les alentours et repéra un petit groupe de corbeaux qui se disputaient un morceau de pain détrempé par la neige. James s’éloigna, bien décidé à mettre le plus de distance entre les oiseaux et lui, il préféra quitter le cimetière et laisser les employés sceller seuls le cercueil dans le caveau des Tuckrey. L’homme d’affaires avait appris à craindre les corbeaux depuis que le vieux Dan Emile Menorli avait lâché le sien pour le maudire. En effet, à la suite de cet incident, sa vie était devenue plus difficile : la mort de sa femme, son humiliation par Sorcier-Man, la perte de son fils... Il grimpa dans sa limousine. Il comprenait enfin que Menorli était tout aussi responsable que lui de la mort de Tyler. Sentant une bouffée de colère l’envahir, James saisit son téléphone et composa un numéro. — Empire Menorli, Dunn à votre service, récita la voix au bout du fil. — Ici James Tuckrey, j’exige de parler à votre patron. Un silence s’installa. — Navré, Monsieur, mais Monsieur Menorli est décédé. James sentit son cœur gauche cogner contre sa poitrine. Accaparé par les funérailles de son fils, il n’avait pas eu le temps de consulter la presse. — Comment est-ce arrivé ? — Il était très vieux, vous savez. La mort l’a emporté mercredi dernier. L’avenir de l’entreprise est incertain... Tuckrey raccrocha. C’était comme s’il sentait la malédiction le quitter d’un seul coup, comme une renaissance. Son visage se fendit d’un large sourire. Ses malheurs étaient forcément terminés. En tout cas, il n’avait plus l’intention de retirer sa candidature à la mairie !
La voiture le déposa au pied de la haute tour dans laquelle il vivait et qui abritait aussi tous ses bureaux et les différents départements de son entreprise. D’une hauteur de 345 mètres, le building de béton et d’acier était bien silencieux depuis la mort de Sarah et de Tyler. James pénétra dans le vaste hall au sol tapissé de moquette blanche et fit signe à une femme qui lui apportait le courrier de ne pas l’importuner. — Pas maintenant, Trudy. Il monta dans un ascenseur et, au lieu d’appuyer sur le bouton du dernier étage, il se rendit au cinquante-quatrième. Les portes coulissèrent, dévoilant une vaste chambre aux murs recouverts de posters de super-héros. Des consoles, des DVD, des Blu-ray et des tas de livres s’alignaient sur de hautes étagères. Son cœur gauche se serra tandis qu’il s’enfonçait dans la pièce où il avait finalement rarement mis les pieds. Il s’approcha d’une grande armoire et ouvrit ses portes. La vision d’un costume blanc, dont la chemise arborait un S noir peint à la main, fit sourire James. La tenue de Sorcier-Man, un personnage imaginé par Tyler pour ridiculiser son père, n’avait été portée qu’une seule fois, mais Tuckrey s’en souviendrait toujours. Un peu nostalgique, il se dirigea vers le lit défait, on pouvait y discerner l’empreinte du corps de Tyler sur les draps. C’était là que James l’avait trouvé en rentrant de voyage. On eût dit qu’il dormait, mais la profonde blessure dans son épaule gauche avait aussitôt brisé les maigres espoirs de son père. Perdu dans ses souvenirs, James ne remarqua pas la fine colonne de fumée qui s’élevait derrière lui, adoptant peu à peu une forme massive. — Bonjour, James. Tuckrey frissonna et se retourna brusquement, frappé d’horreur en découvrant devant lui le sinistre Démon Millénaire. — Vous ? Malerius dégageait une aura anxiogène, comme un poison invisible qui se répandrait en nous. James commençait à avoir mal à la tête et tous ses membres le faisaient souffrir. Mi-Dragon mi-homme, le corps voûté du Démon Millénaire était recouvert de fines écailles verdâtres, presque iridescentes, selon l’angle de la lumière. Deux jambes arquées apparaissaient au bas d’une longue robe noire au tissu très fin, ornée d’un liseré d’or. Deux mains squelettiques, dotées de griffes tranchantes, dépassaient d’une cape très longue, presque vaporeuse. Une queue hérissée d’épines balayait le sol. Le plus effrayant restait son visage, à la fois tellement humain et si démoniaque : ses yeux bleus, très clairs, lui conféraient un regard froid et angoissant. Son crâne, dépourvu du moindre cheveu, bordé par deux oreilles en pointes, reflétait la lueur du jour. Dans sa bouche, dépourvue de lèvres, on apercevait deux rangées de dents affûtées. — James, toutes mes condoléances pour ton fils, dit-il d’une voix gutturale. Tuckrey recula, comme s’il voulait lui échapper. — Partez ! supplia-t-il. Malerius eut un petit rire. — Tu oses commander au Démon Millénaire, mon vieilami? Il insista sur le dernier mot. — Je... ne suis pas votre ami. On percevait la peur dans sa voix. — Je me souviens du bon vieux temps. Nous nous amusions bien, toi, Sarah et moi. James tomba à genoux. — Partez ! répéta-t-il. Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous. Malerius montra ses dents, vexé, et une sinistre étincelle éclaira son regard. Supplicis! James, terrassé par la douleur, poussa un hurlement inhumain : il venait de sentir ses jambes et ses bras se
briser dans un claquement sec, mais ce n’était pas tout, une brûlure cuisante lui dévorait la chair, formant de petites cloques sur ses mains. Ce fut comme si quelqu’un lui plantait sauvagement des aiguilles dans le torse. Il ne put retenir un torrent de larmes, résultat d’une insoutenable et indescriptible souffrance. Quand tout s’arrêta enfin, James fut pris de nausées. Il entendit le démon rire avec un amusement sadique. — Imbécile ! Tu as mérité cette douleur, tu le sais. Tu seras beaucoup moins courageux quand j’aurai pris possession de ton monde et des autres. Ce n’est qu’une question de temps, maintenant que je suis de retour. Tu me rejoindras plus vite que tu ne le penses. Tu as de la chance que j’aie besoin de toi, James. Sinon, je t’aurais tué sans hésiter. Il se changea en un serpentin de fumée et s’envola en brisant la fenêtre. James éclata en sanglots. 29 décembre, Central Park.
Sam essuya ses lunettes pleines de buée, puis les replaça sur son nez. Jarod vint s’asseoir à côté de lui sur le banc humide. Pendant quelques secondes, ils ne prononcèrent pas un seul mot, admirant le paysage d’une blancheur éclatante qui s’étalait sous leurs yeux. Tyler avait souvent tempéré les caractères diamétralement opposés de ses deux amis. Sam était plutôt calme, réfléchi et altruiste quand Jarod était plus impulsif, colérique et brave, mais tous deux – et tous les trois auparavant – étaient de véritables amis qui n’hésitaient jamais à s’entraider et à se soutenir. — Tyler aurait apprécié la cérémonie, déclara Sam pour rompre le silence. — Je pense, oui. Toi, tu vas mieux ? — Ben tu sais, entre la mort de Tyler et celle de mon père, j’ai beaucoup de mal à ne pas me sentir coupable de n’avoir rien pu faire. — C’est Toby le responsable, pas nous. Et c’est aussi la faute de cet enfoiré de Démon Millénaire. Sam observa Jarod, ses sourcils s’étaient froncés sous le coup de l’énervement. — Il me manque beaucoup, confessa Sam. — À moi aussi, mais il n’aurait pas voulu qu’on se lamente. — Oui, t’as raison. Pourtant, je commence à douter de notre mission. Je ne crois pas qu’on sera capables d’arrêter qui que ce soit. Surtout moi. Sam avait toujours été le moins puissant des trois et il détestait ça. — Je suis persuadé qu’on est suffisamment forts et intelligents pour contrer Malerius. On finira par le buter et on vengera tous ceux dont il a brisé la vie. Le ton déterminé de Jarod redonna un peu de courage à Sam qui acquiesça en silence. Ils échangèrent une longue accolade. — J’arrête les cours, annonça Jarod. De toute façon, je mettais plus les pieds à l’université depuis longtemps. Il se passe trop de trucs dans nos vies. — T’as raison. Je vais abandonner aussi... le temps que toute cette histoire se tasse un peu. Je reprendrai quand... enfinsinous tuons le Démon Millénaire. Et il déglutit à cette pensée. 30 décembre, Siège des Nations Unies, New York.
Nééri prit place derrière l’un des pupitres de la vaste salle aux murs boisés. À ses côtés se tenaient Bettina Bubblestorm, son bras droit, une femme d’une soixantaine d’années aux cheveux courts et gris, et Flasim Desvilion, un Chevalier de la Garde au visage barré d’une cicatrice. Ils glissèrent dans leur oreille un petit écouteur tandis que s’installaient, tout autour d’eux, les divers représentants des pays du monde entier. Un brouhaha assourdissant régnait dans la salle. Le Président de l’Assemblée générale fut contraint
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