Le Faiseur de Ciel
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Le Faiseur de Ciel , livre ebook

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Description

Durant trois nuits d’hiver, juste avant l’arrivée de Noël, un être mystérieux que l’on surnomme le Faiseur de Ciel pousse sans un bruit les portes enchanteresses de For Willbrook. Il est comme une légende, un conte que l’on raconte aux enfants. Nul ne croit en son existence, sauf Cindelle Montgomery.


Lorsque sonne minuit, la jeune femme guette patiemment son arrivée et sous les yeux de son unique spectatrice, l’étrange silhouette du Faiseur de Ciel remplit sa quête mystérieuse. Néanmoins, jamais elle ne vit l’ombre d’un visage...


Mais le Faiseur de Ciel n’est point le seul à pousser les portes de la petite citadelle. Alestin Finningan, dont bien des femmes avaient cherché à voler son cœur en vain, est au centre de sombres commérages. D’étranges histoires circulent sur son compte, suscitant l’intérêt mais aussi la crainte des habitants de la cité.



Qui se cache sous le masque du Faiseur de Ciel ?



Cet hiver, revivez la magie de For Willbrook.

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Informations

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EAN13 9791096960323
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

©America GraceetLivresque éditions, pour la présente édition – 2018 ©Thibault Benett, pour les illustrations, la couverture et la maquette ©Jonathan Laroppe, Suivi éditorial
ISBN : 979-10-96960-31-6
Tous droits réservés pour tous pays
Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
Prologue
Il y a fort longtemps, naquit une histoire des plus douce et singulière. Hélas, ainsi que vous le savez tous dorénavant, une terrible tragédie ayant frappé la mystérieuse cité de For Willbrook, sa magie, impuissante face à la noirceur de Mildred et de son maître, le funeste Destin, avait déserté les lieux et emporté dans un dernier souffle fragile bien des âmes enchanteresses. Abandonnant à son triste sort la citadelle éplorée.
La petite ville baignée de mélancolie était désormais accessible à tous ; le Grand View Express, que seules d’innombrables toiles d’araignées paraient sournoisement, restait néanmoins à quai, bien gardé par les petites créatures velues aux fines pattes d’argent. Elles veillèrent ainsi quelques années durant, masquant une à une de leur charme tissé Sa Majesté, plongée dans un sommeil éternel. La nuit, autrefois immortelle, avait fini par abandonner les bois sombres et denses, où tous vaquaient aujourd’hui en toute liberté. Jamais plus on ne vit voler les majestueux papillons de parme qui luisaient autrefois entre les aiguilles des pins denses, puisqu’à présent, la route de For Willbrook n’avait plus rien d’un mystère.
À la suite du terrible drame qui toucha les orphelins chéris de la cité, le cœur des nouveaux habitants se radoucit peu à peu. Et même si jamais plus on ne prononça le nom de William ou celui d’Hanna, les gorges se nouaient dès qu’un regard se posait sur l’étonnante tempête qui dominait le Cœur de Verre. Grâce à ce regain d’empathie, la singulière magie qui habitait autrefois les lieux, doucement, parut renaître… telle une Primevère après un long hiver rigoureux. Et le tourbillon rageur ne fut bientôt plus d’une douce danse de flocons voluptueux.
Et voici que s’éveille devant vous, poussant une no uvelle fois les fragiles portes d’étain de For Willbrook, l’enchantement d’une autre histoire…
– D’un bleu d’hiver –
Lorsqu’arrive l’hiver, renaît gaiement notre âme d’enfant. Chaque battement de cœur est aussi divin tintement que celui d’une cloche d’argent. Et, parce que le plus petit flocon reflète la magie de Noël, surviennent à nouveau miracles et merveilles.
Minuit vint. En ces premières secondes du vingt-tro is décembre 1919, les chatoyants rayons qu’offrait parfois à ses hôtes une lune d’argent avaient une fois de plus disparu. Pour la troisième année consécutive, point de vilains nuages sombres non plus. Rien qui aurait pu brusquer ou faner l’exquise lueur des étoiles. De la fenêtre de leur chambre, dominant la ville, des yeux d’un bleu d’hiver guettaient avec impatience le ciel endormi. En cette froide nuit, nul événement malicieux ne viendrait ternir le spectacle imminent, elle le savait. Pourtant, la ravissante jeune femme à la mine affligée ne put contenir un soupir de désespoir. S’agenouillant dans la faible lueur d’une lampe à la flamme d’or, elle souffla doucement sur la vitre, puis dessina pour se distraire quelques cercles de son doigt.
Subitement, identique à la plus belle étoile de l’u nivers, un point tout à fait inhabituel scintilla et se déplaça telle une comète d’argent, sous le regard é bloui de l’âme en peine. Aussitôt, Cindelle Montgomery se redressa et s’efforça de ne plus lâcher des yeux ce lointain point de lumière, bien trop bas pour être l’un des petits astres dorés qu’elle aimait tant.
Bondissant de toit en toit, aussi rapide qu’un éclair, venait enfin d’apparaître cet être fabuleux que l’on nommait LE FAISEUR DE CIEL. Personne n’aurait su décrire son visage, s’il se vêtait avec bon goût ou s’il portait un singulier chapeau. En réalité, en dehors de la douce Cindelle, jamais personne ne l’avait encore vu. À présent, ce personnage énigmatique grimpait habilement sur une haute échelle couleur de ténèbres qui, aussi étonnant cela soit-il, tenait debout toute seule, sans le moindre appui. Tel un ramoneur de l’impossible, le Faiseur de Ciel toucha du bout de ses doigts graciles chaque petit soleil accroché à la nue. Sous les yeux, émerveillés puis effarés, de la jeune femme – qui n’en ratait, pensez-vous bien, pas une miette –, un fabu leux spectacle illumina peu à peu les cieux. Spectacle mélodieux dont cette main, qui venait délicatement ôter au sombre écrin ses plus beaux diamants, était le chef d’orchestre. L’étrange silhouette fit ainsi apparaître une myriade d’étoiles filantes, qui tombèrent sur la citadelle en une pluie étincelante. Tandis qu’elle traversait à folle allure le firmament, chaque comète termina son éclatant vo yage en s’éteignant à l’horizon, plongeant alors
lentement For Willbrook dans une profonde obscurité et masquant ainsi l’arrivée du fabuleux présent que le Faiseur de Ciel offrait aux belles âmes de For Willbrook.
Le lendemain, les rayons d’un soleil radieux enflammèrent les cimes immaculées que la neige avait recouvertes juste après le passage de l’étrange silhouette, bordant chaque chemin de vif-argent et illuminant les toits de la citadelle. Une fine couche de duvet blanc s’éleva subitement, qu’une légère bise poussa avec allégresse en direction du Cœur de Verre. Chaussée de hautes bottes bien chaudes et d’un long manteau de laine, Cindelle, encore sous l ’emprise du spectacle de la nuit passée, s’engouffra en toute hâte dans Queen Street pour suivre avec curiosité cette poudre messagère.
Son esprit et son cœur, bien qu’irrémédiablement fascinés par le Faiseur de Ciel, ne se consumaient toutefois point pour lui d’un triste amour d’hiver, ni même d’un langoureux amour d’été, ils brûlaient plutôt d’une infinie tendresse, dont elle ne pouvait s’expliquer la rationalité. Le froid piquant de ce matin de décembre rougissait son joli minois.
L’obscurité est semblable à un bouquet de roses noires. Elle s’ouvre délicatement dans la brume, quand fuit l’aurore.
L’obscurité se transforme alors en un sortilège fun este. Elle charme l’âme fragile, et soir après soir, s’empare d’un cœur à la dérive. De son simple chant maléfique, elle brise le reflet d’un miroir trompeur, faisant de chaque éclat un gouffre de peine où tout s’évanouit.
L’obscurité transperce la lumière. De son poignard d’onyx, elle se venge du soleil et de ses ailes d’or flamboyantes, déversant de sa fiole d’encre un ultime poison.
Cindelle Montgomery avait eu, nuit après nuit, la terrible sensation de s’enliser dans ces sombres abîmes. Pourtant, dans cette obscurité infinie, naissait parfois en elle une étrange gemme qui venait éclore en un merveilleux arbre de lumière. Et, comme un cercle d’étoiles, valsaient tout autour d’étranges papillons de verre. De leur chant s’élevait alors le cri d’un désir fou, tel un baiser guidé par une puissante passion.
Malheureusement, d’un coup de griffes d’argent, le chagrin ne cessait de happer à nouveau le cœur fragile.
Et dans l’étincelante nuit, sur le sol glacial et d étrempé, Cindelle s’effondrait de plus belle.
Il avait été bien rare ces dernières années qu’elle mette le nez dehors, rongée par la mélancolie. Toutefois, après la mort tragique de sa pauvre mère, l’enfant chérie de Magdelaine Montgomery n’avait pu trouver la force de quitter la petite vi lle comme bien des gens le lui avaient pourtant conseillé. Elle avait tout d’abord sombré dans une effroyable dépression qui, hélas, la maintint longtemps à l’écart de tous, tandis qu’elle maigrissait terriblement et ne dormait que bien trop peu tant le chagrin l’accaparait tout entière.
Les incessants efforts de l’adorable hôte de Cindelle restèrent vains durant toute une année ! Puis, comme une graine germant de la terre au printemps, l’amour que lui portait Elizabeth de Whale recouvrit et réchauffa, petit à petit, le cœur de la douce jeune femme et la sortit...
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