Les chroniques de Germania – Tome 2 : Renaissances
169 pages
Français

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Les chroniques de Germania – Tome 2 : Renaissances , livre ebook

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Description

Six mois après les attentats qui ont frappé Germania, la population s’apprête à savourer les Fêtes d’Odin. Markus Leimbach, désormais héros du Reich, tente quant à lui de mettre sa vie privée au premier rang, mais il ignore qu’une menace risque encore de plonger la ville dans une crise.

Alors que Wilma cherche un sens à sa vie en quittant Germania et que d’autres se battent pour rejoindre l’élite des Purs, Markus va une nouvelle fois devoir se confronter aux démons cachés au fond des hommes au travers de révélations. Des révélations au goût de sang et qui pourraient bien ouvrir la Porte de la Vengeance.

Passionné d’histoire, en particulier de la Seconde Guerre mondiale, et de jeux de rôles, Patrick Pauget signe ici sa première saga. Après des années de conception ainsi que d’animation de RPG sur table et grandeur nature, il se lance dans la littérature pour voyager plus loin encore dans l’univers des possibles et pousser son exploration des comportements humains.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782379660962
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Cet ouvrage est une production des Éditions L’Alchimiste (originellement sans DRM).

© Les Éditions L’Alchimiste - 2021

Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation conjointe des Éditions L’Alchimiste et de l’auteur.

ISBN: 9782379660962

Dépôt légal à parution.

Photo de couverture: Adobe stock


Mise en page Les éditions L'Alchimiste

www.editionslalchimiste.com
 
Prologue

Assise sur son lit, les cheveux tombant en cascade sur son visage et ses épaules, Wilma Von Keinser regardait droit devant elle, les yeux fixés quelque part, bien au-delà du mur qui lui faisait face. Machinalement, elle caressait la paume de sa main gauche, où l’acide avait creusé sa chair pour en extraire sa puce ID. Les tissus avaient pu être réparés et elle avait retrouvé sa dextérité, mais par précaution, la petite plaquette électronique avait été installée dans son autre main. Elle se tenait là, droite, habillée d’un denim, d’un t-shirt et d’une veste. Ce n’était absolument pas le style qu’elle avait l’habitude de porter, mais ce n’était pas grave. Ses goûts pour le luxe, pour une féminité exacerbée, étaient du passé, tout comme cette ancienne personnalité dont il ne restait plus que quelques bribes.
Wilma tourna la tête et jeta un coup d’œil au grand sac à dos posé à côté d’elle, dans lequel se trouvait l’intégralité de ses possessions. Ses parents avaient été bannis de Germania, mais avant de partir, sa mère avait insisté pour que la vente de leur appartement lui revienne en totalité. Elle avait le vague souvenir du visage de cette femme penchée sur elle, pleurant de la voir ainsi dévastée. Avec cet argent, elle était à l’abri de tout besoin pour des années, mais une fois encore, ce n’était là que du matériel, rien qui ne soit important à ses yeux, désormais. Elle se remémora alors tout le travail qui avait été accompli pour qu’elle reprenne sa vie, pour arriver à ce moment où, enfin, elle pouvait repartir.
La notion du temps avait disparu au moment où la douleur avait détruit toute logique en elle, laissant son esprit dans un état de désolation absolue. Les médecins n’avaient pas beaucoup d’espoir de la voir se remettre, les traumatismes physiques démultipliant les dégâts faits à son âme. Mais voilà, c’était sans compter sur Markus. Le policier avait insisté pour rencontrer le psychiatre et ils avaient longuement débattu avant que le praticien ne cède et accepte de tester sur elle un nouveau protocole médical. Quand Wilma l’avait commencé, elle n’avait qu’une vague conscience de ce qui se passait autour d’elle. Son corps était réparé, mais son intellect, lui, ressemblait à une ville détruite par la guerre. Il ne subsistait que des ruines de l’ancienne Wilma, la chef de file du mouvement des jeunes Purs de l’université, la politicienne si prometteuse. Elle savait que Markus était là. Il était sa balise dans les ténèbres, mais rien de plus.
Un mois après la torture, elle avait donc entamé un protocole de soins qui consistait en une suite de séances en réalité modifiée. Une série d’images à des fréquences particulières étaient projetées devant elle avec pour but de nettoyer ce qui pouvait l’empêcher de progresser, de restaurer son intellect. Cela avait eu pour effet de balayer les ruines de son ancienne personnalité, laissant la place nette pour autre chose. Et c’est à ce moment que Markus était intervenu. Pendant des mois, il était venu la voir presque tous les jours pour lui parler ou lui lire des livres d’aventures. Il lui avait expliqué un peu de sa vie, de ses expériences, abordant avec insistance l’importance de la famille et du respect des autres, quels qu’ils soient.
Il avait fallu trois mois de ce protocole pour qu’un soir, Wilma se tourne vers Markus et commence à échanger avec lui. C’est à ce moment que sa mémoire s’était rétablie. Le sourire de cet homme qu’elle ne connaissait pas, mais qui l’avait ramenée d’entre les ténèbres, restait gravé en elle. À partir de cet instant, elle avait pu reprendre de l’autonomie et entamer de vraies discussions avec lui. Mais surtout, c’est là qu’elle avait fait connaissance avec ce qui était désormais la base de sa nouvelle personnalité.
Elle était en paix, percevait toute l’importance du respect de l’autre, avait envie de partager, d’échanger, et surtout n’avait plus aucune intention de mettre sa pureté en avant. Elle se sentait métamorphosée, totalement remodelée. Bien sûr, elle aurait pu en vouloir à ce psychiatre, et surtout à Markus, pour l’avoir transformée, mais elle était tellement mieux ainsi. Elle prenait beaucoup de recul et analysait les choses avec soin, faisant en sorte de ne blesser personne. Elle était devenue quelqu’un de nouveau, qui avait changé du tout au tout.
Alors qu’elle repensait à tous ces moments de doute, de travail et d’espoir, elle sortit d’un plus petit sac une photo de Markus. Il ne la connaissait que depuis six mois, mais il l’aimait comme une fille. Pour lui, qu’elle ait été une peste avide de pouvoir n’avait pas d’importance. Ce qui comptait était ce qu’elle voulait faire de sa vie après ce changement. Il était tellement plein d’optimisme, de bienveillance, qu’elle espérait que sa décision ne le blesserait pas. Il avait planté dans son esprit les graines d’un renouveau, mais c’était à elle de vivre avec, désormais.
Wilma se mit debout, prit son grand sac à dos et le jeta sur son épaule, puis saisit un plus petit dans lequel se trouvaient quelques affaires qu’elle voulait garder sous la main. Elle eut un dernier regard pour cette chambre qui l’avait vue arriver dans un piteux état. Il était temps d’avancer, désormais.
 

 
Le vent glacial balayait la plaine qui s’étendait à perte de vue aux quatre points cardinaux. Le peu de végétation au sol bougeait faiblement, tellement raidi par l’air glacé que la vie semblait l’avoir oublié. Pourtant, au milieu de ce désert, se dressaient plusieurs baraquements de bois, ordonnés et répartis autour de ce qui devait être une grande cour, du moins en apparence. Car pour l’heure, elle ressemblait à un terrain laissé au monde sauvage, parsemé d’arbustes et de rochers de différentes tailles, le sol troué à de nombreux endroits. Le soleil venait de se lever, mais les lueurs n’étaient pas celles d’un astre chaleureux. Les rayons, avant d’atteindre le sol et d’essayer vaguement de le réchauffer, se perdaient dans une brume de basse altitude qui diluait leur chaleur. Il ne restait alors que des lueurs fantomatiques qui donnaient l’impression de venir de tous les côtés. Des véhicules à moteur à explosion, datant de plus d’un siècle, étaient garés le long du plus imposant des bâtiments. Trois camions, deux voitures et une moto tout-terrain, tout droit sortis des livres d’Histoire, étaient stationnés juste à côté d’une grande quantité de caisses fermées, recouvertes de bâches protectrices.
L’ouverture d’une porte vint bientôt animer ce tableau, suivie par les pas d’un homme bravant la fraîcheur du matin. Il portait un pantalon de travail en toile rigide, équipé de nombreuses poches, un t-shirt noir par-dessus lequel il jeta une veste doublée en polaire. Il était âgé d’une quarantaine d’années, avait le visage rectangulaire, des yeux fins et une peau marquée par une vie de labeur. Ses doigts calleux refermèrent sa veste et il passa une main dans ses longs cheveux noirs, tout en avançant. S’éloignant un peu du baraquement le plus long, il regarda autour de lui ce qui avait été accompli, laissant son esprit d’architecte imaginer ce que cela deviendrait une fois le chantier terminé. Satis­fait de l’avancée des travaux, il parcourut une vingtaine de mètres, son esprit visualisant le planning global du projet. Rien n’était plus important que ce lieu et ce qu’il représentait. C’était l’accomplissement d’une vie de labeur et de souffrances, la réalisation d’un rêve motivé par une volonté inébranlable.
Une voix s’éleva derrière lui, profonde et grave.
— Quentin ! Petit déjeuner !
L’homme qui avait jeté cette invitation dans un français approximatif se tenait par la fenêtre du baraquement d’

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