Les Compagnons de Roland
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Description


Juin 1932.


Joyeuse, l’épée de Charlemagne, vient d’être dérobée à Paris dans le laboratoire du professeur Pralon, qui étudiait ses propriétés mentaliques.
Le professeur fait alors appel à Gabriel Dacié, le célèbre aviateur et aventurier installé dans la tour Eiffel, pour appuyer les recherches de la police.


Dacié, son compagnon Jean De Grange, la scientifique Violette De Grange, qui étudie elle aussi l’énergie mentalique, et Camille Désormeau, mentaliste émérite et assistant de Mlle De Grange, ne se doutent pas qu’ils vont être mêlés à une affaire dépassant de loin le simple vol d’une épée-talisman.


Super-science et manipulation d’une étrange énergie font bon ménage dans cette aventure très "pulp", dans laquelle la cathédrale de Chartres renferme un secret millénaire et le silence des écrevisses est assourdissant.

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EAN13 9782361834579
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Les Compagnons de Roland (Une aventure de Gabriel Dacié)
François Peneaud
un livre du label Les Saisons de l'étrange
© 2018 Les Moutons électriques
Couverture par Melchior Ascaride


L’étrange histoire
Juin 1932. Joyeuse, l’épée de Charlemagne, vient d’être dérobée à Paris dans le laboratoire du professeur Pralon, qui étudiait ses propriétés mentaliques. Le professeur fait alors appel à Gabriel Dacié, le célèbre aviateur et aventurier installé dans la tour Eiffel, pour appuyer les recherches de la police.
Dacié, son compagnon Jean De Grange, la scientifique Violette De Grange, qui étudie elle aussi l’énergie mentalique, et Camille Désormeau, mentaliste émérite et assistant de Mlle De Grange, ne se doutent pas qu’ils vont être mêlés à une affaire dépassant de loin le simple vol d’une épée-talisman.
Super-science et manipulation d’une étrange énergie font bon ménage dans cette aventure très « pulp », dans laquelle la cathédrale de Chartres renferme un secret millénaire et le silence des écrevisses est assourdissant.


Ils en parlent
Ce garçon a une volonté de fer et un cœur en or...
Le Maître de l’étrange
Je le confesse, je dois tout à Gabriel.
(Antoine Starque, dit L’Homme de Fer)
Il se chuchote que M. Dacié, grand admirateur du travail de M. Eiffel, a déjà proposé à la ville de Paris de mettre à contribution sa considérable fortune pour rebâtir la tour Eiffel (...)
(Paris-Nouvelles)
Gabriel Dacié sait quel mal se tapit dans
le cœur des hommes. (L’Ombre)


Dédicace
Ce livre est dédié à la mémoire de mon père, qui aurait, je l’espère, apprécié les aspects aéronautiques des aventures de Gabriel Dacié.
Je remercie Jean-Paul Jennequin, sans qui ce livre n’existerait pas, ainsi que Michel, mon mari, pour toutes les raisons évidentes, mais aussi parce que sans ses efforts de relecture, ce même livre contiendrait beaucoup plus de fautes.


Prologue
Un improbable moyen de sustentation
Paris-Nouvelles , 6 mai 1922, édition du soir.
« Quelques heures après son arrivée dans les cieux parisiens, la Baleine de Rascon a frappé Paris en son cœur. La destruction de la tour Eiffel et d’une partie du Champ-de-Mars a prouvé le sérieux des revendications d’Albert Rascon, mais le gouvernement ne semble pas pour l’instant prêt à discuter avec ce pirate des temps modernes.
Les canons de la Baleine étant maintenant braqués sur la cathédrale de Notre-Dame de Paris, l’armée n’ose intervenir. »
***
Dans les rues désertes du centre de la capitale résonnaient les pas inquiets des quelques passants assez courageux pour ne pas s’être terrés chez eux ou avoir fui vers la campagne. Un homme d’une cinquantaine d’années tira sa femme par la main, pressant le pas vers leur immeuble. Un instant avant d’entrouvrir la lourde porte, l’homme leva la tête vers le ciel, dominé par la plate-forme géante qui terrorisait la ville, et se signa avant de s’engouffrer dans l’entrée. Le vrombissement des quatre engins maintenant dans les airs l’impossible aéronef couvrait le bruit des véhicules de secours qui traversaient le quartier. Les canons de l’armée, postés autour de la cathédrale, restaient silencieux, mais les artificiers continuaient à essayer de viser l’escadrille d’une demi-douzaine d’avions aux couleurs de Rascon, qui décollaient et atterrissaient sur la Baleine. Au grand dam des soldats et de la population, ordre avait été donné de ne pas provoquer l’irascible Rascon et sa batterie de canons géants.
La nuit venait de tomber, plus noire que d’habitude. La lune nouvelle n’apportait aucune lumière, et seuls les projecteurs militaires illuminaient la ville, privée d’éclairage public pour ne pas fournir une cible trop facile. Des soldats entre deux tours de garde, assis sur le bord de Seine le regard plongé dans les eaux noires, se passaient à tour de rôle une cigarette. Un bruit ronflant interrompit leur rêverie, un avion se rapprochait. Il leur fallut encore quelques instants pour distinguer l’origine du grondement : un petit appareil aux formes inhabituelles, tous feux éteints, frôlait la surface du fleuve, provoquant des vagues qui s’écrasaient avec force contre les rives. Arrivé quelques dizaines de mètres avant la cathédrale, l’engin prit son envol, traversant un instant les feux de l’un des projecteurs de l’armée. Les soldats ébahis n’eurent que le temps de distinguer les silhouettes des deux passagers assis l’un derrière l’autre, la tête protégée par une capuche de cuir, la carlingue entièrement peinte en noir, la grande hélice horizontale au-dessus du corps de l’avion et les étranges tubes de métal dépassant de chaque côté de la petite hélice avant.
Les projecteurs ne cherchèrent pas à suivre l’autogyre, concentrant leurs feux sous la Baleine, que survola alors l’aéroplane, presque invisible dans la nuit sans lune. Le pilote se pencha sur le côté pour s’assurer que leur présence n’avait pas été repérée depuis la plate-forme et se retourna vers son copilote.
« Tout va bien, De Grange. Je continue à tourner au-dessus de la Baleine, vous pouvez commencer à actionner la dynamo.
– Bien reçu. »
Entre les jambes du copilote se trouvait une manivelle verticale, qu’il se mit à faire tourner vigoureusement. L’aiguille du cadran placé devant la manette commença à bouger. L’escadrille de Rascon, alertée par la concentration des projecteurs, continuait à patrouiller sous la Baleine sans s’inquiéter. Au bout de quelques minutes, les tubes de métal à l’avant de l’autogyre émirent quelques étincelles. L’aiguille du cadran était maintenant au maximum.
« C’est bon, Dacié. L’électrobusier est chargé à bloc.
– Parfait. Accrochez-vous, ça va remuer », répondit le pilote avec un petit sourire aux lèvres.
L’autogyre reprit de la hauteur, avant de plonger vers la plate-forme. Les deux hommes pouvaient maintenant voir de près les énormes hélices horizontales aux quatre coins de celle-ci, improbables moyens de sustentation qui avaient intrigué tous les spécialistes de l’armée. Au centre de la plate-forme, assis en lotus sur un dais surélevé, se trouvait un homme tout habillé de noir et encapuchonné, plongé dans une profonde transe. Un halo d’énergie d’une étrange couleur se dégageait de lui, pour couler le long d’épais câbles enfouis dans la plate-forme, faisant le lien entre le dais et les mécanismes sur lesquels étaient posées les hélices.
« Regardez ça, s’écria Dacié. Je le savais ! Il fallait bien un mentaliste pour faire voler cette planche à pain !
– Que fait-on ?
– On a trouvé notre cible ! »
Les occupants de la Baleine n’eurent pas le temps de réagir avant que l’autogyre s’approche à une dizaine de mètres d’eux. L’homme au visage dissimulé sortit de sa transe un instant trop tard.
« Attention… Attention… Maintenant ! » s’écria Dacié.
Le copilote appuya sur un deuxième levier. L’électrobusier déchargea toute son énergie en un fulgurant éclair double qui frappa de plein fouet le mentaliste. Celui-ci poussa un long cri et s’écroula, carbonisé. Quelques instants plus tard, les énormes hélices commencèrent à ralentir. La panique s’empara des baleiniers, pris au piège d’une machine en perdition. L’autogyre remonta, prêt pour un deuxième assaut. Mais l’escadrille de garde de la Baleine l’avait repéré. Deux des avions le prirent en chasse. De Grange, se retournant vers la Baleine, les vit monter vers eux.
« Ça vous dirait de me faire une démonstration de vos acrobaties préférées ? demanda-t-il à Dacié en faisant tourner vigoureusement la manivelle.
– Pardon ?
– Regardez là-dessous. Je recharge l’électrobusier, il va resservir.
– Ah. Vous avez raison, lui répondit Dacié, imperturbable. Montrons-leur de quoi nous sommes capables. »
En quelques manœuvres, Dacié positionna l’autogyre sur une trajectoire opposée à celle des deux avions flanqués du blason de Rascon. Les canons de ceux-ci crachèrent leurs balles, mais la distance était encore trop grande pour que l’autogyre soit touché. L’électrobusier crépita à son tour, la structure en bois du plus proche des deux aéroplanes prit feu en un instant. Le deuxième, comprenant l’avantage stratégique de l’arme électrique, décrocha et s’enfonça dans la nuit, suivi peu après par les autres membres de l’escadrille, qui avaient assisté à l’affrontement.
Pendant ce temps, la Baleine avait continué à piquer du nez, pour finir par s’échouer sur les bords de Seine, dans un bruit de tôles froissées et de toiles déchirées couvert par les hurlements de joie des Parisiens et des soldats.
L’autogyre tourna pendant quelques minutes au-dessus de sa proie échouée, mais l’armée aborda sans résistance la Baleine, mettant rapidement la main sur Rascon, qui essayait en vain de s’enfuir à la nage.
« C’est ce qu’on appelle s’en griller une, rigola De Grange. Le mentaliste n’a pas eu le temps de dire ses prières.
– Ce n’est pas une mort bien jolie, lui répondit Dacié.
– Oh, arrêtez de jouer les pacifistes. Vous n’avez pas hésité à tirer.
– C’était une décision tactique. Le moins de morts possible pour la plus grande efficacité prévisible.
– Hm… Alors, on atterrit où ?
– On a une piste toute prête juste en dessous de nous… »
Dans un Paris déserté, l’avenue des Champs-Élysées offrait une perspective idéale pour l’autogyre, ses feux de nouveau allumés. Le train escamotable se déploya et l’atterrissage se fit sans encombre, sous les yeux étonnés des quelques passants et des soldats déployés aux deux extrémités de l’avenue, spectateurs enthousiastes de l’inattendue bataille aérienne. Quelques instants plus tard, les deux hommes en descendirent, ôtèrent leurs capuches et leurs lunettes et se regardèrent, un grand sourire aux lèvres. De Grange prit Dacié dans ses bras et le souleva d’un seul élan.
« Vous avez réussi ! s’écria-t-il.
– Nous avons réussi, mon cher De Grange, lui répondit sereinement Dacié.

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