Les cycles corrompus
286 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

Les cycles corrompus , livre ebook

-

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
286 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description


Depuis la Tour, leur demeure, les Aînés et leurs Maîtres veillent sur les Sept-Royaumes.


Être appelé à les servir est un honneur, se lier à l’un de ces dieux est le rêve.


Il en existe toutefois un pour lequel personne ne nourrit la moindre ambition : Asroth, l’incarnation de la Mort, qui entraîne l’esprit de ses Maîtres, l’un après l’autre, vers les ténèbres et nourrit leur âme du sang de la guerre...



Dënorh parviendra-t-il à résister à l'emprise d'Asroth... ou son âme sombrera-t-elle dans les ténèbres ?



« Après quelques mots à peine, le lecteur ne fait plus partie de ce monde et se retrouve, malgré lui et très naturellement, immergé dans l’univers qui sort de l’imagination de l’auteure avec une facilité déconcertante. [...] C’est la première fois, depuis l’avénement Harry Potter en 1997, que je me retrouve dans cet état de béatitude. » - LeParfumdesMots, Booknode


« L’intrigue est fascinante, le ton est juste, et la découpe assure un rythme intéressant. Une lecture que je recommande de bon cœur à tout lecteur de fantasy, tout amoureux des dragons et d’imaginaire, tout ceux qui ont encore une âme d’enfant et qui entendent l’Appel, encore et toujours. » - Kahlan, goodreads.com


" Quant à la plume de l’auteure, que dire... Serenya Howell arrive facilement à embarquer ses lecteurs à bord de son imaginaire, pour le pire... mais surtout pour le meilleur ! Une lecture palpitante, à la fois dépaysante et enrichissante. » - Lucie, Resto Verso

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9791094786840
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Les Aînés

ISBN : 979-10-9478684-0
ISSN : 2430-4387
Les Aînés, Les Cycles Corrompus
Copyright © 2020 Éditions Plume Blanche
Copyright © Illustration couverture, Chane
Copyright © Illustrations des dragons intérieur, réalisées par l’auteur
Tous droits réservés
Serenya Howell


Les Aînés


LES CYCLES CORROMPUS
(ROMAN)


« La mort. Cela ne s’apprend pas. 
On ne peut apprendre que ce qu’on peut répéter. »
JEAN-FRANÇOIS REVEL

À l’Allée, ma Tour
À Rose, mon Aymerick

Le Cycle Oamné
1



J e ne devais guère avoir plus de trois printemps lorsque ma sœur nous racontait le soir, alors que mon frère et moi étions blottis l’un contre l’autre sous nos couvertures, ce que mon père appelait « ces idioties romanesques sur les dieux et les Maîtres ». Malgré mes efforts, je ne parviens plus à me souvenir quelle était la teneur de ces histoires, mais une chose est sûre : j’étais à mille lieux de les trouver idiotes ! Mon frère aîné et moi-même raffolions de ces aventures qui, maintenant que j’y repense, sortaient certainement tout droit de l’imagination, sinon de ma sœur, de quelqu’un qui les lui avait rapportées. Aussi loin que peuvent remonter mes souvenirs, j’ai toujours été fasciné par nos Aînés. Qui ne le serait pas, surtout lorsqu’il est enfant ?
J’avais près de sept ans la première fois que mon frère et moi fûmes sévèrement disputés par notre père à cause de notre négligence. Deux brebis avaient profité de notre inattention, alors que notre rôle était de garder le troupeau, pour se lancer à la recherche de pâturages plus à leur goût. Notre père nous avait trouvés en train de jouer aux « Chevaliers Maîtres » dans les sous-bois jouxtant le pré au lieu de surveiller les bêtes. C’était en voyant l’une des fugueuses rentrer seule à la bergerie qu’il s’était posé des questions sur la qualité de notre travail. Il ne nous laissa aucun répit jusqu’à ce que nous retrouvions la deuxième fugitive. Deux jours nous furent nécessaires afin de réparer notre étourderie, et deux autres pour parvenir à nous asseoir sans douleurs après la correction infligée.
Je tenais déjà mes plus grandes aventures, mes meilleurs jeux, mes plus douces rêveries… et mes plus belles punitions de ces majestueux reptiles ailés, sans en avoir jamais aperçu un de mes propres yeux. Les Aînés sont autant respectueux envers nous que nous envers eux : ils savent que survoler les pâturages où broutent les troupeaux ne ferait que les effrayer et donner plus de travail aux paysans. C’est pourquoi ils n’évoluent que rarement à portée de vue du bétail… ou des Hommes. Pourtant, cette chance me fut donnée lorsque j’approchais de ma neuvième année. Je me souviens de ce jour-là, encore ancré profondément dans ma mémoire. C’était un bel après-midi, sans nulle trace de nuages dans l’azur parfait du ciel. Les bêtes étaient tout autant rebutées que nous à l’idée de s’exposer à la chaleur suffocante de la prairie, aussi les avions-nous laissées à la relative fraîcheur de leur bergerie pour aller nous baigner à la rivière qui longeait le sous-bois. Cela avait d’abord été comme un éclair dans un coin extrême de mon champ de vision. J’avais soudain tourné la tête et étais resté bouche bée. Ce ne pouvait être vrai. Je m’étais frotté les yeux et il demeurait bien là. J’avais donc poussé un cri afin d’avertir mon frère qui n’avait pas remarqué la merveille au-dessus de nous. Il volait haut, certes, mais moins qu’à l’accoutumée. Peut-être cherchait-il quelque chose, ou peut-être était-ce simplement dû à l’absence du moindre nuage. Je ne sais lequel de nos Aînés j’aperçus alors : il planait trop loin pour que je le reconnusse. Toutefois, je me souviens être resté à admirer le ciel qui avait porté son empreinte longtemps après qu’il eut disparu. Mon frère et moi devions dès lors passer les soirées qui suivirent cette rencontre à nous décrire l’un l’autre le spectacle auquel nous avions assisté.
Nous étions fascinés, envoûtés, rêveurs dès qu’il s’agissait de nos dieux. Nous étions semblables à tous les enfants de notre âge, des garnements à l’avenir rempli d’aventures imaginaires, destinés à poursuivre la dure réalité du travail de leur père. Rien ne me distinguait de mes semblables, ou du moins ai-je toujours ignoré ce que j’avais de différent. Jusqu’au jour où je crus être devenu fou. Ce moment aussi s’est clairement gravé en moi. C’était en automne, je venais tout juste de fêter mes dix ans. Il faisait un vent terrible, mais mon frère et moi étions tout de même dehors à jouer. Du haut de la colline sur laquelle se dressait notre maison, nous nous amusions à courir face au vent, les bras grands ouverts. Nous avions vraiment l’impression de voler. Je m’élançais dans une énième descente, un énième envol, lorsqu’une voix s’invita dans mon esprit. Ce fut d’abord un gloussement amusé puis une tonalité profonde, magnifique, charmante.
« Vole petit, vole jusqu’à moi… »
Il ne m’avait guère fallu de temps pour me figer à l’écoute de ces mots, me demandant si je les avais rêvés ou s’ils étaient bien réels. Sur l’instant je n’entendis que le juron que mon frère lâcha en me rentrant dedans : il avait été surpris par mon arrêt brusque et n’était pas parvenu à m’éviter. Nous mîmes un certain temps à nous dépêtrer de nos manteaux, écharpes, et même jambes emmêlés, mais je ne m’étais pas relevé. J’écoutais toujours, tournant la tête en tous sens afin de découvrir d’où était venu ce son. Je me rappelle avoir demandé à mon frère si c’était lui qui avait parlé et sa moquerie s’était évaporée avec le retour de la voix.
« Non c’est moi qui te parle, petit homme. Tu me connais, tu m’as déjà aperçu. Mon frère pourrait avoir besoin de toi. Explique à tes parents que tu as entendu l’Appel et rejoins-nous. »
Aussi étrange que cela puisse paraître, et même si je n’avais, à l’époque, aucune idée de ce que signifiait « avoir entendu l’Appel », je me précipitai à la maison où mon père et ma mère travaillaient à de menues tâches en attendant la fin du gros temps. Je me souviens être entré dans la maisonnée, telle une bourrasque de vent, en sautant de joie autour de mes parents et en répétant à tue-tête « J’ai entendu l’Appel ». J’étais euphorique sans pouvoir me l’expliquer. J’apprendrais plus tard qu’il s’agissait là d’un effet du premier contact entre un esprit humain et celui d’un Aîné. Mon père s’était levé, me saisissant par les épaules afin de m’immobiliser et me demandant de répéter. Je ne me fis pas prier. On aurait dit que je venais leur annoncer la découverte de pépites d’or dans la rivière, et il y avait de quoi : un de leurs fils avait la chance de servir les dieux et, un jour peut-être, de rejoindre les rangs des Maîtres. Quand bien même cela signifiait deux bras en moins pour le travail à la bergerie, ils étaient les parents les plus heureux du monde.
Je ne compris ce que l’Appel impliquait que le lendemain, alors qu’un de ces êtres tant admirés se posait avec grâce au beau milieu de la pâture, à quelques pas de mon frère et moi qui étions sortis lorsque nous l’avions aperçu dans le ciel, depuis une fenêtre. Une heure plus tard, je quittais la maisonnée, sans savoir si j’y reviendrais un jour. Et après dix années passées à la Tour, j’étais choisi pour être le nouveau Maître de Lëysha. Je n’ai jamais revu la demeure familiale.
Mon seul regret est de ne pouvoir connaître l’opinion de mon frère vis-à-vis de tout cela : m’en veut-il d’avoir été celui qui a été choisi, m’envie-t-il d’être devenu ce que nous avons toujours tous deux rêvé, ou est-il simplement heureux pour moi ? Peut-être un jour mes fonctions me laisseront-elles suffisamment de temps et me permettront-elles de retourner rendre visite à ma famille. Malheureusement, partager un Cycle de Lëysha, l’incarnation de la Vie, la Reine de nos Aînés, ne permet guère de déplacement au-delà des limites du domaine de la Tour. Néanmoins, devenir le Maître de Vie est la plus belle chose qui pouvait arriver à un tout jeune fils de berger…

JOURNAL DE MAITRE ELVÖSTH AL’LËYSHA,
QUATORZIEME MAITRE DE VIE



Le ciel s’étirait en une clarté absolue, offrant à la terre les doux rayons du soleil printanier dont la maigre chaleur se disputait avec la brise encore fraîche. Soudain, une ombre fugace me survola, parée d’éclats dorés. Je souris. Allongé sur le dos, dans l’herbe, je sautai sur mes deux pieds et m’élançai vers l’arbre qui bordait le muret de pierre, plusieurs mètres plus loin. Escalader ses branches était pour moi un exercice rodé et il me fallut à peine plus de quelques secondes afin d’atteindre mon observatoire.
Elle était là, se baignant dans le lac qu’abritait la clôture au bas de mon perchoir. Sublime. Le soleil donnait à ses écailles des reflets mordorés, les gouttelettes que soulevaient ses mouvements ornaient ses pointes osseuses et la membrane de ses ailes d’autant de perles irisées. Lëysha était de loin la plus belle créature que ce monde abritait, j’en étais persuadé, et pour cause : devant moi se tenait la Reine des Aînés, l’incarnation de la Vie. Moment d’extase bref qu’il fallait savoir attendre pour le mériter.
— Aspirant Dënorh !
Le ton sec me fit sursauter et je manquai descendre de ma branche bien plus vite que je ne l’aurais voulu. Le rire qui accompagna ma réaction récolta une réplique immédiate de ma part :
— Aymerick, triple andouille ! J’ai bien failli me briser le cou !
Un instant plus tard, cet idiot de blondinet au sourire insolent m’avait rejoint. Un air béat se dessina sur son visage quand il posa les yeux sur le spectacle que nous offrait l’Aînée.
— Ce n’est vraiment pas gentil de garder ça pour toi, Dënorh. Tu pourrais penser à ton vieil ami quand même.
Nous restâmes un bon moment silencieux, puis Lëysha prit son envol, son bain terminé, et d’un battement de ses ailes gigantesques s’éloigna en direction du sommet de la Tour, où se trouvait son domaine. Quand elle ne fut plus dans notre cha

  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents