Les Naissances Fantômes
59 pages
Français

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Les Naissances Fantômes , livre ebook

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Description


À peine remis de ses précédentes aventures, Yoann, accompagné de sa famille, devra à nouveau affronter Owen Black et ses spectres. Ceux-ci ont en effet trouvé un moyen terrifiant pour revenir dans le monde des Vivants et asseoir leur domination.



Il lui faudra retourner une dernière fois au cimetière pour retrouver ses amis les Esprits et engager avec eux l’ultime combat pour la liberté et le salut de tous.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782390540106
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pierre Brulhet
 
 
 
 
 
Les Naissances Fantômes
 
 
Collection Séma’gique
Séma Éditions
 
Illustration de couverture  : CloveredC
Composition graphique  : CloveredC
Mise en page numérique  : 2LI
© Séma Éditions, département de Séma Diffusion, pour la présente édition
Rue Félicien Terwagne 2, 5020 Vedrin, Belgique
Ouvrage dirigé par Denis Labbé
Tél : +32 (0)477/57.81.82
Mail : contact@sema-diffusion.com
D/2019/13.731//11
ISBN : 978-2-39054-010-6
Tous droits réservés pour tous pays
Toute reproduction interdite
Dépôt légal : Septembre 2020
 
 
 
 
 
À Gabriel, car les anges ne meurent jamais.
 
Chapitre 1 Une rencontre inattendue
Chapitre 2 Un heureux événement
Chapitre 3 Retour au Puits
Chapitre 4 Une décision à prendre
Chapitre 5 Le caveau des spectres
Chapitre 6 Dans le ventre du Marais
Chapitre 7 À la recherche de vieux amis
Chapitre 8 Retour à la maison
Chapitre 9 Chaudes retrouvailles
Chapitre 10 Dans le labyrinthe des égouts
Chapitre 11 À la recherche de l’architecte
Chapitre 12 Le sacrifice
Chapitre 13 Un guide dans l’obscurité
Chapitre 14 Retour au cimetière
Chapitre 15 Une reconstruction compliquée
Chapitre 16 Le dernier affrontement
Épilogue
Dans la même collection
 
Chapitre 1 Une rencontre inattendue
 
 
 
Quand Yoann eut terminé le conte, il découvrit que sa fille le fixait avec des yeux pleins d’étoiles.
— Elle est merveilleuse, cette histoire du vieux puits.
— Merci, Ora. Tu comprends mieux pourquoi je ne voulais pas te la raconter tant que nous n’étions pas dans cette forêt et que tu puisses découvrir ce puits.
Soudain, l’expression dans le regard de sa fille changea.
— Tout va bien ?
Elle lui répondit d’une voix tremblante :
— Papa, il y a une dame qui nous regarde.
Yoann se tourna brusquement, puis se redressa. Dans la pénombre de la fin du jour, il avait du mal à distinguer la présence qui les observait entre deux arbres imposants. Mais sa silhouette et ses vêtements ne laissaient aucun doute quant à sa nature féminine. Yoann essaya maladroitement :
— Qui… Qui êtes-vous ?
— Je suis une mère à la recherche de son fils.
Elle s’interrompit avant de poursuivre.
— Son nom est Yoann.
Yoann sentit ses jambes chanceler. Il s’appuya sur le bord du puits pour ne pas perdre l’équilibre. Les mots prononcés par l’apparition l’avaient profondément troublé. Ora se serra contre son père. Elle avait terriblement peur. La silhouette, cachée derrière un tronc d’arbre, sortit de l’obscurité. Il faisait presque nuit, et l’aspect translucide de la femme ne laissait aucun doute sur sa nature spectrale. Son visage était triste et d’une pâleur extrême, ce qui contrastait avec ses longs cheveux noirs aux boucles brillantes. En l’absence de réaction, elle répéta de sa voix d’outre-tombe :
— Je suis la mère de Yoann. Je le cherche depuis tant d’années. Il faut absolument que je le retrouve. C’est là une question de vie ou de mort. Comprenez-vous ?
Il n’en croyait toujours pas ses oreilles. L’Esprit qui se tenait devant lui était-il vraiment celui de sa mère ? Yoann n’avait aucun souvenir d’elle. Celle-ci l’avait abandonné au milieu de la nuit dans une crypte, alors qu’il n’était qu’un nourrisson. Il n’avait eu la vie sauve que grâce à l’aide des habitants du cimetière qui l’avaient recueilli et qui, au fil des années, étaient devenus sa famille. Et puis, lorsqu’il avait été en âge de comprendre, certains Esprits lui avaient révélé qu’ils avaient aperçu sa mère s’enfuyant au-delà du mur, puis se faire renverser mortellement par un carrosse. Yoann ne l’avait donc jamais connue et ignorait tout de son existence, de sa vie qui avait probablement été tragique. Il n’avait même jamais su son nom. Yoann finit par se ressaisir et s’adressa à l’Esprit.
— Puis-je savoir comment vous vous appelez ?
À ses propres mots, il sentit ses yeux rougir et dut se contrôler pour ne pas pleurer. Il sentit la petite main d’Ora serrer sa paume. Yoann chercha à la rassurer d’une caresse sur les boucles d’or couvrant son front. La réaction de l’Esprit ne se fit pas attendre. Elle se déplaça en flottant dans les airs, jusqu’à se trouver à moins d’un mètre du père et de la fille.
— Yoann, c’est toi ? Est-ce vraiment toi ?
Quand le mystère est trop impressionnant et que l’évidence devient la seule vérité, plus rien ne peut séparer une maman et son fils trop longtemps éloignés l’un de l’autre. Le plus naturellement du monde, Yoann lâcha la main de sa fille pour embrasser sa mère. Oubliant qu’elle n’était qu’une enveloppe immatérielle, il la traversa et n’étreignit que le vide. Puis ils se séparèrent et se fixèrent du regard. Sa mère sourit, mais ses yeux étaient tristes.
— Je regrette tellement… Ma vie était si misérable que je n’avais pas de quoi te nourrir. J’étais seule, sans travail et n’avais nul endroit pour dormir. La mort m’a fauchée, sans doute pour punir mon geste impardonnable. Si je pouvais retourner dans le passé pour réparer ma faute, je n’hésiterais pas une seconde. Mais le temps nous est compté, et tu dois être informé du grand malheur qui approche.
Après ces retrouvailles inespérées, Yoann ne comprenait pas son empressement. Pourquoi ne prenait-elle pas la peine d’en dire plus ? N’avait-elle pas l’éternité devant elle ? Devinant ses pensées à l’expression de son visage, sa mère ne lui laissa pas le temps de répondre.
— J’ai pu te retrouver, car on m’a guidée vers toi. La menace sombre n’est pas terminée…
— Mais c’est impossible. Catacombes Ville n’existe plus, et la Tour Noire a été détruite ! Owen Black et ses Spectres ont été renvoyés dans le néant et…
Il ne finit pas sa phrase. Il sentit le contact surnaturel du doigt qu’elle posa sur ses lèvres. Comme un souffle glacé et électrique qui lui fit dresser les poils des bras.
— Il n’en est rien, Yoann. Vous ne les avez que provisoirement éloignés, tes amis et toi.
Le jeune homme réalisa que sa fille lui tirait la manche avec insistance.
— Papa, que veut-elle dire ?
L’apparition lui adressa un large sourire qu’Ora renvoya en lui montrant toutes ses dents. Toute peur avait disparu chez la fillette. Ce qui importait, c’était que son papa avait retrouvé sa maman, même si celle-ci venait du monde des Esprits. Et puis, Ora la trouvait très jolie. Yoann, rassuré, s’adressa à sa mère.
— Tu peux parler sans détour. Ma fille a vécu des moments difficiles qui l’ont fait grandir et elle peut entendre certaines choses.
— Je sais. Cependant, malgré son courage, elle ne pourra rien contre le retour d’Owen Black et de ses maudits spectres.
Yoann montra des signes d’impatience. Il voulait en savoir plus.
— Quand vont-ils revenir ? Comment et où se manifesteront-ils ? Je dois savoir !
Le visage de l’Esprit changea. Son regard triste se durcit, et ses lèvres tremblèrent.
— Mon existence se trouve entre deux mondes, et je vois se tramer des choses de l’invisible. Le futur, votre futur, celui des Vivants, n’est plus assuré.
— Ce n’est pas suffisant. Il faut m’en dire davantage ! Par où dois-je commencer ?
La mère de Yoann se mura dans le silence. Elle fit un pas en arrière, puis un autre. Quelque chose en elle se referma. Yoann chercha à la rejoindre, mais elle lui fit signe de ne pas la suivre.
— Pourquoi t’éloignes-tu de moi ? Reste encore un peu. Dis-moi ce que je dois faire.
Yoann vit ce qu’il ne connaissait que trop bien : l’enveloppe immatérielle de l’Esprit commençait à s’estomper. Il savait qu’elle disparaîtrait d’un moment à l’autre. Le jeune homme devait soutirer un maximum d’informations à sa mère avant qu’il ne soit trop tard.
— Qu’as-tu vu dans l’au-delà ?
Il eut un dernier espoir lorsqu’il la vit redresser la tête et cesser de reculer.
— Je n’ai rien vu, mais ressenti. Même si je n’existe plus, je reste sensible à certaines choses. Je les entends au fond de moi. Le Mal va renaître. Il a trouvé un moyen de revenir et, cette fois, le monde des Esprits et des Vivants sera sous son joug. Je ne sais quand cela va arriver. Dans quelques semaines, voire quelques mois. Mais j’ai la certitude que les Spectres se manifesteront pour finir ce qu’ils ont commencé.
Soudain, la mère tendit sa main vers Yoann, alors qu’elle disparaissait peu à peu. Elle l’ouvrit, et il y découvrit une montre à gousset.
— Elle appartenait à ton père, qui est mort pendant la guerre, bien avant ta naissance. Il me l’avait offerte à notre mariage. Tiens, prends-la.
Yoann accepta, fort ému par ce cadeau inattendu. Sa mère continua :
— Cette montre est magique. On l’appelle « L’aiguille du temps ». Ton père l’avait trouvée dans une brocante. Le vendeur lui aurait raconté qu’elle avait appartenu à un horloger bien singulier qui, malgré sa cécité, réalisait des montres extraordinaires. Chacune détenait un pouvoir. Celle que tu tiens dans ta main aurait la capacité de modifier le temps. J’ignore comment cela fonctionne, mais tu sauras en faire usage le moment venu.
Elle s’arrêta et ferma les yeux. Quand elle les rouvrit, ils brillaient d’un éclat surnaturel :
— Garde-la précieusement. Les jours où tu te sentiras triste, ouvre-la. Si tu penses fort à moi, je pourrai peut-être te rendre visite.
Le jeune homme ne sut que répondre. Sa mère disparaissait déjà.
— Papa, papa, la gentille dame n’est plus là !
Yoann regarda sa fille sans rien dire. Il ouvrit ensuite la montre à gousset. Sur le fermoir intérieur, un prénom était gravé en lettres d’argent.
Celui de sa mère.
Éléonore.
 
* * *
 
Lors de leur retour, Yoann discuta avec sa fille et lui fit promettre de garder le silence, que rien ne devait être rapporté de leur rencontre dans la forêt. Il songea longuement à cette mère perdue, à ce qu’aurait été sa vie si elle ne l’avait pas abandonné dans ce cimetière. Il serra fort la main de sa fille qui avançait en sautillant. Il pensait à Ingrid qu’il aimait d’un amour profond, à ses amis les Esprits… Il n’existait pas de destin idéal. On prenait celui qui se dessinait devant soi et on avançait, quoi qu’il arrive. Yoann comprit qu’ils étaient arrivés, en apercevant les lumières allumées dans la maison et en distinguant les silhouettes de madame Boyle et Ingrid qui les attendaient sur le perron.
 

 
Chapitre 2 Un heureux événement
 
 
 
Six mois s’étaient écoulés depuis la rencontre inattendue dans la forêt. Yoann et Ora n’avaient rien dévoilé au sujet des révélations de l’Esprit d’Éléonore ainsi que de son étrange cadeau. Il le conserva caché dans une petite poche intérieure de son gilet. Ses inquiétudes se dissipèrent lorsqu’il apprit l’heureux événement : sa femme Ingrid portait en son ventre leur second enfant. Aussitôt, une atmosphère joyeuse envahit la maison, et chaque jour passé ne faisait qu’attiser l’excitation autour de l’attente de la naissance. Ora ne cessait d’interroger ses parents : aurait-elle un petit frère ou une petite sœur ? Invariablement, ils lui répondaient la même chose, que le mystère ne serait révélé qu’au jour de sa venue au monde. Elle apprit à être patiente et, tandis que sa mère préparait déjà la chambre du nourrisson, Ora composait après l’école de beaux dessins. Son père la surprit un samedi matin, alors qu’elle finissait un coloriage sur la table de la cuisine.
— Qu’est-ce donc ?
— Attends, j’ai presque fini. Retourne-toi et ferme les yeux. Ce sera la surprise.
Yoann, amusé, se prit au jeu.
— Tu me diras…
— Papa, chut ! Tu me déconcentres. Voilà. C’est presque terminé. Tu peux regarder.
Ora fit à son père le plus appliqué des sourires. Yoann lui adressa un clin d’œil complice en retour.
— Voyons ça…
Son visage se figea. Sa fille le remarqua aussitôt.
— Tu n’aimes pas mon dessin ?
— Non, non, il est très beau. C’est que… Enfin… Pourquoi l’enfant que tu as crayonné n’a pas de tête ?
Elle rit.
— Mais c’est toi qui me l’as dit. On ne sait pas si ce sera un garçon ou une fille.
— Tu pourrais au moins représenter un visage, tu…
Yoann se tut. Il eut un étrange pressentiment. Et il n’aimait pas du tout cela.
— Papa, je pense avoir trouvé la solution. Tu m’écoutes ?
— Oui, oui…
Mais l’esprit de Yoann était ailleurs. Un nuage sombre vint obscurcir la quiétude de cette belle et chaude journée du mois d’août.
— Tu aimes ou pas ?
— Hein ?
La fillette fit une grimace d’exaspération et répéta sa question en articulant clairement.
— Tu… aimes… ou… pas ?
Il regarda alors attentivement le dessin. À la place d’un visage, Ora avait griffonné un drap qui recouvrait totalement l’enfant.
— Voilà, on peut maintenant tout imaginer.
Yoann secoua la chevelure dorée de sa fille.
— Tu ne pouvais pas mieux le représenter.
...

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