Mei et Mildred sur l échiquier de la mort
37 pages
Français

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Mei et Mildred sur l'échiquier de la mort , livre ebook

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Description

A Capitalia, Mei est la plus brillante enquêtrice de sa génération. Cependant, un criminel lui échappe encore : le Roi des échecs. Quand l'épouse de Mildred est assassinée, celle-ci demande l'aide de Mei. Ensemble, les deux femmes vont tenter de mettre un terme aux sombres projets de l'assassin.


Embarquez pour l'Entremonde, le monde magique, et suivez les Mes & Mildred à travers leur récit !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782379600562
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Guillaume Guégan
Rappel
L’Entremonde est un monde parallèle au nôtre, un mo nde magique où vivent de très nombreuses créatures extraordinaires comme les Nains, les Centaures, les Fées, les Hufits, les Lycanthropes, les Vampires ou encore les Elfes. Ces derniers sont d’ailleurs à l’origine de la création des sorciers, des Anges et des Fils de la Lumière qui peuplent la Terre et l’Entremonde.
CHAPITRE 1 Au bout d'une rue pavée
Entremonde, Tark-El-Han, Capitalia, Quartier d’Adirion.
En plein cœur de la Saison Blanche, la pluie martel ait le pavement du quartier historique de Capitalia. Les habitants, claquemurés dans leurs appartements, fermaient déjà leurs volets, préférant la lumière artificielle à la couleur du ciel maussade. Capuche sur la tête, Mildred laissa passer un cavalier, puis s’élança en direction de l’allée qu’on lui avait indiquée. « Vous ne pouvez pas vous tromper, c’est au bout d’une rue pavée, juste après le nouveau restaurant à la mode qui vient d’ouvrir ses portes. » Elle longea effectivement l’établissement aux fenêt res à carreaux éclairées, huma l’odeur des cuisines et s’enfonça dans la venelle, « Impasse des Boulangers ». Une silhouette filiforme se découpait sur l’une des fenêtres d’une maison à colombages, située à gauche du restaurant et construite sur trois étages. La cheminée expulsait un panache de fumée noire. Mildred gagna le seuil de la demeure et frappa troi s fois à l’aide du heurtoir en bronze. Quelques instants plus tard, un homme à la peau bleutée, que la Naine identifia comme un Hufits, l’invitaà entrer. — Puis-je vous aider, Madame ? Mildred abaissa sa capuche et secoua ses longs cheveux roux, rassemblés à la hâte en queue-de-cheval. —Vous pourriez, en effet. Je désirerais m’entretenir avec la célèbre Mei. On m’a dit qu’elle logeait ici. — C’est exact. Mei habite au troisième étage. Veuillez me suivre, je vais vous y conduire. — Je vous remercie, Monsieur. — Je m’appelle Myverne, je suis le frère cadet de Mei. Mildred frappa son épaule gauche avec sa main droite, le salut des Nains. À Capitalia, on venait avec son passé, sa culture, ses us et coutumes. L’on vivait en bonne intelligence avec ses voisins, tous issus de peuples différents. Ils grimpèrent un étroit escalier dont le bois craquait sous chacun de leurs pas. Mildred croisa son reflet dans un miroir et se fit peur. Elle était en core plus pâle que d’ordinaire, des cernes noirs marquaient ses yeux, couleur de l’améthyste. Les taches de rousseur qui lui mouchetaient les joues apparaissaient davantage et ses lèvres charnues semblaient gercées. Ce n’était pas à cause du froid puisque Mildred, en tant que Naine, pouvait résister à des températures extrêmes. Sa petite taille et son corps trapu l’obligeaient à lever haut la jambe pour pouvoir gravir les marches aussi vite que Myverne. Quand ils parvinrent enfin au troisième étage, une douce mélodie les accompagna jusqu’à la porte du salon, un air de violon. Myverne ouvrit, fit entrer Mildred et s’en alla sans un mot. La pièce carrée était surchargée de bibelots et de meubles anciens. Des services à vaisselle s’empilaient dans deux buffets poussiéreux, des livres s’amassaient sur trois guéridons, des jouets d’enfants débordaient d’un coffre aux couleurs devenues ternes, des tapis recouvraient presque entièrement le plancher et quand ils se chevauchaient, ils forçaient une chaise ou une table à s’incliner dangereusement, en équilibre précaire. Un violon sans cordes reposait sur le bureau de Mei , à demi dissimulé sous un tas d’enveloppes dépouillées. — Pardonnez-moi, j’ai cru entendre de la musique. Vous ne jouiez pas ? —Moi? s’étonna Mei. Je ne pratique aucun instrument . Cela impliquerait d’emmagasiner un nombre élevé d’informations inutiles. Mei, à l’instar de son frère, arborait une peau bleutée, plus pâle que Myverne, cependant. Elle était grande, dans les standards Hufits, mince et habillée d’une robe pourpre. Ses cheveux, aussi fins et
argentés qu’un fil d’araignée, semblaient avoir été coiffés avec de la laque. Mei portait une paire de lunettes rondes et noires. Sa seule coquetterie consistait à empiler des colliers divers autour de son cou. Mildred remarqua également l’étrange inclinaison de son index, comme s’il avait été brisé un jour et mal réparé. — Désirez-vous une boisson chaude ? s’enquit-elle. — Non, je vous remercie. — Puis-je connaître votre nom ? Mildred s’installa sur le fauteuil en face de Mei grâce à un marchepied bien à propos. — Je m’appelle Mildred. — Quelle est votre histoire, Mildred ? demanda l’enquêtrice. Elle possédait un grain de voix particulier. Elle avait la voix cassée, mais ce n’était ni inharmonieux ni agaçant, bien au contraire, elle était pleine de chaleur. — Je vous demande pardon ? — Quelle est votre histoire ? Celle qui vous a menée ici. — Vous souhaitez entendre tout le récit de ma vie ? Ça risque de prendre du temps, j’en ai peur. Mei tira une pipe d’un tiroir caché sous le bureau, bourra le foyer avec du tabac de Cariak et embrasa ce dernier. Une fumée verdâtre et malodorante emplit la pièce. —Je suis née à Nibel, le Royaume des Nains. Je n’échange plus guère avec mes parents, Milsong et Mårdy. Dans ma jeunesse, j’ai traversé l’Océan Dakara et me suis installée à Capitalia où l’on clamait partout que la vie était si douce, si simple, si exemplaire. Ce sont de belles foutaises, si vous voulez mon avis. En tout cas, elle n’est ni pire ni meilleure qu’ailleurs. — C’est parce que vous êtes originaire de Nibel. Moi, j’ai fui Astria. Poursuivez, je vous prie. —J’ai suivi de longues études, je me suis spécialisée dans les Sciences et suis devenue enseignante à mon tour, à l’Académie de Capitalia. — Et vous sollicitez mon aide parce que vous venez de perdre quelqu’un de proche, n’est-ce pas ? — Comment pouvez-vous le savoir ? —Le ton de votre voix, cette distance avec vos parents, certains de vos gestes. Vous dites avoir quitté Nibel, mais avez demeuré à Capitalia. Quelqu e chose vous y a retenue. Vous portez le signe de l’union. Elle désigna le rameau d’if, tatoué entre l’index et le majeur gauche de Mildred. — Vous vous êtes unie à une autre âme. Quel est son nom ? Mildred baissa le regard. — Anéa, c’était une sorcière. On l’a… assassinée. Mei éteignit sa pipe, fit le tour du bureau et vint s’agenouiller devant l’enseignante. Elle lui prit les mains. — Madame, quoi qu’il arrive, j’accepte de vous aider. — Je me dois de vous préciser, Mei, que mon Anéa cachait ceci dans sa main. Elle sortit de sa poche un petit objet en ébène, un pion noir, une pièce d’un jeu d’échecs. Mei sembla se décomposer en découvrant l’objet. — Il ne s’arrêtera donc jamais ? — Vous le connaissez ? Mei se releva et fit les cent pas dans le salon. Mildred aurait été bien incapable de lui donner un âge. Dans son regard flamboyait l’étincelle de la jeunesse, mais son visage trahissait une certaine lassitu de. En tout cas, elle avait moins de quarante ans. —L’opinion publique lui prête le nom de Tueur aux échecs. Ou le Roi des échecs. J’ai ouvert mon cabinet d’enquêtes il y a environ neuf ans. J’ai mené à terme chacune des affaires pour lesquelles on m’a consultée. Toutes, sauf une. Ce meurtrier m’échappe depuis huit ans. — Est-il donc si différent des autres criminels ? —Il l’est, de toute évidence. Il échappe à la justice depuis bien trop longtemps. Pour ma défense, ses actes sont difficiles à interpréter et, plus encore, à anticiper. Il lui arrive d’assassiner deux personnes le même mois, puis de disparaître plusieurs semaines. Mildred faisait rouler la pièce d’échecs entre ses doigts, intriguée par l’objet. — Les échecs… J’en ai déjà entendu parler. Il s’agit d’un jeu, n’est-ce pas ? —Tout à fait, ma chère. Un jeu originaire de la Ter re et, plus précisément, d’Asie, même si les
historiens s’affrontent encore sur la région précise qui l’a vu naître. J’imagine qu’un jour, quelqu’u n a apporté un échiquier dans l’Entremonde. — Vous sembliez stupéfaite lorsque je vous ai tendu ce pion. Pourquoi ? Mei jeta un regard mélancolique par la fenêtre, sans prêter attention aux Capitalians. —Comme je vous l’ai précisé un peu plus tôt, l’assassin agit de manière inattendue. Avant votre épouse, il n’était plus passé à l’acte depuis un an. Pareil pour le meurtre précédent. Mildred fronça les sourcils. — A-t-il déjà disparu plus longtemps ? — Si je ne me trompe pas, il s’est déjà volatilisé pendant deux années entières. Deux fois. — Il s’agit peut-être d’un vagabond qui tue dans chaque ville où il s’arrête. —Cela me paraît improbable. Il semble connaître la ville et ses recoins. Il n’a jamais tué deux fois au même endroit de Capitalia. Au milieu de toutes ces informations, au cœur de ce chaos tout droit sorti d’un esprit dérangé, Mildred, guidée par la logique, percevait un ensemble de règles, mais il était sans doute trop tôt pour en saisir le sens. Mei rompit le fil de ses pensées : — Je dois vous montrer quelque chose. Elle ôta ses lunettes et désigna le pion. — Puis-je vous le reprendre ? Mildred laissa tomber l’objet au creux de la main de l’enquêtrice qui le retourna et approcha le verre de ses lunettes. Juste sous le pion, à l’endroit exact où la surface aurait dû être lisse, l’on avait gravé quelque chose. E5. — Qu’est-ce que ça signifie ? — Hélas, je ne suis guère familiarisée avec ce jeu et j’ignore si cela est en rapport avec lui. Toutes les pièces qu’il a abandonnées derrière lui portaient une lettre et un chiffre. — Ne connaissez-vous donc aucun expert ? —Les échecs se pratiquent avant tout dans des clubs privés où se côtoient des intellectuels et l’élite de la ville. Même si ma bonne réputation me précède, je n’y suis pas admise. Je leur ai pourtant écrit plusieurs fois, sans réponse de leur part. Mon frère a eu le privilège d’en fréquenter deux ou trois, mais je crois qu’il s’est lassé. Mildred ne parvenait pas à saisir les raisons qui poussaient les administrateurs de ces endroits privés à ignorer les requêtes d’une enquêtrice reno mmée. Lorsque Mei se redressa, sa paire de lunettes lui glissa entre les doigts et se brisa sur le tapi s. Elle soupira, ramassa la monture et les verres déchaussés, les jeta dans un tiroir rempli d’autres cadavres de lunettes, puis tira une paire neuve d’un second tiroir. — Cela m’arrive souvent, commenta Mei, légèrement contrite. Mildred hocha simplement la tête. L’enquêtrice poursuivit : —Permettez-moi de vous raconter une brève histoire : la première fois que je me suis retrouvée confrontée au Tueur aux échecs.
« Cela faisait déjà pratiquement un an que j’avais ouvert mon cabinet d’enquêtes lorsque mon ancienne instructrice, Betty Peacock, me rendit visite pour me convaincre d’écouter l’homme qui  l’accompagnait. Nourdin Haddad venait à peine de perdre son épouse dans des circonstances étranges. Le conservateur du musée de Capitalia, l’endroit où elle travaillait, l’avait trouvée étendue sur la moquette, dans un couloir du deuxième étage. Aucune trace d’agression apparente. Il ne pouvait s’agir d’une mort naturelle, car cela n’existait pas chez les sorciers aussi peu âgés. Pas un seul obj et d’art ne manquait. L’on était venu pour elle et uniquement pour elle. Peacock m’encouragea vivement à examiner la scène de crime où un brigadier m’attendait. C’est donc poussée par une certaine curiosité que je me rendis sur place. Le brigadier m’accueillit...
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