Passeuse d âmes, tome 2
1775 pages
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Passeuse d'âmes, tome 2 , livre ebook

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Description

Je m’appelle Érine Homes. Médium sans grand talent. Gérante d’une boutique ésotérique. Passeuse d’âmes en formation. Promise à un démon. Sacrifiée et sauvée, deux fois. Sous haute protection depuis. Mère par procuration. Célibataire égoïste. Et... c’est déjà pas mal.
Enfin, je ne me plains pas. J’ai de la chance, je suis en vie. Et je compte bien le rester. Même si on ne va probablement pas me faciliter la tâche. Que ce soit ma famille qui cherche à me nuire, le démon à me récupérer ou Clayton qui se fait un plaisir de jouer les professeurs lunatiques, mon avenir ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. Seuls les dieux savent ce que le futur me réserve. Quoique, ce n’est pas sûr.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 16
EAN13 9791096960842
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

©LynA. LewisetLitl’ Bookéditions, pour la présente édition – 2019 ©LynA. Lewispour la couverture ©ThibaultBeneytou, Suivi éditorial
ISBN : 979-10-96960-84-2
Tous droits réservés pour tous pays
Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
Àmes muses à plumes ou à cornes.
Son sang m’éclaboussa le visage au moment où il rendit son ultime soufe. Par ma lame, ce monstre cornu avait péri. Sans pitié, je lui avais tranché la tête. Il n’était pas le premier ni le dernier. Je repris ma route sans attendre. D’autres me poursuivaient. Depuis combien de temps errais-je dans cet endroit maudit ? Dans cet enfer labyrinthique ? Plusieurs semaines ? Plusieurs mois ? Qu’importe. Constamment, je pensais à cet instant fatidique. Je revoyais celui qui m’avait entraînée vers ma damnation. Je maudissais ma stupidité et mon ignorance. Je le maudissais lui. Je le haïssais. Je le haïssais de toutes mes forces. Et chaque créature qui osait m’approcher payait pour lui. Cher. Très cher. — Tant de sang. Tant de souffrance… J’adressai une œillade mé1ante et menaçante à celle apparue devant moi. Sa beauté me rappelait la mienne, dans une autre vie déjà si lointaine. Celle que je regrettais amèrement. Son regard me couvait avec douceur et prévenance. — Je me nomme Liv, je suis ici pour t’aider. Je ne lui répondis pas, mais raffermis ma prise sur la garde de ma double-lame. Elle m’adressa un sourire angélique et me tendit la main. — Je vais te rendre ta liberté. Viens avec moi, Debra. Ma liberté. Quitter cet enfer. Me venger. J’acceptai sans même rééchir. Qu’avais-je à perdre de plus, de toute façon ?
— Hé toi. — Hé ! J’offris un sourire à Ian tandis qu’il soulevait Tamara dans ses bras. La llette gloussa lorsqu’il déposa un baiser bruyant sur sa joue rose et rebondie. Il m’adressa un clin d’œil et se pencha pour m’embrasser à mon tour. — Quoi de neuf ? Notre miss a-t-elle été sage ? — Évidemment, elle a un bon exemple à suivre à la maison ! J’ignorai le rire moqueur de mon ami et m’installai sur le canapé. Il libéra Tamara et ne tarda pas à me rejoindre avec deux verres de liqueur, ma préférée, comme d’habitude. Ensemble, nous avions établi un planning qui nous offrait la possibilité à tous les deux de passer du temps avec ma protégée. C’était très étrange. Nous nous retrouvions dans une situation de garde partagée sans être en couple, ni même parents. Néanmoins, je n’avais aucun regret, malgré les lourdes responsabilités que cela entraînait. Dernièrement, nos conversations tournaient autour du futur parcours scolaire de Tamara. Devait-on l’inscrire à l’école alors qu’elle n’avait, au fond, pas d’identité réelle ? Nous étions d’accord sur le fait qu’il n’était pas bon de la couper du monde extérieur, mais la question des papiers administratifs nous posait vraiment problème. C’était compliqué. Mais c’était aussi agréable de discuter de choses si… normales. — Quoi de neuf, Miss ? — Oh tu sais, la routine. Enn, la routine, pour moi, était un peu différente de celle du commun des mortels. La journée, je continuais à m’occuper de ma boutique ésotérique,La boîte de Pandore. La soirée, j’endossais mon rôle de Passeuse. En bref, j’accompagnais les âmes des défunts de l’autre côté, là où se trouvait leur place. Je les aidaisà traverser et à atteindre l’Antichambre qui était plus ou moins l’équivalent du Purgatoire, même s’il avait l’allure d’un hall de gare gigantesque… La plupart du temps, tout se déroulait sans accroc. Les esprits étaient confus ou avaient besoin de faire passer un message. Un petit coup de pouce et c’était réglé. Évidemment, il existait des récalcitrantes. Elles portaient des noms différents, des appellations qui les classiaient selon leurs agissements. Que ce soit des âmes parasites ou des esprits funestes, il y en avait pour tous les goûts. Depuis presque huit mois, j’apprenais les celles de ce métier très spécial. Bien entendu, je me serai contentée de gérer mon entreprise, mais le destin en avait décidé autrement. Peut-être que les choses auraient été différentes si je n’étais pas une « Homes ». Ma famille était spéciale. Le voile qui séparait le monde des mortels et des défunts n’existait pas, pour nous. Nous partagions tous le don de percevoir et d’interagir avec l’invisible, chacun à notre manière. Récemment, j’avais appris que ces compétences bien particulières étaient le résultat d’un pacte avec une entité démoniaque. Qu’à chaque génération, notre matriarche, ma grand-mère, offrait un sacrice en échange de notre « supériorité ». Une vie. Un membre de la famille, de préférence une « pièce rapportée » qui n’avait aucun intérêt aux yeux d’Élise. Mon père fut l’un de ces tributs. Et je fus la dernière en date. Une véritable « Homes », pourtant. Une exception. Ils m’ont tuée. Poignardée dans une ruelle sombre par un inconnu manipulé. Et tout a basculé. Une rencontre avec le dieu de la Mort et je me retrouvai propulsée dans une nouvelle existence plus compliquée que la précédente. Tout ceci sous la garde et la protection d’un chaperon aussi exaspérant que séduisant. — Comment va l’Anglais ? Tiens, en parlant du loup… — Bien. Je suppose. — Tu supposes ? — Clay est en mission. Même s’il était responsable de ma sécurité et de mon instruction, il lui arrivait d’être rappelé par Noah et de disparaître pendant plusieurs semaines. Quelqu’un venait alors le remplacer. Actuellement, il s’agissait d’une de ses anciennes équipières, Candice. Bref, je n’étais jamais seule. Toujours sous haute surveillance. Pas question de me laisser sans protection depuis qu’un démon avait décidé de me mettre le grappin dessus. Ce même démon à qui j’avais été offerte en sacrifice. Merci grand-mère. Par ré@exe, ma main se porta sur mon talisman, celui qui avait été créé uniquement pour moi et surtout pour garder à l’écart le démon qui se faisait appeler Liam ou Thalès. En permanence, je sentais l’énergie du pendentif résonner avec la mienne, en synchronisation. C’était rassurant et je ne le quittais jamais.
Malgré tout, j’étais là, bien vivante, à papoter d’éducation avec mon meilleur ami, comme si tout était ordinaire. Cette touche de normalité me faisait un bien fou. Ian le savait, il ne chercha d’ailleurs pas à en apprendre plus sur le sort de Clayton. De toute manière, il ne l’appréciait pas. Même si nous n’étions plus ensemble, il ne pouvait cacher son mépris et sa répulsion envers celui qu’il appelait, sans aucune affection, l’Anglais. — Des projets pour ce soir ? — Une soirée entre filles avec Candice. Même si j’aurais préféré la passer en compagnie de Debra… Debra. La journaliste blonde et ambitieuse. Je ne l’avais pas connue très longtemps. En fait, au début, je ne la supportais pas. Je la trouvais supercielle et antipathique. Pourtant, elle m’avait apporté son aide sans rien me demander en retour. Et elle avait perdu la vie en voulant protéger la mienne. Qui faisait ce genre de chose dans une société où l’égoïsme prévalait ? Je n’avais même pas eu l’occasion de la remercier… Elle me manquait. Nous aurions pu devenir de bonnes amies, si nous en avions eu le temps. — Elle est comment, cette Candice ? me demanda Ian en percevant mon changement d’humeur. — Pas très bavarde. Toujours concentrée. S’habille comme une avocate, mais très jolie. — Super soirée en perspective. — Je compte lui faire boire quelques verres d’alcool pour voir si elle se décoince un peu. Ou si elle m’offrait quelques condences sur son expérience auprès de Clayton. Après tout, ils avaient travaillé ensemble, elle devait bien avoir des histoires à partager. Voire, qui sait, de quoi lui casser les pieds lorsqu’il passait en mode « insupportable ». Mon projet provoqua l’hilarité de mon meilleur ami. — Je regrette presque de ne pas être là pour voir ça. — Je peux te la présenter, si tu veux. — C’est tentant. Il esquissa un de ces sourires prédateurs qu’il afchait juste avant d’aller aborder sa prochaine conquête. Ian avait toujours été un séducteur. L’unique fois où il avait été sérieux, décidé à se consacrer à une seule femme, ça n’avait pas fonctionné. Depuis, il semblait avoir adopté ses anciennes habitudes de Don Juan. Enn, c’était ce que je pensais, jusqu’à ce qu’il rajoute quelques mots. — Peut-être une prochaine fois. Cette réponse me prit au dépourvu. Je l’observai, perplexe, pendant qu’il sirotait tranquillement sa boisson. Il devait sentir mon regard posé sur lui, mais l’ignorait royalement. En y ré@échissant d’un peu plus près, je ne l’avais plus vu avec une autre depuis que j’étais « revenue ». Depuis que j’avais décidé de mettre n à notre tentative de couple, en fait. J’avais accepté pour une mauvaise raison. Même si j’aimais profondément Ian, nous n’étions pas destinés à finir ensemble. Toutefois, je n’avais pas réalisé à quel point ça l’avait affecté. En pensant à ce que je lui avais fait subir dernièrement, la culpabilité m’envahit. J’étais égoïste. Dès l’instant où je lui avais dit oui, que je lui avais rendu ce baiser, je n’avais songé qu’à moi. En renonçant, je croyais réparer mon erreur, mais les dégâts semblaient plus étendus que ce que j’avais imaginé. Ian, le tombeur, faillait à sa réputation. C’était… flippant. — T’inquiète, Miss. Je ne compte pas devenir un moine, me rassura-t-il avec un sourire en coin et un clin d’œil. Souvent, je me demandais s’il ne lisait pas dans mes pensées… — Mais tu sais, j’ai une nouvelle femme dans ma vie. — Oh vraiment ? — Oh oui. Elle est magnique… Grands yeux bleus. Longs cheveux blonds comme les blés et bouclés. Haute comme ça. Il leva la main jusqu’à l’accoudoir de son canapé et je souris. Je cherchai du regard la demoiselle en question, qui jouait sagement dans sa chambre. — Je vois. Dans ce cas, je vais vous laisser profiter l’un de l’autre. Ian rit et vida son verre d’un trait. Je l’imitai avant de me relever et de prendre congé. Mais pas sans avoir serré Tamara contre moi et picoré sa joue de rapides baisers qui la rent couiner d’une manière tout à fait craquante. Si elle était triste de me voir m’en aller, elle n’en montra rien. D’ailleurs, elle sauta dans les bras de mon ami et m’adressa de grands signes de la main pour me souhaiter un bon départ. — Bye-bye Rine ! J’eus droit à un clin d’œil complice de la part de Ian et je quittai les lieux. Il ne fallut pas longtempsà Candice pour faire son apparition. Je sentis sa présence dans mon dos et elle fut bientôt à mes côtés. Voilà où j’en étais. Je m’appelais Érine Homes. Médium sans grand talent. Gérante d’une boutique ésotérique. Passeuse d’âmes en formation. Promise à un démon. Sacriée et sauvée, deux fois. Sous haute protection depuis. Mère par procuration. Célibataire égoïste. Et… c’était déjà pas mal. Enn, je ne me plaignais pas. J’avais de la chance, j’étais en vie. Et je comptais bien le rester. Même si on n’allait probablement pas me faciliter la tâche. Que ce soit ma famille qui chercherait à me nuire, le démonà
me récupérer ou Clayton qui se ferait un plaisir de jouer les professeurs lunatiques, mon avenir ne ressemblait pas à un long @euve tranquille. Seuls les dieux savaient ce que le futur me réservait. Quoique, ce n’était pas sûr.
La rousse s’effondra dans le désordre des draps en soie noire. Sa respiration était lourde et erratique. Elle venait de gémir, de supplier et nalement de hurler son plaisir. Je l’observai, triomphant, alors qu’elle tremblait violemment, subissant le contrecoup des nombreux orgasmes successifs que je lui avais offerts. Un honneur pour elle. Une distraction pour moi. Elle n’était pas celle que je désirais. Pourtant je devais m’en contenter, du moins pour l’instant. — Oh, Liam, tu es un dieu… Ce n’était pas la première fois que j’entendais ça. Une )atterie qui pendant longtemps m’avait satisfait, mais qui désormais ternissait légèrement mon humeur. Un dieu. — Bientôt. Les choses se déroulaient comme prévu. Même mieux que prévu. Grâce à l’intervention d’un Passeur trop zélé et à la stupidité du dieu de la Mort, le futur s’annonçait de très bon augure. Certes, j’avais perdu mon Elanor, mais ce n’était que temporaire. Je la retrouverai. Mieux, elle reviendrait vers moi. Elle était assez forte pour ça. En attendant, un nouveau pion venait de rejoindre l’échiquier et pas n’importe lequel. Deux coups furent frappés à la porte de ma chambre et me sortirent de ma ré)exion. Je me retirai d’un mouvement brusque, ce qui provoqua un hoquet du côté d’Olivia, encore pantelante. Je ne m’en souciai pas et m’écarta d’elle sans lui accorder un regard supplémentaire. — Entrez. Deux belles blondes rent leur apparition. La plus grande ne sembla pas dérangée le moins du monde par ma nudité et l’ignora avec effronterie. Un de ses traits de caractère en dépit de ses airs angéliques. — Liv, la saluai-je. — Liam. Elle me sourit innocemment tandis que l’autre me dévisageait avec curiosité. Je l’observai alors qu’elle détaillait mon corps sans défauts. Pendant quelques instants, je lui permis de se repaître de cette vision parfaite. J’eus même la satisfaction de la voir esquisser un pas involontaire dans ma direction. Elle n’alla toutefois pas plus loin, les doigts délicats de Liv s’enroulèrent autour de son poignet et la ramenèrent à la réalité. — Liam, je te présente Debra. Je m’approchai des deux demoiselles et me pencha pour saisir la main de la plus jeune pour y déposer un baiser. Elle frissonna à ce contact, mais resta immobile et silencieuse. Elle me jaugeait du regard. Il ne s’agissait pas là d’une femme ordinaire. Malheur à moi si je l’oubliais. Elle avait été imprégnée du pouvoir divin. D’abord par Noah, ensuite par Liv. Elle était spéciale et allait rejoindre mes rangs. — Ravi de te rencontrer, Debra. Grâce à elle, j’allais renverser le dieu de la Mort et le remplacer. Je régnerai alors sur l’Antichambre, le Labyrinthe et l’Oasis, sur toutes les âmes qui y demeuraient. Et ce ne serait que le début. Depuis des siècles, en compagnie de Liv, je planiais ce projet. Noah n’était pas parvenu au pouvoir suite à un simple pari, comme il aimait le raconter. Il y avait eu un affrontement et il avait remporté la bataille. Depuis, la déesse cherchait à reprendre le dessus, sans succès. Ce fut d’ailleurs elle qui m’approcha avec ce projet de soulèvement auquel j’acceptai volontiers de participer en échange d’une récompense à la hauteur du service rendu : une place au sommet de la hiérarchie. Nous avions ainsi prévu de gouverner ensemble. Néanmoins, cet accord devint caduc dès l’instant où ma route croisa celle d’Érine Homes, la réincarnation de mon Elanor. Elle serait ma reine, ma déesse et personne d’autre. Et jusqu’à ce qu’elle me rejoigne sur le trône de l’Au-delà, Liv devait continuer à croire qu’elle serait l’élue, pas seulement un accessoire de mon ascension. — Et elle ? Ma nouvelle alliée désigna Olivia d’un mouvement de tête. Je l’avais déjà complètement oubliée. — Olivia ne mérite pas ton attention. Elle n’est personne. Je claquai des doigts et la rousse se redressa immédiatement en s’enroulant dans un drap avant de disparaître en silence. Elle était bien dressée. — Mettons-nous au travail. — Vous allez rester comme ça ? Nu comme un ver ? — Oh, ça te gêne ? — Un peu, oui. Liv laissa échapper un rire bref pendant que sa protégée soutenait mon regard insistant. J’appréciais sa franchise et sa témérité. Il était évident qu’elle ne me craignait pas. C’était une réaction différente pour une mortelle. Enn, elle était bien plus que cela, désormais. Elle était la carte maîtresse de mon jeu. Mon atout
décisif. Déterminé à faire preuve de bonne volonté, je me couvris d’un peignoir et invitai les deux femmes à prendre place sur mon lit. Liv s’installa avec sa grâce habituelle pendant que Debra restait debout, les bras croisés sur sa poitrine. — Quelle est la suite du programme ? Droit au but. Elle me plaisait. Si elle ne m’était pas si utile, j’en ferais ma chienne avec grand plaisir. — Nous allons passer un accord, toi et moi. Un contrat, en quelques sortes. Tu obtiendras ta vengeance et moi la satisfaction de voir tomber un vieil adversaire. L’ancienne Pisteuse allait devoir récolter des âmes pour moi. Âmes qui seraient ensuite formées par ce cher Declan et agrandiraient davantage ma petite armée personnelle. Elle ne devrait pas blesser celle qu’elle connaissait sous le nom d’Érine. Par contre, bien entendu, elle pouvait s’en prendre à son protecteur, le Passeur qui l’avait condamnée à l’éternité labyrinthique. Quant à la manière de procéder, elle avait le choix. J’étais d’ailleurs curieux de voir comment elle se débrouillerait. — Autre chose ? s’enquit-elle avec un sourire forcé. — Tu résideras au sein d’une famille qui m’est tributaire. Les Homes. — Homes… Elle s’interrompit, le temps de s’offrir quelques secondes de ré)exion avant de parvenir à une conclusion assez juste. — Vous êtes responsable de tout ce bordel, en fait. — Je n’ai fait que réclamer mon dû. J’étais dans mon droit et je le suis toujours. — Si vous le dites… Elle haussa les épaules. Peut-être avait-elle compris qu’il ne valait mieux pas discuter avec moi, surtout lorsque j’avais raison. C’était dans son intérêt. — Ton hôte se prénomme Élise. Elle sera à ton service. Demande-lui ce que tu veux, elle exaucera tous tes désirs. Je comptais bien humilier la vieille femme de toutes les manières possibles et imaginables. La voir se traînerà genoux devant une gamine et lui obéir au doigt et à l’œil me plairait beaucoup. Elle le méritait. En étant incapable de faire régner l’ordre dans sa propre famille, elle avait perdu le peu de respect que j’avais à son égard. Sa lle payait encore le prix de son manque de loyauté et continuerait à purger sa peine pour les décennies à venir. Une punition à la hauteur de son parjure et étendue également à Declan, qui s’était laissé submerger par ses instincts paternels. Sans ses parents trop dévoués, mon Elanor serait à mes côtés. L’entretien se termina rapidement. La jeune femme n’avait pas grand-chose à dire. Elle faisait preuve d’un certain empressement et je ne pouvais pas réellement l’en blâmer. Ce qu’on lui avait fait était digne d’un démon de bas étage. Peut-être m’emparerais-je de l’âme de ce Passeur quand elle en aurait terminé avec lui. Il ferait un parfait successeur à Declan duquel je me débarrasserais, ainsi que de son épouse, lorsqu’il ne me serait plus utile. Je me retrouvai seul avec une Liv souriante et vraisemblablement satisfaite. Elle se releva et plissa sa longue robe de mousseline blanche sur ses cuisses. — Elle est délicieuse, n’est-ce pas ? — Charmante. — Je pense que les choses vont changer rapidement. — Es-tu devenue clairvoyante ? la narguai-je. La clairvoyance était un don qu’elle rêvait de posséder, mais qui ne serait jamais à sa portée. Il était destiné aux mortels. Ironie, ironie. De mon côté, j’aimais les surprises que l’avenir pouvait me réserver, même s’il ne restait pas grand-chose qui pouvait encore réellement m’étonner. — Je n’ai pas besoin de voir le futur, s’offusqua-t-elle. Je vais le modifier. Nous allons le modifier. — En effet. Toutefois, je partageais son avis. Nous étions proches d’un bouleversement comme les deux mondes n’en avaient encore jamais connu jusqu’à présent. C’était excitant. Historique. — Tu pars déjà ? l’interrogeai-je en la voyant s’avancer vers la sortie. Je m’empressai de la rejoindre et de la saisir par la taille. Sans douceur, je plaquai son dos frais contre mon torse brûlant. Elle ne protesta pas, au contraire, et ondula légèrement des hanches dans le but d’attiser mon désir. Pour toute réponse, je lui mordillai le cou et provoquai un frisson qu’elle ne put contenir. Sa main s’enfouit dans ma chevelure emmêlée et s’y agrippa pour m’encourager à prolonger et approfondir mes caresses. Je m’exécutai docilement et me lançai dans une exploration d’un territoire pourtant déjà connu. Rapidement, elle se mit à gémir et se frotta davantage contre moi. Je n’avais désormais plus qu’une chose en tête : déchirer sa robe immaculée. — Tu n’es pas fréquentable, Thalès.
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