Seuls, les voyants ont peur du noir…
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Description

Pascal Owen Passé est un chômeur de 40 ans qui se rêve reporter, sa vie jusqu'à présent n'a pas été trépidante, ni non plus couronnée de succès.
Il arrive un peu par « hasard » dans un village perdu de Bretagne, lui l'urbain, pour faire un reportage sur les légendes bretonne.
Il va se trouver face à des évènements très étranges, qui vont l’entraîner dans un monde surnaturel. Il va être amené à se surpasser pour la première fois de sa vie, et se retrouver confronté à des entités appartenant au passé, à son passé ?
Une question va se poser, et si la mort n'existait pas ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 mars 2012
Nombre de lectures 10
EAN13 9782312004792
Langue Français

Exrait

Seuls, les voyants ont peur du noir…
Fabrice Gosset
Seuls, les voyants ont peur du noir…
Et si la mort n’existait pas ? (Inspiré de faits réels)





LES ÉDITIONS DU NET 70, quai Dion Bouton 92800 Puteaux
À Monique, Michel et Owen Gosset








Du même auteur

Trajectoire d’un paradoxe, Paris, 2012. (en cours de production)
Facteur… humain, Paris, 2013. (en cours d’écriture)

















© Les Éditions du Net, 2012 ISBN : 978-2-312-00479-2

Avant-Propos
Peu de choses dans la vie m’ont réellement impressionné à part à part cette idée qui m’obsède depuis mon plus jeune âge, le temps l’espace et l’infini…
Le fait de se dire que l’espace (en tant que volume) ait toujours existé, que l’unité de mesure « temps » (totalement lié à l’espace) l’est aussi.
Le faible espace entre vous et ce livre a toujours existé, d’innombrables éléments éphémères l’ont traversé certes, mais lui s’est toujours étendu à l’infini, parce que l’espace de cette lecture est contenu dans l’espace de votre appartement, qui l’est de votre ville, pays, terre, système solaire et ceci à l’infini et le temps suivant forcément cette logique…

Le Big Bang ne fut alors qu’un petit événement dans « Notre » histoire, mais un petit rien dans cet « Infini Espace-Temps ».
Si vous arrivez à ressentir cette folie… que rien n’a jamais commencé et que rien ne se terminera jamais… vous touchez alors au vertige de « l’Existence »…

Les recherches de mon père sur le magnétisme, de part son rôle de sourcier et radiesthésiste l’ont amené progressivement à des observations qui dépassaient le simple fait de chercher des sources souterraines.


De recherches en trouvailles, il s’est rendu compte que ces sources dites aussi lignes telluriques avaient une influences sur les vivants, influences aussi morales que physiques, ce qui pouvait entre autre créer des troubles mentaux, des dépressions, des cancers…

Puis en avançant dans ses recherches, il se rendit compte que les anciennes églises étaient construites sur le croisement de lignes telluriques et qu’elles étaient reliées entre elles par ce même système.

Une personne qui mourrait, laissait un impact dans l’espace même ou elle était morte, une mémoire consultable dans certaines conditions.
De plus, de très nombreux événements (dits paranormaux) nous sont arrivés à ma famille… étaient-ils liés aux recherches de mon père ?

Nos connaissances évoluant, nos esprits s’ouvrant… peut être que oui…
N’ayant jamais vu de films ou vu de livres évoquer ces différentes théories, je me suis dit qu’il était essentiel d’en parler, de façon romancé et ludique pour toucher le plus grand nombre, certes…
Dans ce que vous allez lire, beaucoup de choses sont romancées certes, mais elles se basent sur des événements réels ainsi que sur de véritables théories développées au fur et à mesure des expériences.




Pour en finir avec cet avant propos, vous avez eu forcément tous à un moment ou à un autre une expérience de mort imminente, dans votre sommeil ou dans une action quelconque… et vous vous êtes observé distinctement en vous sentant attiré dans une autre dimension, un autre temps.
Beaucoup de religions parlent de l’âme, et je les rejoins au moins sur ce point, cette âme désincarnée doit être une voyageuse du temps… d’où cette question… et si la mort n’existait pas ?

Introduction
Pascal est un homme de 39 ans qui se pose beaucoup de questions existentielles… il ne se reconnait plus dans ce qu’il a été jusqu’à présent, c'est-à-dire rien…
Il a envie de trouver des réponses… lesquelles ?… il ne le sait pas plus que ça… mais pour la première fois de sa vie il ose tenter quelque chose d’instinctif… sans aucune logique ou stratégie quelconque.
Il se décide d’aller faire un reportage sur les légendes bretonnes, et par extension « Celtes ».
Cet urbain pure souche va découvrir qu’il y a des réalités beaucoup plus réelles et fortes que celles que la société moderne lui a enseigné.
Des réalités ancestrales qui ont traversé l’éternité discrètement, n’étant visibles seulement par des initiés, par des « éclaireurs » à l’âme ouverte.
Un monde va l’absorber progressivement, le poussant à ouvrir pleinement sa conscience, il sera dans l’obligation de devenir enfin ce qu’il doit être vraiment.

« Les portes de la connaissance sont ouvertes à ceux qui savent la voir… l’appréhender et l’accepter… »

Partie I Découvertes…

Chapitre N° 1 Disparitions…
Un chalet à la lisière d’une forêt, tranquille et chaleureuse, baignée par les rayons de lune de multiples fleurs qui se balancent au grès du vent. Le hululement d’une chouette accompagné de son battement d’ailes vient interrompre ce silence.
Dans la pénombre d’une pièce éclairée par une vieille lampe à pétrole, un objet en forme cylindrique finissant par une pointe survole une très ancienne carte aux allures de parchemin.
L’objet doré semble reconnaitre les tracés vallonnés, des forêts denses dessinées au fusain comme des peintures ancestrales.
Un homme immobile laisse quelques murmures s’échapper d’entre ses lèvres tandis qu’il tien l’objet tournoyant.
Ses sourcils épais s’inclinent vers l’intérieur ou l’extérieur du visage suivant le dialogue que semble lui entretenir cette boule de cuivre nommée « Pendule ». Son visage se crispe, le balancement de son partenaire s’accentuant anormalement.
Il le stoppe d’un coup sec, le pose sur la carte, prend quelques notes, frotte ses mains sur son vieux jean usé, regarde le balancier de la vielle horloge en face de lui qui y indique 11h55.

Une femme d’une cinquantaine d’années vêtue d’une robe de chambre rose, chantonne en remuant sa tisane, soufflant sur le liquide tout en l’invitant à se presser de refroidir.
Dans cette cuisine aux meubles anciens, marrons clairs usés par plusieurs vies déjà, le silence est juste brisé par cette aspiration timide de ce liquide brûlant et par cette petite mélodie qui se répète en boucle en deux rasades.
La tisane finie, elle porte le verre sous un vif filet d’eau froide et le pose au milieu des deux assiettes et des quelques couverts de la soirée qui attendent patiemment.
La femme jette un dernier regard pour vérifier que les volets soient bien fermés dans l’arrière cuisine, dans la cuisine, dans le salon. D’un pas lourd elle va tourner la clef d’un tour supplémentaire dans la porte d’entrée et pousse le verrou du haut puis celui du bas. Satisfaite, elle pousse un soupir de soulagement et s’attaque à la dernière épreuve de la journée, monter cet escalier aux marches si abruptes qu’elles-même souffrent en grinçant fortement à chaque pas.
Tout en haut de cet escalier se trouvent trois couloirs qui mènent chacun à une porte, à gauche est la chambre d’amis qui n’est plus utilisée depuis quelques années déjà. A droite cela mène au grenier, et tout droit à la chambre.
La femme gravit avec difficulté chaque marche, soufflant et geignant de ne pas voir grand-chose avec sa lampe à pétrole.


A la moitié de l’escalier elle fait une pause, tandis qu’un grincement se fait entendre, de l’autre coté de cette porte menant à la chambre d’ami, elle se fige et tend l’oreille.
Après quelque instant rien de nouveau, elle avance alors les yeux fixés sur la porte et la bougie bien en main, un autre craquement se fait entendre.
– Ce n’est que le bois qui travaille, tu sais bien ma vieille quand dans ces vieilles bâtisses tout travaille sauf ce qui devrait… l’éclairage par exemple… ah ! Si on pouvait enfin déménager de ce mouroir…
Elle avance encore dans un élan de témérité incroyable, sans toutefois rester trop stable comme la flamme de sa bougie, ses jambes la portant de moins en moins aisément, le courage à ses limites.
Elle fait quelques pas encore quand tout d’un coup un claquement fort se produit dans ce couloir derrière elle, elle sursaute, la bougie s’éteint, et un grognement répond simultanément au delà de cette porte.
Elle rallume avec difficulté sa bougie et tombe nez à nez avec un visage très sombre d’une femme qui la regarde fixement, cette dentelière est en train de tricoter tandis qu’un chat joue avec le fil.
Elle soupire :
– Que t’es con ma pov’ vieille, c’est qu’un tableau… faudra que je le retire enfin, définitivement demain… je l’ai jamais aimé…




Elle s’avance vers sa chambre à pas modérés, pose sa main sur la poignée, prend son souffle.
Et brusquement pousse la porte avec fracas, à ce moment un énorme cri retentit du fond de la pièce et une forme se lève et s’agite, laissant la femme sur place.
Les grognements font place peut à peu à des mots.
Un homme, la cinquantaine, ébouriffé, sort de dessous un gros édredon :
– Non mais, t’es pas malade d’entrer comme ça dans la chambre.
La femme soulagée et agacée à la fois :
– Non je ne suis pas malade mais fatiguée… combien de fois Dieu du ciel il faudra que je te répète de prendre tes pinces nez pour ne pas ronfler, et ne pas être le seul égoïstement à dormir dans cette maison… hein ?

Elle vient s’allonger à coté de lui :
– Pousses- toi, tu vas pas prendre tout le lit non plus ?
Il lui répond d’un grognement tout en piochant dans un sachet de pastille vichy alors qu’elle remonte le vieux réveille en cuivre.
Elle prend dans la vieille table de nuit des boules quiès, les applique soigneusement dans chaque oreille, éteint la lumière et marmonne le Notre Père ponctué par le « Amen » ironique du Mari.



Le silence s’installe enfin dans cette pénombre quasi parfaite, la maison est tranquille, seul le tic tac lourd du carillon dans la cuisine rompt le silence.
D’ailleurs il s’anime un peu plus pour célébrer les douze coups de minuit, un ou deux grincements viennent se joindre à la fête sans pour autant éveiller de soupçons quelconques.
La série de coups s’achèvent laissant une résonance pendant une poignée de secondes, le silence va pouvoir enfin régner et accompagner un sommeil réparateur bien mérité après cette journée à remuer la terre du jardin.

La maison est calme, baignée par quelques halos de lunes, le linge humide créé un balais étrange sur le fil tendu dans l’arrière-cuisine.
De petites ombres viennent visiter la tarte cachée sous un torchon de vaisselle blanc.
Cette maison rangée comme au premier jour est prête à accueillir des visiteurs à tout moment, elle est douillette et reposante, et calme, beaucoup trop calme maintenant.
Tout semble en apesanteur, même le balancier de l’horloge qui s’est fait silencieux, tellement silencieux qu’il s’en est arrêté, sur ce fameux 12h00.

Le couple en haut dans sa chambre commence à s’évader doucement dans les bras de Morphée, dans des prémices légères de ronflements des deux parties.



Un grincement vient rompre ce silence (presque) idyllique, la femme ouvre les yeux pas plus inquiète que ça, elle sait que très souvent les vieilles maisons font ces bruits lors des changements de température entre la nuit et le jour.
Elle attend quelque secondes un indice sonore supplémentaire, tout en scrutant les silhouettes de sa chambre, dont cette grande et ancienne armoire ou tant de personnages différents sont finement sculptés.
Elle referme les yeux en ajoutant :
– T’es trop con ma pov’… tu te fais peur tout seule… remarque que je l’ai jamais aimé cette armoire avec tous ces petits personnages qui me regardent…
Elle marmonne quelques mots encore et doucement commence à s’assoupir.
Un deuxième grincement se fait entendre, dans l’escalier, ils se regardent les yeux grands ouverts, inquiets…
Un troisième, un peu plus rapproché; à ce moment la femme ouvre les yeux brusquement.
Puis un quatrième, un cinquième, comme si quelqu’un montait dans l’escalier.
Elle donne alors un violent coup de coude à son mari.
Le mari crie apeuré et surpris :
– Non non pas les dents… je sais rien mais je vous dirais tout… de toute façon j’ai jamais aimé les bonbons…




Il se ressaisit et regarde sa femme :
– Quoi… j’ai ronflé ?
Elle lui chuchote, effrayée :
– Ecoute … dans l’escalier…
L’homme péniblement se met sur les coudes, et grimaçant, essaye d’écouter ces fameux grincements, il la regarde et rien ne se produit.

D’un air désespéré, il lui dit :
– Ma pov’ fille… plus ça va, moins ça va… change de tisane…
A ce moment là se produit un grincement plus lourd et plus proche aussi, plus proche de la porte de chambre devant eux.
Elle le regarde l’air de lui dire qu’elle n’avait pas rêvée, lui, incrédule, entend encore une fois, puis deux nouveaux grincements dans cet escalier.
A ce moment, il saute du lit, ouvre l’armoire et prend le fusil caché sous une pille de serviettes, met deux cartouches, et attend fixe face à la porte.
Les sons inquiétants se rapprochent encore très près de la porte.
A pas feutrés il se dirige vers elle, arme en joue, épaule gauche, il tend la main droite pour ouvrir.
Les grincements s’approchent encore de la porte, ils s’arrêtent juste devant, l’homme recule et enclenche la gâchette, sa femme est terrifiée.

Depuis quelques secondes il n’y a plus un bruit.
Le couple est pétrifié, lui, arme en joue, et elle, cachée entre les oreillers et la couverture.


Une minute ou deux se sont passées, est-ce vraiment réel ?
Mais l’homme croit entendre comme un souffle rauque derrière cette porte.
Il se décide, il va ouvrir cette porte, il se rapproche, sa main droite tendue vers la poignée, il la tourne doucement, et ouvre brusquement.
Sa femme crie, et un coup de feu retentit, l’homme est projeté sur le lit aux pieds de sa femme.
La porte a hérité d’un trou béant donnant sur ce sombre escalier, le canon encore fumant laisse apparaître le visage penaud de l’homme.
Il se lève doucement et se rapproche du trou, y insère le canon tout en ouvrant la porte, le silence est palpable tellement il est lourd.
Pas à pas il descend les marches, se retournant brusquement pour surprendre son éventuel assaillant. Les marches sont toujours aussi plaintives.
Il entre dans une pièce où rien ne bouge, dans une autre pas mieux.
Il observe avec étonnement le balancier de l’horloge arrêté dans le coin droit comme en suspension.
Il avance dans l’arrière-cuisine d’ou viennent des sons, il se rapproche, une abondante sueur coule sur son visage et lui brûle les yeux.
Son cœur s’accélère, et il se retrouve devant une vieille chaudière avec le battant avant ouvert, un objet incandescent en ressort violemment.
L’homme à la fois énervé et surpris :
– Putain, c’est pas possible, elle peut pas faire attention quand elle fait quelque chose, elle va foutre le feu un jour à la baraque…
Il regarde l’objet incandescent au sol, et voit que ce n’est pas une bûche ou tout autre comestible.
Il le pousse avec une tige en métal pour définir ce que c’est, il semblerait que ce soit un vieil objet celte qui aurait certaines vertues spirituelles, ce qu’était loin de connaitre l’homme.
Il le prend, avec sa tige métallique, le passe sous l’eau pour le refroidir, et remonte avec énergie les escaliers pour interroger sa femme sur ce fait.
D’une main le fusil, de l’autre le médaillon, il avance en marmonnant et blêmissant.
Il arrive devant la porte de la chambre, lui montre le médaillon et lui dit :
– Tu veux foutre le feu ou quoi ? ... et c’est quoi ce médaillon dans le feu… tu peux critiquer tout ce que je fais ... moi je mets pas en danger tout le monde…
Du fond de son lit, la femme regarde le médaillon, et étonnée lui répond :
– Mais… je ne sais pas à qui c’est ça… c’est à une secte, jette moi ça…
A ce moment précis, un éclair s’écrase dans le puits de la cour. De gros éclats de lumière jaillissent jusqu’à la chambre, aveuglant ses occupants.

Chapitre N° 2 Evasion…
Comme un écho, un même éclair vient frapper un étang, son souffle vient ouvrir la fenêtre de l’homme au pendule, une somme de papiers divers s’envole par la fenêtre.
Le soleil bas et rougeoyant se voit traversé par des éclairs bleus venus de nulle part. Sur l’unique route qui mène à ce village, une vieille Peugeot 403 décapotable bordeaux avance tranquillement.
A son bord, un homme boit dans une petite flash en cuivre, sur laquelle est gravé Pascal Owen Passé 1971, une autre gravure au dessous « Ton pépé », Radiohead vibre dans les enceintes en bois à l’arrière.
Pascal a les cheveux poivre et sel qui flottent dans le vent, il porte des lunettes fines, fumées, il est mal rasé, les joues creusées et portant un mètre quatre-vingt douze. Il est vêtu d’un ensemble en lin beige, et d’une chemise noir, son regard bleu vert suit les sillions de la route machinalement.
Sur le siège passager se trouvent quelques livres sur les légendes de France, des CD mélangées à des fiches de Pôle-Emploi, des cartes de France.
Une vieille photo de mariage en noir et blanc, jaunie, est accrochée au rétroviseur.



Le paysage dessine en ombres chinoises l’horizon, il défile par vagues comme dans un manège envoutant, il passe de vallons luxuriants à d’autres plus riches en pierres. D’ailleurs, Pascal arrive au niveau d’un champ de silhouettes immobiles qui veillent et l’observent. Ces grandes silhouettes massives sont des menhirs, vestiges indestructibles des temps anciens, se dressant indéfiniment, témoins fait de pierre et de sang. Postées sur la gauche de la route et étendues sur des milliers d’hectares, elles semblent sortir de la forêt aux arbres tellement gigantesques qu’ils semblent toucher le ciel, forêt qui surplombe ce champ.

Une forêt dense, impressionnante se dresse là, derrière ces champs de menhirs, spectateurs immobiles devant l’unique voie qui mène au village, devant un grand soleil rouge noyé dans l’océan.

Au loin sous ce ciel rougeoyant un bâtiment surmonté d’une croix, puis d’autres bâtiments apparaissent sous un ciel qui peu à peu les inonde d’étoiles, une pancarte indique :
« Bienvenue au village de Voirsan ».
Il entre dans ce village silencieux et désert, tous les volets sont déjà fermés même si la nuit vient à peine de s’installer, il arrive devant une grande place baignée par un éclairage public assez faible qui se perd encore plus dans le feuillage fourni de très nombreux arbres.



Autour de cette place se trouve la mairie, une boulangerie, une superette, un coiffeur, un boucher, une poste, un bar et le reste semble être des appartements.

Pascal s’avance près du centre de la place où trône un arbre un peu plus grand que les autres, plus majestueux aussi, comme un arbre hybride entre un chêne pour son tronc et un saule pleureur pour les branchages.
Entendant de l’eau ruisseler, il fait le tour de l’arbre et voit une ouverture dans l’arbre, une très belle femme blonde d’apparence druidique reste figée et récupère l’eau qui tombe des branchages dans ses mains ouvertes vers le ciel. En fait Pascal se rend compte que cette femme n’est qu’une magnifique statue étonnante de réalisme, le système de fontaine par certaines branches de l’arbre est tout aussi étonnant pour Pascal.
Il reste quelques instants face à ce spectacle, cette magnifique œuvre d’art originale, puis se retourne, regarde l’architecture des maisons et remarque que chaque maison possède une statue ou une gargouille, elles veillent sur le sommeil de leurs habitants, et ce soir elles regardent avec curiosité l’étranger qui s’approche.
Pascal s’approche de la porte de « l’hôtel des bienvenus », frappe timidement mais personne ne lui répond, même s’il aperçoit une lueur aux travers des volets, il tente une deuxième fois avec un peu plus de vigueur, mais rien n’y fait.
Il retourne dans sa voiture, se rassoit comme ça, renverse sa tête sur le repose-tête et rêve les yeux dans les étoiles.
Pascal pense, philosophe, nostalgise :
– J’ai deux gros soucis… par exemple… j’ai toujours eu une confiance relative en moi, très relative…
– Disons que je me suis toujours demandé pourquoi on me choisirait moi plutôt qu’un autre ?… ben oui s’imposer comme ça alors qu’on a rien de mieux qu’un autre… on a juste la chance d’arriver le premier… ou d’être le seul à être passé là au bon moment… d’offrir une compétence, une capacité, un produit… un idéal qui ne correspond pas forcément à l’autre… bref je suis un idéaliste confus, mais pas super confiant non plus…
– Mon deuxième soucis… comme le dirait mon ex… tu n’es jamais content… tu ne sais pas profiter des choses… les apprécier, les ressentir… tu me dis pas ce que tu penses…
– Bref, j’ai tellement rien ressenti… rien fait ressentir… rien partagé… ben tellement le cœur au repos… qu’un jour l’amour de ma vie m’a laissé un post-it sur le frigo sur lequel était noté… « Adieu je t’aime »…






Doucement Pascal s’endort et commence à rêver, il voit cette place et ses habitants à une époque moyenâgeuse, une grande fête foraine est organisée et les habitants semblent heureux, une femme s’approche de Pascal, elle ressemble à la statue qu’il vient de voir…

Chapitre N° 3 Réveil…
Un enfant se colle à la vitre de la voiture, fait une grimace et s’enfuit en riant, le soleil éblouit l’endormi.
Le clocher sonne les 9 heures du matin et le village de la nuit précédente est méconnaissable tant le soleil est radieux et la place est comblée de monde, les couleurs sont vives, les gens s’activent, ils parlent, ils vendent… ils rient et se tapent sur les épaules.
Pascal se relève groggy, les yeux effarés par tant d’activité, traverse la place sa sacoche d’une main et sa veste sur l’épaule. C’est jour de marché, il observe ces gens qui lui sourient, en ville les gens ont oublié ces muscles, ici, ils sourient pour n’importe quoi, c’est fou ça.
Il arrive devant un stand où se trouve une très jolie brune d’une trentaine d’années.
La jeune femme arborant un grand sourire s’adresse à lui :
– Bonjour jeune homme… je suis Hélène la crémière de Voirsan… dites… vous êtes en vacances ?… où se trouve le quarante deux ?
Pascal répond gauchement et timidement
– Heu… Bonjour… Mademoiselle… je me suis offert un congé culturel dans un coin qui m’a toujours attiré…

– Je viens de Roanne, une ville proche de Saint Etienne, Lyon et Clermont Ferrand…
– Bienvenue alors, vous ne le regretterez pas… Roanne, je ne connaissais pas… et votre prénom ?…
Pascal séduit par la jeune femme :
– C’est Pascal… Pascal Passé… vous êtes née ici ?
Hélène répond, en même temps un homme s’approche d’elle et lui met les mains sur les épaules :
– Non… je suis originaire de Vendée, de Niort… quand un sacripant qui est venu en vacances dans mon coin… et qui m’a kidnappée… et m’a ramenée dans son repaire… depuis je suis tombée amoureuse du repaire et de mon bourreau…
L’homme embrasse Hélène dans le cou affectueusement, alors qu’elle lui fait une jolie caresse dans les cheveux, il dit :
– Je voulais de la crème… j’ai eu la crémière en prime… et quelle crémière… une crème…
Voyant que Pascal est gêné, l’homme lui tend un pot de crème en lui disant :
– Tenez prenez, je vous offre ce pot… une pure merveille de naturel et de goût… que cela vous donne le goût du goût… ça c’est la vraie qualité… cherchez votre crémière maintenant… comme disait ma grand-mère… chaque pot à son couvercle…



Pascal reçoit le pot, le sourire d’Hélène et le clinc d’œil de l’homme, timidement, il met un doigt dans la crème, le porte à ses lèvres, ferme les yeux, et profite de la saveur simple et naturelle. Ça le ramène trente ans en arrière, des souvenirs des fromages blancs, de lait chaud, de fromage de chèvre, de vache fait par ses grands-parents…
Pascal, les yeux illuminés :
– Hum, c’est un goût que j’avais oublié, mes grands-parents faisaient ça aussi, j’aimerais bien y revenir à ce temps…
Le crémier souriant
– On ne refait pas son passé… mais on peut vivre son présent… alors Gars… profite de tout, de rien… et comme dirait ma grand-mère, Carpe Diem…
Pascal sourit :
– Je tacherais… au fait… vous savez où je pourrais déjeuner ?
Le crémier lui dit avec un clinc d’œil complice :
– Vous avez la Taverne des croisements… elle se trouve près du Pont des soupirs qui mène à l’église… le cadre est magnifique… la bouffe est excellente… et la serveuse l’est tout autant… c’est une grande amie d’Hélène…
Pascal regarde Hélène, et se dit que si elle est aussi jolie… mais reste dubitatif en ce qui concerne le trajet qui y mène, le crémier voyant ça, lui indique :
– Bon, prenez la ruelle là bas entre la Mairie et La Poste, allez au bout, tournez à droite et vous visez le clocher tout au bout de l’« Allée des Anges » et vous y serez.
Pascal plus rassuré :
– Merci, ça devrait aller là… je reviendrais vous prendre de la crème ...
Le crémier et Hélène lui font un geste de la main :
– Bien, le vendredi, le dimanche et le mardi matin on est là…

Pascal leur fait un geste amical de la main, puis se dirige vers l’itinéraire proposé, il passe de nouveau à côté de cet arbre et donc de la statue, son envie de voir si la magie opère autant de jour comme de nuit le pousse à faire le tour. La magie est toujours la même, quoique les rayons du soleil changent l’impression en comparaison avec ceux de la lune et de la nuit, la féerie est plus douce, moins mystérieuse mais tout autant captivante, les papillons, libellules et oiseaux y ajoutant une touche beaucoup plus colorée.

Aux pieds de la statue, toujours aussi saisissante de beauté et de réalisme, se trouve un homme d’une trentaine d’années, en train de fleurir et nettoyer avec soin tout les abords de l’arbre.
Tous ses gestes sont empreints de délicatesse, il recouvre les fleurs fanées et accompagne ses gestes par d’innombrables mots à voix basses, comme un cérémonial.
Pascal s’en rapproche doucement dans l’intention de lui poser des questions sur ces statues, il aperçoit avec étonnement une rose dans les cheveux de l’homme :
– Bonjour… je voudrais savoir…
A ce moment l’homme se retourne, il laisse apparaître un visage aux expressions enfantines plaquées sur celui d’une trentaine d’années, un état qui trahit une douloureuse réalité, Pascal fait instinctivement un mouvement de recul et reste tétanisé. L’homme a les cheveux longs, de grosses lunettes aux verres épais derrières lesquels se cache le strabisme de deux yeux verts, des tennis, un médaillon en forme de triscèle, une veste et un pantalon en jean, un tee shirt du groupe de hard rock Iron Maiden sur lequel se trouve un mort aux cheveux longs une hache à la main.
L’homme avec un grand sourire, tend la main pour saluer et avec des mots hésitants :
- Bonjour Monsieur… je suis Justin le Chef Jardinier de Voirsan… et vous ?

Pascal lui répond gauchement :
– Pascal… c’est bien fleurie… très belle statue, vous savez qui l’a faite ?
Justin avec fierté et entrain :
– Oui c’est normal… c’est moi le Chef Jardinier… et elle, personne l’a faite… c’est Dame Liliane la protectrice du village… on est très amie elle et moi… elle aime bien le lilas… moi aussi… alors dès que c’est la saison elle est la seule à avoir nos lilas… ça sent bon…
Pascal sent le lilas que lui tend Justin :
– Moi aussi j’aime bien l’odeur… vous faites un beau métier…

Justin fier :
– Je sais… on me l’a déjà dit… c’est notre histoire que j’entretiens… Albert le mari de la jolie Hélène me dit toujours que je suis le plus grand historien de la place… et c’est vrai…
Pascal sourit, et pressé de déjeuner :
– Justin je te salue… je dois y aller… la crème d’Albert m’a donner faim…
Justin en se dandinant de droite à gauche lui tend la main et deux fleurs :
– Salut mon ami Pascal… tu pourras donner cette fleur à la belle Barbara… elle adore les lilas elle aussi… l’autre est pour toi, pour te porter chance… mon ami Pascal…
Pascal prend le lilas, le hume et le met dans les cheveux pour faire plaisir au « Chef », et parce que par hasard c’est aussi pour lui une des fleurs qui le touche le plus, le pouce en l’air il répond :
– Super… Chef… ça me va comme un gant… et j’accomplirais la mission pour toi…
Le pouce en l’air Justin fait un clinc d’œil :
– Super… Gun… tu verras ma fiancée elle est super belle avec ses cheveux de feu… elle est super intelligente aussi… et elle est douce… toute douce…



Les deux hommes se saluent chaleureusement encore une fois, puis Pascal emprunte la ruelle étroite qui semble se resserrer au fur et à mesure de son avancement, les sons du marché, comme des balles de tennis rebondissent sur les murs des bâtiments.
La rue s’assombrie et les sons se déforment plus encore, les gargouilles qui veillent semblent se pencher pour mieux observer cet inconnu, Pascal sort de sa poche sa bouteille qu’il finit d’un trait.
Les pierres des murs dessinent des formes étranges, des personnages criants et des paysages déformés, les murs prennent vie et semblent grandir et s’allonger.
Des ombres le suivent, Pascal oppressé accélère la cadence, son ventre se noue, ses jambes se durcissent, des voix résonnent sous forment de plaintes et de cris.
Un rictus apparaît lorsqu’il entraperçoit une tache lumineuse au bout de ce tunnel. Il se met à courir de plus belle, vers ce qui semble sa libération, le temps est long et la distance aussi, il transpire à grosses gouttes, et même s’il se sent ridicule il accélère encore pour fuir ce déchainement d’hallucinations, il en sort essoufflé.

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