Sorcières
169 pages
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Description

Pas si simple d’allier amour, ou vie de couple, à leur condition de sorcière. Que la magie soit tolérée ou non dans leur monde, les complications ne sont jamais bien loin. Maîtresse d’école, détective, guérisseuse, secrétaire, vendeuse, voyagiste... nos sorcières ont toutes une double vie pour dissimuler leurs activités occultes ou leur identité. Leur véritable univers est magique et peuplé d’elfes, de vampires, de métamorphes et de démons. Qu’elles les chassent ou les pourchassent de leurs attentions, leurs aventures tumultueuses ne vous laisseront pas de marbre. Rejoindrez-vous le coven ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 21
EAN13 9782491826147
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Sorcières
© [erminbooks]. Tous droits réservés.

Crédits iconographiques : paseven, croisy, intueri, zzorik, FUKA_k, Ирина Колесниченко, samiramay, zionbalkon, vgorbash, HikaruD88, John Smith, Hrecheniuk Oleksii.

Polices : Cat Childs (Peter Wiegel / OFL), Foglihten (gluk / OFL).

Couverture et compositions : Shealynn Royan
Responsable éditorial : Shealynn Royan

ISBN : 978-2-491826-14-7
Sommaire
Sommaire

Souricières  - Mary G. Ash
Le Passé devant la porte - Cédric Close
Sept corps en huis clos - Eve Renard
Cendra Phénix - Aurélie Gasrel
L’Enfer entre nous - Mélodie Smacs
New Rising - Ania Jay
Double Je - Ambre Foks et Séveline Hope
Mont-Vinciane - Lucie Heiligenstein

Souricières
Cela faisait presque trois ans que j’exerçais mon activité de détective privé. Un job en solo qui me convenait parfaitement : il me permettait d’exploiter mes compétences particulières, tout en évitant aussi bien le travail en équipe que la soumission à un supérieur hiérarchique. Je souffrais en effet d’une allergie certaine à l’autorité, aggravée d’une forme légère de misanthropie, des troubles dont je m’accommodais parfaitement et auxquels je ne cherchais aucunement à remédier. En clair, je détestais qu’on me dise quoi faire autant que d’être à la merci des autres pour le faire. Une indépendante dans le véritable sens du terme. Une franc-tireuse de l’investigation.
J’avais débuté dans cette branche professionnelle par les chats, chiens et autres animaux de compagnie. Un démarrage fulgurant : je relisais avec satisfaction la publication destinée à me lancer dans un monde ô combien concurrentiel, lorsqu’un fracas soudain avait brisé le calme de ce que je me délectais à appeler mon agence. La porte de mon bureau venait de s’écraser bruyamment contre le mur fraîchement repeint, pour livrer passage à une apparition inattendue, mélange détonnant d’ouragan et de diva.
Eliana Ferguson était immense, abusait inconsidérément du khôl, et le long, très long manteau noir, qui tourbillonnait en un nuage flou et soyeux derrière elle quand elle marchait, accentuait une stature inhabituelle. Pour ma part, j’avoue que je louvoyais avec complaisance aux frontières de la normalité, et ne dédaignais pas les incursions répétées bien au-delà. Nous éprouvâmes immédiatement la sensation d’être liées par une multitude d’atomes crochus. Une forme de coup de foudre amical.
Sans se présenter, sans songer à s’assurer de ma disponibilité, elle s’était abattue d’un air désespéré dans le profond fauteuil que j’avais placé de l’autre côté de ma table de travail. Acier et bois, une combinaison dont la robustesse était censée inspirer immédiatement la plus grande confiance à l’aspirant client. L’étiquette « article en solde » pendillait encore à l’accoudoir. Heureusement pour moi, Eliana Ferguson n’attachait pas grande importance aux aspects bassement matérialistes de l’existence. Elle avait plaqué son sac estampillé de têtes de mort grimaçantes contre son opulente poitrine, et déclaré d’une voix aux accents tragiques :
— Alexandre-le-Grand a disparu. Vous devez le retrouver !
L’effet de surprise passé, et mon pouls revenu à un rythme plus raisonnable, j’avais arqué un sourcil dubitatif.
— Cela fait un moment, je crois. Plus de deux millénaires. La piste a amplement eu le temps de refroidir.
Elle avait enfoncé une main aux ongles carmin dans sa chevelure en désordre, et l’avait ramenée en arrière, dégageant un long visage osseux.
— Je vous parle de mon mau égyptien. Un chat magnifique, et surtout une personnalité extraordinaire !
Elle s’était penchée vers moi ; son mascara en voie de désagrégation avancée entamait une lente dégoulinade de stries charbonneuses sur ses joues pâles. Alexandre était tendrement aimé, et manquait visiblement beaucoup à sa maîtresse. Comme en écho à mes pensées, madame Ferguson avait ajouté, d’un ton qui se voulait confidentiel :
— Il s’agit de mon familier .
— Oh.
Tout s’expliquait. Le manteau damassé d’étoiles à cinq branches, le maquillage outrancier, l’épaisse tignasse d’un auburn flamboyant… Ma toute première cliente, celle qui devait m’ouvrir ensuite bien des portes, se targuait de posséder des dons de sorcière. Elle avait levé vers le ciel des paumes tatouées de henné, en un geste qui traduisait une impuissance absolue.
— Sans lui, nombre de mes sortilèges ne parviendront pas à être accomplis ! Alexandre est mon meilleur conseiller !
Elle avait brandi sous mon nez un index festonné d’arabesques sombres, et ajouté.
— Le seul, d’ailleurs.
Le cas semblait grave, mais néanmoins dans mes cordes. J’avais toujours témoigné d’une affinité singulière pour la gent féline, et j’étais confiante dans mes capacités à mettre rapidement la main sur le fugueur. Je m’étais enquise des dernières allées et venues de la bestiole, de ses pratiques particulières, de ses mets préférés, avais affirmé à Eliana Ferguson que débusquer son fidèle compagnon ne me prendrait pas plus de quelques heures, et lui avais donné rendez-vous chez elle en fin d’après-midi. Trois heures plus tard, j’escaladais les marches du porche d’une grande demeure victorienne de Boston, un splendide animal tacheté dans les bras, au pedigree indiscutable, avant de sonner triomphalement.
À partir de ce jour-là, mon officine ne désemplit plus. Chiens égarés, hamsters évadés, poules téméraires, voire adolescents rebelles, devinrent mon lot quotidien. J’avoue que ma conception initiale de la carrière de détective était plus aventureuse, mais les amis d’Eliana ne regardaient pas à la dépense, et j’avais pu déménager de mon cagibi obscur pour un confortable loft qui donnait sur la Mystic River. Pourtant, le confort et une certaine reconnaissance sociale ne suffisaient pas à ma satisfaction. Si les stratégies de fuite animale ou juvénile n’avaient plus aucun secret pour moi, je m’étiolais peu à peu, priant chaque matin pour qu’un évènement inhabituel vienne éclairer ma journée.
Ma mère se tourmentait, mes sœurs avaient cessé de tenter de me convaincre de rallier leurs domaines respectifs d’exercice, la médecine et l’astrologie, résignées à ce que leur cadette dilapide ses indéniables aptitudes dans des recherches sans intérêt. Parfois, ma main planait au-dessus du téléphone, prête à céder aux chants des sirènes familiales, avant d’obéir à celui du devoir et de se poser sur l’agenda rempli à craquer de rendez-vous avec le tout Boston.
Et puis, par un gris et venteux samedi d’automne, Denver Cameron avait franchi ma porte.

Il était près de midi. À cette heure-ci, Lavinia Pinkerton ne tarderait plus à arriver, comme tous les samedis, pour me demander de lui lire l’avenir. Une activité très à la marge de celle de détective, je le reconnais, mais beaucoup plus rentable. Si je ne possédais pas le don de ma sœur Hope, j’avais acquis une assez fine connaissance de l’âme humaine et de ses désirs, rarement originaux. Une partie de mes clientes, celles dont les chats, chiens ou perroquets résistaient obstinément aux incitations à la fuite, se repliait par défaut sur l’oracle. Mon agence était en effet devenue une adresse incontournable pour qui se piquait d’avant-gardisme à Boston, et ne pas recourir à mes services entraînait presque inévitablement une rétrogradation au second plan des conversations de salon. D’où la cartomancie pour pallier les défections animalières. Le discret heurt à la porte ne me surprit donc pas. Accoudée au balcon, je ne jugeai même pas nécessaire de me retourner. Je savais qu’elle entrerait aussitôt après avoir frappé.
— Bonjour, Lavinia.
J’abaissai les jumelles qui me permettaient d’espionner les allées et venues des bateaux sur la rivière, et jetai un coup d’œil négligent sur ma montre.
— Vous avez un peu d’avance aujourd’hui.
— J’espérais profiter d’un trou

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