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Description

On ne part pas de la colonie, ses frontières sont des barreaux, ses demeures, des cellules, et ses habitants, des prisonniers. Alors quand la promesse d'un vaisseau prêt au départ vibre aux oreilles des incarcérés, pas étonnant qu'elle remue les cœurs. Parmi les fuyards, un adolescent a pris la poudre d'escampette, abandonnant sa mère éplorée, et c'est Gabriel Ortiz, le plus mauvais modérateur de la cité, qui est chargé de récupérer le gamin. Cet incompétent notoire sera-t-il capable de tirer son enquête de l'impasse ? Rien de moins sûr, car Kitej ne possède aucun détour, mais uniquement des voies sans issue.

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EAN13 9782361837167
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Toute entrée est définitive
(Colonie Kitej)
Vincent Mondiot
un livre du label Les Saisons de l'étrange
© 2020 Les Moutons électriques
Couverture par Melchior Ascaride


L’étrange histoire
On ne part pas de la colonie, ses frontières sont des barreaux, ses demeures, des cellules, et ses habitants, des prisonniers. Alors quand la promesse d’un vaisseau prêt au départ vibre aux oreilles des incarcérés, pas étonnant qu’elle remue les cœurs. Parmi les fuyards, un adolescent a pris la poudre d’escampette, abandonnant sa mère éplorée, et c’est Gabriel Ortiz, le plus mauvais modérateur de la cité, qui est chargé de récupérer le gamin. Cet incompétent notoire sera-t-il capable de tirer son enquête de l’impasse ? Rien de moins sûr, car Kitej ne possède aucun détour, seulement des voies sans issue.tx


Ils en parlent
Sur Kitej, on ne sort pas en boîte, on y reste à jamais.Le Maître de l’étrange
Cette histoire manque de coquillages.
(Sylvain Étalon, prisonnier sorti de la glace)
On a bien mis Paris en bouteille, alors...
(Robert, philosophe du PMU d’à côté.)
Donnez moi 24h, et je m’évade.
(Un borgne qui veut parfois qu’on l’appelle par son prénom, d’autre fois par son nom. Faudrait quil se décide.)


...
À Matthieu Leveder,
Coupable par association depuis près de quinze ans


Chapitre 1
Étoiles invisibles
Magnez vos culs, espèces de crétins ! On va pas passer la nuit sur cette connerie !
— Ouais bah, si ça va pas assez vite, tu peux nous donner un coup de main, aussi, hein…
— Ta gueule, toi ! J’ordonne et vous exécutez.
— Et pourquoi ?
— Consigne de Madame Azul. T’as un souci avec ça, tête de con ?
— Je me demande ce qu’elle te trouve, à toujours vouloir que ce soit toi qui diriges les opérations… T’as rien de plus que nous, et - »
Lassé de cette inepte conversation, Macbeth décida d’y mettre fin en rappelant à Aliva et Dessire ce qu’il avait de plus qu’eux, justement : des bras de cinquante centimètres de circonférence.
Trois bras de cinquante centimètres de circonférence.
Due à quelques années passées dans les zones franches et aux radiations associées à celles-ci, cette anatomie hors-norme était bien suffisante, à son avis, pour justifier son rôle d’officier en chef. Malheureusement pour lui, et accessoirement pour eux, ses sous-fifres avaient un notable déficit intellectuel, et Macbeth imaginait que les remettre à leur place de temps en temps faisait partie de ses attributions… En quelques coups savamment dosés, Aliva et Dessire se retrouvèrent donc étalés sur le bitume humide des docks. Il y eut encore quelques gémissements de douleur et autres grommellements insultants, mais plus aucune protestation quant à la répartition des tâches imposée par Madame Azul.
Satisfait, Macbeth adossa son énorme carcasse à un bâtiment délabré et tenta d’allumer une cigarette. Avec ses gants, il dut s’y reprendre à cinq fois pour mener l’opération à bien. Les régulateurs thermiques de la colonie déconnaient de nouveau et, depuis une bonne semaine, les températures tombaient à moins dix, la nuit… Macbeth souffla autant de vapeur que de fumée tandis que, face à lui, les deux débiles ouvraient le hayon du camion. Sur le flanc blanc de celui-ci, la mention «  Boucherie Del Cielo – Viande de synthèse  ».
Et à l’intérieur du véhicule, effectivement, de la viande, mais qui n’avait pas grand-chose de synthétique : une demi-douzaine de cadavres lestés de pierres.
L’intégralité du gang Nola.
Ces crétins avaient tenté de ravir à Madame Azul le marché de la drogue au niveau 2 de la colonie. Une ambition honorable, des résultats pour le moins discutables. Mais, bon an mal an, une opportunité publicitaire pour Madame Azul et ses hommes : il était toujours bon de rappeler à la concurrence qui dirigeait le terrain, dans cette ville de merde.
Macbeth souffla de nouveau sa fumée, cette fois vers le lointain. De l’autre côté du cube transparent qui protégeait la ville, des étoiles brillaient sûrement. Impossible d’être sûr : le cube sus-cité était de plus en plus dégueulasse et, même en plein jour, il ne laissait désormais plus filtrer qu’une luminosité sale, qui donnait l’impression de baigner en permanence dans une atmosphère chargée d’encre sépia.
Sur la droite du puissant mutant, un bruit humide brisa la nuit : Dessire et Aliva venaient de pousser le premier cadavre au fond du lac puant qui bordait le mur nord de Kitej. D’ici quelques heures, les algues corrosives qui pullulaient dans l’eau auraient rongé les corps… Macbeth refusa de réfléchir au fait que cette même eau finirait dans les robinets de tous les appartements de Kitej, le sien y compris.
« Ça me rend triste, soupira-t-il en tirant encore sur sa cigarette.
— Quoi ? s’étonna Dessire en haussant un sourcil. De faire disparaître des cadavres ?
— Bien sûr que non… Je te parle de cette ville. De même plus voir les étoiles. »
Ses mains refermées sur la tête du deuxième cadavre, Dessire s’accorda une pause pour lui aussi regarder le ciel, d’un œil dubitatif.
« Ça m’a jamais trop passionné, les étoiles… Je suis pas assez poète pour ça, je crois. »
Macbeth écrasa sa cigarette en grognant. Dessire était un idiot absolu. Aliva aussi, d’ailleurs, mais il avait au moins pour lui d’être muet. D’un geste impatient, ce dernier fit signe à Dessire de se remettre au boulot. Le jeune homme obtempéra après un autre regard vers la nuit.
« En plus, si, on en voit une, d’étoile », remarqua-t-il tout en soulevant le cadavre.
Macbeth plissa les yeux, essayant de mieux discerner le ciel par-delà les gigantesques buildings de la ville… Ouais. Il était bien obligé d’admettre que, pour une fois, Dessire avait raison : on pouvait effectivement voir une étoile, ce soir, malgré la crasse qui couvrait le cube de protection.
Une petite étoile blanche, particulièrement brillante.
Une étoile blanche qui n’était plus si petite, finalement.
Une étoile blanche qui était en train de se rapprocher d’eux à toute vitesse.
Une étoile blanche qui n’était pas du tout une étoile, en fait.
« Et merde… murmura Macbeth tout en attrapant l’arme à feu glissée à sa ceinture. Les gars ! cria-t-il. On a de la compagnie ! »
Ni Dessire ni Aliva n’eurent le temps de réagir. Avec un bruit assourdissant, la compagnie en question atterrit lourdement à quelques mètres d’eux, fissurant le bitume des docks.
Une silhouette fine, presque gracieuse malgré l’impressionnante armure de titane qui couvrait l’intégralité de son corps. À la place de son visage, un écran carré diffusait actuellement un personnage de dessin animé au regard courroucé. Fixé à l’épaule de l’armure, un spot lumineux surpuissant qui, outre faire ressembler son propriétaire à une étoile, aveuglait presque totalement Macbeth et ses hommes.
Dans le dos du nouvel arrivant, les réacteurs d’un jetpack s’éteignirent avec un bruit de souffle caniculaire, faisant disparaître les projections lumineuses qui, semblables à des ailes, donnaient son nom au visiteur nocturne.
Angel Zéro. Le plus célèbre modérateur de la ville.
Et, accessoirement, son plus gros casse-couille, également, de l’avis de Macbeth.
« Encore vous ? soupira d’une voix synthétique le justicier masqué.
— Ouais, répondit le mutant. Encore nous. Et encore toi. »
Il tira, essayant de viser la tête d’Angel Zéro malgré le spot qui l’aveuglait.
Sans surprise, il rata sa cible. Il avait toujours été nul, avec les flingues.
Angel Zéro leva son bras droit, ouvrit la main en grand, et déclencha le canon électrique fixé à son gant métallique. Macbeth roula sur le côté et laissa sans trop de scrupules Dessire se prendre la décharge à sa place. Tétanisé par la douleur, le jeune criminel tomba au sol, tandis que Macbeth se redressait déjà et poussait Aliva en direction d’Angel Zéro.
Une deuxième salve électrique rugit dans la nuit, faisant courir une chair de poule désagréable sur le crâne chauve de Macbeth. Le mutant sauta à l’intérieur du camion, mit le moteur en route, et le châssis du véhicule s’éleva à une cinquantaine de centimètres du sol, prêt à repartir dans les rues de Kitej pour semer cet enfoiré de modérateur.
Semblables à des météores de lumière bleue et crépitante, un troisième projectile électrique, puis un quatrième, frôlèrent les parois de la camionnette tandis que Macbeth faisait zigzaguer celle-ci entre les entrepôts des docks. À l’arrière du véhicule, par le hayon encore grand ouvert, les cadavres du gang Nola se répandirent sur le bitume.
Macbeth n’avait jamais été bon au tir, mais par contre, il savait conduire ; et il connaissait par cœur son camion. De l’une de ses gigantesques mains, il appuya sur un bouton caché derrière le volant. Le véhicule largua une bombe artisanale qui explosa presque aussitôt. Par le rétroviseur intérieur, le mutant put admirer le vol plané d’Angel Zéro, qui tomba à son tour dans le lac artificiel. C’était probablement insuffisant pour tuer un emmerdeur de son espèce, mais ça ferait l’affaire pour ce soir.
« Putain d’ange gardien de merde… » murmura le mutant.
Sans ralentir, il rejoignit l’une des avenues principales de Kitej, s’engagea dans la circulation, puis estima qu’il était l’heure de fumer de nouveau. Une main sur le volant, une sur le levier de vitesse, et la dernière sur sa cigarette. Il régla la radio sur une station dédiée au jazz. Dans l’autre sens, un blindé officiel croisa sa route, toutes sirènes dehors, sans sembler s’intéresser à lui. En même temps, vu les billets que Madame Azul filait chaque mois à la police, il aurait été pas mal inconvenant de leur part de lui faire la moindre remarque sur sa conduite ou sur les taches de sang à l’intérieur de son véhicule…
Non, le véritable problème, à Kitej, ce n’était pas les flics : c’était les modérateurs. Et en particulier Angel Zéro, ce foutu héros populaire qui avait juré de mettre fin à la criminalité de la colonie spatiale… De quoi se mêlait-il, bon Dieu ? Qu’il laisse les malhonnêtes citoyens bosser en paix et qu’il s’occupe plutôt de son cul en titane !
Macbeth entrouvrit la vitre, souffla sa fumée vers l’extérieur, puis, au gré des néons et des publicités holographiques qui polluaient la nuit, il roula plus tranquillement en direction du quartier général de Madame Azul, tout en réfléchissant à ce qu’il allait lui raconter. Il savait déjà que, dans sa version des faits, ce serait la faute de Dessire et Aliva. C’était vrai, d’ailleurs : tout se serait bien déroulé, s’ils avaient bossé plus vite.
Pris dans les bouchons du centre-ville, Macbeth jeta son mégot par la fenêtre et regarda de nouveau vers le lointain, au bout de l’avenue. Tout y était noir.
D’accord, dans les zones franches, on mutait, mais au moins, on pouvait voir le ciel.
Les étoiles lui manquaient vraiment, certains soirs.


Chapitre 2
Pour la justice, le bien et la thune
Vêtue d’un short élimé, d’un t-shirt trop grand et de baskets aux interminables lacets mal noués, Soraya Artha remontait l’avenue D-0 d’un pas dont la lenteur devait autant à sa nuit blanche qu’au plaisir qu’elle prenait à admirer le lever du jour.
Du fait de la construction en étages de la ville, il ne servait à rien de lever la tête pour regarder le ciel, à Kitej : partout, il y avait un toit… Sauf, bien sûr, au dernier niveau de la colonie, réservé à quelques privilégiés dont ne faisait évidemment pas partie Soraya.
Cependant, le jour survivait quand même. Et allait jusqu’à offrir en premier son aurore à ceux qui, comme la jeune femme, vivaient au niveau 0. Les pieds bien sur terre. Ou dans la merde, au choix.
En passant à travers les parois verticales du cube transparent qui protégeait la ville des radiations, les rayons du soleil se fragmentaient en petits arcs-en-ciel et semblaient faire pleuvoir sur les rues des pétales de lumière orange. Tous les matins, pendant quelques minutes, ces reflets fantomatiques et colorés flottaient, semblables à des papillons oniriques, dans les canyons urbains formés par les immeubles.
L’adolescente leva la main, remit en place ses longs cheveux noirs, puis, d’une pression sur la branche gauche de ses énormes lunettes, elle prit une photo du spectacle et la publia sur sa page personnelle.
Le visage tordu par une grimace de dégoût, elle renifla, bien obligée de laisser de temps en temps l’odeur pestilentielle de Kitej pénétrer ses narines.
Quasiment tous les jours, en remontant cette même avenue à la même heure, elle publiait une photo qui ressemblait en tous points à celle de la veille ou à celle du lendemain. Elle devait être la fille la plus chiante à suivre, sur les réseaux… Elle renifla de nouveau, puis cracha sa morve dans le caniveau, en ayant la bienveillance d’éviter le SDF qui dormait à ses pieds, un bras mystérieusement couvert de sang séché. L’adolescente décida de ne pas s’y intéresser. À Kitej, on ne s’occupait des affaires du voisin que s’il y avait un peu d’argent à se faire. Soraya essuya la sueur qui couvrait déjà son front. Les régulateurs thermiques déconnaient complètement, ces jours-ci, et à peine faisait-il jour que, déjà, la température avoisinait les trente degrés… Elle regarda une dernière fois le ciel, par-delà les gratte-ciels et les routes suspendues, puis reprit sa route.
Les mains dans les poches de son short, elle louvoya parmi les ouvriers qui partaient au travail et s’arrêta à un stand de nourriture. Il ne restait plus que dix-sept crédits sur son compte. Mue par un vague instinct vital, elle consentit à en utiliser cinq pour s’acheter une bouteille d’eau purifiée et une ration de pâtes au poulpe. Tout en mangeant ce petit-déjeuner de fortune, elle tourna dans les ruelles du district D-K-0, d’un pas qui gagnait en vitesse à mesure que disparaissaient, au-dessus d’elle, les papillons lumineux. L’atmosphère brune et moite qui régnait en cruelle maîtresse sur Kitej reprenait ses droits.
Un cube de cinq kilomètres de côté intégralement saturé de miasmes. Une boîte hermétique remplie de vieille sueur, de crasse et de désespoir. Voilà ce qu’était cette ville.
Quinze mètres au-dessus de la tête de Soraya, deux blindés de la police passèrent à toute vitesse, manquant d’envoyer un véhicule de transport contre l’immeuble le plus proche. Encore quelque chose dont l’adolescente décida sagement de ne pas se soucier. Tout en rejoignant sa destination, elle refusa la drogue qu’un dealer borgne lui proposait, sauta par-dessus un second SDF endormi dans l’entrée du bâtiment, puis grimpa jusqu’au deuxième étage, tout en priant pour que l’escalier métallique ne décide pas d’enfin s’écrouler pile à ce moment-là. Tout était en train de lentement pourrir, à Kitej… Mais, encore une fois, l’adolescente ne voyait pas en quoi s’occuper de ça pouvait bien être de sa responsabilité.
Parvenue devant l’appartement de Guillermo, elle frappa à la porte.
Pas de réponse. Mais le bruit de la télé, à l’intérieur.
Elle frappa encore.
« Ouvre ! C’est moi ! »
Toujours la télé pour seul écho.
Probablement l’autre gros con dormait-il encore, ou était en train de ruminer sa dépression en fixant le plafond. Soraya soupira, appuya de nouveau sur la branche de ses lunettes, puis passa en revue les passe-partout optiques dont elle disposait, jusqu’à trouver le bon. Elle approcha son visage de la serrure, laissa la caméra la scanner, et la porte s’ouvrit enfin.
Une pénombre pesante et poussiéreuse empoissait l’appartement. Les stores étaient baissés, et des stries de lumière sale semblaient découper l’air à l’horizontale. Un peu comme l’aurore dans les rues ; en beaucoup moins joli, simplement. Le nez de Soraya se fronça, soulevant ses lunettes. Pour seul éclairage, l’écran de la télévision que Guillermo regardait, allongé dans le canapé comme la limace vaguement humaine qu’il était. L’adolescente était à peu près sûre que l’immonde survêtement qu’il portait était le même que la veille, voire que l’avant-veille. La porte métallique se referma derrière elle.
« T’as piraté ma serrure ? demanda Guillermo, ses yeux hagards continuant à fixer l’écran.
— Non, mentit Soraya. Tu m’avais enregistrée, y a quelques mois.
— Jamais de la vie.
— Juré que si.
— Je vais porter plainte contre toi.
— D’accord. Sinon, ça pue la mort, ici, non ? observa-t-elle, se laissant tomber dans l’un des fauteuils défoncés qui encombraient le petit salon.
— C’est à cause de tes pâtes, ça, répondit Guillermo en tournant un regard mauvais vers le petit-déjeuner de Soraya. Pourquoi tu manges toujours les pires trucs possible ? »
L’adolescente remit une nouvelle fois ses cheveux en place, puis attrapa un petit tentacule entre ses baguettes. Elle prit le temps de mâcher avant de répondre.
« Parce que j’ai pas la thune nécessaire pour bouffer aut’ chose. Je m’demande bien à cause de qui, d’ailleurs…
— À cause de toi-même, gamine », répliqua doctement Guillermo en s’étirant.
Sa veste de survêtement arborait des auréoles de transpiration au niveau des aisselles. Répugnant. Soucieuse d’être intellectuellement honnête, Soraya enfonça néanmoins son nez dans le col de son t-shirt blanc… Mouais. Elle était bien obligée d’avouer qu’elle participait elle-même à l’odeur ambiante. Elle avait traîné en ville toute la nuit et avait l’impression, probablement justifiée, que sa peau était couverte d’une couche de graisse brune.
« Je te paie pour me ramener des clients, poursuivit l’homme. Et si tu ne m’en ramènes...

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