Sois forte et tais-toi
69 pages
Français

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Sois forte et tais-toi , livre ebook

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Description

Tomber amoureux.
Un sentiment léger comme le vent, frais comme une rose,
gourmand comme une cerise.
Devenir mère.
Une sensation douce comme une fleur, tendre comme un bonbon, belle comme un conte de fée.
Et puis tout à coup le rêve se transforme en cauchemar.
Vous ne savez plus bien pourquoi mais vous ne vous reconnaissez plus.
On s'accroche comme on peut, on essaie de recoller les morceaux, on y croit ou bien on capitule.
Pour garder la tête haute, on cherche une échappatoire.
La mienne a été l'écriture.
Elle est venue sans prévenir et je me suis noyée dedans.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 décembre 2021
Nombre de lectures 9
EAN13 9782379798306
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0450€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

SOIS FORTE ET TAIS-TOI
Journal d une guerrière fragile

Ingrid W.

2021
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com

 

 
La rupture est faite, l’amour s’est envolé, bon voyage ! 
 
George Sand 
 
Une rupture est toujours douloureuse, au moins permet-elle de sauvegarder l’essentiel : conserver l’estime de l’autre, éviter le pourrissement dû à l’exaspération, raviver le désir qu’on éprouve.
 
Roland Topor 
 
C 'est tellement paradoxal, quand une histoire d’amour devient souffrance, que seule la rupture apporte rééquilibre et liberté.
 
Anonyme
DÉBUT 
 

 
Parce que toutes les histoires commencent un jour ou l’autre.
L’enveloppe
 

 
Il est arrivé par hasard, un vent discret et sournois qui se collait à moi, qui m’enveloppait sans même que je le réalise, petit à petit. Un vrai malin celui-là. Toujours présent, jamais prévisible. Parfois, il se faisait plus insistant, me laissant savoir que je ne lui réservais pas assez de place. Alors pour se faire entendre, il tapait à une porte. Sa préférence allait vers celle qui gardait mon cœur, sûrement parce qu’il était fragile. Et il tambourinait à n’en plus finir. Mais le vent ne s’arrêtait pas là : il allait voir aussi du côté de ma gorge, souvent, trop souvent. Il me coupait l’appétit mais je me répétais que c’était normal, d’ailleurs tout le monde me le disait, tu es courageuse, tu pars au bout du monde, tu as tout plaqué pour te lancer dans une nouvelle vie,  moi je n’oserais jamais , quel courage tu as, tu n’as pas peur. Et moi je répondais le sourire aux lèvres, un peu insolente un peu insupportable un peu inconsciente que pourtant, si. Si, j’étais terrorisée mais que la peur était mon amie. Que si j’évitais de trop penser à elle – les amitiés trop intenses ne sont bonnes pour personne – j’aimais tout de même l’avoir à mes côtés, histoire qu’elle me rappelle d’où je viens et me donne le coup de pied aux fesses les jours où j’en aurais besoin. Puis le méchant vent est devenu une enveloppe, une enveloppe que je ne remarquais toujours pas, pas encore, je ne sais plus bien, sauf dans ces moments où elle serrait trop fort, où ma gorge implorait répit, et qu’elle m’obligeait à pousser mon assiette de côté, pourtant remplie aux trois-quarts encore.
Et puis un jour, un jour comme les autres, elle a fait son coup d’état, éclatant, elle a serré tellement fort que je ne pouvais plus respirer, je lui disais  qui es-tu, que me veux-tu, je ne comprends pas ce que tu fais là  et elle me répondait que j’aurais dû lui prêter attention plus tôt. Que si je l’avais écoutée, elle n’aurait pas eu besoin de serrer aussi fort et qu’elle se serait peut-être même montrée plus douce. Elle ajoutait sans prendre de pause que de toute façon c’était trop tard, car pendant que je l’ignorais elle avait eu le temps de trouver ses marques. Que je pouvais lui donner un nom, c’était même recommandé, après tout on donne toujours des noms à ses compagnons de route. Non, non, tu n’es pas mon amie je lui rétorquais, tu me fais peur, demain je vais me réveiller et mes larmes ne seront qu’un mauvais rêve, mes battements de cœur vont retrouver leur rythme rassurant, celui d’avant, pendant que toi, toi tu seras déjà loin. Je n’ai pas besoin de te trouver un nom, encore moins maintenant, dans cet ascenseur qui monte trop lentement à mon goût, je veux être chez moi tout de suite, dans mon lit et pleurer, pleurer, pleurer, jusqu’à ce que le matin se lève et que tout redevienne bien, mon bien à moi, celui qui me fait sentir…bien.
Mais d’un battement de cil, elle m’a dit que je ne savais pas de quoi je parlais, elle m’a même suggéré des idées de prénoms pour m’aider. Angoisse, panique, crise de panique ou crise d’angoisse si je préférais les noms composés, des mots secs et durs comme de la pierre. Elle m’a dit que pour l’instant je la prenais pour une folle, une ennemie à abattre. Mais que, quoique j’en pense, elle était pourtant mon amie.  N’importe quoi  je lui ai dit, une amie a le droit de venir sans prévenir seulement si c’est une belle surprise, une amie vous réconforte, elle ne vous donne pas envie de pleurer, une amie est bienveillante, elle ne vous fait pas peur et ne vous emmène pas dans des contrées si étranges peuplées de pensées si bizarres. Elle m’a alors tranquillement dit qu’elle serait patiente et qu’elle m’aiderait, même si cela allait être ardu car je ne l’écoutais pas et que j’avais seulement besoin de faire cela, l’écouter. Le reste elle s’en chargerait.
 
 
 
 
 
L’oiseau, la guerrière et le caméléon
 

 
Je me suis toujours sentie différente. Un petit oiseau fragile dans une armure de guerrière, un petit caméléon dans un corps de femme. Selon que je le juge nécessaire, je passe inaperçue ou j’attire tous les regards. J’excelle dans l’art de rester discrète et prendre de la place quand il le faut. Un atout pour convaincre et dont je sais me servir. J’aime avoir dans les mains plusieurs cartes, prendre du temps pour choisir celle qui me permettra d’obtenir ce que je souhaite. C’est devenu un jeu : observer quelle perception les autres ont de moi, surtout les inconnus, je m’en amuse. Ceux qui me connaissent savent qui je suis réellement, ceux qui m’aiment m’acceptent avec mes torts et mes travers, capable de prendre des décisions radicales, un penchant net pour la difficulté, à la limite du masochisme, mais aussi susceptible de m’énerver pour un petit rien, de pleurer en cascade pour pas grand-chose. Ce n’est pas toujours facile d’être une guerrière fragile, encore moins un caméléon. Le plus souvent on vous demande de choisir, soit vous êtes guerrière, soit vous êtes fragile. On vous voit comme ça ou bien comme ça, on préfère vous mettre dans une case, c’est plus commode pour tout le monde. Mais les deux à la fois, on ne sait pas bien comment vous prendre, on a du mal à vous comprendre.
Les cerises 
 

 
Je suis tombée amoureuse parce qu’il m’a offert des cerises. Pas seulement, mais disons que cela y a contribué. Quand il me les a tendues, je me suis tout de suite dit que les accepter ferait dégager cette foutue enveloppe. Car après les cerises viendraient sûrement les mots doux, le premier baiser et les étreintes, celles qui rassurent et vous font tout oublier, même les mauvaises choses. Je sentais que lui, il la raisonnerait cette enveloppe, il lui expliquerait gentiment que maintenant qu’il était là, elle devait partir. Car lui, il avait vu la guerrière. Pas le petit oiseau fragile. C’est ce que je pensais. Qu’il avait vu la battante, celle qui va au combat , qui ne lâche rien, qui a un seul et unique objectif et qui se fout du reste. Comme lui aussi est de cette veine, il est lui aussi allé au combat pour me séduire. Du coup cela n’a pas été facile, car deux soldats entêtés qui entament un jeu de séduction, ce n’est jamais facile. Et puis un jour il faisait chaud, les arbres étaient en fleur, les passants de bonne humeur, le soleil haut dans le ciel, tout me disait de le suivre et de répondre à son appel, viens prendre l’air, tu ne vas pas rester toute seule, il faut savoir lever le pied de l’accélérateur . Et c’est comme ça que la mayonnaise a pris, je me suis laissée emporter par ses mots de poète, ses rêves de rêveurs, ses idées de passionné, ses gestes maladroits, ses blagues débiles et surtout, surtout, sa belle énergie si contagieuse. Et ce jour-là l’enveloppe m’a un peu moins serrée.
L’enveloppe me joue des tours 
 

 
 
Il y a eu une période pendant laquelle mon enveloppe me laissait un peu de répit. Elle devenait une couverture légèrement plus douce, elle découvrait un pan d’elle-même et j’entrevoyais un petit filet de lumière, parfois même un large faisceau qui me faisait penser qu’elle allait partir pour de bon et que je serais enfin débarrassée d’elle. Mais le lendemain elle devenait encore plus lourde et je ne comprenais plus rien, pourquoi jouait-elle comme cela avec moi, je trouvais son jeu cruel et sans intérêt. Puis de nouveau, elle se faisait plus douce, plus discrète, sa présence devenait plus mitigée, cohabiter avec elle était plus confortable, moins inconfortable. Elle me rappelait de temps à autre qu’elle était là mais repartait bien vite, et dans ces moments-là, je lui en étais presque reconnaissante. Elle devenait comme une ennemie sympa ou une amie un peu garce, dépend de comment on voit les choses. Je ne me sentais pas apaisée mais moins dépendante d’elle, elle me contrôlait moins, et ça c’était déjà une victoire. Et puis l’enveloppe a fait son deuxième coup d’état. Je ne l’ai pas vue venir cette garce. Ce jour-là, je me suis sentie happée par une force obscure incontrôlable, j’ai eu très peur, j’ai beaucoup pleuré aussi. Je ne sais pas ce que je détestais le plus, les battements de tambour au fond de ma poitrine ou les larmes, incontrôlables et douloureuses, qui venaient toujours sans prévenir. Ce jour-là, il m’a rassurée, m’a donné des pistes, s’est permis de m’orienter, de me guider, d’un ton autoritaire quand même, sûr de lui et de son conseil. Ce jour-là, je me suis sentie comprise, soutenue, entourée, malgré la violence de la prise de pouvoir de cette foutue enveloppe.
 
L’insouciance
 

 
Un moment on s’amusait bien. On s’amusait même beaucoup. On était complices, jeunes, insouciants, il faisait bon vivre, on faisait la fête, on picolait, on s’amusait, on était amoureux. C’est beau la vie quand on est insouciant. Tout est plus joli, plus coloré, plus joyeux, on se surprend de tout et de rien, l’obscurité des gens ne vous atteint pas, les gens aigris n’ont pas de prise, tout vous coule dessus. Vous êtes heureux, jeunes, pleins d’ambition, l’avenir vous appartient, que celui qui vous aime vous suive, que ceux qui sont empêtrés dans leurs soucis gardent leurs distances, vous êtes bien installés dans votre bulle, pas de contamination, merci. On écoutait de la musique à toute berzingue, sans se donner la peine de baisser le volume, non, quand on est amoureux, les autres on s’en fiche un peu, on ne les voit pas, on les oublie souvent.
À fleur de peau
 

 
Et puis un jour, notre sensibilité a pris le pas. La mienne, puis la sienne, l’une dans les pas de l’autre, se faisant inlassablement écho. Être sensible est plutôt une bonne chose, elle te permet de percevoir des éléments invisibles pour d’autres, de vivre la vie intensément, tout devient plus grand, plus extraordinaire. Moins ordinaire. Si c’est épuisant, c’est agréable aussi finalement. Le problème se dessine quand tu es trop sensible, que tu t’exposes trop. Parce qu’après, tu ne maitrises pas grand-chose. Parce qu’après, tu passes dans le clan des grands sensibles et là, tu es mal barré. Ta sensibilité t’emmène loin avec elle, la demoiselle te prend par la main en te disant laisse toi aller, écoute-moi, regarde, lâche-toi, laisse sortir ce que tu as au plus profond de toi. Et toi tu aimerais lui résister car tu sais que tu es dans un monde de brutes. Tu n’oublies pas que tu dois montrer ta face de guerrière avant celle du petit oiseau fragile. Mais c’est plus fort que toi, son pouvoir d’attraction est tel que tu n’arrives pas à lui résister. Du coup tu pleures, tu ris, tu t’énerves, tu cries, tu re-pleures, tu re-cris, tu te re-énerves, tu re-hurles. Et au bout d’un moment tu es épuisée. Et lui aussi. Mais vous ne le savez pas encore. Pour vous c’est normal, vous êtes amoureux, vous êtes de grands sensibles et de grands sentimentaux alors vous ne vous inquiétez pas plus que ça. Des bras ouverts et des mots doux et ça y est, on oublie vite. Un verre de vin et le pardon est encore plus facile. La vie est belle, on est amoureux, on se dispute, on rit, on pleure, on crie, tout va bien finalement.
Dure injustice
 

 
Tu es une grande sensible. Combien de fois ai-je écouté cette phrase. Depuis que je me souvienne, tout me met la larme à l’œil. Le monsieur qui dort sous une couverture pleine de puces, le chien tout maigre qui erre dans la rue, les fourmis qu’on écrase sous nos pieds, les poulets de batterie, les enfants qui ont faim, les veuves de guerre, les histoires d’amour à la con, les enfants malades, les infos du jour, le doudou de ma fille perdu, tout y passe, mon petit cœur n’y résiste pas. Les moments de joie ne m’épargnent pas non plus : mes yeux sont mouillés avant même que je n’ai pu m’en rendre compte. En grandissant, j’avais espéré contrôler davantage mes émotions. Ou les anticiper pour mieux m’y préparer, cela aurait déjà été un bon début. Je n’y arrive pas. L’injustice a toujours ma peau, je ne lui résiste pas, les larmes montent toutes seules, impossible d’y faire face les yeux secs. Puis il y a cette redoutable empathie, insupportable, qui me submerge. Ce n’est pas une partie de plaisir, comme une émotion que je ferais mienne ou dont je me sentirais solidaire. Je la vis et la ressens de façon incontrôlée, j’endure avec l’autre, je ressens dans mes pores ce sentiment qui n’est pas le mien, seulement familier. Et tout ça, c’est difficile à gérer. Je ne comprends pas moi-même pourquoi le ressenti de l’autre m’affecte tant. Mais je ne veux pas m’endurcir, pourquoi devrais-je le faire, si cela ne te plait pas tant pis.  
 
 
 
 
 
 
 
Hypocrites
 

 
Il paraît qu’il faut se blinder pour faire face au monde fou dans lequel on patauge. Que les cœurs de pierre ont la tâche plus facile et que les aveugles s’en porteraient presque mieux. Mais quand on y pense, que laisse-t-on à notre belle planète, des personnes centrées sur leur petit moi, des gens qui ne pensent qu’à leur gueule, qui aiment les reportages Arte sur les petits africains affamés car cela leur donne envie d’agir, ils auront du contenu pour leur conversat

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