Attention! Une pandémie peut en cacher une autre
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

Attention! Une pandémie peut en cacher une autre , livre ebook

-

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Alors que le monde est bouleversé par le développement du coronavirus COVID-19, une calamité d’une tout autre dimension se profile et menace l’humanité.
Lorsqu’une catastrophe sanitaire mondiale se conjugue avec l’aveuglement de croyances archaïques, la surpopulation d’une Terre à bout de souffle, la haine des damnés de la terre envers les pays riches, la folie cupide d’une « élite » mafieuse, mais aussi un incommensurable autant que dérisoire espoir, cela donne un cocktail hautement explosif.
Le redoutable mais gérable COVID-19 rend la matière de ce thriller hautement plausible, voire prémonitoire.
Un voyage hallucinant à travers un monde en folie, de la première quinte de toux au déchaînement des Chevaux de l’Apocalypse…
Chapitre 20Implacables vérités…Sur un causse désertique dominant les gorges du Tarn a été érigé un village étonnant : une poignée de huttes arrondies - sortes d’igloos ou plutôt de yourtes en pierres sèches construites selon la méthode des « bories » provençales et languedociennes - s’organise autour d’une petite place circulaire au centre de laquelle trône, majestueux, un grand chêne vert. Une éolienne fournit l’électricité tandis qu’un forage permet d’avoir de l’eau. C’est le domaine de Victor-Charles Pimparin - ancien Prix Nobel de la Paix - et de quelques amis. Se croisent en ce lieu majestueux et sauvage, pour quelques jours, quelques semaines ou plus, philosophes, chercheurs, humanistes du monde entier.Ce matin-là, la quiétude du lieu fut brutalement rompue par trois gros hélicoptères. Des deux premiers posés sautèrent au sol deux douzaines de militaires armés jusqu’aux dents qui se déployèrent et se postèrent tout autour du village de pierres. D’un troisième appareil, plus petit, descendirent un homme vêtu d’une combinaison kaki et deux militaires armés.Victor-Charles Pimparin, courroucé de ce déploiement de forces, vint à la rencontre de l’étrange visiteur qui, se penchant sous le souffle des rotors, lui tendit la main, s’excusant d’un geste fataliste du dérangement.Les moteurs furent coupés et le sifflement saccadé des pales ralentit puis cessa.- Je vous remercie d’avoir accepté de me recevoir et vous prie de m’excuser pour le dérangement que je vous cause, cher Professeur Pimparin. Mais vous comprendrez que la fonction qui est la mienne ne me permet pas de me déplacer plus discrètement. Surtout dans les circonstances actuelles.- Je sais, je sais, rétorqua le vieil homme avec un sourire plein de malice. Le Président de la France ne peut pas baguenauder comme il l’entend ! Venez donc dans mon antre.Ils pénétrèrent par un sas dans une des yourtes de pierres tandis que les deux militaires, après en avoir rapidement inspecté l’intérieur, se postèrent devant la porte pour l’un, devant le large hublot circulaire faisant office de fenêtre pour l’autre. Le professeur fit asseoir son visiteur dans un confortable fauteuil de cuir et s’installa sur une chaise en face de lui.- Je me doute bien de l’objet de votre visite, qui m’honore. Permettez-moi de vous offrir un verre d’eau et parlons. Vous avez sollicité mon humble avis sur la situation présente. Vous sera-t-il utile ? D’abord en ai-je un ? Je suis comme vous, comme tout le pays, comme le monde entier : assommé et à vrai dire dépassé par ce qui se passe.- Votre avis de sage sera pour moi précieux.- Bien. Nous allons faire un petit voyage dans le temps. Il y a environ douze mille ans, un changement climatique important a eu lieu : la fin de la dernière glaciation dite de Würms. Fonte des glaces, recul de la toundra vers le nord, arrivée des grandes forêts, arrêt des migrations des immenses troupeaux de rennes, extinction des mammouths, des rhinocéros laineux, etc.Je ne vais pas vous faire un cours de préhistoire, mais un petit éclairage rétrospectif permettra de mieux comprendre l’actualité.Il est résulté de ce changement du climat - mais aussi et surtout de la nature, de l’habitat, de la faune, - un bouleversement radical dans le mode de vie des humains. De chasseurs-cueilleurs ceux-ci, par la force des choses, sont devenus pasteurs et agriculteurs. C’est ce qu’on appelle le néolithique. D’aucuns y voient le début de la « civilisation ». C’est un point de vue qu’on n’est pas obligé de partager…C’est faire preuve d’autant de fatuité que de stupidité que penser qu’une humanité ayant pu concevoir et réaliser des œuvres artistiques telles que les peintures rupestres de Lascaux, d’Altamira, de la grotte Chauvet, de la grotte Cosquer ne soit qu’un ramassis de brutes sanguinaires et bestiales. Ces vestiges picturaux, ainsi que divers objets de silex, de corne et d’os, permettent de penser que ces gens jouissaient d’une haute civilisation qui devait se traduire dans d’autres arts que l’art pictural – danse, oralité, théâtre, etc. Mais le mode de vie essentiellement nomade de ces populations suivant les troupeaux nourriciers les obligeait à aller toujours à l’essentiel, et donc à ne pas s’encombrer d’objets superflus. Leur organisation sociale s’articulait autour du clan : un petit groupe soudé, hiérarchisé selon la compétence.Puis l’humain est devenu pasteur et agriculteur. Pour cela il s’est sédentarisé. Il a clôturé les lopins de terre où il faisait pousser son épeautre et où il élevait ses mouflons devenus moutons. Il a donc inventé la propriété privée, et avec elle l’envie, la jalousie, le vol. Pour la défendre il a inventé les flics, les soldats, la hiérarchie, et enfin la guerre.L’Homme est alors devenu con. C’est l’homme « moderne ». Mais tout ceci, vous le savez.- Vous caricaturez un peu, mais à peine…- Ce changement de mode de vie marque la sortie de l’Homme de la dimension Nature pour s’inscrire dans la dimension Culture. Il ne se contente plus dès lors d’être l’une des créatures vivantes parmi d’autres, mais entreprend de plier la Nature, la Terre, à sa volonté. C’est le début du saccage. Mais ce saccage demeurait limité et sans danger pour la planète pour une raison fondamentale : la population globale restait dans des limites raisonnables.À l’époque du paléolithique supérieur - les hommes de Cro-Magnon des peintures de Lascaux et autres - nous étions à peu près dix millions sur l’ensemble de la planète. À l’époque de Sumer, puis de l’Égypte et bientôt de la Grèce antique, nous avions déjà multiplié par dix notre nombre : environ cent millions. On a encore décuplé en quatre ou cinq millénaires pour atteindre le premier milliard vers 1800. À partir de là le potentiel de croissance démographique des humains a explosé : soixante ans plus tard, en 1860, le deuxième milliard était atteint, cinquante ans passent avant d’atteindre le troisième milliard. Puis le lapinisme humain accélère encore : quatre milliards en 1950, malgré deux guerres mondiales et une épidémie de grippe espagnole. Cinq milliards en 1980 et la barre des six milliards est franchie en 1999. Actuellement, nous sommes plus de sept milliards et demi. Dont un milliard cinq cents millions pour la Chine, un milliard deux cents millions pour l’Inde, et plus de cinq milliards pour l’ensemble des pays pauvres. Ils passeront directement du ventre de leur mère à la misère… Et nous serons entre dix et douze milliards en l’an 2050… Nous serons ? Où nous ne serons plus…Schématisons la situation présente. Le potentiel démographique de l’espèce humaine a été multiplié par un facteur dix ou même douze. Mais les institutions qui organisent et régissent la démographie sont restées celles de l’âge de pierre. Lorsque l’instinct des espèces animales reste invariable dans un monde transformé, l’espèce ne peut s’adapter aux conditions nouvelles et finit par disparaître. Cela peut se faire par une dégradation lente, ou bien par un épisode catastrophique brutal, soit encore par soubresauts destructeurs. Car cette espèce est dépassée et n’est plus viable faute d’avoir imaginé une réponse aux défis de l’évolution. Voyez comment les lemmings régulent leur espèce…Actuellement l’équilibre entre l’espèce humaine et la nature est doublement rompu : nous vivons dans un monde délimité, catalogué, répertorié, connu, dans un monde fini. Et en même temps l’humanité - de par les progrès de la médecine et de l’hygiène entre autres facteurs - est en proie à une évolution démographique multipliant son potentiel d’expansion jusqu’à tendre vers l’infini. Une expansion qui explose dans un monde qui se rétrécit. Si l’instinct de procréation débarrassé de ses vieux freins modérateurs reste invariable malgré tout, l’humanité risque de crouler sous sa fécondité comme un figuier se brise sous le poids de ses branches chargées d’une fructification trop exubérante. La démesure scelle la fin des espèces animales comme la prolifération anarchique des cellules signifie le cancer.- Tout cela, je le sais évidemment, le coupa sèchement le président. Je ne suis pas venu vous voir pour entendre enfoncer des portes ouvertes mais pour prendre conseil auprès d’un homme connu et reconnu pour sa sagesse…- Oh ! Et puis laissons tomber les bonnes manières. Vous voulez mon avis. Je vais vous le donner. L’autre soir, j’ai vu à la télé la repasse d’un remarquable documentaire de Yann Artus Bertrand sur les dégâts causés à la planète par la connerie humaine et sa composante économique : la « croissance », cette nouvelle divinité dont vous et vos semblables baisaient servilement les pieds. Des images superbes, des commentaires un peu lénifiants pourtant, mais un effet certain sur la prise de conscience de la catastrophe vers laquelle on court.Déforestation à outrance pour le pognon, saccage des richesses naturelles, laminage des espèces vivantes… Tout y est passé. Sauf l’essentiel : la démographie démente, cause de tous les maux. Savez-vous que pour chaque battement de votre palpitant, cher Monsieur le Président, trois bébés naissent quelque part dans le monde ! Essayez d’imaginer ce fleuve, cette marée de nouveaux venus braillards sur cette pauvre boule puante qu’on appelle Terre ! Ouais, me direz-vous. Mais pendant ce temps, il y en a un paquet qui passe l’arme à gauche et vont servir de patapon aux asticots. Allez les vers ! C’est vrai. Mais il n’en meurt qu’un lorsqu’il en naît trois ! On est loin du compte… Trois marmots par seconde qui réclament tout de suite à bouffer. Soit 180 par minute, 260 000 par jour, 95 millions par an, autant que la France et l’Espagne réunies. Et comme il ne meurt « que » 35 millions d’homo sapiens (homme sage ! ! ? ?) par an, ça nous laisse un confortable « bénef » d’environ 60 millions supplémentaires chaque année - l’équivalent d’une France ! - de bouches à nourrir… Comme ces bouches viennent principalement dans des pays où on crève déjà de faim, vous voyez le tableau. Et si ces pays sortent de la misère, comme la Chine actuellement et l’Inde, et veulent accéder au « progrès » que représente la manière de vivre occidentale, ça va en faire des bagnoles qui cracheront leurs gaz pourris, des forêts qu’il faudra couper pour leur fournir des salons de jardin en teck et des tonnes de pubs débiles, des poissons qu’il faudra pêcher pour leur procurer du patapon pour leurs chien chiens… Vive la croissance ! « Croissez et multipliez-vous » qu’il a dit l’autre. Ouais. Jusque dans le mur. Et le mur, ce sera un coquetèle agréable de guerres pour l’eau, de catastrophes naturelles, de bonnes et belles épidémies comme celles que nous subissons. Tout ça orchestré par de gras et gros dictateurs qui pueront autant du cerveau que des pieds !Eh ! Yann-Artus, pose ton hélico, et dis à tes congénères - ces mammifères omnivores qui ne se différencient des autres animaux que par leur faculté de boire sans soif et d’être en chaleur tout au long de l’année - de se capoter le créateur ou de pratiquer l’autocoïtpalmaire !Le président encaissa mais ne put s’empêcher de sourire devant le langage fleuri de cette personnalité atypique qu’est Victor-Charles Pimparin qu’il avait eu l’occasion de côtoyer lors de lointaines manifs de sa jeunesse estudiantine. Il fut un des théoriciens et des principaux animateurs de Mai 68 avant de s’engager à fond dans des actions humanitaires admirables qui lui valurent la reconnaissance planétaire par un Prix Nobel de la Paix.- Voilà ! Là, je vous reconnais. Vous avez, je vois, gardé la fougue communicative qui nous faisait boire vos paroles lors notre jeunesse idéaliste… Continuez. Je sais tout ça, mais c’est bon de l’entendre de votre bouche, avec vos mots qui portent.- Qui portent dans le désert…- Ces considérations nous éloignent pourtant de mon problème actuel, Professeur : presque un million de malades hautement contagieux qui s’approchent de nos côtes.- Et qui viennent d’où ? D’Afrique. Le virus les tue sur place ? Ils viennent chez nous se faire soigner parce qu’ils considèrent que nous sommes responsables. À tort ? À raison ? Qui lo sa ? De toute façon même si un pays comme le Nigeria perd la moitié de sa population, il en restera toujours cent millions et avec un taux de fécondité de 4,85 enfants par femme, les pertes seront vite comblées. Et même si vous les arrêtez, d’autres suivront.Et pourquoi veulent-ils au péril de leur vie venir « vider les poubelles à Paris » comme disait tonton Pierrot ? Parce qu’ils crèvent de faim sur le continent potentiellement le plus riche du monde (pétrole, uranium, cuivre, métaux rares, bauxite, or, diamants, mais encore bois rares, etc.), parce que leurs richesses sont pillées sans vergogne par les multinationales, parce que ce continent n’a jamais réussi à mettre en place des gouvernements dignes de ce nom et soucieux du bien-être de leurs peuples plutôt que de s’enrichir outrageusement avec la complicité de nos gouvernants, de nos banquiers, de nos curés, enfin parce qu’ils sont étranglés par le poids d’une dette illégitime. Vous êtes d’ailleurs le seul, Président, a avoir avancé l’idée d’une annulation totale de cette dette, et c’est tout en votre honneur…Au lieu de ça, depuis les indépendances, les États et nations africaines - qui ont eu largement le temps d’organiser leur développement – se laissent piller avec la complicité de dirigeants corrompus jusqu’à la moelle. L’avenir des Africains est en Afrique et pas en Europe.Ce qu’il leur faut, Monsieur le Président, ce sont des dirigeants qui aient les couilles bien pendues et qui osent dire : « Bon, maintenant, Basta ! Vous, les parasites occidentaux et chinois, vous les voleurs de terres des monarchies féodales du golfe persique, vous et vos multinationales, vous dégagez ! Vos usines, elles sont à nous. On prend sans compensation, vous vous êtes déjà suffisamment gavés sur notre dos. On récupère nos richesses pour en faire profiter nos peuples ! »Il y aurait bien des soubresauts mais sans cela, les populations africaines crevant de faim, brimées et martyrisées par les dictatures qui goinfrent quelques oligarchies au service de ces multinationales, déboussolées par des rivalités religieuses plus obscurantistes les unes que les autres (islam contre sectes christiano-baptistes, etc.), ces populations continueront à rêver aux mirages de l’Europe. Quant à la politique de la porte ouverte, que préconisent les nombreuses organisations d’idiots utiles bêlants confis en repentance, elle est non seulement irréaliste, mais dangereuse car une forte arrivée d’immigrés provoquerait fatalement une montée parallèle des extrémismes et la certitude d’énormes troubles où la démocratie y laisserait la peau. Le Bête n’est pas morte.L’Afrique est à quatorze kilomètres de l’Europe, Président ! Elle est une des clés du maintien ou non de la paix, de la démocratie, de l’existence même de l’Europe confrontée à une invasion rampante. Les guerres, l’insécurité sont des causes, mais la cause de fond reste soigneusement occultée, frappée par un tabou que vous avez pourtant eu le courage de bousculer : il s’agit de la progression géométrique de sa population à comparer avec la progression arithmétique de ses ressources vivrières. Avec pour conséquences évidentes une pression toujours plus grande vers l’émigration d’une partie de sa population vers l’Europe. Pression migratoire qui ne pourra se réguler qu’en mettant sur pied un véritable plan de développement de l’Afrique sur place. Encore faudrait-il que ces pays soient en paix… Entre eux et à l’intérieur de chaque pays. Ce qui n’est pas le cas et même l’exception. Et ne nous faisons pas d’illusion : il n’est pas dans le pouvoir de l’Europe de pacifier ces régions.Il faut pour l’Afrique un plan de développement efficace, débarrassé du racket et de l’exploitation par les multinationales des ressources gigantesques de cet énorme continent. L’Afrique attire les « investisseurs » internationaux. Mais pour quel développement ? Pour un développement prédateur, néocolonialiste. Ces firmes voyous saccagent les forêts, extraient les arbres les plus rentables, puis déboisent et plantent des palmiers à huile. Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.Le « progrès » des tracteurs a ruiné l’agriculture vivrière en détruisant la mince couche de terre arable patiemment fabriquée par des générations de petits cultivateurs. Oui mais ça engraisse avant tout les fabricants de machines agricoles…Et que dire des firmes voyous qui néocolonialisent l’Afrique – françaises, européennes, étasuniennes et maintenant surtout chinoises – pour en extraire les minerais d’uranium, de cuivre, de cobalt, d’or, de diamants puis laissent une terre ruinée de latérite stérile et polluée. Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.À côté des firmes voyous, il y a les États voyous, États voleurs de terre : (Chine, Corée du Sud, Arabie saoudite, Libye, Qatar, etc.) et les investisseurs voyous privés (fonds de pensions, banques, etc.). Ces bandits achètent la terre, le territoire, envoient les bulldozers, saccagent, défrichent, font fuir les paysans avec l’aide musclée des potentats locaux à la patte abondamment graissée, puis plantent des cultures d’exportation (cacao, arachide, café, riz, fleurs).Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.Et que dire du pillage des élites africaines ? ! Il y a plus de médecins béninois en région parisienne que dans tout le Bénin. Il en est de même pour les ingénieurs et les techniciens pourtant indispensables au développement de ces pays.Au lieu de cette économie de prédation, ne vaudrait-il pas mieux mettre en place une réforme agraire en expulsant les grands propriétaires terriens pour partager, avec le soutien financier et réglementaire de l’État, les terrains en petites exploitations principalement axées sur les cultures et l’élevage vivriers ? ! Il y aura forcément une faible productivité, mais tant mieux : ça donnera du travail aux populations locales. Mais attention au syndrome « Zimbabwe » ou une réforme agraire de ce type mal menée a ruiné le pays…Ne vaudrait-il pas mieux mettre en place de petites unités industrielles locales, directement en prise avec les besoins locaux : fabrication d’outils, de vêtements, de biens de consommation, d’habitations préfabriquées, de véhicules bon marché adaptés au pays, etc. ? ! Et même les pousser à exporter mais en assortissant ce développement local d’un indispensable protectionnisme vis-à-vis de la concurrence des grands pays développés qui subventionnent leurs exportations, refilent aux Africains leurs produits de seconde zone et tuent ainsi dans l’œuf toutes les initiatives locales.Ce modèle de développement, aux antipodes de celui proposé, imposé plutôt par les organisations prédatrices que sont le FMI (Fond Monétaire International), la Banque mondiale, l’OMC (Organisation mondiale du commerce), a réussi il y a quelques décennies en Corée du Sud, en Malaisie, au Vietnam.Ne serait-il pas plus réaliste, et efficace, de s’inspirer de ce qui a réussi ailleurs plutôt que de laisser la bride sur le cou à toutes ces institutions, multinationales et États nuisibles ? L’acceptation des investissements des états et firmes prédatrices devrait s’assortir d’un accord de ce genre : sur 1 000 que vous investissez, on vous en concède 500 pour vos cultures exportatrices, mais on vous impose d’investir 500 pour le développement de cultures vivrières à travers une aide financière et technique aux petits paysans locaux. Et idem pour les implantations industrielles venant en appui de l’artisanat et à la petite industrie locale. Pour que ça rapporte enfin aux Africains, que ça leur rende la fierté de leurs pays, et que leur enlève de l’esprit ce mirage qui les envoie, à travers déserts et Méditerranée, vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.On nous rétorquera que l’argent de l’aide internationale coule à flots en Afrique… Mais il coule dans quelles poches ? Car peut-on envisager un tel développement positif avec des dirigeants et des administrations corrompus jusqu’à la moelle ? Mais qui dit corrompus dit corrupteurs. Et les corrupteurs, qui sont-ils ? Et où sont-ils ? Devinez… En plus, il faut relativiser cette aide financière. Elle est actuellement inférieure au transfert d’argent provenant de la diaspora africaine en Europe…Enfin, revenons à cette question taboue qu’il faut pourtant bien aborder : les bienfaits de la médecine moderne ont fait chuter heureusement la mortalité infantile. On s’en réjouit. L’espérance de vie s’en est trouvée allongée. Et donc la démographie a explosé tandis que la production restait au niveau d’une agriculture de subsistance, elle-même ruinée par les exportations subventionnées de produits européens.Conclusion : une aide massive ne s’évaporant pas dans des poches corrompues doit se conjuguer avec une régulation efficace de la surpopulation. Les Chinois l’on fait, les Indiens tentent de le faire. Mais, au-delà de toute coercition, la manière la plus efficace de limiter les naissances, c’est l’éducation. Mais débarrassée des carcans de l’islam et du christianisme avec leur natalisme forcené.Faute de résoudre ce double défi : développement économique de l’Afrique et limitation des naissances, l’Europe va se trouver confronter, dans les décennies qui viennent, à une gigantesque question migratoire. Qui ne se résoudra pas avec le sourire…Vos bateaux pleins de contagieux ne seront pas les derniers, Monsieur le Président… Et pour ceux-là, vous voulez connaître le fond de ma pensée ? Je n’ose la formuler tellement elle me fait peur, tellement elle va à l’encontre de tout ce qui a été ma vie, de toutes les idées qui ont structuré mon action.Le vieil homme se leva et marcha de long en large dans la pièce circulaire où se déroulait cette rencontre surréaliste entre un vieux révolutionnaire humaniste retiré sur un causse lozérien et le président ultra libéral de la France. Il secouait nerveusement la tête, faisant virevolter les longues mèches blanches qui entouraient son front largement dégarni. Il se prit le visage dans les mains, visiblement en butte à une terrible tempête de crâne. Puis il retrouva son calme et se rassit face à son interlocuteur resté impassible.- Reprenez votre calme cher professeur. Je vous écoute.- Ces pandémies, la première mais surtout la deuxième, reprit le vieil homme d’une voix basse, en détachant bien ses mots, sont la réponse de la Terre à l’agression que lui fait subir l’espèce humaine. Le virus de la peste aviaire « humanisée » est un anticorps que secrète la Terre contre le cancer qu’est devenue l’espèce humaine. Pour notre terre, celle-ci n’est qu’une péripétie, un simple flash dans l’évolution du globe. Si l’on ramenait l’histoire de l’Homme par rapport à l'âge de la Terre à une journée de vingt-quatre heures, l’humanité serait représentée par les cinq dernière secondes de la vingt-quatrième heure. Pffuit ! Rien ! Peanuts !Alors la Terre, d’une petite secousse, se débarrasse de cette race étrange de bestiaux sans poils qui commence à lui trotter sur le haricot…Je vais dire une monstruosité, Président : cette deuxième pandémie, en réduisant de moitié la population mondiale est une chance pour l’humanité de ne pas disparaître totalement.- Une chance ! s’offusqua le président d’une voie blanche, blême d’une rage mal contenue. Une chance la mort de quelques trois milliards d’êtres humains ? Une chance cet océan de souffrance, de détresse, de mort ? Une chance ces milliards de cadavres ? Et c’est vous : le célèbre et vénéré Professeur Victor-Charles Pimparin, vous, Prix Nobel de la Paix, vous, une des rares consciences mondiales qui me parlez comme ça ?Il se frotta les yeux avec ses paumes, comme pour chasser les visions d’apocalypse qui l’assaillaient, respira lentement selon une vieille pratique yoga lui restant de sa jeunesse encore proche et retrouva son calme et sa maîtrise naturelle. Les paroles du vieux sage l’avaient visiblement ébranlé. Offusqué profondément dans un premier temps. Puis il dut bien admettre, à son corps défendant qu’il avait peut-être raison… Qu’il avait probablement raison… Non, qu’il avait monstrueusement raison ! 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2020
Nombre de lectures 207
EAN13 9789463989527
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0150€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents