NOM DE CODE RAPACE
166 pages
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NOM DE CODE RAPACE , livre ebook

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Description

Alex, ancien des Forces Spéciales, âme et corps blessés, et Paola, jeune avocate ambitieuse, se retrouvent plongés au cœur d'une vaste enquête sur le blanchiment d'argent. Ils nous entraînent sur les traces d'A4BL, cette honorable institution respectée du monde de la finance qui pourrait bien être au cœur d'un système machiavélique.
Entre romance et thriller, Nom de code RAPACE, explore les faces sombres de la finance internationale en bâtissant une intrigue haletante où l'on croise une galerie de personnages respectables, narcos sud-américains et oligarques russes, visiteurs du soir et hommes de l'ombre, avocats, banquiers...
« Paola Ceresa… quel tempérament ! Si vous en avez l’occasion, je vous conjure d’y goûter sans modération. Elle est simplement envoûtante. Je ne sais pas si c’est son corps, sa petite bouille, son regard… sa voix, Bon Dieu, sa voix … ou même son caractère de cochon, mais elle dégage un truc incroyable… peu de femmes ont cela et c’est d’autant plus fort qu’elle n’en joue pas. Je dirais même qu’elle sous-estime complètement son sex-appeal. Paola, Paola… croyez-moi mon cher, c’est un souvenir inoubliable… »

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 décembre 2018
Nombre de lectures 7
EAN13 9782363159625
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Emmanuel de Molliens
Nom de code Rapace


Prologue
Peu comptait d’avoir sauté la nuit d’un avion tous feux éteints, nagé des kilomètres dans une mer d’encre, usé ses semelles aux aridités minérales d’Afghanistan, aux déserts du Moyen-Orient, aux spongiosités amazoniennes, aux forêts enneigées des Balkans. Peu importait d’avoir tenu dans la lunette de son fusil des visages barbus, glabres, basanés, des crânes enturbannés, leurs regards noirs, le plus souvent, mais parfois bleus aussi ou dorés, d’avoir plongé la lame de son poignard sous la douzième côte, maîtrisé le corps qui convulsait, brisé d’un coup de poing la ligne de vie d’un soldat, d’un rebelle, d’un terroriste. Peu valait d’avoir pleuré l’agonie d’un frère d’armes, d’avoir été aspergé de son sang, de sa cervelle, des esquilles de ses os parce qu’il avait marché sur une mine, de l’avoir porté sur son dos jusqu’à l’épuisement, creusé sa tombe dans un sol gelé, de s’être terré des jours entiers, nourri de racines, de plantes, de bulbes, de serpents ou d’araignées, d’avoir tremblé de fièvre, sué d’une chaleur torride, pelé de froid… peu signifiait d’avoir vécu déjà mille vies, mille peurs, mille morts, à présent il se retrouvait ordonné par un petit bout de femme au front court et têtu, au regard de forêt, à la truffe de roquet en colère, à l’ambition dévorante de devenir associée de l’un de ces foutus cabinets d’avocats.
Et dire que l’on parlait de sexe faible !


I KHAN AL-KHALILI 2002


1 Hiver 2002, quelque part près du Golfe d’Aden.
Rien sur ces escarpements rugueux, ocre-bruns à force d’être cuits et recuits, ne s’opposait au vent incandescent. Son haleine desséchait la peau et les semelles des boots étaient à peine assez épaisses pour isoler les pieds de la fournaise.
Depuis que l’hélico les avait déposés la nuit précédente, ils crapahutaient de crêtes incendiaires en gorges profondes où chaque murmure, le roulement des pierres, le cliquetis des armes, résonnaient sur les murs lisses comme dans une cathédrale. Les quarante kilos de l’équipement déchiraient les épaules à la peau flétrie d’une sueur inépuisable et sans cesse, il fallait veiller à ce que leur vigilance ne s’érode à l’étuve insupportable.
Alex menait le groupe. Ils devaient rejoindre sous trois jours la zone d’exfiltration, juste suffisant pour mener à bien leur mission.
Il attrapa sa gourde dont il déglutit une gorgée chaude et épongea son front d’un pan du chèche kaki. À force d’entraînement ils étaient devenus aussi sobres que des dromadaires, à l’image de ceux qu’ils pourchassaient… condition sine qua non au succès de ce genre de mission. Ou alors, on envoyait les drones pour tirer dans le tas, otages compris.
De l’horizon embrumé de crépuscule son regard remonta vers ses compagnons, silhouettes sombres sur ciel en fusion, courbés sous le paquetage, toujours soucieux, même après de longues heures au cagnard, du juste endroit où poser le pied. Il avait déjà compté dans ses rangs des européens de toutes les langues, des Coréens, un Japonais, un Canadien… En file indienne, il y avait là Sergio, la calabrais au visage en lame de couteau, Louis, fils de bonne famille recalé des lycées d’élite et épris d’aventure, Yann, breton pur souche, crâne rasé dur comme granit, visage piqué de taches de rousseur, yeux bleus et nez en prise de courant, Votja le croate taiseux et bien sûr Brad, son cher Brad, du Middle-West. Il les aimait, sincèrement. Il aimait leur courage, leur volonté, leur résistance et il n’envisageait pas d’autre vie que de crapahuter avec eux à la poursuite des nuisibles. Il ne faisait pas de géopolitique, se refusait à raisonner sur l’aspect macro-stratégique de leur action, même si en certaines circonstances aurait-il été sans doute plus judicieux de ne pas céder trop vite aux dictats du manichéisme occidental… mais à son niveau, les pieds dans le sable, la latérite ou la neige, il avait vu trop de cadavres gonflés, trop d’enfants déchiquetés, de femmes violées, de bras coupés pour ne pas hésiter à presser la détente. Comment faire la guerre si l’on ne croit pas, sincèrement, que l’on est du bon côté ?
La nuit allait bientôt tomber et avec elle son éphémère douceur, car bientôt comme une amie trop pressée, elle les abandonnerait à l’indésirable compagnie d’une froidure mordante.
****
— Ça va, chef ?
Un chuchotement, l’accent traînant de Brad.
— Yes, my friend.
Il avait rejoint Alex sur le promontoire rocheux. Ce dernier profitait d’une nuit parfaitement étoilée pour observer à la jumelle les crêtes avoisinantes.
— Pas fâché de passer bientôt de l’autre côté. On crève dans ce trou !
— Peut-être, mais c’est vraiment beau !
— La beauté du diable en son enfer !
— Hey, Brad ! Tu ne serais pas un peu poète ?
— Chef !
Le petit Yann, dit Breizh s’était glissé près d’eux.
— Communication du patron. Il nous envoie une vidéo. Y’a le pote texan de Brad qui a aperçu des trucs amusants.
Loin d’être un fan de nouvelles technologies, un peu trop conservateur pour ça peut-être, Alex s’étonnait toujours de l’incroyable acuité qu’avait de son monde, l’opérateur bedonnant amateur de jeux vidéo depuis son Shelter posé sur le sable brûlant du Nevada.
Il glissa souplement du rocher pour rejoindre le central satellite, pianota sur le clavier du PC et lança la diffusion de la vidéo. Rien n’apparut d’abord qu’une surface stellaire quadrillée de données topographiques. Et puis l’image focalisa progressivement sur des formes de plus en plus précises, silhouettes luminescentes sur fond noir, semblant vaquer en toute quiétude au creux d’une combe remontant en pente douce depuis un petit lac. Un lac ! Incroyable dans cet enfer recuit ! La vie, la survie de ces fous furieux ! Nichées sur sa rive ouest, quatre cabanes en pierres sèches sous la garde de deux pick-up armés de mitrailleuses. Un coup d’œil sur les coordonnées, au coin de l’écran. Ils n’étaient vraiment pas loin. Peut-être une dizaine d’heures de marche.
****
Le froid brûlait les doigts comme le visage, mais pas question de bouger ne serait-ce qu’un cil. Derrière eux, un ciel de cristal gagnait au-dessus des montagnes et enflammait les crêtes à son aube givrée. Dans moins de vingt minutes l’astre surgirait et illuminerait le vallon. Ce serait le moment.
Seuls signes de vie dans la lunette camouflé sous le ghillie couleur rocaille, les petites ridules concentriques à la surface de l’onde ; sans doute des insectes ou des têtards. La qalat était plongée dans un sommeil profond, pas de sentinelle, pas même une ronde depuis que les dernières braises s’étaient éteintes. La confiance de ceux qui se croient à l’abri au cœur des aridités qui les avaient vus naître.
Un grésillement dans l’oreillette, puis un chuchotement étouffé.
— Alpha Leader de Sierra.
— Alpha Leader, j’écoute.
Parler distinctement sans que le son ne se diffuse au-delà de la bouche du fusil.
— On est en place.
Il les distinguait à présent, du moins trois d’entre eux, parce qu’ils étaient davantage préoccupés de se dissimuler aux yeux des méchants. Quant aux deux autres, malgré son œil exercé, impossible de les repérer, rocs parmi les rocs.
— Dix minutes.
Dix minutes avant l’assaut, dix minutes avant que ne se libère le trop plein d’adrénaline accumulé par la longue approche et les sept heures d’observation. L’aube, instant idéal ; surprendre au dernier sommeil, au moment le plus froid où la vigilance s’érode au soulagement du jour qui revient.
Il fit légèrement pivoter son arme vers les planches grossières obturant le cabanon principal. Une demi-douzaine de turbans s’y reposait. Premier danger, au moins six Kalach et deux RPG.
Les autres abris étaient occupés par les otages, hommes d’un côté et la femme de l’autre, chacun son gardien, et enfin le dernier pour le chef et son acolyte. Quatre nouvelles AK 47 et sans doute un assortiment de grenades et d’explosifs. Sans oublier, s’ils leur laissaient l’occasion de s

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