Pour que la roue tourne au nom du père
69 pages
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Pour que la roue tourne au nom du père , livre ebook

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Description

Un récit autobiographique fort et courageux.
Celui d’une femme qui relate un parcours de vie atypique.
Celui d’une femme qui malgré un départ plus que chaotique dans la vie a su relever la tête.
Adoptée à l’âge de deux ans, elle partage avec nous sa quête d’identité en partie à travers des écrits produits pendant sa psychanalyse.
L’histoire d’une femme qui a cherché envers et contre tout à corriger les erreurs dangereuses d’un système de santé incohérent et dominant, pour qui ses problèmes de santé n’étaient qu’une conséquence de l’adoption.
Dans ce livre, l’auteur a réfléchi, cherché, interrogé, expérimenté…. pour se sortir de la souffrance tant psychique que physique.
Ce qui pouvait commencer par un doute s’est peu à peu et à force de recherches, recoupements, interrogations, expériences diverses….transformé en quasi certitudes…certitudes toujours balayées par une caste médicale qui pense qu’elle détient le savoir absolu.
La citation de Gandhi « Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde » prend toute sa dimension dans ce livre.
Comme elle le dit elle-même, il est possible que vous qui souffrez de différents troubles, vous trouviez dans ces pages l’impulsion vers une prise en main différente de votre santé et donc de votre destin.
Émouvant et porteur d'espoir pour tous les malades chroniques de toutes sortes que nous sommes.
Et ce livre va même au-delà !
21.05.2010 :Je me sens seule d'immensité, d'air pur, de solitude humaine. Bien trop longtemps que je n'ai pas communié avec mes amis, la terre, l'eau, l'air. Ils me manquent réellement. Réussir à ne se sentir qu'un avec eux, je vous assure que c'est reposant. Un repos que l'on obtient jamais du sommeil. C'est peut-être cela, la paix réelle. Chaque fois que j'ai eu la chance de vivre dans cette paix sans humain, je me sentais comme une unité. Pour une fois, j'étais quelqu'un.J'ai peur que toute ma vie passe sans que je sache réellement à qui elle appartient. Je voudrais au moins naître avant de dépérir. Suis-je celle que tout le monde croit et veut me faire croire ? Tout ceci n'est qu'apparence, un rôle tout au mieux. Je dois sans cesse faire semblant qu'autrui ne m'ennuie pas, ne m'agace pas, ne m'irrite pas... Sans cesse faire des politesses alors que je n'ai même pas envie de les voir. Ils empiètent forcément sur mon espace vital. Celle qui réagit le mieux envers ce besoin est ma fille. Elle connaît bien mon besoin fluctuant de distance avec les autres. Hélas, même avec elle j'ai besoin de cet espace. Sur ce point je n'ai pas changé, toute petite je ne voulais pas que l'on s'approche de moi et encore moins que l'on me touche. J'avais peur des élans de tendresse. Au lycée je refusais de faire la bise aux autres élèves. Mon espace vital !!!Traitez moi donc de sauvage si cela vous amuse, du moment que vous ne me touchiez pas. Je voudrais avoir une sphère impénétrable autour de moi. Le message serait juste « Ne me touchez pas ». En ce moment, je pourrais même ajouter « Et ne me parlez même pas !!! ». Le silence total plutôt introuvable ici, celui que j'ai connu en Norvège me manque, c'est de cela dont j'aurais besoin, les grands espaces de déserts blancs, rudes, inhospitaliers. Se sentir tout petit, si petit… juste une infime partie de l'univers, presque inexistante… Ne pas exister donc ne pas souffrir, se sentir comme avalée, aspirée par le sol et en même temps avoir les ailes qui poussent et survoler cet espace merveilleusement désolant. Être rien mais partout à la fois.Enfin être !!! Qui suis-je? Face aux êtres humains, j'ai une histoire et mon identité se rattache à celle-ci, mais aux yeux de l'univers, je ne suis rien et cela me rassure. Lorsque l'on est rien on ne peut pas disparaître. L'image qu'ils ont de moi va mourir avec le temps, mais je serai toujours une partie infime de l'univers. À mes yeux, je ne serai rien de moins que maintenant. J'y gagnerai peut-être... 22.05.2010 :Cette nuit j'ai rencontré Freud, il avait vieilli, un peu grossi, et surtout ne portait plus la barbe. Le rendez vous n'était ni professionnel, ni amical, mais mes psys étaient là et lui vouaient un grand respect, et par mimétisme moi aussi. Il m'a semblé fatigué et bien peu sûr de lui. Je ne me souviens pas ce que nous nous racontions lorsqu'un infirmier est venu me dire que je ne pouvais plus manger ce que je voulais, une maladie genre diabète. Cela ne m'a même pas fait sourciller et je suis partie à pied sans but précis.J'ai toujours aimé marcher la nuit, sans but. Bien-sûr, parfois j'avais peur, lorsque je passais devant un cimetière. Je n'avais absolument pas peur de rencontrer une bande d'êtres humains mal intentionnés. Mais, mes hallucinations pouvaient me pétrifier. Elles étaient bien plus réelles que l'éventualité d'une mauvaise rencontre. Et combien même, si j'étais tombée sur des fous, j'étais pire qu'eux, et je crois bien que très vite, ils auraient eu peur de moi. Mes hallucinations faisaient partie d'un ordre supérieur, bien plus inquiétant. Elles étaient capables de me hanter jour et nuit. Sans cesse, elles me surveillaient et me donnaient des ordres sur ma conduite. Je savais, depuis longtemps, que chercher de l'aide chez les humains m'aurait mené vers la souffrance éternelle. Ma première obligation était de ne pas me faire remarquer. Je devais m'adapter au mieux. Ne pas leur parler de ce monde inquiétant. M'adapter et donc faire semblant, jusqu'à ce que j'obtienne mon droit à une deuxième chance, de vivre la vie réelle.La vie réelle, je l'ai vécue par courts épisodes lorsque j'étais en harmonie avec les éléments. À Groix d'abord, et ensuite en Norvège dans ces étendues de blanc. Entendre ce silence profond, rien pour m'empêcher d'écouter la terre. La terre était mon amie, je n'avais jamais été embêtée par mes hallucinations dans ce genre d'endroit. Là, je sais qui je suis, je suis tout et rien à la fois. Une douce sensation de complétude. Je suis le froid de la glace et la chaleur du soleil, le léger souffle du vent et le silence des grandeurs. Je ne suis plus ce que je dois être, je ne suis que ce que je suis, c'est à dire pas grand chose. Je ne connais aucune réalité, même pas la mienne. Je ne peux même pas faire confiance à l'instant présent. En effet mon cerveau ne déforme t-il pas sans cesse ce qui se passe ? Les dires des gens me laissent dubitative car me disent-ils au moins leur réalité, leur vérité ? Sans doute que certains pensent le faire mais nombreux sont ceux qui ne le font pas par choix ou obligation. On vit dans le mensonge et en plus ma réalité n'est pas stable. Mon monde intérieur par contre ne faillit jamais, il est toujours fidèle à lui même. Une continuité rassurante !!! 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 août 2012
Nombre de lectures 2
EAN13 9782954271118
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0150€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pour quela roue tourne au nom du père
L'histoire d'une hypersensibilité
Gwénola LeDref
© 2012 ISBN:978-2-9542711-1-8
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Prologue
Table des matières
Tentative d'adaptation
Le besoin de savoir
Le changement
L'éclaircie
Mon propre médecin
Mon idée sur ma santé
Annexes
La cerise sur le gâteau
PPrologue
Depuis l’enfance, je soulage mon esprit, en figeant ce qui s’y passe Pans l’écriture. Je trouve Pommage P’avoir toujours brûlé mes écrits lorsque j’étais enfant, par peur que quelqu’un ne Pécouvre le contenu. ar contre, j’ai conservé tout ce que j’ai pu écrire les Pix Pernières années, en granPe partie grâce à ma psychanalyste, garPienne Pe mes écrits. Je ne vous raconte pas toute la vérité, Pe toute façon le but n’est pas P’écrire un pavémais je ne vous Pis que la vérité, Pans tous les cas ce qui me semble l’être. Ce livre se veut être entre le récit autobiographique et le journal intime, plutôt très intime. Je vous invite Pans le monPe Pans lequel je vis afin Pe partager ma vision Pe celui-ci. Je n’ai absolument pas retouché (hormis faute P’orthographe) les textes que j’ai écrit auparavant, pour préserver l’authenticité (les textes ayant été écrits avant même la Pécision P’écrire ce livre sont en italique). Cetteœuvre autobiographique n’est pas Pans un orPre chronologique afin Pe tenter Pe vous faire vivre le cheminement tel que je l’ai vécu. J’espère que cela n’enlèvera en rien la clarté Pe l’histoire.
TTentatived’adaptation
Faut-il que je me souvienne ? Que je ramène à ma mémoire mon passé, afin de dénouer les conflits internes faisant obstacles à mon bien être. Trop de choses me sont devenues ingérables, peut-être que tous ces médecins ont raison, c’est la tête ! 05.11.2001 : Hier, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai appelé la psy que Marion m’a recommandée. Je n’ai plus le choix, je suis trop énervée depuis plusieurs mois, il faut que je demande de l’aide. La démarche n’est pas facile ; je n’ai absolument pas envie d’avouer mon besoin d’aide et donc ma faiblesse. Depuis cet été, je suis revenue vivre sur Lorient avec Vidar et Aïna. Vidar pense sans doute que c’est le plus adéquat pour notre famille. Je n’aime pas beaucoup l’idée de vivre dans la même ville que mes parents, mais Vidar est loin de chez lui, et je ne veux pas lui compliquer la tâche, surtout que nos relations sont déjà bien tendues. Aïna continue de dormir très peu, cela m’épuise et me rend super nerveuse. Ma relation avec Vidar se dégrade de plus en plus. Il commence à parler de rentrer en Norvège et cela a le pouvoir de me mettre dans un état de désarroi total ; je ne peux supporter l’idée que ma fille puisse vivre sans son père, moi qui ai tant souffert de ne pas connaître le mien. Il faut que je change si je veux que notre famille reste ensemble. La loi Veil (loi autorisant l’avortement) est passée cinq ans après ma naissance. Il est évident que je n’aurais jamais vu le jour si mon histoire avait commencée plus tard. Je suis née au printemps 1970, j’étais si frêle que j’ai été immédiatement admise en couveuse à l’hôpital Chubert, à Vannes. Le premier mois de ma vie a donc été, on s’en doute, un mois de solitude. Ma mère avait choisi de m’appeler Karine. Elle avait perdu sa propre mère lorsqu’elle avait douze ans, et avait dû fréquenter les foyers du service social à l’enfance. C’est d’ailleurs cette administration qui lui avait trouvé ce travail à Jersey. Ils l’ont très vite ramenée en France lorsqu’ils ont appris la grossesse. Avant que je n’atteigne mon premier anniversaire, ma mère dépassée, m’a placée temporairement à la DDASS, puis j’ai été accueillie par un couple de Vannes. Au début, ma mère venait régulièrement me voir, puis de moins en moins. Elle a fini par demander mon
immatriculation en tant que pupille de l’état. La procédure d’adoption allait être lancée. Le couple, chez qui je vivais depuis une année, se sentait trop âgé pour s’occuper à long terme d’une gamine de mon âge, et c’est ainsi qu’à deux ans passés, je suis arrivée dans cette famille à l’île de Groix. Je connais bien l’histoire de mes débuts de vie, pour l’avoir réclamée au moins mille fois à ma mère adoptive lorsque j’étais enfant. Ma mère biologique travaillait à Jersey et mon père était un norvégien, de passage sur l’île sans doute. Ma mère était fragile et n’avait pas de travail, et par amour, avait pris la décision que je serais mieux dans une autre famille. Chaque soir je devais prier pour elle, pour la remercier de m’avoir mise au monde. À deux ans, j’avais les cheveux très blonds et courts, de jolis yeux bleus, des pommettes bien rondes et saillantes, très facilement rougies par les émotions, une vraie bouille de scandinave. Je partageais la chambre côté mer avec mon grand frère, mon aîné de trois ans, un beau garçon, très brun, très mat, les yeux très foncés. Nos différences attiraient les interrogations et la DDASS avait bien pensé qu’il serait préférable d’éviter une si grande différence physique, mais j’avais déjà deux ans et le choix était donc limité. À deux ans, j’étais déjà « vieille » pour l’adoption . J’avais donc de la chance d’être adoptée, une phrase que j’allais entendre presque aussi souvent que l’histoire de mon début de vie que je réclamais. Quelle chanceuse j’étais quand même, la chance d’être née puis la chance d’être adoptée. C’est vrai qu’on ne pouvait pas rêver mieux comme entrée dans la vie ! Autant au collège je m’en sortais bien, que le lycée a été un calvaire. J’ai tout fait en double pour ne même pas réussir à décrocher le bac. Il faut dire que je n’avais pas été orientée comme je l’aurais souhaité. J’aurais aimé étudier la biochimie, comme mon frère, mais au moment de mon redoublement de la seconde, le conseiller d’orientation a insisté pour que je redouble en seconde générale, pour intégrer une série S ensuite. À l’époque, on ne voyait que par les séries scientifiques, et au vue de mes notes de collège et malgré des appréciations catastrophiques, j’ai dû me plier à sa volonté. Je ne réussissais bien que la biologie et la chimie, et j’étais vraiment nulle en mathématiques, surtout en géométrie. Je ne me plaisais pas en ville et je ne m’étais pas vraiment adaptée à cette nouvelle vie. Bien que j’étais appréciée, on me traitait de sauvage ou même carrément « d’à moitié folle ». Moi, je ne rêvais que de Groix. Lorsque j’ai eu vingt ans, mes parents ont vendu la maison et cela a été un vrai coup dur pour moi et mon frère. Ma sœur, qui n’avait que douze ans quand nous sommes partis, n’a pas pris la chose de la même manière. Encore une fois je perdais mes repères. Première quinzaine de novembre 2002 (32 ans) : Toute petite, je pensais que je devais être un garçon. Était-ce par choix ou par obligation ? C’est encore un souvenir très flou, très ambigu. Comme si l’on m’y obligeait mais aussi comme si je le souhaitais, et que le côté masculin s’était retourné contre ma féminité. Je n’ai jamais aimé les femmes et je n’ai donc jamais voulu m’identifier à une seule d’entre elles. Je ne pouvais pas être une femme, cet être bête et méchant. Moi, j’étais
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