Sous la ceinture : Unis pour vaincre la culture du viol
98 pages
Français

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Sous la ceinture : Unis pour vaincre la culture du viol , livre ebook

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Description

Ce livre donne la parole à des gens qui ne se prononcent pas d’emblée sur la culture du viol. Des femmes et des hommes qui ne montent pas nécessairement aux barricades pour énoncer leurs points de vue. Montre que cette insidieuse menace peut se cacher dans un petit coin et qu’il est facile de ne pas la voir. Expose la fréquence et l’abondance des comportements qui contribuent à la perpétuation de ce rapport de force malsain.

Parce que « qui ne dit mot consent », nous avons voulu dire, crier, hurler le sujet. Le mettre en mots, en images, en idées, en points d’interrogation.

Pour ouvrir une porte aux dialogues.
De nombreuses raisons ont motivé la création de ce recueil traitant du sujet lourd et délicat qu’est la culture du viol.
Depuis plusieurs mois, je cherche mon air chaque fois que j’écoute un bulletin de nouvelles, que je lis un journal, que je navigue dans les médias sociaux. Depuis plusieurs, plusieurs – trop de – mois, je me dis que ça suffit, qu’il faut que ça cesse, qu’on doit renverser la vapeur et vite. Qu’on a atteint une limite. Qu’il y a déjà eu trop de victimes.
Je me dis que je ne suis pas la seule. J’entends que je ne suis pas la seule. Je vois que je ne suis pas la seule. On a les nerfs sociaux à vif.
Indigestion collective. Essoufflement partagé.
Malgré des heures de réflexion et plusieurs centaines de mots écrits puis effacés, il n’y en a qu’un qui me revienne en tête pour exprimer clairement ce que je ressens devant cette culture qui normalise l’inconcevable.
Un mot appris des Inuits. Taima.
Taima. Suffit. Fin. Assez. Stop.
Parce que le silence est encore d’or.
Taima.
(...)
J’ai eu envie de dire, justement. De crier. De hurler le sujet. De permettre à d’autres de le mettre en mots, en images, en idées, en points d’interrogation. D’arrêter de consentir à cette culture du viol de par mon silence, ce silence collectif dans lequel on s’enlise depuis trop longtemps.
Avec ce livre, j’ai voulu donner la parole à des gens qui ne se prononcent pas d’emblée sur la culture du viol. Des femmes et des hommes qui ne montent pas nécessairement aux barricades pour énoncer leurs points de vue. Montrer que ce phénomène peut se cacher dans un petit coin et qu’il est facile de ne pas le voir. Présenter des avis variés. Donner une voix différente aux histoires, aux aveux, aux idées. Exposer la fréquence et l’abondance de ces comportements.
Ouvrir une porte au dialogue.
Parce que c’est le point de départ pour en arriver à déconstruire cette culture où l’agression sexuelle – peu importe sa forme – est tolérée, cachée, tue. Où le principe du consentement passe inaperçu. Où on se contorsionne habilement entre les minces frontières qui séparent désir ardent, pulsions sexuelles et agressions.
Amorcer une conversation. Permettre une réflexion.
Hausser le ton.
Mettre un frein à l’acceptation traditionnelle.
Retrouver mon souffle. Notre souffle.
Taima.
Nancy B.-Pilon
Montréal, août 2016

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 octobre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782764432518
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0550€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Projet dirigé par Myriam Caron Belzile, éditrice

Conception graphique : Nathalie Caron
Mise en pages : Nicolas Ménard
Révision linguistique : Martin Duclos et Chantale Landry
Conversion en ePub : Marylène Plante-Germain

Québec Amérique
329, rue de la Commune Ouest, 3 e étage
Montréal (Québec) H2Y 2E1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. L’an dernier, le Conseil a investi 157 millions de dollars pour mettre de l’art dans la vie des Canadiennes et des Canadiens de tout le pays.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.



Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Vedette principale au titre :
Sous la ceinture : unis pour vaincre la culture du viol
ISBN 978-2-7644-3203-7 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-3250-1 (PDF)
ISBN 978-2-7644-3251-8 (ePub)
1. Viol–Anthologies. 2. Viol–Prévention–Anthologies. I. B.-Pilon, Nancy
HV6558.S58 2016 362.883 C2016-941425-6

Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2016
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives du Canada, 2016

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés

© Éditions Québec Amérique inc., 2016.
quebec-amerique.com




À la mémoire de Lisa Kritik (2 juillet 2001–12 mai 2016)
Ton sourire est dans mon porte-monnaie et je le sortirai lors des jours de pluie.

Avant-propos
De nombreuses raisons ont motivé la création de ce recueil traitant du sujet lourd et délicat qu’est la culture du viol.
Depuis plusieurs mois, je cherche mon air chaque fois que j’écoute un bulletin de nouvelles, que je lis un journal, que je navigue dans les médias sociaux. Depuis plusieurs, plusieurs – trop de – mois, je me dis que ça suffit, qu’il faut que ça cesse, qu’on doit renverser la vapeur et vite. Qu’on a atteint une limite. Qu’il y a déjà eu trop de victimes.
Je me dis que je ne suis pas la seule. J’entends que je ne suis pas la seule. Je vois que je ne suis pas la seule.
On a les nerfs sociaux à vif.
Indigestion collective. Essoufflement partagé.
Malgré des heures de réflexion et plusieurs centaines de mots écrits puis effacés, il n’y en a qu’un qui me revienne en tête pour exprimer clairement ce que je ressens devant cette culture qui normalise l’inconcevable. Un mot appris des Inuits. Taima.
Taima. Suffit. Fin. Assez. Stop.
Parce que le silence est encore d’or.
Taima.
#AgressionNonDénoncée. Brock Turner. Marcel Aubut. Claude Jutra. Bill Cosby. Le viol comme arme de guerre. Les agressions contre les femmes autochtones. Trop d’amies à qui c’est arrivé.
Taima.
Le trafic d’êtres humains. La prostitution de mineurs. Les humains-objets. Les femmes-choses.
Taima.
La responsabilisation des victimes. Les couvre-toi-cache-toi-ne-porte-pas-ça-tu-l’as-cherché-t’étais-habillée-pour-te-faire-violer.
Taima.
Les mains sous une jupe au coin de la rue. Les commentaires grivois. Les gestes-indécents-qu’on-fait-en-riant-mais-non-c’est-une-blague-ah-on-ne-peut-plus-rien-dire.
Taima.
Elle veut sûrement de l’attention, quelle-féministe-revancharde-à-l’esprit-fermé-qui-ne-comprend-pas-que-la-sexualité-des-gens-c’est-du-domaine-privé.
Taima.
Le manque d’éducation sexuelle. L’excuse facile qu’on donne aux garçons : c’est-pas-de-leur-faute-c’est-les-hormones.
Taima.
Le déni. Le silence. Les yeux qui regardent partout ailleurs, qui se ferment, je-sais-pas-j’étais-pas-là-j’ai-rien-vu.
Taima.
Qui ne dit mot consent.
J’ai eu envie de dire, justement. De crier. De hurler le sujet. De permettre à d’autres de le mettre en mots, en images, en idées, en points d’interrogation. D’arrêter de consentir à cette culture du viol de par mon silence, ce silence collectif dans lequel on s’enlise depuis trop longtemps.
Avec ce livre, j’ai voulu donner la parole à des gens qui ne se prononcent pas d’emblée sur la culture du viol. Des femmes et des hommes qui ne montent pas nécessairement aux barricades pour énoncer leurs points de vue. Montrer que ce phénomène peut se cacher dans un petit coin et qu’il est facile de ne pas le voir. Présenter des avis variés. Donner une voix différente aux histoires, aux aveux, aux idées. Exposer la fréquence et l’abondance de ces comportements.
Ouvrir une porte au dialogue.
Parce que c’est le point de départ pour en arriver à déconstruire cette culture où l’agression sexuelle – peu importe sa forme – est tolérée, cachée, tue. Où le principe du consentement passe inaperçu. Où on se contorsionne habilement entre les minces frontières qui séparent désir ardent, pulsions sexuelles et agressions.
Amorcer une conversation. Permettre une réflexion. Hausser le ton.
Mettre un frein à l’acceptation traditionnelle.
Retrouver mon souffle. Notre souffle.
Taima.
Nancy B.-Pilon Montréal, août 2016

Préface
AURÉLIE LANCTÔT ET KORIASS
J’avais convié à une discussion à bâtons rompus un homme, une femme, deux personnes aux idées fortes. Chacun à nos claviers, les salutations d’usage passées, nous étions prêts à entrer dans le vif du sujet. La culture du viol. Des mots durs, mais qui s’inscrivent dans la réalité, et doivent être dits pour ne plus être tus .
Nancy : Internet déborde de forums de témoignages de gens qui se demandent s’ils n’ont pas été victimes d’abus, d’agression ou de viol. J’en ai consulté quelques-uns lors de la phase de recherche pour la création de ce recueil. Parmi les récits, celui d’une jeune fille de 15 ans qui avait invité son copain à dormir dans son lit. Pendant la nuit, le garçon s’est mis à la caresser et n’écoutait pas ses refus, l’encourageant à se laisser aller… Devant le manque d’écoute de son copain elle n’a rien dit et s’est laissée faire.
Sur le forum, une dame lui répond ceci : « Mais pourquoi tu l’as invité à dormir dans ton lit si tu voulais pas coucher avec ? »
Votre réaction ?
Koriass : Ma réaction en lisant cette histoire est la même qu’à chaque fois que j’entends des histoires du genre. Je suis dégoûté, exaspéré, mais je ne suis pas surpris.
Depuis que j’ai fait mon coming out féministe, j’ai reçu beaucoup de messages de filles via ma page Facebook. On parle de centaines. Des appels à l’aide. Des récits détaillés d’agressions sexuelles. Des copains qui vont trop loin. Des oncles aux mains baladeuses. Des collègues qui tripotent, manipulent, insistent, finissent par avoir ce qu’ils veulent. De filles qui cèdent. Céder n’est pas consentir, est ** de câl ***. De filles qui se font mettre la faute sur le dos, encore et encore. De filles qui se font dire « habille-toé autrement pis ça arrivera pas ». De filles qui se font dire par leurs amiEs, leurs frères et sœurs, par leurs PARENTS, que c’est pas une agression si c’est ton chum. Que c’est pas une agression si t’as dit oui au début. Que c’est pas un viol si t’as déjà couché avec. De filles qui se font harceler par des clients réguliers à leur job. Qui reviennent après les heures de fermeture. Qui demandent si y’a des caméras. Qui essaient d’embrasser, de toucher, de tâter, malgré le refus, malgré le silence. De filles qui me disent qu’elles auraient aimé venir voir mon spectacle. Mais qu’elles ne viendront pas, finalement. Parce que le gars va être là. Celui qui a fait l’indicible. Et qu’elles ont trop peur de lui. De filles tannées, incomprises, brimées, blessées, traumatisées, qui ont du mal à reprendre un rythme de vie sain, du mal à vivre ou revivre une sexualité épanouie. De filles qui ont recours à la boulimie, à l’automutilation, à la chirurgie, à la malbouffe, aux drogues dures, pour tuer ce sentiment de merde qui s’est fait une maison douillette dans le creux de leur ventre, depuis qu’on leur a enlev&

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