un amour adamantin
115 pages
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un amour adamantin , livre ebook

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Description

C'est l'histoire de Patxi, l'"adamantin", un tailleur de diamant qui, comme cette pierre infrangible, ne lâche jamais rien et ne renonce pas. Ce basque, meurtri par un mensonge sur ses origines et éprouvé par la vie, va faire appel aux nouvelles technologies pour être aidé dans ses difficultés existentielles : il va rechercher son ADN, recourir, en Inde, à la procréation médicalement assistée pour avoir un enfant de sa femme trop âgée, inventer avec son ami Iban qui travaille aux pompes funèbres à Cambo-les Bains, un dispositif d'intelligence artificielle pour communiquer avec ses morts. Mais le remède est peut-être pire que le mal…
Elle aussi éprouve le désir d'un pacte qui signe son entrée dans sa deuxième vie, elle rêve d'un viaduc qui la conduise loin, loin des ruines accumulées du passé, au bras d'une énergie robuste qui l'accompagne tout au long du chemin. Et puis leur différence d'âge, tous les deux, les chatouille et les galvanise. C'est, en somme, une affirmation identitaire, une révolte contre les normes de la bienséance sociale, c'est aussi une gageure qu'il faut soutenir et qui les tient, devant les autres qui se moquent. C'est aussi, pour Patxi, une condition de son engagement, il ne veut à aucun prix épouser une sœur. De toute façon, il adore qu'elle soit un peu âgée, sa peau est soyeuse, un peu flasque par endroits et ses seins tombants l'émeuvent, les marques de l'âge lui rappellent constamment la fuite du temps et la nécessité de profiter de chaque instant. Avec une jeune, je n'aurais pas tout cela, je l'adore et elle m'adore…Et sa jeunesse à lui, une jeunesse pour deux, en devient plus précieuse " Retiens la nuit/ Mon amour qu'elle devienne éternelle".

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 août 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782379790560
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Bernadette Roussille
Un amour adamantin
EAN 9782379790560
© Août 2019
Bernadette Roussille


Du même auteur
Enfin tout de même !
Iggybook, 2018
Et la lune est venue les prendre Iggybook, 2018


« Je suis né troué
Il souffle un vent terrible . »
Henri Michaux


La bague
« Allez, on y va, courage, tu dois te rendre sur place ! ». Elle s’était jurée de ne pas revenir avant longtemps dans sa maison de campagne. Cet endroit qu’elle avait adoré était devenu le symbole de la Trahison conjugale et elle l’avait repoussé dans l’arrière-monde du mal absolu. Mais cette fois, il fallait y aller, une partie de la toiture, sur la chambre à donner, s’était effondrée. Bernadette, sa fille aînée avait accepté de l’accompagner .
C’ était la fin de l’été, la saison magique où les paysages pyrénéens commencent à prendre des couleurs de feu. La maison n’avait pas changé, coquette et fière, murs blancs et volets rouges, assise sur le monticule de verdure qui fait face, loin, au cirque des montagnes. Précédée de sa fille qui ouvrit les portes et les volets avec de petits cris, Virginie parcourut du regard et du nez l’espace et les objets. Les murs l’avaient tranquillement attendue dans l’humidité et les toiles d’araignée, depuis l’automne funeste de l’annonce mortelle qui avait été faite là, dans la cuisine, « Oui, j’ai une autre femme, je pars. Merci pour tout ». Après des années de mensonges et d’hypocrisies.
Elle avisa, sur les deux commodes du salon, les photos en pêle-mêle, les cadres insolents qui présentaient tranquillement les vacances d’été des enfants avec les cousins, les grands-parents, et le Traitre, en noir et blanc, portant une enfant sur ses épaules, comme Saint Christophe le Christ. Cette photo-là, elle la retourna immédiatement. Le reste de la maison portait la marque de tous ceux qui étaient passés en son absence, jouets d’enfants, sacs de sport, nouveaux dessus de lits, un poster de Handicap international… Elle ouvrait les portes et les refermait tout aussi vite. Un grand moment d’émotion eut lieu dans la chambre bleue, celle d’Elie, tapissée de posters de la Rhune et de surfeurs de la baie d’Hendaye. Elle était sombre et n’avait pas été occupée depuis l’abominable accident de la foudre qui avait tué ce merveilleux garçon qu’ils avaient adopté, Gérald et elle, vingt ans auparavant. Virginie serra les yeux et les lèvres et quitta la pièce. Décidément, cette maison n’était que vide et deuil.
La nuit, dans le grand lit où, pour la première fois - du moins elle le crut -, elle coucha toute seule, elle fut prise d’une poussée de pleurs nés d’une source très proche qui la laissèrent hoquetante et recouverte d’une pellicule salée. C’était la pleine lune, elle n’avait pas baissé les stores, les lumières des « bentas » 1 , au sommet de la Rhune, scintillaient doucement. Le vent de l’Ouest se mit à souffler très fort, l’embarquant dans des rêves tumultueux, les flots de l’océan l’entra î naient vers le fond…
Le matin, elle se doucha et passa un long moment à s’ausculter, devant la grande glace de la salle de bains. Elle se trouvait une allure adolescente, petite, bien proportionnée, mince, un peu trop de cellulite sur les cuisses, mais des fesses pas trop molles et des seins qui tenaient vraiment bien. Pas mal pour plus de cinquante ans. Sa chevelure, une crinière ondulée jusqu’au cou lui donnait un air doux et romantique. Il faut que je la garde blonde pour qu’on ne voie pas mes cheveux blancs. Mais pendant qu’elle s’habillait, elle fut rejointe par l’humeur de la nuit. Elle ne pouvait le nier, c’est l’amertume qui dirige ma vie, je m’agite, je fais semblant, les gens me croient sauvée, mais je suis toujours sous le regard du passé, prisonnière du temps d’avant, dans mon rêve d’amour éternel. Elle se laissa tomber dans le gros fauteuil crapaud de Gérald, qu’elle détestait et ferma les yeux, au bord des larmes.
Les jours qui suivirent furent singuliers. Bernadette était finalement ravie de retrouver la maison, Virginie s’y mouvait avec indifférence, comme si elle était venue en invitée. À certains moments, prise d’une frénésie nettoyeuse, elle s’acharnait sur les meubles et les vitres, pestant contre la poussière, les moisissures, le salpêtre, traquant les araignées et actionnant la tapette contre les milliers de mouches.
Le jugement de divorce avait attribué à Virginie la jouissance des deux lieux de vie, l’appartement de Paris et la maison de Souraïde. Elle s’était pleinement réapproprié le logement de Paris qu’elle avait réaménagé de fond en comble - Gérald y ayant imposé pendant trente ans son style très vieille France - et transformé en colocation. Mais, pour Souraïde - et cependant le pays basque était son pays d’origine à elle -, elle n’avait aucune espèce d’énergie, aucun désir, que de la tristesse. Il fallait, arriver, ici aussi, à réamorcer le temps . Et c’était très dur…
La veille de son retour à Paris - Bernadette était déjà repartie - Virginie, trifouillant dans un tiroir de sa table de nuit, aperç ut un gros anneau, perdu au milieu des mouchoirs et des papiers, tout esseulé et affamé, un petit animal abandonné : son alliance. Elle l’avait oubliée. Le bijou était large comme une bague à placer sur la patte d’un oiseau (l’oiseau à garder, à l’époque, c’était elle… ou lui.) et ne s’ajustait plus à aucun doigt, tellement elle avait maigri. Trente ans de vie commune ! Et lui, parti avec une jeunesse ! Elle la fit rouler comme un petit pneu, elle tomba par terre, dérisoire, grotesque. Elle n’allait pas la jeter tout de même ! Elle se mit à tapoter sur Google. Associant les deux mots alliance et divorce, elle reçut de multiples conseils. Il y avait plein de possibilités : rendre l’alliance ; la revendre ; la donner à une œuvre caritative ; la remplacer par une bague de divorce (« divorce ring », très à la mode aux É tats-Unis) ; ou même enterrer son divorce dans un petit cercueil au cours d’une « divorce party » à laquelle convier tous les invités encore vivants du mariage…. Ridicule. Puis sur l’écran apparut une publicité : « Alliance borroméenne ».
Borromée, ce mot remonte lentement à la surface, elle le roule dans sa bouche, elle est au bord de quelque chose, au bord du Lac majeur, en Italie. Elle y a passé quelques jours, l’été dernier, encore assommée par la trahison de Gérald. Oui, elle a bien aimé, près de Baveno, l’ile Borromée. Partout y figuraient l’ombre et le blason de la fameuse lignée italienne : trois anneaux symbolisant l’alliance de trois grandes familles, les Borromées, les Sforza et les Visconti, trois cercles disposés de manière à ce que chacun soit au-dessus d’un autre et au-dessous du troisième. « Si vous en enlevez un, les autres s’en vont, ils sont attachés mais indépendants. Leur devise : Tous pour un et un pour tous ». Le commentateur avait enchainé sur la richesse symbolique du nœud : la Trinité chez les chrétiens, l’infini du temps chez les Scandinaves - le Valknut, passé, présent, avenir -, le Triskèle chez les Celtes - soleil, lune et terre -. Puis, le guide avait évoqué le triangle père/mère/enfant, avant de conclure : « Le rêve pour un bon mariage ».
Elle se met penser à ses trois enfants : Bernadette, Juliette et Elise, maintenant qu’Elie, rejoignant les corbeaux, a été foudroyé sur une falaise. Trois anneaux, trois enfants. Ce qui lui reste. Elle pense à cette phrase de son beau-père, le baron de Certeuil (décidément toujours cette belle-famille…) : « On ne détruit réellement que ce qu’on remplace 2 ». Oui, c’est ça, elle doit détruire l’alliance de Gérald et la remplacer. Détruire Gérald !
Revenant à Google, elle tombe sur le site de Cartier où s’étale toute une collection de bagues Trinity, façonnées en trois brins entrelacés, or jaune, or rose et or blanc. Elle adore. Le lendemain, de bon matin, elle se rend à Biarritz chez le bijoutier de famille, Peyo Arestoy. « Voilà, j’aimerais transformer cette grosse alliance en trois anneaux entrelacés. Comme les Trinity de Cartier ». Elle a apporté quelques dessins, maladroits et confus.
Arestoy appelle un collaborateur. « C’est notre jeune styliste, il est très créatif ». Entre dans la piè

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