Je serai toujours là pour te tuer
64 pages
Français

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Description

Marché conclu. Helen s'est retirée à la campagne où elle se morfond. Elle engage Simon, voyageur au long cours, pour s'offrir une mort de luxe, avec un tueur. Sans souffrir. Lui n'a qu'à rester à ses côtés, la laisser vivre quelque temps puis la tuer, sans prévenir, un jour, avant l'automne. Mais elle flanche. Comment négocier un petit sursis, gagner du temps ? Ce temps, il faut bien l'occuper, discuter en attendant la mort, d'où qu'elle vienne. Jouer à être amie avec son tueur.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2007
Nombre de lectures 244
EAN13 9782336265780
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0059€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

9782296031838
Sommaire
Page de Copyright Page de titre « L’instant théâtral » - Collection dirigée par Luc Dellisse SCÈNE I SCÈNE II SCÈNE III SCÈNE IV SCÈNE V SCÈNE VI SCÈNE VII
Je serai toujours là pour te tuer

Sophie Tonneau
« L’instant théâtral »
Collection dirigée par Luc Dellisse
Cette collection existe depuis février 2005. Elle publie en priorité des textes qui unissent modernité littéraire et sens des situations dramaturgiques. Elle attache une attention particulière aux fables d’aujourd’hui, qui rendent compte de manière stylisée du réel « ici et maintenant ». Elle accueille également des traductions de textes contemporains méconnus et marqués par la vérité scénique.
Déjà parus
Emmanuel SCHAEFFER, Les noceurs , 2007.
Julien GUYOMARD, car ceci est mon vin , 2007
Alain Lulla ILUNGA, Confidences à l’ombre ou Le procès Diallo, 2006
Sophie COURTOIS, Des bulles et des grains , 2006
Arturo RUIBAL, Le joueur de billard , 2006.
Didier VALADEAU, Dichotomes , 2006.
Ludovic HUART, Le vol de l ’ hirondelle , 2006.
Michèle LAURENCE, Après une si longue nuit , 2006.
Jacques ALBERT, Dieu t’aime , 2006.
Regis MOULU, Tout recommencer sur Titan , 2006
Alberto LOMBARDO, Les femmes ont-elles une âme ? , 2006.
Bernard H. RONGIER, Exactitude du malheur , 2006.
Marc-Michel GEORGES, Sur liste rouge , 2006.
Federico BENINCASA, La ménagerie déconcertée , 2005.
Marc DELARUELLE, Manque un cœur, Madame T ! , 2005.
Pierre-Dominique PARENT, La Caisse , 2005.
Régis MOULU, Garder son élan, jeter son couteau , 2005.
Pierre TAMINIAUX, Le bord , 2005.
SCÈNE I
Une maison à la campagne. Une femme assise attend, l’air sombre. On frappe à la porte .
FEMME - Entrez !
Un homme entre, portant un sac de voyage, visiblement l’habitude de vivre dehors.
HOMME - Bonjour.
FEMME - Vous êtes en retard.
HOMME - Ah bon ? Quelle heure est-il ?
FEMME - L’heure n’a pas d’importance. Pourquoi avez-vous mis si longtemps à venir ?
HOMME - Je suis venu à pied.
FEMME - Eh bien, vous marchez trop lentement.
HOMME - J’ai eu quelques difficultés à trouver.
FEMME - Vous n’avez pas le sens de l’orientation. C’est un mauvais point.
HOMME - Et puis je ne suis pas en retard.
FEMME - Allons bon ! Vous n’êtes pas en retard ?
HOMME - Non. Vous m’aviez dit de me présenter dans l’après-midi, et non à midi. Il est quatre heures, nous sommes toujours dans l’après-midi, donc je ne suis pas en retard.
FEMME - Très mauvais point.
HOMME - Pourquoi ?
FEMME - Si je dis que vous êtes en retard, vous êtes en retard. Ce n’est pas à discuter. Je vous ai attendu donc vous êtes en retard !
HOMME - Je vois.
FEMME - Tant mieux. Quel est votre nom ?
HOMME - Simon Gilbert.
FEMME - C’est faux.
HOMME - Pardon ?
FEMME - Vous savez bien que vous ne vous appelez pas Simon Gilbert. Quel nom ridicule !
HOMME - Je ne vous permets pas d’insulter mon nom.
FEMME - C’est vous qui l’avez choisi ?
HOMME - Non.
FEMME - Alors, qu’est-ce que ça peut vous faire ? De toute façon ce n’est pas votre nom.
HOMME - Si ce n’est pas mon nom, comment est-ce que je m’appelle ?
FEMME - Vous vous appelez Nestor naturellement.
HOMME - Naturellement ! Mais je ne m’appelle pas du tout Nestor !
FEMME - Eh bien maintenant vous vous appelez Nestor, compris ?
HOMME - A vos ordres, chef.
FEMME - Appelez-moi Helen. ( Elle prononce le « h » .) Posez votre sac, personne ne va vous le prendre. Vous pouvez vous asseoir. Vous voulez boire quelque chose ?
HOMME - Oui, je veux bien un verre d’eau.
FEMME - C’est par là. Il y a des glaçons dans le frigo. Vous n’y allez pas ?
HOMME - Ça peut attendre.
FEMME - Comme vous voudrez. Vous savez ce que vous avez à faire ?
HOMME - Pas exactement. Si vous pouviez me donner quelques éclaircissements, ça ne serait pas de refus. L’annonce était plutôt vague.
FEMME - Alors pourquoi avez-vous répondu ? HOMME - Par curiosité sans doute.
FEMME - Parce que vous avez besoin d’argent, aussi.
HOMME - Oui, aussi.
FEMME - J’aime qu’on soit honnête avec moi, sauf quand ce n’est pas nécessaire. HOMME - Et comment savoir quand ce n’est pas nécessaire ?
FEMME - Ça, c’est votre boulot.
HOMME - Bon. Alors je serai honnête au maximum, situant le maximum du mieux que je pourrais.
FEMME - C’est ça, Nestor.
HOMME - Alors que dois-je faire ?
FEMME - Me distraire. HOMME - Ah bon. Et comment puis-je vous distraire s’il vous plaît ?
FEMME - C’est à vous de trouver. Si je savais comment me distraire moi-même, je n’aurais pas besoin de vous. Alors... allez-y, distrayez-moi. ( Blanc où il ne sait pas quoi faire ) C’est nul !
HOMME - Je ne sais pas quoi faire. Je ne suis pas un clown.
FEMME - Qui vous a demandé de faire le clown ? Faites ce que vous voulez, Nestor vous êtes libre.
HOMME - Je ne m’attendais pas à ça.
FEMME - Trop tard pour les regrets, vous vous êtes engagé, maintenant vous irez jusqu’au bout.
HOMME - Pourquoi faites-vous ça ?
FEMME - Ça ne vous regarde pas.
HOMME - Je veux bien ce verre d’eau finalement.
FEMME - Eh bien, servez-vous.
HOMME - Je pensais que j’allais servir d’homme à tout faire à une vieille qu’on abandonne pendant l’été. Je peux bricoler dans la maison, m’occuper du jardin, je peux même faire un peu de lecture, le journal par exemple. Je serais moins gêné si j’avais affaire à une vieille. Je lui apporterais son tricot, je chercherais ses lunettes qu’elle n’arrêterait pas de perdre, je lui déplacerais son fauteuil, je lui mettrais un coussin dans le do

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