Laissez pleurer les chiens
44 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Laissez pleurer les chiens , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
44 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

 Une histoire vraie. Une famille de cirque allemande traverse la période hitlérienne. La société lui rappelle que ses origines tziganes et son itinérance l’empêchent d’être considérée comme faisant partie du peuple aryen dont rêvait Adolf Hitler. Le fils aîné s’engage dans l’armée du Führer, comme subalterne, pour protéger les siens. A la fin des conflits, elle se retrouve face à un drame, beaucoup plus grave à ses yeux qu’une guerre : l’éclatement de la famille. La pièce de Michèle Barbier met en lumière l’âme des gens du voyage, avec leur tendresse, leur humour, leurs valeurs essentielles. Michèle Barbier : Dramaturge, comédienne, auteur-compositeur-interprète, Michèle Barbier a passé plus de trente ans dans le monde du cirque, auxquels elle a déjà consacré trois ouvrages.  Elle a adapté en roman sa pièce « Laissez Pleurer les Chiens », paru aux Editions Wâllada. Passionnée d’histoire, elle est également l’auteur de deux études sur la guerre d’Algérie et d’un livre sur la vie de grands directeurs de cirque pris dans leur contexte historique.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2013
Nombre de lectures 25
EAN13 9782359625202
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Laissez Pleurer les Chiens
Présentation par Gilles Costaz
Histoire de la pièce
GLOSSAIRE
Première partie : avant la guerre
Deuxième partie : après la guerre
Michèle Barbier

Laissez pleurer les chiens
Théâtre

ISBN : 978-2-35962-520-2

Collection Entr’Actes
ISSN : 2109-8697

Dépôt légal septembre 2013

©illustrations de couverture de Jean Camet.
©2013 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. Toute modification interdite.



Éditions Ex Aequo
6 rue des Sybilles
88370 Plombières les bains

www.editions-exaequo.fr
www.exaequoblog.fr
Du même auteur:

Romans :
Le Mythe Borgeaud - Éditions Wâllada
Laissez Pleurer les Chiens - Éditions Wâllada
Tumpie, dite Joséphine Baker - Éditions Alan Sutton (épuisé)
Ces Merveilleux Fous du Cirque - Éditions Alan Sutton (épuisé)
Jacques Chevallier, député-maire d'Alger (La dernière utopie) - Éditions Riveneuve
Place au Cirque - Éditions Riveneuve

Poésie:
Les Chemins d'Errance - Éditions L'Harmattan

Théâtre:
Laissez Pleurer les Chiens - Éditions Ex-Aequo
L'Heure du Biscuit - Éditions Ex-Aequo
Laissez Pleurer les Chiens





Pièce en un acte de
Michèle Barbier




À ma fille, Nathalie










Cette pièce a été créée en 2009, à l'Aire Falguière (Paris), dans une mise en scène de Georges About avec Nicole Koskas (la vieille), Jean Camet (le vieux), Jean-Pierre Bluteau (Beppo) et Michèle Barbier (Alma).
Elle a été reprise au Festival off d'Avignon en 2011 avec Jean Jacquet(le vieux), Kamel Zouaoui (Beppo), Danielle Avoiof (Alma) et Michèle Barbier (la vieille).
Présentation par Gilles Costaz
(extraite de la préface du roman)


« Alors que la passion cloue tant de gens à leur obsession et les empêche de voir le reste du monde, la piste du cirque est, pour Michèle Barbier, un cercle ouvert d’où elle observe, bien au-delà des coulisses, les aventures humaines qui passent, de près ou de loin, par cette circonférence magique et féroce. C’est ainsi qu’elle a connu, mieux que bien des spécialistes de l’histoire de la seconde guerre mondiale, la situation des Tziganes dans l’Allemagne nazie. Elle a, si l’on ose dire, plongé la main dans ce passé caché. Ce qu’elle a entendu est une tragédie méconnue.
Les Gitans continuent à gêner, à déranger, parce qu’ils sont différents. Aujourd’hui, ici et là, à-travers l’Europe, on cherche à les éliminer, à les sédentariser par contrainte ou à les priver de lieux de campement qui leur sont indispensables. Michèle Barbier nous parle donc du présent en nous parlant du passé. Mais avant tout, elle éclaire un point d’histoire laissé obscur, un trou noir dans une décennie où il y a trop de honte. Les tziganes existent dans leur vérité d’êtres fraternels, avec leur cœur battant, leur émotion, leur sensualité, leur génie chaleureux.
Il ne s’agit plus seulement de rendre hommage aux oubliés. Il s’agit de les aimer. »
Gilles Costaz
Journaliste-écrivain
Président du Syndicat Professionnel de la Critique de Théâtre, de Musique et de Danse.
Histoire de la pièce


Le 10 mai 1981, Michèle Barbier a fermé le Cirque Aréna, qu’elle dirigeait avec Adolf Lauenburger. Paris dansait, elle pleurait. Elle a écrit Laissez Pleurer les Chiens, dans une version plus longue, avec plus de personnages. L’aide que lui a accordée à l’époque le Ministère de la Culture n’a pas suffi à monter cette production. Le projet a été abandonné, le Ministère a gardé sa subvention.
Des années plus tard, ne prévoyant plus que quatre personnages, Michèle Barbier a remanié son témoignage vivant de ce que sa belle-famille avait vécu dans l’Allemagne hitlérienne.
Une première présentation a été faite à Paris, en 2010, au Théâtre l’Aire Falguière, dans une mise en scène de Georges About, avec, pour interprètes : Jean Camet, Jean-Pierre Bluteau, Nicole Koskas et l’auteur. Puis, en 2011, c’est dans le cadre du Festival d’Avignon off que l’œuvre a été proposée au public (avec Jean Jacquet, Kamel Zouaoui, Danielle Avoiof et Michèle Barbier).
Situation :


En Allemagne, juste avant et juste après la Deuxième Guerre mondiale. Une famille de Circassiens doit se cacher pendant le conflit à cause de leurs origines tziganes. La paix revenue, elle s’apprête à reprendre le voyage.


Décor :


Un terrain vague près d’une ville, suggérée par ses lumières lointaines. Deux roulottes. Quelques chaises devant un feu. Des cordes où du linge est suspendu.


Personnages :


Alma, la quarantaine
La vieille, la soixantaine
Beppo, la quarantaine, mari d’Alma
Le vieux, la soixantaine, mari de la vieille
GLOSSAIRE


Caoutchouc : Contorsion
Chabos (ou chavoré) : Enfants
Chi so rackan ! : Ne parle pas comme cela !
Condé : Autorisation municipale de jouer dans la ville
Gadjo (fém : gadji ; plur : gadjé) : Sédentaires
Graïes : Chevaux
Guglis : Yeux
Juklo : Chien
Loubis (ou lovés) : De l’argent
Narblo : Fou
Palc , Jouer en palc : jouer sans chapiteau
Raclo : Ouvriers de cirque
Schmits : Gendarmes
Sinto (pluriel : Sintis) : Tziganes originaires du Piémont, artistes de cirque
Verdine : Roulotte
Première partie : avant la guerre
Un campement de gens du voyage


La lumière se lève sur un campement de gens du voyage.
Deux chaises près d’un brasero. Une roulotte. Au fond, les lumières d’un village.
Sur scène, Beppo entretient le feu sous le brasero. Alma met de l’ordre devant sa roulotte, dont la porte est ouverte. Le vieux entre. On entend la voix de Sarah Leander sortir de la caravane. Le vieux fait signe à Alma de sortir le vieux poste de radio. Il s’assied sur les escaliers de la roulotte en actionnant les boutons. La voix de Sarah Leander est suivie de bruits de bottes allemandes. Tous se figent. Puis, voix de Hitler. Entre la vieille. Elle observe le vieux avec ironie. Beppo s’en va en haussant les épaules et Alma entre dans sa caravane.


La vieille : Un seul peuple… Uni et fort… C’est beau, l’espoir. N’est-ce pas, le vieux ?

Le vieux : Être allemand, avec des droits. Être considéré comme les autres…

La vieille : Cela, il ne l’a pas dit. Mais il a raison cet homme ! Il parle bien ! Avec une voix pareille, on se fait dresseur !

Le vieux : La vieille ! Parler ainsi, c’est du péché !

La vieille : Oh, c’était pour rire !


Alma entre dans sa roulotte.


Le vieux : Si l’Allemagne redevient grande, si elle relève la tête après les années de misère et d’humiliations qu’elle vient de traverser, il y aura du pain pour tous. Et de la dignité. Grâce au Führer. Il l’a promis.

La vieille : (dubitative) Oui, il l’a promis ! Et même que, grâce à lui, les porcs vont venir spontanément ramper sous les roulottes pour qu’on les attrape plus facilement. (Elle grimace) Le porc, ça nourrit aussi, je dis pas, ça nourrit… Mais ça protège moins contre la tuberculose que les hérissons.


Beppo s’éloigne.


Le vieux : Tous les hommes vont partir comme soldats. Les nôtres aussi.

La vieille : (surprise) Même les Sintis ?

Le vieux : S’ils deviennent Allemands, ils auront tous les droits. Y compris celui de mourir pour la Patrie.

La vieille : (effarée) Et les femmes ? Et les enfants ? Qui les protégera alors ?

Le vieux : Les soldats. Les hommes des autres. Les raclos.

La vieille : (elle ricane) Oh oui, les soldats ! Ils prennent soin des femmes, c’est prouvé… Et, le temps de la bagatelle passé… Ach, ça renouvelle le sang des peuples !

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents