Le goinfre
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Le goinfre

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Description

On retrouve ici un travail d'écriture théâtrale qui fait référence à Molière pour traiter de la situation française du temps présent. A travers une action et des personnages qui s'inspirent de textes de cet auteur, on se situe dans le contexte de la première crise financière du début du XXI siècle. Le sujet abordé est celui de la dépendance du personnage principal, Marpagon, "le Goingre", patron d'une firme multinationale du secteur de la communication, face à la toute puissance de l'argent.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2009
Nombre de lectures 249
EAN13 9782296691148

Informations légales : prix de location à la page 0,0076€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LE GOINFRE
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-10873-8
EAN : 9782296108738

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Pierre Grou


LE GOINFRE


Pièce en trois actes inspirée par Molière


L’Harmattan
Théâtre des 5 Continents
Collection dirigée par Kazem Shahryari
et Robert Poudérou


Dernières parutions

230 – Robert POUDÉROU, La trappe , 2009.
229 – Ahmed HAFDI, Cette belle poussière jaune d’Uruk, 2009.
228 – Jaime Salazar SAMPAIO, La Bataille Navale , 2009.
227 – Thierry MICHAËLIAN, La manipulation, 2009.
226 – Jacques MONDOLONI, L’étoffe des femmes , 2009.
225 – Pierre CASSARD, Raguse an 01, 2009.
224 – Hugues BERNARD, Nouvel arrivage , 2009.
223 – Benjamin OPPERT, Entre père et maire , 2009.
222 – Essindi MINDJA, Le Mvet : La Guerre du fer, 2009.
221 – Nazly SADEGHI, Spenta , 2009.
220 – Danielle DUMAS, Ce héros au sourire si doux, 2009.
219 – Mohamed BOUNOUARA, La Machine à aigrir, 2009.
218 – Thais COUSIGNE, Pêle-mêle de sentiments, 2008.
217 – Nicolas NERCAM (textes réunis par), Théâtre bengali moderne , Quatre pièces de Dinabandhu Mitra, Rabindranath Tagore, Badal Sircar et Utpal Dutta , 2008.
216 – Jean-Luc JEENER, La tragédie de Gilles de Rais. Pièce en 18 tableaux , 2008.
215 – Henri Michel BOCCARA, Trois pièces closes , 2008.
214 – Carlotta CLERICI, Le Grand Fleuve. Comédie de mœurs en quatre saisons , 2008.
213 – Clément DILI PALAI, Foyer de tensions , 2008.
212 – Solo NIARÉ, La Tirelire de maman , 2008.
211 – Pierre GROU, Les tribulations de Scapin , 2008.
Pierre Grou, ancien Président du Groupe de Théâtre Antique de la Sorbonne, ancien Président de la Fédération Nationale de Théâtre Universitaire, a également été enseignant au Département d’Arts du Spectacle de l’Université de Paris X-Nanterre.
Du même auteur :
- "Chvéïk dans la Mondialisation" (en collaboration avec Anne-Marie Favereau), Editions L’Harmattan 2005.
- "Le Brave Soldat Chvéïk dans la Guerre d’Irak" (en collaboration avec Anne-Marie Favereau). Editions Syllepses 2006.
- "Les Tribulations de Scapin", Editions L’Harmattan 2008.


Je remercie Patrick Bonazza pour le titre et le contenu de son ouvrage "Les Goinfres" (Editions Flammarion, 2007), ainsi que Jean-Luc Porquet, pour des arguments de son ouvrage "Que les Gros Salaires Baissent la Tête" (Editions Michalon, 2005). Je remercie également Michel Lebrun pour le regard qu’il a porté sur le texte, ainsi que Robert Poudérou pour les conseils qu’il m’a prodigués. Et Molière, bien sûr, pour l’emprunt de quelques passages de l’"Avare" et du "Malade Imaginaire".


Ce texte est dédié à Jean-Pierre Dougnac.
PERSONNAGES :

Jean-Claude Marpagon, PDG de la firme "GASSENDI", dont la silhouette pourrait être corpulente, le ventre proéminent, et le visage agrémenté de moustaches et barbiche.
Sganarelle, secrétaire de J. C. Marpagon, pourrait porter un costume sombre avec cravate, une moustache noire plate, de larges sourcils noirs et de petites lunettes.
Scapin, réalisateur, pourrait être coiffé d’un chapeau pointu, et vêtu d’une veste en velours.
Sylvestre, cameraman, muet, pourrait être doté d’une énorme tignasse blonde, pourrait souvent porter un vieil haut-de-forme, ainsi qu’un imperméable avec de larges poches intérieures.
Cléante, fils de J. C. Marpagon.
Mariane, journaliste au quotidien "Contestation", petite amie de Cléante.
Valère, membre du conseil d’administration de "GASSENDI".
Frosine Dumont, héritière suisse d’une immense fortune, pourrait être une grande femme mûre dotée d’une stature imposante.
Anselme, banquier.

Autres personnages :
Miss Univers, Brindavoine et Merluche,
syndicalistes, des invités distingués, des ouvriers…
LE GOINFRE
(Pièce en trois actes, inspirée par Molière)
PROLOGUE
L’action se situe à Paris, au tournant du XXIe siècle

Où l’on fait connaissance d’un patron exceptionnel.

Scène I. Marpagon, Sganarelle, dans le bureau de Marpagon.

Marpagon - Vois-tu Sganarelle, il est important qu’une firme ait un nom qui la fasse bien connaître.
Sganarelle - Pourquoi Monsieur ?
Marpagon - Pour que le public soit impressionné.
Sganarelle - Ah bon ?
Marpagon - Ce pourrait être un nom déjà célèbre.
Sganarelle - Si vous le dites, Monsieur.
Marpagon - Ainsi, dans le secteur du bâtiment, une entreprise de notre pays a pris le nom de "MICHEL-ANGELOT", tu entends ?
Sganarelle - Le peintre du plafond de la Chapelle Sixtine ?
Marpagon - Oui. C’est magnifique !
Sganarelle - Sûrement, Monsieur, mais pas moderne !
Marpagon - Qu’y a-t-il de pas moderne ?
Sganarelle - Dans la Chapelle Sixtine ? L’architecture par exemple.
Marpagon - Je ne te parle pas de la Chapelle Sixtine, mais du choix du nom de "MICHEL-ANGELO" par la firme française !
Sganarelle - Ah, oui, Monsieur. Je ne vois pas ce que ce peintre vient faire dans le secteur du bâtiment.
Marpagon - Je te l’ai dit, son nom fait vendre la construction. Et tiens-toi bien, la nôtre, la firme multinationale que je dirige, s’appellera dorénavant "GASSENDI". Pourquoi GASSENDI, Sganarelle, à ton avis ?
Sganarelle - Parce que Gassen… dit toujours la vérité ?
Marpagon - Non. Parce que cet extraordinaire personnage fut, au XVIIe siècle, en même temps prêtre et scientifique.
Sganarelle, haussant les sourcils – Cela pourrait aller ensemble ?
Marpagon – Evidemment. Pourquoi cette question ?
Sganarelle – Vous avez bien dit "prêtre et scientifique" ?
Marpagon – Bien sûr. Gassendi était les deux à la fois. Prêtre, car comme moi, il accordait la place qu’il faut à la dimension sacrée du monde. Moi qui suis une sorte de prophète au XXIe siècle..
Sganarelle, en aparté, haussant les sourcils et se tournant vers le public, fait un clin d’œil à un interlocuteur imaginaire – Prophète lui ? Alors le monde est sauvé.
Marpagon – Et scientifique, car il voulait, comme moi, transformer la Nature d’une noble manière. Il fut le premier à expliquer les aurores boréales.
Sganarelle – A expliquer les aurores boréales.
Marpagon – A observer le passage de la planète Mercure devant le Soleil.
Sganarelle – Elle nous fait donc de l’ombre.
Marpagon – Et il réalisa bien d’autres découvertes passionnantes.
Sganarelle, en aparté – Qu’a-t-il bien pu découvrir d’autre ? La couleur de l’argent peut-être.
Marpagon – Quoi ? Que dis-tu ?
Sganarelle – Moi ? Rien.
Marpagon – Bon, je reprends. Vois-tu, l’entreprise que je dirige a une vocation mondiale, une aptitude à dominer, dans son secteur celui de l’information, l’ensemble du monde. De tout cela, bien sûr, personne n’a encore pris la mesure.
Sganarelle, en aparté – L’ensemble du monde ! Et puis quoi encore ?
Marpagon – Mais je dois régler un problème. Et il faut que tu m’aides, Sganarelle.
Sganarelle – Oui, Monsieur ?
Marpagon – Mon ami, j’ai besoin d’avoir près de moi un homme de confiance qui sache filmer une intervention.
Sganarelle – Un réalisateur ?
Marpagon – Oui. Un professionnel. Je veux un modèle d’application, mais aussi de discrétion.
Sganarelle – Et dans quel but ?
Marpagon – Pour enregistrer certain discours que je dois prononcer sur ma profession de foi, ma manière de voir les choses. Aurais-tu cette perle rare parmi tes connaissances ?
Sganarelle – Cela va être difficile.
Marpagon – Tu as une piste ?
Sganarelle – Je ne vois pas.
Marpagon – Cherche bien.
Sganarelle – Il y aurait peut-être quelqu’un.
Marpagon – Très bien.
Sganarelle – Accompagné de son cameraman.
Marpagon – Une équipe alors ?
Sganarelle – Il semblerait.
Marpagon – Tous deux compétents ?
Sganarelle – Le haut du panier. Ils sont très demandés…
Marpagon – Bon signe.
Sganarelle – Et occupés à l’heure actuelle.
Marpagon – Aucune importance. Débauche-les.
Sganarelle – Ce ne sera pas aisé.
Marpagon – Fais le nécessaire.
Sganarelle – Leurs tarifs sont élevés.
Marpagon, contrarié – Fais-les baisser.
Sganarelle – Ce ne sera pas simple.
Marpagon – Parle-leur de la concurrence.
Sganarelle – Sans aucun doute. Ils connaissent leur valeur.
Marpagon – Alors, cherche ailleurs.
Sganarelle – Je n’en vois pas d’aussi bons.
Marpagon – Ne dépasse pas le tarif syndical.
Sganarelle, en aparté – Avec tout ce qui rentre dans sa poche, il trouve encore le moyen de marchander !
Marpagon – Quoi ? Que dis-tu ?
Sganarelle – Moi ? Rien.
Marpagon – Bon, alors écrase les prix.
Sganarelle – Je m’en occupe, sans rien promettre.
Marpagon – Je compte sur toi.
Sganarelle – Énorme responsabilité.
Marpagon – Je te fais confiance.
Sganarelle, faisant encore un clin d’œil en aparté – Là, je ne garantis rien.
Marpagon – Et tout cela, je te l’ai recommandé, dans la discrétion !
Sganarelle – Certainement, Monsieur.

Scène II. Cléante, Sganarelle, dans un couloir.

Cléante – Ah ! Sganarelle ! J’ai à te parler.
Sganarelle – Dis-voir.
Cléante – J’hésite.
Sganarelle – Vas-y.
Cléante – Tu vas rire.
Sganarelle – Pourquoi ?
Cléante – Je suis un peu gêné…
Sganarelle – Eh bien, parle !
Cléante – Je ne sais pas.
Sganarelle – Quoi ?
Cléante – Si je dois.
Sganarelle – Si tu dois quoi ?
Cléante – C’est délicat.
Sganarelle – Délicat ?
Cléante – Oui.
Sganarelle – Bon, alors ?
Cléante – Ca m’est difficile…
Sganarelle – Ecoute, j’ai à faire…
Cléante – Eh bien, voilà, je suis amoureux.
Sganarelle – Il ne faut pas s’en cacher. Félicitations.
Cléante – Je nage dans le bonheur.
Sganarelle – Ne perds pas pied. Comment est-elle ?
Cléante – Belle.
Sganarelle – Bravo.
Cléante – Intelligente.
Sganarelle – Très bien.
Cléante – Séduisante.
Sganarelle – Parfait.
Cléante – Dynamique.
Sganarelle – Magnifique. Que demander de plus ?
Cléante – Oui, mais.
Sganarelle – Quoi ?
Cléante – Il y a une épine.
Sganarelle – Laquelle ?
Cléante – Elle est journaliste.
Sganarelle – Et alors ?
Cléante – Au journal "Contestation".
Sganarelle – Ah, zut.
Cléante – Eh, oui. Dans ce canard, ils sont critiques vis-à-vis des gens comme mon père.
Sganarelle – La tuile !
Cléante – Elle effectue actuellement une enquête sur les rémunérations des grands patrons français.
Sganarelle – Bon.
Cléante – Elle m’a demandé de lui faire rencontrer mon père.
Sganarelle – Ennuis en perspective !
Cléante – Cela risque de mal se passer entre eux.
Sganarelle – Exactement.
Cléante – J’aurais perdu toutes les chances qu’ils s’entendent un jour.
Sganarelle – C’est vrai.
Cléante – Que ferais-tu à ma place ?
Sganarelle – A ta place ? Des câlins à mon amoureuse bien sûr.
Cléante – Ce n’est pas ce que je te demande.
Sganarelle – Alors des baisers.
Cléante – Arrête Sganarelle !
Sganarelle – Peut-être des caresses ?
Cléante – Tu es incorrigible.
Sganarelle – Allons, je te laisse l’amour. Laisse-moi la réflexion.
ACTE I
Où l’on assiste à l’ascension de MARPAGON,
patron d’une firme des technologies de
l’information.

Scène I. Marpagon, Valère se dirigent vers la salle du conseil d’administration de GASSENDI.

Marpagon – Grâce à moi, mon cher ami, notre firme s’est placée dans le domaine d’avenir : celui des technologies de l’information.
Valère – C’est exact.
Marpagon – Car dans notre pays, nous avons été incapables de participer à la révolution électronique de ces trente dernières années.
Valère – Hélas !
Marpagon – Les ordinateurs, portables ou non, sont américains, japonais, coréens…
Valère – Hélas !
Marpagon – Les téléphones portables sont finlandais, suédois, coréens ou japonais..
Valère – Hélas !
Marpagon – Et depuis dix ans, c’est aux Etats-Unis et ailleurs, qu’Internet a pris son essor… Connaissez-vous la dernière nouvelle ?
Valère – Laquelle ?
Marpagon – Aux Etats-Unis, BOL, la grande firme des réseaux électroniques qui transmettent l’information, vient de fusionner avec TOMWAGNER, la firme de médias, donc de contenus d’information.
Valère – Tiens !
Marpagon – Pour donner un magnifique ensemble, BOL-TOMWAGNER. Que pensez-vous de cela ?
Valère – Euh..
Marpagon – Nous devons, nous aussi, faire de même, en acquérant des sociétés pour participer à ce grand mouvement. Car il faut réunir les supports de l’information : câble, satellites, téléphone, sites internet. Vous me suivez ?
Valère – Euh, oui.
Marpagon - … avec le contenu de l’information : cinéma, chaînes de télévision, studios de musique, presse, édition… Toujours d’accord, mon cher ami ?
Valère – Euh, oui.
Marpagon – Sans oublier.
Valère – Sans oublier ?
Marpagon – Elémentaire, mon cher ami ! Une grande maison de publicité. Pour mettre de l’huile dans les rouages de cet ensemble, pour bien faire fonctionner ce monument. Publicité égal carburant, et il faut beaucoup de carburant, une énorme quantité de carburant pour faire tourner le moteur de l’information mondiale. Encore d’accord ?
Valère – Ben, oui.
Marpagon – Alors reprenons : avec "GASSENDI", nous avons le câble, donc une partie des tuyaux qui font circuler l’information. Vous me suivez toujours ?
Valère – Euh, oui..
Marpagon – Il nous faut maintenant une forte dose de contenu : de l’information ou mieux, du spectacle. D’accord ? Et un peu plus tard, de la publicité.
Valère – Ben, pourquoi pas ?
Marpagon – Mon cher ami, vous êtes le premier à l’apprendre : notre objectif présent consiste à acheter la célèbre société californienne de cinéma "HOLLYMEDIAS", qui réalise les meilleurs films du monde, avec les meilleurs comédiens. Les grands films d’action avec l’acteur fétiche SCHOPPENEGGER et les films de guerre avec l’autre grande vedette, SYLVAIN MALONE… Que dites-vous de cela ?
Valère – Euh, extraordinaire.
Marpagon – Et ses merveilleux studios de musique.
Valère – Ah oui ?
Marpagon – Qui diffusent les plus grands artistes du monde.
Valère – Ah !
Marpagon – Les chanteuses MABONNA, SABINE GUION…
Valère – Oh !
Marpagon – Je peux compter sur votre soutien dans cette grandiose entreprise ?
Valère – Cela ne coûterait pas trop cher ?
Marpagon – Pas du tout.
Valère – Comment cela ?
Marpagon – C’est simple. Après la fusion, nous émettrons des actions "GASSENDI-HOLLYMEDIAS". Vous avez compris ?
Valère – Euh, oui.
Marpagon – Si l’affaire se fait, nous rétribuerons en actions la propriétaire de "HOLLYMEDIAS", l’héritière suisse Frosine Dumont.
Valère – De la riche famille Dumont ?
Marpagon – Exactement.
Valère – Ca alors !
Marpagon – Elle arrive chez moi incessamment. J’espère bien la convaincre.

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