Marcel Maréchal
464 pages
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Marcel Maréchal , livre ebook

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Description

Directeur de troupe, comédien, metteur en scène et auteur dramatique, Marcel Maréchal commence sa carrière à Lyon. Il part ensuite à Marseille et transforme en lieu de culture l'ancienne Criée aux poissons; enfin, après un bref séjour parisien au Théâtre du Rond-Point, il sillonne l'ensemble de l'Hexagone, sous le chapiteau itinérant des Tréteaux de France. Ce livre présente la chronique d'une aventure théâtrale qui parcourt plus de cinquante ans de la vie d'un comédien magnifique, poétique et généreux.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2014
Nombre de lectures 33
EAN13 9782336347561
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,027€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

MichePRUNER
MARCEL MARÉCHAL CINQUANTE ANS DE THÉÂTRE POPULAIRE
Chronique d’une aventure théâtrae
Préface de Robert Abirached
Marcel Maréchal Cinquante ans de théâtre populaire
Michel Pruner Marcel Maréchal Cinquante ans de théâtre populaire Chronique d’une aventure théâtrale PRÉFACE DEROBERTABIRACHED
Du même auteur : Le Bal des langoustes, roman, prix Libre lire, Passe Rêve éditeur, Lyon, 1996. L’Analyse du texte de théâtre, collection :Les Topos, Dunod, Paris 1998. e Collection :128Nathan, 2001 ; puis Armand Colin, Paris, 2005 et 2008.2 édition revue et corrigée, Armand Colin, Paris, 2010. Traduit en coréen, éditions Dongmoonsun, Séoul, 2005. La Fabrique du théâtre, collection Lettres sup, Nathan, Paris, 2000. Armand Colin, Paris, 2010. Traduit en langue Galicienne, éditions Xunta de Galicia, 2005. Lireles Caprices de Marianne, Une approche dramaturgique, PUL, Lyon, 2000. Répertoire, un parcours dramaturgique, éditions du Cosmogone, Lyon, 2002. Les Théâtres de l’Absurde, collectionLettre sup, Nathan, 2003. Armand Colin, Paris, 2008. © L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02849-1 EAN : 9782343028491
 
On considère généralement la décentralisation théâtrale, telle qu’elle s’est développée depuis bientôt soixantedix ans en France, comme un tout à peu près homogène : il y a bien plus que des parentés entre les missions que ses promoteurs disent assumer, mais aussi entre les répertoires qu’ils mettent en œuvre, entre leurs mode d’organisation et les rapports qu’ils entretiennent avec leurs spectateurs. Hubert Gignoux n’a soulevé aucune protestation quand il a parlé dans son livre de « famille théâtrale », et l’on serait même tenté de mettre sa formule au pluriel, car on peut aussi constater, à travers la brève histoire du théâtre public, qu’elle est traversée par autant de querelles que de recours à la solidarité qui rétablissent quand il le faut l’unité de la corporation face à l’extérieur.
Or voici qu’un universitaire lyonnais, Michel Pruner, a décidé de se tourner vers une figure hautement reconnue du théâtre public dans sa ville et dans toute la France, Marcel Maréchal, avec la volonté de la soumettre à une analyse extraordinairement minutieuse, qui retrace tous les méandres de sa carrière, spectacle par spectacle, événement par événement, déclarations et livres, succès et échecs compris, mais aussi foucades, accidents de parcours, hésitations, erreurs, signes d’émancipation soigneusement relevés. Ici, ce qui importe au premier chef, ce sont les disparates, les différences, les particularités les plus personnelles face à l’institution et aux discours majoritaires. Rien n’échappe à l’enquête de Pruner, à deux ou trois exceptions près (toujours délibérées), et il résulte de son travail un portrait aussi précis que librement tracé d’un artiste singulier, que d’aucuns ont cru pouvoir décrire comme l’idiot de la famille dans le feu d’une controverse constamment rallumée et qui peut prêter à sourire aujourd’hui. Adieu le « gros enfant joufflu », l’ours mal léché, l’ambitieux tyrannique, l’artiste paresseux et négligent qu’on s’est délecté à caricaturer. Du livre de Michel Pruner, il se dégage une question d’autant plus importante qu’elle a été hâtivement expédiée jusqu’ici : son livre autorise, en effet, une réflexion renouvelée sur la notion de théâtre populaire que Marcel Maréchal a sans aucun doute revue et corrigée à sa manière, avec une indéniable cohérence. Marcel Maréchal raconte volontiers qu’il n’est pas venu au théâtre avec préméditation, mais tout simplement pour le plaisir, comme tant d’amateurs,
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en suivant le cours des événements qu’il a vécus. Aucune revendication dans ce choix, ni d’ordre politique ni d’ambition personnelle. Qu’il soit né dans une famille ouvrière et chrétienne, en revanche, lui a permis de faire sa première mise en scène encore enfant, en prenant la relève de sa mère pour monter et mettre en valeur la crèche familiale. Ce sont encore ses parents qui l’inscrivent dans une école privée catholique, Notre Dame des Minimes, où il découvre à la fois la littérature, le cinéma et un amour de l’art qui ne le quitteront jamais, mais où il éprouve aussi pour la première fois sa différence au milieu des enfants de la bourgeoisie lyonnaise, ses condisciples : il n’est pas sans conséquence d’être le premier d’une longue lignée à accéder aux humanités, mais il retient du même coup, à la fin de son adolescence, que le théâtre est avant toute chose une activité plaisante, faite pour séduire et pour distraire les plus vastes publics, ce qui n’est, pensetil, pas davantage l’affaire des érudits et des professeurs que des donneurs de leçons en matière d’engagement politique. Le théâtre exalte l’imaginaire de tous et de chacun, sans craindre les surprises, les invraisemblances et l’éclat le plus dru donné aux mots, aux images et aux situations. Maréchal est aussi proche, en ce sens, de Maurice Pottecher et de son Théâtre du peuple, qui prend sans complexes le relais du mélo et du vaudeville, que du réformateur Romain Rolland, qui veut donner de vraies lettres de noblesse à un art dramatique issu du peuple et traversé par les houles de l’histoire. Maréchal trouvera plus tard chez Bertolt Brecht, si en vogue dans les années soixante, une défense et illustration du théâtre populaire des origines, « ce genre méprisé, abandonné au dilettantisme et à la routine. » Cependant, le jeune homme qui prend en charge, en 1960, avec quelques amis, le théâtre de poche des Marronniers, que Roger Planchon avait dirigé avec une intelligence et une invention remarquées dans toute l’Europe, sait que sa réussite ne peut être que le fruit d’une double attention portée au maintien d’un esprit d’équipe et à un travail inlassable de formation à l’art de l’acteur, à laquelle il devrait se soumettre, lui le tout premier, en tant que chef de troupe. L’équipe ? Elle était déjà là, impatiente d’agir, et elle allait contribuer à la gloire duCothurne pendant toute son existence : Jean Sourbier, Jacques Angeniol, Maurice Benichou, Bernard Ballet, rejoints à plusieurs reprises par Luce Mélite, Pierre Tabard, Catherine Sellers, Marcel Bozonnet ou Pierre Arditi, confortés par l’inlassable travail dramaturgique de François Bourgeois, sont des artisans à part entière du succès de l’entreprise, grâce à la liberté que leur laisse Maréchal, qui agit autant que possible auprès d’eux, comme «primus inter pares». Ce cas, me sembletil, est unique parmi les compagnies qui ont illustré le paysage dramatique en France depuis 1950, et l’on ne peut s’empêcher de remarquer ici une certaine continuité avec les pratiques originelles du théâtre populaire, lequel s’est aussi toujours accommodé de la notoriété et du rayonnement à la tête des troupes d’une vedette reconnue. Mais, si Marcel Maréchal a accédé à ce statut, c’est d’une part en vertu d’un travail aussi inlassable qu’acharné, mais,
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d’autre part également, à cause de l’enthousiasme, de la confiance et de la fidélité qu’il a accordés sans marchander à trois ou quatre écrivains selon son cœur, qui sont devenus ses seuls maîtres et à qui, toute sa carrière durant, il n’a jamais manqué de rendre un hommage véritablement filial. « Mon conservatoire, atil souvent déclaré, c’est Bada ». Et Jean Vauthier de confirmer cette chance qui lui a été donnée (et qu’il savait exceptionnelle pour un écrivain) de pouvoir insuffler mot à mot le plus secret et le moins déchiffrable de son personnage à un acteur habité et porté au dessus de lui même. Ce travail de bouche à bouche, pour reprendre l’expression dont Vauthier usait fréquemment, a fait de Maréchal l’un des plus grands acteurs de notre temps, tandis qu’il nourrissait aussi son art, très particulièrement auprès d’Audiberti et de Louis Guilloux, de mille trésors du langage et d’inoubliables expériences de vie, dans l’intimité de son être. Tandis que le théâtre public se détournait des grandes œuvres contemporaines, pour cent raisons qu’il m’est arrivé d’évoquer ailleurs, Marcel Maréchal s’est donc mis au service, avec une exceptionnelle humilité, de quelques écrivains essentiels, allant – fait sans doute unique dans la décentralisation – jusqu’à les pensionner pour qu’ils puissent écrire et s’appliquant à s’approcher de leur secret le plus intime. Mais il n’oubliera pas, ce faisant, que l’objectif premier de la mise en scène est pour l’artiste de se faire le passeur des œuvres qu’il a choisies, sans obsession de l’excellence tant louée par ses tutelles, et que la finalité du théâtre ne peut être trouvée que dans le théâtre luimême. Il réclame le droit de s’adresser naïvement à des spectateurs naïfs, dans un langage tonique et éclatant d’invention, en recherchant à chaque fois une rencontre festive avec eux, mais en repoussant aussi fermement toute tentation d’un théâtre formaté pour les masses. C’est pourquoi, lorsqu’il prend en 1968 la direction du Théâtre du Huitième, Maréchal se démarque d’emblée de ses camarades de la décentralisation en proclamant haut et fort son intérêt pour l’action culturelle, qui commence à être décriée et opposée aux exigences d‘un théâtre d’art : il fonde ainsi un « Conseil du public » pour associer autant que faire se peut les spectateurs aux artistes qui sont en permanence sur le lieu, publie à leur intention une revue, monte un festival plus expérimental à SailsousCouzan, pour nourrir un répertoire composé de trois apports complémentaires entre eux : la reprise inlassable de ses auteursfétiches (Audiberti, Vauthier, Guilloux) tout au long de sa vie, l’adjonction à ces œuvres d’écrivains jeunes ou méconnus, et le recours aux grandes pièces du répertoire, qui maintiennent en vie les figures tutélaires de la théâtralité et qu’il n’a jamais cessé de fréquenter avec gaîté et délectation. De Ruzante à Fracasse, de Sganarelle aux Mousquetaires, de Figaro à Matti, de la Célestine aux grands personnages de Molière, il parcourt à grandes enjambées le théâtre, dans un incessant carnaval où Beckett et Genet trouvent naturellement leur place. En revanche, dès qu’il abandonne son enracinement provincial pour se laisser fasciner par les soidisant lumières de Paris, devant des publics anonymes,
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Marcel Maréchal perd la main et multiplie les faux pas, face à une critique devenue soudain féroce. Michel Pruner analyse avec précision les équipées qui ont fait dévier de sa ligne le fondateur du Cothurne, qui a toujours attribué ses mésaventures à des cabales, à des complot ou à des jalousies, alors qu’il a conquis sa place dans l’histoire du théâtre par la manière dont il a rénové la notion de théâtre populaire, au mépris des modes et des compromis, mais aussi par la constance et la passion qu’il a mises à interroger le corps insaisissable du théâtre, dans sa liaison mystérieuse avec l’enfance et la mort.
Robert Abirached
 
Il existe plusieurs ouvrages consacrés à Marcel Maréchal, tous relativement anciens : celui d’Hélène Parmelin (La Mise en théâtre) date de 1974, celui d’Agnès Pierron (Maréchal) de 1977, celui de Patrick Ferla (Conversation avec Marcel Maréchal) de 1983, celui de Nita Rousseau (Un Colossal Enfant) de 1992 ; le livre de souvenirs de l’intéressé luimême (Rhum limonade) remonte à plus de quinze ans ; le beau livre des éditions Jeanne Laffitte :La Criée, un théâtre dans la citéparu en 1992. Cela est signifie qu’aucun ouvrage récent ne prend en considération les deux dernières décennies : son passage au théâtre du Rond Point, puis son activité aux Tréteaux de France. À part quelques pages deSaltimbanque, dans lesquelles, s’entretenant avec Pascal Lainé, Maréchal évoque son expérience du « théâtre populaire », pratiquement rien sur son activité créatrice des vingt dernières années. Tout se passe comme si les aventures récentes comptaient peu. Comme si l’homme de théâtre avait quasiment disparu du paysage culturel depuis vingt ans. Les commentateurs ne semblent guère s’intéresser à la cohérence d’une activité théâtrale de plus d’un demisiècle, dont l’importance et l’originalité sont pourtant indéniables. Aucun ouvrage ne s’interroge sur la place qu’occupe Maréchal dans le théâtre français. Comme si la figure de ce comédien, à la fois metteur en scène, directeur de troupe et auteur dramatique, était obsolète ; décalée, pour tout dire, dans le paysage actuel. Volontiers normative, la critique semble peu réceptive à la stature atypique du personnage, au point de le condamner à l’oubli : pas une seule entrée ne lui est consacrée dans les mille pages à travers lesquelles Ch. Biet et Ch. Triau, interrogeant la création des dernières décennies, se demandentQu’estce que le théâtre ?lacune est étrange. Signifierait Cette elle que la personnalité artistique de Maréchal dérange ? N’intéresse plus personne ? Que son succès le rend suspect ? Ou bien alors qu’il n’y a rien à en dire ? Pour tenter de répondre à ces questions, je souhaiterais faire abstraction des partis pris et des engouements passagers de notre époque et considérer le parcours de Maréchal dans sa globalité. Ce livre essaiera donc d’embrasser de façon synthétique la carrière d’un homme de théâtre exceptionnel tant par son charisme que par sa vitalité et sa longévité créatrice, en mettant en évidence un certain nombre de choix qu’il a revendiqués en permanence, à Lyon, à Marseille, à Paris, et sur les routes de l’hexagone, où l’ont conduit les tournées des Tréteaux de France. Autrement dit, il cherchera la cohérence intime de cette aventure théâtrale – qui n’a rien à voir avec un simple plan de carrière. N’en sera que plus flagrante, je l’espère, la ligne directrice à laquelle Maréchal n’a pas failli depuis ses débuts, dans des contextes différents. Se réclamant de la notion de théâtre populaire, c’estàdire d’un théâtre qu’il revendique « de bonne et haute tenue, sans esbroufe, honnête et sincère » ; manifestant à l’égard du
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