Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme
379 pages
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Description

Extrait : "Je l'ai toujours dit : il aurait été à souhaiter que mon père ou ma mère, et pourquoi pas même tous deux, eussent apporté quelque attention à ce qu'ils faisaient, quand il plut de me donner l'existence. Ils y étaient obligés. Eh ! pouvaient-ils réfléchir trop mûrement sur les conséquences qui devaient résulter de l'important ouvrage dont ils s'occupaient en ce moment !" À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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Publié par
Nombre de lectures 21
EAN13 9782335075656
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0006€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

EAN : 9782335075656

 
©Ligaran 2015

Vie de Laurence Sterne par sir Walter Scott
Laurence Sterne est du petit nombre des auteurs qui ont anticipé sur les travaux des biographes, et laissé au monde ce qu’ils désiraient qu’on connût de leur famille et de leur vie. Ce n’est toutefois qu’une esquisse légère, adressée à sa fille, et qui s’arrête court, juste au moment où l’intérêt du lecteur devient le plus vif ; car elle est fort succincte dans tout ce qui regarde l’histoire personnelle de l’auteur.
Roger Sterne (dit le récit), petit-fils de l’archevêque Sterne, et lieutenant au régiment de Handaside, épousa Agnès Hebert, veuve d’un capitaine de bonne maison. Son nom de famille était (je crois) Nuttle ; – pourtant, réflexion faite, c’était le nom de son beau-père, qui était un fameux vivandier en Flandre durant les guerres de la reine Anne, où mon père épousa la fille de sa femme (N.B. il était son débiteur), ce qui eut lieu le 25 septembre 1711, vieux style. – Ce Nuttle eut de ma grand-mère un fils, – un bel homme, mais un mauvais garnement ! – Ce qu’il devint, je l’ignore. – La famille (s’il en reste) demeure maintenant à Clonmel, dans le midi de l’Irlande : c’est dans cette ville que je naquis le 24 novembre 1713, peu de jours après que ma mère fut arrivée de Dunkerque. Ma naissance fut de mauvais augure pour mon père, qui, le jour de notre arrivée, fut licencié avec beaucoup d’autres braves officiers, et lancé au hasard dans le monde avec une femme et deux enfants, – dont l’aîné était Mary. Elle était née à Lille ; dans la Flandre française, le 10 juillet 1712, nouveau style. – Cette enfant fut la plus malheureuse : – elle épousa, à Dublin, un nommé Weemans, qui la traita abominablement, – dépensa tout ce qu’il avait, fit banqueroute, et laissa ma pauvre sœur se tirer d’embarras : ce qu’elle n’eut à faire que pendant peu de mois, car elle alla demeurer chez une personne de ses amies à la campagne, et y mourut de chagrin. C’était une fort belle femme, d’une charmante tournure, et qui méritait un meilleur sort. – Son régiment étant licencié, mon père quitta l’Irlande avec sa famille aussitôt que je fus transportable, et alla à Elvington près d’York, à la maison patrimoniale, où vivait sa mère. Elle était fille de sir Roger Jaques, et héritière. Nous y séjournâmes environ dix mois, au bout desquels le régiment fut reformé, et notre ménage décampa avec armes et bagages pour Dublin. Un mois après notre arrivée, mon père nous laissa, ayant reçu l’ordre d’aller à Exeter, où, par un rude hiver, ma mère et ses deux enfants le suivirent, voyageant par terre de Liverpool à Plymouth. (Triste description de ce voyage, qu’il n’est pas nécessaire de transcrire ici.) – Au bout de douze mois nous fûmes tous renvoyés à Dublin. – Ma mère, avec trois de nous (car elle était accouchée, à Plymouth, d’un garçon, Joram), s’embarqua à Bristol pour l’Irlande, et fut bien près de périr, par suite d’une voie d’eau qui se déclara dans le bâtiment. – Enfin, après bien des périls et des efforts, nous arrivâmes à Dublin. – Là, mon père prit une grande maison, la meubla, et en un an et demi dépensa beaucoup d’argent. Dans Tannée 1719, tout se détraqua de nouveau. Le régiment, avec maint autre, reçut l’ordre d’aller à l’île de Wight, afin de s’embarquer pour l’Espagne, pour l’expédition de Vigo. Nous accompagnâmes le régiment, et fûmes poussés à Milford-Haven mais nous débarquâmes à Bristol ; de là, nous retournâmes par terre à Plymouth, puis à l’île de Wight, – où, je m’en souviens, nous demeurâmes campés quelque temps avant l’embarquement des troupes. – Dans cette expédition, de Bristol au Hampshire, nous perdîmes, de la petite vérole, le pauvre Joram, – un joli enfant de quatre ans. – Ma mère, ma sœur et moi, nous restâmes à l’île de Wight pendant l’expédition de Vigo, et jusqu’à ce que le régiment fût de retour à Vicklow, en Irlande, où mon père nous fit venir. – Durant notre séjour à l’île de Wight, la perte du pauvre Joram fut compensée par la naissance d’une fille, Anne, née le 23 septembre 1719. – Cette jolie fleur fut moissonnée à l’âge de trois ans, dans la caserne de Dublin. Elle était, je me le rappelle bien, d’une constitution frêle et délicate, et faite pour ne pas durer longtemps, – comme la plupart des enfants de mon père. Nous nous embarquâmes pour Dublin, et nous aurions tous péri dans une violente tempête, si, sur les instances de ma mère, le capitaine n’avait consenti à retourner au pays de Galles, où nous demeurâmes un mois ; et enfin nous arrivâmes à Dublin, et nous nous rendîmes par terre à Wicklow, où était mon père, qui, depuis plusieurs semaines, nous croyait perdus. Nous vécûmes dans la caserne de Wicklow une année (1720), pendant laquelle naquit Devijeher (ainsi nommé d’après le colonel de ce nom) ; de là, nous décampâmes pour passer une demi-année à environ sept milles de Wicklow, avec M. Featherston, un ecclésiastique, qui, étant parent de ma mère, nous invita à son presbytère, à Animo. Ce fut durant notre séjour dans cette paroisse que j’eus ce merveilleux bonheur, en tombant dans la chute d’eau d’un moulin pendant qu’il allait, d’en être retiré sain et sauf ; l’histoire est incroyable, mais connue pour vraie dans toute cette partie de l’Irlande, où des centaines de gens du commun affluèrent pour me voir. De là, nous suivîmes le régiment à Dublin, où nous restâmes une année à la caserne. Cette année-là (1721) j’appris à écrire, etc. L’année 22, le régiment fut envoyé à Carrickfergus, au nord de l’Irlande. Nous décampâmes tous ; mais nous n’allâmes pas plus loin que Drogheda ; de là, nous fûmes envoyés à Mullendar, à quarante milles à l’ouest, où, par une faveur de la Providence, nous tombâmes sur un bon parent, un descendant collatéral de l’archevêque Sterne, qui nous prit tous dans son château, et nous hébergea avec bonté pendant un an ; puis, nous envoya au régiment à Carrickfergus, comblés de marques d’amitié, etc. Nous eûmes tous un fort triste et fort ennuyeux voyage (en mars), et nous arrivâmes en six ou sept jours à Carrickfergus. – Le petit Devijeher y mourut ; il avait trois ans ; il avait été laissé en nourrice dans une ferme près de Wicklow, mais il nous avait été ramené par mon père l’été suivant. – Un autre enfant vint remplir la place, Suzanne. Elle aussi prit les devants dans ce pénible voyage. L’automne de cette année-là, ou le printemps d’après (j’oublie lequel), mon père obtint de son colonel la permission de me mettre à l’école, – ce qu’il fit près de Halifax, sous un maître habile, chez qui je restai quelque temps, jusqu’à ce que, Dieu prenant soin de moi, mon cousin Sterne d’Elvington devint pour moi un père et m’envoyât à l’université, etc., etc. Pour suivre le fil de notre histoire, le régiment de mon père reçut l’ordre, l’année d’après, d’aller à Londonderry, où il me vint au monde une autre sœur, Catherine, encore vivante, mais bien malheureusement devenue étrangère à moi par la méchanceté de mon oncle, et par sa propre folie. De cette garnison, le régiment fut envoyé à la défense de Gibraltar, qui était assiégé, et où mon père eut le corps percé de part en part dans un duel avec le capitaine Philips (la querelle avait commencé au sujet d’une oie !) ; à grand-peine il survécut, mais avec une constitution ruinée qui n’était plus en état de résister aux fatigues qu’elle eut à subir ; car il fut envoyé à la Jamaïque, où bientôt il fut attaqué de la fièvre du pays, qui commença par lui ôter ses facultés, et le faire tomber en enfance ; alors il passa un ou deux mois à se promener continuellement sans se plaindre, jusqu’au moment où il s’assit dans un fauteuil et rendît le dernier soupir, ce qui eut lieu à Port-Antoni

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