Mon chat est jaloux
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Description

Votre chat n'aime que vous ? Il snobe votre conjoint ? Il vous fuit depuis l'arrivée de bébé ? Quand vous êtes de sortie, il se venge sur les plantes vertes ? Il a élu domicile dans le jardin pour ne pas croiser votre nouveau chaton ?



Dominique Lachapèle et Nicolas Massai, vétérinaires comportementalistes, décryptent la jalousie de votre chat et vous livrent les outils pour l'apaiser dans toutes les situations. Quelle que soit l'origine de son comportement, vous saurez comment :




  • Prévenir les risques d'hyperattachement


  • Aider votre chat à rester seul


  • Le resocialiser progressivement


  • Contrôler son émotivité


  • Gérer la relation avec les enfants


  • Le préparer à l'arrivée d'un congénère




  • Mon chat n'aime que moi !


  • Mon chat est de très mauvaise humeur quand je reçois des invités


  • Mon chat ne m'approche pas si j'ai caressé un autre chat


  • Mon chat ne supporte pas mon nouveau conjoint


  • Mon chat fait des dégâts quand je sors


  • Mon chat ne rentre plus depuis que j'ai un nouveau chaton


  • Mon chat fait des bêtises si je ne m'occupe pas de lui


  • Mon chat me fuit depuis l'arrivée de mon bébé

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 juin 2014
Nombre de lectures 246
EAN13 9782212252385
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Votre chat n’aime que vous ? Il snobe votre conjoint ? Il vous fuit depuis l’arrivée de bébé ? Quand vous êtes de sortie, il se venge sur les plantes vertes ? Il a élu domicile dans le jardin pour ne pas croiser votre nouveau chaton ?
Dominique Lachapèle et Nicolas Massal , vétérinaires comportementalistes, décryptent la jalousie de votre chat et vous livrent les outils pour l’apaiser dans toutes les situations. Quelle que soit l’origine de son comportement, vous saurez comment : Prévenir les risques d’hyperattachement Aider votre chat à rester seul Le resocialiser progressivement Contrôler son émotivité Gérer la relation avec les enfants Le préparer à l’arrivée d’un congénère
Dominique Lachapèle
Nicolas Massal
Mon chat est jaloux
Mieux le comprendre et le rassurer au quotidien
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Avec la collaboration de Anne Jouve
Mise en pages : Florian Hue
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2014 ISBN : 978-2-212-55893-7
Table des matières

Introduction
Chapitre 1 Mon chat n’aime que moi !
Les clés pour comprendre et décoder : attachement et dépendance
Ce qui ne marche pas
Ce qui marche
Quand consulter ?
Chapitre 2 Mon chat est de très mauvaise humeur quand je reçois des invités
Les clés pour comprendre et décoder : le chat et les contacts humains
Ce qui ne marche pas
Ce qui marche
Quand consulter ?
Chapitre 3 Mon chat ne m’approche pas si j’ai caressé un autre chat
Les clés pour comprendre et décoder : perceptions et hypervigilance
Ce qui ne marche pas
Ce qui marche
Quand consulter ?
Chapitre 4 Mon chat ne supporte pas mon nouveau conjoint
Les clés pour comprendre et décoder : le chat et la nouveauté
Ce qui ne marche pas
Ce qui marche
Quand consulter
Chapitre 5 Mon chat fait des dégâts quand je sors
Les clés pour comprendre et décoder : hyperexcitation et hyperactivité
Ce qui ne marche pas
Ce qui marche
Quand consulter ?
Chapitre 6 Mon chat ne rentre plus depuis que j’ai un nouveau chaton
Les clés pour comprendre et décoder : la cohabitation entre chats
Ce qui ne marche pas
Ce qui marche
Quand consulter ?
Chapitre 7 Mon chat fait des bêtises si je ne m’occupe pas de lui
Les clés pour comprendre et décoder : le chat hyperdemandeur
Ce qui ne marche pas
Ce qui marche
Quand consulter ?
Chapitre 8 Mon chat me fuit depuis l’arrivée de mon bébé
Les clés pour comprendre et décoder : découverte et adaptation
Ce qui ne marche pas
Ce qui marche
Quand consulter ?
Conclusion
Introduction
Le sentiment de jalousie est ambivalent. Expression d’une douleur, ou au moins d’une difficulté, il s’exprime souvent par de la suspicion, de l’anxiété, de la possessivité, entraînant une dépendance et un hyperattachement. Mais beaucoup le considèrent également comme le sel de la vie amoureuse, une preuve d’amour : si notre compagne ou compagnon est jaloux(se), c’est peut-être un peu pénible au quotidien, mais cela signifie aussi que nous tenons une place importante, voire primordiale dans sa vie, et ça, c’est un sentiment très agréable... Mais quelle est la place de la jalousie dans la relation avec notre chat ?
Pour ceux qui n’ont pas de chat, la jalousie chez nos compagnons félins est une chimère, une invention provoquée par un anthropomorphisme débridé. Pour vous, propriétaire d’un chat, c’est pourtant une évidence : les regards courroucés qu’il vous lance quand vous rentrez plus tard que d’habitude, la façon qu’il a de raser les murs quand vous avez des invités, le fait qu’il urine sur les dessous de votre conjoint(e)... la liste est longue des signaux que votre animal vous envoie qui expriment clairement pour vous que votre chat est jaloux.
Si en tant que scientifiques nous devrions nous rapprocher de la vision « rationnelle », en tant que soignants, nous pensons que l’important n’est pas de savoir si le chat ressent effectivement des émotions identiques aux nôtres. Sommes-nous toujours convaincus, par exemple, que les personnes avec qui nous vivons ressentent les choses exactement comme nous ? Non, bien sûr. Alors peu importe que le chat ne soit pas un humain, nos échanges avec lui sont bien réels.
À travers différentes situations et histoires de relations entre maître et chat, nous allons dans cet ouvrage observer ces chats jaloux. Nous allons surtout réfléchir à la souffrance ou à la gêne que ce sentiment peut amener, aussi bien chez le chat que chez son maître. Nous verrons comment prévenir les excès, améliorer les relations déjà altérées, et progresserons un peu plus dans la connaissance et l’observation de cette relation millénaire entre l’homme et le chat, si riche, si féconde, qui nous apporte tant de satisfactions.
Votre chat est jaloux ? Vous découvrirez ce que ses comportements révèlent et enrichirez vos échanges grâce à de nombreuses suggestions de réactions et de réponses dans le but d’améliorer le bien-être de votre chat et d’intensifier votre relation.
Votre chat n’est pas jaloux ? En êtes-vous bien sûr ? Peutêtre notre regard vous amènera-t-il à l’envisager...
Mon chat n’aime que moi !

Chapitre 1
Mamour le séducteur
Dana partage sa vie avec Mamour. Ou plutôt elle vit avec Fred, son conjoint, et ils ont un chat. Cependant, la place prise par Mamour est telle que l’on pourrait penser que Dana vit avec Mamour et qu’ils ont ensemble adopté Fred, un humain... Lorsque Dana et Mamour sont seuls, chacun cherche l’autre. Sans même s’appeler, ils se retrouvent toujours pour des câlins sur le canapé, sur le lit, n’importe où dans la maison. Dans la cuisine, Mamour s’enroule autour des jambes de Dana, qui le prend dans ses bras. Sur le canapé, elle dispose ses jambes pour lui permettre de s’étaler de tout son long. Au lit, elle se place sur le côté afin de lui ménager un espace où il peut se coucher contre elle. Mamour se met alors à ronronner très fort, à « pétrir » avec ses pattes, et vient blottir sa tête dans son cou, sous les cheveux. Quand l’intensité du câlin est à son comble, il lui arrive même de téter doucement la peau, laissant des marques qui agacent beaucoup Fred.
« Je suis sa chose », dit souvent Dana en riant. Et en effet Mamour sait y faire pour déclencher chez sa maîtresse une envie irrépressible de le caresser : regards langoureux, clignements des yeux, postures avantageuses, toujours au bon endroit pour être vu. Ce chat est un fin stratège : il n’exige pas les caresses, il est simplement si adroit qu’il lui suffit de les susciter ! Dana sent bien qu’il la commande, mais c’est si bon... Savoir qu’il ne se comporte ainsi qu’avec elle est un tel plaisir qu’elle se garde bien de risquer qu’il abandonne ces habitudes, et Mamour sait bien qu’elle est à sa disposition chaque fois qu’il en a envie.
« Il est incapable de me partager, il me veut pour lui tout seul ! Lorsque je suis avec Fred, Mamour surgit de nulle part et se glisse entre nous, sur le canapé ou dans le lit. » Les deux amoureux en rient souvent, car le chat pose alors ses pattes avec autorité, comme s’il lui revenait d’accorder ou non l’accès à sa propriété. Dana se demande quand même parfois si Fred n’en prend pas un peu ombrage, mais elle redoute que son chat devienne distant... quel dilemme !
Pourtant Dana n’a aucune raison de s’inquiéter, Mamour est toujours là, où qu’elle se trouve dans la maison : « Il contrôle tous mes faits et gestes, il ne se détend que quand il me voit. » Une présence tout aussi apaisante pour elle. Elle y est tellement habituée qu’elle se surprend parfois, hors de la maison, à tourner la tête comme s’il était là, ou même à entendre son ronronnement familier... Alors qui est le plus perdu sans l’autre ? Mamour a-t-il peur de se retrouver seul ou bien cherche-t-il simplement le plaisir du contact ? Se comportet-il comme un jeune chaton qui a besoin de sa maman de remplacement ou comme le partenaire jaloux qu’il est parfois ?
Quand sa maîtresse n’est pas là, Mamour ne fait plus rien. Il erre dans la maison, paraît triste, il va se coucher et semble toujours en attente de quelque chose. Il mange sans appétit, le regard perdu, même ses jouets ne l’intéressent pas. Est-il en détresse ou simplement en manque de stimulations ? Ce qui est sûr c’est que Fred ne parvient pas à l’intéresser...
Même pendant la nuit la séparation se révèle impossible. Dans un souci d’intimité (et sans doute aussi pour éliminer le concurrent !), le jeune couple a tenté de fermer la porte de la chambre. Mamour a alors miaulé, gratté, gémi, jusqu’à ce que la porte s’ouvre à nouveau et qu’il puisse reprendre sa place auprès de Dana.
Les clés pour comprendre et décoder : attachement et dépendance
Dans la mythologie celte, Dana est la déesse de la maternité. Notre héroïne joue ainsi ce rôle quasi divin pour son chat en remplaçant sa mère absente, et Mamour, en grand séducteur, se montre aussi attirant que possible pour bénéficier des soins attentifs de sa déesse... Il s’agit avant tout de déterminer qui de nos trois personnages est le plus jaloux : Mamour qui se met sans cesse en avant, Dana qui craint de perdre l’affection de son chat ou Fred qui subit les intrusions du chat ? En pénétrant dans leur intimité et en observant leurs attitudes et habitudes, nous découvrons leurs émotions, leurs perceptions et leurs craintes. Rituels apaisants. Mamour et sa maîtresse ont développé de nombreuses interactions qui leur procurent un profond bien-être. En jouant celle qui materne et celui qui se laisse materner, leur complicité s’est construite sur des gestes tendres. Repères. Dana est un repère essentiel dans l’existence de Mamour. Si bien que sans elle, il se comporte comme s’il était perdu et perd même sa motivation dans les activités quotidiennes. Possessivité. Aucun doute n’est possible à la lecture des attitudes de Mamour : il est possessif ! Il ne supporte pas que sa maîtresse soit indisponible, se montre exigeant, particulièrement quand elle n’est pas « libre ». Exclusivité. Le chat se révèle être un partenaire peu désireux de partager, il se comporte en conquérant soucieux de marquer sa présence. Attachement. Mamour tient beaucoup à sa maîtresse, et c’est réciproque. Mais le chat exprime une forte dépendance en la suivant sans cesse.
L’attachement
Le concept d’attachement est le fondement de toute la vie émotionnelle. Les chats, comme les humains, se développent en s’appuyant sur des êtres repères, généralement leur mère, qui leur fournissent à la fois du réconfort, un modèle et une base d’exploration. Durant les premières semaines de vie, la présence de cet être d’attachement est essentielle.
Si l’adoption du chaton se fait avant l’âge de huit semaines, le propriétaire est amené à remplacer sa mère. Il devient un repère de vie, un élément fondamental de stabilité émotionnelle en plus de son rôle habituel de fournisseur de confort et d’alimentation. Ce qui explique pourquoi les relations nouées lors des adoptions précoces sont si fortes. Le conseil du Véto Plus un chat est adopté jeune, surtout avant l’âge de 2 mois, plus les risques d’attachement excessif sont grands.
Les comportements juvéniles
Les jeunes chats ont des comportements spécifiques associés aux moments de proximité physique, comme les tétées, le toilettage, le sommeil et le jeu. Ritualisés à l’âge adulte, ces comportements perdent leur caractère de maternage et deviennent des interactions dont la finalité est le partage d’émotions positives.
Ces rituels juvéniles, présents chez tous les chats, le sont davantage encore chez ceux qui vivent avec des éducateurs humains toute leur vie et sont déclenchés par toutes les situations d’intimité : Mamour se livre ainsi au pétrissage, ouvrant et fermant ses antérieurs, comme le chaton le fait en tétant sa mère et va même jusqu’à téter la peau du cou de sa maîtresse. Soulignons que le chat se comporte ainsi sans sollicitation de la part du propriétaire. Il peut même pétrir le canapé en ronronnant sans contact physique avec son maître. La seule présence de ce dernier suffit à renforcer le comportement et à mettre en place ce rituel apaisant pour le chat.
L’ambivalence des relations
Les maîtres apprécient les relations exclusives. Qui ne se sentirait flatté d’être une personne importante pour l’autre ? Le chat sait ainsi obtenir ses attentions, il repère et apprécie l’émotion positive qu’il procure et communie dans ces moments d’abandon et de relâchement. C’est parce que ces rituels comblent les deux partenaires qu’ils deviennent si forts et si appréciés. Ils peuvent toutefois devenir une contrainte pour l’un et une dépendance pour l’autre, et leur interruption peut créer culpabilité ou détresse, parfois les deux.

L’anxiété chez le chat
Le chat est un animal qui semble avoir constamment besoin d’être rassuré. Est-il anxieux pour autant ? Cela y ressemble, mais en réalité il s’agit de son état normal ! L’anxiété apparaît lors de déséquilibres, même légers et rend le chat vulnérable.
Lorsqu’un chat exprime des besoins importants en interactions rassurantes, s’il recherche sans cesse des caresses ou des marques d’attention comme la distribution de nourriture, cela révèle l’équilibre instable de sa vie émotionnelle. Dans le cas de Dana et Mamour, la place excessive qu’ils tiennent l’un pour l’autre rend leur séparation problématique. Le conseil du Véto Un chat excessivement séducteur est souvent un chat inquiet et peu sûr de lui.
Participation à la vie du groupe familial
Tous les chats sont attirés par les moments de calme et d’immobilité, par exemple lorsque les maîtres sont installés sur le canapé ou couchés dans leur lit, car le chat anticipe les contacts prolongés pendant lesquels il ne sera pas dérangé. Alors comment savoir si Mamour s’interpose ou bien s’il participe tout simplement à la vie de ses maîtres ? Est-il véritablement jaloux ou bien simplement perçu comme tel ? Ses recherches de contact, son exigence, ses attitudes tendres sont-elles des marques de concurrence ou simplement la recherche d’apaisement ? Force est de constater que notre regard et nos projections déterminent notre lecture et nos réactions.
Savoir observer son chat
Vous savez voir quand il ne se sent pas bien, vous connaissez ses mimiques et ses attitudes quand vous l’aidez à se détendre, à s’apaiser. Intuitivement, vous avez ainsi une bonne connaissance des signaux qui traduisent une difficulté émotionnelle de votre chat. Voici tout de même quelques indications pour les repérer de façon méthodique et rigoureuse : tension musculaire générale (perceptible par une sensation de dureté sous la caresse au niveau du dos) ; peau du dos parfois parcourue de frissons hérissant le poil ; mouvements de la queue saccadés et fouettant l’air en cas d’humeur irritée ; forme des yeux qui s’étire vers l’arrière ; sourcils froncés, allant parfois jusqu’à plisser le nez, soulignant la forme étirée de l’œil ; moustaches « en bataille », pouvant aller d’avant en arrière en mouvements rapides ; oreilles excessivement mobiles, qui réagissent au moindre bruit ; langue qui passe fréquemment et rapidement sur les babines ; tête qui fuit à l’approche de votre main.
Commencez par focaliser votre attention sur une partie du corps pendant quelques jours, votre vision globale sera progressivement enrichie. Vous deviendrez spécialiste de votre propre chat : chacun a sa manière propre d’exprimer ses émotions.

Le Rolling Skin Syndrom, ou RSS
Littéralement le « syndrome de la peau qui roule ». C’est le terme retenu pour désigner les frissons qui soulèvent le pelage de votre chat le long du dos (on parle d’ondes d’horripilation). Ces frémissements fréquents indiquent une humeur perturbée et sont le signe d’une anxiété (à ne pas confondre avec ceux liés à la présence de puces).
Ce qui ne marche pas
Repousser le chat
Si votre chat montre tous les symptômes d’un chat hyperattaché, c’est qu’il a eu besoin pour se développer de nouer une relation forte et exclusive avec vous. L’objectif est de lui permettre, pour son bien, de prendre de la distance. La première idée qui vient quand un chat devient trop envahissant est de le repousser. Soyons honnêtes, cette idée germe surtout dans l’esprit des spectateurs de la scène, plus rarement chez le maître sollicité, sauf s’il se sent observé sans bienveillance. Mais est-il efficace ou fonctionnel de repousser un chat ?
Pour répondre à cette question, imaginons ce que peut se dire un chat ainsi repoussé : « Ce n’est pas le moment » ; « Ce n’est pas le bon endroit, la bonne approche ». Il essaiera donc à nouveau un peu plus tard, ailleurs ou sous un autre angle. Quant au maître, il se dit qu’à force de repousser son chat : « Il va croire que je ne l’aime plus. » Et il va le chercher pour compenser cette présumée frustration !
Considérons donc simplement que le chat exprime un besoin, formule une demande. La vraie question est de savoir s’il est possible de combler le besoin sans se rendre prisonnier de la demande. Voici quelques propositions. Appelez le chat un peu plus loin, dans une autre pièce ou sur un autre siège, afin de ne pas vous montrer « obéissant ». Après une brève caresse, faites-le attendre quelques minutes. S’il part, c’est que son besoin n’était pas vraiment primordial. S’il reste, il apprend la patience. Proposez-lui une autre activité : jouer, manger, etc. S’il demande à manger, incitez-le à jouer ou à câliner, en tout cas toute interaction qui marque votre attention pour lui. Quittez la pièce et laissez-le avec d’autres personnes pour favoriser le report d’affection sur elles, surtout si elles le sollicitent. Parlez-lui sans le toucher, touchez-le sans lui parler, changez de position corporelle rapidement (cela rebute beaucoup les chats) : faites en sorte que l’interaction soit moins satisfaisante... Le conseil du Véto Oubliez les vertus présumées de la sévérité : elle n’engendre que frustration et tension. Soyez créatif pour combler votre chat sans en être prisonnier.
Comment réagir face au chat qui s’interpose, qui dérange
Quelle est la motivation du chat qui s’interpose entre deux personnes ? Jalousie ou simple volonté de participer à une interaction qui semble positive, simple attrait pour des personnes qui expriment des émotions de satisfaction ? Nous ne le saurons pas, mais nous pouvons décider de choisir des hypothèses positives !
Dans ce cas, autant le câliner franchement, avec sincérité. Plus ses attentes seront satisfaites, ses besoins comblés, plus il sera prêt à ce que vous l’orientiez vers un lieu moins gênant pour vous. Pensez aussi à lui aménager un endroit proche d’où il pourra s’associer à l’interaction sans y être physiquement impliqué ; tout observatoire confortable placé en hauteur fait en général l’affaire (espace libre sur une étagère, arbre à chat, dossier du canapé). Il s’y résoudra d’autant plus facilement s’il ne trouve pas de position confortable à votre contact : remontez donc les genoux au lieu de faire de vos jambes un endroit accueillant, penchez-vous en avant au lieu de lui proposer votre ventre comme couchage, et placez à proximité un coussin assez apprécié pour représenter une alternative.
Répondre à ses demandes de manière rapide et systématique
Se sentir utile à son chat est un sentiment agréable. Quoi de plus naturel que de répondre à ses sollicitations ? Pourtant des réponses rapides et systématiques ne lui permettent pas de chercher d’autres manières de s’apaiser. Il ne s’agit pas pour vous de devenir un « glaçon », simplement de lui laisser le temps d’envisager d’autres manières de satisfaire ses besoins relationnels.
Vous trouverez tout au long de ce livre différentes techniques pour orienter le chat vers d’autres personnes, pour se livrer à des activités apaisantes. La première étape consiste toujours à se retenir de répondre à ses demandes, et cela vous demandera assurément un effort et une préparation ! Répétez-vous que vous le faites « pour son bien », même s’il vous en coûte. Sa plus grande autonomie sera votre satisfaction. Et sachez qu’il est fort probable qu’il vous étonne, car les chats sont étonnants !
Ce qui marche
Prévenir les risques d’hyperattachement
La prévention de l’hyperattachement nécessite une bonne compréhension des mécanismes en jeu ainsi qu’une bonne connaissance des processus naturels qui conduisent les chats à être bien dans leur peau et capables de s’adapter.
Les fondements de la stabilité émotionnelle
Comment le chaton qui vient de naître devient-il en quelque huit semaines un être armé pour affronter le monde ? Cette prouesse exige différentes étapes et la réunion de nombreux paramètres, dont voici les grandes lignes.
1 re étape – 1 semaine
La maman s’attache à ses petits dès leurs premiers jours d’existence. Cela signifie qu’elle noue avec eux un lien puissant qui la pousse à s’occuper d’eux, à leur porter assistance et protection, et qu’elle est sensible à leurs signaux de détresse, notamment leurs cris aigus.
2 e étape – 1-3 semaines
C’est au tour des chatons de s’attacher à leur mère. Cette dernière dépasse le statut initial de source de chaleur et de nourriture pour devenir un être identifié et reconnu, une base de soins et de bien-être recherchée, changement qui s’opère au fil de l’acquisition des compétences sensorielles du chaton : il devient capable d’entendre, de voir, de sentir, de toucher et de mémoriser ses sensations, ses actions ne sont plus seulement réflexes.
3 e étape – 3-5 semaines
Rapidement, chaque fois qu’il a peur, en particulier de tout ce qui est nouveau ou différent de ce qu’il connaît déjà (objets ou être inconnus, bruits nouveaux ou plus intenses, etc.), le chaton vient au contact de sa mère. Ce contact lui permet de retrouver son calme, de se sentir protégé et de repartir explorer le monde qui l’environne. Sans cette base de sécurité, ses émotions négatives sont intenses et prolongées.
4 e étape – 5-8 semaines
La mère commence à se déplacer avec ses petits. Ces derniers sont attentifs à tous ses gestes, à toutes ses émotions, soucieux de l’imiter pour acquérir de nouvelles compétences. La mère valide leurs performances, les incite à se montrer actifs et entreprenants.
Paramètres influents
Plus l’environnement est stimulant, plus le chaton apprend, mémorise et augmente ses performances et sa stabilité. Ainsi les frères et sœurs, les autres chats, tous les êtres vivants, tous les éléments du milieu favorisent les apprentissages. La mère veille elle-même à fournir des stimulations, elle les conduit dans des lieux de plus en plus complexes et stimulants, elle rapporte d’abord des proies mortes, puis des proies vivantes et guide les chatons dans leurs actions de prédation.
L’extension à de nouvelles bases de sécurité est également possible. D’autres chats, femelles comme mâles, surtout castrés, se montrent souvent des éducateurs attentifs et bienveillants. Les humains peuvent également jouer ce rôle, mais ils n’assurent évidemment pas l’apprentissage des codes félins.

À quel âge séparer le chat de sa mère et de sa portée : ce que dit la loi
L’article L.214-8 du code rural stipule que seuls « les chats âgés de 8 semaines peuvent faire l’objet d’une cession à titre onéreux ». La loi reconnaît ainsi que les 8 semaines de présence maternelle sont indispensables. Le développement comportemental du chaton est optimal lorsque grâce à sa mère il apprend à contrôler ses émotions et ses actes.
Nous vous recommandons impérativement de respecter ce délai de 2 mois avant de céder ou d’adopter un chat. Dans son intérêt... et dans le vôtre !
Comment élever un chaton orphelin
Lorsqu’un très jeune chaton se retrouve séparé de sa mère, introuvable ou victime de maladie ou d’accident, il devient nécessaire d’incarner la fonction de substitut maternel afin de lui permettre de devenir un chaton équilibré, stable dans ses émotions. Voici les piliers de cette fonction. Jouer le rôle maternel de base de sécurité : cela suppose que vous soyez disponible et que vous interveniez chaque fois que le chaton émet des signaux de détresse. Généralement un simple contact physique est suffisant pour le rassurer. Petit à petit, ces habitudes d’appel et de réponse deviendront des rituels propres à votre relation qui resteront efficaces une fois le chaton devenu adulte. Assurer les contacts félins nécessaires à l’apprentissage de l’espèce : même si vous êtes très compétent, vous n’êtes... qu’un humain ! Laissez donc des chats apprendre au jeune les bases de la communication, c’est indispensable pour sa future vie en communauté ; il vous faut organiser des contacts prolongés avec des chats, que vous choisirez habitués à cohabiter et d’un tempérament doux et tolérant. Garder la portée sans la dissocier avant que les chatons aient deux mois : si vous trouvez une portée orpheline, laissez les chatons ensemble, c’est la garantie d’échanges, de tests moteurs, de jeux éducatifs, d’occasions de diriger des interactions. Les chatons apprennent à contrôler leurs gestes, à respecter les signaux de l’autre et leurs compétences sont ainsi bien plus grandes. Ne pas surprotéger : évitez de créer un milieu de vie trop calme et pauvre en rencontres sous prétexte que vous devez protéger le chaton ! Un bon éducateur sait aussi punir et se montrer exigeant. Varier les expériences : tout est occasion d’apprentissage. Un objet, un autre chat, un autre être vivant, etc. Proposez des objets variés et organisez des rencontres avec des chats, des enfants, des chiens. Veillez cependant à ne pas le stimuler de manière excessive pour ne pas déclencher de stress ou de fatigue. Savoir se faire remplacer : même si le rôle est gratifiant, vous ne devez pas vous comporter en protecteur unique. Faites en sorte de proposer rapidement d’autres personnes, d’autres animaux, capables de jouer un rôle apaisant.
Préparer le chat à rester seul
Si vous savez que votre chat se sent mal en votre absence, il s’agit de le préparer à affronter cette séparation. Pour ce faire, deux approches se conjuguent : vous montrer moins disponible et aménager le lieu de vie en fonction de vos absences.
Soyez moins disponible
Vous l’avez sans aucun doute constaté et nous l’avons déjà évoqué, les chats viennent plus facilement lorsque nous sommes immobiles. Le vôtre sait donc sûrement choisir les lieux et les moments où vous vous posez, et comme nous, humains, sommes tous également routiniers, il peut même les anticiper. Vous aussi savez prévoir quand il va venir, alors préparez une occupation : livre, tricot, jeu nécessitant un stylo et un support, bref, occupez la place qu’il vise ! Vous pouvez aussi le caresser pour montrer votre bonne volonté, puis rapidement vous lever pour aller chercher un objet que vous placerez ensuite sur vos genoux, dans le but de rendre l’endroit inconfortable.
Évitez dans tous les cas de le repousser. D’abord ce n’est pas agréable à faire, ensuite si vous frustrez votre chat il peut réagir en se montrant encore plus insistant ! Accordez-lui une juste mesure de contacts gratifiants pour satisfaire ses besoins immédiats.
Veillez aussi à être moins routinier... Votre chat étant capable d’anticiper la plupart de vos faits et gestes, rendezlui la tâche plus difficile en variant vos activités, l’ordre dans lequel vous les faites, etc.
Prévoyez-lui des occupations
Maintenant que vous savez vous rendre indisponible, l’activité du chat mérite une préparation, son inactivité aussi s’il comptait dormir contre vous ! Si la proximité compte pour lui , aménagez-lui un endroit accueillant (moelleux, pelucheux, chaud ou frais selon la saison) en hauteur où il peut voir sans être trop exposé (contre un mur ou dans un coin). Vous pouvez également observer les endroits qu’apprécie votre chat afin de vous en inspirer pour lui en créer un conforme à ses goûts. S’il est demandeur d’activités , pensez à disposer ses jouets habituels un peu partout. Certains jeux de poursuite (balles, petits objets à saisir) peuvent être initiés par un premier lancer, le chat joue ensuite seul.

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