Je mange sain en famille
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Description


Un changement positif pour toute la famille !



Combien de fois avez-vous pensé à changer votre alimentation sans jamais franchir le cap ni tenir plus d'une semaine ? Maëlle Feret, nutrithérapeute, vous propose un guide pratique et ludique pour réussir ce changement.




  • Découvrez les bases d'une alimentation saine et bonne pour la santé.


  • Suivez un programme simple en 21 jours pour manger autrement.


  • Faites le plein d'astuces pour bien choisir vos produits, déchiffrer les étiquettes et mieux gérer votre budget.


  • Embarquez dans l'aventure vos enfants, votre conjoint(e), et cuisinez avec eux !



Bonus - Défis en famille !




  • Pourquoi adopter une alimentation positive


  • Dépasser nos limites et celles de nos enfants


  • Guide pour changer son alimentation en 21 jours

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 avril 2016
Nombre de lectures 112
EAN13 9782212036657
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0021€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Un changement positif pour toute la famille !
Combien de fois avez-vous pensé à changer votre alimentation sans jamais franchir le cap ni tenir plus d’une semaine ? Maëlle Feret, nutrithérapeute, vous propose un guide pratique et ludique pour réussir ce changement.

BONUS DÉFIS EN FAMILLE ! Découvrez les bases d’une alimentation saine et bonne pour la santé. Suivez un programme simple en 21 jours pour manger autrement. Faites le plein d’astuces pour bien choisir vos produits, déchiffrer les étiquettes et mieux gérer votre budget. Embarquez dans l’aventure vos enfants, votre conjoint(e), et cuisinez avec eux !

Maëlle Feret est installée à Montpellier en tant que naturothérapeute. Formée à la naturopathie et diplômée en nutrithérapie, elle propose notamment des accompagnements individuels en nutrithérapie, mais aussi des coachings en ligne dédiés à la nutrition et au bien-être.
MAËLLE FERET
JE MANGE SAIN EN FAMILLE
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
La collection est dirigée par Anne Ghesquière, fondatrice du magazine FemininBio.com , pour mieux vivre sa vie !
Dans la même collection :
Happy Détox , Anne Ghesquière
Je ne mange pas de produits industriels , Stéfane Guilbaud
Je mange sans gluten , Marion Kaplan et Audrey Etner
Je mange veggie , Ôna Maiocco
Création de maquette : Hung Ho Thanh
Mise en pages : Facompo

Avertissement : seul un docteur en médecine a le droit d’établir un diagnostic et de prescrire des médicaments. Les conseils contenus dans cet ouvrage ne peuvent en aucun cas se substituer à la prescription d’un professionnel de santé. Les auteurs et l’éditeur ne sauraient être tenus pour responsables des conséquences éventuelles d’une automédication maladroite ou d’une mauvaise interprétation du contenu de cet ouvrage.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2016 ISBN : 978-2-212-56329-0
SOMMAIRE

Mon parcours
Portraits
PARTIE 1 — POURQUOI ADOPTER UNE ALIMENTATION POSITIVE
Chapitre 1 Introduction à la définition d’alimentation positive
Chapitre 2 C’est meilleur quand c’est biologique ?
Chapitre 3 C’est quoi le problème des plats tout prêts ? Ils sont quand même bien pratiques !
Chapitre 4 Se priver de sucre ? Si on ne peut plus se faire plaisir !
Chapitre 5 La base de la pyramide alimentaire positive : des aliments vrais !
Chapitre 6 Pour vivre le changement et le partager avec les enfants (et votre conjoint réfractaire !)
PARTIE 2 — DÉPASSER NOS LIMITES ET CELLES DE NOS ENFANTS
Chapitre 7 Toutes les excuses du monde
Chapitre 8 Pourquoi ça bloque
Chapitre 9 Les enfants ont-ils vraiment des limites ?
Chapitre 10 Une histoire de positionnement : de l’importance de l’ancrage des parents
Chapitre 11 Ce que j’ai à y perdre, ce que j’ai à y gagner
PARTIE 3 — GUIDE POUR CHANGER SON ALIMENTATION EN 21 JOURS
Chapitre 12 Semaine 1 : Préparer le terrain
Test des petits maux : le tableau nutri-santé
Chapitre 13 Semaine 2 : Amorcer le changement
Chapitre 14 Semaine 3 : Manger autrement
Conclusion
Annexes
Table des matières
MON PARCOURS
L’alimentation n’était pas au cœur de mon enfance, je n’ai pas été élevée aux boîtes de conserve, mais presque. Les légumes frais et les bons petits plats faits maison étaient réservés aux jours de réception et/ou cantonnés au souvenir des jours heureux de ma (toute) petite enfance. Adolescente, la nourriture fut le nerf de ma guerre d’indépendance : anorexie/boulimie/troubles alimentaires… Ma balance s’est finalement peu à peu équilibrée et je suis devenue une simple consommatrice. Je me nourrissais pour vivre et je me servais dans les rayons du supermarché sans vraiment me poser de questions. Ma conscience « écolo » naissante me faisait bien acheter quelques produits biologiques, mais rien de très réfléchi.
Et puis, un jour, je suis tombée enceinte. En France, la grossesse est souvent un moment très surveillé (médicalement parlant), trop peut-être, mais elle peut marquer le début d’un tournant de réflexion(s) important : sur l’alimentation notamment. En se nourrissant, la femme nourrit aussi un petit être en construction, ça change tout ! Les femmes enceintes connaissent aussi parfois des épisodes surprenants d’instincto-alimentation, des envies irrésistibles pour tel ou tel aliment, venant souvent combler justement une carence… Réelle ou affective ? (Quand nos envies de femme enceinte nous font tomber dans les beignets et la pâte à tartiner, ce ne sont pas des carences en sucres et en mauvais gras que nous venons combler !)
Mon cheminement vers une alimentation saine est d’abord une histoire écrite en « nous », une histoire de famille. Ce qui avait commencé à cheminer en moi pendant ma grossesse a fini d’éclore quand j’ai arrêté d’allaiter mon petit garçon. Il avait 3 mois et demi à la fin de l’allaitement, la transition au lait maternisé s’est donc faite à ce moment-là, la réaction fut immédiate et forte : vomissements en jets, diarrhées… Dans la réalité des faits, l’intolérance aux protéines de lait l’embêtait déjà pendant l’allaitement, mais je n’étais pas encore prête à le voir : je n’avais ni le recul ni les données nécessaires pour comprendre que ses problèmes digestifs et de sommeil pouvaient avoir un lien avec mon lait ! Pour en revenir à la transition au lait maternisé, l’interne qui nous a reçus aux urgences après 48 heures impressionnantes s’arrêta sur l’idée d’une gastro. Ce ne fut heureusement pas le cas de notre médecin traitant de l’époque, un homéopathe sensibilisé à la nutrition qui nous orienta immédiatement vers les laits végétaux en nous donnant des conseils de supplémentation. Le gros de la tempête était passé.
Il m’a fallu du temps pour réaliser et comprendre ce qu’était vraiment une intolérance. C’est en tâtonnant au gré des méandres de la santé de mon fils que j’ai dessiné peu à peu les contours de ses intolérances : lait de vache, tous les laits animaux, gluten et maïs. Isolée dans mes recherches, il m’aura fallu un peu plus de quatre ans pour parvenir à ce que mon enfant trouve enfin un équilibre santé correct ! Deux ans et demi pour mettre fin à ses nombreux symptômes : eczéma, toux chronique, poussée urticante, sensibilité au moindre virus, faible résistance à la chaleur… Et ce sont mes études en nutrition qui m’auront finalement aiguillée sur un dernier point, à savoir que son comportement très agité et « en dents de scie » devait être lié à des hypoglycémies permanentes (en lien avec une alimentation à index glycémique trop élevé).
Nous avons fait un choix familial : nous nous adapterions tous au régime alimentaire de notre enfant. J’ai pris cette idée comme un défi et je me suis mise aux fourneaux dans la bonne humeur, je me suis peu à peu constituée une bibliothèque de références pour une cuisine de tous les jours pratique et efficace… Le cheminement santé qui était destiné à l’origine à un seul membre de la famille s’est trouvé être un cheminement de bien-être pour tous ! Sans gluten et sans laitage, les douleurs de dos et les rhumes quasi chroniques de mon (ex-)mari ont disparu. Mes migraines se sont estompées… En commençant à étudier notre assiette de plus près, d’autres choix se sont dessinés presque naturellement : plus de produits frais, des produits issus de l’agriculture biologique, locaux quand cela est possible… Cette route familiale s’est inscrite dans une globalité de choix de vie, de choix éducatifs : choisir les produits avec notre enfant, suivre le fil des saisons, cuisiner ensemble. Notre alimentation est devenue chaque jour source de bien-être : soit par les bons nutriments et autres vitamines qu’elle nous apporte, soit par les moments de partage et les rencontres qu’elle fait vivre à toute la famille.
C’est ce que je viens vous proposer aujourd’hui : un cheminement vers une alimentation saine en famille !
La naissance de ma petite deuxième aura été le déclencheur pour sortir du cadre familial ce qui est devenu pour moi une passion et en faire mon métier. Désormais nutrithérapeute, j’accompagne des personnes désireuses de mettre en place des changements alimentaires, en les guidant notamment vers des objectifs très « pratiques » : quelle est la liste des ingrédients à conserver ? Quels sont ceux à découvrir ? Où et comment faire ses courses ? Comment préparer des menus ? Comment manger sain sans que cela ne prenne trop de temps sur un quotidien déjà surchargé ? Comment équilibrer son budget ?
L’alimentation à elle seule ne fait pas tout. L’équilibre holistique est un tout, un savant équilibre entre votre carburant (votre alimentation), votre physique (notamment votre dépense physique : nous ne sommes pas faits pour être sédentaires) et votre mental (la pensée positive peut générer à elle seule bien des changements… positifs !).
L’idée de ce livre est née du long voyage vers le changement alimentaire accompli en famille. Ce chemin m’aura fait comprendre ce que l’alimentation peut avoir de positif ! Base d’une bonne santé, centre de ralliement de la famille, moments partagés : ceux du repas mais aussi de la cuisine, des courses, de l’apprentissage… La positivité de l’alimentation va bien au-delà de l’aliment ou de la cuisine en eux-mêmes !
C’est souvent la contrainte qui nous fait jeter un œil sur l’alimentation : intolérance, maladie cœliaque. Nous commençons à nous poser des questions quand le corps envoie des symptômes si forts qu’ils ne peuvent plus être niés. Quand la contrainte dicte un changement, celui-ci est perçu comme contraignant. Or il peut être le point de départ d’un nouvel horizon.
Ce livre s’adresse clairement à deux publics (pas si différents que ça !). Ceux qui, par la contrainte d’une santé altérée (ou celle de leurs enfants) ont besoin d’un changement et/ou ceux qui se posent la question de l’intérêt d’un changement d’alimentation tout simplement… Quelles que soient les raisons pour lesquelles vous avez cet ouvrage en main, sachez que les changements que vous vous apprêtez à faire sont résolument positifs.
Nos corps ne sont pas faits pour l’alimentation raffinée, hypersucrée, complétée par des additifs, des colorants, issue d’une agriculture intensive que nous proposent massivement les industriels aujourd’hui. Plusieurs courants alimentaires naissent de ce constat. Ils ne se ressemblent pas (entre les « paléos », dont l’une des bases alimentaires est la consommation de viande, diète qui est très prisée aux États-Unis, et les végétariens, le fossé paraît immense) et ont pourtant des bases fondamentales communes. C’est en fait très logique car ces approches se basent sur des recherches scientifiques indépendantes sur la nutrition.
Il n’est pas facile de faire le tri dans les informations nutritionnelles à l’heure actuelle car la plupart des discours entendus et véhiculés par les grands médias sont en fait issus… des lobbies industriels ! C’est un travail de fourmi que de trouver des informations issues de recherches indépendantes des intérêts économiques… S’il y a une chose à retenir pour définir la base d’une alimentation saine, c’est de commencer à consommer de vrais aliments (légumes, fruits, aliments non transformés). Le slogan qui circule sur les réseaux sociaux le dit bien : EAT REAL FOOD ! Je vous guiderai sur le chemin de ce changement pour une alimentation positive !
Un livre comme une série de séances de coaching pour mettre en place un changement, une adaptation ou une révolution : il sera votre outil. Vous pouvez le lire de façon linéaire ou aller directement piocher les éléments qui vous intéressent.
21 jours pour changer (un peu ou complètement) sa façon de manger, est-ce vraiment possible ? Oui, et ce n’est pas une montagne ! Surtout grâce à cet ouvrage qui vous donnera plein d’astuces pour que ces changements intègrent au plus vite votre quotidien. Vous allez voir qu’il s’agit avant tout d’une question de… positionnement.
21 jours, c’est le challenge de ce livre, et, si vous le souhaitez, vous pouvez aller directement lire la troisième partie qui vous permettra de mettre en place le changement alimentaire pour votre famille.
Un premier pas ? Comprendre les bases de l’alimentation positive. C’est le cœur de la première partie de ce livre : vous faire voyager dans les racines, à la source de l’alimentation saine et positive. Je termine cette partie en vous donnant des pistes pour passer à l’action en famille, avec vos enfants : l’idée est de vous permettre d’avoir directement les outils pour en parler avec vos enfants, vivre et partager des moments de réflexion et des moments ludiques avec eux. À vous d’adapter ces bases à votre vie, à vos idées et à votre bien-être !
Le changement d’alimentation est un cheminement très intime et personnel. De nombreuses limites peuvent contrarier cette volonté de changer : nous verrons les blocages les plus fréquents qui peuvent survenir.
Ce livre se veut aussi une aide pour établir, plus vite que je n’ai pu le faire, le lien entre alimentation et santé, en vous éclairant sur tous les domaines sur lesquels l’alimentation a une influence certaine et un vrai rôle à jouer dans le maintien en bonne santé ! Une fois que vous aurez les cartes en main, si vous ne parvenez pas à franchir le cap, cela pourrait être lié à des blocages d’ordre psychologique, mais rien qui ne soit infranchissable. C’est ce que je vous propose dans la deuxième partie : « Dépasser nos limites et celles de nos enfants ». La nourriture est très étroitement liée à la sphère psychologique : tétée, lien à la mère, enfance parfois semée de petites phrases injonctives dont il est si dur de se détacher, douceurs ou récompenses auxquelles notre cerveau s’est accoutumé comme une drogue essentielle à la (sur)vie. Si les suggestions de ce livre ne vous aident pas à surmonter vos blocages, vous aurez les outils en main pour aller voir un professionnel qui vous aidera à trouver les clés. Je reviendrai aussi sur l’importance de la modélisation pour mieux vivre cette transition en famille et aider vos enfants à bien vivre ce changement positif !
Si positif soit-il, ce changement demande un peu de préparation et d’organisation, c’est tout l’intérêt de la troisième partie qui vous guide en vous donnant des trames toutes prêtes et flexibles, à suivre pas à pas ou dans lesquelles piocher pour créer votre propre route ! C’est un peu le cœur de l’ouvrage : le challenge de changer en 21 jours ! L’idée, c’est qu’au bout de ces 21 jours, le changement ait intégré votre quotidien et donc ne soit plus une contrainte. 21 jours, c’est le « cap » mis en avant par des psychologues pour programmer notre cerveau à de nouvelles habitudes. Quand on connaît le caractère essentiel d’une alimentation saine, 21 jours ne sont pas grand-chose, qu’en pensez-vous ?
Parfois adopter une alimentation saine ne suffit pas. Notre alimentation moderne est carencée : les apports quotidiens en vitamines, minéraux et oligoéléments, entre autres, sont rarement couverts et trop souvent déséquilibrés. La micronutrition et la nutrithérapie peuvent alors être un outil merveilleux pour vous permettre de retrouver équilibre et bien-être. Ces deux champs thérapeutiques s’intéressent avec précision à nos apports en vitamines, minéraux, oligoéléments, acides aminés, acides gras… Ils permettent de faire le point sur les carences et les excès, et de les corriger.
Cependant, les données correspondant à ces apports sont individuelles : les besoins de chacun sont très différents, et il faut être assez prudent sur la supplémentation « à l’aveugle » (autrement dit sans bilan médical préalable). Sur le modèle américain, nous aurions trop souvent tendance à nous tourner vers les « petites gélules » à prendre en complément de notre alimentation, en nous disant que cela ne peut qu’être positif de « faire le plein » de vitamine C, de vitamine D, et de tout autre micronutriment (souvent synthétique) associé à un aspect bonne santé. Nous nous laissons souvent tenter par les allégations santé de nombreux compléments alimentaires qui nous promettent de l’énergie, moins de stress, le retour du sommeil…
Une supplémentation ne peut rien sans une alimentation équilibrée. Elle peut en revanche aider sur le chemin du bien-être en cas de carence avérée. Nous pensons trop souvent que mieux vaut trop que pas assez. En fait, notre organisme dépend d’un équilibre subtil. Ainsi, si une carence en vitamine D est problématique, un excès peut aussi avoir des conséquences importantes. Il en va de même pour la vitamine A, certaines vitamines du groupe B, la vitamine E, mais aussi pour le calcium, le fer, le zinc… De plus, certains minéraux sont en quelque sorte en compétition entre eux quant à leur assimilation lorsqu’ils se retrouvent dans un même complément.
Vous l’aurez compris, l’équilibre peut se trouver tout simplement dans votre assiette ! Mais si vous sentez que votre état de bien-être n’est pas optimal malgré une alimentation saine et diversifiée, pensez alors à consulter un spécialiste qui vous aidera à trouver la supplémentation adaptée à vos besoins, soit par l’intermédiaire d’une prise de sang, soit par l’intermédiaire de questionnaires en micronutrition qui sont souvent tout aussi efficaces (notamment sur certains marqueurs biologiques peu efficaces, car, par exemple, trop dépendants de votre repas de la veille).
D’une façon générale, vous pouvez renforcer l’équilibre de vos assiettes en faisant attention aux grands déséquilibres les plus connus au sein de la population occidentale. Retrouvez tout au long de l’ouvrage des zooms nutrithérapeutiques pour vous éclairer sur ce point !
Être positif (comme dans l’expression « parentalité positive » par exemple), c’est penser au bien-être des générations futures : c’est une démarche qui éclaire, pour beaucoup d’entre nous, la parentalité : c’est en devenant parents que l’on commence à se sentir responsables… de l’avenir de nos enfants. S’ensuivent des choix éducatifs, de vraies remises en question de notre système de valeurs, une prise de conscience de l’importance de l’écologie… Être positif, c’est une façon de penser, un mode de vie !
PORTRAITS
Découvrez ici quatre familles types différentes qui vont cheminer avec vous tout au long de cet ouvrage.
Famille burger-chips « Junk »
Papa, maman, trois enfants, 12 ans, 8 ans et 4 ans.
Élevés au Nutella ® , appréciant le McDo ® et les pizzas, papa boit toujours son chocolat chaud le matin. Pas de caricature ici, on aime juste se faire plaisir et cela passe notamment par la nourriture. La famille apprécie aussi les bons petits plats lors des déjeuners dominicaux en famille : barbecue l’été, blanquette, tartiflette l’hiver. Ce sont des bons vivants ! Les légumes ne sont pas complétement absents de la vie alimentaire de cette famille, mais ce n’est pas du tout la priorité. Se faire plaisir est une base. D’ailleurs, cela ne pose pas de problème, puisque tout le monde est en parfaite santé.
Le ventre de papa pointe un peu, mais c’est sans doute lié à l’âge, tout comme son mal de dos qui l’embête de temps en temps : la quarantaine que voulez-vous ! Il pense régulièrement à se remettre au sport, mais le temps passe et la motivation aussi.
Les enfants vont très bien aussi. Mathilde, 12 ans, a bien fait un peu d’asthme petite, mais cela s’est finalement régulé au début de l’adolescence. Mathias est un peu fort pour son âge, mais avec la poussée de croissance de l’adolescence cela va rentrer dans l’ordre, et puis, comment lui résister ? C’est un enfant qui fonctionne beaucoup à la récompense, et quelques bonbons ne peuvent pas faire de mal. Lucas est un peu agité, turbulent, un enfant plein de vie que l’on a parfois du mal à canaliser, mais vous savez, les enfants d’aujourd’hui…
MARIE, 38 ANS

« Je ne vois pas l’intérêt de changer notre façon de manger. De toute façon, tous ces trucs d’alimentation santé c’est juste une mode. Bon d’accord, c’est vrai qu’en relisant notre présentation, il faut bien admettre que notre santé générale n’est pas si parfaite que ça… Vous dites que ça pourrait vraiment avoir un lien avec notre assiette ? Oui, mais mon mari et mes enfants n’accepteront jamais de se priver de douceurs ou de leur hamburger… Et puis je n’ai pas l’intention de passer ma vie aux fourneaux… Qui gère l’intendance à votre avis ? »
Famille pressée « Speed »
Maman (ou papa) solo, deux enfants, 7 ans et 2 ans. Budget serré.
C’est la course contre la montre. Faire lever les enfants, petit-déjeuner, préparer les sacs de tout le monde pour la journée, et glisser un plat tout prêt à faire décongeler au micro-ondes pour la pause déjeuner au boulot. Ce soir, en rentrant, il faudra enchaîner : récupérer les enfants, étendre le linge, surveiller les devoirs de Paul qui a quelques difficultés à l’école tout en essayant de canaliser la petite Éloïse pour qu’elle ne retourne pas entièrement la maison rangée la veille. Préparer un dîner en dix minutes montre en main (faire chauffer à la poêle le plat surgelé tout prêt, ou les poissons panés, une boîte de haricots verts que les enfants ne mangeront pas, et faire cuire des pâtes). Ensuite le bain, le dîner, les histoires du soir, et dodo pour les enfants. La deuxième journée commence alors pour maman : ranger, plier, peut-être avoir une demi-heure pour soi les bons soirs, avant de se coucher épuisée et de se réveiller dans le même état de fatigue le lendemain.
La santé est bonne, mais cette fatigue chronique qui plombe les journées, rend moins patiente avec les enfants, rend toute tâche insurmontable d’avance…
AÏCHA, 30 ANS

« Ce serait si simple si quelques changements alimentaires permettaient d’arranger ça… Et puis, de toute façon, je n’aurai jamais le temps de cuisiner. Changer d’endroit pour faire mes courses, trouver des recettes, pfff, je ne vois même pas comment je trouverais l’énergie ! »
Famille sportive « Sport »
Papa, maman et un enfant, 2 ans.
Ils ont toujours pratiqué le sport à un niveau assez intensif. Monsieur court tous les matins avant de partir au boulot. Il fait de l’athlétisme depuis l’âge de 6 ans ! Deux entraînements par semaine plus les compétitions (ou les raids, ils aiment bien les défis en pleine nature). Ce qui l’embête, c’est qu’en ce moment il est coincé à la maison, cette cheville qui le lâche régulièrement. Ça a commencé à l’âge de 20 ans par une fracture, depuis il se l’est foulée trois fois, mais bon, ça finit toujours par repartir ! Madame s’est inscrite dans une salle de gym depuis que son fils est confié quatre matinées par semaine à la halte-garderie. Elle a choisi de ne pas reprendre le boulot tout de suite pour s’adonner à sa passion : l’escalade. Sauf qu’une tendinite l’empêche désormais de pratiquer régulièrement, c’est sans doute qu’elle en a trop fait !? Mais quand même à 32 ans, c’est un peu jeune, non ?
Ils font attention à leur alimentation, en mangeant des sucres lents les veilles d’effort. De la viande pour les protéines, des légumes frais… Pas mal de laitages aussi, par goût mais aussi pour avoir des os solides et faire le plein de calcium. Une fois par semaine, les courses sont faites de façon efficace au supermarché. Pas trop de temps à consacrer à la cuisine, sauf le week-end où ils s’organisent pour préparer quelques plats en plus grosse quantité parce que, quand même, le fait maison, c’est meilleur pour la santé.
Ce qui les embête en ce moment, ce sont les crises d’asthme à répétition de Théo… Les traitements sont forts quand on y pense. Pour deux parents en parfaite santé, voir leur enfant si faible et fragile est très inquiétant, surtout qu’il n’y a jamais eu d’allergie dans la famille…
RÉMI, 35 ANS

« Après avoir vu un reportage à la télé, nous sentons bien que nous pourrions peut-être faire autrement, juste pour voir, ça ne pourra pas nous faire de mal. Et puis c’est sûr que si ça pouvait améliorer un peu l’état de Théo… Nous commençons à nous faire beaucoup de soucis, il est hospitalisé de plus en plus souvent (nous avons fini deux fois aux urgences le mois dernier). Il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps. »
Famille classique « Tradi »
Papa, maman, quatre enfants, 13 ans, 9 ans, 5 ans et 3 ans.
Pas de sport pour papa et maman, mais les enfants (les trois plus grands en tout cas) ont une activité extrascolaire. Le week-end, une fois la course des activités finie, la télévision et l’ordinateur occupent la petite tribu, alors que maman et papa se retrouvent autour de l’apéro pendant que le dîner mijote. Monsieur et madame ne sont pas passionnés par la cuisine. Ils la font parce qu’il le faut bien. Conscients que l’alimentation peut avoir un rôle important, ils y pensent de temps en temps mais ne voient pas du tout comment changer leurs habitudes. Très pris par leur boulot et leurs quatre enfants, ils ont bien d’autres sujets de préoccupation. Il y a aussi les visites chez le médecin au moins deux fois par mois. Le petit dernier enchaîne les otites et les traitements antibiotiques. Leur fille aînée à des problèmes articulaires. Maman est sous traitement à vie pour des problèmes de thyroïde.
Les recettes traditionnelles ancrées dans les mémoires sont une base facile à adopter car il n’y a pas besoin d’ouvrir un livre de recettes ou de chercher un ingrédient. Et puis, la France est le pays de la gastronomie, c’est bien connu. Les Français mangent beaucoup mieux que les Américains par exemple. Au final, ils suivent relativement bien les préconisations « santé », quand on y pense. Et puis les traitements médicaux sont très efficaces !
LAURENCE, 42 ANS

« Une partie de moi sait bien que changer d’alimentation pourrait avoir des répercussions positives, mais c’est comme si ça me paraissait être une barrière infranchissable. J’ai l’impression que cela me demanderait beaucoup trop d’énergie. Et puis ce n’est pas facile de faire évoluer les habitudes de six personnes. Honnêtement, cela m’ennuie d’avance. »
Vous vous reconnaissez ? Sans doute un peu dans chaque famille ? Oui, ces portraits peuvent parfois se mêler en un seul !
Emmenons ces familles sur le chemin du changement, vous les suivez ?
Partie 1
POURQUOI ADOPTER UNE ALIMENTATION POSITIVE

Chapitre 1
INTRODUCTION À LA DÉFINITION D’ALIMENTATION POSITIVE
Ce tout premier chapitre est là pour poser des bases qui seront ensuite développées, expliquées, traitées de façon très pratique tout au long du livre. Cette alimentation positive que je vais tâcher de vous décrire, je l’ai dessinée peu à peu d’abord personnellement, en lisant beaucoup (vous trouverez mes références bibliographiques à la fin de cet ouvrage), puis en me formant à la naturopathie et à la micronutrition, pour répondre à une envie de partager ce que je savais sur le chemin du « mieux-être », et aussi, en fin de compte, pour élargir la dimension personnelle d’une recherche de bien-être à l’échelle de notre planète… Comme la santé est issue d’un équilibre entre plusieurs éléments, elle fait partie d’un tout, d’un tout que nous devons prendre en compte pour avancer ensemble.
Vous risquez de ne pas être d’accord sur tout. C’est normal. Cette définition, même si elle est basée sur des recherches scientifiques indépendantes, est issue d’un point de vue personnel. Laissez-vous la liberté et le temps de « digérer » les arguments que j’avance dans ce livre. Ils font sens. Je suis là pour vous accompagner sur le chemin des possibles. Selon où vous en êtes aujourd’hui, vous pourrez déjà évoluer sur certains points. Si d’autres ne vous conviennent pas aujourd’hui, n’hésitez pas à les mettre de côté. Documentez-vous, faites-vous votre propre opinion avant de les rejeter ou de les accepter pleinement, ce sera le meilleur moyen pour les faire vôtres. Et c’est bien là tout l’objectif de ce livre.
L’alimentation positive, à la base même de votre vitalité, tend à être le plus possible d’origine biologique, avec une base importante de végétaux. Elle respecte le rythme des saisons et pioche la plupart de ses éléments dans des produits locaux. Elle s’éloigne le plus souvent des produits tout prêts et transformés à outrance que vous propose l’industrie agroalimentaire. L’alimentation positive est une alimentation respectueuse de vos besoins physiologiques, tout autant que de l’environnement. Elle vous demande de prendre votre part de… responsabilité, de vous tourner vers ce qui fait sens, d’aiguiser votre esprit critique… Et de prendre en main avec bonheur les quelques étapes assez simples qui peuvent vous amener sur le chemin du changement !
Avant de nous intéresser de façon très concrète à comment faire, observons d’un peu plus près les éléments de base de cette définition.

Chapitre 2
C’EST MEILLEUR QUAND C’EST BIOLOGIQUE ?
Cette question est l’une des plus récurrentes auxquelles je dois répondre au quotidien dans mon travail. De nombreuses personnes se méfient du « bio » : coup de marketing ; si c’était meilleur on le saurait ; le vrai bio n’existe pas vraiment… Pour pouvoir y répondre, il convient avant tout de réfléchir à la définition de « biologique ».
Pour beaucoup encore aujourd’hui, l’agriculture biologique, c’est essentiellement un logo (le plus connu : AB) et des prix beaucoup trop chers pour qu’il leur paraisse intéressant d’intégrer des produits bio dans leur quotidien.
Je vais essayer de vous proposer un regard à la fois plus large et plus précis d’une alimentation « biologique ». Étymologiquement, biologie signifie science du vivant. L’agriculture et l’alimentation biologiques devraient donc raisonner en communion avec les sciences de la vie et de la terre. Je pense qu’un petit détour historique est fondamental pour bien comprendre de quoi nous parlons aujourd’hui. Vous me suivez ?
Si l’agriculture a connu plusieurs stades dans son évolution, le plus marquant est celui qui a été initié après les deux guerres mondiales. Plusieurs éléments concomitants ont donné naissance à l’agriculture et à l’alimentation telles que nous les connaissons aujourd’hui. Une pénurie alimentaire sans précédent a poussé les pouvoirs politiques à réfléchir à des solutions pour re-nourrir rapidement leurs populations. Les possibilités des industriels se sont trouvées en parfait accord avec ce besoin.
L’histoire de la création des produits phytosanitaires (un joli nom qui regroupe en fait les familles suivantes : pesticides, herbicides, insecticides ainsi que tous les engrais chimiques) tels que nous les connaissons aujourd’hui est assez peu connue, et pour cause ! Les industriels cherchaient en effet à écouler les stocks de « poisons » de guerre. Le « gaz moutarde » (arme chimique composée de chlore, utilisée pendant la Première Guerre mondiale), par exemple, sera transformé en pesticides. À l’aide de dosages savamment étudiés, les industriels obtiennent pesticides, insecticides et autres engrais non naturels. La « révolution verte » initiée en Europe et aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale en a fait la norme. Et l’agriculture intensive est ainsi devenue la base de notre production alimentaire.
La mise en vente sur le marché d’un produit phytosanitaire dépend d’une autorisation de mise sur le marché donnée pour dix ans. Or l’étude du Pr Seralini a permis de porter à la connaissance du grand public le scandale du maïs transgénique Monsanto 810 en révélant tout simplement que ces évaluations de mise sur le marché sont en fait basées sur les propres études et déclarations du… fabricant !
Aujourd’hui, en France, l’agriculture utilise environ 500 pesticides pour près de 8 000 produits différents commercialisés ! Les rendements n’ont jamais été aussi importants, nous produisons tellement que nous jetons une partie de nos récoltes… Mais depuis quelques années, les rendements ne sont plus aussi élevés qu’ils ne devraient l’être, la terre s’épuise, et le « toujours plus de produits (phytosanitaires) » n’a pas les résultats attendus, les agriculteurs sont malades 1 …
Il semblerait que cette agriculture ait tout simplement oublié la base même de la croissance vitale. En pensant trouver l’abondance, nous avons entrepris une marche vers un système destructeur pour notre planète, pour les sols, pour les animaux… et pour nous-mêmes. Je ne suis pas ici pour développer complètement ce sujet qui a déjà été très bien expliqué par d’autres auteurs et qui est particulièrement bien dénoncé dans d’excellents films documentaires 2 , mais le sujet est assez important pour un mini-développement afin que vous puissiez mieux comprendre « ma » définition de l’alimentation biologique. Voici donc quatre points illustrés par des exemples pour vous montrer en quoi l’agriculture que l’on dit « conventionnelle » est toxique, et donc en quoi, à mon sens, l’alimentation qui en découle l’est aussi.
Toxique pour la planète ?
Une toute petite illustration. Vos enfants adorent (au choix) les saucisses de Strasbourg/les steaks hachés/les hamburgers ? (Cette question peut aussi très bien marcher avec vous-même.) Bien. Ces aliments proviennent de la viande de bœuf. Si vous ne choisissez pas ces aliments d’origine biologique, alors ils proviennent d’élevages industriels. Je passerai dans un premier temps sous silence les conditions de vie des animaux 3 dans de tels élevages pour faire un focus sur leur alimentation. Les animaux sont nourris principalement de soja (sous forme de tourteaux). Beaucoup d’animaux demandent beaucoup de soja. D’où vient-il ? D’Amérique du Sud très souvent, où d’immenses plantations de soja prennent chaque jour un peu plus de place au détriment de la forêt amazonienne 4 . Or, même si vous ne souhaitez pas devenir végétarien, vous pouvez réduire votre consommation de viande et surtout choisir sa qualité : l’impact de votre choix à ce sujet sera de fait remarquablement positif pour la planète ! En effet, si la réglementation sur le label « bio » n’est pas parfaite, elle impose aux éleveurs que 50 % de l’alimentation animale (des bovins dans notre exemple) soit issue d’aliments produits sur l’exploitation (ce qui limite les importations, favorise la polyculture…), elle interdit également formellement l’utilisation d’OGM, mais aussi celle d’antibiotiques ou de stimulants de croissance (qui font partie des rations « courantes » d’un bœuf issu d’un élevage intensif).
Toxiques pour nos sols ?
La liste des effets négatifs de l’agriculture intensive est connue et ne fait que s’allonger : dégradation des sols ; salinisation des zones irriguées ; surexploitation et pollution des nappes phréatiques ; résistance aux pesticides ; diminution de la biodiversité ; et surtout, finalement, il apparaît de plus en plus clairement qu’une baisse de rendement est inévitable à terme : les engrais ne peuvent pas tout sur une terre desséchée et complètement appauvrie, usée 5 .
Nous avons la chance d’avoir en France le dernier ingénieur agronome diplômé en microbiologie des sols (c’est-à-dire ayant appris comment fonctionne la vie de la terre !), il s’agit de Claude Bourguignon. Pourquoi le dernier ? Parce que cette spécialité n’existe plus en France depuis 1986. Et depuis, toutes les chaires de microbiologie des sols ont fermé dans le monde ! Autrement dit, tous les ingénieurs agronomes depuis cette date ne sont plus formés à la microbiologie des sols… Ils ont en revanche dans leur cursus de nombreuses heures consacrées à la chimie et au dosage des engrais (chimiques) pouvant amener le meilleur rendement. Or Claude Bourguignon explique que le sol, loin d’être inerte, contient 80 % de la biomasse de la terre et ne nécessite aucun engrais et donc aucun pesticide.
Pour mieux comprendre nos sols, leur destruction et surtout comment faire autrement, je vous recommande l’ouvrage de Claude Bourguignon, Le sol, la terre et les champs 6 . Vous pouvez aussi retrouver une interview de Claude Bourguignon dans le magnifique documentaire de Coline Serreau : Solutions locales pour désordre global 7 :
« Nous ne faisons plus de culture en Europe, nous gérons de la pathologie végétale. C’est-à-dire, nous essayons de maintenir vivantes des plantes qui ne demandent qu’à mourir tellement elles sont malades. Rien à voir avec l’agriculture : l’agriculture, normalement, c’est cultiver des plantes saines. On ne mettait pas un pesticide sur les blés en 1950 en Europe. […] Maintenant, c’est au moins trois ou quatre. […] Autrefois, les champs étaient pleins de coquelicots, il y avait d’autres espèces [au milieu des blés], une vraie biodiversité. […] Avec Lydia [sa femme], on a quitté l’INRA puisque quand on a commencé à montrer que les sols mourraient biologiquement, on nous a demandé de nous taire. »
« Nous avons aujourd’hui, en Europe, perdu 90 % de biodiversité des sols : de telles proportions nous permettent d’imaginer assez facilement que cela ne peut pas être sans conséquences ! »
Toxiques pour les animaux ?
Faire le tour de l’ensemble des dérives de notre système d’élevage actuel ferait l’objet d’un livre à part entière. Je vais donc me contenter de vous faire visiter brièvement un poulailler.
Concernant les poules pondeuses, il faut savoir qu’en contrôlant la lumière, la nourriture et l’heure des repas, les industriels sont aujourd’hui en mesure de faire pondre les volailles toute l’année : une poule « industrielle » pond ainsi près de 300 œufs par an. Il existe des entreprises d’accouvage dans lesquelles des milliers de poussins à destination d’élevages de poules pondeuses ou de poulets de chair éclosent. À la naissance, les poussins sont triés et « sexés ». Les femelles de type « pondeuse » sont conservées tandis que les poussins mâles de la même souche sont écartés et traités en déchets : les poussins mâles des poules pondeuses sont inutiles pour une raison simple : ils ne pondent pas. Ils ne conviennent pas non plus pour être élevés comme poulets de chair. Ils sont donc tués juste après la naissance. Pour s’en débarrasser de la façon la plus économique possible, les industriels ne prennent aucun gant : ils peuvent être broyés, gazés, entassés vivants dans des sacs plastiques dans lesquels ils agoniseront par étouffement. On parle de dizaines de millions de poussins mâles (ou faibles) tués (car inutiles) par an. Malheureusement, ce système est identique en agriculture conventionnelle et en agriculture biologique.
Le sort réservé aux poules non exterminées n’est pas très réjouissant non plus. Espace « rentabilisé » (jusqu’à 5 volatiles dans une cage d’environ 50 cm sur 50 cm), becs coupés, hors-sol, hors lumière du jour… Une « non-vie » qui finit à l’abattoir (et dans les bouillons-cube, les raviolis, etc.).
Quelles sont alors les solutions à portée de nos assiettes ? Manger moins d’œufs peut en être une première. Acheter des œufs en circuit court (le paysan fermier fournissant une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) est moins susceptible de suivre cette démarche) ou faire du troc avec votre voisine qui a des poules dans son jardin ! Supprimer les œufs de son alimentation. Si si, c’est possible !
Pour vous y retrouver, ne vous fiez pas aux indications parfois trompeuses type « œufs de ferme », qui ne veulent pas dire grand-chose. Mais plutôt aux codes tamponnés sur les œufs.
Décoder les œufs

Caractère imprimé sur l’œuf avant les lettres FR
Traduction (et mention obligatoire sur la boîte)
0
Œufs de poules élevées en plein air (agriculture biologique) :
• 6 poules/m 2
• extérieur accessible
1
Œufs de poules élevées en plein air :
• 9 poules/m 2
• extérieur accessible
2
Œufs de poules élevées au sol :
• 9 poules/m 2
• pas d’accès à l’extérieur !
3
Œufs de poules élevées en cage :
• 16 poules/m 2
• encagées et sans accès à l’extérieur
LAURENCE (TRADI)

« Nous mangeons déjà un peu de bio, surtout les fruits et les légumes en fait. J’avoue que je n’avais pas vraiment réalisé la provenance de ce que je trouve au supermarché… Je ne suis clairement pas prête à supprimer les œufs de mon alimentation, mais c’est vrai que faire attention au code sur la coquille (ou la boîte) ne me demandera pas un effort insurmontable. Par contre je n’étais pas du tout au courant pour le tri des poussins mâles, c’est dingue quand on y pense que, pour qu’on puisse manger des œufs, cela se passe comme ça… »
Toxique pour nous-mêmes ?
Nous détruisons notre lieu de vie, cela ne peut être sans conséquences directes sur nous. Il est sûr que « prendre conscience » de tout cela n’est pas chose facile. Et je ne suis pas là pour vous faire culpabiliser, mais pour vous faire sentir responsables. La culpabilité est ce que l’on ressent quand on a mal agi et que l’on ne sait pas comment faire pour y remédier. La responsabilité apporte une nuance de taille : être conscient de notre possibilité de changer les choses, vraiment. Oui, une seule personne qui mange végétarien pour ne plus participer à la déforestation en Amazonie ne changera fondamentalement rien au problème, mais elle change fondamentalement plus les choses que celle qui dénonce cette déforestation, peste contre les pouvoirs publics qui ne font rien, tout en continuant à manger régulièrement son hamburger au fast-food 8 .
Se sentir responsable, c’est se sentir en lien avec notre propre corps, notre planète, entre êtres humains. Car oui, votre action isolée ne changera pas l’ensemble des données. Mais vous n’êtes pas seuls. D’autres que vous sont en train de cheminer en conscience et de changer leurs comportements. Plusieurs philosophes et autres guides spirituels parlent de l’importance d’une masse critique. En changeant notre assiette, nous prenons conscience de beaucoup de choses, et plus nous serons nombreux à le faire, plus l’impact de ce changement sera positif, pour tous.
MARIE (JUNK)

« Merci de faire ce point sur la différence entre culpabilité et responsabilité. Honnêtement, je sais bien, je vois bien que nous mangeons “mal”. Mais rien que ce mot “mal” me fait me sentir tellement coupable que ça me paralyse complètement dans l’idée d’amorcer le moindre changement. Et puis ça me met en colère cette sensation que l’on puisse juger la façon dont je nourris mes enfants. Mais c’est sûr que si je me centre juste sur moi, je peux sans doute voir sur quels points je voudrais/pourrais me sentir “responsable” ».
Ainsi, par définition, un produit biologique doit obligatoirement être issu de l’agriculture biologique, c’est-à-dire exempt de polluants chimiques et cultivé dans le respect de l’environnement. La première étape pour un producteur ou un transformateur est d’avoir recours à un organisme certificateur qui garantit le respect du cahier des charges de l’agriculture biologique. Un des critères premiers de ce système de production agricole spécifique est l’interdiction de l’usage d’engrais et de pesticides de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés (OGM).
Alors, certes, les champs bio ne sont pas hors de portée de quelques traces de produits chimiques issus d’autres cultures apportés par le vent, la pluie… (les champs bio ne sont pas sous cloche étanche !), mais la règlementation impose une certaine distance entre deux champs relevant de modes de production différents. Il y a une vraie différence entre un aliment cultivé grâce aux produits chimiques et un aliment cultivé en agriculture biologique. Au-delà de l’absence de produits phytosanitaires, plusieurs études indépendantes démontrent une plus grande concentration en phytonutriments 9 (vitamines, minéraux, etc.).
A contrario, prenons un fruit issu de l’agriculture conventionnelle. Beaucoup d’agriculteurs disent aujourd’hui faire de l’agriculture « raisonnée », ils ne « traitent » la plante que si besoin. Le reportage d’Éric Wastiaux, Manger sain : info ou intox 10 ? , permet de réaliser concrètement ce qu’il en est. L’agriculteur traite ses plants de fraises au début de leur croissance (sur deux mois), puis il dit faire presque de la culture biologique les mois qui suivent, en ne traitant plus que ponctuellement ou avec des produits assez « naturels ». Le problème, c’est qu’une fraise prélevée à maturité présente, à l’intérieur du fruit, les résidus de quatre pesticides différents : ils ont servi à sa croissance, il est donc presque « normal » qu’ils soient intégrés au fruit. Certes, la plupart des contrôles montrent des résultats en dessous des seuils autorisés. Ils vont tous dans le même sens : tous les fruits et légumes issus de l’agriculture intensive présentent des résidus de pesticides, certains fruits étant plus sensibles que d’autres. Les fraises, les raisins et les pommes sont ceux qui contiennent le plus de résidus d’intrants chimiques (pesticides ou autres). A contrario, les bananes, les ananas et les kiwis sont ceux qui en contiennent le moins. Mais le problème, c’est qu’aucune autorité publique ne prend en compte aujourd’hui l’interaction potentielle entre les différents pesticides (présents sur un seul fruit, alors imaginez sur un repas, une journée… !) pour établir des « seuils » de tolérance.
Claude Reiss, chercheur en biologie cellulaire et moléculaire, a soutenu une étude scientifique anglaise 11 pour savoir quelles pouvaient être les conséquences de ces « cocktails » de pesticides présents dans notre alimentation quotidienne. Si effectivement la plupart des fruits et légumes présentent bien des traces de résidus en dessous des limites légales, les responsables de l’étude confirment que les résultats sont préoccupants. « Ce travail montre que certains pesticides, isolément ou en combinaisons, peuvent induire du stress et des modifications du devenir des cellules humaines. Ils peuvent aussi interférer avec des processus cellulaires basiques comme celui de la production d’énergie. Ces effets ont été mis en évidence à des concentrations proches de celles trouvées dans nos aliments. Ce travail suggère que nous devrions faire davantage d’efforts pour restreindre l’utilisation des pesticides dans les cultures destinées à l’alimentation… » déclare le professeur Michael Coleman, responsable de l’étude.
« Les résultats de cette étude sur une combinaison de trois résidus de pesticides que nous avions trouvés sur une même grappe de raisin en 2008 montrent que l’évaluation du risque ne rend pas compte d’éventuels effets de synergie entre pesticides, ce qui peut conduire à une sous-estimation grave du risque pour l’homme et l’environnement. »
Claude Reiss essaie aussi de faire la lumière sur les perturbateurs endocriniens, qui pourraient être source de modifications hormonales chez l’humain, même à dose infinitésimale. Écoutons Hélène Sarresca, cofondatrice d’Antidote Europe, pour comprendre de quoi il s’agit : « Beaucoup de nos fonctions biologiques sont sous le contrôle d’hormones, des substances synthétisées par des glandes que l’on appelle glandes endocrines. Les hormones agissent généralement en dehors de leur lieu de production. Par exemple, des hormones produites dans le cerveau contrôlent le cycle menstruel chez la femme, par une action sur les ovaires. Cette action se fait suite à la liaison de l’hormone avec son récepteur spécifique, à la façon d’une clé dans une serrure. Notre système hormonal est également appelé système endocrinien. Un perturbateur endocrinien est une substance chimique de synthèse capable d’interagir avec notre système hormonal. » Or même l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un dernier rapport datant de 2012 12 concède que la toxicité des perturbateurs endocriniens ne suit pas les mêmes règles que celle d’autres substances. Leur effet n’est pas proportionnel à la dose mais dépend en très grande partie du stade du développement du sujet lors de l’exposition (périodes sensibles : période fœtale, petite enfance…). Ce rapport énonce aussi le fait que ces substances pourraient être à l’origine de maladies graves dont le nombre de cas explose depuis quelques décennies (cancers dépendant d’hormones notamment : sein et prostate, problèmes d’infertilité…).
Au vu de ces quelques éléments, on se rend aisément compte qu’il est difficile de manger sain et positif sans faire un détour par l’agriculture biologique, et surtout sans un vrai regard différent sur nos assiettes.
La responsabilité dans votre assiette vous permettra ainsi d’entrer dans une aire positive… qui le sera aussi pour votre santé et votre bien-être ! Nous avons tellement de « petits » soucis de santé aujourd’hui que nous ne prenons même plus conscience du fait qu’ils sont bien des soucis de santé : migraines, douleurs de dos, fatigue, rhume à répétition… L’OMS définit la santé comme un état de complet bien-être physique, mental et social, et précise qu’elle ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. Nous avons presque oublié que l’ostéoporose n’est pas une fatalité (les études épidémiologiques montrent ce que le dernier rapport de l’OMS a appelé « le paradoxe du calcium » : les populations qui consomment le plus de calcium sous forme de produits laitiers sont les plus affectées par l’ostéoporose et les fractures de la hanche, alors que les populations qui consomment peu ou pas de laitages, comme les Asiatiques, ont une incidence très inférieure), ou qu’il n’est pas « normal » qu’un bébé régurgite plus de la moitié de ses repas, fasse régulièrement des poussées d’eczéma ou une otite à chaque poussée dentaire…
Retrouvez le sourire, le chemin de l’alimentation positive n’a vraiment rien de contraignant, l’étape la plus importante étant le changement de point de vue : en faisant certains choix, vous allez tout simplement redéfinir vos priorités et ce qui peut vous paraître aujourd’hui encore une montagne ne sera plus qu’une formalité.
L’alimentation biologique est donc bien plus qu’un label, elle est un positionnement, un choix. Elle vous offre le pouvoir de choisir en conscience le contenu de votre assiette : des aliments frais, de saison, le plus possible locaux. C’est une excellente base ! Et pour qu’alimentation biologique rime pleinement avec alimentation saine, il faut explorer un peu plus en amont la partie « nutritionnelle » de votre assiette… Nous verrons cela en détail dans la partie 3 .

Chapitre 3
C’EST QUOI LE PROBLÈME DES PLATS TOUT PRÊTS ? ILS SONT QUAND MÊME BIEN PRATIQUES !
Pour nous « faciliter » la vie, les industriels, même bio, vous proposent une large gamme de préparations minute. Les plats tout prêts labellisés bio coûtent souvent très cher. Ils doivent répondre à certains critères techniques de qualité qui peuvent justifier en partie leur prix : être composés d’aliments de qualité biologique, ne pas comporter d’additifs alimentaires chimiques (47 additifs alimentaires naturels sont autorisés en bio, contre 600 naturels et chimiques en conventionnel 13 ), etc.
Seulement les préparations industrielles restent… industrielles ! Elles doivent pouvoir se conserver longtemps pour parvenir jusqu’à votre assiette, avoir du goût et une texture agréable pour vous satisfaire. En conséquence, les plats préparés bio comportent souvent tout autant de gras, de sel et de sucre, si ce n’est parfois plus, que leurs homologues conventionnels. Ces ingrédients permettent en effet de relever le goût d’un plat, de lui donner une belle « tenue ». Par ailleurs, les plats préparés ont souvent subi des cuissons à de hautes températures, ce qui fait perdre en route beaucoup des bienfaits des matières premières biologiques. Tout cela, vous le comprenez fort bien, au détriment d’une vraie qualité nutritionnelle dans votre assiette.
En outre, d’un point de vue « santé de la planète » (qui peut selon moi difficilement se dissocier de notre propre santé), il est difficile de connaître l’origine géographique des différents ingrédients utilisés dans les produits préparés. La seule indication « Agriculture UE/non UE » ne donne pas beaucoup d’informations sur l’origine des ingrédients. Le produit peut être transformé en France, uniquement à partir d’ingrédients étrangers, et portera la mention « fabriqué dans la région X ».

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