La Coupe à Québec : Les Bulldogs et la naissance du hockey à Québec
162 pages
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La Coupe à Québec : Les Bulldogs et la naissance du hockey à Québec , livre ebook

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Description

Quand Québec remporta la Coupe Stanley avant les Canadiens de Montréal.
-Une histoire inédite et passionnante, racontée par le journaliste sportif Marc Durand, après plus de dix (10) années de recherche et d’entrevues.
-Des textes remplis d’anecdotes et d’histoires captivantes : la naissance du Quebec Hockey Club, la rivalité Québec-Montréal dès le premier match en 1880, les controverses, les grandes victoires de 1912 et de 1913, les exploits des Joe Malone, Paddy Moran et Joe Hall…
-Plus de 150 photographies, illustrations et documents d’époque.
-Un document de référence fascinant appuyé par de nombreuses données statistiques
-Un panorama des grandes décisions qui ont façonné notre sport national, souvent lancée depuis Québec.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 novembre 2012
Nombre de lectures 0
EAN13 9782923794495
Langue Français
Poids de l'ouvrage 10 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Cette publication a été réalisée à l’initiative de la Commission de la capitale Commission de la capitale nationale du Québec
nationale du Québec avec la collaboration de la Ville de Québec et des 525, boulevard René-Lévesque Est
Éditions Sylvain Harvey. Québec (Québec) G1R 5S9
www.capitale.gouv.qc.ca
Commission de la capitale nationale du Québec
Direction des publications : Denis Angers Éditions Sylvain Harvey
Chargés de projet : Frédéric Smith, Hélène Jean www.editionssylvainharvey.com
Recherche historique et iconographique complémentaire : Frédéric Smith
Soutien iconographique : Annik Cassista
Révision linguistique : Marie Dufour Distribution en librairie au Canada
Distribution Ulysse
www.ulysse.ca
Ville de Québec
Division arts et patrimoine
Lisette Lapointe Les Éditions Sylvain Harvey remercient la Société de développement des
entreprises culturelles du Québec (SODEC) pour son aide à l’édition, à la
promotion et à la traduction.
Éditions Sylvain Harvey
Édition et gestion de projet : Sylvain Harvey Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de
Direction artistique et réalisation graphique : André Durocher (Syclone.com) livres – Gestion SODEC
Coloriste : Gianni Caccia
Impression : K2 Impressions Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par
l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de
l’édition (PADIE) pour nos activités d’édition.
Première édition, 2012
© Éditions Sylvain Harvey et Commission de la capitale nationale du Québec
ISBN 978-2-923794-48-8
Imprimé au Canada
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2012
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives Canada, 2012Période d'échauffement
Les premiers coups de patin dans le hockey
Première période
Le hockey devient notre sport d’hiver
Deuxième période
Les années charnières
Troisième période
La coupe Stanley à Québec
Période de prolongation
La fin des Bulldogs
StatistiquesÉquipe de rêve
Un immense merci à tous les joueurs étoiles dont les noms suivent. À Joe Malone junior, à son épouse Rita et à leurs enfants, des gens d’une
générosité incroyable, à l’image des écrits sur l’illustre joueur et homme qu’était Joe
À ma copine Catherine, attentionnée et perspicace revisiteuse, parfois victime de « Phantom » Malone. Ce dernier mérite un livre à lui seul. Une prochaine fois.
chapitres moins joyeux et de mes nuits blanches devant de vieux journaux virtuels. Merci infiniment.
À mon ami Gérard Deltell qui, encore une fois, m’a guidé dans la bonne direction. À l’historien Michel Vigneault, pour la relecture, les impressions et la crédibilité.
À la Commission de la capitale nationale du Québec qui a cru en moi, en mon sujet À la Société internationale de recherche sur le hockey pour les échanges et
et qui m’a apporté reconnaissance, direction et soutien. Un gros merci à toute les réponses introuvables ailleurs. À ses membres, particulièrement
Jeanl’équipe et particulièrement à Denis Angers, à Frédéric Smith et à Hélène Jean. Patrice Martel, Paul Foisy, J.W. « Bill » Fitsell, James Milks, Ernie Fitzsimmons et
Paul Kitchen.
Un merci sincère à l’éditeur Sylvain Harvey et au designer André Durocher
pour le magnifique ouvrage. À Craig Campbell, du Temple de la renommée du hockey.
À la Ville de Québec, et en particulier à son Service de la culture. À ma famille, à mes amis et à tous ceux qui ont collaboré à ce livre ou lancé la
conversation sur cette question : « Pis, y sort quand ton livre ? »
À Jean Provencher, le réputé historien que la Commission de la capitale nationale
a engagé comme « agent libre » pour plusieurs vignettes historiques que vous Et à mes trois étoiles : Marie-Li, Anhui et Maëlle.
aurez le plaisir de lire.
4Avant-match
Il y a quelques mois, dans un restaurant de Saint-Sauveur, dans les Laurentides, journaliste sportif, que ma soif d’apprendre et d’expliquer n’est jamais assouvie,
mon ami Dominick Gauthier et moi étions attablés en compagnie de quelques que l’origine d’un sport ou d’une performance sportive a toujours figuré parmi
connaissances. À un moment du repas, Dominick me lança sur mon sujet favori : mes sujets préférés.
l’histoire des Bulldogs de Québec. Après un monologue de plusieurs minutes
truffé d’anecdotes passionnantes, mon voisin me fit une passe dans les patins et Aussi, j’aime chercher autant que trouver. J’ai découvert une passion pour ce
tradit : « On se croirait dans Le dîner de cons », ce film où l’invité surprise étonne l’as- vail d’archéologue du papier. Les journaux de l’époque de Québec, de Montréal et
semblée par ses connaissances intarissables sur un sujet insignifiant à leurs yeux. d’Ottawa racontent à leur façon les aventures du Quebec Hockey Club. Faut avoir
la patience et l’intérêt, et ça m’a pris cinq ans pour me laisser tenter, puis cinq ans
Je n’aurais jamais eu à écrire ce livre si quelqu’un l’avait fait avant moi. Parce pour le faire. Comprendre enfin pourquoi on dit « Bulldogs », qui étaient Rockett
qu’une fois racontée, cette histoire aurait permis d’apprécier à sa juste valeur et Power ou Paddy Moran, pourquoi le club a quitté la ville, où étaient les
francopour toujours ce club de hockey oublié. Loin d’être insulté, j’ai plutôt le privilège phones et, surtout, pourquoi les historiens ont toujours si peu à dire sur ce club.
d’être le François Pignon de la spécialité, car très peu d’écrits rapportent en détail
l’évolution de ce club de hockey. J’ai lancé un blogue en 2008 et acheté les droits sur ce nom : [quebecbulldogs.
com]. La mise en ligne m’a permis d’y croire, de raconter des bouts d’histoire et
Plus jeune, j’ai d’abord été fasciné par des bannières suspendues au plafond du d’attirer, au hasard des clics, des gens intéressés par ce rare sujet. Des amateurs
Colisée de Québec. Celles qui soulignent les conquêtes de la coupe Stanley par les de hockey, des collectionneurs, des curieux. Mais aussi des descendants des Scott,
Bulldogs de Québec et une autre qui rappelle que Joe Malone était le capitaine Bignell, Gillespie, Malone, McDonald, Moran, Hall, Power, Rooney, Mummery,
de cette équipe et qu’il portait le numéro 4. Comme Béliveau avec le Canadien, Doddridge et Jordan, petits-enfants de joueurs de hockey. Je remercie le destin
comme Lafleur avec les Remparts. Comme plusieurs grands joueurs de hockey. d’avoir pu échanger avec chacun d’entre eux.
J’ai voulu en apprendre davantage. Je me suis procuré des livres d’histoire sur Mais rien de tout ça n’aurait été possible sans l’intérêt remarquable de la
le hockey. J’ai regardé des documentaires, lu des magazines spécialisés et fureté Commission de la capitale nationale et de la Ville de Québec, partenaires de jeu
dans Internet pour me rendre compte qu’on disposait de beaucoup d’information pendant les trois années de rédaction du livre.
sur les autres clubs, mais bien peu sur l’origine et l’histoire de celui de ma ville.
Cette constatation navrante et frustrante est à l’origine de ce livre. Ce livre raconte l’insoupçonnée, la négligée et l’inédite aventure du Quebec
Hockey Club. Je le dédie à ce groupe de jeunes sportifs de Québec qui, en 1878,
Peut-être parce que ce club de joueurs anglophones de Québec venait me cher- ont osé chausser des patins et prendre de drôle de bâtons pour créer un club
cher par les sentiments. De descendance irlandaise, ma grand-mère Mary Culleton de hockey. Puis à tous ces joueurs et administrateurs qui, pendant quarante ans,
ne me parlait qu’en anglais. Sa sœur de Sillery aussi. J’ai souvent imaginé que le nous ont permis de croire que la ville de Québec était assez fière pour affronter et
modeste appartement de Flo cachait des trésors. Des rubans de 8 mm, des cartes vaincre n’importe quelle ville au monde sur une patinoire... et ailleurs.
de hockey, de vieux exemplaires du Chronicle pour isoler les murs.
Merci d’être dans l’assistance. La mise au jeu se fera dans quelques instants.
Peut-être parce que je suis moi-même un joueur de hockey, un gardien de but Bon match !
de trente-cinq ans d’expérience, de la rue jusqu’à des ligues d’adultes, en
passant par quelques niveaux où l’espoir était permis; peut-être parce que je suis Marc Durand
5Quebec Skating Rink, 1860. Interprétation de l’intérieur du Club House du quai de la Reine de Québec. Ce bâtiment aurait été le premier à abriter
une patinoire. Le Quebec Skating Club est fondé en 1851 et probablement responsable de sa vocation hivernale, la même année.Période
d'échauffement
1878-1892
Les premiers
coups de patin
dans le hockey
« Le hockey a été conçu à Halifax mais est né
à Montréal et a grandi dans ces deux villes, à
Québec et à Ottawa. » – J.W. Fitsell, historiene 3 mars 1875, le quo- Turcs ». Ces surnoms illustrent l’intérêt des joueurs pour la guerre des L Balkans qui sévit à ce moment. Le journaliste du Quebec Saturday tidien montréalais The
Budget décrit le match de la façon suivante :Gazette annonce la tenue
d’une première
démonstration publique de hockey à la « Un match de crosse, une des plus grandes nouveautés de la
saison, a eu lieu mercredi soir au nouveau Skating Rink. En tant que patinoire Victoria de Montréal.
grande première sur glace, il a piqué la curiosité des gens présents. Le responsable de ce match
est James George Aylwin En conséquence, le Skating Rink était bondé de spectateurs aussi
Creighton (1850-1930), ingé- enthousiastes que les joueurs, avec la victoire comme ultime objectif
[...] » nieur diplômé de l’Université
Dalhousie âgé de 25 ans, établi à
Montréal depuis 1872. Il est bien Les Turcs du capitaine Partridge ont vaincu les Russes de Miller par la
en vue dans les cercles sportifs de la marque de 3-1.
grande ville.
La première mention d’un match de hockey à Québec est publiée le 7 février
Membre du Victoria Skating Club, Creighton 1879 dans le Daily Telegraph. La note titrée « Hockey Match » l’annonce ainsi :
garde la forme et distrait ses coéquipiers « Il y aura demain un match de hockey au Quebec Skating Rink, débutant à 9 h et
d’une durée d’une demi-heure. » Le Morning Chronicle du 8 février ajoute à l’infor-du club de rugby en leur proposant des jeux de
mation : « Il y aura une nouveauté à la patinoire ce soir sous la forme d’un match balle et de bâtons appelés « hurley », « shinty », « shinny »
ou « hockey » qu’il a pratiqués sur les étendues d’eau gelée du Halifax Harbour. de hocky entre deux équipes, membres de différents clubs. Le balle utilisée sera
Surpris de les voir ainsi s’amuser, un journaliste les invite à jouer devant public. de caoutchouc mou d’Inde (soft India rubber). » Même si Creighton et ses amis ont
utilisé une pièce de bois en 1875, le hockey se joue encore avec différents objets
jusqu’à l’adoption généralisée de la rondelle en caoutchouc vulcanisé en 1886.Le Victoria Skating Rink est tout désigné pour l’événement. Construite en 1862,
cette surface glacée possède en effet la superficie des patinoires nord-américaines
d’aujourd’hui. Creighton établit certaines balises pour ce match. La partie se Quant à la première mention du Quebec Hockey Club, elle paraît le 7 février 1880.
Il est alors question d’un match de hockey contre le club de raquetteurs Waverley, jouera entre deux équipes de neuf joueurs, en présence d’un arbitre et de deux
aussi de Québec. Dans ce même avis, on note que le Quebec Hockey Club ira juges de but. Le sportif ingénieur remplace aussi la balle par un morceau de bois,
sans doute pour éviter de la voir rebondir constamment chez les spectateurs. C’est bientôt disputer un match à Montréal. Pour la toute première fois, une équipe de
ainsi que, sans jamais s’en glorifier, Creighton a transformé le jeu en sport. hockey trimballe bâtons et patins pour affronter l’équipe d’une autre ville, celle du
Victoria Skating Club.
Devant les journalistes et quelque quarante spectateurs, l’équipe de Creighton
remporte ce match par la marque de 2-1. La Société internationale de recherche
sur le hockey considère cette partie comme la première de l’histoire de ce
CI-DESSUS : James George Aylwin Creighton (1850-sport, malgré les bémols de quelques historiens. L’auteur et historien
Michael McKingley tranche le débat de belle façon : « Si Creighton n’a 1930), considéré comme le père du hockey.
pas inventé le hockey ce soir-là, il lui a assurément trouvé un temple. » CI-CONTRE : Charles Miller, père du hockey
Le hockey retourne ensuite dans un certain anonymat, même si à Québec, en 1878, alors qu’il s’aligne avec
le Quebec Football Club. Il sera capitaine Creighton en publie les premières règles dans le Montreal Gazette du
27 février 1877. C’est peut-être cet article qui inspire Charles Miller, du Quebec Hockey Club en 1880, 1881, 1882
joueur de « rugby football » de Québec âgé de 22 ans, alors que sa et 1884. Son père est propriétaire d’une
Ville planifie justement la construction d’un de ces « temples ». librairie à Québec (59, rue Saint-Pierre).
Charles le suivra à Westmount vers 1891
De fait, l’historien canadien J.W. Fitsell lui attribue la paternité du pour y devenir libraire à son tour.
hockey à Québec. L’hebdomadaire Quebec Morning Chronicle PAGE SUIVANTE : Activité de carnaval au
confirme sa présence le 23 janvier 1878 au tout nouveau Quebec Victoria Skating Rink, à Montréal. C’est là
qu’aurait été disputée la première partie Skating Rink, dans le premier match de « crosse sur glace » joué à
Québec. L’équipe « Les Russes » dont Miller est capitaine affronte « Les de hockey, en 1875.
8 : : Période d’échauffementLa rivalité légendaire entre les deux villes naît le 12 février 1880. Selon le Montreal étaient du match de crosse sur glace en 1878. L’équipe l’emporte par la marque de
Gazette, les capitaines de Québec et de Montréal ne « s’entendent pas sur les 5-2 et rend visite aux Stadaconas quatre jours plus tard. Charles Miller fait partie
règles du jeu, désavantageuses aux Québécois ». Le type de rondelle ou le nombre de l’alignement de sept joueurs. Il remplace John Bruneau, le premier Canadien
de joueurs sur la patinoire pourraient être en cause. Montréal joue régulièrement français de l’équipe. En 1880, les jeux d’équipe sur glace ont pris une place
imà huit ou à neuf joueurs, alors que la norme semble de sept joueurs par équipe à portante sur les patinoires de la ville. Le 4 mars, sur la glace extérieure Stadacona
Québec. La rencontre est tout simplement annulée. du quai de la Reine, on organise ainsi un véritable triathlon où le hurley, l’un des
ancêtres du hockey joué avec une balle, le football et la crosse se succèdent, dans
Par chance, le hockey connaît un engouement certain à Québec. Naissent des des joutes à dix contre dix. Le 13 mars, à la patinoire extérieure Lorne, on invite,
équipes de patinoires extérieures comme Crescent, Lorne et Stadaconas. Ces pour 0,05 $, la population à assister au match de hockey opposant l’équipe locale
joueurs s’affrontent au hockey ou à la crosse sur glace, la folie du moment. C’est et le Quebec Hockey Club.
le cas le 18 février 1880, alors que le Quebec Hockey Club dispute un match de
crosse sur glace à sept joueurs, contre les Stadaconas, l’équipe de la patinoire du
quai de la Reine. On annonce pour la première fois la composition du Quebec Premier grand bal costumé du nouveau Skating Rink de Québec, le mercredi 9 janvier
Hockey Club : Percy Myles, Harcourt Smith, William Baptist Scott, Arthur W. Colley, 1878. Presque tous les futurs joueurs du Quebec Hockey Club figurent sur la liste des
John Bruneau, Percival Anderson et Edward Holloway. Plusieurs de ces joueurs patineurs costumés. EN HAUT : Robert J. Davidson,
photographié en 1888 au studio
Livernois. Il représente le Quebec
Hockey Club au moment de son
entrée dans l’AHAC.
CI-DESSUS : Robert Harcourt
Smith, vedette de crosse et de
football, s’illustre aussi au
hockey. Le 22 janvier 1881, il
marque au cours du premier
match de ce sport ayant opposé
des équipes de villes différentes.
CI-DESSOUS : Arthur Edward
Scott, photographié en 1888 au
studio Livernois. Il s’aligne aussi
la même année avec les Thistles,
un club de crosse.
Comme les historiens Donald Guay et J.W. Fitsell, l’ancien joueur Arthur Edward Scott croit que le Quebec Hockey Club est né en 1878. Dans cette
lettre datée du 15 novembre 1929, il cite son ex-coéquipier Arthur W. Colley, pour qui le hockey serait même né dans la Vieille Capitale. Le Quebec
Hockey Club et les journaux de l’époque désigneront plutôt 1880 comme année de fondation du club. Il est assurément le deuxième club de hockey
de l’histoire, devancé seulement par celui du collège McGill, fondé en 1877.Le 10 février 1877, l’architecte montréalais de renom William Totin Thomas pro-Un no UVea U QUebeC Skating Rink
met cet aréna au coût de 25 000 $. Celui-ci sera en brique avec une structure en
On patine depuis longtemps à Québec. Sur le fleuve lorsque c’est possible, sur les métal d’une dimension de quelque 65 sur 30 m (environ 210 sur 100 pi). Le toit en
lacs et rivières... et à l’intérieur, avant tout le monde. En 1851, un hangar du quai tôle galvanisée sera supporté par une arche de 15 m (50 pi) de hauteur. Il y aura
de la Reine victime d’une marée trop haute voit son plancher recouvert d’eau. 4 m (14 pi) d’espace sur les côtés et 5 m (16 pi) à chaque extrémité. On
aménaL’hiver bien pris, on tire avantage d’un toit qui permet de patiner malgré la neige gera aussi des vestiaires et un bureau à l’étage. La glace fera 55 sur 21 m (180 sur
ou la pluie passagère. Le Quebec Skating Club a été fondé la même année. 70 pi), une surface plus petite que celle du Victoria Skating Rink de Montréal, qui
mesure 61 sur 24 m (200 sur 80 pi). La pratique du hockey n’a certainement pas
Un premier véritable Skating Rink voit le jour en 1864 au coin de la rue Saint- été prévue dans les plans.
Eustache (disparue lors de la construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency)
et du chemin Saint-Louis (aujourd’hui une partie de la Grande Allée), sur les ter- L’édifice sera aménagé sur un terrain du gouvernement canadien. Cet espace de
rains du Cricket Field, aujourd’hui occupés par l’hôtel du Parlement. Vers le milieu 40 m (130 pi) de façade sur 79 m (260 pi) jouxte la porte Saint-Louis, au nord de
des années 1870, la patinoire ne semble plus répondre aux besoins de la clien- la Grande Allée. Si l’hebdomadaire Quebec Saturday Budget souhaite les appels
tèle. Le 20 juin 1876, le Quebec Skating Club annonce le désir de construire une d’offres lancés d’ici à la fin mars, l’architecte de l’hôtel du Parlement Eugène Taché
nouvelle patinoire couverte. Converti en entrepôt pour les travaux du Parlement, ne l’entend pas ainsi. Il contrecarre l’aménagement prévu qui fait de l’ombre sur
l’ancien Skating Rink sera démoli vers 1885. son projet.
12 : : Période d’échauffementLe gouvernement canadien fait la sourde oreille et accorde tout de même au
Quebec Skating Club le terrain convoité le 17 mars 1877, au coût de 2 000 $. Le
pavillon des Patineurs sera construit par les frères Hatch. L’endroit est en pleine
effervescence. Coup sur coup, on y construit les édifices du Parlement et un Skating
Rink dont le plan exposé charme, un mois durant, les regards naïfs des passants.
La patinoire est officiellement inaugurée le samedi 22 décembre 1877, en
présence du gouverneur général Lord Dufferin. Il a finalement coûté 32 000 $.
PAGE PRÉCÉDENTE : Dessin de l’intérieur du Skating Rink, construit sur les terrains
du Cricket Field, vers 1873.
À DROITE : Entrée du nouveau Quebec Skating Rink, à gauche, vers 1880. La porte
Saint-Louis, au centre, vient d’être reconstruite et élargie afin de faciliter la circulation
automobile.
L’Ô Canada { par Jean Provencher }
Le 24 juin 1880, lors du banquet de la première grande Convention nationale des
Canadiens français au pavillon des Patineurs de la Grande Allée (le Quebec Skating
eRink, lieu des premiers matchs de hockey), le 9 Bataillon des Voltigeurs de Québec,
sous la direction de Joseph Vézina, interprète pour la toute première fois le chant Ô
Canada.
À la fn juin de cette année-là se tient à Québec le premier grand rassemblement des
populations parlant français en Amérique du Nord, réunissant 10 000 personnes.
Pour la circonstance, l’organiste et professeur de musique Ernest Gagnon demande
à Calixa Lavallée de composer un chant de ralliement sur le poème patriotique
d’Adolphe-Basile Routhier, Ô Canada. Lavallée, violoniste, pianiste et compositeur de
musique né en 1842, avait d’abord gagné sa vie comme musicien aux États-Unis, en
particulier à New York et à Boston, et par la suite à Paris. En 1878, il vient s’installer à
Québec et travaille comme organiste à l’église Saint Patrick, rue McMahon.
L’interprétation de l’Ô Canada au Quebec Skating Rink, à l’occasion d’un banquet
accueillant 500 invités, connaît tout de suite le succès. Rapidement, ce chant, qu’on
appellera d’abord Chant national, est repris ailleurs au Québec, de même qu’au Canada
eranglais, où une version en langue anglaise est chantée dès 1901. Enfn, le 1 juillet
1980, 100 ans après sa création, l’Ô Canada devient l’hymne national du Canada.
À GAUCHE : Évocation de la fête de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin 1880. Devant l’hôtel du Parlement
en construction, le Skating Rink est assailli par les citoyens en fête. C’est à cette occasion que
l’Ô Canada sera interprété pour la première fois.
: :Période d’échauffement 13se présente avec son équipe de sept joueurs, ce qui occasionne encore
quelques débats. Mais les clubs montréalais acceptent finalement de jouer
à sept joueurs. Ce nombre restreint deviendra la norme l’année suivante
et s’imposera pour les trente prochaines années. Volontairement ou non,
Québec provoque un changement positif dans l’évolution du sport.
Le premier match de ce tournoi est présenté sur le fleuve Saint-Laurent, LeS pRemieRS aff Rontement S QUÉbeC-mont RÉa L
le matin du 26 janvier 1883, contre Victoria. Joué dans des
condiC’est le 22 janvier 1881 qu’a lieu le premier match entre deux villes. Celui-ci op- tions éprouvantes, il demeure sans but malgré les deux périodes de
pose la meilleure équipe de Québec au Victoria Skating Club de Montréal. Un trente minutes. Le Quebec Hockey Club joue son deuxième match le
orchestre militaire, le Battery Band, égaie la partie. Disputé au Skating Rink de la lendemain avant-midi contre le McGill College, cette fois à l’aréna
porte Saint-Louis, le Quebec Hockey Club remporte « ce rendez-vous très attendu Crystal. Match nul 2-2. Le club McGill College, qui a déjà défait
et regardé par un très grand nombre de spectateurs » par la marque de 2-0. Le Victoria, remporte le tournoi et le tout premier trophée de l’histoire
premier but de l’histoire appartient à Harcourt Smith, joueur vedette de crosse du hockey.
avec les Thistles. L’autre but est
compté par Percy Myles. Grâce Pour la troisième fois en deux jours, les courageux joueurs de
à un jeu parfait, Arthur W. Québec enfilent leurs patins et leurs lourds chandails de laine
Colley devient le premier d’une pour affronter en soirée le club Victoria à l’aréna du même
grande lignée de gardiens de nom. Ce match hors tournoi se conclut encore une fois sans
but à représenter fièrement la vainqueur. Le compte : 1-1, après un long combat. Fort de
ville de Québec. trois matchs nuls, Québec a réussi à tenir son bout en
territoire ennemi. Le journaliste du New York Times qui couvre
Un match revanche a lieu une l’événement affirme que « Québec n’a rien à envier aux
quinzaine de jours plus tard à équipes de Montréal ».
Montréal. Selon la Société
internationale de recherche sur Les clubs Victoria et Québec conviennent de s’affronter
le hockey, le Quebec Hockey de nouveau à la fin janvier à l’occasion d’un carnaval
Club aurait gagné deux de ces au Quebec Skating Rink. Le Quebec Hockey Club
tertrois affrontements cette an- mine l’hiver 1883 avec une fiche d’une défaite et de
née-là en utilisant dix joueurs trois matchs nuls. Arthur W. Colley, l’excellent gardien
différents, dont Albert de but de Québec, abandonne son poste à la fin de
Edward « Dolly » Swift, âgé de l’hiver. Il sera remplacé en 1884 par Harold Bertram
quinze ans seulement. Percy Patton, natif de Lévis. Celui-ci agira comme portier
Myles a compté quatre des sept régulier du club pour les dix saisons subséquentes.
buts de l’équipe.
L’hiver 1882 permet à Québec
d’accumuler deux victoires et
À GAUCHE : Les joueurs du Victoria Skating Club deux matchs nuls en quatre matchs contre Montréal. Le 16 février, le Quebec
de Montréal, en visite à Québec le 22 janvier 1881, Hockey Club l’emporte 2-0 dans des conditions difficiles : « On y retrouve un pouce
prennent la pose sur cette toute première photo d’eau à certains endroits, ce qui provoque des situations burlesques qui ont bien
d’équipe de l’histoire du hockey. amusé les spectateurs. » Cette rencontre met en relief le talent du jeune Albert
CI-CONTRE : Bâton de hockey de 1880 identique Edward Swift qui impressionne déjà le journaliste du Morning Chronicle : « Il s’est
à ceux qui seront utilisés par le club McGill mis à jouer comme il en est capable. » Fort de ses performances, le Quebec Hockey
College l’année suivante.Club est invité à participer au premier tournoi de hockey de l’histoire, celui du
Carnaval de Montréal, en compagnie des clubs Victoria et McGill College. Québec
14 : : Période d’échauffement

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