MOSCOU - SAINT PÉTERBOURG 2018 (avec cartes photos + avis des lecteurs)
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Description

"Deux capitales impériales au programme ! Moscou tout d'abord, la capitale politique et économique, capitale des tsars et des soviets, capitale d'un pays qui s'apprête à accueillir la Coupe du Monde de Football. La majesté de la Place Rouge et du Kremlin ou les trésors de la galerie Tretyakov en disent long sur l'importance de cette ville. À côté de ses restaurants et magasins au luxe criard, on emprunte son métro comme on visite un musée et l'on file bateau le long de la Moskova avant de s'émerveiller devant les ballets raffinés du Bolchoï. De l'autre côté, tournée vers l'Europe, Saint-Pétersbourg est la capitale culturelle du pays. Une cité idéale, née de la volonté d’un seul homme et édifiée sur un gigantesque marécage. Un rêve devenu réalité à l’image des collections de l’Ermitage qui rivalisent avec celles du Louvre. Ses innombrables palais, tout en façades et en secrets bien gardés, donnent le tournis et laissent une impression de grandeur passée, certes, mais pas disparue puisque tous les artistes du moment s’y retrouvent. Véritable musée à ciel ouvert, Saint-Pétersbourg est une invitation à la marche le long de ses canaux tranquilles. Non loin, Peterhof (le Versailles russe), Pouchkine ou Pavlovsk seront l'occasion d'escapades inoubliables au cœur de l'histoire. Afin de lever à chaque fois un peu plus le voile d’une Russie mystérieuse. Si lointaine et si proche. "

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9791033183686
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

Table des matières
Édito
DÉCOUVERTE
Les plus de Moscou et St Pétersbourg
La Russie en bref
La Russie en 10 mots-clés
Survol de la Russie
Histoire
Population
Arts et culture
Festivités
Cuisine russe
VISITE
MOSCOU (МОСКВА)
SAINT-PÉTERSBOURG
PENSE FUTÉ
Pense futé
Galerie photos
Galerie cartes
© Mordolff – iStockphoto


© Leonid Andronov – Shutterstock.com
Édito
Bienvenue à Moscou et à Saint-Pétersbourg !
Moscou, capitale de la Russie, capitale politique et économique, capitale des tsars et des soviets, dernière ville d’Europe. Moscou, à cheval entre l’Orient et l’Occident, est une ville de contrastes que l’on adore et déteste tout à la fois. Elle ne laisse pas de marbre, elle fascine, envoûte et ensorcelle. Il y a différentes façons de la voir et une visite n’y suffit pas. Alors on revient, et la magie opère encore. On se familiarise avec les codes de la ville et on apprend à déchiffrer les hiéroglyphes du métro. Mais vous comprendrez vite que Moscou est faite de contraires et de paradoxes. En plein centre-ville, entre un restaurant italo-nippono-franco-américano-chinois et un club de fitness, vous trouverez une salle de concert internationale où les violons font vibrer l’âme russe dans les œuvres de Tchaïkovski et Prokofiev. Moscou c’est à la fois des spectacles de mauvais goût et les ballets les plus raffinés du Bolchoï. Les restaurants les plus chers du globe et les kiosques de kartoshka où l’on vient se rassasier pour quelques roubles.
Puis, de l'autre côté, voici celle que les locaux appellent affectueusement Piter. C'est une ville européenne tout juste tricentenaire alors que ses consœurs occidentales sont de très vieilles dames. Cité idéale, elle est née de la volonté d'un seul homme et a été édifiée sur un gigantesque marécage. Elle déploie une architecture italienne et française d'une pureté de géomètre au bord de la mer Baltique... Aussi déconcertante soit-elle, elle livre ses plus précieux trésors à ses hôtes, avec générosité et faste. Les collections de l'Ermitage sont à l'image de la ville : à la fois familières et surprenantes. Ses innombrables palais, tout en façades et en secrets bien gardés, donnent le tournis et laissent une impression de grandeur passée, certes, mais pas disparue. Véritable musée à ciel ouvert, Saint-Pétersbourg est une invitation à la marche. Guidés par la beauté, vos pas vous mèneront le long de ses canaux tranquilles, là où on ressent la présence des personnages de Dostoïevski ou de Gogol. Vos balades vous conduiront dans des arrière-cours figées dans le temps, dans des quartiers d'un romantisme de jeune fille et dans des parcs chargés d'histoire et de mystères. Pour les Russes, Saint-Pétersbourg c'est la « capitale culturelle de la Russie ».
DÉCOUVERTE


DÉCOUVERTE - Cathédrale de l'Intercession-de-la-Vierge, Moscou.
© Zoom-zoom – iStockphoto

Les plus de Moscou et St Pétersbourg


Les plus de Moscou et St Pétersbourg - Cathédrale Saint-Isaac.
© AntonZzz – Shutterstock.com

Moscou, ville chargée d’histoire
De l’empire tsariste à l’Union soviétique, de « la troisième Rome » à la vitrine du stalinisme, de la ville de paysans à la capitale de l’homme soviétique, l’histoire de Moscou se confond avec celle du pays tout entier. Elle porte les stigmates des périodes les plus sombres de son histoire, et témoigne en même temps de sa grandeur. L’histoire se visite d’abord dans les rues de Moscou. Il faut voir le Kremlin où chaque pierre rend compte de la construction et de l’évolution de l’Etat russe, en un concentré de pouvoir religieux et politique. Il faut se promener dans les quartiers de Kitaï Gorod et de Chistiye Prudy pour débusquer les anciens palais des aristocrates russes, visiter le métro de Moscou et ses véritables stations-musées, voir les Sept Sœurs (les 7 fameux gratte-ciel staliniens qui façonnent la silhouette de la ville) ou se promener dans le VDNKh, l’exposition des réalisations de l’économie russe, la vitrine de l’URSS, aujourd’hui transformé en grand parc de loisirs, découvrir les monastères aux environs de Moscou pour comprendre la force du pouvoir religieux dans l’ancienne Russie, et s’aventurer dans la campagne moscovite pour se frotter à la Russie rurale.

Moscou, « la troisième Rome »
La légende fait de Moscou la ville aux « quarante fois quarante églises ». Pas moins de 800 églises ornaient celle qui se voulait « la troisième Rome » après la chute de Constantinople. La moitié environ a survécu à l’immense campagne de laïcisation menée par l’URSS. Petites et grandes églises rivalisent de beauté et de magnificence, de Saint-Basile l’exubérante à la cathédrale de l’Assomption, qui couronnait les tsars, de la baroque église de La Trinité à Nikitine à la reconstruite cathédrale du Christ-Saint-Sauveur. Moscou brille de ses mille églises aux bulbes scintillants qui balisent la route du promeneur. Mais les églises sont d'abord des lieux cultes où vous pourrez constater la ferveur de la foi russe.

Mocou, ville des beaux-arts
De la littérature à la peinture, Moscou offre des balades sur les traces de ses grands artistes. La galerie Tretyakov est sans doute le plus beau musée de Russie, peut-être un des plus beaux au monde. Consacrée à la peinture russe, rare à l’étranger, elle expose des tableaux d’une force incroyable de Répine et Sourikov, peintres du peuple et de l’Histoire, à Kandinsky et ses sommets de l’abstraction en passant par la féerie de Chagall. Le musée Pouchkine offre, lui, une belle collection d’art de l’Antiquité à sa fabuleuse collection d’impressionnistes français. Moscou est aussi bien sûr une occasion unique pour admirer les plus belles icônes du monde.

St Pétersbourg, richesses culturelles et historiques
Théâtre de l’histoire politique du pays, tableau croisé des siècles écoulés, Saint-Pétersbourg témoigne d’une grandeur passée… Toujours d’actualité. Cette ville bâtie sur un sol instable (d’anciens marécages) a néanmoins connu ce qu’il y a de plus difficile : les conquêtes, les intempéries, et un implacable blocus de 900 jours pendant la Seconde Guerre mondiale. Il reste de ce passé une mosaïque culturelle et architecturale qui doit son évolution au bon vouloir des dirigeants de l’ancien Empire, dont le père de la ville, le tsar Pierre le Grand. Saint-Pétersbourg l’impériale ne cesse de se démaquiller pour mieux se remaquiller, de se déconstruire pour mieux se reconstruire. Avant-dernier ravalement en date : la veille de son tricentenaire, « Saint-Pet » s’offre un lifting complet, mais un lifting de façade : seuls les grands axes font l’objet d’une rénovation cosmétique : un peu d’enduit, quelques coups de pinceaux, l’honneur est sauf. A la décharge des autorités locales, on peut reconnaître que le patrimoine architectural de cette ville est d’une telle richesse, que lui redonner toute sa splendeur en un claquement de doigt est impossible. Aujourd’hui Saint-Pétersbourg reçoit un traitement de choc. On construit (centres d’affaires, galeries marchandes, appartements luxueux…) derrière les façades. Les perspectives deviennent palimpsestes. Mais il est encore possible, et certainement pour un bout de temps, de quitter les belles avenues pour aller à la rencontre du Saint-Pétersbourg des cours, des marchés et des petites rues hors d’âge.

St Pétersbourg, haut lieu du tourisme
Saint-Pétersbourg est depuis quelques années une destination très prisée. Belle architecture, histoire riche, musées à foison, concerts à répétition… Les changements qui ont eu lieu dans le pays ont permis d’ouvrir aux visiteurs des palais précédemment fermés : celui de Bielosselskih-Bielozerskih, Nikolaïevski, Sheremetievski, le bâtiment du foyer des officiers. Ces palais sont devenus des centres culturels où sont organisées des conférences, des expositions ainsi que des réceptions. Les amateurs de tourisme culturel n’ont que l’embarras du choix ! Certes, les tarifs pratiqués par les musées, sont parfois proches de ceux que l’on connaît en France, mais les collections présentées à Saint-Pétersbourg sont parmi les plus riches d’Europe. C’est par exemple à l’Ermitage que vous verrez le plus grand nombre de tableaux de Matisse (surveillés par une gardienne souvent bourrue mais parfois très sociable).
Mais ne voir dans cette ville qu’un long catalogue d’expositions serait injuste. « Piter », c’est aussi la ville de nombreux groupes de musique, des espaces artistiques, des clubs du jazz, d’expériences littéraires et cinématographiques hors normes, la capitale de la gastronomie et du « savoir-boire » à la russe ! Les grands DJ occidentaux se produisent à Moscou ? « Saint-Pet » a les siens propres, nourris de minimalisme berlinois et de techno américaine. On prend, on assimile et on fait quelque chose qui n’a rien à voir avec l’original ! La culture, sous toutes les formes, a le droit de cité à « Piter » …
Les fêtards ne sont pas en reste. Les clubs de la ville, nombreux et rivalisant d’originalité, vous feront danser jusqu’au bout de la nuit, définitivement blanche. Et si vous êtes fatigués de la vie de nuit à Saint-Pétersbourg et préférez prendre une pause, la ville vous ouvrira d'autres portes. Vous pourrez facilement vous retrouver dans un appartement typique pétersbourgeois, à écouter de la poésie russe classique lue à haute voix avec une bouteille de vin.

La Russie en bref


La Russie en bref - Détails de la cathédrale de l'Annonciation, à Moscou.
© Mordolff – iStockphoto


Le drapeau du pays

L’éclatement de l’Union soviétique en 1991 a donné naissance à la communauté des états indépendants (ceI) regroupant 12 des 15 anciennes républiques soviétiques. Les nouveaux états se sont alors dotés de leur propre drapeau, rompant ainsi avec l’icône traditionnelle de la faucille et du marteau. La Russie a opté pour le drapeau tricolore blanc-bleu-rouge à bandes horizontales. ce drapeau est le même que celui conçu dès 1699 par le tsar Pierre Ier le Grand. Devenu drapeau national en 1883, il a flotté sur les bâtiments officiels jusqu’à l’arrivée au pouvoir des bolcheviks en 1918. ce drapeau sera de nouveau adopté le 11 décembre 1993 par la Russie.

Pays
Nom officiel : Russie ou Fédération Russe
Capitale : Moscou
Superficie : 17 075 400 km 2
Langues : russe

Population
Nombre d’habitants : 142 000 000 habitants.
Densité : 8,3 hab./km²
Espérance de vie  : 60 ans pour les hommes et 74 ans pour les femmes.
Religion : majorité d’orthodoxes, musulmans, juifs, bouddhistes...

Économie
Monnaie : Rouble (RUB)
PIB : 1 179 milliards de US$
PIB/habitant : 9 057 $USD
Taux de croissance : – 3,73 %

Décalage horaire
Moscou est en avance de 1 heure sur la France en été, 2 heures en hiver (depuis 2014, la Russie est repassée à l'heure d'hiver de manière permanente). Le reste de la Russie européenne est pour la majeure partie dans le même fuseau horaire que Moscou à l’exception de certaines villes de la Volga.
Ainsi, quand il est 8 heures du matin à Paris en été, il 9 heures à Moscou.

Climat
Contrairement à certaines idées reçues, la Russie n'est pas recouverte d'un manteau neigeux toute l'année et il y fait souvent très chaud en été. La plupart du territoire jouit d'un climat continental, avec des hivers longs et froids et des étés longs et chauds pour sa partie occidentale (à l'ouest de l'Oural). En Sibérie, les hivers sont très froids, les étés courts. Dans pratiquement tout le pays, il n’existe que deux grandes saisons : l’hiver et l’été ; le printemps et l’automne sont généralement de très courte durée et le passage des températures les plus chaudes aux températures les plus froides est extrêmement rapide. Le mois le plus froid de l'année est janvier (février sur les côtes). Les températures hivernales vont en s’abaissant à la fois du sud au nord et de l’ouest à l’est : on relève ainsi une température moyenne en février de −8 °C à Saint-Pétersbourg, située à l’extrême-ouest, −27 °C dans les plaines de Sibérie occidentale et −43 °C à Iakoutsk, située en Sibérie orientale. En été, le mois le plus chaud est généralement juillet (la température moyenne en Russie est de 20 °C). Les températures peuvent être très élevées dans les régions continentales (jusqu’à 38 °C au sud). L’été peut être très chaud et humide y compris en Sibérie.

La Russie en 10 mots-clés


SAINT-PÉTERSBOURG (САНКТ-ПЕТЕРБУРГ) - Vodka.
© Pawel Michalowski : Shutterstock.com

Bains (banias)
Le sauna et le bain russe (bania) sont très populaires en Russie où, pendant les rudes hivers, il est d’usage de se réchauffer en se flagellant avec des sortes de petits balais faits de branches de bouleau (dits vénik). Après quoi, le rituel consiste à boire un thé aux herbes ou du kvas, boisson fermentée aigre-douce, à base de pain de seigle, de sucre et de levure.

Caviar
Le terme caviar « икра » en russe, désigne les œufs de poissons. Comme en français, il peut être rouge ou noir, c’est-à-dire de saumon ou d’esturgeon. La Caspienne et le bassin de la Volga ont longtemps été les seuls producteurs de caviar au monde. A l’époque soviétique, la légende urbaine dit qu’on trouvait du caviar sans difficulté et qu’on le mangeait à la louche, sans retenue car son prix n’était pas prohibitif.

Chapka
La chapka est l’article incontournable de la panoplie vestimentaire russe. Sur les marchés, vous trouverez des versions en lapin qui protègent très bien du froid. Si la fourrure est chez nous un luxe, elle est, dans certaines régions du Nord notamment, une obligation.

Datcha
Les Russes adorent la campagne et ils sont nombreux à émigrer le vendredi soir dans leur maisonnette, même très modeste, hors de la ville. Petite isba de bois peint, jardinet en bord de route, deux fleurs et trois pommes de terre : ce petit bonheur reste plus souriant qu’une case dans les immeubles années 1950 des périphéries urbaines.

Kvas
Si vous séjournez l’été en Russie, vous tomberez sûrement nez à nez avec une citerne jaune portant les armes du KBAC (prononcez « kvas »). A cet instant, il vous faudra oublier que ce breuvage typiquement russe est en fait du jus de pain rassis. A mi-chemin entre le cidre et le Coca-Cola suivant les préparations, le kvas est très désaltérant et, paraît-il, excellent pour la santé.

Morjy
« Morses », nombreux en Russe. Ce nom ne dit peut-être pas grand-chose et pourtant l’image est devenue un cliché relayé par tous les films et médias tant il semble « exotique ». Les morjy, ce sont tout simplement ces baigneurs téméraires qui piquent une tête dans l’eau après avoir pratiqué un trou dans la glace.

Orthodoxie
Le lien entre la religion orthodoxe et l’identité russe est aussi complexe que la Russie elle-même. Si l’URSS a lutté contre la religion, le peuple y est resté profondément attaché. Le petit Vladimir Poutine n’a-t-il pas été baptisé dans le secret d’une cave de son quartier de Saint-Pétersbourg, alors même que dans le pays la dernière grande campagne anticléricale battait son plein ? Un attachement problématique dans un pays qui revendique toutes les grandes religions (christianisme, islam, judaïsme, bouddhisme, chamanisme) et qui ne permet pas de résoudre la crise identitaire d’un pays divers qui se veut monolithe.

Steppes
La steppe est entrée au panthéon des symboles nationaux russes tout autant que les bulbes de la cathédrale Basile-le-Bienheureux à Moscou. Ce paysage si particulier, très présent notamment dans le sud de la Russie occidentale (depuis Rostov jusqu’à Astrakhan) donnerait presque à la monotonie un aspect grandiose. Les longues étendues de terre sèche à la végétation rase ont été les routes préférées des envahisseurs depuis la Russie ancienne (la Rus’) jusqu’à la fin du joug tatar-mongol au XVIe siècle.
Un Russe ne vous parlera pas sans une émotion réelle de la steppe, pendant méridional de la toundra. La steppe qui s’étend sur plus de 3 500 kilomètres de Rostov au Kazakhstan est même souvent affublée de l’adjectif « velikyi », grandiose.

Théatres
Les Russes aiment beaucoup aller au théâtre et ce puissant outil de propagande était largement financé par l’Etat soviétique. De cette époque, il reste un réseau dense de théâtres à Moscou et Saint-Pétersbourg, mais aussi dans les régions. Les prix sont accessibles, et les Russes s’y rendent très régulièrement vêtus de leurs plus beaux atours. Même pour un étranger ne parlant pas un mot de russe, ces spectacles sont captivants tant les mises en scène sont parfois avantgardistes.

Vodka
La boisson russe par excellence. Les vodkas diffèrent selon leur teneur en alcool (40-50°), le degré de sa rectification et le supplément en sucre (0,1-0,2° seulement). Pour la boire comme les Russes, il faut la boire cul sec, et non pas par petites gorgées. C’est de cette manière, et sans la mélanger au cours du repas avec une autre boisson alcoolisée, qu’elle est la plus efficace, mettant de bonne humeur et ne rendant jamais malade. Les plus raisonnables se contentent d’un ou deux verres par repas (des petites doses de 5 cl environ), mais quand la fête bat son plein, les toasts et les dégustations ne se comptent plus.

Survol de la Russie


MOSCOU (МОСКВА) - Cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux de Moscou.
© Numbeos – iStockphoto

Géographie
La partie européenne de la Russie s’étend sur 3 000 km du nord au sud et près de 2 250 km d’est en ouest. Malgré ces distances impressionnantes, cela représente tout juste le quart de la superficie totale du pays. C’est toutefois la zone la plus peuplée (70 % de la population totale). La frontière naturelle du territoire est l’Oural dans sa partie orientale. Le territoire est marqué par des grands fleuves et les grandes plaines du sud et du centre de la Russie. Toutefois, le Caucase tranche avec ce paysage et plusieurs sommets dépassant les 4 000 m.
Le Nord et le Grand Nord . Délimité par Saint-Pétersbourg à l’ouest, la chaîne de l’Oural à l’est, et s’étendant au nord jusqu’à l’océan arctique, bien au-delà du cercle polaire, le nord russe au sens large est une terre froide, humide, inhospitalière, mais bien souvent d’une envoûtante beauté. Le nord est constellé de lacs de tailles les plus variées. Le lac Ladoga et ses 18 000 km carrés est le plus grand d’Europe. Certains de ces lacs sont couverts de milliers d’îles dont les plus petites ne font pas plus d’ 1 m², et qui abritent parfois des trésors d’architecture, comme l’île Kiji ou les îles Solovetski. Si le nord est une région relativement plate, quelques massifs montagneux se dégagent tout de même : notamment les monts Khibiny, culminant à plus de 2 000 m et bordant la toundra dans la presqu’île de Kola, sont d’une étonnante beauté. Leur position boréale leur permet d’être enneigés presque toute l’année.
La Russie centrale et occidentale. La Russie centrale est marquée par la prédominance des forêts et des rivières. La région est traversée par la Volga, le plus grand fleuve d’Europe. Ce fleuve majestueux est l’un des symboles auxquels les Russes sont le plus attachés. La « Mère Volga » a inspiré plus d’un artiste, a joué un rôle majeur dans l’histoire du pays, et a même donné son nom au modèle de voiture haut de gamme soviétique. Longue de 3 350 km, elle alimente un bassin fertile et prospère et constitue une voie de communication vitale pour l’économie russe. Le sud de la Russie centrale est plus aride avec le début de la grande steppe qui s’étend de l’ukraine au Kazakhstan. Cette aridité trouve sa fin avec les premières rivières s’écoulant depuis les contreforts du Caucase.
Le Caucase et le littoral de la mer Noire. Le littoral de la mer Noire n’est pas très grand : 400 km sur la mer Noire et 350 sur la mer d’Azov. Néanmoins, la végétation luxuriante et le climat presque tropical lui assurent un nombre très important de visiteurs. Notamment dans sa partie sud surplombée par le Caucase. S’étendant à la jonction de l’Europe et de l’Asie, entre la mer Noire et la mer Caspienne sur 1 200 km, le Caucase couvre deux continents et cinq pays (Russie, Géorgie, Azerbaïdjan et Arménie). Son point culminant, le mont Elbrouz, avec ses 5 642 m, est le plus haut sommet d’Europe. On distingue trois grande parties dans le massif caucasien : le Caucase Nord est la partie la plus imposante avec de nombreux glaciers et pics enneigés, et marque la frontière entre la Russie et la Géorgie. Le Caucase Sud, ou « petit Caucase », couvre l’Arménie et une partie de la Géorgie, et son altitude moyenne est de 2 000 m.

Climat
Même si la Russie traîne une image de pays de l’éternellement froid, la partie européenne recèle une grande variété de climats. Le Grand Nord subit les rudes hivers ainsi que les courts étés du climat polaire, et il peut faire très froid, jusqu’à – 50 °C dans la région de Mourmansk. La Russie centrale est caractérisée par un climat continental. Le printemps et l’automne sont très courts. L’hiver dure de novembre à avril, l’été de mi-mai à septembre. Dans le sud, les climats peuvent être presque tropicaux dans certains golfes du littoral de la mer Noire. A noter que la région des eaux minérales du Caucase (Kislovodsk, Piatigorsk), bénéficie d’une exceptionnel ensoleillement de plus de 280 jours par an en moyenne : un bon moyen de reprendre des forces lors du long hiver moscovite sans aller jusqu’en Thaïlande.

Faune et Flore
Un changement s’opère dans la végétation suivant un axe nord-sud, formant des zones clairement définies : désert arctique, toundra, taïga au nord, forêts puis steppes entrecoupées de forêts en Russie centrale. Les piémonts du Caucase et le Caucase ont une végétation de type alpin.
Toundra. Dans la toundra prédominent mousses, lichens, buissons bas et herbes vivaces, car le sol est marécageux. Le sol est très fragile, et la moindre industrie humaine peut détruire des régions entières. C’est souvent le cas près des exploitations minières ou pétrolières.
Taïga. La zone de la taïga où conifères et terrains marécageux prédominent, se caractérise par un climat relativement frais et humide. Dans la Russie européenne, elle est présente en Carélie et dans le nord (Arkhangelsk).
Steppe. La région de la Kalmoukie est spécifique par la présence d’une grande steppe. Le sol y est aride et la végétation rase, typiquement des petites touffes d’herbes ou petits arbustes.
Terres noires (tchernoziom). Ce type de sol est caractéristique de la Russie méridionale. Il est très fertile car issu de la décomposition d’anciennes forêts et assure techniquement l’un des meilleurs rendements agricoles au monde.
Faune. La richesse et la diversité de la faune russe sont à l’échelle de l’étendue du territoire. La taïga abrite une grande quantité d’élans, d’ours bruns et de cerfs, ainsi que des loups dans certaines régions. La toundra, dans l’extrême nord, est le domaine du renne qui se nourrit de la rare végétation même lorsqu’elle est enfouie sous la neige. Les rives de l’océan arctique sont peuplées de phoques, de morses et d’ours blancs. C’est dans le Caucase que l’on peut observer la faune montagnarde, comme le mouflon, l’ours brun et le chamois. Pour les amateurs d’espèces rares la saïga, la seule antilope européenne, se trouve encore à l’état sauvage dans les steppes de Kalmoukie. Mais comme beaucoup d’espèces animales en Russie, elle est menacée par le braconnage et la pollution de son espace naturel.

Histoire


MOSCOU (МОСКВА) - Sur les quais de Moscou.
© Ivan Skvortsov / Shutterstock.com

Au début de son histoire, la terre de la future Russie est une plaine immense et monotone, aux reliefs peu élevés. Les peuples nomades peuvent facilement la parcourir. Il ne s’agit là que de peuples épars, bien loin de constituer un véritable Etat. Il faut attendre pour cela les Slaves puis les Varègues, qui vont donner la première impulsion dans la constitution de la future Russie.
Naissance du premier état
Les Slaves ne sont encore au IX e siècle qu’un ensemble de tribus éparses et en lutte les unes contre les autres. Pour chasser les Khazars, et se défendre face à de nouvelles invasions des nomades turques, les chefs slaves et Varègues procèdent à des alliances. Ainsi les tribus slaves se trouvent-elles unifiées pour la première fois en 860 sous l’égide d’un prince Varègue Riurik, originaire de Jütland, au Danemark. A son arrivée, Riurik s’empare de Novgorod. Puis son successeur Oleg réussit à s’emparer de Kiev en 882 où il installe le centre de l’Etat.
Âge d’or de la Rus de Kiev : du IX e au XII e siècle ou l’influence de Byzance
Le siège de la première dynastie des Riourikides se trouve à Kiev, aussi appelle-t-on ce premier Etat la Rus de Kiev. Il s’agrandit au fur et à mesure des conquêtes des descendants d’Oleg, jusqu’à dominer une grande partie des Slaves. Cette Rus va s’ouvrir peu à peu à une nouvelle influence, celle de Byzance. Le premier signe en est la conversion d’Olga, belle-fille de Riurik, au christianisme vers 957, sûrement lors d’un voyage à Constantinople, ville qui l’aurait émerveillée. La conversion de la Russie au christianisme sera l’œuvre de son successeur, Vladimir. Cet événement est fondamental pour la suite de son histoire : devenant chrétienne, elle rentre dans l’Europe. De plus, c’est de Byzance qu’elle reçoit son art, son architecture et ses icônes. Grâce à l’écriture, une littérature prend naissance. Enfin, cette conversion achève d’unifier la Rus.
Déclin de la Rus de Kiev : le centre de l’état se déplace vers le nord
Au XII e siècle, l’unité de la Rus de Kiev s’achève et l’Etat se divise en une douzaine de principautés qui luttent pour la primauté. Par ailleurs les princes sont de plus en plus attirés par le nord, où ils vont essayer de déplacer le centre de gravité du pays. Ce déplacement du centre de la Russie est à la source de la création de trois grands espaces dont les frontières ne vont cesser de changer au fil des siècles : l’Ukraine, Grande Russie ou Moscovie, et la Biélorussie.
Le joug mongol
Peu après sa conquête de la Chine, Gengis Khan se lance à l’ouest de l’Oural. Son petit-fils Batou Khan saccage Moscou et s’empare de Vladimir Souzdal et de Kiev en 1240, époque à partir de laquelle on date le début de la domination tatare en Russie. Quand Batu Khan rentre à Karakorum en 1241, il laisse ses conquêtes à Saraï, près de l’actuel Volgograd. C’est la fameuse horde d’or qui deviendra le symbole du régime tatar. Etant donné que les Tatars sont convertis à l’Islam, l’orthodoxie devient un très grand facteur d’unité pour la population et le signe du fondement de la nation.
Les premiers tsars : la principauté devient empire
En 1480, Ivan III est le premier prince à refuser toute allégeance à la Horde d’or. Il libère définitivement la Russie du joug mongol et consolide la Moscovie en annexant les principautés de Iaroslav, Perm, Novgorod, Tver et Pskov. Moscou devient seule héritière de la Rus de Kiev. Par ailleurs, Ivan III fait des recherches généalogiques et se trouve un ascendant dans l’Empereur romain Auguste, aussi s’octroie-t-il le droit de prendre le titre de Caesar, qui, par une adaptation à la langue russe, donne tsar. Son fils Ivan IV est passé à la postérité sous le nom d’Ivan le Terrible. Il obtient le premier le titre de « tsar de toutes les Russies ». Il ouvre la voie par ses conquêtes à la constitution d’un véritable empire. Il s’attaque tout d’abord au reste de l’empire mongol. En 1552, il conquiert le khanat de Kazan sur la haute Volga. Par la conquête d’Astrakhan en 1556, il devient le maître de toute la Volga, de Moscou à la mer Caspienne. En 1631, ma dynastie des Romanov accède au pouvoir. Elle règnera jusqu’en 1917.
Le XVIII e siècle : bouleversement pour la Russie qui s’ouvre sur l’Europe
Les deux tsars les plus marquants de la dynastie des Romanov sont incontestablement Pierre Le Grand, qui règne de 1682 à 1725, et Catherine II qui règne de 1762 à 1796. Conscients du retard de la Russie par rapport au reste de l’Europe, ils œuvrent tous deux pour une ouverture de la Russie sur l’Occident, voyant dans le modèle européen le meilleur moyen de faire de la Russie une nation progressiste. Pierre le Grand se donne pour mission de d’arracher la Russie au Moyen Age et de la tourner vers les lumières de l’Europe. Il a une idée principale, celle de construire une marine moderne, ce qui nécessite d’obtenir un morceau de Baltique. Raison pour laquelle il passera tout son mandat à se battre contre la Suède, à laquelle il réussit à prendre la région de la Carélie, l’Estonie et la Lettonie. Il entreprend donc de construire un port au niveau du golfe de Finlande, à l’embouchure de la Néva, afin d’ouvrir à la Russie « une fenêtre sur l’Europe ». C’est là qu’il construit en 1703 la ville de Saint-Pétersbourg qu’il dote de tous les attributs d’une ville européenne : palais, ministères de style occidental, musées, université et bibliothèque. En 1712, il transfère la capitale à Saint-Pétersbourg. Catherine la Grande (1762-1796) est originaire de la petite aristocratie allemande. Mariée au petit-fils de Pierre le Grand, elle réussit à intriguer contre lui pour l’écarter du trône. Elle entreprend alors de construire un empire qui par sa taille doit dépasser les empires romains et byzantins. Consciente comme Pierre du retard de son pays, Catherine est bien décidée à le transformer. Aussi décide-t-elle de l’ouvrir au monde des idées en train de fleurir à l’ouest à cette époque là : la philosophie des Lumières. Elle correspond avec Voltaire et fait venir Diderot à sa cour. Aussi l’influence française se propage-t-elle avec son cortège d’idées progressistes. Son règne est marqué par un bouillonnement culturel et c’est durant son règne que Saint-Pétersbourg acquiert sa beauté classique. Mais la question problématique du servage ne cesse d’augmenter, provoquant l’une des révoltes paysannes les plus célèbres de l’histoire : la révolte de Pougatchev, immortalisée dans le chef-d’œuvre de Pouchkine : La fille du capitaine (1836). Avide de conquête, Catherine continue à étendre l’empire. Elle s’empare de la Lituanie, de la Biélorussie, de l’ukraine occidentale et elle se partage la Pologne avec Frédéric de Prusse. Le plus important est la conquête de la Crimée qui lui permet d’ouvrir à la Russie un débouché sur la mer Noire. Mais à la fin de son règne, effrayée par la Révolution française, Catherine ferme subitement son pays aux idées nouvelles.
Le XIX e siècle : entre libéralisme et réaction, développement d’un groupe révolutionnaire
Le XIX e siècle voit la naissance en Russie d’une population éclairée et de la première intelligentsia, inspirée par des idées venues d’Europe. Après la philosophie des Lumières, les intellectuels russes s’intéressent au socialisme. Tandis que tous les dirigeants du siècle hésitent entre politique libérale ou fermeture, éclôt à l’extérieur de la Russie, l’embryon d’un mouvement révolutionnaire qui attend l’étincelle pour s’enflammer. Le règne d’Alexandre Ier (1801-1825) est presque entièrement occupé par l’invasion de Napoléon. Malgré la paix conclue avec les Français à Tilsit en 1807, Napoléon envahit la Russie et se trouve à Moscou en 1812. Dans un élan de ferveur patriotique, ses habitants préfèrent incendier leur ville plutôt que la livrer à l’ennemi. A la fin du règne d’Alexandre Ier, un nouvel état d’esprit règne en Russie, car l’aristocratie russe a voyagé et elle est entrée en contact avec les idées de la Révolution française. C’est la première tentative en Russie d’une pensée libre et d’une réflexion politique. Après la mort subite d’Alexandre en 1825, ces sociétés vont profiter du court interrègne pour essayer de prendre le pouvoir sous la forme d’une insurrection, connue sous le nom de révolte des décabristes. C’est un événement clef de l’histoire de la Russie, car avant cela on faisait des coups d’Etat pour mettre un souverain à la place d’un autre. Pour la première fois, les participants veulent changer le régime et lui donner une constitution, car ils pensent que la Russie peut avoir sa place dans le cercle des nations européennes, en remplaçant l’autocratie par une république constitutionnelle. Le successeur d’Alexandre, Nicolas Ier reste marqué pendant tout son règne (1825-1855) par la révolte des décabristes, aussi il n’aura de cesse de lutter contre toute idée révolutionnaire. La vague révolutionnaire qui déferle en Europe en 1848 incite le tsar à s’introniser « gendarme de l’Europe », il intervient là où la monarchie est menacée, comme en Hongrie par exemple. Par ailleurs, le tsar essuie un lourd échec en Crimée contre la France et l’Angleterre. Le règne d’Alexandre II (1855-1881) marque la fin d’une époque en Russie. Il décide d’abolir le servage, en 1861 (la Russie est le dernier pays d’Europe à prendre cette mesure). Mais elle ne provoque pas l’effet escompté. Par ailleurs, Alexandre II fait beaucoup de réformes libérales, il crée des hôpitaux et des écoles primaires. La censure se fait moins sévère, et les débats d’opinion sont possibles. Alexandre II est assassiné dans un attentat en 1881. Le tsar au visage libéral étant tué, ses successeurs vont revenir radicalement à l’autoritarisme. Le règne d’Alexandre III (1881-1894) commence de façon très brutale. Luttant contre toute idée révolutionnaire et décide de faire entrer le pays dans l’ère industrielle.
Nicolas II et la fin de l’empire tsariste
Le règne de Nicolas II (1894-1917) marquera la fin de l’empire tsariste. En 1905, le pays perd une guerre contre le Japon. Cet événement est vécu comme une grande humiliation pour la population. En quelques jours tout le pays se met en grève et une nouvelle forme de comité de travailleurs, les soviets, se constituent dans la capitale et dans toutes les principales villes de Russie. Après cela le tsar est obligé de faire une concession démocratique, aussi institue-t-il la Douma, une mascarade de Parlement, qu’il ne consultera jamais. Pendant ce temps, le pays se transforme profondément. Avec la naissance de l’industrialisation, un prolétariat est en train de se constituer. Mais avec les conditions de logement difficiles, dans des villes qui ne sont pas équipées pour recevoir tous ces nouveaux venus, les ouvriers expriment leur mécontentement. Ces revendications vont alors être entendues et soutenues par un parti tout nouvellement constitué, le parti social-démocrate. Pendant que le parti social-révolutionnaire, héritier du populisme, prend en charge les revendications des paysans. Pour essayer de remédier à toute cette montée de mécontentement, Nicolas II nomme en 1906 un nouveau premier ministre, Stolypine. En 1911, il est assassiné. La Russie sombre alors dans le chaos. Le divorce entre le tsar et le peuple est consommé. Il ne manque plus qu’un événement pour que le mouvement révolutionnaire explose. Celui-ci sera donné par la guerre de 1914. Entraînée dans ce combat pour soutenir la Serbie, peuple frère, contre l’Autriche, la Russie est bientôt confrontée à ses faiblesses structurelles : l’approvisionnement est rendu très difficile à cause des problèmes de transport. La population des villes n’étant plus ravitaillée, elle décide de se soulever à Saint-Pétersbourg en février 1917, pour obtenir du pain, et l’armée se range à ses côtés. Devant cette situation irréversible, la Douma forme un gouvernement provisoire et le 15 mars, le tsar abdique en faveur de son frère Michel qui renonce lui même au trône.
1917 : lutte entre le pouvoir officiel et les Soviets
A partir de février 1917, un gouvernement provisoire se met en place, promouvant une république bourgeoise : sur le plan intérieur, Kerenski, Premier ministre à partir de juillet, mène une politique attentiste. Mais surtout, l’élément principal qui a provoqué la révolution de février, à savoir la guerre, se poursuit. Ainsi, le chaos continue de régner dans le pays et le ravitaillement en nourriture manque toujours. Et surtout, depuis la fin du tsarisme la légitimité du pouvoir n’a pas été réellement transférée au gouvernement provisoire.
Retour de Lénine : impulsion et prise de pouvoir
Pendant ce temps, Vladimir Ilitch Oulianov Lénine, prend la tête du mouvement bolchevik. Il profite du chaos généralisé du pays, pour lancer ses thèses d’avril, qui vont donner le déclic à la révolution d’octobre. La particularité des bolcheviks, sous l’impulsion de Lénine, est de former un groupe de révolutionnaires professionnels, qui, sous l’impulsion de Lénine, n’aura qu’une seule obsession : la prise du pouvoir. Elle surviendra à l’automne 1917 : le 6 novembre, des détachements d’ouvriers et de soldats commandés par Trotski rentrent dans le siège du gouvernement provisoire, le Palais d’hiver à Petrograd. Ce qui est passé à la postérité comme la « révolution d’octobre » n’est rien d’autre qu’un coup d’Etat.
Création de l’URSS sur les décombres de l’empire tsariste
Au début du XX e siècle, l’empire russe s’étend d’est en ouest du Grand-duché de Varsovie à l’océan pacifique et du nord au sud de la mer Baltique à la Transcaucasie. Il s’étend aussi sur une partie de l’Asie centrale. Durant la confusion de l’année 1917, cet Empire entame une dislocation : les peuples non russes affirment leur souveraineté. Il s’agit pour les dirigeants bolcheviks de rétablir une unité. C’est dans cette optique qu’est créée en 1922 l’union des républiques socialistes soviétiques (uRSS), premier succès d’une reconquête impériale, avec notamment l’inclusion de la Transcaucasie et de l’ukraine.
Les années 1930 : le grand tournant
Lénine meurt prématurément en 1924. En 1926 que l’URSS abandonne son projet de révolution mondiale au profit de la construction du socialisme dans un seul pays. Par ailleurs, l’un des problèmes principaux de la Russie est son retard industriel. L’industrialisation a commencé dans les années 1880 avec le ministre Witte. Mais la guerre a tout détruit. Dès son arrivée, Staline décide d’engager le pays dans l’industrialisation à outrance. Cela commence par la collectivisation forcée des terres, soutenue idéologiquement par l’idée qu’il faut éliminer les paysans enrichis, les koulaks. Parallèlement se met en place une industrialisation mettant l’accent sur l’industrie lourde, au détriment de l’industrie légère et des biens de consommation. Par ailleurs, un gros effort est fait pour vaincre l’analphabétisme. Dès 1932, la quasi-totalité des enfants sont scolarisés. Par ailleurs, pour installer son pouvoir, Staline s’appuie sur trois moyens : la terreur, le culte de la personnalité et la propagande. A partir de 1934, le NKVD, qui deviendra le KGB en 1954, comité pour la sécurité d’Etat, instaure son contrôle sur la population. En 1934, les purges commencent avec l’élimination des gens du Parti. Des millions de russes sont envoyés dans des camps de concentration, les goulags. Le troisième plan quinquennal est interrompu par la Seconde Guerre mondiale.
La Seconde Guerre mondiale
L’URSS entre dans le concert des nations, en 1924, lorsqu’elle est admise à la SDN. Elle se rapproche d’abord des démocraties occidentales. Mais à la suite des accords de Munich, Staline décide de s’allier à Hitler. En mars 1939 est signé le pacte germano-soviétique, à la faveur duquel l’uRSS annexe de septembre 1939 à mars 1940 la Pologne orientale, la Carélie, les Etats baltes, la Bessarabie et la Bucovine du Nord. Mais le 22 juin 1941, Hitler envahit une URSS mal préparée à la guerre. Staline réussit à mobiliser la population au service de la « Grande Guerre patriotique » et conclut un accord avec la Grande-Bretagne. Début 1943, l’Armée rouge regagne du terrain et à l’automne 1944 pénètre en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie, participe à la libération de la Yougoslavie, progresse en Pologne au début 1945 et, conformément aux accords de Yalta, occupe l’Allemagne de l’Est. La fin du règne de Staline confine à la folie. Certaines nationalités, accusées d’avoir collaboré avec l’ennemi sont déportées : Ingouches, Tchétchènes et Tatars de Crimée sont déportés et leurs républiques autonomes supprimées entre 1943 et 1946. Les déportations continuent, la répression policière est omniprésente, et l’adulation de Staline confine à l’absurde. « Le Petit Père des peuples » meurt le 5 mars 1953. Entre-temps, la guerre froide est née d’une incapacité des alliés à s’entendre, de l’instauration de régimes communistes sous la pression de l’URSS en Europe de l’Est et du pacte de l’Atlantique Nord de 1949 dénoncé par Staline.
Khrouchtchev : la dénonciation des crimes staliniens
A la mort de Staline, Khrouchtchev est placé à la tête du secrétariat du Parti. La nouvelle direction veut rétablir la légalité socialiste et améliorer les conditions matérielles des citoyens. Les deux premières années de ce nouveau dirigeant sont caractérisées par un certain « dégel », qui ouvre la porte à un phénomène de résistance. qui sera connu sous le nom de « dissidence ». Il dure deux décennies, jusqu’à la fin des années 1970, mais il a été sévèrement réprimé.
La détente
Au point de vue international les relations avec l’Ouest et surtout les Etats-unis se sont nettement refroidies : l’URSS soutient ouvertement Cuba et un avion américain espion est abattu dans le ciel soviétique. La crise atteint son paroxysme avec la construction du mur de Berlin en 1961 et les missiles soviétiques de Cuba. L’échec de cette politique offensive amène Khrouchtchev à rechercher une entente durable avec les Etats-unis.
Brejnev : l’ère de la stagnation
Brejnev lui succède. La nouvelle direction entend poursuivre une politique plus réaliste, et en revenir à l’orthodoxie léniniste. Elle prend des mesures pour améliorer l’agriculture et le rendement et donne plus d’autonomie aux entreprises industrielles. La censure est renforcée, et les dissidents font connaître leurs critiques à l’étranger. Sakharov (prix Nobel de la paix en 1975), Tchalidze et Tverdokhlebov fondent en 1970 un comité pour la défense des droits de l’homme. Lui succèdent à la tête du parti Andropov puis Tchernenko. Celui-ci meurt en 1985.
La perestroïka
En 1985, la nécessité de réformer le pays en profondeur semble s’être imposée aux dirigeants. L’économie est paralysée à tous les niveaux de production et elle repose sur un système qui n’est pas du tout motivant pour la population. Gorbatchev qui arrive au pouvoir en 1985 et étonne tout le monde avec son franc-parler va tenter une sorte de révolution : changer le fonctionnement tout en restant dans le même système communiste. Il lance la perestroïka , mot qui signifie restructuration. C’est le volet économique des réformes qu’il entreprend. Il assouplit les directives et permet de créer un embryon de privatisation. Le volet idéologique de ses réformes est la glasnost , mot qui signifie transparence : on peut dire publiquement tout ce que l’on taisait sous la pression idéologique. Les dissidents comme Andreï Sakharov sont libérés, des débats publics ont lieu au soviet suprême. Comme la situation économique ne progresse pas, le mécontentement augmente dans la population.
Du coup d’état manqué à la fin de l’URSS
Progressivement, Gorbatchev est pris en étau entre deux formes d’opposition : les conservateurs communistes d’un côté qui lui reprochent d’avoir réformé le système, et les libéraux de l’autre qui voudraient au contraire que les réformes aillent plus loin, vers une privatisation totale de l’économie. Ces libéraux s’organisent autour de Boris Eltsine. En août 1991, les communistes profitent du fait que Gorbatchev soit en vacances pour tenter un putsch contre lui. Boris Eltsine prend alors la tête de l’opposition. Il appelle à la résistance et réussit à faire plier le putsch. En 1991, lors des élections présidentielles, Gorbatchev ne réussit à rassembler que 1 % des suffrages exprimés. C’est Boris Eltsine qui lui succède à la tête de la Russie. Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata, 11 des 12 présidents des républiques socialistes soviétiques constatent la fin effective de l’URSS. Le 25 décembre, Moscou fête Noël… et enterre l’union soviétique.
La Fédération de Russie : le mandat de Boris Eltsine
En décembre 1991, l’URSS a disparu. En 1992, les 15 Républiques se séparent et la Russie se retrouve à nouveau indépendante dans de nouvelles frontières. La première mission du nouveau président, celle du passage à la privatisation se fait dans un contexte difficile. L’ensemble de l’économie est désorganisée : les fermetures d’usines sont nombreuses, et le chômage flambe, créant les conditions du développement d’une économie parallèle, et de l’apparition de mafias. La fin de la deuxième présidence de Boris Eltsine est marquée par une grande instabilité. Le 31 décembre 1999, Eltsine démissionne à la veille des présidentielles et désigne Poutine comme dauphin. Ce dernier est élu président de la Russie le 26 mars 2000 dès le premier tour avec 52 % des voix.
Premier mandat de Vladimir Poutine
Lorsqu’il arrive au pouvoir en 2000, Poutine est un homme quasi inconnu en Russie. Il doit relever un terrible défi étant donné la situation laissée par son prédécesseur : le pays est ruiné à cause de la crise économique, les grandes attentes de 1991 ne semblent par avoir été comblées car les privatisations ont conduit à de nombreuses inégalités, et Boris Eltsine n’a pas réussi à rendre aux Russes leur fierté nationale. La sortie de crise fut plus rapide et plus soutenue que la plupart des observateurs ne la jugeaient possible. Aussi la politique de Poutine, qui s’appelle « la verticale du pouvoir » connaît-elle un succès retentissant.
Deuxième mandat de Poutine
Poutine a été réélu triomphalement en mars 2004 obtenant 70 % des voix. Mais les incertitudes demeurent. Moins d’un an après sa réélection il a affronté une des plus grandes manifestations qu’il ait connue. Et ce après sa décision de supprimer des avantages sociaux issus du communisme. La révolution des Roses en Géorgie à l’automne 2003, la révolution orange en Ukraine en hiver 2004 et la révolution blanche au Kirghizstan en mars 2005 contribuent à donner l’image d’une Russie qui perd le contrôle de ses anciennes républiques qui préfèrent se tourner vers l’Occident et recevoir de l’aide des Etats-unis.
La Russie d’aujourd’hui
Alors que Poutine ne remporte pas l’unanimité sur la scène internationale, il est devenu très populaire en Russie. Il incarne pour la population un homme à poigne qui a réussi à remettre le pays sur pied. En décembre 2007, après avoir choisi Medvedev pour être son successeur, il s’est naturellement nommé comme futur Premier ministre de son dauphin Dmitri Medvedev élu à la présidence le 2 mars 2008, et a pris la tête du parti majoritaire Russie unie, devenant ainsi le premier homme fort du pays, avant d'être réélu aux élections suivantes de 2012. Depuis, la Russie est redevenue sur les devants de la scène, avec notamment "l'annexion" d'une partie de l'Ukraine et surtout le soutien au régime dans la guerre de Syrie.Sur le terrain, c'est le début d'une guerre civile entre forces néo-gouvernementales et milices séparatistes qui a fait près de 7 000 morts en juin 2015. L'UE vote de lourdes sanctions économiques contre la Russie, prolongées d'au moins 6 mois en juin 2015, impliquant des pans entiers de son économie (comme les secteurs bancaires, pétroliers et d'armement, avec notamment la rocambolesque non-livraison par la France des porte-hélicoptères Mistral Vladivostok et Sebastopol). Elles provoquent un ralentissement important de sa croissance mais aussi une réorientation de celle-ci vers de nouveaux partenaires (notamment chinois). Dans ce contexte de crispation, la Russie célèbre en grandes pompes le 9 mai les 70 ans de la fin de la Grande guerre patriotique. Les festivités sont grandioses mais, contrairement à celles des 60 ans qui avaient réuni George W. Bush, Jacques Chirac et Gerhard Schröder, elles se déroulent sans la présence des chefs de gouvernement des principaux pays alliés et européens.
A ce titre, l'assassinat de Boris Nemtsov (55 ans) en dit presque plus sur l'opposition frontale du camp occidental à l'administration Poutine que sur la politique intérieure russe. Ancien jeune premier de la politique russe, Boris Nemtsov connaît une ascension fulgurante : gouverneur de Nijni Novgorod à 30 ans (en 1990), il devient ensuite ministre de l'Energie de Boris Eltsine. Ce dernier envisagea de faire de lui son successeur avant de lui préférer Vladimir Poutine suite au krach de 1998. Elu de la Douma de 1999 à 2007, il était sans mandat depuis 2007. Nemtsov était de ces jeunes loups démocrates et libéraux des années 1990 dont la carrière n'a pas survécu à la fin de l'époque Eltsine et au grand krach de 1998, quand les oligarques se sont appropriés les richesses du pays et que près de la moitié de la population ne recevait plus de salaire. Depuis le début du XXI e siècle, son action politique se résume à celle d'une opposition virulente et systématique à Vladimir Poutine. Mais depuis quelques années, c'est une nouvelle génération d'opposants (Navalny) qui a pris la tête de la contestation.
Qu'à cela ne tienne, le parti pro-présidentiel Russie Unie obtient la majorité absolue lors des élections de la Douma en 2016 avec 343 sièges sur 450. L'Union européenne reconduit quant à elle les sanctions contre la Russie en réaction aux actions menées dans l'est de l'Ukraine. La Russie sort néanmoins renforcée par le succès rencontré en Syrie dans le soutien au gouvernement et la destruction de Daech en tant qu'état. 2017 est une année de célébrations : la Russie fête le centenaire de la Révolution d'Octobre de 1917 et le 870 e anniversaire de la fondation de Moscou. C'est aussi une année de deuil après l'attentat-suicide d'un djihadiste kirghize (d'origine ouzbèke) dans le métro de Saint-Pétersbourg qui fera 16 morts et 53 blessés.
Impossible d'y couper, 2018 sera l'année de la Coupe du Monde de Football en Russie du 14 juin au 15 juillet. Un événement aux enjeux économiques, d'image et géopolitiques considérables.

Population


Population - Parc Gorki.
© Dimbar76 / Shutterstock.com

Démographie
Si la Russie reste l’un des pays les moins denses en matière de population, c’est dans la partie occidentale que la plupart des bassins de population se trouvent. Hormis les Russes, majoritaires, différents peuples habitent sur ce territoire, notamment les peuples indigènes du Caucase, qu’il serait très mal vu de mélanger. En 2008, la Russie compte 143,4 millions d’habitants, dont 10,22 millions dans la capitale et 14,75 millions dans l’agglomération de Moscou. La population russe décroît avec un indice de fécondité de 1,3 enfant par femme et une espérance de vie de 67 ans. Le taux de chômage s’élève en 2008 à 7 % de la population active. La Russie est composée à 80 % de Russes. Les minorités nationales sont réparties d’une manière complexe sur le territoire russe en raison des déplacements massifs de population pendant la période stalinienne.

Mode de vie
Education. La Russie a hérité de la tradition d’éducation de l’URSS dont une des premières mesures a été de généraliser l’éducation dans un pays essentiellement rural. Mais l’école qui était obligatoire jusqu’à 11 ans ne l’est plus que jusqu’à 8 ans en Russie. Le niveau d’éducation aujourd’hui n’en reste pas moins haut puisque 85,2 % des enfants sont scolarisés au deuxième degré et 40,7 % au troisième degré. Le taux d’alphabétisation russe demeure l’un des plus élevés au monde, puisqu’il atteint 99,5 %.
Place de la femme. La société russe, après les tsars et les soviets, ne montre pas, en matière de droits des femmes, un degré d’avancement très spectaculaire. Aujourd’hui, excepté à Moscou, elles ne connaissent pas d’émancipation réelle. Aux fourneaux, s’occupant des enfants, la femme russe est conditionnée dès son jeune âge à se trouver un bon mari, ou simplement un homme qui gagne sa vie et qui veut bien d’elle. Ce qui explique les mines provocantes des adolescentes et, en corollaire, la recrudescence de la prostitution, aggravée par les problèmes économiques et une libéralisation incontrôlée de certains secteurs. Mais, à Moscou, les businesswomen russes commencent à apparaître. Dans les foyers, les rôles s’équilibrent entre la femme et l’homme.
Famille et hospitalité. La famille occupe une place prépondérante chez les Russes. L’entraide et la solidarité entre ses membres sont des valeurs importantes. Les Russes donnent beaucoup, souvent sans compter et sans attendre forcément quelque chose en retour. Mais il faut reconnaître que de prime abord, les Russes ne sont pas des plus aimables. Il vous faudra donc franchir la première étape pour vous rendre vraiment compte de leur hospitalité et de leur gentillesse ! Comment présenter la famille russe sans évoquer la Babouchka ? La grand-mère occupe une place centrale, c’est le pilier de la famille. On l’imagine un peu enveloppée, les joues rosies par le froid, emmitouflée dans un manteau un peu fatigué et son visage dans un fichu coloré. Elle semble avoir traversé les époques et les difficultés. Elle est solide et ne se plaint pas, enfin, si on ne lui parle pas de la Russie d’aujourd’hui. Elle vous dira alors que « c’était mieux avant ».

Religion
La Russie est un Etat multiconfessionnel qui comprend plus de 50 religions différentes, même si les chrétiens de confession orthodoxe sont majoritaires dans ce pays. En effet, la Fédération de Russie est composée, entre autres, de 57 millions d’orthodoxes (qui représentent 56,5 % de la population), dont 2 millions de « vieux-croyants » ; 15 millions de musulmans (l’islam sunnite est la deuxième religion de Russie et représente 15 % de la population), 2 millions de juifs (2 % de la population), 1 million de bouddhistes et 1 million de protestants.

Arts et culture


Arts et culture - Le portrait de Boulgakov peint sur le mur d'un immeuble de la rue Bol'shoi Afanasievskiy.
© Elena Yuzina

Architecture
Des palais de Saint-Pétersbourg aux yourtes de Kalmoukie en passant par les bulbes dorés des églises orthodoxes, l’architecture russe ne manque ni de variété ni de grandeur. Néanmoins, il ne faut pas se voiler la face et vous le constaterez tout de suite dans toutes les villes d’une certaine importance, l’ère soviétique dénuée de tout souci esthétique, a laissé sa marque). Immeubles tristes, vastes constructions dont la curieuse particularité est d’accueillir des logements qui sont en revanche très petits, sont l’apanage de la majorité du pays. Les premières impressions peuvent être rebutantes, mais on s’y fait vite, et le côté kitsch et gigantesque finit même par amuser. Enfin, rouvrant une à une leurs portes, églises, cathédrales, mosquées et synagogues, à demi cachées par des échafaudages, sont en pleine restauration.

Artisanat
L’ambre
Les Russes l’appellent les « larmes des oiseaux de mer ». Ce curieux minéral, dont les teintes vont du brun rougeâtre au miel, est en fait une résine d’arbre fossilisée. Il y a 40 millions d’années, le centre et le nord de l’Europe étaient recouverts de forêts de pins et d’épicéas. 10 millions d’années plus tard, ils étaient engloutis par les eaux. La couleur d’une pièce dépend du type de résine, du temps de fossilisation et du temps passé à l’air libre.
La matriochka
Le grand classique des souvenirs, ex aequo avec la tour Eiffel en plastique et le T-shirt « I love NY ». Les poupées russes, à tendance politique, folklorique, sportive ou musicale (on peut trouver des matriochki Elvis Presley !), sont souvent chères lorsqu’elles sont vendues dans des quartiers touristiques. Souvenir obligé, la matriochka peut aussi être finement peinte et comporter quelques dizaines de pièces. Certaines séries évoquent l’histoire et les contes russes avec force détails. Mais qu’elles soient paysannes en fichu ou princesses orientales, les poupées russes restent un grand classique du « cadeau de Russie », aux côtés de la vodka et du caviar.
Les objets en bois de bouleau
Le bouleau est l’arbre russe par excellence. utilisé depuis la nuit des temps, notamment pour servir de support à l’écrit (l’écorce se roule facilement), il est largement utilisé dans l’artisanat : boîtes, jouets, jeux d’échecs ou oiseaux du bonheur. Ces derniers déploient une queue en forme d’éventail, taillée dans une seule pièce, humidifiée et formée à la main.

Cinéma
Au début du siècle, le cinéma connait ses premiers balbutiements en Russie. En 1913, les futuristes, rejoints par Maïakovski, réalisent leur premier film, Drame au cabaret futuriste n° 13. En 1909, Yacov Protazanov fait ses débuts et deviendra le plus célèbre réalisateur d’avant la révolution. Le premier conflit mondial eut pour conséquence de renforcer les productions nationales. Les autorités et les industriels du cinéma s’allièrent pour produire des films locaux. De 1914 à 1917, on compte de nombreuses adaptations littéraires : Guerre et paix de Vladimir Gardine et Yakov Protozanov, Les Possédés ou encore La Dame de pique du même Protazanov.Le premier grand film, proprement révolutionnaire est La grève d’Eisenstein. En 1926, Le Cuirassé Potemkine connaît un succès international, augmenté encore par son interdiction dans de nombreux pays, dont la France. Avec le passage au parlant, le cinéma va constituer une zone possible de rébellion que le « Petit Père des peuples » surveillera de très près. Maïakovski se suicide, Eisenstein part au Mexique, et le « réalisme socialiste » cadre officiellement les élans artistiques à partir de 1934, date du Congrès des Ecrivains. Le pouvoir stalinien trouve dans le cinéma un formidable outil de propagande. La comédie musicale, lourde, interminable et mensongère, est très prisée de Staline. Sous Brejnev, le cinéma est à l’image du reste de la société : il stagne. Cependant, quelques personnalités, et non des moindres, se détachent nettement. Mikhalkov, Panfilov, Iosseliani et Guerman renouvellent le cinéma soviétique. L’ouverture de studios indépendants à la fin des années 1990 et l’émergence des grands opérateurs audiovisuels, tel NTV, laissaient présager une importante distribution. Mais cette production est souvent consacrée à la fiction télévisuelle. En dépit de ces difficultés, le cinéma russe renaît de ses cendres.

Littérature
Pouchkine. Il est la figure emblématique des débuts de la littérature russe. Né en 1799 à Moscou dans une vieille famille noble, mais nourri d’idées progressistes, il compose des épigrammes satiriques sur ses contemporains dont le favori d’Alexandre Ier. Des amis lui évitent la déportation en Sibérie, mais pas l’exil qui le fait voyager dans tout le pays entre 1820 et 1826. Cette période de bannissement s’avère prolixe puisqu’il écrit, entre autres : Le Prisonnier du Caucase, Les Tziganes, un roman en vers : Eugène Onéguine et la tragédie shakespearienne Boris Godounov.
Du romantisme au réalisme. Mikhaïl Lermontov (1814-1841) partage avec Pouchkine le fait d’être mort en duel, un exil caucasien et une même conception du poète prophète et combattant. Sa poésie, sombre et pessimiste, se divise en deux corpus : les poèmes historiques et les poèmes exaltant le courage et la liberté des montagnards du Caucase. Son roman le plus connu est Un Héros de notre temps, publié en 1841. Dans l’histoire littéraire, le nom de Nikolaï (Nicolas) Gogol (1809-1852) reste lié au réalisme et à l’école naturelle même s’il est définitivement inclassable. Conteur hors pair, Gogol dépeint la vie des campagnes ukrainiennes dans Veillées du village de Dikanka et Mirgorod. Avec Tarass Boulba, récit des guerres entre la Pologne et l’Ukraine, il prolonge le tropisme ukrainien.
Les géants du réalisme. Les Possédés, Crime et châtiment, Les Frères Karamazov, Le Joueur… Nul besoin de présenter Fiodor Dostoïevski (1821-1881) dont l’œuvre continue de nous fasciner. Dans les camps, il écrit ses Souvenirs de la maison des morts (1860) ainsi qu’un recueil, Le Cahier sibérien où il consigna proverbes, scènes et expressions pris sur le vif dans le milieu des condamnés. L’autre géant du réalisme est le non moins célèbre Léon Tolstoï (18281910). Parmi une multitude d’œuvres, citons sa trilogie autobiographique Enfance, adolescence et jeunesse, l’incontournable Guerre et paix, la très flaubertienne Anna Karénine et la sublime Mort d’Ivan Ilitch.
La période moderne. Si les lecteurs français apprécient le théâtre de Tchekhov (Oncle Vania, La Mouette, Les Trois Sœurs, La Cerisaie…), ils connaissent en général moins bien ses nouvelles qui sont un modèle du genre : concision, finesse des détails et densité (La Dame au petit chien, La Steppe, Une histoire triste, La Salle numéro 6). Sa langue d’une grande clarté en fait souvent le premier écrivain lu dans le texte par les étudiants en russe. Maxime Gorki (1868-1938) fut l’un des auteurs les plus lus sous l’URSS. Prolétaire, socialiste et révolté, il est l’auteur en 1901 du Chant du pétrel, une allégorie sur l’éminence de la révolution, tout comme l’est sa pièce Les Bas-Fonds. La Mère (en 1906) est d’une remarquable noirceur sociale.
La littérature soviétique. La mort de Staline en 1953 marque le début d’un lent dégel littéraire. Il est désormais sans danger de parler de Boulgakov, Akhmatova, Sergueï Essenine ou de Boris Pasternak (1890-1960), futur prix Nobel et auteur du Docteur Jivago. En 1962, se produisit l’impensable : Alexandre Soljenitsyne (né en 1918) publie Une journée d’Ivan Denissovitch, la description minutieuse d’une journée de la vie d’un bagnard. Le tabou des camps tombait, mais pas ceux de la censure et de la répression. Soljenitsyne quitte l’URSS pour les Etats-unis en 1974. L’Archipel du goulag, La Roue rouge et Le Pavillon des cancéreux, publiés plus tard, donneront un visage et une voix à l’enfer du goulag.
Glasnost. La fin de la censure, en 1992, permet à toute une lignée d’écrivains d’évacuer certains traumatismes, dont celui de la réécriture soviétique de l’histoire. Citons Récits afghans et La Marque de la bête d’Oleg Ermakov. Plus récemment, Andreï Guelassimov a pour la première fois abordé le conflit russo-tchétchène, vu du côté des soldats russes dans La Soif (en 2002), poignant portrait d’un jeune militaire rentré défiguré du Caucase. Le thème de la réalité au présent donne lieu à de patients et passionnants portraits d’une société en plein doute et en plein bouleversement. Cette réalité du temps présent en appelle aussi au roman picaresque avec, par exemple, Je n’est pas moi d’Alexeï Slapovski. Enfin, une littérature populaire d’excellente qualité inonde les librairies russes et étrangères. Andreï Kourkov, scénariste de formation, mêle grotesque et intrigue policière dans Le Monde de Bickford, La Chanson préférée d’un cosmopolite, Le Pingouin, Le Caméléon, L’Ami du défunt et Le Dernier Amour du président

Musique
Au début du XX e siècle, trois personnages marquent la scène musicale : le pianiste Rachmaninov, qui compose des opéras, des symphonies, des concertos pour piano et développe un style de musique très particulier. Deux autres grands noms de la musique russe de l’époque sont Stravinski et Prokofiev. Avec les danseurs Diaghilev et Nijinski, le chanteur Chaliapine et le compositeur Stravinski, l’effervescence de la création musicale et chorégraphique est à son comble à la veille de la révolution de 1917. Avec la création en 1932 de l’union des compositeurs soviétiques, la musique doit s’attacher à décrire « la réalité dans son développement révolutionnaire ». Ainsi Staline commence-t-il à s’attaquer à Chostakovitch pour son opéra Lady Macbeth du district de Mtsensk. S’amorce alors une grande opération de lutte contre la musique d’avantgarde, marquant la fin d’une époque. Alors que la composition musicale est sévèrement encadrée, tous les plus grands interprètes sortent des conservatoires russes qui acquièrent alors une réputation invincible. Premiers prix de tous les concours internationaux, acclamés par l’Occident, tous les grands chanteurs et musiciens russes atteignent une perfection qui confine à la légende. L’histoire se souvient encore du pianiste Sviatoslav Richter ou du violoncelliste Mstislav Rostropovitch.

Peinture et arts graphiques
Du X e au XVIII e siècle : influence de Byzance puis de l’occident. Sous l’influence de Byzance, de qui elle a reçu religion, art, architecture, et littérature, la peinture en Russie est dominée jusqu’au XVIII e siècle par les thèmes religieux. C’est avec Pierre le Grand et sa fameuse ouverture européenne que l’art s’émancipe du religieux et renouvelle ses sujets. Installant la capitale à Saint-Pétersbourg, il la coupe des influences culturelles traditionnelles de Moscou afin d’amorcer une nouvelle orientation picturale. Pour cela, il fait venir des peintres étrangers pour former les artistes russes. S’ouvrant à la peinture allemande, française et italienne, la création russe prend un nouvel essor. Ainsi une dichotomie se crée entre Moscou qui devient le sanctuaire de l’art religieux et Saint-Pétersbourg où prend naissance une nouvelle école de peinture.
XIX e siècle : émancipation de la peinture. C’est à partir du XIX e siècle que la peinture russe s’émancipe des modèles précédents pour trouver sa propre voie. A contre-courant de la vogue du néoclassicisme qui met à l’honneur l’art antique de la Grèce et de Rome, une figure se distingue par l’inventivité de ses créations : Alexeï Venetsianov. Ce peintre s’inspire de la vie rurale dont il exprime le charme et la sérénité en représentant de façon bucolique de très belles scènes de genre. Son tableau L’été représentant une paysanne donnant le sein à son enfant est emblématique de son thème-phare : le parallèle entre le travail de la terre et la maternité.
De la visée sociale à l’art pour l’art. C’est à partir de 1885 et jusqu’en 1925, que la Russie connaît une véritable effervescence artistique qui rayonne sur la scène culturelle internationale. Le centre de ce bouillonnement est le domaine d’Abramtsevo de Savva Mamontov où se réunit tout le milieu de la peinture, de l’architecture et de la sculpture. C’est là que se développe le courant symboliste qui influence le monde entier en créant une rupture radicale avec le réalisme. Le folklore national est célébré comme source d’inspiration. En 1898, se constitue un groupe d’artistes revendiquant « l’art pour l’art », version russe du Jugendstil (Art nouveau) allemand et de l’Art nouveau français.
La grande époque de l’avant-garde. C’est alors que naît l’avant-garde russe, pierre angulaire de l’histoire de l’art. Le précurseur en est Kandinsky qui oriente la peinture vers l’abstrait pour ne faire ressortir que les couleurs et tourner la peinture vers l’esprit plus que vers la matière. La deuxième grande figure de cette avant-garde est Kazimir Malevitch dont le fameux Carré noir sur fond blanc, qui est un carré noir sur une toile blanche, annonce une réelle rupture dans l’histoire de l’art.
Du réalisme socialiste à l’underground. Avec la révolution, deux tendances apparaissent, les artistes qui acceptent d’appliquer le réalisme socialiste tel qu’il est défini en 1932 et ceux qui choisissent l’exil. Les canons socialistes imposent de représenter la vie des paysans et des ouvriers sous le jour le plus favorable, pour montrer l’enthousiasme apporté par la révolution. L’art est l’un des plus grands moyens de propagande de l’Etat qui n’hésite pas à l’utiliser pour rendre visuelle son idéologie. Ainsi le métro, construit dans les années 1930 est hautement symbolique car il doit prouver que le socialisme peut faire aussi bien que le capitalisme, aussi nombre d’artistes sont-ils appelés à venir le décorer. Beaucoup d’artistes qui ne respectent pas les canons sont interdits d’exposition. Avec le dégel de Khrouchtchev à partir de 1953 commence une nouvelle période. De nombreux artistes violant les dogmes du réalisme socialiste proposent une peinture novatrice voire révolutionnaire. Commence l’époque des expositions d’appartement où l’on montrait les tableaux interdits. Et c’est à la fin des années 1960 qu’on assiste à une séparation entre l’art officiel et le non officiel. C’est alors la naissance d’une peinture d’opposition : Ilya Kabakov, Vitaly Komar et Alexandre Melamid détournent les clichés du réalisme socialiste pour contester une façon de vivre.

Festivités


MOSCOU (МОСКВА) - Feux d'artifice sur Moscou.
© Sborisov – Fotolia

Cuisine russe


MOSCOU (МОСКВА) - Les shachlyks, grandes brochettes cuites au charbon de bois, un grand classique de l'été à ne pas manquer !
© Elena Yuzina

Bien sûr, il est permis de penser que la cuisine russe n’existe

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