Vendez sur les marchés !
234 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Vendez sur les marchés !

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
234 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description


Votre avenir sur les marchés... avec le nouveau régime de l'auto-entrepreneur !



Vous souhaitez vendre vos produits ou prestations dans un contexte particulièrement convivial ? Vous avez le goût du contact et la mobilité ne vous fait pas peur ? Vous voulez prendre un nouveau départ ? Ce guide s'adresse à vous !



Il vous fournira toute l'information spécifique dont vous avez besoin pour créer une activité ambulante : état des lieux des marchés non sédentaires, réglementations en vigueur, formations ou manifestations...



De plus, cette nouvelle édition fait une large place au statut de l'auto-entrepreneur, qui vous permet de démarrer une activité ambulante dans les meilleures conditions grâce à un régime social et fiscal simplifié.




  • Êtes-vous prêts à entreprendre ?


  • Les métiers ambulants


  • Et si vous vous installiez ?


  • Votre projet prend forme


  • Votre projet en quelques chiffres


  • Les aspects juridiques, sociaux et fiscaux


  • Les démarches et les réglementations


  • Gérer et développer votre affaire


  • Où trouver l'information ?


  • Annexes

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juillet 2011
Nombre de lectures 56
EAN13 9782212865721
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0112€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait



Vous souhaitez vendre vos produits ou prestations dans un contexte particulièrement convivial ? Vous avez le goût du contact et la mobilité ne vous fait pas peur ? Vous voulez prendre un nouveau départ ? Ce guide s'adresse à vous !



Il vous fournira toute l'information spécifique dont vous avez besoin pour créer une activité ambulante : état des lieux des marchés non sédentaires, réglementations en vigueur, formations ou manifestations...



De plus, cette nouvelle édition fait une large place au statut de l'auto-entrepreneur, qui vous permet de démarrer une activité ambulante dans les meilleures conditions grâce à un régime social et fiscal simplifié.




  • Êtes-vous prêts à entreprendre ?


  • Les métiers ambulants


  • Et si vous vous installiez ?


  • Votre projet prend forme


  • Votre projet en quelques chiffres


  • Les aspects juridiques, sociaux et fiscaux


  • Les démarches et les réglementations


  • Gérer et développer votre affaire


  • Où trouver l'information ?


  • Annexes

' />

Agence Pour la Création d’Entreprises
Elizabeth V INAY
Vendez sur les marchés !
Ouvrir un commerce ambulant
Quatrième édition
Éditions d’Organisation Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-organisation.com www.editions-eyrolles.com
Éditions APCE 14, rue Delambre 75682 Paris Cedex 14
www.apce.com
Le Code de la propriété intellectuelle du 1 er juillet 1992 interdit en effet expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants droit. Or, cette pratique s’est généralisée notamment dans l’enseignement, provoquant une baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire éditer correctement est aujourd’hui menacée. En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Éditions APCE, 2002, 2004, 2006, 2009 © Groupe Eyrolles, 2002, 2004, 2006, 2009
ISBN : 978-2-212-54445-9
C HEZ LE MÊME ÉDITEUR

Collection guide métier, la création d’entreprises décryptée de A à Z par secteur d’activité :
• Créer une entreprise de services à la personne
• Devenez consultant !
• Ouvrez un gîte rural !
• Ouvrez un magasin !
• Ouvrez un restaurant !
• Vendez sur les marchés !
Collection guide méthode, un éclairage sur un point précis du sujet de création (statuts, formalités…) :
• Financer votre création d’entreprise
• Le guide de la micro-entreprise
• Quel statut pour mon entreprise ?
• Réalisez votre étude de marché
• Trouver une idée de création d’entreprise
L’ APCE agit depuis plus de vingt ans en faveur des créateurs en mettant à leur disposition informations et outils pour les aider efficacement dans la réalisation de leurs projets.
Nous remercions Agnès, Christian, Franck, Jean-Marc, Lydie, Marie,
Marlène, Véronique et Monsieur Petit de nous avoir confié
leur aventure et Samia, Cécile et Romain d’être allés
à leur rencontre pour nous relater leur parcours.
Sommaire
Introduction
Ê TES-VOUS PRÊT À ENTREPRENDRE ?
Qui sont les commerçants ambulants ?
Les motivations des futurs commerçants ambulants
Des profils variés pour exercer le métier
Les réalités du métier
Des contraintes certaines
Les idées reçues
Les compétences requises
Des réglementations à connaître
Mettre toutes les chances de votre côté
Un bilan personnel pour résumer votre situation
Les facteurs de succès dans la profession
Les congés pour entreprendre
La situation du demandeur d’emploi indemnisé par les Assedic
Et avec le régime de l’auto-entrepreneur ?
Le cumul activité salariée et création d’entreprise
En conclusion
L ES MÉTIERS AMBULANTS
Le cadre du commerce non sédentaire
Quelques définitions
La réglementation de base
Exemples d’activités non sédentaires
Économie du secteur non sédentaire
Les non-sédentaires
Les produits vendus sur les marchés
Les halles et les marchés
Le poids économique du secteur
De nouveaux codes APE de la NAF
Évolution du secteur
Le nombre de commerces ambulants
La répartition des achats par circuit de vente
La politique des pouvoirs publics
L’avenir de la profession
Créations d’entreprise et défaillances
En conclusion
E T SI VOUS VOUS INSTALLIEZ ?
Une étude de marché comme une autre
Une étude de marché pour quoi faire ?
Comment réaliser une étude de marché ?
Un état des lieux sur votre secteur d’activité
Votre activité
Les produits vendus sur les marchés
La clientèle des marchés
Les sources d’information
Bâtir son projet sur le marché
Le choix du marché ou du lieu de vente sur la voie publique
Zone de chalandise et concurrence
Une enquête sur le terrain
Se positionner face à la concurrence
La taille de votre marché
Une politique commerciale adaptée
Faites le bilan de votre étude de marché
En conclusion
V OTRE PROJET PREND FORME
Obtenir une place sur un marché
Les démarches pour les forains
Les démarches pour les commerçants ambulants (hors régime de l’auto-entrepreneur)
Précisions sur la carte de commerçant ou d’artisan ambulant
Ordre des démarches pour les commerçants ambulants ayant choisi le régime de l’auto-entrepreneur
Références et textes de lois sur les commerçants ambulants
Les démarches pour obtenir une place sur les marchés parisiens
Un cas particulier : être volant sur un marché
Installer une vente sur le domaine public
Faire des ventes au déballage
Votre investissement
Panorama de vos équipements
Vos fournisseurs
Et la reprise d’une activité déjà existante ?
En conclusion
V OTRE PROJET EN QUELQUES CHIFFRES
Quelques notions indispensables
Les charges d’exploitation
Le chiffre d’affaires prévisionnel
Votre compte de résultat
Le seuil de rentabilité et le point mort
Les ratios et les chiffres de la profession
Votre plan de financement initial
Le BFR, besoin en fonds de roulement
Votre plan de trésorerie
Trouver l’argent pour se lancer
Panorama des moyens de financement
Épargne personnelle
Aides, subventions et primes au commerçant ou à son entreprise
Prêts d’honneur
La subvention du Fisac
Prêts bancaires accordés à votre entreprise
Crédit-bail
Que font les commerçants ambulants ?
En conclusion
L ES ASPECTS JURIDIQUES, SOCIAUX ET FISCAUX
Votre structure juridique
L’entreprise individuelle
La SARL (société à responsabilité limitée)
La SARL de famille
L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée)
Votre régime social
Si vous êtes commerçant ou artisan
Le calcul de vos cotisations sociales
Les cotisations sociales facultatives
Votre régime fiscal
Cas général ou régime de droit commun
Régime fiscal simplifie lié au régime de l’auto-entrepreneur
En conclusion
L ES DÉMARCHES ET LES RÉGLEMENTATIONS
Le droit d’exercer une activité de commerce ambulant
Votre nationalité
Vos aptitudes
Votre capacité
Les démarches liées à la création de votre entreprise
Les formalités prises en charge par le CFE
Le coût des formalités de création d’une entreprise individuelle
Les formalités à accomplir vous-même
Démarches, règles et formalités liées à votre activité
Obligations incombant à tout commerçant
Activités réglementées
Les contrôles sur les marchés… et les sanctions
Les règles du marché
G ÉRER ET DÉVELOPPER VOTRE AFFAIRE
Une saine gestion
Les principes de base
Les livres comptables obligatoires
Du bon usage de votre véhicule
En règle avec les impôts
L’imposition des bénéfices d’une entreprise
La TVA
La taxe professionnelle
En règle avec le personnel et avec votre famille
L’embauche de personnel
Les contrats de travail
Les aides à l’embauche
Le statut du conjoint
Votre régime matrimonial
Un régime particulier pour l’entreprise saisonnière
Convaincre et réussir
Fidéliser la clientèle
Promouvoir le marché avec d’autres
O Ù TROUVER L’INFORMATION ?
Bibliographie
Ouvrage sur la création d’entreprise
Ouvrages sur le commerce ambulant
Revues
Annuaires
Sources d’information
Institutionnels
Organismes professionnels et divers
Centres techniques
Contacts pour la réglementation
Obtention de places à Paris
Organismes de formation
Financement
Internet
Annexes
Annexe 1 : Déclaration d’une activité non sédentaire
Annexe 2 : Statut social et fiscal du commerçant indépendant
Annexe 3 : Le régime de l’auto-entrepreneur
Annexe 4 : Tableau des cotisations sociales pour les commerçants non salariés
Annexe 5 : Loi 69-3 du 3 janvier 1969
Annexe 6 : Décret du 18 février 2009
Index
Introduction
À L’HEURE DE L’ I NTERNET et de la mondialisation, se lancer sur les marchés de l’Hexagone ou vendre des produits sur la voie publique peut sembler anachronique. Et pourtant… Prenons les marchés : ne symbolisent-ils pas un art de vivre ainsi qu’une convivialité retrouvée ? Primeurs, bouchers, fromagers, poissonniers ou charcutiers, ce sont eux qui font vivre tous les jours les marchés de nos villes et de nos villages en apportant cette touche de fraîcheur, d’authenticité et le sourire… qui fait tant défaut par ailleurs !
Les municipalités ne s’y trompent pas qui, normes européennes obligent, modernisent ça et là les marchés des centres-villes. Dans le même temps, les commerçants ambulants s’organisent davantage pour pratiquer des animations et réclamer un statut plus conforme à la société du XXI e siècle : dans ce milieu réputé conventionnel, les choses bougent enfin, semble-t-il !
Les marchés, c’est magique selon certains, c’est l’agonie pour d’autres : un endroit qui laisse en tous cas rarement indifférent, avec ses non-dits et ses pratiques souvent officieuses ou éloignées des textes officiels.

Autre évolution : des activités ambulantes se développent jusque dans les campagnes pour apporter les services ou les ventes de marchandises mis à mal par la désertification. Halte-garderie itinérante, toilettage animalier, fermes pédagogiques en balade côtoient désormais les activités ambulantes plus traditionnelles du milieu rural, comme les épiceries ou même les pizzaïolos…
Pluralité des métiers, des lieux, des modes d’exercices du commerce non sédentaire : autant d’opportunités à saisir pour les porteurs de projets à qui nous destinons cet ouvrage.
Au commerçant sur les marchés comme à celui qui propose un service ambulant aux particuliers établis en zone rurale, nous fournissons une méthode afin de mettre toutes les chances de son côté : exercer un métier en dehors d’un local identifié nécessite aussi de bâtir un projet sur des bases solides… Ce n’est pas une aventure que l’on entreprend à la légère, au risque de perdre de l’argent et du temps, au risque d’y laisser aussi beaucoup de soi-même. Contrairement à une idée répandue, le projet ambulant nécessite des capitaux souvent non négligeables ! Le projet nécessite de faire des choix juridiques, sociaux, fiscaux.

Les non-sédentaires, ou commerçants ambulants, exercent leur activité sur une dépendance du domaine public ou sur un emplacement appartenant le plus souvent à la commune : marchés, voies publiques, halles…
Quelques étapes caractériseront votre parcours de futur commerçant non sédentaire.



Pré-projet

Étude de marché préalable

Premiers contacts avec la mairie pour l’obtention de places sur un marché

Choix des équipements, rencontre des fournisseurs

Comptes prévisionnels

Choix de la structure juridique, du régime social et fiscal

Démarches de création

Démarches au CFE 1

Obtention de la carte « permettant l’exercice d’une activité commerciale ou artisanale ambulante » 2

Démarches liées à certaines activités réglementées 3

Démarrage de l’activité
Aussi, pour vous aider à monter votre projet avec méthode, nous procéderons étape par étape, sans négliger les questions embarrassantes :
• Êtes-vous prêt à vous mettre à votre compte, avec toutes les conséquences que cela implique ? Mesurez-vous toutes les contraintes et les spécificités de ce nouveau métier ? ( chapitre 1 )
• Quel est l’état des lieux du marché des non-sédentaires ? Quelles sont les opportunités de création d’entreprise sur ce secteur ? ( chapitre 2 )
• Votre idée se concrétise : comment faire une étude de marché, repérer vos clients et concurrents, estimer le chiffre d’affaires prévisionnel ? ( chapitre 3 )
• Votre projet est lancé : comment obtenir une place sur un marché (ou une autorisation de circuler sur la voie publique), quelles sont les formalités à accomplir, de quels matériels avez-vous besoin, où vous les procurer ? ( chapitre 4 )
• Comment établir vos comptes prévisionnels, estimer les fonds dont vous devez disposer au démarrage, calculer la rentabilité de votre affaire, trouver des financements éventuels… ? ( chapitre 5 )
• Quels sont les aspects juridiques liés à la création de votre entreprise, ses incidences au niveau de votre couverture sociale et de vos impôts ? ( chapitre 6 )
• Quelles sont la réglementation en vigueur sur les marchés, les conditions pour s’installer et respecter les nouvelles normes européennes concernant certains équipements ? ( chapitre 7 )

• Comment gérer votre affaire, être en règle avec les impôts, embaucher du personnel et trouver des moyens de développer votre chiffre d’affaires ? ( chapitre 8 )
• Enfin, où trouver l’information (organismes et sources d’information, ouvrages, formations ou manifestations) pour créer et développer votre entreprise ? Vous trouverez au chapitre 9 tous les contacts utiles évoqués lors des chapitres précédents. N’hésitez pas à vous y reporter !

CCIP – Chambre de commerce et d’industrie de Paris – Délégation de Paris
Les séances se déroulent : 2 rue de Viarmes, 75001 Paris
Contact tél. pour les inscriptions (gratuites pour ce module) : 0820 01 21 12 www.ccip75.ccip.fr
Après chaque chapitre, nous vous proposons de revivre l’aventure récente de ceux qui se sont lancés sur les marchés ou qui pratiquent d’autres activités ambulantes.
Vous trouverez les réactualisations de l’ouvrage sur le site des Éditions d’Organisation, à l’adresse suivante : www.editions-organisation.com
Nous tenons à saluer la qualité du module de formation « devenir commerçant sur les marchés » proposé par la Délégation de Paris de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Animé par une équipe apportant des réponses claires à toutes les questions posées, notamment dans le domaine parfois obscur de la réglementation et des démarches, le module est accessible à tous sur inscription !

Marie, à la conquête des marchés de la Tarentaise !
À 31 ans, Marie a déjà dix ans de vie professionnelle derrière elle : animation de villages de vacances, grande distribution, jobs saisonniers. Et une certitude : le coup de foudre pour la région de Savoie chez cette fille originaire du Nord qui aime vivre au grand air. Une dernière expérience auprès d’un fromager sur les marchés provoque le déclic : Marie va lancer son activité ambulante. Il lui faut cependant se démarquer des sempiternels produits offerts aux vacanciers sur les marchés (spécialités régionales, polaires…).
Elle fait son étude de marché en interrogeant notamment les nonsédentaires de la région du Nord et peu à peu l’idée des bijoux fantaisie voit le jour. Sa décision prise, Marie ne néglige pas les conseils de la Chambre de commerce d’Albertville, où elle réside. Celle-ci lui propose un accompagnement, un stage de formation et un logiciel pour monter son prévisionnel. Le projet prend forme et Marie consacre six mois à le peaufiner.
Il faut désormais trouver des fournisseurs et Marie n’hésite pas à « monter à Paris », après des contacts infructueux sur Lyon ; le salon Bijorhca et les incontournables grossistes chinois d’Aubervilliers feront l’affaire… (Marie ne fabrique pas elle-même ses bijoux et ne les achète pas à des artisans locaux, car le coût de fabrication est d’ores et déjà dissuasif pour une revente sur les marchés).
Reste à négocier avec les grossistes chinois, ce qui n’est pas une mince affaire ! Par chance, un ami de la famille qui exerce une activité ambulante en Normandie l’aide sur ce point.
Il faut aussi se préoccuper du matériel. Marie dispose de sa Twingo personnelle, qu’elle compte utiliser dans un premier temps, avant d’investir dans une camionnette spécifique. Elle ne lésine pas sur la qualité du matériel professionnel : parapluie, lit de camp, support, clayettes, nappes… Elle évite les tréteaux bon marché qui s’abîment vite sous la neige et elle prend le temps de la prospection, afin de réaliser au mieux ses achats.
La saison d’hiver 2005/2006 peut commencer !
Marie ne compte plus ses heures. Six jours sur sept, elle charge au petit matin son matériel dans sa Twingo, et se rend à 9 heures dans les marchés des stations de sports d’hiver de la région, après parfois plus d’une heure de route ! Puis il faut s’en remettre à la chance, car Marie n’a pas de place attitrée, mais un statut de passager : seul le tirage au sort ou l’absence d’un confrère lui permettent d’étaler ses trois mètres linéaires… À défaut, c’est la course contre la montre pour rejoindre un autre marché plus accessible. Le soir, retour chez soi, rangement du matériel, caisse et réassort…Le dimanche, comptabilité de sa microentreprise ! Et une fois par mois, il faut monter à Paris, retrouver les grossistes chinois !
Les premiers mois d’activité son plutôt encourageants, supérieurs aux prévisions de chiffre d’affaires, mais par précaution Marie ne se verse pas encore de rémunération. Sa clientèle est composée principalement de vacanciers qui veulent garder un souvenir de leur semaine à la montagne ! Plus tard, au printemps, il lui faudra conquérir d’autres publics et faire les nombreuses foires de la région et d’ailleurs (Italie,) avant la saison d’été.
Déjà, les projets, se bousculent dans sa tête : doubler le métrage, mettre d’autres produits à la vente, avant peut-être d’ouvrir une boutique de décoration à Albertville, d’ici trois à cinq ans…

1. Formalités de création de la société, de l’entreprise individuelle, immatriculation au RCS (Registre du commerce et des sociétés) ou au répertoire des métiers, ou formalités liées au nouveau régime de l’auto-entrepreneur. Puis déclaration préalable d’activité non sédentaire, demande éventuelle d’ACCRE (Aide aux demandeurs d’emploi créant ou reprenant une entreprise, voir page 119). Le CFE est le centre de formalités des entreprises de la chambre de commerce et d’industrie (activité commerciale) ou de la chambre de métiers (activité artisanale). La déclaration préalable est accompagnée d’un dossier comportant une liste de pièces à produire, fixée par arrêté. Remarque : la loi LME du 4 août 2008, article 53, et son décret d’application 2009-194 du 18 février 2009 ont simplifié la procédure ; il n’est plus nécessaire désormais de faire des démarches préalables en préfecture pour obtenir la carte de commerçant ambulant. Néanmoins, un arrêté d’application doit être pris. En attendant cela, les démarches sont encore faites à la préfecture.
2. La carte est obtenue dans un délai maximum d’un mois à compter de la réception d’un dossier complet par le CFE. Les formalités liées à ce régime peuvent également être effectuées en ligne sur le site www.lautoentrepreneur.fr . Sur le régime de l’auto-entrepreneur, voir annexe 3.
3. Exemples : brocante, vente de pizzas, denrées périssables… voir page 136.
Êtes-vous prêt à entreprendre ?
1
M ALGRÉ LE TRÈS LENT DÉCLIN du commerce ambulant observé sur plusieurs décennies, le secteur reste animé par des milliers de créations annuelles et les porteurs de projets sont nombreux, aux motivations variées ! Vous avez certainement de bonnes raisons de vous lancer à votre tour. Mais avez-vous bien mesuré tous les aspects et les contraintes de la profession, toute la difficulté du métier (entrepreneur à part entière !) et les compétences nécessaires pour travailler sur les marchés ? Faisons le point avant qu’il soit trop tard !

En France, plus de 15 000 personnes par an se mettent à leur compte pour devenir commerçants ambulants.

Qui sont les commerçants ambulants ?
Les motivations des futurs commerçants ambulants
La vente ambulante attire un public très large à cause de la relative facilité d’accès du métier, et les bonnes intentions ne manquent pas ; écoutons certains témoignages :

De nos jours, on observe rarement la création de nouveaux marchés sauf à Paris. En revanche, certains ferment, car les moderniser pour les rendre conformes aux nouvelles normes européennes est trop coûteux pour la collectivité.
• Je me reconvertis dans une activité conviviale, peu coûteuse au démarrage.
• Je suis enfin libre (je n’ai pas les murs d’un commerce pour me retenir, pas de patron).
• Je me lance sur le marché afin de tester mon produit et d’avoir les moyens d’ouvrir une boutique plus tard.
• C’est moi qui reprends la succession de l’affaire où je travaille.
• Je crée mon propre emploi en France, maintenant que mes papiers sont en règle…

Les principaux atouts du commerce non sédentaire : la liberté, un métier riche de contacts, l’ambiance, l’investissement réduit.
Une motivation est souvent rencontrée dans la vente ambulante : sortir du chômage en misant sur une activité qu’on juge a priori « facile »… On crée par défaut, nécessité fait loi ; on va se lancer quoi qu’il arrive, avec les dangers que cela comporte.
Des profils variés pour exercer le métier
On rencontre de nombreux profils dans le commerce non sédentaire, avec peut-être en simplifiant deux catégories bien distinctes de public.

• La famille des commerçants où prévaut la tradition familiale : on vend du poisson sur le marché d’Arcachon de père en fils. Ces commerçants exercent souvent une autre activité professionnelle (pêcheur, restaurateur, agriculteur ou producteur, commerçant sédentaire avec pignon sur rue…).
• La famille des créateurs avant tout soucieux de s’insérer dans la société en faisant les marchés ou en pratiquant une activité sur la voie publique. Ces derniers proviennent d’horizons variés.
Comme le constate un responsable de l’ADIE, une association qui vient en aide aux créateurs d’entreprise : « À tous les gens qui ont des difficultés à répondre aux normes d’alphabétisation, de diplôme, de qualification et de présentation de soi qui sanctionnent l’entrée dans tel travail salarié ou telle profession, les métiers ambulants donnent peut-être l’image d’un des derniers métiers ouverts à tous, parce que chacun serait libre de se mettre à échanger ce qu’il veut sur l’espace collectif. »

L’ADIE aide les exclus du monde du travail et du système bancaire à créer leur propre emploi.
ADIE – Association pour le droit à l’initiative économique 4, boulevard Poissonnière 75009 Paris Tél. : 01 56 03 59 00 www.adie.org
Mais, attention, le commerce sur les marchés doit être assuré essentiellement par des professionnels et non pas servir de refuge social à une catégorie de population marginale et défavorisée, qui, souvent, ne sait pas ou ne peut pas prendre la mesure de la difficulté du métier ( source : rapport Coste).
Le choix du métier est souvent dicté par la volonté d’effectuer une bonne opération financière à moindre frais. C’est une logique qui concerne surtout des gens à faibles moyens, qui ne peuvent ou ne veulent pas accroître leurs risques avec des charges fixes comme le coût du loyer jugé élevé en magasin (le bail commercial).

Si les candidats à la création d’activité dans le secteur sont nombreux, c’est bien souvent qu’ils sous-estiment en effet les aspects déplaisants du métier. Et vous ?
Les réalités du métier
Des contraintes certaines

Travailler sur les marchés semble à votre portée mais ne sous-estimez pas les difficultés : des horaires chargés et une activité peu rémunératrice. Pour certains d’entre vous, c’est un travail provisoire, avant d’envisager d’autres perspectives d’évolution.
La fatigue physique : le commerçant ambulant, qui travaille sur les marchés, débute sa journée en pleine nuit vers 3 ou 4 heures pour aller s’approvisionner en marchandises. Il installe ensuite son stand et les matériels vers 6 heures du matin (plus tôt parfois) et remballe à la fin du marché, puis nettoie vers 14 heures (généralement six matins par semaine). Par ailleurs, la tenue de la comptabilité nécessite un temps non négligeable. Des semaines de 60 heures de travail sont par conséquent fréquentes.
Il n’y a pas que les marchés qui demandent une telle dépense d’énergie : les activités itinérantes ou les tournées nécessitent également une disponibilité à toute épreuve…

Les abandons de ce type d’activité sont doublement plus fréquents que par rapport à un commerce sédentaire.
La fatigue nerveuse : de plus, les conditions climatiques, notamment en hiver, rendent le travail encore plus éprouvant, alors qu’il faut continuer de sourire avec un thermomètre à zéro ; les risques sont variés (vol, panne de véhicule, mauvais emplacement sur le marché, faillite d’un fournisseur…).

Ces contraintes liées à la pénibilité du travail ne sont pas les seules.
D’après la secrétaire générale de la principale organisation professionnelle, la FNSCMF (Fédération nationale des syndicats des commerçants des marchés de France), les motifs des abandons sont :
• le manque de soutien financier (notamment auprès des banques) ;
• l’absence de formation quelconque, notamment à la gestion (on confond encore trop souvent chiffre d’affaires et bénéfice) ;
• une double improvisation à propos du métier de commerçant et du produit vendu (dont on connaît mal la filière : par exemple, on propose un produit qui ferait mieux d’être vendu sur d’autres circuits de distribution) ;
• l’absence d’étude de marché (on se contente de constater que la fréquentation sur le marché est bonne).

Les abandons fréquents s’expliquent en partie par l’importance des idées reçues véhiculées sur le métier.
Les idées reçues
Cela ne coûte pas trop cher pour s’installer. En réalité, l’investissement minimum atteint très vite une certaine somme – 45 000 à 60 000 € pour un camion équipé par exemple, sans compter la mise aux normes européennes, obligatoire depuis 2000 pour certains équipements.
Sur les marchés, les charges sont les mêmes que celles d’un magasin traditionnel, à part le loyer qui est moins cher. Il faut affronter les problèmes liés au roulage et à la hausse du carburant !

Les charges sont moindres par rapport à un commerce sédentaire avec boutique et pas-de-porte. Selon une étude de l’ADIE, ce que le commerçant économise éventuellement en loyer, il le perd facilement en frais de transport (carburant…), sans compter l’amortissement du véhicule.
En outre, il lui est difficile de se passer d’aide pour la manutention et la vente sur le marché… Au total, le non-sédentaire est difficilement gagnant sur la vente. Si le panier moyen et la fréquentation ne sont pas meilleurs qu’en boutique, la rentabilité est donc moindre.

Le poids des cotisations sociales — élevé — concerne tous les créateurs d’entreprise : pourrez-vous dégager un revenu minimal qui permette de faire face aux charges familiales ?
Un autre point de comparaison : la mobilité potentielle des commerçants ambulants, qui sont libres de changer d’emplacement et de compléter leurs ventes en se rendant sur un autre marché ou dans une autre ville, présente des avantages. Mais elle a une contrepartie : il n’y a pas de valeur négociable à une entreprise non sédentaire car elle appartient au domaine public. Vous ne « capitalisez » pas jour après jour en faisant fructifier votre affaire afin de la vendre plus chère à votre retraite (sauf transaction avec un repreneur, interdite par la loi).
Les compétences requises
Exercer une activité ambulante à son compte, c’est être d’abord suffisamment solide psychologiquement pour devenir son propre patron et prendre des décisions tout seul ! Faire les marchés, c’est un véritable métier qui, en dehors des compétences spécifiques à tout commerçant, requiert une adaptabilité certaine. Sans dresser un portrait robot des créateurs d’entreprise qui réussissent, vous imaginez sans peine que vous devez agir comme un être responsable et plutôt polyvalent à cause de la multiplicité des tâches à accomplir !
Une personnalité forte est de plus un atout pour obtenir une place sur un marché où la loi du premier arrivé prévaut dans le cas des volants. En tous cas, c’est un milieu où l’on ne se fait pas de cadeaux, il faut se faire accepter et respecter par les autres commerçants.
De plus, il vous faut maîtriser les compétences relatives à votre activité :
• la connaissance du produit (ou du métier dans le cas des services itinérants) ;
• l’aptitude à diriger une petite équipe ;
• la gestion de son affaire ;
• la capacité de négocier avec ses fournisseurs, de fidéliser les clients…

Une relation proche avec les clients, un intérêt pour leurs histoires semblent être devenus autant une motivation qu’une technique de vente.
Soyez réaliste, rien ne sert de tricher avec soi-même : ampleur de la demande potentielle, compétences nécessaires, moyens financiers pour démarrer le projet, accord du conjoint, bonne santé… Autant de facteurs à apprécier avec lucidité !


Faites le point de vos connaissances et n’hésitez pas à suivre une formation (comptabilité, gestion, informatique…), à acquérir des notions de marketing avant de vous lancer : après, en aurez-vous encore le temps ? Vous pouvez également suivre un stage de formation à la création d’une entreprise commerciale, ou participer à des journées de sensibilisation au métier (par exemple à la chambre de commerce et d’industrie de Paris). D’une façon générale, prenez contact avec votre chambre de commerce et d’industrie, votre chambre de métiers. Plus tard, vous pourrez vous rapprocher de votre centre de gestion agréé et parfaire vos connaissances.
Des réglementations à connaître

Avant de vous lancer, vérifiez si vous remplissez les conditions pour exercer votre activité : nationalité, capacité, majorité.

Renseignez-vous auprès du placier ou du régisseur municipal sur les conditions d’obtention d’une place (pour le marché) ou sur les réglementations de certaines activités ambulantes qui ne se pratiquent pas sans le feu vert des pouvoirs publics ou sans l’achat de matériels aux normes européennes !

Le placier est l’employé chargé de placer sur les marchés les commerçants non sédentaires non abonnés (les « volants ») et de percevoir des droits de place.
Attention ! Avant de songer à vous établir, il est conseillé de se renseigner sur les conditions d’attribution des places. Car cette attribution peut parfois s’avérer très longue (de plusieurs mois à plusieurs années !).
Vérifiez que vous possédez la capacité minimum pour exercer : la préparation ou la fabrication de produits frais de boulangerie, pâtisserie, boucherie, charcuterie et glaces alimentaires artisanales nécessitent un niveau minimum de qualification professionnelle, depuis la loi Raffarin du 5 juillet 1996 sur le développement du commerce et de l’artisanat et ses décrets d’application.

Mettre toutes les chances de votre côté
Un bilan personnel pour résumer votre situation
Adéquation « homme projet » ou cohérence entre votre projet et votre personnalité, votre vécu professionnel… Sans forcément faire un « bilan de compétences » avec l’aide d’un prestataire spécialisé, il faut que vous fassiez votre bilan professionnel et personnel avant de vous lancer : tout se tient.
C’est souvent une bonne occasion de faire le point avec vousmême, de confronter vos projets avec les réalités du métier et avec votre itinéraire : y a-t-il des corrélations évidentes ou au contraire ce projet ambulant s’inscrit-il en rupture totale avec votre passé professionnel ?

S’il y a, dans votre cas, à la fois découverte du métier de commerçant, de la vie ambulante, des responsabilités de chef d’entreprise… Vous vous surestimez probablement !
Peut-être existe-t-il une alternative temporaire à la création de votre activité ? Retrouver un emploi de salarié (sur les marchés où l’embauche est facile) pour tester vos capacités, votre résistance ; vous associer avec d’autres pour monter votre projet afin de limiter vos risques et de partager les responsabilités et compétences.
Si vous persistez dans votre projet : comparez vos compétences, votre savoir-être, votre santé avec les contraintes du métier.
Votre capacité financière est-elle en rapport avec les équipements à financer ?
Comment va réagir votre entourage à votre décision ? Votre conjoint est-il favorable au projet, saura-t-il accepter vos nouveaux horaires de travail, vous soutenir en cas de besoin ?

À ce stade, il est instructif de connaître le profil ou les caractéristiques de ceux qui ont réussi dans le métier.
Les facteurs de succès dans la profession
Une bonne condition physique, de l’entregent, le sens des responsabilités ont aidé la plupart des commerçants en place. Ils ont misé sur les spécificités du commerce ambulant, sur ce qui fait son attraction : la qualité et la fraîcheur des produits, en privilégiant l’hygiène pour les produits alimentaires.

Ce qui compte avant de vous lancer, c’est de pouvoir soumettre votre projet à l’avis de plusieurs personnes. Chambre de commerce ou de métiers, organisation professionnelle, toute structure accueillant des porteurs de projets de création d’entreprise vous attend !
Ils ont su acheter en petite quantité au démarrage, quitte à s’approvisionner quotidiennement chez le grossiste, afin de limiter les stocks et de tester la clientèle.
Ils sont prudents lors du lancement de l’activité : ils achètent leur véhicule utilitaire au lieu de prendre une location de longue durée ou de contracter un crédit-bail, car il sera toujours possible de le revendre en cas d’arrêt de l’activité.

Retrouvez tous les lieux d’accueil des créateurs sur le site de l’APCE www.apce.com
Enfin, ils sont formés aux principes élémentaires d’une bonne gestion (ceux qui confondent recettes et bénéfices ne durent pas longtemps).
Pour conclure, ne vous précipitez pas pour prendre une décision, ne bâclez pas l’étude de faisabilité de votre projet (que vous retrouverez dans les prochains chapitres), suivez une formation au besoin, ou n’hésitez pas à peaufiner votre projet (à le modifier). Dans tous les cas, parlez-en à des conseillers rodés à l’accueil des porteurs de projets (par exemple, les agents techniques spécialisés des chambres de commerce qui assurent un premier accueil gratuit).
Sachez enfin, si vous êtes en activité ou au chômage, qu’il existe des dispositifs facilitant votre création d’activité.
Les congés pour entreprendre
Le congé création et le congé sabbatique peuvent permettre à un salarié souhaitant créer sa propre entreprise de s’absenter de chez son employeur pour une période prolongée, tout en ayant l’assurance de retrouver, à l’issue du congé, un emploi équivalent au même niveau de qualification et de salaire.

Prenez votre temps avant de vous lancer : créer en catastrophe conduit à la catastrophe !
Durant ces congés, le contrat de travail est suspendu et non pas rompu. Une ancienneté minimum dans votre entreprise est requise (24 mois) afin de faire une demande de congé. Il faut informer votre employeur deux mois à l’avance, par lettre recommandée avec accusé de réception, de la date du départ et de la durée envisagée. Si vous pouvez bénéficier d’un tel congé, n’hésitez pas !

Vous pouvez également demander un travail à temps partiel à votre employeur, afin de vous consacrer à votre projet de création d’entreprise (Loi pour l’initiative économique).
La situation du demandeur d’emploi indemnisé par les Assedic
Si vous êtes demandeur d’emploi et que vous avez l’intention de créer votre entreprise après ouverture de vos droits aux allocations chômage, vous pouvez dorénavant continuer de percevoir vos indemnités pendant la phase de démarrage de votre activité sous deux conditions :
• il faut demeurer inscrit comme demandeur d’emploi ;
• votre nouvelle activité ne doit pas vous rapporter plus de 70 % du salaire qui a servi de base pour le calcul de vos allocations chômage.
Lorsque ces conditions sont remplies, vous pouvez cumuler, pendant une période maximum de 15 ou 18 mois, les revenus procurés par votre activité et vos allocations.
Et avec le régime de l’auto-entrepreneur ?
Des précisions doivent être apportées concernant le mode de calcul du revenu professionnel retenu pour estimer le montant des allocations chômage maintenues. Rapprochez-vous pour cela de votre Pôle Emploi (ex ANPE).
Pour toutes les questions relatives au nouveau régime de l’auto-entrepreneur, reportez-vous à l’annexe 3 de cet ouvrage et aux informations actualisées en permanence par l’APCE sur le site dédié : www.autoentrepreneur.biz
Par ailleurs, si vous êtes demandeur d’emploi et que vous avez l’intention de créer votre entreprise, vous pouvez sous certaines conditions et selon votre situation :

• prétendre à l’ACCRE, Aide aux demandeurs d’emploi créant ou reprenant une entreprise, qui est une exonération de charges sociales pendant un an (avec une prolongation de deux ans sous conditions) ;


• obtenir un dispositif global d’aide à création baptisé Nacre : il s’agit d’une aide au montage du projet et d’un prêt à taux zéro d’un montant de 1 000 à 10 000 € ; renseignements auprès des principaux réseaux d’accompagnement de la création d’entreprise labellisés, dont la liste figure sur le site www.entreprises.gouv.fr/nacre/ .
Le cumul activité salariée et création d’entreprise
La loi pour l’initiative économique du 1 er août 2003 permet de cumuler activité salariée et création d’entreprise plus facilement. Par exemple, vous serez exonéré des cotisations sociales au titre de votre nouvelle activité, pendant douze mois, si vous bénéficiez, au titre de votre activité salariée, d’une protection sociale obligatoire.

En cas de cessation d’activité de votre commerce ambulant, vous disposez d’un délai de trois ans à compter de la rupture de votre contrat de travail pour demander votre inscription aux Assedic et faire valoir vos droits au titre de votre précédente activité salariée.
En conclusion
Vous voilà averti sur les réalités du métier de commerçant ambulant, sur les dispositions éventuelles à prendre avant de changer votre vie professionnelle. Mais le plus important reste à faire : connaître votre nouveau milieu professionnel ( chapitre 2 ) et faire votre propre étude de marché ( chapitre 3 ).

« En passant par la Bretagne », vente de produits régionaux sur les marchés de Boulogne (92)
En février 2009, le dernier enfant d’Agnès a trois ans : une scolarisation inévitable et la suppression de l’aide parentale éducation donnent envie à la jeune mère de se remettre à travailler… Elle cherche à reprendre une activité professionnelle, de préférence à mi-temps afin de continuer de se consacrer à ses enfants.
L’idée de faire les marchés de Boulogne (seulement trois matinées par semaine au marché Escudier), lui vient à l’esprit. Elle a déjà exercé le métier de responsable de magasin. De plus, les premiers contacts pris avec le régisseur et le placier sur le marché, puis avec la directrice des marchés à la mairie laissent penser que c’est envisageable ; il faudra obtenir cependant l’accord de la commission des marchés à laquelle le projet est présenté.
« Travailler sur les marchés trois matinées par semaine me permet de concilier vie de famille et rentrées d’argent. »
Reste à trouver une activité pas trop gourmande en capitaux, ce qui élimine les nourritures périssables (aux coûteux équipements frigorifiques de la chaîne du froid). Agnès cherche également à éviter les stocks trop encombrants qui nécessiteraient d’être entreposés chez elle ou dans une cave. Elle a également entendu dire qu’un des critères pour être acceptée sur le marché est de ne pas léser les commerces déjà en place, donc il faut trouver un créneau encore original. Elle a déjà pensé à de l’alimentaire (notamment le bio mais le « ticket d’entrée » est trop élevé, environ 150 000 €).
Elle opte finalement pour des spécialités bretonnes, qui permettent d’offrir un large éventail de produits à la clientèle : de la nourriture mais aussi des produits de beauté et des produits de la mer à base d’algues ou de sels marins. Elle ne fait pas d’étude de marché mais constate que dans ce domaine (on peut presque parler d’un concept) il n’y a personne sur le marché ni à proximité.
Elle entreprend sa recherche de fournisseurs, certains sont incontournables à cause de leur réputation (la Belle Illoise), d’autres se trouvent sur un salon comme celui de l’agriculture ; elle se rend également en Bretagne.
Nous sommes en avril : Agnès prépare son courrier pour la commission des marchés qui se tient en juin. Elle obtient de celle-ci le feu vert et même plusieurs dérogations comme celle de vendre du cidre sur son stand (normalement la vente de boissons est interdite sur le marché) ou des confitures, indispensables avec les crêpes. Elle a aussi la possibilité de ne pas démarrer l’activité tout de suite, vacances scolaires obligent ! (En principe, il faut démarrer l’activité dans les quinze jours suivant l’avis de la commission).
« J’opte finalement pour des spécialités bretonnes, qui permettent d’offrir un large éventail de produits à la clientèle. »
Une place d’abonné fixe sur le marché lui est attribuée par tirage au sort en juin : c’est l’emplacement qu’elle convoitait !
En septembre, c’est le branle-bas de combat ! Elle obtient la carte provisoire d’exercice des activités non sédentaires auprès de la sous-préfecture (catégorie vente de produits bretons), puis se rend au CFE en vue de la création de son entreprise individuelle.
Dans le même temps, elle entreprend des démarches auprès de sa banque habituelle afin de contracter un emprunt de 7 622 € qui servira à acheter le stock et à faire quelques travaux sur le stand. Ensuite, elle passe commande à ses fournisseurs pour être livrée chez elle.

Agnès soigne la présentation de son stand : elle fait travailler un professionnel pour l’agencement de son stand et la décoration.
Elle trouve les formalités d’installation « en nom propre » et de création d’entreprise simples. Sa seule déception est de ne pas avoir pu bénéficier de l’ACCRE : il semble que les mères au foyer soient les grandes absentes du dispositif !
Elle trouve un slogan pour son entreprise : ce sera « en passant par la Bretagne » ; elle fait réaliser un tract publicitaire avec l’aide d’un graphiste.
Les charges mensuelles sont faibles : la location revient à 21 € par marché (environ 260 € par mois), 230 € d’emprunt à rembourser par mois, les premières cotisations sociales, la comptabilité qu’elle sous-traite pour 152 € par mois, la jeune femme qui vient l’aider le dimanche (35 € par séance), une autre qui vient le mardi et le vendredi (48 €).
« Je soigne tout particulièrement la présentation de mon stand, un décor où le bois blanc tient une large place. »
Ses premiers résultats sont mitigés : elle ne réalise pas le chiffre fixé au départ, tout compte fait le stand n’est pas si bien placé que cela. Le dimanche est son meilleur jour, puis le vendredi et enfin le mardi. Mais l’accueil des nouvelles clientes est bon… Et le chiffre d’affaires est tout de même de plus de 6 000 € par mois, avec un coefficient moyen pratiqué de 2.
Comme projets, elle compte se diversifier dans le bio de qualité et tester d’autres produits afin de se renouveler.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents