Géopolitique de la mer de Chine méridionale : Eaux troubles en Asie du Sud-Est
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Description

Les tensions en mer de Chine méridionale sont bien ancrées dans l’actualité internationale, cristallisées autour des luttes que se livrent six pays asiatiques (dont quatre pays d’Asie du Sud-Est) pour le contrôle d’espaces maritimes et insulaires. La rivalité entre les pays d’Asie du Sud-Est et la Chine ne peut être appréhendée qu’à la lumière des incidents récents. Plus qu’une simple dispute territoriale, elle expose des situations maritimes et frontalières multiples, enchevêtrées et incompatibles. Si la position chinoise est bien connue (sans être pour autant légitime), les raisons qui permettent aux pays d’Asie du Sud-Est de reven­diquer des territoires en mer de Chine méridionale le sont un peu moins.
Qu’en dit le droit international ? Quels sont les enjeux politiques, économiques et géopolitiques de ces conflits ? Nous dirigeons-nous vers une impasse militaire ou vers une solution politique ? Quels sont les arguments et les demandes des pays d’Asie du Sud-Est ? Quels sont les desseins de la Chine, et quelles sont les répercussions de ceux-ci sur les politiques de voisinage en Asie du Sud-Est ?
Faisant appel à des expertises croisées, le présent ouvrage répond à ces questions et cherche à montrer dans quelle mesure les conflits actuels s’arti­culent autour de paradigmes aux contours encore mal définis. Il est appelé à devenir une référence incontournable dans le domaine.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782760548077
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0035€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Collection dirig e par FR D RIC LASSERRE
Existe-t-il un mod le de d veloppement asiatique? Quel est l h ritage des fractures op r es lors de l irruption des puissances occidentales au XIX e si cle? La notion de d veloppement durable existe-t-elle en Asie?
La collection Asies contemporaines tente de r pondre ces questions en rassemblant des ouvrages destin s approfondir nos connaissances sur les processus de transformation des soci t s et des tats du continent asiatique.
Les auteurs s int ressent aux diverses formes de d veloppement - conomique, social, culturel, politique - et aux modes de gouvernance - gouvernements national et r gionaux, politiques pratiqu es, choix soci taux, repr sentations de la place de l Asie contemporaine dans une dynamique de mondialisation conomique ax e sur le mod le occidental et un monde unipolaire domin par les tats-Unis.
G opolitique de la mer de Chine m ridionale
Presses de l Universit du Qu bec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Qu bec (Qu bec) G1V 2M2
T l phone: 418 657-4399 T l copieur: 418 657-2096
Courriel: puq@puq.ca Internet: www.puq.ca
Diffusion/Distribution:
C ANADA
Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Qu bec) J7H 1N7 T l.: 450 434-0306/1 800 363-2864
F RANCE
Sof dis, 11, rue Soufflot, 75005 Paris, France - T l.: 01 53 10 25 25
Sodis, 128, avenue du Mar chal de Lattre de Tassigny, 77403 Lagny, France - T l.: 01 60 07 82 99
B ELGIQUE
Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique - T l.: 02 7366847
S UISSE
Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse - T l.: 022 960.95.32
Diffusion/Distribution (ouvrages anglophones):

Independent Publishers Group, 814 N. Franklin Street, Chicago, IL 60610 - Tel.: (800) 888-4741

La Loi sur le droit d auteur interdit la reproduction des uvres sans autorisation des titulaires de droits. Or, la photocopie non autoris e - le "photocopillage - s est g n ralis e, provoquant une baisse des ventes de livres et compromettant la r daction et la production de nouveaux ouvrages par des professionnels. L objet du logo apparaissant ci-contre est d alerter le lecteur sur la menace que repr sente pour l avenir de l crit le d veloppement massif du "photocopillage .
G opolitique de la mer de Chine m ridionale
Eaux troubles en Asie du Sud-Est
Sous la direction de ric Mottet, Fr d ric Lasserre et Barth l my Courmont
Catalogage avant publication de Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada
Vedette principale au titre:
(Asies contemporaines)
Comprend des r f rences bibliographiques.
Publi en formats imprim (s) et lectronique(s).
ISBN 978-2-7605-4805-3
ISBN 978-2-7605-4806-0 (PDF)
ISBN 978-2-7605-4807-7 (EPUB)
1. Chine m ridionale, Mer de - Statut international. 2. G opolitique - Chine m ridionale, Mer de. I. Mottet, ric, 1973-. II. Lasserre, Fr d ric, 1967-. III. Courmont, Barth l my, 1974-. IV. Collection: Asies contemporaines.
KZA1692.G46 2017
341.4 480916472
C2017-941057-1 C2017-941058-X

R vision
H l ne Ricard
Correction d preuves
Sandra Guimont
Conception graphique
Richard Hodgson
Images de couverture
Barth l my Courmont, Fr d ric Lasserre, Shutterstock
Mise en page
Le Graphe
D p t l gal: 3 e trimestre 2017
Biblioth que et Archives nationales du Qu bec
Biblioth que et Archives Canada
2017 - Presses de l Universit du Qu bec
Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation r serv s
Imprim au Canada
D4805-1 [01]
REMERCIEMENTS
Nous tenons remercier l atelier de cartographie du D partement de g ographie de l Universit Laval, et plus particuli rement Madame Louise Marcoux.
Par ailleurs, cet ouvrage a re u le soutien du Conseil qu b cois d tudes g opolitiques (CQEG, cqegheiulaval.com ) et de l Observatoire de l Asie de l Est (OAE, oae.uqam.ca ).
Cr en novembre 2014, le Conseil qu b cois d tudes g opolitiques s int resse aux rivalit s de pouvoir sur des territoires et aux populations qui y vivent, ainsi qu aux probl mes g opolitiques internes et externes des tats et des grands ensembles g opolitiques. Sa mission est de 1) favoriser les recherches universitaires pluridisciplinaires en g opolitique au Qu bec en se basant sur un r seau de chercheurs national et international; 2) contribuer la r flexion sur l apport de la g ographie, plus particuli rement de la g ographie politique, la compr hension des ph nom nes sociaux, conomiques et politiques contemporains travers le monde; 3) favoriser le recrutement d tudiants dipl m s; 4) favoriser la p rennisation de la recherche en demandant terme une reconnaissance institutionnelle aupr s de la Commission de la recherche de l Universit Laval; 5) valoriser l apport d une r flexion g opolitique dans les recherches men es par les membres, en collaboration avec les autres groupes de recherche de l Institut des Hautes tudes internationales de l Universit Laval (notamment le G RAC et le Centre de recherche sur la s curit ) et d autres centres de recherche ailleurs au Canada et l tranger.
L Observatoire de l Asie de l Est , tabli en 2013 par le Centre d tudes sur l int gration et la mondialisation l Universit du Qu bec Montr al, a comme mission d observer, de pr senter et d analyser l conomie politique , la g opolitique, la g o- conomie et les questions de s curit de r gion de l Asie de l Est - qui comprend les deux Cor es, la Chine, Ta wan, le Japon ainsi que les onze pays d Asie du Sud-Est (Birmanie, Brunei, Cambodge, Indon sie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Tha lande, Timor-Leste et Vietnam) -, en lien avec la mondialisation, les processus d int gration r gionale et leurs mod les de gouvernance et de r gulation. L Asie de l Est est devenue un p le incontournable de l conomie et de la g opolitique mondiales; son influence politique se fait sentir dans tous les grands enjeux plan taires et on peut envisager que cette r gion deviendra au cours du XXI e si cle le centre du syst me international.
TABLE DES MATI RES
Remerciements
Liste des tableaux
Liste des sigles
Introduction: les probl mes anciens et les nouveaux paradigmes dans les disputes territoriales en mer de Chine m ridionale ric Mottet, Fr d ric Lasserre et Barth l my Courmont
1. De multiples revendications
2. La puissance navale de la Chine comme nouveau paradigme
3. Chine-Vietnam: enchev trement et incompatibilit s
4. Chine-Philippines: r cif Scarborough, pold risation acc l r e et arbitrage international
5. Chine-Ta wan: un m me lit mais des r ves diff rents?
6. La Chine face aux autres acteurs r gionaux
Bibliographie
Chapitre 1 Les fronti res et les limites maritimes en mer de Chine m ridionale: arguments l gaux et dynamique des revendications Fr d ric Lasserre
1. La Chine: controverse sur la validit juridique de la ligne en neuf traits
1.1. La ligne en U est une ligne d allocation
1.2. Une ligne d crivant des espaces maritimes
1.3. La limite des eaux historiques?
2. Ta wan: une lente acceptation du cadre de la Convention des Nations Unies
3. Les tats d Asie du Sud-Est: le droit de la mer semble une bonne option. Une nette volution vers la clarification et l alignement sur les principes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM)
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 2 La coop ration et les diff rends maritimes en Asie orientale: d veloppements r cents et prospectives Keyuan Zou
1. La coop ration maritime
1.1. La gestion des activit s de p che
1.2. Les d veloppements en partenariat
1.3. La protection environnementale des zones maritimes
1.4. La s curit maritime et la s curit de la navigation
1.5. La d limitation des fronti res maritimes
2. Les diff rends maritimes autour d les
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 3 Pourquoi la Chine a-t-elle besoin de la mer de Chine m ridionale pour elle seule? Daniel Schaeffer
1. La providentielle lection pr sidentielle philippine pour la Chine
2. La d cision philippine de distanciation des tats-Unis dans la coop ration militaire
3. Un mim tisme limit l Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) quant la coop ration militaire avec les tats-Unis
4. La fructueuse visite de Rodrigo Duterte au Japon
5. L effet domino des nouvelles relations sino-philippines
6. Les tats-Unis en mer de Chine m ridionale: une pr sence g nante pour les Chinois
7. Une d faite internationale consentie pour des int r ts s curitaires sup rieurs
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 4 L Indon sie en mer de Chine m ridionale: une strat gie entre deux eaux ric Fr con
1. La strat gie indon sienne l preuve en mer de Chine m ridionale
2. Le d but de cycle l chelle r gionale: militarisation d une Indon sie d complex e
2.1. Les pressions sur la nouvelle quipe au pouvoir
2.2. La protection de la souverainet en mer comme objectif prioritaire
3. Les d bats l chelle nationale: diplomatie d une Indon sie opportuniste
3.1. Les incertitudes en amont, l heure de la r flexion
3.2. Le flou en aval, au moment de la d cision
4. La fin de cycle l chelle locale: d veloppement d une Indon sie archip lagique
4.1. Des autorit s plus l aise l chelle du district
4.2. Le retour la case d part et aux difficult s inh rentes l Indon sie
Conclusion: un bouchon vaseux comme cosyst me strat gique indon sien
Bibliographie
Chapitre 5 Ta wan en mer de Chine m ridionale: affirmation strat gique ou diplomatique? Barth l my Courmont
1. Des revendications historiques
2. L le de Taiping, l atout strat gique de Taipei dans la zone
3. Taipei rejette l arbitrage de la Cour de La Haye
4. Le dialogue Ta wan-ASEAN au coeur de la politique en direction du Sud
5. L initiative de paix en mer de Chine m ridionale: quel bilan?
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 6 Les ressources naturelles et nerg tiques strat giques: un facteur exacerbant les conflits en mer de Chine m ridionale? ric Mottet
1. Une structure de la consommation nerg tique r gionale carbon e
1.1. Quelles r serves d hydrocarbures?
1.2. Qui exploite les hydrocarbures?
1.3. Vers un d veloppement conjoint des ressources?
1.4. Davantage une mer strat gique qu un r servoir d hydrocarbures
2. Des territoires de p che de plus en plus territorialis s
2.1. Une p che garante de l autosuffisance et de la s curit alimentaire des pays de la r gion?
2.2. Quel poids conomique pour les pays riverains?
2.3. Quelle puissance op rationnelle pour les flottes de p che riveraines?
2.4. Des zones conomiques exclusives (ZEE) en situation de surp che?
2.5. Vers une comp tition accrue en haute mer?
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 7 Les zones communes de d veloppement dans le golfe de Tha lande: un mod le de coop ration? Nathalie Fau
1. Les Zones communes de d veloppement (ZCD): une solution temporaire et pragmatique aux conflits frontaliers maritimes
2. Les ZCD effectives dans le golfe de Tha lande
2.1. La ZCD entre la Malaisie et la Tha lande
2.2. La ZCD entre la Malaisie et le Vietnam
3. Les ZCD ne d passant pas le stade de ratification d un protocole d accord
3.1. La ZCD entre le Vietnam et le Cambodge
3.2. La ZCD entre la Tha lande et le Cambodge
4. Des ZCD au grand cosyst me marin (GEM) du golfe de Tha lande
Conclusion: des mod les de coop ration duplicables en mer de Chine m ridionale?
Bibliographie
Conclusion: les ambitions de Beijing au centre de tous les regards? ric Mottet, Fr d ric Lasserre et Barth l my Courmont
1. Des querelles en h ritage
2. Des querelles aliment es par diff rentes motivations
3. En qu te de solutions: le recours aux tribunaux?
4. Les querelles voluent de fa on non lin aire
Annexe: cartes des enjeux g opolitiques en mer de Chine m ridionale
Figure 1 La mer de Chine m ridionale en Asie du Sud-Est
Figure 2 Archipels et hauts fonds en mer de Chine m ridionale
Figure 3 Un cheveau de multiples revendications en mer de Chine m ridionale
Figure 4 Cartes des garnisons dans les Spratleys, 1982, 2015
Figure 5 Philippines: revendications maritimes
Figure 6 Vietnam: des fronti res maritimes en volution
Figure 7 Chine: une ligne peu pr cise
Figure 8 Ta wan: dans l ombre des revendications chinoises?
Figure 9 Malaisie et Brunei
Figure 10 quidistances th oriques
Figure 11 Gisements d hydrocarbures en mer de Chine m ridionale
Figure 12 Fronti res maritimes dans le golfe de Tha lande
Notices biographiques
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 6.1.
La consommation d nergie des pays riverains de la MCM (en%)
Tableau 6.2.
La consommation de p trole des pays riverains de la MCM (1 000 barils/jour)
Tableau 6.3.
La production de p trole des pays riverains de la MCM (1 000 barils/jour)
Tableau 6.4.
La production et la consommation de gaz naturel des pays riverains de la MCM pour l ann e 2015 (en milliards de m tres cubes)
Tableau 6.5.
L estimation de la production d hydrocarbures en MCM (2011) (1 000 barils de p trole/jour et milliards de m tres cubes de gaz naturel/ann e)
Tableau 6.6.
L estimation de la part des hydrocarbures de la MCM dans la production totale des pays riverains (en%)
Tableau 6.7.
La longueur du littoral et la superficie de la zone conomique exclusive (ZEE) pour les pays riverains de la MCM
Tableau 6.8.
Le total des prises du secteur des p ches pour les pays riverains de la MCM (2012)
Tableau 6.9.
La valeur des exportations du secteur des p ches en millions $US (2012)
Tableau 6.10.
La valeur des importations du secteur des p ches en millions $US (2012)
Tableau 6.11.
Le nombre total de p cheurs dans les pays riverains de la MCM
Tableau 6.12.
La production aquacole des pays riverains de la MCM (en tonnes)
Tableau 6.13.
L importation chinoise de poissons et de produits de la mer en 2012
LISTE DES SIGLES
ASEAN
Association of South East Asian Nations
BNPP
Badan Nasional Pengelola Perbatasan
CNOOC
China National Offshore Oil Corporation
CNPC
China National Petroleum Corporation
CNUDM
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS en anglais)
CPA
Cour permanente d arbitrage
DOC
Declaration on conduct of parties in the South China sea
DU30
Rodrigo Duterte
FAO
Organisation des Nations Unies pour l alimentation et l agriculture
GEM
Grand cosyst me marin (LME en anglais)
MCM
Mer de Chine m ridionale
MCO
Mer de Chine orientale
NLL
Northern Limit Line
OMI
Organisation maritime internationale
ONU
Organisation des Nations Unies
PEMSEA
Partnerships in Environmental Management for the Seas of East Asia
PMD
Poros Maritim Dunia
PNUE
Programme des Nations Unies pour l environnement
RDC
R publique de Chine
ReCAAP
Accord de coop ration r gionale sur la lutte contre la piraterie et le vol arm
RPC
R publique populaire de Chine
SBY
Pr sident Susilo Bambang Yudhoyono
SNLE
Sous-marins nucl aires lanceurs d engins
TIDM
Tribunal international du droit de la mer (ITLOS en anglais)
ZCD
Zones communes de d veloppement (JDA en anglais)
ZEE
Zone conomique exclusive
INTRODUCTION
Les probl mes anciens et les nouveaux paradigmes dans les disputes territoriales en mer de Chine m ridionale
ric Mottet, Fr d ric Lasserre et Barth l my Courmont
Les diff rends maritimes en mer de Chine m ridionale (MCM) se sont multipli s ces derni res ann es en lien avec la croissance conomique des pays riverains, la mont e des mouvements nationalistes, les craintes que suscite l mergence de la R publique populaire de Chine (RPC) - d sormais puissance mondiale -, l augmentation des d penses militaires et les sp culations sur les ressources pr sentes dans cet espace maritime. Cependant, aucun des diff rends n est nouveau tant donn que la plupart des espaces sont des zones de frictions entre tats depuis plusieurs d cennies, sinon des si cles dans certains cas. En outre, bien que tr s pr sents dans l actualit , aucun de ces diff rends n a t l origine d un conflit de haute intensit entre les pays asiatiques - on ne rel ve que deux violents mais brefs affrontements entre les forces de la Chine et du Vietnam du Sud dans les les Paracels en 1974, puis entre la Chine et le Vietnam dans les les Spratleys en 1988.
premi re vue, les disputes maritimes actuelles semblent proc der de diff rences d interpr tation entre juristes, historiens et strat ges, qu ils soient civils ou militaires, les experts de ces disciplines tant tr s pr sents dans les d bats au sein des gouvernements et des soci t s des tats riverains. Les querelles portent sur la souverainet revendiqu e par les diff rents protagonistes sur les diff rentes formations insulaires en mer de Chine m ridionale, querelles dans lesquelles les enjeux historiques tiennent une place importante, et sur l extension des espaces maritimes revendiqu s par les tats riverains selon leur interpr tation d ventuels titres historiques ou du droit de la mer. N anmoins, les tensions g ostrat giques r gionales ne se limitent pas uniquement aux disciplines pr cit es, mais interrogent tout autant la g opolitique 1 du fait que la MCM est un espace maritime au c ur de la mondialisation pour des raisons conomiques (exploitation des ressources, circulation du trafic maritime), politiques (affirmation de la puissance) et militaires (s curisation des voies maritimes, libert de passage), les tats affichant depuis longtemps des vell it s de s approprier les espaces maritimes, ce qui d bouche sur des litiges multiples et enchev tr s 2 .
1. DE MULTIPLES REVENDICATIONS
Espace maritime occupant une place consid rable dans la g ographie de la r gion, la MCM est bord e par dix tats: R publique populaire de Chine (Chine), Ta wan (R publique de Chine), Philippines, Indon sie, Brunei, Malaisie, Singapour, Tha lande, Cambodge et Vietnam. En dehors de Singapour, de la Tha lande et du Cambodge, sept tats revendiquent une partie ou la totalit de cet espace maritime. Par exemple, selon les diff rentes interpr tations du trac en neuf traits, la Chine revendique entre 80% et 90% de la superficie de cette mer. l exception de Ta wan, qui n est pas membre des organisations internationales, ces pays ont tous adopt les principes g n raux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (CNUDM) sur la d limitation des fronti res maritimes, savoir les notions de mer territoriale, de zone conomique exclusive (ZEE) et de plateau continental, les obligeant, de fait, coop rer/n gocier pour g rer certains chevauchements et d finir des fronti res. Cependant, l existence de la rivalit politique entre la Chine et Ta wan - tous deux se r clamant du l gitime gouvernement de toute la Chine, ainsi que des revendications territoriales maritimes crois es sur les formations insulaires (les les Paracels et Spratleys, notamment), dont l ampleur est toutefois in gale d un tat l autre, complexifient la situation. Ainsi, la diff rence de la mer de Chine orientale (MCO) o ne s opposent que les revendications de la Chine et de Ta wan, d une part, et du Japon, d autre part, les pr tentions chinoises, calquant dans cette r gion la rivalit politique entre Beijing et Taipei, s opposent cinq tats voisins regroup s au sein d une institution r gionale, l Association des nations du Sud-Est asiatique 3 (ANASE ou ASEAN), au sein de laquelle plusieurs membres militent depuis un peu plus de deux d cennies, dans un engagement politique pour tenter de peser dans la r solution des litiges (Colin, 2011). Parce que ce qui est pr sent par Beijing comme le trac en neuf traits n a jamais fait l objet d une description pr cise de la part des Chinois, notamment parce que ces derniers n ont jamais pr cis la m thode retenue pour le trac de la revendication sur l espace maritime de la MCM, ni sa position exacte par des coordonn es, ni la nature de l espace ainsi d fini, ni m me la l gitimit l gale d un tel trac , les cinq tats membres de l ASEAN et la communaut internationale restent tr s perplexes sur sa signification, tandis que la posture politique de Ta wan sur ce dossier affiche des divergences interpr tatives croissantes avec la Chine. Cette incompr hension est particuli rement marqu e au Vietnam, qui a longtemps revendiqu un espace maritime chevauchant largement celui r clam par la Chine (Lasserre, Gonon et Mottet, 2016) et qui se r ve d sormais en puissance navale, ainsi qu aux Philippines et Ta wan, o les revendications officielles y sont officiellement encore les m mes que celles de Beijing.
2. LA PUISSANCE NAVALE DE LA CHINE COMME NOUVEAU PARADIGME
Les capacit s navales chinoises ont consid rablement augment au cours des deux derni res d cennies, au point de pousser les pays de la r gion augmenter fortement leurs importations d quipements militaires afin de renforcer, entre autres, leurs forces navales. La marine est ainsi la fois le symbole du renouveau militaire chinois, le r v lateur des tensions avec les pays bordant la MCM et la figure du choc des ambitions avec les tats-Unis. Au-del de la strat gie de renforcement des forces navales, la Chine uvre pour obtenir la ma trise de la MCM, qui est pour elle une source d int r ts g opolitiques. Si les contentieux en MCM s expliquent, a priori , en partie par la richesse de cet espace en ressources halieutiques et en hydrocarbures, la MCM repr sente en r alit un int r t vital pour Beijing en tant que ligne de communication maritime (SLOC) strat gique pour son approvisionnement en mati res premi res et pour ses exportations (Scheaffer, 2016). Or cette route est tr s vuln rable par sa configuration de mer semi-ferm e et ses passages oblig s par des d troits (Malacca, Singapour, la Sonde) propices la piraterie, au terrorisme, aux accidents ou un blocus conduit par la marine d un tat 4 . Beijing per oit galement la MCM comme vitale dans sa strat gie de d fense nationale, particuli rement pour ses sous-marins faisant partie de ses capacit s de dissuasion nucl aire 5 , cens e prot ger et sauvegarder l unit et l int grit territoriale du pays. Cependant, le rayon d action des sous-marins est fortement restreint par la premi re cha ne d les (Ta wan, Philippines, Indon sie, Malaisie) qui constitue un verrou strat gique pour l acc s de ces derniers aux eaux profondes des oc ans Pacifique et Indien qui offrent une plus grande discr tion, surtout face aux capacit s de d tection sous-marines, de surface, a roport es et spatiales des puissances adverses (Julienne, 2017). Ainsi, l acc l ration, visible depuis l t 2014, de la pold risation de nombreux r cifs et d activit s de construction sur des les des Spratleys, pratiqu es par la plupart des protagonistes mais surtout par la Chine, vise renforcer les moyens de surveillance et d intervention en MCM, mais aussi s curiser et contr ler le " dangerous ground , zone des r cifs des Spratleys, difficile navigueret comprenant une route sous-marine (une faille de 3 000 m de profondeur en moyenne) qui offrirait un acc s (discret) vers l oc an Indien et le golfe Persique (Bonnet, 2016). Enfin, le renforcement de la pr sence chinoise en MCM participe de la strat gie d interdiction, ou de "d fense active . En effet, vu de Beijing, la politique du pivot asiatique labor e par l administration Obama est per ue comme une strat gie d encerclement (Courmont, 2014). La ma trise de la MCM doit permettre la Chine de d fendre un espace qui s tend au-del de l le de Hainan et d en interdire l acc s si n cessaire (au moyen de missiles balistiques, de navires de surface, de sous-marins, de chasseurs, d une d fense antia rienne, etc.) la marine am ricaine.
Si, aux yeux de Beijing, la question de la souverainet nationale et de l int grit territoriale de la Chine ne saurait tre discut e, elle pose probl me puisqu elle s appuie sur un activisme pr cipit en MCM, ce qui fait cho la question ta wanaise et aux diff rends historiques qui opposent Beijing et Taipei depuis 1949 (Courmont, 2016). Elle fait aussi cho aux relations difficiles qu entretient la Chine avec ses voisins et aux multiples litiges territoriaux dans la r gion. On peut d s lors se demander si cette volont r cente de s curiser son environnement r gional ne consiste pas renforcer les capacit s de puissance pour, au final, imposer la volont de Beijing. C est en tout cas de cette mani re que la mont e en puissance maritime de la Chine est per ue par les pays riverains de la MCM, notamment en Asie du Sud-Est.
C est bien l le probl me: l heure o elle s impose sur la sc ne internationale, la Chine semble paradoxalement fragilis e l chelle de ses marges et de ses fronti res maritimes, th tre de tensions. Les litiges territoriaux en MCM (et en MCO) ne cessent ainsi d interroger et de remettre en question la puissance d une nation chinoise qui sera bient t la premi re puissance conomique mondiale et d ores et d j un p le g opolitique incontournable, mais qui peine dans le m me temps se faire accepter par ses voisins dans ce statut de grande puissance.
Depuis qu elle s estime dans une p riode d avantage strat gique induite par une vigueur nationale r cemment retrouv e gr ce la forte croissance conomique des 30 derni res ann es, la Chine envoie des signaux contradictoires, avec d une part une politique diplomatique bilat rale qui d veloppe des changes amicaux - surtout conomiques - avec les pays du monde sur la base des Cinq principes de coexistence pacifique 6 , et d autre part une attitude souvent per ue comme particuli rement agressive, notamment l gard des pays de son environnement r gional. Jusqu ce tournant de la politique trang re chinoise, qu on peut dater du milieu des ann es 1990 environ, Beijing faisait preuve de prudence en mati re de diplomatie et vitait ainsi de se lancer dans la confrontation avec plusieurs partenaires la fois. Ce tournant dans les relations de la Chine avec ses voisins se caract rise par une multiplication des d monstrations de puissance, des revendications territoriales maritimes ill gitimes et parfois des provocations. Sans pour autant envisager, du moins jusqu ici, l utilisation de moyens militaires qui pourraient conduire une escalade et un affrontement difficile assumer, nous assistons bien une strat gie d affirmation qui ravive des tensions. S agit-il d une v ritable mutation dans les relations de la Chine avec son voisinage, ou Beijing utilise-t-elle la MCM pour affirmer sa souverainet et tester la d termination des puissances riveraines (et des tats-Unis)?
3. CHINE-VIETNAM: ENCHEV TREMENT ET INCOMPATIBILIT S
Sur le plan historique, tout comme la Chine, le Vietnam pr tend que des p cheurs vietnamiens fr quentaient la MCM depuis des temps imm moriaux. Hanoi affirme que sa souverainet sur les Paracels tait incontest e durant l poque pr coloniale (XVII e et XVIII e si cles), notamment de la part de quelques tats voisins, dont la Chine, Beijing appuyant sa souverainet en MCM sur les patrouilles du g n ral Wu Sheng dans la mer des Xisha (appellation chinoise des Paracels) vers 1710. D s le d but du XVII e si cle, l empire d Annam aurait organis l exploitation des ressources des Paracels, p che, guano et pillage des paves. Sous l poque coloniale (XIX e si cle), la Chine reconna t implicitement la souverainet de la France sur les Spratleys en signant le trait franco-chinois de Tianjin (1885) 7 , ce que les cartes chinoises du d but du XX e si cle (1906) confirment puisqu elles arr tent la limite m ridionale de l Empire chinois l le de Hainan. partir de 1894, le Vietnam rel ve du minist re fran ais des Colonies, un Vietnam compos de la Cochinchine (colonie), de l Annam et du Tonkin (protectorats). La pr sence fran aise dans les deux archipels des Spratleys et des Paracels se manifeste notamment partir des ann es 1920 par de multiples patrouilles de la flottille des douanes indochinoises pour lutter contre la contrebande dans les Paracels. Au cours des ann es 1930, la France et la Chine s opposent au sujet de la souverainet sur les les Paracels. trois reprises, soit en 1932, 1937 et 1947, le gouvernement fran ais propose la Chine un r glement amical ou une solution arbitrale, mais le gouvernement chinois refuse (Garnier, 2011, p. 3-4). Dans la dispute qui oppose Hanoi et Beijing, outre les arguments historiques, les dirigeants chinois ont plusieurs reprises fait r f rence la note diplomatique crite le 14 septembre 1958 par Pham Van Dong, alors premier ministre de la R publique d mocratique du Vietnam (RDV) 8 . Dans cette lettre, il prenait note et "reconnaissait et approuvait la D claration sur la mer territoriale du 4 septembre de la m me ann e du gouvernement de la R publique populaire de Chine relative aux eaux territoriales (G d on et Guillemot, 2015, p. 319). Cette d claration chinoise statuait que la largeur des eaux territoriales devait tre de douze milles marins et indiquait que cette disposition concernait tout le territoire de la RPC, y compris les les Xisha (Xinhuanet, 2014). Bien entendu, le Vietnam conteste l interpr tation chinoise de la note diplomatique, pr textant qu elle portait uniquement sur la reconnaissance des eaux territoriales chinoises, mais en aucun cas sur la souverainet de la Chine sur quelque territoire que ce soit. En outre, la partie vietnamienne consid re que la d limitation des espaces maritimes (mer territoriale, zone contigu , zone conomique exclusive ou ZEE, plateau continental tendu) et les questions de souverainet territoriale sont deux questions bien distinctes.
Sur le plan g ographique, le Vietnam utilise r guli rement l argument de la proximit territoriale pour tayer ses revendications sur les archipels des Paracels et des Spratleys. N anmoins, les Paracels sont peu pr s gale distance des c tes vietnamiennes et de l le chinoise de Hainan. Quant aux Spratleys, tr s dispers es, elles sont globalement plus concentr es du c t est de la mer de Chine m ridionale, donc plus proches des Philippines que du Vietnam. On voit bien ici que le positionnement g ographique des les est un argument t nu pour le Vietnam et qu il ne peut en aucun cas tre utilis face aux revendications de la Chine sur les Paracels, ou des Philippines, voire de la Malaisie, sur les Spratleys.
Sur le plan juridique, le Vietnam s appuie sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, qu il a ratifi e le 24 juillet 1994, soit deux ans avant la Chine (7 juin 1996). Fort des principes du droit international maritime, Hanoi r clame une ZEE de 200 milles marins et, pendant longtemps, a pr tendu que celle-ci s tend partir des archipels vietnamiens des Paracels 9 et des Spratley 10 , sans en pr ciser le trac . Conform ment une volution de sa r flexion juridique et politique d s 1994, le Vietnam estime aujourd hui que les archipels ne disposent pas de ZEE ni de plateau continental, une position officialis e en 2009 avec le d p t conjoint avec la Malaisie d une demande de plateau continental tendu au large des c tes vietnamiennes.
Alors que la CNUDM est relativement claire sur les principes r gissant le trac des ZEE, le Vietnam, tout comme la Chine, fonde ses revendications davantage sur un contr le historique et une proximit g ographique et a longtemps maintenu les n gociations bilat rales, comme multilat rales avec les autres pays concern s dans une impasse. La n gociation avec la Malaisie d une demande conjointe de plateau continental tendu en 2009, le renoncement du Vietnam l id e que les formations insulaires puissent g n rer des ZEE, tout comme pour la Malaisie et les Philippines, semblent esquisser une harmonisation des positions juridiques des partenaires de l ASEAN. Cependant, les perspectives de solution n goci e avec la Chine semblent s loigner. Beijing rejette toute renonciation des espaces maritimes associ s aux les de MCM. Pendant ce temps, autour des les Paracels, les accrochages entre les p cheurs vietnamiens et la marine chinoise ont lieu de fa on quasi quotidienne. La tension y est vive et constante.
4. CHINE-PHILIPPINES: R CIF SCARBOROUGH, POLD RISATION ACC L R E ET ARBITRAGE INTERNATIONAL
L installation en 1994 d une garnison chinoise sur le r cif Mischief, au c ur du dispositif philippin, a cristallis les revendications maritimes de la Chine s appuyant sur l invocation de "droits historiques inali nables et non sur la CNUDM. D avril juillet 2012, une crise opposa les Philippines la Chine autour du r cif Scarborough (situ 220 km des c tes philippines), aboutissant la prise de contr le de celui-ci par les navires gouvernementaux chinois qui en interdisent dor navant l acc s coups de canon eau, notamment aux p cheurs philippins. Lass es et humili es par les coups de force chinois, les Philippines pr sent rent la presse, en mai 2014, une s rie d images satellites montrant les activit s de pold risation du r cif Johnson, transformant celui-ci en v ritable le artificielle. Quelques mois plus tard, des images satellites diffus es par les m dias internationaux montraient des activit s similaires sur plusieurs sites de l archipel des Spratleys. Si la plupart des garnisons install es dans les Spratleys ont tr s largement alt r la morphologie des r cifs afin de cr er des les et lots artificiels, ce que les analystes notent, c est la rapidit de la pold risation et l tendue spatiale de cette derni re. Pourtant, d apr s la CNUDM, en aucun cas une le artificielle ne peut revendiquer une mer territoriale, une ZEE ou un plateau continental qui lui soit propre. Cependant, elles peuvent avoir un r le tr s significatif pour la Chine en termes militaires et strat giques, Beijing ayant entrepris la construction de pistes d atterrissage et de bases navales en pold risant des bancs de sable.
Cette crise poussa les Philippines d poser unilat ralement une plainte contre la Chine en saisissant, le 22 janvier 2013, la Cour permanente d arbitrage de La Haye (CPA) afin de forcer Beijing pr ciser ses intentions derri re le trac en neuf traits et faire invalider ce que Manille consid re comme des revendications excessives. La partie philippine a donc organis son dossier autour de cinq questions techniques de droit maritime qui concernaient l interpr tation abusive de l application de la CNUDM, notamment les pr tentions la souverainet sur des r cifs merg s seulement mar e basse, les fameux hauts-fonds d couvrants, lesquels r cifs ne constituent pas des les et ne peuvent donc permettre de d limiter des eaux territoriales et encore moins une ZEE (IFRI, 2016).
Apr s trois ans de d lib rations, la CPA a finalement rendu son verdict le 12 juillet 2016 sur le diff rend qui opposait les Philippines la Chine propos du statut de l archipel des Spratleys en MCM. La Cour rejette tout fondement juridique aux droits historiques inali nables invoqu s par la Chine comme justification de ses revendications. Le trac en neuf traits qui sert de base au discours chinois n a d sormais officiellement plus de fondement juridique et de ce fait, les activit s chinoises dans l espace maritime philippin constituent des violations du droit international, la CPA soulignant par la m me occasion que "la puissance n autorise pas tous les droits . En outre, la Cour a jug qu aucune formation g ologique de l archipel des Spratleys ne constitue une le au sens juridique, liminant donc tout droit une ZEE ou un plateau continental. Sans surprise, Beijing n accepte pas la d cision d arbitrage, la jugeant "ill gale et ridicule en raison de la s lection contestable de ses membres et de ses r sultats juridictionnels faillibles .
Contre toute attente, le nouveau pr sident philippin Rodrigo Duterte a fait savoir, lors de sa visite officielle Beijing (20 octobre 2016), qu il tournerait le dos aux tats-Unis, l alli traditionnel, et qu il se rapprocherait de la Chine. Duterte, qui ne partage pas la vision de son pr d cesseur, Benigno Aquino III, sur l utilit de la d marche juridique, a tent un rapprochement avec Beijing l issue du verdict, appelant la "s paration avec les tats-Unis et ouvrant la voie une r vision de leur trait de d fense mutuelle datant de 1951. Certes, la Chine est un voisin encombrant, mais Manille ne peut l ignorer, d autant qu il est difficile de renoncer ses investissements ainsi qu son aide au d veloppement, jamais d faillante. Quoi qu il en soit, l interpr tation de la CPA de l article 121(3) portant sur la d finition d une le et d un simple rocher, qui confirme les prises de position du Vietnam et de la Malaisie de 2009, risque d avoir des cons quences bien au-del du seul diff rend sino-philippin.
5. CHINE-TA WAN: UN M ME LIT MAIS DES R VES DIFF RENTS?
La complexit de la relation entre la R publique populaire de Chine et la R publique de Chine (RDC, Ta wan) ne saurait se limiter la question des diff rends en MCM tant elle concerne l existence et la reconnaissance de ces deux entit s sur la sc ne r gionale et internationale. On note cependant quelques caract ristiques int ressantes de l implication de Beijing et de Taipei en MCM. Les revendications officielles sont d ailleurs les m mes, et comme la RPC dans les Paracels, la R publique de Chine (RDC) est militairement pr sente dans les Spratleys depuis 1956.
La RDC occupe l le de Taiping, longue de 1 400 m et large de 400 m. Or Taiping est d crite comme un rocher par la CPA dans son arr t de juillet 2016. Selon la CNUDM, dont la RDC n est pas signataire, m me si elle en a toujours respect les termes, le contr le d une le ouvre le droit une zone conomique exclusive de 200 milles nautiques, tandis que ce ne sont que 12 milles nautiques de mer territoriale qui sont attribu s un rocher. Les activit s de p che en sont donc directement affect es, et Taipei a indiqu par la voix de la pr sidente de Ta wan, Tsai Ing-wen, ne pas accepter la d cision de la Cour.
la diff rence de la RPC cependant, la RDC pr conise que les disputes en MCM soient r gl es pacifiquement travers des n gociations multilat rales, en mettant de c t les diff rences pour promouvoir une laboration commune. La RDC est ainsi dispos e travailler avec tous les tats concern s, travers des n gociations conduites sur des bases d galit et de respect mutuel. Calqu e sur une proposition similaire lanc e pour la MCO en 2012, le cabinet de Ma Ying-jeou, le pr d cesseur de Tsai, a propos au printemps 2015 son initiative de paix en MCM, articul e autour de cette volont de promouvoir un dialogue multilat ral et une gestion de la zone n goci e et profitable tous les tats riverains. Cette proposition se heurte cependant deux cueils: les revendications chinoises sur Ta wan et la non-reconnaissance diplomatique de la RDC par les tats riverains. En acceptant cette initiative, les diff rents tats impliqu s reconna traient de facto la RDC, ce qui n est pas actuellement envisageable par Beijing. Les revendications en MCM sont donc plus voir comme un terrain sur lequel Taipei cherche faire avancer sa diplomatie et sa reconnaissance, en relation directe avec le statut complexe qui est le sien dans son bras de fer avec Beijing.
6. LA CHINE FACE AUX AUTRES ACTEURS R GIONAUX
Si la perspective d un affrontement arm s est estomp e depuis la vive altercation qui a oppos des navires gouvernementaux chinois et philippins en 2012 autour du r cif Scarborough, cette multiplication des incidents et cette crispation s invitent d sormais syst matiquement au c ur des discussions de l ASEAN. Les pays de l Association, collectivement impliqu s dans le conflit en MCM depuis la d claration de Manille de 1992, s efforcent d amener Beijing convenir d un gel des gestes unilat raux par le biais d un code de conduite, propos d s 1999. Face au refus chinois de signer un texte contraignant issu d une n gociation multilat rale - la Chine insiste sur le caract re primordial des n gociations bilat rales comme m thode de r solution du conflit (Lasserre, 1996) - les parties convinrent de signer en 2002 une Declaration on conduct of parties in the South China sea (DOC). L ASEAN reprit alors son travail diplomatique en proposant en ao t 2005, lors d une rencontre de l ASEAN-China Joint Working Group , un projet de directives pr liminaires visant mettre en uvre la DOC - Guidelines on the implementation of the DOC - se heurtant encore une fois l objection chinoise propos de la n cessit de n gociations bilat rales.
En r alit , la Chine joue habilement sur les divisions internes l ASEAN. Deux de ses membres, les Philippines et le Vietnam, sont directement oppos s aux revendications chinoises en MCM et militent activement en faveur d une prise de position ferme de l Association contre la politique chinoise. Les revendications chinoises chevauchent les pr tentions de Brunei, de l Indon sie et de la Malaisie, mais ces derniers ont adopt une position plus conciliante. Singapour n est pas directement impliqu e, mais craint l affirmation de la puissance chinoise dans la r gion. En revanche, la Tha lande et le Laos affichent une neutralit tr s bienveillante envers Beijing, tandis que la Birmanie et le Cambodge ne cachent pas leur penchant prochinois dans ce dossier. Si la Chine a cherch minimiser le clivage entre elle et certains pays de l ASEAN, il est certain que la d couverte de travaux de remblaiement majeurs et de construction de bases chinoises dans les Spratleys au cours de l t 2014 a contribu renforcer le sentiment, chez plusieurs membres de l ASEAN, que la Chine ne vise qu gagner du temps sans chercher v ritablement un accord durable en MCM.
Le sommet de l ASEAN de septembre 2016 Vientiane s est r v l d cevant, une fois de plus, quant l adoption d un code de conduite en MCM, cristallisant les divisions internes de l Association. Premi re rencontre r gionale, largie aux grandes puissances ( tats-Unis, Chine, Russie, Japon, Union europ enne, etc.), depuis la d cision de la CPA invalidant les revendications territoriales de Beijing sur la quasi-totalit de cette zone maritime strat gique, le sommet a surtout t le lieu d une victoire diplomatique chinoise. Incapable de surmonter ses divergences de vues sur les revendications chinoises, l ASEAN s est content e de publier un communiqu final dulcor r affirmant que les pays membres taient "s rieusement pr occup s par les "r cents d veloppements dans la r gion et qu ils prenaient "bonne note des inqui tudes exprim es par certains dirigeants de l Association, sans jamais citer la Chine, au grand dam du Vietnam (et des tats-Unis). Cela dit, l ASEAN cherche davantage ne pas se faire carteler en adoptant une attitude attentiste, tout en rappelant que les diff rends en MCM sont seulement un probl me entre la Chine et certains tats membres, et encore, pas tous.
Dans le cadre de la multiplication des diff rends maritimes en MCM, on observe que la Chine profite d avantages conjoncturels pour en prendre le contr le, avec une vitesse et un succ s d concertants. Ces conflits territoriaux affectent l ensemble des pays riverains de la MCM, et bien au-del , car en tant un nouveau th tre d une course internationale l armement naval, ils propulsent l Asie du Sud-Est au c ur des enjeux g opolitiques contemporains et font prendre conscience que la mondialisation est de plus en plus d pendante de la mer. La MCM peut-elle devenir une Mare Nostrum chinoise? Qu en est-il du poids des repr sentations en MCM? Sommes-nous en pr sence d un sc nario de type guerre froide entre la Chine et les tats-Unis? Quelles sont la place et la r alit des ressources dans le conflit? Quels m canismes bilat raux, multilat raux et internationaux peuvent venir apaiser le d bat? Autant de questions fondamentales auxquelles l ouvrage tente de r pondre.
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1 . La g opolitique peut tre d finie comme une discipline qui tudie les rivalit s et les enjeux de pouvoir sur des territoires entre acteurs aux int r ts divergents (Lasserre, Gonon et Mottet, 2016).
2 . Sur le sujet, voir notamment: Lasserre (1996), Den c (1999), Buszynski et Roberts (2014), Jayakumar et al . (2014), Wu et Hong (2014), Tertrais (2016).
3 . En anglais, Association of South East Asian Nations, d o son acronyme d ASEAN, beaucoup plus connu que la version fran aise.
4 . Le "dilemme de Malacca , du nom du d troit par lequel transite l essentiel des importations et exportations chinoises, est point du doigt comme une faiblesse majeure de son conomie (Amelot, 2010).
5 . La Chine poss de 4 sous-marins nucl aires lanceurs d engins (SNLE) dits strat giques dont la base se situe au sud de l le de Hainan, et 57 sous-marins diesel (tactiques).
6 . Politique mise en place en 1954, l initiative de la Chine, avec l Inde et la Birmanie. Il s agit du respect mutuel de la souverainet et de l int grit territoriale, de la nonagression, de la non-ing rence dans les affaires int rieures, de l galit et des avantages r ciproques et, enfin, de la coexistence pacifique. Le 60 e anniversaire des Cinq principes a t f t en grande pompe en 2014 par Xi Jinping.
7 . Mettant officiellement fin la Guerre franco-chinoise, il stipule que la Chine reconna t le protectorat fran ais sur l Annam et le Tonkin tabli par le Trait de Hu en juin 1884, abandonnant explicitement ses propres pr tentions de suzerainet sur le Vietnam.
8 . Fond e en 1945 par H Chi Minh en 1945, elle est l anc tre de la R publique socialiste du Vietnam actuelle.
9 . Depuis l annexion violente de 1974 aux d pens du Vietnam du Sud (53 morts vietnamiens et 18 morts chinois), l archipel des Paracels est sous le contr le de Beijing. Il est rattach administrativement la province du Hainan depuis 1988.
10 . La plupart des les, lots et r cifs de l archipel des Spratleys sont occup s par des garnisons militaires la suite des multiples annexions op r es par les pays revendicateurs, essentiellement au cours des ann es 1970, 1980 et 1990, du Vietnam (27), de la Chine (9 ou 10), des Philippines (9), de la Malaisie (3), du Brunei (2) et de Ta wan (1).
LES FRONTI RES ET LES LIMITES MARITIMES EN MER DE CHINE M RIDIONALE
Arguments l gaux et dynamique des revendications
Fr d ric Lasserre
Les conflits en mer de Chine m ridionale (MCM) se sont accentu s partir des ann es 1950 et se sont principalement traduits en une course pour l occupation des les et des lots des Paracels et des Spratleys. Le but tait d occuper les les, bases de garnisons militaires gren es comme autant de marqueurs de souverainet ; puis avec l av nement de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), la rivalit s est d plac e vers l affirmation des droits des tats sur les espaces maritimes. Avec le temps, la Chine a peu peu affirm sa pr minence militaire, tant du point de vue naval que du d veloppement progressif de ses positions: expulsion de la garnison sud-vietnamienne des Paracels (1974), prise de contr le des positions dans le secteur vietnamien des Spratleys (1988) et ensuite dans le secteur philippin (1995), prise de contr le du r cif Scarborough (2012) puis remblaiement des r cifs pour la construction d les artificielles capables d accueillir de petites bases militaires (depuis 2014). Le discours des protagonistes a volu la suite de ces d veloppements, non pas tant en ce qui concerne la l gitimit de leurs revendications sur ces les, mais plut t sur la l gitimit et la nature juridique des espaces maritimes revendiqu s. La Malaisie (1983), le Vietnam (1994), les Philippines (2009) ont d velopp des repr sentations (parfois contradictoires) dans lesquelles les les des Spratleys n ont pas droit une zone conomique exclusive (ZEE), afin de nier cette possibilit la R publique populaire de Chine (RPC), dans ce que plusieurs observateurs qualifient de gu rilla juridique.
Une tendance peut tre observ e depuis quelques ann es, et plus particuli rement depuis 2009. Si les tats avaient affich des revendications sur des espaces maritimes et si celles-ci taient parfois repr sent es sur des cartes, leurs d finitions manquaient souvent de clart et de justification l gale (Lasserre, 1996; McDorman, 2014). R cemment, la Malaisie, le Brunei, le Vietnam et les Philippines ont tent de reformuler leurs revendications et de les ancrer dans la CNUDM de 1982, une strat gie qui contraste radicalement avec celle de la R publique populaire de Chine. Aujourd hui, la revendication chinoise en MCM repose plus que jamais sur la ligne en neuf traits, dont le flou juridique a t critiqu la fois en termes de port e (quelle est la nature de l espace maritime englob ?) et de l galit (sur quelles bases repose ce trac ?).
Cette volution observ e parmi les protagonistes d Asie du Sud-Est pourrait tre interpr t e comme une man uvre contre la Chine: en modelant et reformulant leurs revendications afin de les rendre plus conformes avec le droit de la mer, il se pourrait que ces tats s efforcent de souligner, par contraste, le caract re manifestement ill gal et inacceptable des revendications de la Chine. Cette strat gie consisterait mettre en vidence une divergence croissante entre les parties qui s efforcent de modifier leurs pr tentions afin de les aligner sur les principes du droit international, et ceux qui fondent leurs revendications sur les interpr tations contestables du droit de la mer. Si le d bat sur les objectifs politiques qui sous-tendent ces choix de la part des tats d Asie du Sud-Est d passe le cadre de ce chapitre, il est pertinent d examiner l volution des arguments juridiques que les parties mobilisent pour justifier leurs revendications maritimes en MCM. Dans quelle mesure la Chine, Ta wan et les protagonistes d Asie du Sud-Est ont-ils essay de clarifier leurs revendications et de les rendre conformes au droit de la mer?
1. LA CHINE: CONTROVERSE SUR LA VALIDIT JURIDIQUE DE LA LIGNE EN NEUF TRAITS
Le gouvernement de la R publique populaire de Chine illustre sa pr tention en MCM en utilisant ce qui a t appel la ligne en neuf traits, ou ligne en U ( U-shaped line ), qui englobe la plus grande partie de l tendue maritime de cette mer. Son origine remonte au Comit d inspection des cartes de la terre et de l eau du gouvernement du Kuomintang, form en 1933 (Li et Li, 2003; Franckx et Benatar, 2012). Elle a t rendue publique pour la premi re fois en 1935 ou en 1936 (Zou, 1999a; Gao et Jia, 2013; Wang, 2015), mais la plupart des chercheurs mentionnent une premi re apparition officielle entre 1946 et 1948, dans un atlas cr pour le gouvernement nationaliste, avant d tre reproduit par le gouvernement de la RPC en 1949 (Hu, 2010; Gau, 2012; US Office of Ocean and Polar Affairs, 2014).
l poque, la ligne tait compos e de 11 traits; deux ont t abandonn s en 1953 par la R publique populaire de Chine (Li et Li, 2013; T nnesson, 2010; Wang, 2015) tandis qu un nouveau tiret a t ajout en 2013, l est de Ta wan: depuis, certains chercheurs parlent plut t de la ligne en dix traits. En d pit de certaines divergences, la direction g n rale et la position de la ligne en forme de U ont peu volu entre 1947 et 2009 (US Office of Ocean and Polar Affairs, 2014), date laquelle la ligne a t pour la premi re fois officialis e dans un communiqu de la Chine (Gouvernement de la R publique de Chine, 2009).
Une grande incertitude demeure sur ce que repr sente en fait cette ligne en forme de U, car la Chine n a jamais expliqu ce qu elle traduit, malgr les demandes r p t es des tats voisins 1 , ce qui les a de plus en plus irrit s. La r ticence ou l incapacit du gouvernement chinois d finir la nature et la localisation exacte de la ligne a cr un flou permettant diverses interpr tations (Fravel, 2011) ainsi que de la m fiance vis- -vis des intentions r elles du gouvernement chinois.

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