La Société, une affaire d entreprise ?
270 pages
Français

La Société, une affaire d'entreprise ?

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
270 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Mondialisation, désengagement progressif des Etats, montée en puissance de la société civile, exclusion et pauvreté... Ces phénomènes majeurs soulèvent la question de la redéfinition des rapports entre l'entreprise et la société.


Les entreprises s'interrogent - et sont de plus en plus interrogées - sur leur contribution au progrès social. Dans une logique de Responsabilité Sociale, certaines d'entre elles adoptent une attitude d'ouverture vers la société et réfléchissent à leur contribution à l'équité sociale, à l'accès de tous aux biens essentiels et au développement des territoires où elles sont implantées. Ces pratiques, aujourd'hui regroupées sous le terme d'Engagement Sociétal des Entreprises, doivent encore se répandre, se structurer et mieux s'inscrire dans l'activité de l'entreprise.


Cet ouvrage examine les questions soulevées par la mise en place et le développement de ces démarches, et s'appuie sur les points de vue d'acteurs de la société et du monde économique. Réflexion sur le management de ces initiatives et revue des pratiques concrètes à l'appui, il apporte un éclairage sur les difficultés et les conditions de succès des démarches d'Engagement Sociétal d'entreprise.



  • Avant-propos

  • Préface : pour une entreprise engagée

  • Introduction : l'engagement sociétal : dimension émergente de la responsabilité sociale des entreprises

  • Entreprise et société : un complexe vivant et indissociable

  • De nouvelles réalités porteuses majeurs pour l'entreprise

  • L'état de l'art : panorama des pratiques actuelles

  • Conclusion : vers l'équation gagnante

  • Bibliographie

  • Index des entreprises citées

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juillet 2011
Nombre de lectures 201
EAN13 9782212860986
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0120€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


  • Avant-propos

  • Préface : pour une entreprise engagée

  • Introduction : l'engagement sociétal : dimension émergente de la responsabilité sociale des entreprises

  • Entreprise et société : un complexe vivant et indissociable

  • De nouvelles réalités porteuses majeurs pour l'entreprise

  • L'état de l'art : panorama des pratiques actuelles

  • Conclusion : vers l'équation gagnante

  • Bibliographie

  • Index des entreprises citées

  • " />

    150 x 225 — 16 mm
    IMS - Entreprendre pour la Cité
    La Société,
    une aff aire d’entreprise ?
    L’Engagement Sociétal des entreprises :
    enjeux, pratiques, perspectives La Société,Mondialisation, désengagement progressif des États, montée en
    puissance de la société civile, exclusion et pauvreté… Ces phénomènes
    majeurs soulèvent la question de la redéfi nition des rapports entre
    l’entreprise et la société. une aff aire d’entreprise ?
    Les entreprises s’interrogent – et sont de plus en plus interrogées – sur
    leur contribution au progrès social. Dans une logique de Responsabilité
    Sociale, certaines d’entre elles adoptent une attitude d’ouverture vers la
    société et réfl échissent à leur contribution à l’équité sociale, à l’accès de L’Engagement
    tous aux biens essentiels et au développement des territoires où elles
    sont implantées. Ces pratiques, aujourd’hui regroupées sous le terme Sociétal des
    d’Engagement Sociétal des Entreprises, doivent encore se répandre, se
    entreprises : structurer et mieux s’inscrire dans l’activité de l’entreprise.
    Cet ouvrage examine les questions soulevées par la mise en place enjeux,
    et le développement de ces démarches, et s’appuie sur les points de pratiques,
    vue d’acteurs de la société et du monde économique. Réfl exion sur
    le management de ces initiatives et revue des pratiques concrètes à perspectives
    l’appui, il apporte un éclairage sur les diffi cultés et les conditions de
    succès des démarches d’Engagement Sociétal d’entreprise.
    Cet ouvrage, réalisé avec le soutien de huit entreprises partenaires, est le fruit de
    20 ans d’expérience d’IMS-Entreprendre pour la Cité auprès de ses entreprises
    membres, au nombre de 150 aujourd’hui. L’équipe Innovation Sociétale
    (Caroline Lassalle Saint-Jean, Olga Gontier Barykina, Olivia Verger Lisicki)
    en a assuré la conception et la rédaction.
    22 €
    553746_ims_c_15.indd 13746_ims_c_15.indd 1 7/11/06 12:38:437/11/06 12:38:43
    Code éditeur : G53746 • ISBN 10 : 2-7081-3746-8
    ISBN 13 : 978-2-7081-3746-2
    -:HSMHKI=VX\Y[W:
    barbary-courte.com
    La Société, une aff aire d’entreprise ?150 x 225 — 16 mm
    IMS - Entreprendre pour la Cité
    La Société,
    une aff aire d’entreprise ?
    L’Engagement Sociétal des entreprises :
    enjeux, pratiques, perspectives La Société,Mondialisation, désengagement progressif des États, montée en
    puissance de la société civile, exclusion et pauvreté… Ces phénomènes
    majeurs soulèvent la question de la redéfi nition des rapports entre
    l’entreprise et la société. une aff aire d’entreprise ?
    Les entreprises s’interrogent – et sont de plus en plus interrogées – sur
    leur contribution au progrès social. Dans une logique de Responsabilité
    Sociale, certaines d’entre elles adoptent une attitude d’ouverture vers la
    société et réfl échissent à leur contribution à l’équité sociale, à l’accès de L’Engagement
    tous aux biens essentiels et au développement des territoires où elles
    sont implantées. Ces pratiques, aujourd’hui regroupées sous le terme Sociétal des
    d’Engagement Sociétal des Entreprises, doivent encore se répandre, se
    entreprises : structurer et mieux s’inscrire dans l’activité de l’entreprise.
    Cet ouvrage examine les questions soulevées par la mise en place enjeux,
    et le développement de ces démarches, et s’appuie sur les points de pratiques,
    vue d’acteurs de la société et du monde économique. Réfl exion sur
    le management de ces initiatives et revue des pratiques concrètes à perspectives
    l’appui, il apporte un éclairage sur les diffi cultés et les conditions de
    succès des démarches d’Engagement Sociétal d’entreprise.
    Cet ouvrage, réalisé avec le soutien de huit entreprises partenaires, est le fruit de
    20 ans d’expérience d’IMS-Entreprendre pour la Cité auprès de ses entreprises
    membres, au nombre de 150 aujourd’hui. L’équipe Innovation Sociétale
    (Caroline Lassalle Saint-Jean, Olga Gontier Barykina, Olivia Verger Lisicki)
    en a assuré la conception et la rédaction.
    22 €
    553746_ims_c_15.indd 13746_ims_c_15.indd 1 7/11/06 12:38:437/11/06 12:38:43
    Code éditeur : G53746 • ISBN 10 : 2-7081-3746-8
    ISBN 13 : 978-2-7081-3746-2
    -:HSMHKI=VX\Y[W:
    barbary-courte.com
    La Société, une aff aire d’entreprise ?
    La Société, une affaire d’entreprise ?
    Éditions d’Organisation
    Groupe Eyrolles
    61, bd Saint-Germain
    75240 Paris cedex 05
    www.editions-organisation.com
    www.editions-eyrolles.com
    erLe code de la propriété intellectuelle du 1 juillet 1992 interdit en effet
    expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants
    droit. Or, cette pratique s’est généralisée notamment dans l’enseignement
    provoquant une baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilité
    même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire éditer
    correctement est aujourd’hui menacée.
    En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou
    partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de
    l’Éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de copie, 20, rue des
    GrandsAugustins, 75006 Paris.
    © Groupe Eyrolles, 2007
    ISBN 10 : 2-7081-3746-8
    ISBN 13 : 978-2-7081-3746-2
    IMS – Entreprendre pour la Cité
    La Société,
    une affaire d’entreprise ?
    L’Engagement Sociétal des entreprises :
    enjeux, pratiques, perspectives
    Un grand merci à…
    GEORGES AMAR, Responsable prospective au département
    Développement de la RATP.
    JEAN-PIERRE BEAUDOIN, Directeur général du cabinet i&e et
    professeur associé au Celsa - Paris IV-Sorbonne.
    NADIR BENTOUTA, Responsable de la mission Prévention et
    Innovation urbaine de la RATP.
    JEAN-MARC BERNARDINI, Responsable de l’unité de Politique de
    communication interne et externe de la RATP.
    CATHERINE BOITEUX-PELLETIER, Responsable du département
    Développement durable du groupe AXA.
    CHANTAL DE LA BOURDONNAYE, Responsable du Mécénat, des
    Affaires sociétales et de la Politique des transports de PSA Peugeot
    Citroën.
    THOMAS BUSUTTIL, Directeur du Développement durable de SFR.
    MICHEL CAPRON, Professeur des universités en Sciences de gestion
    à l’université Paris VIII et à l’université Paris XII (ESA), responsable
    du master Conseil en organisation et gestion des innovations
    sociales (université Paris VIII) et coresponsable du master Management
    de la responsabilité sociale des entreprises (ESA).
    ALAIN CASTINEL, Coordinateur Développement durable du groupe
    Total.
    HENRI DE CASTRIES, Président du directoire du groupe AXA.
    PHILIPPE CHABASSE, Administrateur de Handicap International.
    THOMAS CHAUDRON, Président national du Centre des jeunes
    dirigeants d’entreprise.
    XAVIER CHÉREAU, Responsable de l’Innovation sociale de PSA
    Peugeot Citroën.
    JULIEN CODORNIOU, Responsable des Partenariats avec les
    startup, Microsoft France.
    BERTRAND COLLOMB, Président de Lafarge.
    Coordination SUD (ONG).
    FLORENCE CORDIER, Direction des Relations sociales du groupe
    EDF.
    ARON CRAMER, Président & CEO de Business for Social
    Responsibility (États-Unis).
    PRISCILLA CRUBEZY, Consultante et membre du Stakeholder
    Council de la GRI.
    PETER DAVIES, Deputy Chief Executive, BITC.
    CLAIRE DORLAND-CLAUZEL, Directeur de la Communication, de
    la Marque et du Développement durable du groupe AXA.
    MICHEL DUBOIS, Service de presse de la RATP.
    JEAN FERRÉ, Président-directeur général de Sinequa.
    ALAIN FUSTEC, Président du Goodwill Management.
    PIERRE GADONNEIX, Président-directeur général du groupe EDF.
    JEAN GAEREMYNCK, Délégué général à l’Emploi et à la Formation
    professionnelle à la DGEFP.
    PARTICK GAGNAIRE, Délégué général de SolidarCité.
    SUSAN GEORGE, Vice-Présidente d’Attac-France (1999-2006) et
    Présidente du conseil du Transnational Institute (Amsterdam).
    BERNARD GIRAUD, Directeur général du département du
    Développement durable et de la Responsabilité sociale du groupe Danone.
    VALÉRIE GLODINON-ROBIN, Direction du Développement
    durable du groupe EDF.
    SERGE HÉBRARD, Direction du Développement durable du groupe
    EDF.
    DR PATRICK HENRY, Chargé de mission Lutte contre la grande
    exclusion à la RATP.
    FRANÇOIS JUNG-ROZENFARB, Directeur Partenariats et
    Développement de Care France.
    YANN LAROCHE, Directeur général délégué Ressources humaines et
    Communication du groupe EDF.
    JULIEN LAUPRÊTRE, Président du Secours populaire français.ANNE LAUVERGEON, Présidente du directoire du groupe AREVA.
    JEAN-CHRISTOPHE LE DUIGOU, Secrétaire en charge des questions
    économiques de la CGT.
    ISABELLE LEUNG TACK, Manager Responsabilité sociale et Mécénat
    de Microsoft France.
    THÉRÈSE MARTINET, Directrice de l’Environnement automobile et
    du Développement durable du groupe PSA Peugeot Citroën.
    YANN MOULIER BOUTANG, Professeur des universités en Sciences
    économiques à l’université de Technologie de Compiègne,
    Directeur du laboratoire Costech (connaissance, organisation, systèmes
    techniques).
    CLAUDE NAHON, Directrice du Développement durable du groupe
    EDF.
    MARIEKE OLIVIERI, Professeur agrégée de Lettres modernes.
    JOËL PAIN, Président de la commission « Croissance responsable »
    de Croissance Plus.
    FLORENCE PALPACUER, Professeur en Sciences de gestion, Équipe
    de recherche sur la firme et l’industrie (ERFI), ISEM, université de
    Montpellier I.
    LAURENCE PARISOT, Présidente du MEDEF.
    JEAN-PAUL PICARD, Président de la Direction générale de Deloitte
    France.
    MARIE-HÉLÈNE PIERRES, Secrétaire générale de la Fondation
    d’entreprise RATP.
    STÉPHANE QUÉRÉ, Directeur du Développement durable du
    groupe SUEZ.
    AMADOU RAIMI, Président du conseil d’administration de Deloitte
    France.
    THIERRY RIOULT, Directeur de la Communication de Deloitte
    France.
    ALAIN ROCHETTE, Responsable des Relations de PSA Peugeot
    Citroën avec le monde de l’éducation.
    GEOFFROY ROUX DE BEZIEUX, Président de Croissance Plus.THAIMA SAMMAN, Directrice du département Affaires publiques de
    Microsoft EMEA.
    ViRGINIE SEGHERS, Consultante, spécialiste du mécénat et de la
    responsabilité sociale des entreprises.
    GÉRARD SEULIN, Directeur opérationnel du pôle Enfants/Familles
    de Redcats (groupe PPR).
    HUGUES SIBILLE, Directeur délégué, adjoint du président du
    groupe Crédit Coopératif.
    JEAN-PIERRE SICARD, Directeur du Développement durable de la
    Caisse des dépôts et Président de Novethic.
    JOSETTE THÉOPHILE, Directeur général adjoint, Innovation sociale
    à la RATP.
    FRÉDÉRIC TIBERGHIEN, Président d’honneur de l’ORSE.
    PHILIPPE VASSEUR, Président d’Alliances.
    GILLES VERMOT DESROCHES, Directeur du Développement
    durable de Schneider Electric.
    FRANK WELVAERT, Président du conseil des directeurs de CSR
    Europe.Avant-propos
    En 1990, Renaud Sainsaulieu faisait paraître un ouvrage intitulé
    1L’entreprise, une affaire de société . Le sociologue ouvrait alors la voie
    à un nouveau débat sur le rôle que joue la société dans le
    développement des entreprises. Aujourd’hui, avec toutes les interrogations
    autour de la responsabilité sociale des entreprises, la question
    inverse – la société est-elle une affaire d’entreprise ? – nécessite
    d’être traitée.
    Ce livre s’adresse à tous ceux qui s’intéressent au rôle de l’entreprise
    dans la société et à sa capacité à contribuer au progrès social. Il a été
    réalisé par l’équipe Innovation sociétale d’IMS-Entreprendre pour
    la Cité, à l’occasion du vingtième anniversaire de l’association.
    La publication a bénéficié du soutien actif de huit entreprises
    partenaires, fortement mobilisées : AXA, Deloitte, EDF, Microsoft, PPR,
    PSA Peugeot Citroën, RATP et SFR. Le propos a également été
    enrichi par les contributions d’une cinquantaine d’experts du
    monde académique, de l’entreprise, de la société civile et des
    institutions en charge de ces problématiques.
    1. SAINSAULIEU (Renaud), L’entreprise, une affaire de société, Paris, Presses de la
    FNSP, 1990.
    © Groupe Eyrolles10 La Société, une affaire d’entreprise ?
    Créée en 1986, IMS-Entreprendre pour la Cité fédère un réseau de
    150 entreprises (essentiellement des grands groupes
    internationaux). L’association a pour mission de les aider à développer des
    initiatives créatrices de valeur pour les territoires où elles sont
    implantées et génératrices d’une plus grande équité sociale. Au
    quotidien, l’IMS favorise les échanges interentreprises et
    accompagne ses adhérents dans la définition et la mise en œuvre de
    leurs démarches d’engagement sociétal : programmes de mécénat
    et d’engagement citoyen, insertion des publics en difficulté,
    politiques de gestion de la diversité et soutien au développement
    socioéconomique local, notamment dans les quartiers sensibles.
    Au sein de l’association, le pôle Innovation sociétale identifie les
    enjeux et pratiques des entreprises sur des thématiques sociétales
    émergentes telles que l’ancrage des entreprises dans leurs
    territoires ou l’adaptation des produits et services aux populations en
    difficulté… Il complète l’action des autres domaines de l’IMS en
    explorant de nouveaux champs d’investigation et en concevant
    des outils de pilotage adaptés aux nouvelles problématiques
    sociétales qui impactent les entreprises.
    L’activité du pôle s’organise aujourd’hui autour de deux axes
    majeurs :
    • Des travaux de recherche et des échanges interentreprises ;
    • La réalisation de diagnostics sur les démarches d’engagement
    sociétal des entreprises.
    IMS-Entreprendre pour la Cité
    Association d’entreprises – Président : Claude Bébéar
    84, rue d’Amsterdam 75009 Paris – France
    Tél : + 33 (0)1 43 87 52 52 – Fax : + 33 (0)1 43 87 31 31
    www.imsentreprendre.com
    © Groupe EyrollesSommaire
    Avant-propos................................................................................................................................................................ 9
    Préface
    Pour une entreprise engagée ............................................................................................................ 15
    Introduction
    L’engagement sociétal : dimension émergente
    de la responsabilité sociale des entreprises .................................................................. 17
    Première partie
    Entreprise et société :
    un complexe vivant et indissociable
    Chapitre 1
    L’entreprise et la société : deux mondes interdépendants
    aux finalités distinctes .................................................................................................................................. 23
    Une relation systémique… ....................................................................................................................... 23
    … mais des finalités distinctes ............................................................................................................... 29
    Chapitre 2
    Les trente glorieuses : une dynamique positive
    entre l’entreprise et la société ........................................................................................................... 33
    L’organisation fordiste, fondement du modèle économique
    d’après-guerre ........................................................................................................................................................ 33
    Les facteurs socioculturels de réussite ............................................................................................. 34
    Un partage des rôles efficace entre l’entreprise et l’État ................................................. 36
    Les évolutions sociétales générées ....................................................................................................... 37
    © Groupe Eyrolles12 La Société, une affaire d’entreprise ?
    Chapitre 3
    À partir des années soixante-dix : la rupture de l’équilibre .................. 39
    Le fordisme soumis à des tensions culturelles et sociales .............................................. 39
    Le déclin du modèle économique d’après-guerre ................................................................ 41
    Des réactions en chaîne : l’élargissement du fossé ............................................................... 42
    Chapitre 4
    Vers un nouveau contrat social ? ................................................................................................. 47
    Le rôle et la légitimité de l’entreprise remis en question ............................................... 47
    La dangereuse tentation de l’autisme économique ............................................................. 50
    Les prémisses d’une nouvelle relation entre l’entreprise et la société ................. 53
    Deuxième partie
    De nouvelles réalités
    porteuses d’enjeux majeurs pour l’entreprise
    Chapitre 5
    Le « patchwork » des attentes sociétales
    adressées à l’entreprise ............................................................................................................................. 61
    Confusion et multiplicité ........................................................................................................................... 61
    Des repères certes, mais toutefois limités .................................................................................... 72
    Chapitre 6
    La complexité de l’entreprise moderne ................................................................................ 83
    L’entreprise « nébuleuse » .......................................................................................................................... 83
    L’imbroglio organisationnel .................................................................................................................... 86
    L’approche « glocale » et ses limites .................................................................................................. 88
    Une temporalité organisationnelle en décalage avec le temps sociétal .............. 90
    Chapitre 7
    Les apports de l’engagement sociétal .................................................................................... 93
    Les enjeux auxquels contribue l’engagement sociétal ....................................................... 93
    Les enjeux organisationnels ................................................................................................................ 94
    La gestion des ressources humaines ............................................................................................... 96
    La relation avec les clients 100
    La relation avec les actionnaires .................................................................................................. 102
    La relation avec son environnement ........................................................................................ 104
    © Groupe EyrollesSommaire 13
    Les bénéfices directs et indirects ....................................................................................................... 105
    Le développement du capital immatériel ............................................................................. 106
    La prévention des risques .................................................................................................................. 108
    Les gains économiques ......................................................................................................................... 110
    Troisième partie
    L’état de l’art : panorama des pratiques actuelles
    Chapitre 8
    Les conditions de succès d’une démarche gagnant-gagnant ............ 119
    L’instauration d’un dialogue partenarial ................................................................................... 120
    L’identification des parties prenantes principales et de leurs attentes ............. 122
    La définition du degré d’ouverture et des modalités du dialogue ...................... 124
    La mise en place des conditions de l’échange ..................................................................... 126
    L’association des parties prenantes aux démarches de l’entreprise ..................... 129
    Le management et la professionnalisation des démarches sociétales ............... 137
    La définition d’une politique sociétale au niveau du groupe ............................... 137
    Les conditions préalables à la mise en œuvre des démarches sociétales .......... 145
    Le déploiement .......................................................................................................................................... 150
    L’amélioration continue .................................................................................................................... 162
    Chapitre 9
    Les différents registres d’initiatives sociétales .......................................................... 167
    L’accès aux biens essentiels et l’aide aux pays en développement ....................... 172
    Le soutien au monde associatif ..................................................................................................... 172
    L’intégration dans les process et le fonctionnement de l’entreprise .................... 174
    L’adaptation des produits et la création d’une offre commerciale ..................... 176
    La promotion de la diversité et la lutte contre les discriminations ................... 186
    Le soutien au milieu associatif ...................................................................................................... 188.................... 192..................... 205
    La lutte contre l’exclusion ...................................................................................................................... 208
    Le soutien au monde associatif et l’engagement citoyen ............................................ 209
    L’intégration dans les process et le fonctionnement de l’entreprise .................... 213
    L’adaptation des produits et la création d’une offre commerciale ..................... 220
    Le développement économique local ........................................................................................... 224
    Le soutien au tissu économique local ....................................................................................... 225.................... 229..................... 235
    © Groupe Eyrolles14 La Société, une affaire d’entreprise ?
    La prise en compte des risques émergents ............................................................................... 236
    L’allongement de la durée de vie et le vieillissement de la population .......... 237
    L’obésité et les risques pour la santé .......................................................................................... 240
    Le développement des nouvelles technologies et la protection
    des enfants dans la société numérique ..................................................................................... 244
    La mobilité ................................................................................................................................................... 247
    La sécurité routière .. 252
    La prévention des incivilités ........................................................................................................... 254
    Conclusion
    Vers l’équation gagnante .................................................................................................................... 259
    Bibliographie .......................................................................................................................................................... 263
    Index des entreprises citées ................................................................................................................ 267
    © Groupe EyrollesPréface
    Pour une entreprise engagée
    Entreprises et société forment un couple indissociable. Pour vivre, la
    société a besoin des entreprises, principal lieu de création de
    richesses. Mais l’entreprise n’est pas seulement un acteur économique.
    Comme l’école, elle est aussi un puissant catalyseur qui favorise
    l’intégration sociale. Tous les jours, la réalité le montre bien : une
    personne qui a du travail s’intègre mieux que celle qui en est privée !
    Réciproquement, si le monde économique participe au
    développement d’une société, le dynamisme des entreprises est conditionné
    par un fonctionnement efficient de la société. Une entreprise peut
    sans aucun doute mieux se développer dans une société qui se porte
    bien, avec des personnes formées, dotées de compétences adaptées
    et bénéficiant de bonnes conditions pour vivre et travailler.
    Dans ce contexte, il est dans l’intérêt même des entreprises de
    contribuer au progrès social. Chacune d’elles doit pouvoir s’investir avec
    les moyens dont elle dispose, afin que la Cité se porte mieux.
    S’engager dans cette voie est une obligation morale, mais aussi un atout
    pour le développement de l’entreprise à moyen et long terme. Cette
    posture génère une véritable dynamique en interne et facilite
    l’adhésion des salariés au projet de l’entreprise. Il est important de rappeler
    qu’elle est avant tout une communauté d’hommes et de femmes. Il
    est nécessaire pour ces derniers, non seulement de bien vivre entre
    eux, mais aussi d’évoluer en harmonie avec leur environnement.
    L’engagement sociétal favorise également l’établissement de relations
    constructives avec les parties prenantes externes qui ont des attentes
    © Groupe Eyrolles16 La Société, une affaire d’entreprise ?
    de plus en plus fortes et variées (populations locales, associations,
    clients, investisseurs…). À travers notamment ses démarches
    d’ancrage territorial et de diversité, l’entreprise peut se prémunir
    contre certains risques et créer en même temps un environnement
    favorable à son activité.
    Ce point de vue est largement partagé aujourd’hui dans les grandes
    entreprises, soit par conviction, soit par intérêt bien compris. La
    société change, les besoins et les mentalités aussi. Les démarches des
    entreprises doivent s’inscrire dans cette dynamique et ainsi
    contribuer à leur capacité d’adaptation. Elles doivent bannir
    l’immobilisme et adopter une vision prospective des enjeux auxquels elles
    sont confrontées.
    IMS-Entreprendre pour la Cité encourage de façon pragmatique ces
    évolutions. Vingt ans d’observation et d’accompagnement des
    entreprises ont permis à l’association d’identifier les enjeux, les
    difficultés et les facteurs clés de succès à prendre en compte dans la mise
    en place des démarches d’engagement sociétal. Fort de cette
    expérience et de celle de ses adhérents, l’IMS a souhaité mettre en avant
    dans cet ouvrage les débats, les défis d’aujourd’hui et de demain,
    ainsi que les clés de réussite des pratiques de nombreuses entreprises
    pionnières en faveur de la société.
    Claude Bébéar,
    Président de IMS-Entreprendre pour la Cité
    et du Conseil de surveillance d’AXA
    © Groupe EyrollesIntroduction
    L’engagement sociétal :
    dimension émergente
    de la responsabilité sociale
    des entreprises
    « Économie et société : tensions et décalages féconds », «
    L’éco1nomie contre la société ? », L’horreur économique … Autant
    d’articles ou d’ouvrages aux titres provocateurs qui suggèrent que la
    relation entre l’entreprise et la société traverse une période difficile.
    L’opinion publique est extrêmement attentive aux pratiques du
    monde économique pouvant nuire au « mieux vivre ensemble ».
    L’entreprise est d’ailleurs bien souvent perçue en France comme
    principale fautive de beaucoup des maux qui assaillent la société :
    chômage, dégradation du niveau de vie, précarisation,
    développement de l’exclusion. Fortement ancrée dans les mentalités
    françaises, cette image de l’entreprise s’est dégradée avec les récents débats
    à propos des agissements de certains dirigeants.
    1. LANDRIEU (Josée) « Économie et société : tensions et décalages féconds », Agir,
    hiver 2000 ; MITCHELL (Lawrence E.). La firme irresponsable, Paris, Economica,
    2003 ; PERRET, (Bernard) et ROUSTANG (Guy) « L’économie contre la
    société ? », Esprit, février 1993 ; FORRESTER (Vivianne). L’horreur économique,
    Paris, Fayard, 1996.
    © Groupe Eyrolles18 La Société, une affaire d’entreprise ?
    Cette méfiance de plus en plus marquée vis-à-vis du monde
    économique est porteuse de risques pour le pays comme pour l’entreprise
    et peut avoir des répercussions néfastes sur les affaires. Face à ce
    danger, l’entreprise s’emploie depuis quelques années à renforcer sa
    légitimité dans la société en mettant en lumière ses pratiques
    contribuant au progrès social.
    Soutien du monde associatif, dons financiers aux causes d’intérêt
    général, financement de programmes de recherche… Répondant
    aux valeurs philanthropiques de ses dirigeants ou au besoin de
    revaloriser l’image de l’entreprise, ces actions font depuis longtemps
    partie de l’univers de l’entreprise. Ces dernières années, de nouvelles
    thématiques sont progressivement venues enrichir ces démarches,
    en réponse aux évolutions de la société. Emploi de publics en
    difficulté, lutte contre les discriminations, programmes d’aide au
    développement… Plus variées, les démarches actuelles sont davantage en
    phase avec les enjeux de l’entreprise et les attentes de la société,
    s’inscrivant dans une logique gagnant-gagnant. Regroupant les
    actions du monde économique qui visent à favoriser l’accès de tous
    aux biens essentiels, à renforcer la cohésion et l’équité sociale et à
    contribuer au développement de leurs territoires d’implantation, les
    termes d’engagement sociétal s’installent progressivement dans le
    vocabulaire des entreprises.
    Pilier de la politique de la « responsabilité sociale de l’entreprise »
    1(RSE) , l’engagement sociétal vise à associer le monde économique
    au développement de la société au sens large. Il constitue un véritable
    laboratoire d’innovation et de réflexion sur le rôle de l’entreprise
    dans la société. Pourtant, moins formalisées et moins contraignantes
    que les politiques sociales internes, les démarches sociétales semblent
    manquer de légitimité. Souvent moins visibles que les actions visant
    1. Le concept de la responsabilité sociale de l’entreprise postule l’intégration
    volontaire par les entreprises des préoccupations sociales, sociétales et
    environnementales dans leurs relations avec les parties prenantes et dans leurs activités
    commerciales.
    © Groupe EyrollesIntroduction 19
    à préserver l’environnement, elles restent mal connues du grand
    public. Quelles en sont les raisons ? Les démarches sociétales se
    développent-elles, mais dans l’ombre, hors du champ médiatique ?
    Peinent-elles à s’affirmer face au nombre et à la complexité des
    problématiques auxquelles elles sont censées contribuer ? L’entreprise
    at-elle des difficultés à se reconnaître (et à être reconnue) comme l’un
    des acteurs du développement social ? Une chose est certaine : les
    démarches sociétales soulèvent la (difficile) question de l’évolution
    du rôle actuel de l’entreprise dans la société, rôle que les parties
    prenantes voudraient voir précisé.
    Cet ouvrage se donne pour objectif de répondre à une double
    ambition : proposer un nouveau regard sur l’entreprise et montrer
    l’importance de l’engagement sociétal pour faire face aux enjeux de
    l’entreprise et de la société. Au lieu de se focaliser sur une vision
    sceptique et négative du monde économique, il choisit de l’aider à
    progresser, en lui faisant prendre conscience de ses responsabilités et
    en valorisant les initiatives positives.
    Outil de réflexion aussi bien que guide méthodologique, cette
    publication fait apparaître une pluralité de points de vue qui exprime la
    richesse des débats et l’absence de consensus dans ce domaine. Plus
    qu’offrir une lecture théorique, elle vise aussi à légitimer et à rendre
    opérationnel le lien entre l’entreprise et la société, à travers les
    politiques d’engagement sociétal. Cet ouvrage propose un éclairage sur les
    principales problématiques soulevées par le développement de ces
    démarches et avance quelques solutions tirées de l’expérience et du
    1savoir-faire de grandes entreprises pionnières. Il se veut un réservoir
    d’analyses, d’idées en débat, d’expériences et d’arguments pour que
    l’engagement sociétal des entreprises progresse.
    1. Les PME ne sont pas absentes de ce mouvement, la richesse de leurs initiatives est
    bien réelle. Cependant, aujourd’hui, les initiatives sociétales les mieux recensées
    et les plus structurées sont bien souvent le fait de grands groupes, soumis à de
    fortes pressions et dotés de moyens considérables.
    © Groupe Eyrolles20 La Société, une affaire d’entreprise ?
    La première partie du livre est dédiée à l’évolution du rôle de
    l’entreprise dans la société. Elle analyse la nature de la relation entre
    ces deux entités et se propose de mettre en évidence ses implications
    sociales et économiques. Elle explore les contradictions et les
    convergences entre les logiques de l’entreprise et de la société, et resitue
    l’intérêt de l’engagement sociétal dans cette perspective.
    La deuxième partie examine le cadre dans lequel naissent et se
    développent les démarches sociétales de l’entreprise. Elle recense les
    facteurs qui freinent les initiatives dans ce domaine (difficultés,
    risques) et ceux qui, au contraire, ont un effet de levier
    (opportunités). Une attention particulière est portée à l’impact positif de ces
    démarches sur le développement de l’entreprise.
    La dernière partie fait le point sur l’expérience de grands groupes
    qui ont réussi à mettre en place des politiques sociétales efficaces et
    innovantes. Elle examine les conditions nécessaires à la mise en
    place de ces démarches qui passent par un dialogue avancé avec
    l’environnement au sens large, mais aussi par des dispositifs de
    management structurés et formalisés. Enfin, elle expose des cas
    concrets et pratiques dans chaque domaine clé de l’engagement sociétal
    pour mieux inspirer et inciter les entreprises.
    Il est important de bien souligner que les questions relatives au
    respect de l’environnement et aux problèmes écologiques ne seront pas
    abordées dans ce livre. Certes, absolument fondamentales, elles sont
    en effet déjà largement relayées et étudiées par bon nombre de
    spécialistes. En revanche, compte tenu de leur complexité et du
    nombre d’acteurs qu’elles concernent, les démarches d’engagement
    sociétal restent un chantier en construction qui mérite débat et
    formalisation.
    © Groupe EyrollesPremière partie
    Entreprise et société :
    un complexe vivant
    et indissociable
    L’entreprise est une entité protéiforme qui évolue au contact de la
    société dans laquelle elle est implantée. Elle change au fil du temps
    en se nourrissant des contextes sociaux, économiques, culturels et
    politiques. Sa forme actuelle, caractéristique de nos sociétés, s’est
    construite sous l’influence de bouleversements sociaux. Ainsi,
    l’industrialisation en France est en partie due à la Révolution de
    1789, qui a mis fin à « un régime d’économie corsetée et de société
    1bloquée » . En rasant la hiérarchie sociale existante, elle a permis le
    brassage des populations et a facilité l’accès à l’activité
    entreprenariale aux gens venus d’horizons différents : la noblesse à la recherche
    de nouvelles sources de revenus ; les anciens militaires poussés par le
    1. LAMBERT-DANSETTE (Jean), « Histoire de l’entreprise et des chefs d’entreprise en
    France : les questionnements », Humanisme et entreprise, n° 247, 2001, p. 42.
    © Groupe Eyrolles22 Entreprise et société : un complexe vivant et indissociable
    déclin du prestige de l’armée française post-napoléonienne ; les
    propriétaires des domaines ruraux en quête de stabilité et de revenus
    supérieurs ; les négociants visant l’extension de leurs affaires…
    Mais l’entreprise ne fait pas que subir l’impact de changements
    sociaux. Son évolution propre conditionne le développement de la
    société. En effet, le processus d’industrialisation débuté vers les
    années 1830 s’est accompagné de la prolétarisation de pans entiers
    de la société française. Les conflits sociaux ont explosé violemment,
    en créant un climat de confrontation entre la classe ouvrière et les
    propriétaires d’entreprise. Cette époque a donné naissance à un
    questionnement sur un devenir plus juste et égalitaire de la société,
    à l’origine d’un ordre social nouveau dont l’entreprise est devenue
    un des moteurs.
    Ces deux exemples ne constituent pas des cas isolés. Toute l’histoire
    française (et mondiale) est faite d’événements témoignant de
    l’enchevêtrement des évolutions sociales et économiques, au point
    qu’il est de moins en moins aisé de distinguer les causes des
    conséquences et de définir avec précision les éléments déclencheurs de
    transformations. L’économie est-elle perpétuellement en train de
    courir après les évolutions de la société pour pouvoir s’y adapter et
    en tirer parti ? Nos sociétés sont-elles le produit du monde
    économique ? Le débat est ouvert, et il est d’autant plus important
    qu’aujourd’hui, le rôle de l’entreprise et sa relation avec les autres
    institutions sociales posent question.
    © Groupe EyrollesChapitre 1
    L’entreprise et la société :
    deux mondes interdépendants
    aux finalités distinctes
    L’observation des pratiques de l’entreprise et de la société indique
    une forte interdépendance entre elles. Toutefois, l’enchevêtrement
    de ces deux mondes ne doit pas faire oublier qu’ils poursuivent des
    finalités différentes. En effet, si la société érige en objectif la
    cohésion sociale entre ses membres, l’entreprise poursuit des objectifs
    économiques, de création de richesses, de développement et de
    croissance de ses bénéfices.
    Une relation systémique…
    L’interdépendance entre le corps social et le monde des affaires
    n’apparaît pas uniquement à travers le prisme historique. Quelle
    que soit la période concernée, il est possible de découvrir l’existence
    de liens bilatéraux qui unissent le monde économique aux divers
    domaines de la vie sociale.
    L’entreprise n’est pas une entité indépendante qui vit son
    activité de manière autarcique. Elle est immergée dans la cité, avec tout
    ce que cela implique de positif comme de négatif. Ainsi, si elle profite
    des infrastructures publiques qui favorisent son expansion, elle
    supporte également le poids des charges qui permettent de financer ces
    mêmes infrastructures. De même, si elle bénéficie du système
    éducatif utilisé pour former les salariés qu’elle emploie, elle doit également
    © Groupe Eyrolles24 Entreprise et société : un complexe vivant et indissociable
    alimenter les caisses de protection sociale… Tout indique que
    l’entreprise et la cité sont semblables au bernard-l’hermite et à sa
    coquille.
    Joël Pain, président de la commission « Croissance responsable »
    de Croissance Plus
    Certains de ces liens sont bien connus et visibles, comme celui entre
    le monde économique et l’État. Les entreprises produisent des biens
    et des services et dégagent des richesses dont une partie est
    récupérée par l’État sous forme d’impôts. « Il ne faut pas oublier que
    l’entreprise est créatrice de richesse pour la Nation, rappelle Patrick
    1Gagnaire, délégué général de SolidarCité . Les autres institutions
    vivent, d’une certaine façon, de la valeur ajoutée créée par l’entreprise,
    que ce soit la famille (grâce au salaire), l’État providence ou les
    collectivités locales (grâce aux impôts). En créant de la richesse, elle permet aux
    autres institutions d’exister et de se réguler. » De cette manière, les
    entreprises participent au financement du fonctionnement de
    l’appareil étatique et aux prestations relevant du service public. Par
    conséquent, la régulation du domaine économique représente un
    important enjeu pour l’État. Ainsi, les règles juridiques et les
    conventions sociales encouragent certains types de comportements
    enterprenariaux (concurrence loyale, respect des engagements) et en
    sanctionnent d’autres (violation des droits de l’homme,
    corruption…). Sous leur influence, des activités marchandes autrefois très
    développées (et prospères) ont été bannies de l’économie
    contemporaine, comme l’illustre avec force l’exemple du commerce des êtres
    humains. D’autres domaines, notamment la concurrence, ont été
    progressivement plus encadrés et réglementés. L’influence de l’État
    sur l’activité du monde des affaires n’est donc pas neutre : si
    certaines de ses dispositions peuvent stimuler les pratiques
    entreprenariales, l’excès de réglementation peut bouleverser le fonctionnement
    du marché, en contraignant les initiatives privées ou en adoptant
    des dispositions qui nuisent à la compétitivité de l’économie. Pour
    1. Association créée par le groupe PPR pour promouvoir et accompagner les actions
    de solidarité mises en place par ses enseignes et salariés.
    © Groupe EyrollesL’entreprise et la société : deux mondes interdépendants aux finalités distinctes 25
    minimiser ces risques, les entreprises se sont progressivement
    organisées afin de défendre leurs intérêts et de promouvoir leurs points
    de vue, notamment à travers le lobbying.
    Mais les relations entre l’État et les entreprises ne représentent que
    la partie visible de l’iceberg, qui occulte une réalité beaucoup plus
    subtile de l’interdépendance entre le monde économique et la
    société. Ainsi, l’influence du monde des entreprises sur la culture
    d’une société – et inversement – est moins connue. Pourtant, la
    culture, comprise comme l’ensemble des normes, valeurs et
    schémas de pensée qui encadrent la vie d’une société, est un élément
    essentiel pour le développement des relations marchandes. Son
    action est complémentaire à celle du droit, dans la mesure où elle
    participe à la légitimation des activités. Protégées par des lois, les
    entreprises peuvent être tentées de faire abstraction du
    mécontentement social. Toutefois, le poids considérable des normes
    culturelles sur l’activité économique oblige les entreprises à réfléchir sur
    leurs pratiques et, éventuellement, à les remettre en cause. Ainsi,
    une action légale, mais contraire aux valeurs morales, peut
    rencontrer une opposition farouche de la part de la société. Par exemple,
    les licenciements mis en place par certaines entreprises dans le but
    de préserver leur compétitivité sont parfaitement en accord avec la
    réglementation sociale existante. Néanmoins, l’opinion publique
    sanctionne de tels comportements en manifestant une réprobation
    généralisée qui peut amener l’entreprise à changer ses projets. Le
    défilé des salariés dans la rue, l’intervention des élus et du
    gouvernement peuvent contraindre la direction à revoir son projet de
    restructuration à la baisse.
    L’influence des traditions culturelles est également visible dans le
    1fonctionnement interne des entreprises. Ainsi, Philippe d’Iribarne
    a mis en évidence le fait que les modes de management varient d’un
    pays à l’autre et a identifié des constantes culturelles qui doivent être
    1. IRIBARNE (Philippe D’), La logique de l’honneur. Gestion des entreprises et traditions
    nationales, Paris, Le Seuil, 1989, p. 279.
    © Groupe Eyrolles26 Entreprise et société : un complexe vivant et indissociable
    prises en compte dans la gestion. Leur identification permet de
    comprendre pourquoi certains changements sont difficiles, voire
    impossibles à conduire. La polémique autour du principe de l’alerte
    éthique (ou whistleblowing) qui oppose les deux côtés de
    l’Atlantique en constitue un exemple. Ces dispositifs qui permettent aux
    salariés d’entreprise de rapporter anonymement les fraudes et de
    dénoncer les comportements contraires à l’éthique représentent un
    outil légitime de gestion éthique dans les pays anglo-saxons. Rendue
    obligatoire par des lois aux États-Unis et au Royaume-Uni, « la
    dénonciation est considérée comme un acte normal de tout bon salarié,
    1car elle est utile à l’entreprise et assainit le business » . Or, en France,
    les systèmes d’alerte éthique rencontrent de nombreuses résistances
    culturelles. Ils sont perçus comme contraires aux valeurs morales et
    évoquent le souvenir de campagnes de délation sous l’Occupation.
    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a
    refusé en mai 2005 d’autoriser les recours à ces dispositifs, créant
    ainsi une situation paradoxale pour les entreprises présentes des
    deux côtés de l’Atlantique. Même si la Cnil a revu sa position en
    novembre 2005, la transposition des systèmes d’alerte en France
    reste problématique : elle « serait le signe, aux yeux des citoyens, de la
    carence des institutions représentatives du personnel, des
    administra2tions et juridictions de droit commun » .
    Largement influencées par les normes et valeurs sociales, les
    entreprises évoluent à l’image de la société. Leur modèle de
    fonctionnement et les modes de management se transforment en suivant les
    nouvelles tendances sociales. Ainsi, les psychologues et les historiens
    font leur apparition dans le monde des entreprises pour répondre au
    besoin de repères des salariés ; les sociologues aident à la conception
    des produits pour prendre en compte les usages sociaux innovants et
    les graphologues participent aux recrutements pour anticiper les
    er1. BOUILLIN (Arnaud), « Les cadres se rebiffent », L’Express du 1 mars 2004.
    2. Union locale CGT-FO Les Ulis, « Les systèmes d’alerte éthique », 10 mars 2006
    (dossier en ligne : http://unionlocalecgt-folesulis.hautetfort.com/archive/2006/
    03/10/les-systemes-d-alerte-ethique-dossier.html).
    © Groupe Eyrolles

    • Accueil Accueil
    • Univers Univers
    • Ebooks Ebooks
    • Livres audio Livres audio
    • Presse Presse
    • BD BD
    • Documents Documents