Renault - Nissan - Mitsubishi de l Alliance  à la mésalliance
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Renault - Nissan - Mitsubishi de l'Alliance à la mésalliance , livre ebook

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Description


Qu'elle était belle l'Alliance Renault-Nissan




Vénéré comme un dieu, là-bas, au pays du Soleil Levant, star du show-business, ici, à Davos Monsieur Carlos Ghosn est aujourd’hui relégué au banc des infamies. Figure emblématique du capitalisme, dans la grandeur comme dans la déchéance, il régna sur un empire, aujourd’hui son public est celui des prétoires. Tout cela ne serait qu’une mauvaise farce si l’identité de Renault n’était en jeu et avec elle l’avenir de la construction automobile en France.


Un témoignage sur les années Ghosn pour comprendre les raisons d’un échec qui est non seulement celui d’un homme, mais avant tout celui d’un système. Derrière les faits de malversations reprochés, il y a une réalité. Le déséquilibre avéré entre les deux partenaires de l’alliance Renault-Nissan au détriment du constructeur français est le produit de la stratégie de Carlos Ghosn. Cette politique a été rendue possible grâce à la neutralité bienveillante de l’État actionnaire et à un conseil d’administration inexistant.



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EAN13 9782381531793
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Renault & Nissan-Mitsubishi  
de l’Alliance à la mésalliance
 
récit d’une sortie de route
 
Essai
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu'ils produisent à la demande et pour le compte d'un auteur ou d'un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
 
CLAUDE PATFOORT
 
 
de l’Alliance à la mésalliance
 
récit d’une sortie de route
 

 
 
 
 

De l’Alliance à la mésalliance
 
récit d’une sortie de route
 

 
 
 
Un dirigeant doit être une personnalité intègre, aussi exigeante dans l’exécution de ses propres actions que dans celles des autres.
 
Carlos Ghosn « 24 leçons de management 1 ».
 
De l’Alliance à la mésalliance
 
 
récit d’une sortie de route
 
 
 
 
 
 
 
ESSAI
 
L'essai est un genre argumentatif qui parle de la réalité et rejette la fiction. Il répond à une ambition modeste, ne prétendant pas, comme le traité, épuiser la totalité du sujet, mais seulement en donner un éclairage subjectif et partiel. En principe, l'essai n'a pas vocation à être polémique, même si, dans la pratique, certains essais s'opposent violemment à des personnes ou à des idées qu'ils dénoncent. Dans tous les cas, il présente une opinion sur un sujet donné, étayée à l'aide d'arguments et d'exemples » 2 .
Une farce tragique
 
 
 

 
 
Vénéré comme un dieu, là-bas, au pays du Soleil Levant, star du show-business, ici, à Davos Monsieur Carlos GHOSN est aujourd’hui relégué au banc des infamies.
 
Figure emblématique du capitalisme, il régna sur un empire. Aujourd’hui son public est celui des prétoires.
 
Tout cela ne serait qu’une mauvaise farce si l’identité de Renault n’était en jeu et avec elle l’avenir de la construction automobile en France.


C’était le temps d’une gloire bruyante…
 

 
Le départ précipité, de Monsieur Ghosn du Japon ne change pas fondamentalement l’énoncé du problème : Renault, la marque d’un constructeur automobile ou Renault une marque parmi des marques ? Là se situent l’enjeu et la finalité que cet essai cherche à éclairer !
 
Quoique l’on pense du système judiciaire japonais, son intervention, contestable, dans une guerre commerciale, a mis à jour des dysfonctionnements au sein de l’Alliance. Cette intrusion a le mérite d’obliger Renault à regarder en face une réalité que cette entreprise ne voulait, et ne veut toujours, pas voir.
PLAN DU LIVRE
 
 
 
Cet essai est un récit des années de la gouvernance de l’Alliance Renault-Nissan par Monsieur Carlos Ghosn. Précisément la période allant de 2005, année de sa nomination comme PDG de Renault au 19 novembre 2018, « le début de la fin ». Après cette date, les turbulences qui secouent l’Alliance, laissent ouvertes toutes les options.
 
Ces mois qui virent le destin du PDG tomber vers le néant sont revus sous deux angles complémentaires.
 
Le premier revient sur les différentes étapes qui précédèrent la mise en place des fonctions communes. Pour décrire cette période le texte, «  Renault, une fin annoncée  » écrit en 2014 déposé sur le site RENEW-SRTA, en 2015 est mis à contribution.
 
La seconde approche reprend les articles écrits durant la période considérée pour alimenter mon blog RENEW-SRTA.
 
 
La pomme de la discorde
 
 
PRÉFACE
En 2012, militant à la CFDT RENAULT j’ai apporté ma contribution à la rédaction de l’ouvrage collectif «  RENAULT en DANGER  » que ce syndicat a publié chez l’Harmattan. Ce livre faisait suite à une réflexion de l’Inter CFDT Renault sur les problématiques liées à l’automobile avec un focus sur la gouvernance de Monsieur Carlos Ghosn et les dérives d’un pouvoir « autocrate » .
 
Comme souvent dans les organisations politiques les changements de personnes entrainent des priorités différentes. Ce dossier n’eut pas de suite.
 
À défaut d’une expression collective, en 2015, je mettais en ligne un document dont l’objectif était de dresser un état des lieux et l’évolution du constructeur national à travers l’Alliance ; son titre : «  RENAULT UNE FIN ANNONCÉE » est suffisamment évocateur pour qu’on en comprenne le sens.
 
Puis j’ai tenu un blog pour partager ma conviction que la stratégie de Carlos Ghosn n’était pas la solution pour Renault. Les articles écrits à cette occasion se retrouvent sur mon site RENEW SRTA . Rédigés au fur et à mesure des évènements, voire par anticipation, ils forment la colonne vertébrale de ce livre 3 .
 
Ce livre est basé sur ces articles mis en ligne sur mon blog RENEW-SRTA avant le 19 novembre 2018, date à laquelle l’État japonais « libéra », en quelque sorte, Monsieur Carlos Ghosn de ses obligations. Lorsque j’ai démarré sa rédaction, « l’affaire Ghosn » en était à ses débuts.
 
Il aurait dû être écrit par un collectif. Le changement de responsables, évoqué plus haut, mais surtout un différend sur la gouvernance du dit Carlos Ghosn aura eu raison de ma collaboration épistolaire avec mon syndicat. Le lecteur aura compris que mon appartenance à la CFDT Renault n’aura pas été sans incidence sur les 40 années passées avec le losange ; d’abord à Billancourt puis à Guyancourt.
 
Une précision
 
Ce texte n’est pas une diatribe dirigée contre la société Nissan et ses salariés. Par la force des évènements, le constructeur japonais est largement cité, mais sans acrimonie ni animosité. J’espère sur ce point, au moins, rencontrer l’assentiment du lecteur.
 
PRÉAMBULE : « ET LA PAROLE FUT »
En 1999, en proie à de graves difficultés financières le constructeur automobile japonais, Nissan, est sauvé de la faillite par un concurrent français, la Régie Nationale des Usines Renault. Le 27 mars, de cette même année, Monsieur Louis Schweitzer alors PDG de Renault signait un accord avec son homologue de Nissan qui scellait une union entre les deux entreprises laquelle prendra le nom d’Alliance.
 
Cet essai raconte l’histoire d’une esbroufe construite autour d’une idée, vendue à la terre entière. Cette idée est la suivante :
 
«  L’Alliance Renault – Nissan est un partenariat stratégique formé par les deux entreprises de taille internationale, Renault et Nissan, liées par des participations croisées de capital. Bien qu’elles soient des entreprises autonomes, avec identités et cultures de marques différentes, les deux constructeurs ont mis en place une plateforme commune de travail et une stratégie cohérente, afin de favoriser le développement technologique et l’expansion du réseau commercial au niveau mondial 4  » .
 
S’il a fait illusion au début de l’accord, ce principe a servi d’alibi pour nous faire croire que :
 
«  Renault et Nissan ont choisi d’édifier ensemble une Alliance d’un type unique, composée de deux entreprises distinctes liées par une communauté d’intérêts et unies pour la performance. Les mécanismes de l’Alliance ont été conçus pour veiller au maintien des identités de marque et au respect de la culture de chacune des deux entreprises  » 5 .
 
La réalité est tout autre. Vingt ans après la célébration de leur union, les deux groupes en sont à devoir redéfinir un cadre juridique à une alliance qui pour reprendre un slogan publicitaire a tout d’une fusion.   Une fusion des plus classiques, avec ses avantages et ses inconvénients. Une fusion de celles dont on nous disait que jamais, au grand jamais, elle ne concernerait de près ou de loin l’Alliance.
 
Jusqu’à la mise hors-jeu de Carlos Ghosn, rares étaient, parmi ceux dont la profession est d’informer, les audacieux ou les inconscients, qui se risquaient à critiquer sa gouvernance. Certes, tous les ans à pareille époque, lors de l’assemblée générale des actionnaires son salaire était-il remis en cause, mais cela tenait plus du rituel. L’affaire des espions 6 n’eut pas droit à un meilleur traitement. Pourtant, la Morale, elle, exigeait que, que dans ce cas le PDG de Renault Nissan mette son mandat en jeu . Mais ici comme dans d’autres occasions, le pouvoir politique, en phase avec une grande partie de l’opinion publique, au nom du réalisme économique en jugea autrement.
Le prédécesseur de Carlos Ghosn, Louis Schweitzer le PDG qui signa l’accord du 27 mars 1999 en fera, un jour le constat : le projet d’une alliance binationale n’a pas dépassé le stade du PowerPoint. Il n’a, selon moi, que très peu été appliqué pour ne pas dire jamais. La seule utilité que je lui accorde est d’avoir servi de « feuille de vigne » à une fusion qui ne dit pas son nom. Le lecteur pourra constater sur pièce cette affirmation. Ce qui sera relativement aisé la direction n’élude d’ailleurs pas ce fait.
 
Plus délicate la réponse à cette affirmation, qui revient inlassablement : «  Peut-on affirmer que Carlos Ghosn a privilégié le constructeur automobile nippon au sein de l’Alliance Renault-Nissan  ? » écrit la Tribune sur son site internet du 21 janvier 2012.
 
Pour l’auteur de ces lignes, la réponse est positive. Le problème est bien sûr de passer du sentiment à la certitude, avec toujours une part d’incertitude (sic). Le premier champ à retourner a pour nom « déséquilibre ». Comprendre pourquoi, alors que, à la signature, les deux groupes produisaient un nombre sensiblement identique de véhicules, vingt ans après le Japonais en vend 40% de plus que le Français. Ceci mérite évidemment de s’y arrêter d’autant plus que ce décalage, qui est réel, pollue les rapports entre les deux constructeurs au point qu’il sert d’argument à une remise en cause des pouvoirs au sein de l’Alliance.
 
Ensuite comment ne pas aborder cette journée du 19 novembre 2018 qui a vu Carlos Ghosn interpelé par les autorités financières nippones pour des écritures non conformes ? Ce qui pouvait être, dans d’autres circonstances, voire sous d’autres cieux, péché véniel, lui ouvrit les portes de l’enfer. Depuis lors, l’ex PDG est confronté au système judiciaire japonais peu sensible à la qualité de son client. Et tel un volcan qui se réveille, l’Alliance est le siège de turbulences qui mettent en cause son existence . Comme souvent en pareille situation, progressivement les langues se sont déliées. L’Alliance que les services de communication des deux sociétés présentaient comme un conte de fées se montre depuis lors sous un jour très différent, bien loin de l’image d’Épinal et des discours officiels. Il était prévisible que le retrait de Monsieur Ghosn provoque des soubresauts au sein du couple Renault -Nissan de là, à provoquer la déflagration du modèle !
 
Il aura fallu l’intervention du chef de l’État français pour recadrer un débat qui, inéluctablement, prenait la forme d’une grenade dégoupillée. Le Président de la République Monsieur Emmanuel Macron en déplacement au Japon, le 26 juin 2019, s’est exprimé sur une reconfiguration des participations croisées entre les trois constructeurs de l’Alliance Renault & Nissan-Mitsubishi, réclamée par la composante asiatique, précisant : «  Rien ne justifie que l'on vienne changer les participations croisées, les règles de gouvernance et, a fortiori, la participation de l'État dans Renault qui n'a rien à voir avec Nissan ? ». Cette intervention du Président de la République est venue clore, provisoirement, une période mouvementée. Le fait que depuis 2017 les résultats de Nissan régressent a certainement contribué à calmer les ardeurs belliqueuses des alliés de Renault.
 
 
 
Ce qui nous amène au troisième volet, où va «  l’Alliance de Renault et de Nissan  ? ». Comment expliquer l’échec car c’est bien le mot qui convient pour traduire la situation de l’Alliance Renault Nissan depuis le 19 novembre 2018 ? Si effectivement l’arrestation de Monsieur Ghosn, ce vendredi-là, pour être entendu par les services fiscaux japonais était en soi un évènement qui pouvait imaginer qu’elle engendrerait un tsunami qui bousculerait l’Alliance ? La rapidité avec laquelle l’Alliance Renault & Nissan-Mitsubishi s’est désagrégée, depuis l’arrestation de son PDG a de quoi en surprendre plus d’un, en particulier ceux qui ne voulaient pas voir...
 
Sur le fond la destitution de Monsieur Ghosn ne fait que remettre au grand jour un problème que les signataires de l’accord du 27 mars 1999 n’ont pas résolu ou plus exactement ont esquivé et sur lequel lui-même a buté : qui de Nissan ou de Renault a le leadership de leur union, quelle que soit sa définition ?
 
D’une certaine façon, ce qui arrive à Carlos Ghosn est une chance pour Renault ! Si les choses étaient restées en l’état, tôt ou tard les pendules auraient été remises à l’heure avec la crainte pour Billancourt, l’espoir pour Yokohama, que l’Alliance reste bloquée sur le fuseau horaire de Tokyo.
 
Et maintenant ?
 
Il y a-t-il un lien entre la gouvernance de l’Alliance par Monsieur Carlos Ghosn et les accusations de malversations dont il est l’objet ? Dans quel sens ? La gestion de l’Alliance Renault Nissan a-t-elle été « contaminée » par les frasques prêtées à Monsieur Ghosn ? Ou ces facilités ont-elles eu une incidence sur l’Alliance ? Autrement écrit, la gouvernance des deux groupes a-t-elle été impactée par la générosité dont aurait bénéficié l’ex-PDG des deux marques, pour les remboursements de ses « frais divers » et « autres accessoires » de salaire » ? Sous une autre forme, l’un des deux partenaires de l’Alliance a-t-il été privilégié et donc l’autre discriminé ?
 
Difficile de ne pas imaginer que d’une façon ou d’une autre, à un niveau ou à un autre l’entourage proche de l’une et l’autre entreprise « ne savait pas »
 
Il ne serait pas inintéressant d’en savoir un peu plus sur les tenants et aboutissants qui ont conduit Carlos Ghosn en prison. Qui connaît les raisons pour lesquelles a été programmée l’élimination du PDG ? Règlement de comptes entre deux égos, effluve nationaliste, volonté de stopper une fusion annoncée ou des employés écœurés par des pratiques plus que douteuses ? Ce domaine n’est pas le nôtre, c’est celui de la justice. Le risque existe que le bilan de la gouvernance de C. Ghosn passe « à la trappe ».
 
Curieusement cette réflexion laisse indifférente la nouvelle direction de Renault mais aussi les « autorités compétentes ». Ce que nous recherchons ici ce n’est pas tant de savoir si les accusations de malversation portées à l’encontre de Monsieur Ghosn sont exactes ou non : d’autres feront cela bien mieux. Mon objectif premier est de mettre en évidence le fonctionnement de l’Alliance en regard de l’accord du 27 mars 1999, date de la création de l’Alliance.
 
 
Je veux partager ma certitude sur deux points :
 

a)  L’Alliance entre Renault et Nissan est un leurre,
 

b)  Carlos Ghosn a privilégié le constructeur automobile nippon.
 
L’affaire Carlos Ghosn n’est pas simplement un détournement, c’est surtout la mise en cause d’un système. D’autres acteurs sont comptables . Les événements récents de suppressions ou délocalisations d’usines rendent impératif le besoin de comprendre les causes de ce qui nous apparaît comme la « fin annoncée » de ce qui aura été l’un des plus beaux fleurons industriels français. 
 
L'Alliance a-t-elle encore une raison d’être ?
 
Cette question est au centre des relations entre les partenaires de l’Alliance. L’avenir n’est pas écrit. Il est donc délicat de faire un pronostic sur ce qu’il adviendra de leur coopération. Toutefois il est clair que les relations entre les principaux protagonistes de l’Alliance Renault et Nissan-Mitsubishi sont, c’est un euphémisme, plutôt tendues. La perception qu’ont les deux sociétés, de leur union apparaît nettement aux antipodes l’une de l’autre. Malgré ce climat de méfiance, une « belle » unanimité demeure, en surface, quant à la poursuite de l’Alliance. Ce soutien ne se limite pas aux deux constructeurs. Les pouvoirs publics, aussi bien français que Japonais, ont rappelé leur attachement à un bon fonctionnement de cette Alliance. Mais de quelle Alliance parle-t-on ? Un avenir est-il encore possible pour le couple Renault-Nissan alors que leurs relations se sont fortement dégradées en quelques semaines ?
 
Aujourd’hui, les rapports de Carlos Ghosn avec Renault et Nissan sont passées à la rubrique des faits divers. Il faut le reconnaitre si la « révélation », des indélicatesses prêtées à Monsieur Ghosn, mais qui restent à prouver, m’a étonné, c’est avant tout pour leur montant et surtout par le fait que leur découverte provienne de Nissan et non de Renault.
 
Dès octobre 2012 je m’inquiétais pour le sort du constructeur de Billancourt, Q uel avenir pour Renault en France avec Monsieur Carlos Ghosn ? » sera le fil conducteur de mes articles.
 
La gouvernance de Carlos Ghosn peut être divisée en deux temps, clairement distincts puisque ce qui les sépare est le mois de janvier 2014 avec la mise en place des fonctions communes aux deux entités. Ce qui conduira à la fusion des appareils industriels de deux partenaires de l’Alliance. Cette période s’achèvera le 19 novembre 2018, avec son arrestation par les autorités judiciaires japonaises.
 
Il y aura un avant et un après 19 novembre 2018

SVP : DE QUOI-PARLONS-NOUS  ?
 
Il faut toujours se souvenir d’où l’on vient
 
A la veille de la signature de l’accord du 27 mars 1999, conclu avec Renault, Nissan était en faillite. Avec une dette de plusieurs milliards de dollars, c’était le constructeur le plus endetté au monde à cette époque, «  et ses résultats étaient minables, passez-moi l’expression, comparés à Toyota ou Honda et ce non pas sur une seule année, mais sur dix ans  » dixit Carlos Ghosn.
Des actions sans droit de vote
De la construction de l’Alliance on ne peut séparer son montage financier ; lequel repose sur le principe des participations croisées. À ce titre, Renault possède 44,3% du capital de Nissan et inversement le Japonais 15% de son allié sans droit de vote. Compte tenu du brouillard qui entoure la nullité du droit de vote des actions Renault détenues par Nissan, un rappel de la réglementation est bien utile.
Au nom de la loi .
 
Le code de commerce (article L. 233-29) interdit à une société par actions de posséder des actions d’une autre société du même type dès lors que cette seconde société détient déjà une fraction supérieure à 10 % du capital de la première.
 
À défaut d’accord, entre les sociétés intéressées, pour régulariser la situation, celle qui détient la fraction la plus faible du capital de l’autre doit aliéner son investissement. C'est ce qu'on appelle parfois l'interdiction de l'autocontrôle direct. Si les 15% des actions de Renault détenues par Nissan s'accompagnent d'une privation de l'exercice des droits de vote, c’est donc conformément à la législation en vigueur.


Maison mère et filiale : qui est qui  ?

Article L233-3 du code du commerce « Toute personne, physique ou morale, est considérée... comme en contrôlant une autre (est présumée exercer ce contrôle) lorsqu'elle dispose directement ou indirectement, d'une fraction des droits de vote supérieure à 40 % et qu'aucun autre associé ou actionnaire ne détient directement ou indirectement une fraction supérieure à la sienne ».

Actionnariat de Nissan .


source site zone bourse le 20 décembre 2019 ;

Cette définition ne laisse place à aucun suspense. Sauf erreur le premier actionnaire de Nissan s’appelle Renault avec 43,4% du capital. Et de fait si les mots ont un sens la société française contrôle son homologue japonaise qui sauf erreur est sa filiale. Manifestement ce constat ne fait pas l’unanimité.

Tokyo ou Paris : quelle juridiction ?
Pour quelle raison est-il fait état d’une possible application, en cas de désaccord, du droit juridique japonais ? Nous avons posé la question dans le cadre de l’AG des actionnaires du 29 avril 2016.
Il a été répondu « En cas de désaccord entre les parties, les juridictions compétentes sont les juridictions françaises »
Audit 2019
Réponse à une question écrite déposée dans le cadre de l’AG des actionnaires du 19 juin 2020.
Suite à l’arrestation de M. Carlos Ghosn au Japon le 19 novembre 2018, il a été procédé à des vérifications internes afin de rechercher s’il existait au sein du groupe Renault des faits similaires à ceux qui lui sont reprochés par les autorités judiciaires japonaises. Ces vérifications ont porté sur les rémunérations et avantages de toute nature du Président-Directeur général et des membres du Comité exécutif Groupe, et sur les dépenses de la présidence et de la Direction générale, Par ailleurs, en janvier 2019, Renault et Nissan ont initié une mission d’audit conjoint sur la société Renault-Nissan bd (RNBV). Les conclusions définitives de la mission ont été communiquées au Conseil d’administration, le 4 juin 2019 et le rapport final d’audit a été remis le 11 juillet 2019. Ces conclusions ont confirmé les questionnements que suscitent un certain nombre de dépenses engagées par RNBV pour un montant total de l’ordre de 11 millions d’euros ; au détriment du constructeur national.
L’audit n’a, donc, été diligenté que sur d’éventuelles malversations financières et non sur la gouvernance du groupe voire de l’Alliance. Pourtant et nous nous attellerons à le mettre en évidence, le management de Monsieur Ghosn n’est pas exempt de tout reproche, en particulier vis-à-vis de Renault. Cette échappatoire évite de mettre Nissan en porte-à-faux. Mais paradoxalement ce faisant, l’impression qui prédomine est que cela absout l’ancien PDG dans sa gouvernance et lui évite de rendre des comptes sur ce point.

UNE ALLIANCE EN CONSTRUCTION
 
 
 
 
 
 
 
 

 


QUELLE ALLIANCE ?
Dans la communication de l’entreprise, l’ambiguïté est (volontairement ?) entretenue dans l’utilisation du mot « alliance ». Systématiquement et quel que soit le support : web, papier, etc. c’est sous l’identité et au nom de « l’Alliance » qu’est faite l’information et développée la stratégie de Renault.
 
Cet amalgame entretient la confusion autour du mot alliance égale partenariat et Alliance égale union de deux groupes. Cette présentation valorise l’Alliance en lui attribuant les résultats réalisés conjointement par Renault et Nissan. Cette rédaction laisse croire que l’Alliance est une entité économique en capacité de fabriquer et de vendre des voitures, au nom des deux constructeurs. Ainsi, l’Alliance a les apparences et les attributs d’une société, ce qu’elle n’est pas.
 
De l’Alliance partenaire à l’union industrielle
 
Le mot alliance qui qualifiait l’union de deux constructeurs et « la collaboration stratégique pluriculturelle de deux sociétés distinctes l’une de l’autre » suite à l’accord du 27 mars 1999 désigne maintenant la consolidation des deux sociétés dans une entité qui reste théorique. Ce montage n’a aucune valeur juridique. Renault et Nissan ont des bilans séparés. Mais il faut reconnaître que cet abus de langage est un argument de poids dans le formatage des esprits. Pendant des années la communication autour de l’Alliance aura permis de masquer les mauvais résultats du groupe français. Initialement signé pour être un partenariat équilibré dans lequel les deux groupes évolueraient de concert, l’affichage aura vite tourné à l’avantage du constructeur japonais.
 
La gouvernance (avant 2019 ndlr 7 ) de l’Alliance se fait à travers une filiale, néerlandaise, RNBV qui comprend en son sein le Directoire de l’Alliance. Dans les faits, c’est RNBV, affranchie de toute contrainte envers les deux constructeurs qui via le Directoire de l’Alliance impulse et coordonne les relations entre les deux groupes. Ce qui a conduit à créer sous couvert d’une alliance un outil industriel et technique en lieu et place de celui des deux constructeurs : les deux groupes sont délestés de leur outil de travail transféré vers l’Alliance. Les rapports entre les deux parties sont du type client-fournisseur.
 
Toujours est-il que l’Alliance se substitue aux deux groupes et que la communication de l’entreprise lui attribue :
 

a) La gestion des actifs des deux constructeurs, dans ce cadre, les deux constructeurs restent, jusqu’à nouvel ordre, propriétaires de leurs actifs. Mais l’usufruit en est laissé à RNBV.
 

b) Des sites industriels : l’usine de Chennai en Inde,
 

c) Acquiert une légitimité juridique : l’Alliance représente Renault et Nissan.
 
 
 
Ainsi, pour les 15 ans de la signature de l’accord initial :
 

 
Cet amalgame se retrouve dans l e « document de référence » édité pour l’Assemblée Générale. Il valorise l’Alliance en lui attribuant les résultats réalisés par Renault et Nissan. C’est le cas lorsqu’il est écrit : « ... l’Alliance a vendu un volume record... » ou encore les « sites manufacturiers de l’Alliance appuient l’expansion de Renault et de Nissan dans le monde ».
Cette rédaction laisse croire que l’Alliance est une entité économique en capacité de fabriquer et de vendre des voitures, au nom des deux constructeurs.
 
L’Alliance prend alors les apparences et les attributs d’une société, ce qu’elle n’est pas :
 
 
« Grâce à l’Alliance, Renault peut partager les frais de développement de nouvelles technologies avec son partenaire Nissan
 
Autre curiosité l’annonce de la création d’un nouveau groupe :
 
«  Concernant la technologie zéro émission, l’Alliance est leader sur le segment des véhicules électriques, avec plus de 134 000 véhicules électriques vendus depuis le début de la commercialisation fin 2010, soit un chiffre supérieur au cumul des ventes de tous les principaux constructeurs automobiles réunis de ce segment ».
 
Aujourd’hui, le mot «  Alliance », chez Renault, recouvre donc des concepts différents 8  :  
1° L’alliance entre les deux constructeurs qui «  représente la collaboration stratégique pluriculturelle  » 9 suite à l’accord du 27 mars 1999
 
2° Le Directoire de l’Alliance (ABM Alliance Bocard) créé en 2002 « l’organe de gouvernance de l’Alliance, dont le siège se trouve à Amsterdam chez Renault-Nissan BV, société détenue à parts égales par les deux entreprises. Il est présidé par Carlos Ghosn, PDG de l’Alliance Renault-Nissan » 10 .
 
3° Le nouveau « Comité de direction de l’Alliance », annoncé le 17 mars 2014.  
 
4° Le terme «  Alliance » , jusqu’alors employé pour désigner un accord au sommet, s’applique maintenant à la gestion opérationnelle des deux constructeurs, à partir de la filiale RNBV.
 
Une présentation des résultats trompeuse
 
« L’Alliance avec ses 10,6 millions de véhicules vendus dans le monde « devient le numéro 1 mondial en matière de ventes de véhicules particuliers et véhicules utilitaires légers... »  11 .
 
Sauf si cette annonce est le signe avant-coureur du rattachement des marques du « groupe Renault & Nissan-Mitsubishi » dans une seule et même division, cette affirmation n’a aucune justification pour présenter le bilan de Renault . On retrouve ici un cas concret de l’utilisation abusive de l’union des deux constructeurs, traitée par ailleurs.
Les puristes pourraient, d’ailleurs, nous faire remarquer que l’addition dans un même ensemble des ventes de Nissan avec celles de Renault va à l’encontre du discours officiel qui réfute toute idée de fusion. Cette pratique remet, également, en cause le dogme « d’ une Alliance d’un type unique, composée de deux entreprises distinctes 12 et selon lequel, «  en raison des particularités de l’Alliance... le patrimoine des deux groupes ne saurait être confondu...  » 13 …
 
La fête prévue pour les 20 ans de l’Alliance, qui devait introniser C. Ghosn, n’aura pas lieu. L’union des deux constructeurs qui prétendaient donner des leçons de management s’est « crashée » sur le mur des réalités.
 
Bien évidemment il est facile de désigner Carlos Ghosn comme le responsable de ce qui s’annoncerait (gardons par optimisme le conditionnel) être un désastre industriel doublé d’une escroquerie financière, à moins que ce ne soit l’inverse ! Cette éventualité est trop souvent esquivée, mais j’ai personnellement l’intime conviction que, ce qui est reproché au PDG de Nissan et qui lui vaut des mises en examen pour abus de biens sociaux par les Japonais trouve son corollaire en matière de gouvernement d’entreprise cette fois au détriment de Renault.
 
Pour mémoire, ce qui est dit ici concerne une époque en principe révolue
 
FUSION & ALLIANCE
 
L’union entre les deux constructeurs automobiles Nissan et Renault a pris la forme d’une alliance-stratégique. Il n’est pas inutile de préciser ce que cette notion recouvre. Je reprends à dessein les deux définitions citées dans le préambule :
 
«  L’alliance Renault – Nissan est un partenariat stratégique formé par les deux entreprises de taille internationale, Renault et Nissan, liées par des participations croisées de capital. Bien qu’elles soient des entreprises autonomes, avec identités et cultures de marques différentes, les deux constructeurs ont mis en place une plateforme commune de travail et une stratégie cohérente, afin de favoriser le développement technologique et l’expansion du réseau commercial au niveau mondial 14 » .
 
« Renault et Nissan ont choisi d’édifier ensemble une alliance d’un type unique, composée de deux entreprises distinctes liées par une communauté d’intérêts et unies pour la performance. Les mécanismes de l’Alliance ont été conçus pour veiller au maintien des identités de marque et au respect de la culture de chacune des deux entreprises ». 15
 
 
Les fusions-acquisitions 16
 
Les fusions-acquisitions sont des opérations de regroupement ou de prises de contrôle d’entreprises cibles réalisées par l’intermédiaire d’un achat ou d’un échange d’actions. Elles modifient le contrôle et l’indépendance de la firme.
 
Les alliances stratégiques
 
Les alliances interviennent lorsque deux ou plusieurs entreprises décident d’unir leurs forces pour mener à bien un ou plusieurs projets majeurs et qu’elles ne peuvent assumer toutes seules. Elles se définissent comme des accords explicites établis dans une perspective de plus ou moins longue durée, par lesquels des entreprises partagent, combinent ou échangent des moyens en vue de mener à bien un projet ou une activité spécifique afin de bâtir et maintenir des avantages compétitifs plutôt que : de fusionner entre elles ou de procéder à des cessions ou acquisitions d'activités.
 
Il y a alliance, à partir du moment où deux ou plusieurs entreprises jouent sur leur complémentarité pour coordonner leurs stratégies. Étant donné son caractère contractuel, l’alliance n’aboutit pas à la création d’une entreprise. Les entreprises qui s'allient s'engagent dans une gestion conjointe et assument ensemble les risques tout en restant autonomes et juridiquement
 
indépendantes sur leurs activités qui ne rentrent pas dans le champ de l’alliance.
 
Les caractéristiques d’une alliance stratégique
Une alliance stratégique est principalement caractérisée par l’existence d’une certaine concurrence , au moins potentielle entre les entreprises ayant affirmé leur volonté de coopérer
 
Elle peut se décrire par les caractéristiques suivantes :    

-  Les partenaires partagent la prise de décision et la responsabilité.
-  Les partenaires conservent chacun des activités hors du partenariat.
-  Les entreprises alliées gardent leur autonomie.
-  Les alliés contribuent au projet commun en y apportant leurs ressources de manière continue.
-  Les apports de chaque partenaire sont constamment négociés.
-  Le projet commun ne peut pas être découpé en sous-unités indépendantes.
 
Les alliances, n’étant pas irrévocables, autorisent un certain degré de réversibilité des décisions stratégiques.
Par ces alliances les entreprises développent, produisent et commercialisent un produit commun (à la différence des cointégrations où la collaboration porte uniquement sur les composants de produits finis). Les participations de chaque allié doivent être équivalentes en matière d'actifs ou de compétences (usines, réseaux commerciaux...).
Limites et facteurs clés de succès de l’alliance
 
Les conflits d'intérêts sont souvent sources de difficultés au sein de l'alliance. Cela peut se présenter dans deux situations.
 

a)  Lorsque le produit commun entre en concurrence directe avec d'autres produits développés séparément par un ou plusieurs alliés.
 

b)  Lorsque les membres hésitent à partager certaines découvertes et innovations.
 
Un autre problème spécifique est la perte de compétence technologique et commerciale pour chaque allié, ce qui va bien évidemment à l'encontre des objectifs recherchés, il existe le risque qu'un membre décide de quitter l'alliance...... non maitrisé ce système d'organisation peut faire perdre aux partenaires tout contrôle direct sur les activités mises en commun...
 
Les raisons d’échec des alliances stratégiques
 
La différence culturelle est un inconvénient qui apparaît le plus critique, les risques de conflit d’ordre culturel, peut résulter de quatre causes :
 
Des différences de style de management entre grandes et petites entreprises ;
 
Des différences entre les styles de management appropriés à des produits ou marchés selon leur cycle de vie ;
 
Des différences de culture des affaires d’un pays à l’autre, à cet égard par exemple, entre les pays occidentaux et le Japon il y a une grande différence des styles de direction et de culture d’entreprise ;
 
Des différences entre les styles de management adoptés par chacune des entreprises.
 
Conclusion
 
La gestion d’une alliance s’opère dans la durée, dès lors que la vision stratégique est l’option choisie. Il reste à voir, comment y parvenir. Les alliances stratégiques constituent un levier important pour la compétitivité et le développement des firmes, mais leur taux d’échec demeure important.
 
Dans le cas de l’Alliance ce que nous considérons être un échec est dû pour l’essentiel à un refus pour les deux parties de s’entendre sur le leadership de leur entente.
 
RETOUR AUX SOURCES
La situation dans laquelle se trouve, aujourd’hui (en 2019 ndlr), l’Alliance, était prévisible si ce n’est dès son origine, au moins depuis l’annonce de la mise en place des fonctions convergées en 2014 avec le rapprochement des fonctions opérationnelles.
Évidemment, la position dans laquelle sont les deux sociétés depuis l’arrestation de l’ancien PDG des deux groupes, n’est pas ce qu’il y a de mieux. Les dégâts collatéraux engendrés à cette occasion n’arrangent pas les choses.
 
La négociation entre Renault et Nissan restera un cas d’école. Pour quelles raisons, les Français ont-ils, « mangé leur cravate » et tout accepté de leur challenger ? Curieusement c’est dans le même état d’esprit que Monsieur Senard, le successeur de C. Ghosn négociera la relance de l’alliance.
 
À partir de divers articles dont les premiers datent de 2012 je reviens sur les origines de l’Alliance. En m’appuyant sur des documents issus de sources proches de l’entreprise, ainsi que sur des études consacrées aux deux groupes.
 
Les difficultés actuelles que rencontre Renault dans sa relation avec Nissan complexifient la situation. Si à cela on ajoute la culture du secret érigée en dogme, on peut comprendre les difficultés pour le non averti de « rentrer » dans un système où le chef nous renvoie au patron de droit divin.
 
L’accord du 27 mars 1999
 
Ce texte est repris d’un écrit de 2014, mis sur le site RENEW – SRTA en avril 2015
 
Le 27 mars 1999 - Louis Schweitzer et Yoshikazu Hanawa, respectivement PDG de Renault et de Nissan, scellent l'Alliance des deux groupes, donnant ainsi naissance au 4e constructeur automobile mondiale (nous sommes en 2015 ndlr).
 
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