Travailler après 60 ans, c est possible !
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Description


Plus de 60% de cadres pensent qu'ils devront travailler après 60 ans. Cependant, ils envisagent ce moment avec beaucoup d'appréhension : travailler certes, mais y a-t-il du travail pour eux ?



Pourtant, il n'y a pas lieu de se résigner !



Beaucoup de personnes de plus de 60 ans travaillent et ne sont ni grands patrons, ni hommes politiques ou artistes connus.



Ce livre, alimenté par de nombreux entretiens auprès de seniors en activité et la recherche de leurs bonnes pratiques, propose des pistes concrètes afin d'aider le lecteur à concevoir et à mettre en oeuvre son projet.




  • Une vie professionnelle pour quoi faire ?


  • Les bonnes pratiques de ceux qui travaillent après 60 ans


  • Et vous dans tout ça ?


  • Et si votre employeur actuel était une mine d'or !


  • Les contours du projet


  • Lancement du projet


  • Annexes

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juillet 2011
Nombre de lectures 49
EAN13 9782212866865
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Agnès du Boullay
Travailler après 60 ans, c’est possible!
• Pourquoi faut-il anticiper ?
• Les bonnes pratiques à partager
• Les clés pour réussir son projet
Éditions Eyrolles 61, Bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de Copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles 2010 ISBN : 978-2-212-54639-2
Table des matières
Avant-propos
Introduction. Statistiques, perspectives et réalités pour les nouveaux sexagénaires
Les « happy boomers » n’ont pas le moral
Les charges des nouveaux sexagénaires… un sac à dos bien rempli !
Prise de conscience
La double contrainte
Quelques pistes
Partie 1. Une vie professionnelle pour quoi faire ?
1. Pour quelle(s) raison(s) travaillent-ils après 60 ans ?
La réelle nécessité financière
Le « bras plus long »
Le rôle et les liens sociaux
Parlez-moi d’amour
La recherche d’un équilibre personnel
2. Et vous, pourquoi envisagez-vous une vie professionnelle après 60 ans ?
Soyez clair sur les raisons de votre choix
Revisitez la pyramide de Maslow
Repérez vos motivations
Cigale ou fourmi, quels besoins financiers ?
Estimez et optimisez votre retraite
Faites un budget prévisionnel pour les trente ans à venir
Écrivez le vade-mecum de vos motivations

Partie 2. Les bonnes pratiques de ceux qui travaillent après 60 ans
3. « Connais-toi toi-même »
Un regard positif sur soi-même
Mais pas superman pour autant !
Une bonne estime de soi
4. Prends soin de toi
La santé on n’en parle pas… mais on s’en occupe !
Faire marcher les neurones
Respecter l’équilibre familial et personnel
5. De l’ouverture avant toute chose
Plus dans l’avenir que dans le passé
Vivre avec son temps
Réceptif aux autres générations
Jamais sans réseau
Apprendre toujours
Utiliser les technologies d’aujourd’hui
6. Quelques valeurs fortes
60 ans : c’est un âge facile
Rien sans plaisir
Être dans l’action et s’appuyer sur ce que l’on sait faire
Une bonne dose d’anticipation et de souplesse
Assumer ses choix
Voir le verre à moitié plein
Plutôt faire envie que pitié
Accepter l’effort
Ne jamais dételer ?
Partie 3. Et vous dans tout ça ?
7. Quelle est votre écologie personnelle ?
Qui veut aller loin
Que faites-vous de votre « monture » ?

Et la tête ?
Comment faites-vous travailler votre cerveau ?
La part de l’émotionnel
Bonnes pratiques et homéostasie
8. Prenez en compte votre situation familiale
Des enfants à la maison ?
Ciel, ma femme ! (mon mari !)
Comment rapprocher les attentes ?
Génération « sandwich »
9. Identifiez vos ressources profondes
Qu’est-ce qui vous fait courir dans la vie ?
10. Vos ressources professionnelles
Partez à la recherche de vos talents
Misez sur vos réussites !
Faites le tri de vos savoirs
Et les nouvelles technologies dans tout ça ?
Faire le point
Vérifiez votre image professionnelle
Si on parlait de votre look ?
11. Où en est votre réseau ?
Quel est votre réseau ?
Comment nourrissez-vous votre réseau personnel ?
Il n’est jamais trop tard pour rejoindre des réseaux existants
12. Faire face aux interrogations, aux freins, aux craintes
Identifier et lever les doutes
Combattre les idées reçues
Mesurer l’effort et l’accepter

Partie 4. Et si votre actuel employeur était une mine d’or !
13. Vous êtes dans l’entreprise ? Restez-y !
Rester le plus longtemps possible : un bon calcul
L’herbe plus verte à côté ?
Pourquoi votre employeur pourrait vouloir vous garder ?
Quel senior en entreprise êtes-vous ?
Soyez incollable sur votre entreprise
Cultivez votre réseau interne
Développez votre visibilité
Recherchez le plaisir dans votre job
Ne ratez pas une occasion de vous former
Des évaluations pas bidon
Ne parlez jamais de votre âge
Les lamentations ne sont pas de mise
Rester dans l’entreprise après 65 ans ?
14. Votre vie avec votre entreprise ne s’arrête pas avec la liquidation de votre retraite
Que faire au sein de son ancienne entreprise ?
Préparez le terrain
Comment, à qui et quand en parler ?
Sous quel statut travailler avec votre ancienne entreprise ?
Soignez votre départ
Partie 5. Les contours du projet
15. N’attendez pas pour réfléchir
Pratiquez la « Sullenberger attitude »
Anticiper et préparer : l’art de la sérendipité
16. Définir le cadre
Plusieurs fers au feu dans le projet ?

Mettez de l’ordre dans vos projets
Utilisez le SWOT
Faites votre homework
Gardez-vous de la solitude
Le nez à la fenêtre
Passez à la vitesse supérieure
Prenez en compte les contraintes
La famille : s’en faire une alliée
17. Ouvrir le champ des possibles
Explorer la multi-activité ?
Ou alors un projet complètement différent ?
18. Existe-t-il des pistes privilégiées pour les seniors ?
Vive le conseil !
L’enseignement, une valeur sûre
Manager de transition
Partie 6. Lancement du projet
19. Avant de lancer le projet
Faire un business plan ?
N’hésitez pas à vous former !
Pour quelle rémunération ?
20. Choisir la bonne structure juridique
Revenir à l’objectif
Le régime salarié
Le portage salarial
Créer sa structure
Encore quelques clés en guise de conclusion
Votre temps vous appartient
Communiquez efficacement
Votre meilleur outil de développement : le réseau
Ayez toujours un coup d’avance !

Pour aller plus loin…
Annexes
Bibliographie
Ouvrages
Rapports et documents
Sites Internet
La loi Retraite 2010 – Ce qui se prépare
Les enjeux mesurés en quelques chiffres clés
Quel calendrier ?
Les solutions envisagées
Quatre outils
Outil 1 – Repérez vos motivations
Outil 2 – Qu’est-ce qui vous fait courir dans la vie ?
Outil 3 – À la recherche de vos talents ?
Outil 4 – L’histoire de ma vie
À la recherche d’une meilleure hygiène de vie
Connaissez-vous les examens médicaux recommandés à votre tranche d’âge ?
Les conseils d’alimentation pour rester en meilleure santé après 60 ans
Quelques histoires exemplaires
Histoire de Jacques
Histoire de Pierre
Histoire de Jeanne
Index
Avant-propos
L’idée de ce livre m’est venue de la conjonction de deux éléments : mon métier de consultante et l’environnement économique et social français d’aujourd’hui.
Après un long parcours en entreprise, j’accompagne depuis sept ans des cadres en recherche d’emploi. Bien souvent, il s’agit de seniors.
Je suis frappée de voir comme souvent après 55 ans, leur regard sur la vie professionnelle change : remise en cause profonde, découragement. Tout à coup ils font leurs comptes : encore quatre, cinq ou sept ans à « cotiser » avant de pouvoir « décrocher ». Fin des rêves, de l’envie, en tout cas dans la vie professionnelle. Et en même temps, croît l’inquiétude quand des charges importantes sont encore là, voire l’angoisse face au vide qu’ouvre le seuil de la soixantaine.
Mais je vois aussi des cadres se projeter, au-delà de cette fameuse soixantaine, dans des projets professionnels qui dépassent largement l’échéance de la retraite, et qui traversent ces moments de remise en cause avec beaucoup plus de confort.
Nous sommes dans une période de grande contradiction : les seniors doivent travailler – même probablement travailler plus longtemps et il y a certainement beaucoup de bonnes raisons à cela –, mais… où est le travail pour eux ? Comment le repérer ? Les attend-on seulement ? Des mesures réglementaires, des accords d’entreprises, une nouvelle loi sur les retraites suffiront-ils à changer la donne économique et sociale française ? Bien sûr que non !
Pourquoi faudrait-il se résigner à cette contradiction ?

Il y a pourtant des seniors qui travaillent après 60 ans et très longtemps au-delà ; pas seulement des hommes politiques, de grands journalistes ou des artistes célèbres, mais des gens comme vous et moi. J’ai voulu comprendre leurs raisons et pénétrer leurs valeurs, leurs attitudes, leurs motivations. Et bien entendu, la façon dont ils ont mené leur projet à terme.
Ce livre n’est absolument pas militant : il y a évidemment d’autres vies que la vie professionnelle après 60 ans. Beaucoup de personnes aspirent légitimement à s’arrêter de travailler parce qu’elles n’en peuvent plus (physiquement ou moralement), ou parce que le décalage entre leurs compétences et les attentes du monde du travail semble impossible à combler. Beaucoup d’autres aussi vivent une retraite heureuse, avec un bel équilibre personnel, et en plus contribuent avec efficacité à améliorer le monde autour d’eux.
Mon propos est simplement d’apporter un éclairage à ceux, nombreux, qui souhaitent et/ou doivent travailler après 60 ans, et qui, bien souvent, sont taraudés par cette question longtemps avant l’échéance ; de les aider à prendre conscience que c’est possible, et à repérer les bonnes clés du succès pour mettre en œuvre leur projet et trouver l’énergie pour s’y lancer.
Il ne sera jamais trop tôt pour y réfléchir.
Introduction
Statistiques, perspectives et réalités pour les nouveaux sexagénaires
Baby, papy, ou happy boomers, ou simplement boomers, aînés, seniors, vétérans, anciens, générations pivot, sandwich, prince Charles ou même shaker, période de la maturescence, retraités, personnes âgées, vieux… deux, trois ou quatre segments de population chez les seniors ? Tous les six mois, un nouveau nom pour eux, tandis que bientôt plus personne ne s’y retrouvera. La classification des seniors est devenue presque aussi compliquée que les multiples époques de la préhistoire dans les musées, qui ne commencent jamais au même moment ni ne recouvrent les mêmes périodes.
Je sais que ces nouvelles classifications rangent dans la catégorie des seniors les personnes âgées de tout juste 45 ans, qui ne sont guère qu’au milieu de leur vie et en pleine force de l’âge ! Je voudrais toutefois retenir ici une définition pour le mot senior tout au long de ce livre : il s’agit d’une personne qui dépasse soixante ans.
Économistes, sociologues, politiques et publicitaires, chacun se penche sur cette population dont on ne sait si elle sera l’un des piliers de la relance de notre économie par sa consommation, ou si elle la mettra définitivement dans une impasse par le poids de ses retraites. Comment s’y retrouver ?

Les « happy boomers » n’ont pas le moral
Happy boomers, voici un joli nom qui ne leur va pas si bien en ce moment car les boomers qui devraient prendre leur retraite dans les prochaines années sont inquiets. Et peut-être à juste titre…
Des retraites à la traîne
Si on le chuchotait il y a trente ans, voici quelques années qu’on le dit haut et fort : avec plus de 800 000 nouveaux retraités par an, nos régimes de retraite explosent quand, dans le même temps, le nombre d’actifs diminue de façon spectaculaire.
Depuis le Livre blanc du rapport Rocard sur la retraite en 1991, les réformes se sont succédé : réforme du régime général des retraites du secteur privé en 1993, réforme du régime spécial des retraites des fonctionnaires en 2003, réforme des régimes spéciaux en 2007, plan emploi senior et nouvelles dispositions dans la loi de sécurité sociale 2008/2009… Rien n’y fait : les déficits dramatiques et chroniques de nos régimes vieillesse s’accélèrent. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) tire la sonnette d’alarme chaque année dans son rapport, et ses dernières prévisions envisagent un déficit de 25 milliards d’euros en 2010 1 . En juin 2009, devant le Congrès réuni à Versailles, le président de la République a réintégré le sujet des retraites dans les priorités : « Avant juillet 2010, une solution devra être trouvée ! ». Et en février 2010, lors de la négociation de l’agenda avec les partenaires sociaux, il a, à nouveau, rappelé cette priorité pour l’année, donnant pour objectif le dépôt d’un projet de loi devant les deux Assemblées en septembre, « tout devant être mis sur la table » ; « tout » pouvant dire notamment l’âge de départ en retraite bien sûr, mais aussi la pénibilité du travail ou le rapprochement entre les régimes de retraite des fonctionnaires et ceux des salariés.

Chacun sait que ce problème va devoir être traité avec au moins trois leviers possibles : augmenter les recettes, cotiser plus longtemps, ou diminuer les prestations versées aux retraités. Et il est probable que, à plus ou moins court terme, les trois leviers seront utilisés 2 .
Il ne s’agit pas ici de prendre une position pour l’une ou l’autre des solutions envisagées, mais simplement de regarder de façon réaliste les conséquences sur la population senior.
Augmenter les recettes
Quatre actifs pour un retraité en 1960, 1,7 pour un aujourd’hui, et 1,3 pour un en 2030… Les chiffres sont malheureusement suffisamment parlants… l’accroissement des cotisations ne pourra être qu’un élément mineur de la recherche de l’équilibre des régimes de retraite… faute de cotisants !
Et même si un gouvernement voulait privilégier la récolte d’un argent disponible immédiatement auprès des actifs, toute mesure augmentant sensiblement les cotisations sera lourde de conséquences : sur la compétitivité de notre économie bien sûr, mais aussi sur la population des actifs qui, déjà aujourd’hui, supporte une pression fiscale et sociale très lourde et qui vivra de moins en moins bien d’être la seule à mettre la main à la poche.
D’autres pistes sont néanmoins étudiées par le gouvernement.
Retarder le départ en retraite
Il y a au moins deux façons d’allonger la durée des cotisations : en reculant l’âge légal de départ à la retraite, ou en allongeant de nombre d’annuités nécessaires.

Depuis quinze ans, les différentes législations ont déjà prolongé de manière significative le nombre d’années de cotisation nécessaires pour pouvoir liquider une retraite : elles sont passées de 150 trimestres en 1993, à 164 trimestres (41 ans) en 2012 3 .
Pour que la mesure soit suffisamment efficace il aurait fallu que l’augmentation du nombre d’années de cotisations demandées corresponde, dans la réalité, à une augmentation effective du nombre d’années travaillées. Ce qui n’a pas été le cas de manière suffisante, notamment parce que, en parallèle de cet allongement des durées de cotisation et jusqu’en 2004, le recours aux préretraites a été massif ; et depuis, le nombre de chômeurs seniors n’a cessé d’augmenter.
Mais jusqu’à maintenant, on n’a pas touché au seuil de 60 ans.
Mesure phare du premier mandat de François Mitterrand, la baisse de l’âge légal de la retraite de 65 à 60 ans a revêtu un caractère symbolique. On le sait, revenir sur cette mesure serait très impopulaire et les syndicats ont, jusqu’à aujourd’hui, tenu des positions très tranchées sur le sujet 4 . Ce sujet a fait largement débat lors des Rendez-vous retraite de 2009 (le Medef dans ses premières propositions ayant demandé que l’on repousse cet âge à 63,5 ans dès 2012 !).
Malgré son impopularité, il serait irréaliste de ne pas envisager que l’âge légal de la retraite soit repoussé en France, comme l’ont fait progressivement les autres États européens. En effet, tous les pays d’Europe sont confrontés, comme la France, au vieillissement de leur structure de population : trois personnes sur dix auront en Europe plus de 65 ans en 2050 !
Pour tenter de préserver l’équilibre de leur régime de retraite, nos voisins ont tous, depuis une dizaine d’années, progressivement relevé au-dessus de 60 ans le seuil de l’âge légal de départ à la retraite. Il est aujourd’hui à 65 ans en Allemagne 5 , Belgique, Espagne, Irlande, Italie 6 , aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Il atteint 67 ans au Danemark et en Islande.
La France n’a pas encore suivi le mouvement. Il paraît peu probable qu’un gouvernement ne s’engage pas dans cette voie prochainement.
Diminuer les prestations versées
Déjà depuis quinze ans, même si de manière absolue les pensions moyennes versées continuent d’augmenter (car les salaires et donc la base de calcul des prestations a augmenté), les pensions versées au moment du départ à la retraite ont commencé à diminuer en valeur relative. Inutile d’interroger longtemps les experts : la tendance ne va pas s’inverser, et les cadres notamment vont continuer de voir se creuser l’écart entre ce qu’ils percevaient en activité et leur indemnité de retraite.
Depuis 1993, plusieurs dispositions sont venues minorer le taux de remplacement (pourcentage de la retraite perçue comparée au dernier salaire), influant sur la retraite de base des salariés du privé 7 et spécialement le calcul de la retraite établi non plus sur les dix meilleures années de cotisation mais sur les vingt-cinq meilleures années. De leur côté, le rendement du point ayant diminué, les prestations versées par les caisses de retraite complémentaires ont également commencé à évoluer à la baisse.
Ainsi, à titre d’exemple, en 1993 lors d’un départ en retraite, un salarié du secteur privé percevait en taux de remplacement 8 68,4 % de son dernier salaire s’il était non-cadre, 64,37 % s’il était cadre, et 56,43 % s’il était cadre supérieur. En 2008, les taux sont respectivement de 62,69 %, 54,67 %, et 46,27 % 9 .
Il y a donc déjà, avant même que de nouvelles mesures soient prises, une diminution de fait de 9 à 10 % de la retraite potentielle d’un cadre 10 .
Les experts appelés à la rescousse travaillent sur de nouvelles mesures : parmi les dispositions envisagées à partir de 2010, on peut noter un nouvel allongement de la période de référence ou la diminution, voire la suppression progressive, de l’AGFF 11 , ou encore une nouvelle baisse du rendement des points de retraite complémentaire.
En résumé, ce qui semble certain c’est qu’à très court terme, et quelles que soient les mesures retenues pour tenter de remédier au déficit de nos régimes de retraite, une de leurs conséquences immédiates, directe ou indirecte, sera de demander aux seniors de travailler plus longtemps, et peut-être pour des indemnités de retraite minorées pour une partie d’entre eux.

Les charges des nouveaux sexagénaires… un sac à dos bien rempli !
Dans le même temps, les charges des retraités augmentent : il n’y a pas si longtemps on pouvait espérer que le départ à la retraite coïncide avec la satisfaction de laisser les principales charges de la vie active derrière soi. Les propriétaires de leur résidence principale avaient fini d’en rembourser les emprunts, les enfants, partis depuis quelques années, avaient terminé leurs études et volaient de leurs propres ailes et parfois, avec le décès des parents, un héritage permettait même d’envisager sans trop de crainte un coup dur.
Le paysage est en train de changer grandement !
Tanguy 12 encore à la maison
Il n’est pas rare aujourd’hui d’être retraité et d’avoir encore des enfants à charge ! Carrières féminines, progrès médicaux, divorces et familles recomposées sont venus bousculer la donne.
L’âge moyen des mères à la naissance du premier enfant n’a cessé de reculer dans les trente dernières années, et est aujourd’hui autour de trente ans. Près de 60 % des enfants qui naissent aujourd’hui ont un père de plus de trente ans 13 . Et beaucoup d’enfants ont des parents de plus en plus âgés ; depuis 1990, le nombre d’enfants nés de mères de plus de 40 ans a triplé !
Familles certes moins nombreuses dans l’ensemble qu’il y a trente ans, mais dont les enfants vont rester plus longtemps à la charge de leurs parents – et souvent chez eux – car Tanguy n’a plus rien d’une exception !
D’abord les études se sont beaucoup allongées depuis 1985, date où la France a décidé de porter 80 % d’une génération au bac : aujourd’hui, les jeunes Français qui ont atteint le baccalauréat poursuivent en moyenne cinq années d’études supérieures 14 .
Ensuite, même si la France reste un pays où les études supérieures sont encore peu coûteuses, les occasions de dépenses se sont largement multipliées. Les études supérieures des enfants, souvent loin du domicile parental, se déroulant en écoles privées ou semi-privées (nombreux sont les étudiants qui, par crainte des difficultés pour trouver un emploi ensuite, ne choisissent pas l’université), et les stages ou années d’études à l’étranger, venus très heureusement compléter des enseignements parfois trop théoriques, alourdissent sérieusement et durablement la contribution familiale.
Enfin malheureusement, le démarrage dans la vie active de ces jeunes adultes est plus difficile que celui de leurs parents : période plus ou moins longue de recherche, stages de préembauche et CDD se succèdent souvent avant le premier « vrai emploi ». Et ce ne sont pas les chiffres récents sur l’emploi des jeunes qui viennent nous rassurer.
En attendant un peu de stabilité financière, notre jeune, qui n’a pas toujours les moyens de son indépendance, va rester plus longtemps au domicile familial. Au-delà des éventuelles difficultés de cohabitation avec les parents, cette charge financière pèse à un moment où les ressources familiales diminuent avec la retraite.
Et même quand les enfants ont pu enfin prendre leur autonomie, bien souvent les parents vont continuer à les aider financièrement, de façon ponctuelle ou régulière, dans les premières années de leur vie professionnelle, afin qu’ils puissent conserver une partie du niveau de vie auquel ils sont accoutumés 15 . Ainsi, 20 % des acquéreurs de leur logement principal précisent qu’ils bénéficient d’une aide familiale 16 !
Fragilisation et dépendance des parents
Une des conséquences de l’évolution de notre pyramide des âges et de l’amélioration des conditions de vie est l’accroissement de notre population très âgée et dépendante. Et de plus en plus nombreux, sont les retraités qui soutiennent leurs parents dont la dépendance s’accroît.
Aujourd’hui, la dépense publique liée à la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées est évaluée à 19 milliards d’euros soit 1 % du PIB 17 .
Parallèlement à cette solidarité nationale, les ménages acquittent plus de 7 milliards d’euros en complément de ressources pour assurer un maintien à domicile ou dans une institution spécialisée de leurs parents âgés. Ce sont bien souvent les enfants, eux-mêmes largement seniors, qui assurent le relais : d’abord en consacrant du temps à leurs parents pour régler leurs problèmes de vie quotidienne, puis en aidant aux conditions d’un maintien à domicile et enfin, si nécessaire, en participant au complément de financement de la prise en charge dans un établissement spécialisé.
Les projections de vieillissement de notre population laissent prévoir, à brève échéance, une tension très forte sur ces dépenses qui, pour la part publique, pourraient atteindre 1,6 % du PIB d’ici une quinzaine d’années… la part des ménages évoluant en conséquence ! Et même si on peut imaginer qu’à terme de nouveaux systèmes d’assurance et de prise en charge soient mis en place, ils auront un coût. L’augmentation de cette ligne dans le budget des retraités est donc plus que probable.
Le poids des frais médicaux qui augmente
Avec une cotisation qui va de 20 euros à largement plus de 100 euros par mois et par personne, l’assurance complémentaire santé commence à peser dans le budget familial. Et ce n’est pas fini ! Les dépenses de santé ne cessent de croître et la sécurité sociale continue de réduire ses prises en charge sur certains risques : la facture de la complémentaire santé est appelée à s’alourdir ; comme celle du « reste à charge » qui correspond aux dépenses qui ne sont couvertes ni par la sécurité sociale ni par les assurances complémentaires.
L’addition est particulièrement lourde pour les seniors : une enquête de novembre 2009 18 montre que les plus de 65 ans ont vu leurs dépenses de santé augmenter de 55 % en 8 ans ; la santé représentant aujourd’hui 11 % de leur budget ! Mais, insiste l’enquête « vu le déficit actuel de l’assurance-maladie, il faut s’attendre à de nouvelles hausses du coût de la santé aussi fortes, voire plus, d’ici 2015. »
On voit que le budget des retraités est en mauvaise posture avec une baisse des revenus des retraites d’un côté, et un accroissement de leurs charges de l’autre !
Prise de conscience
Tout ceci ressemble à un scénario catastrophe ! Avec les mauvaises nouvelles par lesquelles on aurait commencé l’histoire. Heureusement, la bonne nouvelle, on le sait, c’est que nous vivrons beaucoup plus longtemps que les générations qui nous ont précédé, et en bien meilleure santé.

Un cadeau de vie de dix ans au moins
Notre espérance de vie à la naissance a évolué de façon spectaculaire au cours du siècle dernier. De façon presque continue depuis quarante ans, elle augmente, pour les hommes comme pour les femmes, d’un trimestre par an : en 1970, elle était en France de 71 ans (68 ans pour les hommes, 75 ans pour les femmes), en 2005, elle était de 79 ans 19 (76 ans pour les hommes, 83 ans pour les femmes). Nous aurons, en France, plus de 14 000 centenaires en 2010, à comparer aux 1 500 centenaires d’il y a moins de 30 ans !
Mais plus intéressante encore est l’espérance de vie pour une personne qui a atteint 60 ans : en 2008, elle était de 22 ans pour les hommes et de 27 ans pour les femmes ; ce qui veut dire qu’un homme de 60 ans aujourd’hui va a priori vivre jusqu’à 82 ans et une femme jusqu’à 86 ans.
Et non seulement nous allons vivre plus longtemps mais nous allons vivre mieux, car cet accroissement de la longévité s’est accompagné de progrès médicaux considérables et d’une évolution des modes de vie qui repoussent d’autant la période de la grande vieillesse et de la dépendance.
Les études montrent qu’à 60 ans un homme ou une femme sont dans plus de 90 % des cas en pleine forme physique et intellectuelle. À 75 ans, plus de la moitié des gens ne souffrent d’aucune difficulté de santé permanente. Et nous le voyons bien autour de nous : les sexagénaires ne renoncent aucunement à pratiquer un sport, à voyager, à s’inscrire dans une université…
Mais ils ne travaillent plus… et pour une grande majorité d’entre eux, cela leur va bien.

Dix ans de gagnés ou dix ans à travailler ?
Les chiffres sont têtus : l’âge effectif de cessation d’activité en France est de 58,5 ans.
Par ailleurs, 81 % des Français sondés sur l’avenir préféreraient prendre leur retraite à 60 ans ou avant 20 . Et aujourd’hui, même si la moitié des Français pensent qu’ils devront travailler après 60 ans, ceux de l’autre moitié préféreraient se retirer de la vie active, y compris si pour cela ils doivent encore minorer leurs revenus.
Pourquoi renonçons-nous à travailler ?
Face à cette longévité plusieurs attitudes sont possibles ; elles sont liées à l’histoire individuelle, à la qualité – ou la pénibilité – de la vie professionnelle antérieure, aux contraintes financières, mais aussi à une attitude face à la vie et à des convictions personnelles.
Et ce questionnement nous ne pouvons pas l’éluder.
Comment, avec plus d’un actif pour un inactif dans une dizaine d’années, l’équilibre économique de notre pays pourrait-il être pérenne ? Déjà, la dette de notre pays est insupportable avec 42 milliards d’euros par an pour en assurer le remboursement. Comment pourrait-on imaginer accroître ce déficit ? Comment pourrions-nous contribuer à assurer à nos enfants un niveau de vie équivalent au nôtre autrement qu’en acceptant – au moins pour ceux qui le veulent et le peuvent – de travailler plus longtemps ?
Et voilà la génération des baby boomers accusée d’avoir fait « le casse du siècle » en vivant à crédit sans chercher à limiter le déficit public ni à réformer le marché du travail fermé aux jeunes.

Faut-il pour autant se laisser culpabiliser ? Et laisser penser que cette génération des sexagénaires est une génération d’égoïstes inconscients ?
La double contrainte
Les seniors au travail…
Les seniors l’ont bien compris depuis quelques années : ils devront travailler plus longtemps. Pour assurer la pérennité des régimes de retraite. Par solidarité avec les jeunes générations. Pour améliorer le versement de leurs prestations. Et pourtant…
… Il n’y a pas de travail pour les seniors
Même si ceux qui, approchant l’âge de 60 ans, ne souhaitent plus travailler, sont largement majoritaires, il serait bien trop simple de penser que ce désir soit lié uniquement à l’envie légitime de « profiter de la vie ». Bien souvent, la fin de sa vie professionnelle et l’environnement général dans lequel il évolue poussent le senior à accepter, voire à hâter sa sortie aussi vite qu’il le peut…
Quel senior ne serait pas découragé par les statistiques publiées tous les jours dans la presse ? Comment pourrait-il imaginer continuer travailler facilement (ou pire, retrouver du travail !)… jusqu’à 65 ans ou plus devant l’avalanche des informations désespérantes ? 606 000 chômeurs entre 50 et 57,5 ans à fin juillet 2009 (au-delà ils sont sortis des statistiques n’étant plus soumis à une obligation de recherche !)
Le taux d’emploi des 55/64 ans en France est de 38 % – un des plus mauvais de l’Europe malgré un objectif européen 2010 de 50 %. Pire, en affinant la statistique, on voit que le taux d’emploi des 60 à 64 ans n’est plus que de 15,7 % 21 . L’âge moyen de sortie du marché du travail en France était en 2007 inférieur à 59 ans (58,5 ans pour les hommes, et 59 ans pour les femmes). Et parmi les salariés qui ont liquidé leur retraite à 60 ans, seuls 40 % avaient travaillé au moins un trimestre dans leur dernière année de vie active (les autres étaient chômeurs – 30 % –, malades ou invalides – 14 % –, ou sans aucune activité – 20 %) 22 . Quant à ceux qui ont attendu 65 ans pour partir en retraite, 15 % seulement d’entre eux avaient travaillé au moins un trimestre dans leur dernière année !
Ne lit-on pas que, pressées par la loi de sécurité sociale 2008/2009 prévoyant qu’à partir de 2010 les salariés voulant travailler jusqu’à 70 ans ne pourraient plus faire l’objet d’une mise à la retraite d’office par leur employeur, les entreprises auraient accéléré le mouvement de départ pour tous ceux qui étaient susceptibles de partir en retraite avant fin 2009 23 ?
Ne voit-on pas que, malgré les efforts et les moyens d’accompagnement individualisés mis en place par l’ANPE, les retours à l’emploi des plus de 50 ans se caractérisent souvent par de l’emploi précaire et une baisse de la rémunération ?
Comment pourrait-on imaginer sereinement continuer une vie professionnelle « tardive » dans un tel contexte ?
Quelques pistes
Les papys qui font de la résistance
Il y a pourtant des seniors qui travaillent : dans les entreprises (plus beaucoup…) et ailleurs. Mais nous avons peu de statistiques sur cette population en activité au-delà de 60 ans…
On sait qu’en France, en 2008, le taux d’emploi des personnes âgées de 60 à 64 ans est de 15,7 %, soit 556 000 personnes en emploi (dont 128 000 à temps partiel) ; parmi elles, un peu plus d’hommes (16,7 %) que de femmes (14,8 %). Mais ce taux présente de grandes disparités : s’il est de 25 % à 60 ans, il passe à 10 % à 63 ans et seulement 4 % des personnes de 64 ans sont encore déclarées en activité 24 .
Et nous avons bien peu de statistiques sur les seniors qui travaillent après 65 ans ! En 2006 l’Insee recensait 181 000 actifs après cet âge… dont 10 % d’agriculteurs, 20 % d’artisans, de commerçants, d’employés, autant de cadres ou de professions intellectuelles supérieures, 15 % de professions intermédiaires et d’ouvriers.
Qui sont donc ces seniors qui travaillent ? Ils sont des hommes et des femmes qui appartiennent à toutes les catégories sociales et professionnelles. Car ceux qui travaillent après 60 ans ne sont pas seulement, contrairement à une idée reçue, des « personnalités », presque toujours hommes ou femmes de renom : hommes politiques, grands patrons, journalistes, chercheurs, artistes, écrivains, peintres ou acteurs… Certes, ceuxlà sont visibles, parce que médiatisés : leurs prises de position, leur énergie, leur capacité entrepreneuriale sont louées par la presse… au risque de nous paraître inaccessibles.
Et pourtant, cherchez autour de vous et vous serez surpris par le nombre de sexagénaires et plus qui travaillent ; salariés ou indépendants, dans une grande variété de métiers. Certains à temps plein, beaucoup à temps partiel. Un peu plus d’hommes que de femmes il est vrai, mais cette tendance devrait fortement évoluer dans les années à venir.
Où sont-ils ? Sans doute plus souvent dans les bassins où l’emploi est plutôt favorable, mais pas uniquement.

Jusqu’à quand travaillent-ils ? Là encore, nous n’avons guère de statistiques ! Certaines professions – notamment artistiques – semblent permettre de travailler… indéfiniment.
Pour une fois : copier n’est pas tricher !
Ils ont aujourd’hui entre 60 et 89 ans et ils travaillent.
Ils portent les prénoms de leur génération : Pierre, Jacques, Philippe, Bernard, Jean, Jean-Pierre, Jean-Claude ou Alain… Nicole, Dominique, Bernadette, France, Pascale ou Marie Claude… et ils vivent un peu partout en France.
Ils ont mené une vie familiale, une vie professionnelle, parfois une vie associative en plus ; ils ont eu des hauts et des bas, comme tout le monde.
Ils sont nés avant la seconde guerre mondiale, pendant ou juste après. Ils ont connu la reconstruction, deux Républiques, les Trente Glorieuses, la guerre d’Algérie, Mai 68, la mondialisation, le déferlement des nouvelles technologies, les crises multiples.
Ils sont consultant, coiffeur, éducatrice spécialisée, chef de projet, formateur, responsable de ressources humaines, médecin, dentiste, coach, commercial, démonstratrice, administrateur de société, expert, médiateur, maire, ergonome, enseignant, producteur de film, directeur général de PME, animateur d’association, gérant de maison d’hôte, écrivain, conseiller prud’homal, historien, maraîcher, commerçant…
À travers de longs entretiens individuels, ils sont plus d’une cinquantaine à avoir accepté de répondre à mes questions, parfois très personnelles, d’évoquer leur métier actuel, leurs moteurs, leurs envies, leurs difficultés… ils l’ont fait avec sincérité et je les en remercie ici vivement.

Pour respecter la confidentialité de ces entretiens, j’ai été amenée, en rapportant leurs propos, à changer leurs noms, certains lieux et éléments marquants. Mais j’ai toujours veillé à respecter leur pensée et leurs mots.
Toutes ces personnes ont décidé de maintenir une activité professionnelle après 60 ans et ce n’est pas l’effet d’un hasard : cadres supérieurs ou modestes commerçants, ils ont beaucoup de points communs dans leurs motivations. Les clés de leur activité ne s’inscrivent pas seulement dans leurs besoins financiers ou de statut social, dans leur expertise ou leur réseau, mais aussi dans des convictions, des attitudes face à la vie professionnelle – et à la vie en général –, qui les portent.
On verra au cours de ce livre, que beaucoup de leurs « bonnes pratiques » sont transposables – peut être incontournables – pour réussir une vie professionnelle après 60 ans. Certaines valeurs pourraient paraître tombées en désuétude ? D’autres moteurs sont-ils à explorer ou à amplifier ? Cela n’en rendra la réflexion que plus utile.
Et s’il y avait cinq bonnes raisons d’y croire ?
Et s’il y avait aussi quelques bonnes raisons de penser que le travail des seniors en France peut s’améliorer ?
• dans dix pays de l’Union européenne, le taux d’emploi des 55/65 ans a atteint ou dépassé l’objectif de Lisbonne (50 %). Aux USA, 44 % des personnes de plus de 60 ans travaillent (dont plus de la moitié à temps partiel) ;
• les nouvelles mesures mises en place dans les entreprises à partir de 2010 pour favoriser l’emploi des seniors devraient progressivement faire leur effet ;
• près de 10 % de ceux qui ont choisi de travailler dans le nouveau statut d’auto-entrepreneur sont des retraités ! Signe de leur vitalité…

• pour une fois, la chanson n’a pas raison : les études montrent que travailler conserve en meilleure santé 25 …
• le Danemark, pays de l’Union européenne où l’âge légal de la retraite est le plus élevé – 67 ans – est aussi le pays où l’on serait le plus heureux au monde 26 …
Comment lire ce livre ?
La première partie de ce livre traite des motivations – et notamment les vôtres – pour travailler après 60 ans : les repérer, c’est vous assurer que la vie professionnelle que vous envisagez, répond bien à vos attentes.
La deuxième partie identifie les bonnes pratiques des personnes qui travaillent après 60 ans, leurs valeurs, leurs modes de vie, leurs attitudes…
La troisième partie propose de reconnaître vos propres fonctionnements au regard de ces bonnes pratiques.
La quatrième partie questionne votre vie professionnelle actuelle, dans l’entreprise où vous vous trouvez aujourd’hui.
La cinquième partie vous emmène à explorer votre projet professionnel pour l’après 60 ans.
La sixième partie vous donne des pistes pour la réalisation et la pérennisation de ce projet.
En annexe, vous trouvez des outils qui peuvent aider à votre réflexion, ainsi que trois histoires, parmi une cinquantaine – qui toutes auraient mérité d’être racontées, – qui illustrent une vie professionnelle réussie bien au-delà du seuil « fatidique » de la retraite.

1. Voir notamment www.cor-retraites.fr
2. Pour une approche plus détaillée des enjeux et des solutions envisagées, se référer à l’annexe : la loi Retraite 2010 - ce qui se prépare.
3. Et même à 41,5 années pour les générations qui prendront leur retraite en 2020.
4. Aucun syndicat de salariés n’y est aujourd’hui favorable. Certains pourraient accepter un allongement de la durée de cotisation en faisant un préalable de démarches particulières en faveur de l’emploi des salariés seniors, de la prise en compte de la pénibilité du travail ainsi que des carrières longues démarrées très tôt.
5. Ce seuil sera relevé à 67 ans à partir de 2020.
6. Ce seuil est encore à 60 ans pour les femmes en Italie et au Royaume-Uni.
7. Nous ne regarderons ici que les salariés du régime général des salariés du privé qui représentent plus de 50 % des futurs retraités. Certes, d’autres régimes sont beaucoup plus favorables aux retraités et ont été impactés moins fortement par les réformes : régimes des fonctionnaires, régimes spéciaux ; mais d’autres, au contraire, peuvent avoir des dispositions nettement moins avantageuses : indépendants, professions libérales, agriculteurs…
8. Taux de remplacement : pourcentage la retraite perçue comparé au dernier salaire.
9. Source : étude de Jacques Alguarron, actuaire, pour l’association Sauvegarde des Retraites, janvier 2009.
10. Et que dire de la situation des femmes dont les retraites sont inférieures en moyenne d’un tiers à celles des hommes !
11. L’AGFF est un système de financement qui permet aux salariés de percevoir leur retraite complémentaire entre 60 et 65 ans – sous réserve qu’ils puissent liquider leur retraite à taux plein dans le régime de base général. Le régime de l’AGFF a été prolongé jusqu’à fin 2010, le temps de trouver une solution à son déficit…
12. En référence au film d’Étienne Chatiliez, Tanguy, réalisé en 2001.
13. Source : statistiques Insee 2008.
14. Source OCDE.
15. Voir notamment Claudine Attias Donfut, Nicole Lapierre, Martine Segalen, Le nouvel esprit de famille, Odile Jacob, 2002.
16. Source : enquête ORPI/CREDOC 2009.
17. Cette dépense est assurée conjointement par l’assurance-maladie, les départements via l’allocation personnalisée d’autonomie, la Caisse nationale pour la solidarité, et l’État.
18. Enquête Jalma/CSA – Le Monde, 25 novembre 2009.
19. Source INED.
20. Source : baromètre Entreprise et Carrière/Notre temps, décembre 2008.
21. Statistiques DARES 2008/2009. Taux d’emploi : nombre de personnes en emploi rapporté à la population totale de la classe d’âge.
22. Source : rapport du Conseil d’orientation des retraites 2008.
23. Source : Le Monde, 29 août 2009.
24. Source : statistiques DARES, octobre 2008.
25. Nous verrons plus loin pourquoi et dans quelles limites.
26. Source : étude de Adrian White Université de Leicester en Grande-Bretagne – en 2006 ; dans les 15 premiers pays de la carte mondiale du bonheur on trouve 5 pays européens : le Danemark, l’Autriche, la Finlande, la Suède, l’Irlande où l’âge légal de départ à la retraite est de 65 ans ou plus. La France serait en 62 e position.
Partie 1
Une vie professionnelle pour quoi faire ?
Si vous avez ouvert ce livre c’est que vous vous interrogez sur l’opportunité de continuer une vie professionnelle après 60 ans. Peut-être même êtes-vous déjà décidé à le faire. La première question est : pourquoi ? Après quoi court-on quand on travaille au moment où les autres s’arrêtent ?
1
Pour quelle(s) raison(s) travaillent-ils après 60 ans ?
Qu’est-ce qui pousse ces sexagénaires à continuer à travailler ? Quelles motivations les entraînent à poursuivre une vie professionnelle parfois au-delà de 70 ans et même 80 ans ? Où sont les ressorts qui font prendre ce chemin de vie, encore exceptionnel aujourd’hui ?
Leurs motivations sont rarement uniques : souvent deux ou trois facteurs entrent en jeu qui les amènent à prendre cette décision.
La réelle nécessité financière
Pour certains la première réponse est toute simple : ils n’ont pas le choix. Leur parcours de vie a fait que, financièrement, ils ont besoin de travailler : vie professionnelle à l’étranger, années consacrées à élever des enfants, démarrage d’activité tardif… les raisons ne manquent pas !
• Une pension de retraite qui ne sera jamais complète : ainsi, Jean, qui a travaillé 15 ans à l’étranger comme chercheur, qui avait choisi de mettre son épargne retraite dans un fonds de pension dont les performances ont été catastrophiques.
• Des enfants encore étudiants comme Bertrand qui a eu des enfants à la quarantaine passée et se trouve, au moment d’un départ en retraite potentiel, avec des enfants qui démarrent tout juste des études supérieures, ou Joseph qui tient un stand de fruits et légumes sur les marchés. Joseph avait pris sa retraite à 60 ans, dès qu’il avait pu le faire. Mais trois ans plus tard, son dernier fils a été admis dans une école de commerce canadienne. Des études qui coûtent cher ; alors Joseph a repris le chemin des marchés, mais il rayonne : « Mon métier je l’aime, et au moins je sais pourquoi je travaille », me lance-t-il !
• Une pension de retraite dont on sait d’avance qu’elle sera maigre (profession libérale, commerçant), et que l’on n’a pas pu, pas su, anticiper.
• Beaucoup de femmes aussi, dont l’histoire professionnelle a été marquée par des choix liés à la vie de famille : démarrage professionnel tardif comme Joëlle ; ou arrêt d’activité pendant quelques années, comme Françoise, pour élever ses enfants, et qui a ensuite choisi de travailler à temps partiel ; ou encore, Marie qui a suivi son mari pendant près de dix ans à l’étranger, et n’a pu travailler localement.
• Des divorces avec partage du patrimoine, qui remettent en cause un équilibre financier, et notamment l’achat de la résidence principale, dont les emprunts auraient dû être remboursés au moment de la retraite.
• Tout simplement, la défense du patrimoine existant, quand les dépenses incompressibles sont supérieures aux revenus.
L’enjeu est souvent triple :
• maintenir le plus longtemps possible un niveau de revenu qui permettre de vivre selon ses besoins ;
• dans le même temps – si la retraite n’a pas déjà été liquidée –, continuer à cotiser aux différentes caisses pour améliorer celle-ci lorsqu’il faudra la prendre ;
• si possible, épargner pour assurer un complément à ce moment-là.

Le « bras plus long »
Pour d’autres, la manne financière est un précieux moteur secondaire.
La jolie image du « bras plus long » me vient de Jeanne qui perçoit une indemnité de retraite très modeste, mais qu’elle estime suffisante compte tenu de ses choix de vie. Grâce à ce complément de revenu, Jeanne a « le bras plus long » et peut aider autour d’elle : ses neveux qui démarrent dans la vie, des causes qu’elle soutient. Et cette rémunération elle y tient pour tout ce qu’elle peut en faire.
Certains, parmi ceux que j’ai interrogés, pensent qu’ils pourraient vivre sans revenus complémentaires. Ils ont fait leurs calculs, mesuré les charges et les revenus de leur retraite. Un équilibre pourrait se trouver, mais toujours avec un changement de train de vie, parfois important.
Brigitte, qui à 66 ans perçoit une retraite très faible car elle a vécu longtemps à l’étranger, pense qu’en faisant le choix de partir au Portugal, où elle a un peu de famille, et où le coût de la vie est moins élevé, elle pourrait décider de s’arrêter de travailler… mais au prix de perdre tout un réseau amical et social tissé depuis vingt ans en France.
D’autres devraient faire le choix d’un changement de résidence. Ou renoncer à des dépenses auxquelles ils tiennent : aider des enfants à démarrer dans la vie, épargner pour la suite, faire des travaux dans leur maison.
Il peut aussi s’agir tout simplement d’assurer un complément de revenus, pour continuer à « vivre bien » : s’assurer un confort d’existence, ne pas – ou peu – compter pour des dépenses de loisirs : voyages, sorties culturelles ou au restaurant, cadeaux offerts aux enfants et petits-enfants…

Cette motivation n’est pas à négliger loin de là ; elle revient très souvent. Et l’argent gagné est identifié, attribué d’une certaine manière : « Ce voyage, (ces travaux…), je me le suis offert grâce à telle mission ».
Le rôle et les liens sociaux
Pendant plus de quarante ans, ils ont eu un rôle dans la société, lié à leur vie professionnelle. Ce rôle a pu changer au cours des années, mais il a été un élément important de satisfaction. Et ils n’ont pas envie de le perdre.
Ainsi, quand ces seniors me décrivent leur activité d’aujourd’hui, les termes « être reconnu », « avoir un statut », « être consulté », « être écouté », reviennent très souvent. Et d’autres expressions encore : « avoir de l’influence », « produire », « décider », « être acteur », « faire avancer », « exercer le pouvoir ». J’entends ailleurs : « trouver la solution », « gagner », « réussir », « développer », « transmettre ». Michel aime « aller au charbon », « aider à gagner une compétition ».
Ce rôle, cette activité, est indissociable des contacts, et de l’échange qui va avec. L’entourage est toujours présent : qu’il soit client, confrère ou patient, collaborateur, réseau professionnel, équipe que l’on anime, personnes rencontrées dans des conférences…
Les termes employés « animer une équipe », « transmettre », « donner », « échanger », « débattre », « avoir des retours », « se sentir utile », « rester en contact », « créer et maintenir des liens », le prouvent…
André, consultant expert dans les domaines de santé, résume bien ces deux aspects quand il décrit son activité : « Aujourd’hui j’ai les moyens de faire passer mes idées ; de former les gens. Je suis un acteur reconnu dans mon domaine. Quel plaisir que d’être écouté, d’intervenir sur des sujets délicats, de savoir que j’apporte à des équipes qui ont souvent vingt ans de moins que moi une expertise incontestée, de nourrir d’anecdotes une réflexion, de faire rire sur des sujets sérieux… »
Ces seniors-là veulent absolument conserver une vie sociale, et sont convaincus qu’en se retirant de la vie professionnelle, ils n’auront plus de liens sociaux à la hauteur de leurs attentes.
Jean me dit : « La pire chose qui puisse m’arriver c’est de déjeuner tout seul ». Pierre, dentiste à 70 ans, voit avec un plaisir évident les générations se succéder dans le fauteuil de son cabinet, et quand ses clients lui disent « Docteur on vous voit encore l’année prochaine ? » Pierre constate simplement : « Je ne peux pas vivre isolé ».
Parlez-moi d’amour
Merveilleux moteur pour ceux qui, comme Françoise, Gilles et Stéphane, adorent leur métier et qui le confondraient presque avec un hobby.
Françoise, historienne d’art, qui aime « ce milieu de gens passionnés qui passent des centaines d’heures sur des sujets parfois confidentiels ». Gilles l’obstétricien qui ne se lasse pas du prodige de la naissance ; ou Stéphane qui a toute sa vie formé à la prise de parole en public et qui crée à plus de 60 ans une école d’art oratoire.
Anne et Yann qui se sont lancés dans un projet entrepreneurial en couple, en organisant des master classes de musique, avaient envie de se prouver quelque chose et de se faire plaisir. Georges qui arrête son activité de chirurgien à 67 ans, pour ouvrir un restaurant, réalise le rêve de sa vie.
Mais sans être mus par une passion qui confondrait presque vie personnelle et professionnelle, beaucoup n’ont tout simplement pas envie de renoncer aux satisfactions « ordinaires » de la vie professionnelle.
Joël, Michel, Christian et beaucoup d’autres bouillonnent de projets et ne voient pas pourquoi l’atteinte d’un âge couperet devrait les empêcher de les réaliser alors qu’ils se sentent capables de les mettre en œuvre. Martine qui tient une boutique de confiseries aime le cadre vieillot de sa boutique, les produits joliment emballés, le plaisir de faire les vitrines, de choisir les nouveautés pour chaque fête. Plaisir intellectuel pour Jean le chercheur, ou plaisir pour Hélène la coach, de voir un client mieux se connaître et se développer dans son univers professionnel.
Beaucoup, comme Dominique, éducatrice spécialisée, se sentent encore en pleine forme, compétents et appréciés professionnellement, aiment leur métier, n’ont pas de contraintes qui leur imposeraient de s’arrêter, ne voient pas pourquoi ne pas prolonger quelques années tant qu’ils le peuvent ? Ou comme Antoine professeur de mathématique qui aime trouver le « coin qui fera avancer » son élève, le voit progresser – même lentement ! –, et… faire le clown pour détendre l’atmosphère.
La recherche d’un équilibre personnel
La retraite pour beaucoup d’entre eux est vécue comme le passage à la vieillesse, la fin d’une histoire. Et ils n’en veulent pas. En tout cas, pas pour l’instant. Le sport, les voyages, les hobbies divers, une activité associative ne sauraient remplir pleinement leur vie.
« Le mot retraite, me dit Christian, (que j’interroge alors qu’il a plus de 80 ans) cela m’évoque la retraite de Russie, la Berezina… je ne voulais pour rien au monde m’arrêter à cette stupidité.

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