Le conseil en organisation
346 pages
Français

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Description

Ce livre est le fruit de la rencontre des préoccupations convergentes d'associations impliquées dans le métier de consultant en organisation. Il rend tout d'abord compte de la pratique des auteurs, puis présente une analyse historique des relations et interactions entre les mouvements d'organisation et l'environnement social, économique et culturel. Enfin, il étudie les problématiques émergentes et l'évolution du métier.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2011
Nombre de lectures 49
EAN13 9782296802889
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1350€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Le conseil en organisation
Évolutions et perspectives
Perspectives organisationnelles
Collection dirigée par Yvon Pesqueux et Gilles Teneau
C’est depuis l’apparition de la grande organisation comme phénomène social suffisamment important que se pose la question de la construction d’un champ de savoir qui lui soit spécifique, celui des sciences des organisations, la grande entreprise en étant la manifestation concrète majeure. C’est l’action organisée dans cet endroit spécifique qui constitue le matériau empirique et conceptuel et l’enjeu de la création de savoir, ceci venant justifier l’existence de la collection « Perspectives organisationnelles ».
L’organisation est à la fois organisée et organisante, c’est-à-dire qu’elle cherche à maintenir la socialisation qui lui est inhérente, ce qui lui permet en même temps de se maintenir ; elle cherche à relier les agents organisationnels et à se relier, c’est-à-dire à relier les agents organisationnels avec les autres ; elle cherche à produire des biens et des liens, ce qui lui vaut d’assurer sa pérennité. L’organisation matérialise l’existence d’un « équilibre » entre des logiques structurelles et celles des agents qui les animent. L’organisation est donc une construction sociale contingente qui prend en compte des objectifs, des conditions d’environnement et la mentalité des agents qui s’y trouvent.
Jean Bringer, Denis Meert, Michel Raquin et Gilles Teneau

Le conseil en organisation
Évolutions et perspectives
Préface d’Yvon Pesqueux
L’Harmattan
Des mêmes auteurs
RAQUIN (Michel), MORLEY-PEGGE (Hugues), Piloter par les processus : la meilleure méthode pour transformer l’entreprise et accroître les résultats , Maxima-Laurent du Mesnil, 2009.
TENEAU (Gilles), KONINCK (Guy), La résilience organisationnelle, rebondir face aux turbulences , de Boeck, 2010. TENEAU (Gilles), AHANDA (Jean-Guy), Guide commenté des normes e t référentiels , Éditions d’Organisation, 2009.
TENEAU (Gilles), La résistance au changement organisationnel , L’Harmattan, 2006.
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54346-1
EAN : 9782296543461
PREFACE
Les logiques organisationnelles tendent à triompher aujourd’hui dans la mesure où la croyance générale dans l’efficacité organisationnelle en fait une référence incontournable. Mais si l’on peut dire que le management est ce que fait le manager (ou ce qu’il initie), il est infiniment plus hasardeux d’affirmer que ce que fait l’organisateur (ou ce qu’il initie), c’est l’organisation… Ce n’est pas un cas unique en sciences des organisations : le contrôle de gestion n’est pas seulement ce que fait le contrôleur de gestion. Ce que ces deux figures ont en commun, c’est l’inextricable dimension de système que possède le contrôle, l’organisation (et plus encore l’information dont on ne parle qu’en termes de système …). Donc à la dualité « organization (état) – organizing (processus) » s’ajoute le fait que l’organisation, dans les deux sens du terme, n’est pas ce que fait l’organisateur.
Pour préciser les éléments constitutifs de la figure de l’organisateur, on peut aujourd’hui affirmer, que d’un point de vue professionnel, il s’agit d’un consultant (interne ou externe) qui se trouve soit en position de concepteur (de tout ou plutôt d’une partie de l’organisation) ou en position d’accompagnateur (du changement organisationnel par exemple). Dans le premier cas, la figure de l’organisateur se rapproche de celle de l’ingénieur et dans le second de celle du manager. C’est donc un métier au spectre large, d’où la nécessité à laquelle répond cet ouvrage, celle de définir un référentiel métier tout en prenant la précaution de le situer dans son époque afin de définir les contours de la profession de conseil en organisation.
Mais penchons-nous d’abord sur la notion de métier. Si le praticien est une personne ayant la connaissance de son art et de l’usage des moyens pratiques, avec ce terme, on met l’accent sur ce qu’il y a de plus pragmatique dans l’expérience. Avec le praticien, l’accent est mis sur la metis (la ruse intelligente comme mode de confrontation aux situations) et sur la phronesis (prudence aristotélicienne). Le praticien maîtrise un art de faire. Se référer à la figure du praticien, c’est « con-fondre » savoirs, savoir-faire et savoir-être qui sont plutôt constitutifs de la figure du professionnel (qui vaut aussi pour l’anglais professional ) en mettant en plus l’accent sur les circonstances de leur mise en œuvre. C’est pourquoi, au regard de ces trois composantes, le professionnel se réfère plutôt à la compétence qu’à la pratique. Avec le technicien, on met l’accent sur la technicité, c’est-à-dire les savoirs et le savoir-faire plus que sur l’expérience et les circonstances.
Le terme de professionnel indique un rapport social constitutif de l’identité de la personne, c’est-à-dire un état (la profession du père et de la mère pour un enfant, par exemple). Mais c’est aussi une activité rémunérée pour gagner sa vie, un métier qui vient qualifier une position sociale (la profession de comptable), tout comme l’ensemble des personnes exerçant le même métier (la profession comptable). La référence à la notion de profession donne lieu aujourd’hui au développement d’une sociologie des professions qui tient compte d’une forme de mix entre une logique professionnelle (qui se noue autour de la notion de « compétence ») et une logique institutionnelle (qui valide la genèse, la diffusion et la transformation des compétences dont il est question dans les logiques professionnelles). Le regroupement professionnel devient ainsi une forme de regroupement parmi d’autres, en particulier par différence avec le praticien (un professionnel « en action » en quelque sorte). Mais c’est aussi un facteur d’identification d’un individu à un groupe avec l’idée de la construction d’une « appartenance professionnelle ». Si la référence à la profession contient l’idée d’identification, c’est donc qu’il se joue aussi quelque chose entre « profession » (un « état ») et professionnalisation (un processus de socialisation, d’identification où le « désir » et la « motivation » ont une importance). C. Dubar &P. Tripier 1 donnent quatre acceptions au terme de profession. C’est une déclaration constitutive de l’identité professionnelle (perspective interactionniste entre l’identité pour soi et l’identité pour autrui), un emploi (une qualification professionnelle, perspective fonctionnaliste), un métier (une spécialisation professionnelle, autre perspective fonctionnaliste) et une fonction (relative à une position professionnelle donc constitutive d’un rôle, perspective situationniste). La référence au professionnel est constitutive de l’idéologie du professionnalisme, en particulier au regard de son expertise.
R. Holcman 2 propose une classification des regroupements professionnels à partir de deux axes mettant en relation la notion générique de profession avec d’autres notions proches (en particulier celle d’« emploi » qui renvoie à l’idée d’occupation donc de rôle, celle de « fonction » qui renvoie à l’idée de rôle et de place et celle de « métier » qui renvoie à l’idée de modalités d’exercice) :

Sur le plan de l’identité, il est nécessaire de souligner les travaux de R. Sainsaulieu 3 qui fonde l’approche culturaliste de la profession au regard de la notion d’identité professionnelle comme mode d’identification au travail. Avec I. Francfort et al. , il propose une série de modèles d’identité collective au travail : le modèle réglementaire avec la logique du « retrait », le modèle de la mobilité avec la logique de l’affinité, le modèle du service public avec la logique du « service », le modèle professionnel avec la logique de l’expertise, le modèle communautaire avec la logique de négociation et le modèle entrepreneurial avec la logique d’identification fusionnelle. Ces logiques « en action » sont celles qui construisent la substance du praticien qui se trouve ainsi être un professionnel (implicite de son essence) en situation.
Dans une perspec

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