Les Pme, d
393 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Les Pme, d'hier a demain

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
393 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Après avoir longtemps été considérées telles des entreprises fragiles, aux ressources limitées, avec peu de perspectives de développement et une pérennité incertaine, les PME sont désormais reconnues comme des acteurs clés du développement et de la vitalité économique et sociale de toutes les régions. Elles sont devenues des entreprises de moins en moins complexées par leur taille, des entreprises ouvertes, réticulées, dynamiques mais aussi stratégiques.
L’environnement dans lequel elles œuvrent devenant de plus en plus international, technologique, turbulent et hautement incertain, que seront les PME demain ? Les enjeux qui les attendent sont nombreux : développement durable, gestion stratégique des ressources humaines, gestion des connaissances, propriété intellectuelle, internationalisation des activités, innovation, financement. Avec qui, comment et sous quelles conditions vont-elles travailler pour préserver la santé du propriétaire-dirigeant et de son personnel ?
Cet ouvrage offre d’intéressantes pistes de réflexion visant à réexaminer les connaissances acquises et à les confronter à ce nouvel environne­ment. Son but est de fournir quelques éclairages sur la situation actuelle des PME et leur réalité plurielle, mais surtout d’initier des réflexions chez les chercheurs et les pouvoirs publics afin qu’ils préparent les PME à devenir les leaders dont nos sociétés ont besoin.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 22 février 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782760546400
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0087€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Collection sous la direction de Pierre-Andr Julien et de Jos e St-Pierre

Les PME l re de la mondialisation
D mystifier la d localisation et la multilocalisation
Martine Boutary, Marie-Christine Monnoyer et Jos e St-Pierre
Pr face de Jean-Paul Lemaire
2016, ISBN 978-2-7605-4574-8, 316 pages

L agir entrepreneurial
Repenser l action des entrepreneurs
Christophe Schmitt
Pr face de Louis Jacques Filion
2015, ISBN 978-2-7605-4280-8, 174 pages

Dynamiser le d veloppement r gionnal par l entrepreneuriat
Mesures et cl s pour agir
Pierre-Andr Julien et Jos e Saint-Pierre
Avec la collaboration de Fr d ric Laurin et Michel Tr panier
2015, ISBN 978-2-7605-4214-3, 508 pages

Les PME en marche vers le d veloppement durable
Sous la direction de Fran ois Labelle, Chantal Hervieux et Marie-France Turcotte
2014, ISBN 978-2-7605-4161-0, 256 pages

Cr er et d velopper une PME dans une conomie mondialis e
tudes de cas r els d entreprises
Sous la direction de Jos e St-Pierre et Michel Tr panier
2013, ISBN 978-2-7605-3795-8, 388 pages

Le duo c dant/repreneur
Pour une compr hension int gr e du processus de transmission/reprise des PME
Sous la direction de Louise Cadieux et B rang re Deschamps
2011, ISBN 978-2-7605-3112-3, 304 pages

La transmission des PME
Perspectives et enjeux
Louise Cadieux et Fran ois Brouard, avec la collaboration de B rang re Deschamps
2008, ISBN 978-2-7605-1594-9, 288 pages

Regards sur l volution des pratiques entrepreneuriales
Sous la direction de Christophe Schmitt
2008, ISBN 978-2-7605-1533-8, 346 pages

Entrepreneuriat r gional et conomie de la connaissance
Une m taphore des romans policiers
Pierre-Andr Julien
2005, ISBN 2-7605-1329-7, 408 pages

La gestion du risque
Comment am liorer le financement des PME et faciliter leur d veloppement
Jos e St-Pierre
2004, ISBN 2-7605-1304-1, 288 pages

Les d cisions d investissement dans les PME
Comment valuer la rentabilit financi re
Jos e St-Pierre et Robert Beaudoin
2003, ISBN 2-7605-1214-2, 262 pages

L entreprise-r seau
Dix ans d exp rience de la Chaire Bombardier Produits r cr atifs
Sous la direction de Pierre-Andr Julien, Louis Raymond, R al Jacob et Georges Abdul-Nour
2003, ISBN 2-7605-1213-4, 530 pages

Les PME forte croissance
L exemple de 17 gazelles
dans 8 r gions du Qu bec
Sous la direction de Pierre-Andr Julien
2002, ISBN 2-7605-1181-2, 264 pages

La gestion financi re des PME
Th ories et pratiques
Jos e St-Pierre
1999, ISBN 2-7605-1030-1, 340 pages

Entrepreneuriat et strat gie des PME
Recueil de cas
Sous la direction de
Camille Carrier et Colette Fourcade
1998, ISBN 2-7605-1018-2, 308 pages

De la cr ativit l intrapreneuriat
Camille Carrier
1997, ISBN 2-7605-0946-X, 154 pages

Mondialisation de l conomie et PME qu b coises
Pierre-Andr Julien et Martin Morin
1996, ISBN 2-7605-0857-9, 218 pages
LES PME, D HIER DEMAIN
Directeurs de collection Pierre-Andr Julien Jos e St-Pierre
Les tudes sur l entrepreneuriat et sur les petites et moyennes entreprises se sont multipli es au cours des vingt derni res ann es, favorisant ainsi l mergence de nouveaux concepts et de th ories sur les PME. Chercheurs et praticiens peuvent d s lors s appuyer sur des savoirs qui leur sont propres. Par son contenu la fine pointe, son langage accessible et ses approches multiples, Entrepreneuriat et PME pr sente des d couvertes r centes pouvant tre utiles pour faire progresser les PME et l entrepreneuriat et contribuer ainsi au dynamisme conomique de leur territoire. Pour assurer la diffusion de ces connaissances, Entrepreneuriat et PME fournit aux universitaires, aux intervenants dans les PME, aux sp cialistes du d veloppement r gional et local et aux chefs d entreprise eux-m mes les r sultats des plus r centes recherches permettant de mieux comprendre les d fis de l entrepreneur, la r alit complexe des PME et les enjeux de leur cr ation, de leur d veloppement et de leur p rennit .

Presses de l Universit du Qu bec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Qu bec (Qu bec) G1V 2M2
T l phone: 418 657-4399
Courriel: puq@puq.ca
T l copieur: 418 657-2096
Internet: www.puq.ca
Diffusion/ Distribution:
CANADA
Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Qu bec) J7H 1N7 T l.: 450 434-0306 / 1 800 363-2864
FRANCE
Sof dis, 11, rue Soufflot, 75005 Paris, France - T l.: 01 53 10 25 25
Sodis, 128, avenue du Mar chal de Lattre de Tassigny, 77403 Lagny, France - T l.: 01 60 07 82 99
BELGIQUE
Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique - T l.: 02 7366847
SUISSE
Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse - T l.: 022 960.95.32
Diffusion/Distribution (ouvrages anglophones):

Independent Publishers Group, 814 N. Franklin Street, Chicago, IL 60610 - Tel.: (800) 888-4741

La Loi sur le droit d auteur interdit la reproduction des uvres sans autorisation des titulaires de droits. Or, la photocopie non autoris e - le "photocopillage - s est g n ralis e, provoquant une baisse des ventes de livres et compromettant la r daction et la production de nouveaux ouvrages par des professionnels. L objet du logo apparaissant ci-contre est d alerter le lecteur sur la menace que repr sente pour l avenir de l crit le d veloppement massif du "photocopillage .
LES PME, D HIER DEMAIN
Bilan et perspectives
Sous la direction de Jos e St-Pierre et Fran ois Labelle
Catalogage avant publication de Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada
Vedette principale au titre:
Les PME, d hier demain: bilan et perspectives
(Entrepreneuriat et PME) Comprend des r f rences bibliographiques.
ISBN 978-2-7605-4638-7
ISBN EPUB 978-2-7605-4640-0
1. Petites et moyennes entreprises. 2. Petites et moyennes entreprises - Gestion.
I. St-Pierre, Jos e, 1959- . II. Labelle, Fran ois, 1963- . III. Collection: Entrepreneuriat PME.
HD2341.P53 2017 338.6 42 C2016-942077-9

R vision
Julie Pelletier
Correction d preuves
C line Bouchard
Conception graphique
Vincent Hanrion et Richard Hodgson
Mise en pages
Interscript
Image de couverture
iStock
D p t l gal: 1 er trimestre 2017
Biblioth que et Archives nationales du Qu bec
Biblioth que et Archives Canada
2017 - Presses de l Universit du Qu bec
Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation r serv s
Chapter 11 translated and published by Presses de l Universit du Qu bec with permission from Taylor Francis. This translated work is based on Heuristics and cognitive biases in entrepreneurs: a review of the research, by Pierre Cossette, Journal of Small Business Entrepreneurship, vol. 27, n 5 (2014), p.471-196. Reprinted by permission of the Publisher Taylor Francis Ltd, http://www.tandfonline.com Journal of Small Business Entrepreneurship.
Imprim au Canada
D4638-1 [01]
Pr face
Apr s plus de quinze ans de travail qui avaient permis de s initier aux premiers balbutiements touchant les PME et l entrepreneuriat, les chercheurs du Groupe de recherche en PME de l Universit du Qu bec Trois-Rivi res, devenu depuis lors l Institut de recherche sur les PME, avaient compris qu il tait temps de faire le point sur l expertise d velopp e, en particulier en intervenant dans un grand nombre de petites et moyennes entreprises (PME) et en multipliant les discussions sur le sujet dans divers s minaires et congr s nationaux et internationaux, et en modulant ainsi les concepts et les avanc es th oriques qui en taient issus. Ce qui explique, en 1993, simultan ment au Qu bec et en France, la production collective d un ouvrage faisant le point sur la plupart des grandes fonctions de ces organisations, tout en d montrant leurs particularit s et ainsi leurs distinctions vis- -vis des grandes entreprises. Les auteurs pr cisaient aussi ce qui restait faire pour consolider les connaissances en retirer ou pour les remplacer par de nouveaux concepts plus solides. noter que ce livre, dans sa pr face, faisait r f rence Joseph Chicha, soit celui qui nous avait convaincu en 1976 de l importance de travailler sur ce sujet trop ignor dans les sciences conomiques et de gestion, et avec l intuition que ces entreprises avaient peu voir avec les grandes entreprises. Ce qui avait fini par soutenir le d veloppement de tout un nouveau champ de recherches relativement originales qui pouvait gagner tre r sum , du moins en partie, dans un ouvrage qui serait fort utile pour mieux en assurer la diffusion.
Comme nous l avions pr vu, cet ouvrage, une primeur dans les tudes sur le sujet selon nos recherches un peu partout dans le monde, avait t tr s bien re u, au point d tre r dit quatre ans plus tard. De plus, il avait fait l objet d une traduction en anglais en 1998 chez Ashgate Publishing, traduction reprise en 2001, suivie d une autre traduction, cette fois-ci en espagnol, par l Universidad Icesi de Cali, en Colombie, en 2003. Puis la demande demeurant forte, nous mettions jour le travail effectu tout en ajoutant plusieurs chapitres sur des sujets nouveaux qui avaient t approfondis entretemps, donnant lieu une nouvelle dition en 2005; celle-ci traduite 10 ans plus tard dans une dition portugaise publi e aux presses de l Universidade Federal de Santa Caterina, Florian polis au Br sil.
Ces chapitres taient divis s en trois parties d montrant d abord l historique du questionnement selon les diff rentes fonctions touchant ces entreprises, ensuite, l tat des lieux du moment tant au plan th orique qu appliqu , et enfin, ce qu il restait faire pour mieux en comprendre les avanc es, les limites et le positionnement dans la discipline en construction.
Dans les quatre premiers chapitres du livre, les auteurs situaient justement l entrepreneuriat et donc la cr ation et le d veloppement des PME dans des conomies trop longtemps orient es par et pour la grande, sinon la tr s grande entreprise, reconnaissant ainsi le r le important des petites entreprises dans le renouvellement de l conomie et dans le d veloppement r gional, comme l avait bien vu Joseph Schumpeter, du moins dans ses premi res analyses. Ces derni res remettaient en question, par exemple, les analyses rationnelles de localisation fond es sur la distance optimale entre le march et les ressources, alors que les entrepreneurs choisissent le plus souvent de s installer pr s de leur demeure, l o ils anticipent leur client le et trouvent le plus facilement les ressources. L ouvrage portait aussi sur la question de qui tait l entrepreneur et surtout ce qu il faisait et pourquoi il le faisait.
Puis, dans les sept autres chapitres, les auteurs s arr taient aux grandes fonctions et leurs particularit s, les distinguant de ce qu on enseignait depuis longtemps pour r pondre aux besoins des grandes entreprises. Ainsi, on commen ait parler d une gestion particuli re des petites organisations profitant aussi de la proximit entre la direction et le personnel, tout en montrant les limites de la planification strat gique; cette proximit permettant une flexibilit plus grande pour saisir rapidement les opportunit s avec du personnel moins sp cialis que dans les grandes organisations. On discutait du marketing relationnel issu de cette m me proximit avec la client le, face au marketing formel ayant pour objectif d influencer des clients dispers s et souvent lointains. On s arr tait sur l importance d obtenir et de transformer l information en connaissance pour comprendre et utiliser le changement dans le march , dans la concurrence et dans la technologie. Cette information permettait et soutenait l innovation en profitant notamment des contacts ext rieurs ou du r seautage pour compl ter les ressources l interne. On expliquait que si les PME taient plus d munies vis- -vis du syst me financier bancaire, elles savaient profiter d autres sources comme le financement amical et celui de risque. On d finissait les diff rentes fa ons de mieux contr ler la production, m me pour des petites s ries sinon des productions fa on. On discutait des probl mes du transport et de la logistique pour soutenir la distribution. Enfin, on s arr tait l importance cl des ressources humaines, qui sont la base des forces et faiblesses de ces petites entreprises, mais qui expliquent aussi leurs comp tences pouvant assurer leur distinction sur le march et leur permettant galement de se d velopper. En conclusion, on revenait sur tout ce qui restait faire pour mieux asseoir cette tr s jeune discipline.
Pour r sumer, dans ce premier livre g n ral sur les PME, les auteurs d montraient sans aucun doute les grandes et multiples diff rences entre les grandes et les petites entreprises, tout en indiquant les grandes lignes et la direction suivre pour d velopper une th orie plus solide justifiant de telles tudes en entrepreneuriat et en PME.
videmment, depuis lors, cette th orie et les concepts aff rents ont fait des pas de g ant, sans toutefois en arriver quelque chose de d finitif. Et c est ce que d montre ce nouvel ouvrage, qui remplace sinon compl te l ancien. Il est divis en trois grandes sections.
La premi re section, forte des nouvelles analyses de plus en plus approfondies sur chacun des th mes soulev s, illustre l entrepreneur et son organisation en contexte tant socio conomique que financier, dans son environnement, tout en ajoutant le capital social, les r seaux et les parties prenantes aux ressources internes pour soutenir diff remment les dynamiques territoriales.
La seconde section permet la mise jour de plusieurs analyses fonctionnelles soulev es dans le premier ouvrage, en particulier en mettant en exergue l information et sa transformation en connaissance, les ressources humaines et le marketing, puis en ajoutant le d veloppement durable.
Dans la troisi me section, les auteurs innovent en traitant de l internationalisation, de la gestion de l incertitude, de la gestion des connaissances, du d veloppement de nouvelles valeurs pour se distinguer de la concurrence, des questions de sant chez les entrepreneurs et de la responsabilit sociale.
Cette derni re section, mais aussi les nouvelles fa ons de voir et de traiter les questions soulev es dans les autres sections, n aurait pu avoir lieu il y a 10 ou 15 ans. Et c est l non seulement les bases de la nouveaut de l ouvrage, mais certes la justification de sa production.
En d autres mots, alors que d aucuns, il y a plus de 30 ou 40 ans, consid raient comme inutile ou superflue cette nouvelle discipline, tant donn les tudes g n rales existant en gestion et en conomie, toutes ces analyses justifient sans aucun doute ce travail et les tudes qui y sont attach es. M me s il reste encore des sceptiques ou des critiques sur son potentiel, en particulier en sciences conomiques, o encore trop de chercheurs continuent ne jurer que par les conomies d chelle et selon la rationalit pure de tous les comportements conomiques. Or cette nouvelle discipline se rapporte toutes sortes de nouveaux apports n cessaires sa compr hension, dont les questions de la personnalit des entrepreneurs, la passion chez certains d entre eux et l intuition ou l imagination pour pouvoir innover et transformer les opportunit s en succ s, comme on peut le voir dans les articles d un num ro r cent de la revue Entrepreneurship and Regional Development ; questions qui, ajout es une forte incertitude, permettent d expliquer en bonne partie le recours une d marche efficace, partant des ressources pour en arriver des fins, plut t qu une gestion causale, partant des objectifs pour orienter les ressources.
Dans la Revue Internationale PME, dirig e par Jos e St-Pierre, une des responsables de ce nouvel ouvrage, et qui a t fond e justement pour permettre de diffuser en fran ais la recherche dans ce domaine, on voit aussi appara tre toutes sortes de nouveaux th mes qui ne pouvaient tre envisag s il y a 10 ou 20 ans, dont les questions de la gouvernance ou des strat gies collectives, l analyse de comportements gestaltistes et holistes favorisant la performance des entreprises technologistes, les nouveaux modes de cr ativit dans les petites organisations, les strat gies de collaboration, le bricolage informationnel, etc. Tout cela pour d montrer, comme on le voit dans cet ouvrage, que pour comprendre l entrepreneuriat et les PME, on ne peut se contenter des sciences conomiques et de gestion, et qu il faut faire appel probablement toutes les sciences sociales et m me quelques l ments des sciences plus dures, telle la th orie du chaos, ou de la cybern tique dans le cas de l information, et sa transformation en connaissance.
C est pr cis ment l objectif de tout le travail pr sent dans ce volume succ dant celui qui l a pr c d , et qui devrait avoir une port e aussi grande, sinon plus encore.
P IERRE -A NDR J ULIEN , professeur m rite
Bibliographie
Les PME, bilan et perspectives. Ouvrage en l honneur de J. Chicha. Qu bec, Les Presses Inter Universitaires, Paris, Economica, 1 re dition, 1993; 2 e dition, 1997; 3 e dition, 2005. dition am ricaine: The State of the Art in Small Business and Entrepreneurship, Londres et Brockfield, Ashgate Publishing, 1998; 2 e dition, 2001. dition espagnole: Las PYME: balance y perspectivas, El estado del arte de las PYME en el mundo, Colecci n PYMES 13, Universidad ICESI, Cali, Colombie, 2003. dition portugaise: PMEs: Fundamentos e Desafios. O Estado da Arte da Pequena e M dia Empresa, Florian polis, Editora Universidade Federal de Santa Caterina, 2014.
Table des mati res
PR FACE
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
INTRODUCTION Les PME peuvent-elles devenir les leaders dont ont besoin les soci t s?
Jos e St-Pierre et Fran ois Labelle
1. Les PME d hier handicap es par un d ficit r current de ressources et des pr jug s tenaces sur leurs capacit s
2. Les PME aujourd hui de moins en moins complex es par leur taille r duite!
3. Les PME de demain disposant d un fort leadership pour assurer l activit conomique tout en prot geant les ressources limit es de la plan te!
Bibliographie
Partie 1 UN CONTEXTE EN VOLUTION ET DES ASSISES RENOUVELER
CHAPITRE 1 Les th ories en entrepreneuriat: pour que les fruits passent la promesse des fleurs
Olivier Germain
1. Du milieu entrepreneurial aux espaces potentiels de l entreprendre
1.1. Le district industriel et ses d clinaisons successives
1.2. La prise en compte des lieux de vie quotidienne des entrepreneurs
1.3. La multiplicit des espaces liminaux, transitionnels et mancipatoires
2. Les temporalit s de l entreprendre
2.1. Un rapport intrigant l anticipation
2.2. Une abstraction excessive du processus entrepreneurial
2.3. Le processus entrepreneurial: une "continuit indivisible
3. La tension entre l gitimit et r sistance au coeur de l entrepreneuriat
3.1. La l gitimit : contrainte, camouflage et narrations
3.2. Les paradoxes de la l gitimit et la qu te d mancipation
3.3. Les identit s entrepreneuriales l gitimes en question
Conclusion: Des propos d tape n ayons pas peur des approches critiques
Bibliographie
CHAPITRE 2 Les cosyst mes entrepreneuriaux: tat de l art et perspectives
Tinasoa Razafindrazaka et Fr d ric Laurin
1. Les fondements de la notion d cosyst me entrepreneurial
1.1. L volution des enjeux conomiques et soci taux
1.2. Le renouvellement des probl matiques et la sophistication terminologique
2. Les acquis de la recherche autour de la notion d cosyst me entrepreneurial
2.1. Les concepts pr curseurs: variations taxinomiques
2.2. La m taphore de l cosyst me entrepreneurial: tat des lieux
3. Une application aux r gions du Qu bec
3.1. L approche quantitative
3.2. L approche qualitative
3.3. Les d terminants de l entrepreneuriat et l cosyst me
4. Les perspectives de recherche autour de la notion d cosyst me entrepreneurial
4.1. L cosyst me entrepreneurial: m taphore en qu te de th orisation
4.2. L cosyst me entrepreneurial: la recherche de diversit empirique
4.3. De meilleures applications pour soutenir le d veloppement des cosyst mes entrepreneuriaux
Bibliographie
CHAPITRE 3 Vers une th orie conomique moderne des PME: de la bo te noire aux conceptions postw berriennes des organisations
Marc Duhamel
1. La th orie n oclassique des PME
1.1. La bo te noire technologique de la firme
1.2. Une th orie n oclassique des PME
1.3. Le seuil minimal d efficacit de long terme
2. Les failles de la th orie n oclassique des PME
3. Les th ories conomiques modernes des PME
3.1. La PME comme p le contractuel efficace des changes commerciaux?
3.2. Les th ories des co ts de transaction et des contrats incomplets
3.3. La th orie des droits de propri t
4. Les limites rationnelles du caract re entrepreneurial
Conclusion
Bibliographie
CHAPITRE 4 Le capital social, les r seaux et les PME: la tentation d un concept omniscient et ses probl mes
Michel Tr panier et Kadia Georges Aka
1. Une br ve pr sentation d un concept polys mique
2. Les fondements conceptuels
3. Le concept de capital social en sciences de la gestion
3.1. quoi sert-il?
3.2. Quelle conceptualisation utilise-t-on?
3.3. Le cheminement th orique usuel: Nahapiet et Ghoshal
4. L apport de Nahapiet et Ghoshal
4.1. Des avantages "bien connus
4.2. Des inconv nients "oubli s
4.3. Que retrouve-t-on actuellement dans le coffre outils du capital social?
5. Le capital social et les collaborations dans l industrie qu b coise des technologies propres
5.1. M me nos proches, on ne donne que ce qu on a
5.2. L acc s aux ressources d pend aussi des propri t s de celui avec qui on entre en relation
6. Que faire du concept de capital social?
Bibliographie
CHAPITRE 5 Les PME et la finance entrepreneuriale: une nouvelle approche qui s impose
Jos e St-Pierre, Nazik Fadil et Moujib Bahri
1. La finance traditionnelle et la finance entrepreneuriale: la r alit financi re propre aux PME
1.1. Les PME et la GE: une structure de propri t discriminante
1.2. Le risque syst matique et la diversification de portefeuille
1.3. La rationalit conomique et la maximisation de la richesse
2. Le diagnostic financier et l valuation de la PME
2.1. Les informations financi res et les PME
2.2. Les caract ristiques des PME et les r percussions financi res
2.3. Les pratiques d affaires et les particularit s des PME
3. La m thodologie et l exp rimentation
3.1. La pr sentation des donn es utilis es
3.2. La d finition des variables et des outils statistiques
4. La pr sentation des r sultats et la discussion
4.1. La situation financi re
4.2. Les pratiques d affaires des PME
5. Des avenues de recherche
Conclusion
Annexe 5.1. Les modes de calcul des variables utilis es
Bibliographie
Partie 2 DES COMP TENCES MA TRISER
CHAPITRE 6 Les technologies de l information et les affaires lectroniques: levier de la comp titivit des PME industrielles dans une conomie mondialis e
Louis Raymond et Sylvestre Uwizeyemungu
1. L volution de la recherche sur les TI et les affaires lectroniques en contexte de PME
2. La justification et le cadre conceptuel de l tude des capacit s TI des PME industrielles
2.1. Les capacit s TI des PME: une perspective fond e sur les ressources
2.2. Les configurations de capacit s TI des PME
2.3. L alignement strat gique des capacit s TI des PME
2.4. Le contexte environnemental des capacit s TI des PME: l incertitude environnementale
2.5. Le contexte strat gique des capacit s TI des PME: l orientation entrepreneuriale
2.6. La performance comp titive des PME industrielles
3. Le mod le de recherche sur les capacit s TI des PME industrielles
4. La m thode de recherche
4.1. L chantillon de PME industrielles
4.2. La mesure des variables de recherche
5. Les r sultats de l tude des capacit s TI des PME industrielles
6. La contribution la th orie de la gestion des TI dans les PME
7. Les perspectives de recherche sur les TI en tant que levier de la comp titivit des PME
Bibliographie
CHAPITRE 7 Les PME et les pratiques de GRH hautement performantes
Jamal Ben Mansour, Bruno Fabi, Richard Lacoursi re et Louis Raymond
1. La gen se d un concept
2. Les STHP en contexte de PME
3. La d finition d un STHP
4. Le contenu d un STHP
5. La relation STHP-performance
6. L op rationnalisation et la mesure d un STHP
7. Le STHP et la PME: utilisation variable des grappes de pratique
7.1. La mesure des variables
7.2. L analyse statistique
7.3. La configuration des syst mes de GRH
7.4. La performance des syst mes de GRH
7.5. Les variables contextuelles des syst mes de GRH
7.6. Les r sultats de l application
8. Les orientations futures
Bibliographie
CHAPITRE 8 Mondialisation, TIC et d veloppement durable: quel marketing pour les PME?
Brigitte Prud homme
1. Les caract ristiques des PME et les r percussions sur une strat gie marketing contemporaine
2. Les trois th ories pour soutenir le marketing des PME dans le contexte contemporain
2.1. La th orie de l orientation march
2.2. La Stakeholder Marketing Theory
2.3. La th orie de la communication marketing int gr e
Conclusion et avenues de recherche
Bibliographie
CHAPITRE 9 La performance durable des PME: une approche adapt e de pilotage
Marie Marchand, Chantale Roy et H l ne Bergeron
1. La performance et la performance durable
2. Le pilotage de la performance organisationnelle et le d veloppement durable
3. La mesure de la performance durable dans les PME: un tat de la situation
4. Le tableau de bord quilibr comme outil de pilotage de la performance durable
5. L utilisation des tableaux de bord dans les PME
6. Une approche en trois tapes pour les PME
7. Les avenues de recherche
Conclusion
Bibliographie
CHAPITRE 10 Le mentorat: utile pour qui et pour combien de temps?
tienne St-Jean et Maripier Tremblay
1. Le mentorat des entrepreneurs
2. La recension des crits
2.1. La reconnaissance d opportunit s des entrepreneurs
2.2. Le mentorat et la reconnaissance d opportunit s
2.3. L orientation dans un but d apprentissage
3. La m thodologie
3.1. Le programme tudi
3.2. L chantillon
3.3. Les biais d attrition
3.4. Les mesures
3.5. Les m thodes d analyse
4. Les r sultats
5. La discussion
6. Les limites de l tude
Bibliographie
CHAPITRE 11 La recherche sur les heuristiques et biais cognitifs chez les entrepreneurs: un bilan
Pierre Cossette
1. Les notions d heuristique et de biais cognitif
2. Les listes et les classifications des heuristiques et des biais cognitifs
3. Le cadre m thodologique
4. Les r sultats
4.1. L analyse des r sultats des travaux empiriques
4.2. L analyse des cadres m thodologiques
5. La discussion
5.1. L exc s de confiance et l exc s d optimisme: des construits distincts et des r sultats divergents
5.2. La pr dominance du devis synchronique ou d enqu te
5.3. Le choix des heuristiques et des biais tudier
5.4. Les heuristiques et les biais selon les contextes
5.5. La formation et la transformation des heuristiques et des biais
5.6. La pr vention et l limination des heuristiques inappropri es et des biais
Conclusion
Bibliographie
Partie 3 DES D FIS CONTEMPORAINS RELEVER
CHAPITRE 12 L entrepreneuriat international: origines et perspectives
Sophie Veilleux
1. Le bilan des connaissances
1.1. L historique
1.2. Les d terminants de l internationalisation
1.3. Le processus d internationalisation
1.4. Les mesures de la performance internationale
2. Des exemples empiriques de l entrepreneuriat international
2.1. Le d marrage des activit s d internationalisation
2.2. Une entreprise maintenant en croissance sur les march s trangers
2.3. Le passage du d marrage la croissance
3. Les avenues de recherche pour les travaux futurs
3.1. L entrepreneur
3.2. L entreprise
3.3. L environnement
Conclusion
Bibliographie
CHAPITRE 13 La gestion de l incertitude et du risque: une capacit strat gique d velopper
Jos e St-Pierre et Jalal El Fadil
1. L incertitude et le risque: pr sentation des concepts
1.1. L incertitude?
1.2. Le risque
1.3. Les risques et les comportements humains
2. La gestion du risque: une "nouvelle capacit strat gique
2.1. Une d finition de la gestion du risque
2.2. Le processus de gestion du risque: tapes et difficulties dans les PME
3. L exp rimentation: tude de trois PME innovantes
3.1. La m thodologie
3.2. La description de l chantillon
3.3. La pr sentation et l analyse des r sultats
4. Les avenues de recherche
Conclusion
Bibliographie
CHAPITRE 14 La gestion des connaissances dans les PME: revue de la litt rature et perspectives de recherche
Thang Le Dinh et Manh Chien Vu
1. Les concepts cl s
1.1. Les connaissances
1.2. La gestion des connaissances
2. La gestion des connaissances et les PME
2.1. La gestion des connaissances dans les PME
2.2. Les diff rentes applications de la GC dans les PME
2.3. La gestion des connaissances et le succ s des PME
2.4. La relation entre la gestion des connaissances et l innovation dans les PME
3. Les conclusions et les perspectives de recherches futures
3.1. Les conclusions
3.2. Les perspectives de recherches futures
Bibliographie
CHAPITRE 15 De l mergence d id es de valeur la capture de la valeur des id es en PME: quels droits de propri t intellectuelle pour les innovations d exploration ou d exploitation?
B rang re Szostak
1. L id ation et la protection: deux moments cl s de la cr ativit et de l innovation en PME
1.1. La phase d id ation en contexte de ressources limit es
1.2. La protection de la valeur des id es en PME par les droits de propri t intellectuelle
2. L innovation d exploration et d exploitation: quels DPI sont adopt s par les PME?
2.1. La m thodologie et le contexte de l tude empirique
2.2. Les principaux r sultats
2.3. La discussion
3. Des perspectives aux prises avec les tendances socio conomiques
Annexe 15.1. Les tests d ind pendance
Bibliographie
CHAPITRE 16 La sant psychologique des propri taires-dirigeants de PME: proposition d un mod le int grant les facteurs de stress de l environnement et leurs ressources motivationnelles
Claude Fernet et St phanie Austin
1. La sant psychologique des propri taires-dirigeants
2. La notion de stress
2.1. Les facteurs de l environnement comme sources potentielles de stress
2.2. Les traits de personnalit comme diff rences individuelles
3. Un mod le motivationnel de la sant psychologique des propri taires-dirigeants de PME
3.1. L apport des ressources motivationnelles dans la comprehension de la sant psychologique
3.2. L environnement social
3.3. Les diff rences individuelles
4. Les pistes de recherche
Conclusion
Bibliographie
CHAPITRE 17 La responsabilit sociale des entreprises (RSE) en context de PME: tat des lieux et pr sentation d un mod le int gr
Fran ois Labelle
1. Des d finitions
2. L tat des lieux de la recherche sur la RSE en PME
2.1. Les valeurs, les pr f rences, les croyances et les attitudes du propri taire-dirigeant quant la RSE
2.2. Les pratiques de RSE en contexte de PME et la performance globale
2.3. Les retomb es multiples
2.4. La n cessit d autres analyses
3. Le cadre conceptuel et la m thodologie
3.1. Les hypoth ses
3.2. L op rationnalisation des variables du mod le
4. Les r sultats
5. La discussion
6. Des avenues de recherche: les 5M de la recherche en RSE dans les PME
6.1. Les recherches multiniveaux et multifactorielles
6.2. Les tudes de terrain la Mintzberg
6.3. Les tudes multidisciplinaires
6.4. Les comparaisons mondiales
Annexe 17.1. Les variables retenues et les questions pos es
Bibliographie
Notices biographiques
Liste des figures
F IGURE 3.1 Taille optimale de la firme n oclassique
F IGURE 3.2 Duplication s lective.
F IGURE 3.3 Coase (1937) rencontre Heckman (1976), d apr s Gibbons (2005)
F IGURE 5.1 Cadre conceptuel: caract ristiques des PME et situation financi re
F IGURE 5.2 Distribution du taux d endettement des entreprises selon leur degr de maturit et leur rythme de croissance souhait
F IGURE 6.1 volution de la recherche sur les TI et les affaires lectroniques dans les PME
F IGURE 6.2 Les TI comme vecteur de performance comp titive des PME industrielles
F IGURE 6.3 Mod le de recherche sur les configurations de capacit s TI des PME industrielles
F IGURE 6.4 Perspectives de recherche sur les TI en tant que levier de la comp titivit des PME
F IGURE 7.1 Mod le de recherche
F IGURE 10.1 Interaction entre l OBA et les fonctions du mentor
F IGURE 13.1 Engagement des entreprises dans les diff rentes tapes de gestion du risque selon leur taille (pourcentage d entreprises)
F IGURE 13.2 Processus conventionnel de gestion des risques
F IGURE 13.3 Avenues de recherche sur la gestion du risque pour les PME
F IGURE 14.1 Processus g n ral de gestion des connaissances
F IGURE 14.2 Processus de mise en uvre de la gestion des connaissances dans les PME
F IGURE 16.1 Mod le motivationnel de la sant psychologique des dirigeants de PME
F IGURE 17.1 Liens entre plusieurs d terminants de natures individuelle, organisationnelle et contextuelle
Liste des tableaux
T ABLEAU 2.1 Synth se des composantes des cosyst mes entrepreneuriaux
T ABLEAU 2.2 D terminants de l entrepreneuriat r gional: approche quantitative
T ABLEAU 2.3 D terminants de l entrepreneuriat r gional: compl ment par une approche qualitative
T ABLEAU 4.1 Synth se des approches fondatrices du concept de capital social par Benedic et al. (2009)
T ABLEAU 4.2 Dimensions et composants du capital social d apr s Nahapiet et Ghoshal (1998).
T ABLEAU 5.1 Description de l chantillon (valeurs m dianes)
T ABLEAU 5.2 Caract ristiques financi res selon l ge et la volont de croissance
T ABLEAU 5.3 Pratiques d affaires selon l ge et la volont de croissance
T ABLEAU 6.1 Configurations de capacit s TI r sultant de l analyse taxonomique
T ABLEAU 6.2 Distribution des variables de contr le et de la performance comp titive par configuration de capacit s TI
T ABLEAU 7.1 Configurations des syst mes de GRH r sultant de l analyse typologique ( n = 427)
T ABLEAU 7.2 R partition de la satisfaction au travail, de l engagement organisationnel et de l intention de quitter selon la configuration des syst mes de GRH
T ABLEAU 7.3 R partition des variables contextuelles selon les syst mes de GRH
T ABLEAU 8.1 Canaux Internet et tactiques utilis s par les d taillants leaders
T ABLEAU 8.2 Pratiques et tactiques de communication adopt es par les PME
T ABLEAU 9.1 volution du concept de performance
T ABLEAU 9.2 tudes empiriques sur les dimensions de la performance mesur es par les PME
T ABLEAU 9.3 tudes empiriques sur l utilisation des tableaux de bord dans les PME
T ABLEAU 9.4 Tableau de bord pour le pilotage de la performance durable en PME: la PME "A
T ABLEAU 10.1 Moyennes, carts-types et corr lations des variables
T ABLEAU 10.2 R gression de l efficacit personnelle reconna tre des opportunit s
T ABLEAU 10.3 volution de l efficacit personnelle reconna tre des opportunit s (EPRO)
T ABLEAU 10.4 volution de l efficacit personnelle reconna tre des opportunit s selon les niveaux d orientation dans un but d apprentissage (OBA)
T ABLEAU 11.1 Listes et classifications importantes des heuristiques et des biais cognitifs
T ABLEAU 11.2 R sultats des recherches sur les heuristiques et les biais cognitifs
T ABLEAU 11.3 Cadre m thodologique des articles empiriques
T ABLEAU 12.1 Diff rentes appellations des entreprises internationales la naissance
T ABLEAU 12.2 Auteurs phares en entrepreneuriat international et leurs contributions
T ABLEAU 13.1 Vision du risque selon les champs de connaissance
T ABLEAU 13.2 Diff rentes d finitions du risque selon les perspectives techniques ou sociales
T ABLEAU 13.3 Profil des entreprises
T ABLEAU 13.4 Profil de trois r pondants
T ABLEAU 13.5 Profils diff rents des r pondants
T ABLEAU 13.6 Exemple d attitude tr s conservatrice de la part du directeur g n ral
T ABLEAU 13.7 Vision du risque des r pondants
T ABLEAU 13.8 Risques identifi s par les dirigeants de l entreprise A
T ABLEAU 13.9 Risques identifi s par les dirigeants de l entreprise B
T ABLEAU 13.10 Risques identifi s par les dirigeants de l entreprise C
T ABLEAU 15.1 Items mesur s pour les variables "innovation d exploration et "innovation d exploitation
T ABLEAU 15.2 D finition des cinq modalit s de la variable "largeur du portefeuille de DPI
T ABLEAU 15.3 Pr sentation des indicateurs des variables descriptives de l chantillon
T ABLEAU 15.4 Description des variables descriptives (n = 997)
T ABLEAU 15.5 Description des indicateurs de l innovation d exploration et de l innovation d exploitation (n = 997)
T ABLEAU 15.6 Description de l chantillon (n = 997)
T ABLEAU 15.7 Tests d ind pendance entre la largeur du portefeuille de DPI et les deux formes d innovation (n = 997)
T ABLEAU A1 Test d ind pendance entre les variables descriptives (effectif, CA, Dep_inno) et l innovation d exploration et l innovation d exploitation (n = 997)
T ABLEAU A2 Tests d ind pendance entre les cinq largeurs de portefeuille de DPI et les variables descriptives (effectif, CA, Dep_inno) (n = 997)
T ABLEAU 16.1 Manifestations de bien- tre et de mal- tre psychologiques
T ABLEAU 17.1 Diff rences entre grande entreprise et PME sous l angle de la RSE
T ABLEAU 17.2 Facteurs d influence de l int gration de la RSE dans les PME
T ABLEAU 17.3 Parties prenantes et pratiques de RSE en contexte de PME
INTRODUCTION
Les PME 1 peuvent-elles devenir les leaders dont ont besoin les soci t s?
Jos e St-Pierre et Fran ois Labelle
[Pour entrer de plain-pied dans le XXI e si cle,] il faut passer de la conqu te si dure de certitudes la connivence encore plus dure avec l incertitude.
E DGAR M QRIN (1981)
Longtemps pr sent es comme des entreprises "fragiles, aux ressources limit es, avec peu de perspectives de d veloppement et une p rennit incertaine , les PME sont d sormais reconnues comme des composantes actives et des acteurs cl s du d veloppement et de la vitalit conomique et sociale de toutes les r gions. Elles suscitent de plus en plus d int r t chez les chercheurs, mais aussi aupr s des pouvoirs publics et des conseillers en d veloppement conomique, qui se tournent vers elles pour leur cr ativit , leur capacit d innovation et leur flexibilit , qui leur procurent une grande facult d adaptation, pour assurer l emploi et la vitalit de leur territoire.
L environnement d affaires dans lequel les PME doivent jouer leurs r les conomique et social s est toutefois consid rablement modifi et complexifi au cours des vingt derni res ann es, obligeant bon nombre d entre elles revoir leurs fa ons de faire, r organiser leur structure et red finir leur mod le d affaires. On y trouve un plus grand nombre d acteurs aux comportements vari s et pr sentant des sensibilit s diff rentes sur les enjeux et les objectifs que doivent poursuivre les dirigeants de PME. Un environnement plus international dans lequel les fronti res s ouvrent au gr des accords multilat raux de libre- change, mais se referment galement au nom d un certain protectionnisme de l conomie nationale par les autorit s publiques, comme c est le cas aux tats-Unis, par exemple. L environnement est plus technologique, o les affaires lectroniques sont devenues un mode de travail essentiel pour permettre aux PME d tre comp titives en m me temps qu une menace leur survie, rendant leurs informations plus accessibles leurs clients et m me leurs concurrents! Un environnement plus sensible aux dimensions cologiques, sociales, o diff rentes parties prenantes s immiscent dans la gestion des entreprises. Un environnement plus turbulent et instable, o la dur e de vie des "pratiques d affaires et des comp tences est raccourcie, cr ant une incertitude tendue, ce qui augmente le stress des entrepreneurs et des dirigeants, et les besoins d accompagnement.
Mais cet environnement doit en m me temps tre munificent et offrir aux entrepreneurs et acteurs conomiques tout ce dont les PME peuvent avoir besoin pour pouvoir na tre, se d velopper et s manciper. Les PME les plus dynamiques ne sont pas des entreprises isol es dans un d sert de ressources, mais plut t des entreprises localis es dans des milieux innovants, stimulants, encourageants qui valorisent la cr ativit , le partage et la prise de risques. Toutefois, la disponibilit des ressources mat rielles ne suffit pas assurer un d veloppement conomique dynamique; encore faut-il que les "entrepreneurs aient envie d entreprendre, que cela soit valoris par leur milieu, et qu ils aient confiance de r ussir et m me la possibilit de se tromper l occasion sans tre "jug s .
Pour "affronter cet environnement, on comprend que la taille r duite des PME ne peut tre un pr texte pour d velopper au minimum certains atouts. Il faut tre r ticul pour tre capable d avoir port e de main les comp tences et les connaissances requises pour affronter les concurrents; il faut tre technologique pour pouvoir travailler dans des d lais courts, sur des distances longues et avec des co ts r duits; il faut tre agile et flexible pour absorber rapidement les connaissances nouvelles n cessaires pour renouveler ses propres comp tences; il faut tre "responsable et conscientis aux enjeux sociaux et environnementaux pour assurer la survie de l organisation, mais aussi celle de la plan te et le bien- tre de toutes les parties prenantes auxquelles doit rendre des comptes l entreprise; il faut tre international diff rents gards, soit pour trouver les ressources les plus aptes assurer la comp titivit de l entreprise, soit pour d tecter des opportunit s et atteindre des march s qui lui permettront de se d velopper, soit pour identifier des partenaires avec qui l entreprise partagera ses ressources pour soutenir sa comp titivit . Tout cela des degr s tr s divers, bien entendu.
Avec ces l ments en trame de fond, comment pouvons-nous amener les PME constituer un socle solide sur lequel se b tiront les soci t s du futur? Cet ouvrage, qui fait suite trois ditions successives de PME bilan et perspectives, offre d importantes pistes de r ponse, mais surtout des r flexions pour que les chercheurs remettent en question les connaissances acquises au cours des quarante derni res ann es afin de les actualiser la r alit d un monde conomique et social qui s est consid rablement modifi et complexifi durant cette p riode. Un monde qui est encore turbulent et instable et qui n offre pas la possibilit de se reposer sur le pass pour pr dire son avenir.
Nous avons besoin d affiner nos connaissances sur les PME pour les aider relever les d fis de demain, en comprenant bien ce qu elles taient hier et le chemin qu elles ont parcouru pour arriver se distinguer aujourd hui. Pour aider r pondre cet imp ratif du renouvellement des connaissances, 29 chercheurs de diff rents domaines ont t invit s contribuer cet ouvrage. Nous leur avons demand de tracer un tat des connaissances dans leur champ d expertise, de pr senter de fa on succincte les r sultats d une recherche dans leur domaine et, finalement, de se commettre dans la d finition d un agenda de recherche identifiant des questions pr cises pour lesquelles nous avons besoin de r ponses afin de pr parer les PME pour le futur.
On notera dans cet ouvrage une grande diversit de sujets ainsi que de m thodes de recherche et de points de r flexion. Cette diversit d approches est tout l image de ce champ de connaissance encore en mergence qui s approprie parfois, de fa on maladroite reconnaissons-le, les travaux d autres domaines pour mieux comprendre son objet. Avant de pr senter le contenu des trois sections qui composent l ouvrage, arr tons-nous bri vement sur la signification que nous avons voulu donner au titre en r sumant les connaissances sur les PME trois moments diff rents.
1. Les PME d hier handicap es par un d ficit r current de ressources et des pr jug s tenaces sur leurs capacit s
Que disait-on des PME il y a plus de 20 ans? Accabl es de multiples pr jug s, tant donn les rares travaux de recherche, elles sont alors d peintes comme faiblement comp titives, peu engag es dans des activit s forte prise de risque, ayant un faible comportement strat gique et centr es sur les valeurs et les objectifs de leur propri taire-dirigeant. Le r le centralisateur du propri taire-dirigeant masque l importance du personnel, qui est peu valoris et ne constitue pas un actif strat gique. L entreprise tant d pendante de son march et de ses clients, elle se pr sente principalement comme un producteur de biens ou de services.
La presse d affaires et beaucoup de travaux parlent des PME "sans nuances et souvent partir de la r alit anecdotique de petites entreprises, en oubliant que ce terme regroupe, selon les organismes de d veloppement conomique, des entreprises ayant leur emploi moins de 500 salari s. L absence du "M de PME, occult dans les analyses, contribue ainsi projeter une image peu int ressante pour d ventuels partenaires externes, dont les bailleurs de fonds, soit celle d une "affaire relativement individuelle et personnelle! Aussi, les approches d analyse reposent souvent sur de petits chantillons anecdotiques et les comp tences des chercheurs 2 , dont la plupart ont alors une faible connaissance de la r alit du terrain, qui les am nent g n raliser leurs r sultats l ensemble de la population. l oppos , on trouve aussi tout un ensemble de travaux qui tudient les PME avec les m mes regards que les grandes entreprises, pr textant que les PME en sont des versions miniatures puisqu elles devraient cro tre jusqu cette taille, tant dirig es par des entrepreneurs qui souhaitent accro tre leur richesse. La pr misse d un entrepreneur stimul par la seule poursuite du profit soutient ces id es. Ces tudes abordent les ph nom nes li s aux PME sans ouvrir la bo te noire et partir de donn es externes. Le c t "humain de la PME est n glig sur la base d une rationalit conomique qui permet de pr dire les comportements des acteurs. En somme, les connaissances sont polaris es: les grandes entreprises sont consid r es comme des mod les de r ussite et de gestion exemplaire, alors que les PME sont des acteurs plus modestes ayant de faibles perspectives de rendement. Cette vision des PME contribue aussi rendre difficile le recrutement de personnel sp cialis la sortie d une formation universitaire, alors que leurs besoins en la mati re se font plus pressants mesure que l conomie traditionnelle progresse vers l conomie de la connaissance.
2. Les PME aujourd hui de moins en moins complex es par leur taille r duite!
Depuis 20 ans, les travaux ont permis de montrer clairement que les PME peuvent adopter des comportements strat giques et d finir leur organisation afin de faire face des degr s lev s d incertitude et de turbulence. On reconna t de plus en plus la complexit de ces organisations, notamment les relations qu elles entretiennent avec leur milieu, les collaborations qu elles peuvent avoir avec une multitude de partenaires et la diversit des parcours qu elles empruntent pour cro tre ou se stabiliser une taille qui convient leur dirigeant principal.
Aussi, plusieurs chercheurs mettent de l avant des caract ristiques des PME qui influencent leur mode d organisation, rendant chacune d elles singuli re. La taille, le comportement strat gique, le degr de maturit , ainsi qu une conjugaison de ces crit res montrent que les PME se configurent selon leurs besoins, ce qu une lecture trop g n rale ne permet pas d appr cier. L entrepreneur "isol et seul chef d orchestre d crit moins bien le dirigeant de PME d aujourd hui, qui apprend travailler avec d autres pour combler des ressources et des comp tences limit es et pour favoriser une gestion responsable dans un monde plus collaboratif.
Certaines PME d aujourd hui sont aussi plus globales, plus cr atives, plus innovantes; elles valorisent les id es, les connaissances et leur capital intellectuel. Elles sont de plus en plus ouvertes aux d fis induits par la croissance de l entreprise et de ses activit s sur des terrains nouveaux, dont les march s trangers. Elles affrontent l incertitude des march s mergents et de l innovation radicale, s ouvrent des occasions d affaires jadis r serv es aux entreprises de taille plus importante, et multilocalisent leurs activit s pour mieux r pondre aux exigences de leur march et tendre leur rayon d action 3 , appelant une red finition de la notion de proximit . Leur performance peut tre exemplaire d s lors que la configuration de l entreprise est en ad quation avec les objectifs que poursuivent ses dirigeants et les strat gies qu ils mettent en place. Ces PME sont inform es et transform es par rapport leurs pr d cesseurs. D ailleurs, de petites entreprises sont des leaders mondiaux sur des march s de niche, gr ce l ing niosit d un propri taire-dirigeant ou d une quipe dirigeante r ticul e, branch e, comp tente dans l utilisation des technologies de l information.
Dans la foul e des th ories de la contingence, d autres mod les th oriques, comme celui de la diversit des capitalismes, en plus des mod les bas s sur les ressources et comp tences, ou celui de l effectuation, ont permis notamment de raffiner les distinctions entre les PME. Plusieurs enqu tes ont aussi confirm que "les PME constituent un ensemble d acteurs conomiques h t rog nes duquel les tudes macro conomiques ne permettent pas de rendre compte de la r alit multiforme. L utilisation de ces mod les d analyse a permis d importantes avanc es dans cette reconnaissance des sp cificit s des PME. L orientation strat gique et son influence sur la configuration des PME ont t mises de l avant et ont permis de d montrer cette diversit de comportements qui ont rendu encore plus inad quate la d nomination "LA PME , celle-ci ne pouvant tre qu une simple caricature d un monde complexe. Ainsi, on retrouve dans ce monde "DES PME strat giques, innovantes, dynamiques , mais aussi des PME locales desservant des besoins de proximit , l image de celles d crites il y a plus de 20 ans. Cette mixit d entreprises, de formes, de tailles et de strat gies vari es, est n cessaire pour la construction d un cosyst me dynamique et pluriel dans lequel on soutient galement des espaces liminaux, contre-courant, des espaces de r sistance d o les ph nom nes de destruction cr atrice peuvent merger.
3. Les PME de demain 4 disposant d un fort leadership pour assurer l activit conomique tout en prot geant les ressources limit es de la plan te!
Bien que beaucoup de travaux sur les PME fondent leur analyse sur le principe de proximit pour tudier ou expliquer leurs comportements, certaines observations r centes et la complexification de l environnement des affaires invitent questionner ces pr ceptes. Les tendances induites par l environnement d affaires, mais aussi par une augmentation du degr de formation des entrepreneurs, semblent vouloir s acc l rer, invitant du m me coup les chercheurs y porter attention.
Les PME sont devenues les "joyaux du d veloppement conomique et de l action des pouvoirs publics. Elles sont plus internationales et aux contours encore plus flous et ind finissables tant donn leurs relations avec de multiples partenaires externes, nationaux ou internationaux; plus preneuses de risques bien identifi s, mesur s et calcul s; plus coll giales avec une direction plusieurs t tes et l engagement plus soutenu du personnel dans son d veloppement afin de r duire l influence des facteurs de stress sur le propri taire-dirigeant, plus soucieux de prot ger son tat de sant ; plus socialement responsables avec une conjugaison des int r ts de nombreuses parties prenantes, dont ceux de l quipe dirigeante, de ses employ s, de ses partenaires d affaires et de la soci t .
Peuvent-elles devenir les leaders dont ont besoin les soci t s modernes? Seront-elles plus fragiles tant donn les nombreux d fis qu elles auront relever face une concurrence qui ne cesse de se m tamorphoser gr ce la mondialisation et aux technologies? Qu adviendra-t-il de leurs capacit s se distinguer aupr s de consommateurs qui exigent toujours plus de nouveaut alors que l av nement des affaires lectroniques, du Web et de l Internet rend les informations de l entreprise accessibles ses concurrents, facilitant ainsi leur entr e sur leur march ?
L innovation "ouverte et collaborative qui est s duisante aujourd hui parce qu elle r pond aux besoins de certaines parties prenantes de s engager dans le d veloppement conomique de leur soci t n est-elle pas en m me temps une menace "s rieuse la capacit des PME assurer leur caract re distinctif? Comment vont-elles r soudre le paradoxe entre cette ouverture et le besoin de prot ger leurs actifs strat giques? Est-ce que les PME continueront d tre le prolongement de l entrepreneur? Ou seront-elles plut t un m tissage entre les diff rentes personnalit s qui concourent leur d veloppement?
Les paragraphes pr c dents ouvrent la discussion, qui sera largie par les travaux de nos collaborateurs. Dans tous les cas, on trouvera des r ponses approfondies aux interrogations soulev es, mais aussi de nouvelles questions creuser et sur lesquelles devraient porter les efforts des chercheurs dans ces domaines.
Les trois parties de l ouvrage sont organis es comme suit.
La partie 1 "Un contexte en volution et des assises renouveler pr sente les assises th oriques sur lesquelles s appuient les notions de PME et d entrepreneuriat, assises qui sont parfois fragiles et qui appellent certaines remises en question. Nous y avons sciemment jumel les bases th oriques sur lesquelles se fondent une grande partie des travaux dans le champ des PME et de l entrepreneuriat, et deux th mes plus contemporains qui sont mobilis s par une grande partie de la communaut des chercheurs qui nous nous adressons. Les trois premiers chapitres rappellent certains fondements et les contextes qui leur ont donn naissance et ouvrent la discussion sur la remise en question de ces bases th oriques, tant donn le renouvellement de l environnement d affaires des PME. Les deux derniers chapitres se veulent quant eux particuli rement critiques sur l utilisation des notions de "capital social et de la "finance entrepreneuriale , plus ou moins bien ma tris es, par les chercheurs qui affirment contribuer aux connaissances dans ces domaines. L volution de ces deux notions pr sent e par les auteurs t moigne de l une des difficult s de la recherche dans le jeune champ qui nous r unit, alors que la terminologie n est pas stabilis e, ce qui donne lieu des contributions plus ou moins approfondies et qui concourent embrouiller l tat des connaissances sans le faire v ritablement voluer.
La partie 2 "Des comp tences ma triser montre clairement que les PME disposent aujourd hui de comp tences tr s vari es pour affronter les d fis de leur march . Avec l av nement de l conomie de la connaissance, les actifs strat giques des PME sont r solument immat riels et reposent dans leurs savoirs et leurs savoir-faire. La performance est toujours au c ur des pr occupations des chefs d entreprise, mais cette performance est d sormais abord e partir d une vision plus globale o les enjeux conomiques se m langent des enjeux sociaux et environnementaux. Cette performance multidimensionnelle pr sente toutefois certaines difficult s dans sa mesure, ce qui peut constituer un enjeu dans une volont d assurer sa gestion la faveur de la p rennit des PME. Dans une conomie "mouvante , o l entreprise est aussi confront e de la turbulence dans son environnement interne avec de nouvelles g n rations d employ s, plus inform s et mieux form s qu auparavant, la gestion des ressources humaines met davantage l accent sur des outils valorisant l engagement envers les objectifs organisationnels plut t que le contr le et une supervision troite des employ s. Des "syst mes de travail haute performance conviennent aussi davantage aux d fis de la mondialisation, o les PME doivent accentuer leurs efforts d innovation pour se d marquer sur leur march local, mais aussi sur le plan international. Au c ur de l innovation, on retrouve du personnel engag , mais aussi des technologies modernes de production et de communication qui permettent de favoriser de meilleurs changes avec les collaborateurs rapproch s et loign s de l entreprise.
Finalement, les activit s d accompagnement soutenues par les pouvoirs publics dans le but de faciliter et d acc l rer l entr e dans la carri re entrepreneuriale d "entrepreneurs talentueux et prometteurs voient leur importance confirm e aupr s d entrepreneurs novices, mais ayant un profil d apprentissage particulier. Cet accompagnement pourrait aussi tre plus profitable s il s inscrivait dans la dur e pour certains individus ayant plus de difficult s d tecter les opportunit s d affaires attrayantes. Par ailleurs, ces m mes entrepreneurs en devenir et leurs mentors devront tre conscientis s propos d un ensemble de biais qui peuvent contaminer leur cadre d analyse et induire des erreurs importantes dans leurs d cisions. Plusieurs de ces biais sont maintenant connus, document s; ils touchent particuli rement les entrepreneurs novices, mais peuvent tre vit s. Dans un environnement complexe, comme nous l avons maintes fois voqu dans les derni res pages, on peut comprendre que les actions des pouvoirs publics doivent tre coh rentes et que la volont de soutenir et de stimuler un entrepreneuriat dynamique doit prendre acte des derni res observations en allouant les ressources n cessaires pour cette partie d licate du d marrage en affaires, tout en reconnaissant le besoin d actions plus particuli res selon les contextes.
La partie 3 "Des d fis contemporains relever ouvre sur des discussions plus r centes avec des questions de recherche nouvelles et qui montrent le dynamisme de ce champ de recherche. On retrouve ainsi les l ments cl s pour aider les PME relever les d fis de l conomie de la connaissance mondialis e, par les travaux qui mettent en exergue l importance des actifs intangibles et les strat gies plus immat rielles des PME au c ur desquelles se situe l innovation. L internationalisation des activit s est pr sent e sous tous ses angles plut t que d tre confin e principalement celui de l exportation. Selon leurs produits, l internationalisation commerciale n est pas un choix pour les PME, mais une n cessit , vu l troitesse du march national. Des besoins de formation particuli re et d accompagnements sp cialis s deviendront des actions essentielles pour les pouvoirs publics qui souhaitent qu un plus grand nombre de PME s engagent sur des march s internationaux, bien qu elles n aient peut- tre pas toutes les comp tences pour r ussir!
La qu te d l ments distinctifs essentiels pour favoriser la comp titivit des PME nous am ne vers la r alisation d activit s forte valeur ajout e que sont l innovation et la gestion des connaissances, activit s "cr atrices qui demandent aussi de nouveaux savoirs, savoir-faire et savoir- tre. Produire des id es et identifier des opportunit s exigent du personnel qualifi et engag , des r seaux riches et des collaborateurs de diff rents horizons, mais galement des dirigeants "en sant , alors que celle-ci est fragilis e par des environnements qui pr sentent de nouveaux facteurs de stress ignor s jusqu tout r cemment.
Toutefois, la sant ne peut "tout garantir , et il sera n cessaire de d velopper des comp tences pour g rer cette incertitude multidimension-nelle de plus en plus grande et les risques qui se renouvellent sans cesse. La protection de sa propri t intellectuelle pour pr server son positionnement strat gique, la vigilance sur l tat de sant du dirigeant pour assurer la qualit du leadership et de la prise de d cision, ou la surveillance d un partenaire tranger dans des activit s collaboratives sont autant de strat gies que doivent d ployer les PME pour contr ler, du moins minimalement, les risques de voir leurs efforts de comp titivit basculer vers des situations d chec qui peuvent tre irr versibles.
Par ailleurs, on reconna t que cette recherche d opportunit s et d une valeur distinctive r pond des imp ratifs plus g n raux que la valeur conomique, s agissant davantage d une valeur partag e, comme le sugg rent les nouvelles orientations de plus en plus retenues, qui mettent au premier plan la responsabilit sociale des entreprises. Cette ouverture aux diverses parties prenantes n est toutefois pas encore int gr e chez tous les dirigeants de PME, ce qui demandera aux pouvoirs publics de revoir leurs interventions afin d arriver atteindre les cibles qu ils se seront fix es sur le respect de l environnement de m me que sur les enjeux sociaux.
Un vaste champ de connaissance interroger!
Finalement, cette r flexion sur laquelle pr s de 30 chercheurs ont travaill plus d une ann e ne saurait tre compl te, et il serait na f de penser qu elle suffit r pondre la question pos e dans le titre de cette section.
En effet, tant donn l tendue du champ de connaissance des PME et de l entrepreneuriat, un seul ouvrage ne peut faire le tour de tous les sujets de recherche qui devraient stimuler l int r t des chercheurs et orienter leurs efforts pour les prochaines ann es. Sans tre exhaustifs, nous pouvons soulever tous les contextes o l entrepreneuriat s exerce de fa on particuli re, comme l entrepreneuriat social, f minin, immigrant, chevronn ; la p rennit des PME dans des situations de rel ve ou de repreneuriat, que les repreneurs soient de la famille, de l entreprise ou totalement inconnus de celle-ci au moment de l entr e en poste; la mont e en puissance de l conomie de partage et ses incidences sur les diff rents modes d organisation et mod les d affaires; l influence des nouvelles g n rations d entrepreneurs et de leur mode de vie sur les entreprises qu ils vont cr er; les capacit s des institutions accompagner la cr ation et le d veloppement des PME dans un monde en perp tuel changement o plus rien n est acquis
Nous invitons ainsi les lecteurs suivre l volution des travaux des chercheurs membres ou associ s de l Institut de recherche sur les PME pour acqu rir des connaissances sur ces questionnements.
Nous souhaitons une bonne et stimulante lecture de cet ouvrage en esp rant qu il apporte des r ponses ou des pistes de r flexion utiles et pertinentes pour aider les PME devenir les leaders dont ont besoin les soci t s! Que les lecteurs reconnaissent galement la complexit de ce champ de connaissance et le fait que c est par celle-ci que les chercheurs, tout autant que les pouvoirs publics et les acteurs conomiques, arriveront mettre profit le talent de ces structures et de l entrepreneuriat.
Bibliographie
B OUTARY , M., M.-C. M ONNOYER et J. S T -P IERRE (2016). Les PME l re de la mondialisation: d mystifier la d localisation et la multilocalisation, Qu bec, Presses de l Universit du Qu bec, 273 p.
J ULIEN , P.-A. (2005). Entrepreneuriat r gional et conomie de la connaissance. Une m taphore des romans policiers, Qu bec, Presses de l Universit du Qu bec, 408 p.
J ULIEN , P.-A. et J. S T -P IERRE (2015). Dynamiser le d veloppement r gional par l entrepreneuriat. Mesures et cl s pour agir, Qu bec, Presses de l Universit du Qu bec, 479 p.

1 . Rappelons ici qu il n existe aucune d finition universelle de la notion de PME et qu elles sont souvent d crites et regroup es partir de crit res quantitatifs tels que la taille, dont les seuils varient selon les pays et le domaine d activit . Au Canada et aux tats-Unis, par exemple, on reconna t les entreprises industrielles de moins de 500 salari s comme des PME, alors que ce nombre est de 250 dans la communaut europ enne, mais ce crit re du nombre d employ s est insuffisant pour d crire ces entreprises, comme nous le verrons tout au long de cet ouvrage, puisque cela ne permet pas de rendre compte de leurs diversit et h t rog n it extr mes. Nous r f rons les lecteurs aux ouvrages de Julien et St-Pierre (2015) ou de Julien (2005) pour une discussion plus pouss e sur ce sujet.
2 . On notera aussi que l enseignement de l entrepreneuriat tait presque inexistant cette poque et que les PME taient tr s peu discut es dans les diff rents cursus universitaires, ce qui n a pas permis de "former de v ritables experts de ce sujet. De fait, de nombreux chercheurs en PME sont, cette poque, des chercheurs qui se sont convertis ce champ d expertise par leurs travaux de recherche et un int r t particulier pour ces acteurs conomiques peu connus, mais "intrigants !
3 . Pour une illustration de cas de PME ayant adopt de telles strat gies de localisation de leurs activit s, le lecteur est invit consulter l ouvrage de Boutary, Monnoyer et St-Pierre (2016).
4 . Puisque cette section adopte un regard plus prospectif sur ce que pourraient tre les PME de demain, elle prendra plus la forme de questions que d affirmations.
PARTIE 1
Un contexte en volution et des assises renouveler
CHAPITRE 1
Les th ories en entrepreneuriat
Pour que les fruits passent la promesse des fleurs 1
Olivier Germain 2
"Cr er, c est vivre deux fois. "La cr ation, c est le grand mime.
A LBERT C AMUS , Le mythe de Sisyphe.
Au regard d autres domaines des sciences de la gestion, l entrepreneuriat pr sente la particularit d avoir t investi bien avant par des disciplines telles que l conomie et la psychologie, qui continuent d en inspirer le d veloppement. Ces filiations ont contribu installer quelques croyances robustes telles qu un rapport troit l innovation et la croissance conomique pour la premi re ou l existence de traits particuliers un entrepreneur relativement solitaire pour la seconde. Ces croyances sont autant d "allant de soi questionner dont l entrepreneuriat, dans une pens e gestionnaire, s est peut- tre insuffisamment d fait. Un travail important d autonomisation a toutefois t men visant notamment consid rer la complexit et la vari t des ph nom nes entrepreneuriaux, la sensibilit des pratiques aux contextes dans lesquels elles se d ploient, mais aussi l tendue des incarnations de l "entreprendre 3 . Ce travail s est accompagn de l invention d un outillage conceptuel, m thodologique et pist mologique longtemps marqu par une tradition fonctionnaliste et objectiviste, mais qui s est peu peu ouvert au pluralisme.
Le champ de l entrepreneuriat, s il est consid r comme r cent en gestion, est ainsi aujourd hui suffisamment institutionnalis pour se pr ter un examen critique des connaissances produites et des avenues prometteuses. Des revues de premier plan, des communaut s acad miques tablies, un nombre cons quent de handbooks et la pr sence dans les plus grandes conf rences en t moignent. Dans le m me temps, le champ s est d velopp par la fragmentation en de multiples conversations locales, ce qui s explique sans doute par la difficult en tracer des fronti res herm tiques. L objet empirique est d abord travers par des probl matiques qui imposent l interdisciplinarit des approches et une vari t d emprunts th oriques (Landstr m, 2008). Les conduites entrepreneuriales prennent ensuite une vari t de formes (cr ation, repreneuriat, intrapreneuriat, entrepreneuriat international, etc.) et se rep rent dans des contextes tr s vari s (petites et moyennes organisations, industries culturelles, conomie solidaire, organisations publiques, etc.). Une approche prosa que consisterait consid rer que l entrepreneuriat est pr occup par tout ce qui a voir avec la cr ation de nouveaut dans le cours ordinaire des choses (Steyaert, 2004). Enfin, et c est li , la puissance du discours entrepreneurial, qu il soit acad mique, pratique ou politique, conduit revisiter de mani re parfois abusive des pratiques manag riales sous des allures entrepreneuriales. Il en va ainsi parfois de la gestion de projet ou de techniques de management participatif. Cette puissance s exerce par ailleurs sur la formation des identit s entrepreneuriales jug es acceptables, comme je le d velopperai (Br ckling, 2016). Si la dilution de l objet de recherche ne facilite pas la t che lorsqu il s agit de faire le point, elle conduit surtout consid rer le champ comme constitu d une grande vari t de paradigmes persistant dans des niches th oriques, ou plus probablement comme a-paradigmatique. Cette ouverture du champ pourrait tre consid r e comme une invitation accueillir des conversations plus nombreuses, ce que confirmerait le regain d int r t actuel de chercheurs issus des autres disciplines de gestion et, plus largement, des sciences humaines et sociales, pour un objet la fois pluriel et m tiss . Toutefois, ici, il sera question de l entrepreneuriat au sens des activit s de cr ation organisationnelle qui sous-tendent notamment la cr ation et le d veloppement des petites et moyennes organisations, que je ne traiterai toutefois pas directement ici.
Loin de pr tendre embrasser l ensemble des connaissances produites dans le champ, ce chapitre vise en organiser les volutions et enjeux l aune, d une part, de deux dimensions structurantes de la pratique entrepreneuriale - l espace et le temps - et, d autre part, de la tension continuellement l uvre dans les conduites entrepreneuriales entre l gitimit et mancipation. L utilisation de ces quatre mots cl s permettra de revisiter des th mes importants en entrepreneuriat, dont certains ont fond le champ. Je tenterai de mettre en vidence le fait que, pour passer la promesse des fleurs, les th ories gagneraient remettre leur agenda quelques lignes de force dont elles se sont probablement loign es. trop mettre l accent sur la n cessit de l gitimer la fois le projet entrepreneurial et les identit s entrepreneuriales, nous avons ainsi peut- tre perdu l essence subversive de l "entreprendre , mais aussi le projet mancipatoire au c ur de l entrepreneuriat. De la m me mani re, la tentation d une abstraction th orique du processus entrepreneurial nous a peut- tre cart s de l exp rience entrepreneuriale v cue dans sa pleine ind termination. L espace de l entrepreneur s est de son c t loign d une approche strictement g ographique pour s enrichir de dimensions symboliques, processuelles et mancipatoires qui contribuent r inventer les formes collectives de l entreprendre. En conclusion, j envisagerai quelques perspectives autour des approches critiques en entrepreneuriat qui laissent pr sager certains renouvellements th oriques du champ. Ces renouvellements recommandent la fois une conversation de l entrepreneuriat avec d autres sciences humaines et sociales et l invention de nouveaux concepts.
1. Du milieu entrepreneurial aux espaces potentiels de l entreprendre
L encastrement sociospatial des activit s entrepreneuriales constitue aujourd hui une pr occupation majeure dans le champ (Johannisson et Nilsson, 1989). La dimension "o des contextes entrepreneuriaux recouvre des types vari s (social, spatial, industriel ou institutionnel) et inclut autant des contextes distaux comme les pays ou la soci t que des contextes proches tels que le voisinage local des entrepreneurs (Welter, 2011). Toutefois, les recherches restent concentr es sur des chelles relativement larges, a minima r gionales, afin de mettre en lumi re les ressorts territoriaux de l activit entrepreneuriale et les conditions d une intervention publique efficace (Stam et Bosma, 2015; Trettin et Welter, 2011). Il reste donc mieux consid rer l espace de la pratique quotidienne de l entrepreneuriat, qui rend compte de la complexit des contextes vari s de l entreprendre (Steyaert et Katz, 2004). Cette derni re me semble n cessiter de mettre l accent sur les dimensions processuelle et mancipatoire dans la pratique des espaces. En cela, les pratiques collaboratives r centes annoncent peut- tre une r invention de l espace.
1.1. Le district industriel et ses d clinaisons successives
Les racines n oclassiques de l entrepreneuriat font relativement abstraction du territoire concret et se situent dans un rapport utilitaire un territoire indiff renci et non maill o celui-ci forme un r servoir de facteurs parmi d autres. Le paradigme dominant installe une causalit forte entre, d une part, la division du travail et la croissance interne de l entreprise et, d autre part, l efficacit conomique, et ne favorise pas une prise en compte des relations entre acteurs d un territoire.
Une premi re rupture au regard du mythe de l entrepreneur n oclassique est op r e par le truchement, dans le raisonnement, de logiques territoriales qui branlent l id e d une homog n it des espaces conomiques et, de mani re inh rente, l id e d une concurrence pure et parfaite. Le territoire peut ainsi, dans la tradition d Alfred Marshall (1920), n oclassique dissident sur ce point, jouer un r le dans la production de diff rences au sein du tissu conomique. Plus encore, l introduction de la notion de "district industriel fait appara tre la dimension collective inh rente l entrepreneuriat en insistant sur la place des interd pendances entre les petites unit s d un espace g ographique donn , entre ce r seau et le march du travail sp cialis , entre le tissu socio conomique, la communaut locale et les acteurs en r seau (Johannisson, Karlsson et Ramirez-Pasillas, 2002). Dans l esprit de Marshall, la proximit et la colocalisation produisent des avantages mutuels, et le milieu cr atif g n re des effets externes. De mani re vertueuse, le territoire devient pour l entrepreneuriat collectif un r servoir de ressources qui lui permet de se r g n rer (Stam et Bosma, 2015). Marshall anticipe les dimensions organisationnelles du district en d veloppant la notion d "atmosph re industrielle qui pr sage l importance de la circulation des savoir-faire et de l inscription historique et identitaire des districts (Johannisson et Wigren, 2006). Dans une continuit contemporaine, Becattini (1991) insiste sur l importance du capital social, qui permet aux strat gies collectives de se d ployer et au district de se r g n rer sous la forme d un milieu cr atif (Courlet et Fourcade, 2015) 4 . Le capital social est ici entendu comme l ensemble des ressources encastr es dans la structure sociale - ici le territoire et les relations sociales entre ses parties prenantes -, qui sont activ es ou mobilis es dans les projets des acteurs.
Si la notion de "district permet de comprendre les conditions territoriales de d veloppement d un tissu de petites organisations, elle est moins centr e sur l mergence de nouvelles organisations, ce que permet la notion de "milieu entrepreneurial (Julien, 2005, chap. 5). En effet, un milieu se distingue par sa capacit offrir une culture entrepreneuriale qui permet de soutenir ou non la cr ation d occasions d affaires dans la mesure o il favorise des "relations actives entre tous les acteurs qui le composent. Au-del , il se caract rise comme un syst me ouvert sur son contexte plus large, ce qui en permet la r g n ration. Pour autant, le milieu se rep re plus ais ment par l identification d un substrat culturel commun qui favorise l encastrement de nouveaux entrepreneurs. la mani re d une convention, il r duit l incertitude en ce qu il facilite les d cisions entrepreneuriales par le recours des sch mes partag s. Le milieu donne l acc s un ensemble de ressources financi res et immat rielles gr ce au travail de proximit s vari es (organisationnelle, cognitive, etc.). En somme, au-del d un r servoir de ressources, le milieu exerce un r le majeur en mati re de formation, de circulation et de partage de l information et des connaissances. Les tudes restent pourtant assez silencieuses sur ces processus collectifs localis s qui fa onnent les structures conomiques spatiales et les secteurs, et dans lesquels les entrepreneurs interagissent avec d autres agents travers diff rentes chelles g ographiques (Julien, 2005) 5 . Elles sont largement focalis es sur les conditions territoriales de l activit entrepreneuriale, mais il s agirait bien plus de se centrer sur la dynamique co volutionnaire sous-jacente cette activit (Stam et Bosma, 2015).
Les atouts d une approche territoriale de l entrepreneuriat incitent les acteurs, en particulier publics, en rechercher les effets mergents par la construction de contextes propices en travaillant les sp cificit s territoriales. Ils invitent les chercheurs mettre en lumi re, de leur c t , les conditions favorables cette construction dans une vis e quasi normative. Si elle reste encore fragile th oriquement, la notion d cosyst me entrepreneurial joue sur ce registre et met davantage au centre l accompagnement des projets entrepreneuriaux et la capacit assurer durablement un flux de cr ations 6 . Au regard d autres notions spatiales, les entrepreneurs sont les joueurs centraux dans la cr ation et le d veloppement du syst me, ce qui conduit parler d une privatisation de la politique entrepreneuriale, mais aussi souligner l importance de la logique intrapreneuriale ( bottom-up) dans les cosyst mes (Isenberg, 2010; Stam, 2015). Les acteurs publics seraient consid r s comme "nourriciers plus que comme leaders des cosyst mes (Feld, 2012). Les structures d accompagnement ou d incubation paraissent toutefois jouer au c ur des cosyst mes un r le structurant qui articule une grande vari t d acteurs (Engel et Teece, 2012) partageant une communaut de destin. Les fronti res des cosyst mes s av rent d ailleurs difficiles saisir tant les chelons concern s peuvent varier d une situation une autre (Stam, 2015). L examen de quelques cosyst mes illustres a mis au jour la dimension co volutionnaire l uvre au sein de ces syst mes complexes parfois fond s, dans un rapport r silient au territoire, sur une faiblesse entrepreneuriale (Stam et Bosma, 2015). L mergence de communaut s actives d entrepreneurs s est produite conjointement et gr ce au d veloppement d un capital de risque sur le terreau pr par par un cluster. Des infrastructures institutionnelles se forment une fois atteinte une "masse critique de projets entrepreneuriaux. Dans une approche cosyst mique, les interactions entre acteurs encastr s dans une infrastructure contribuent donc cultiver l entrepreneuriat.
Ainsi, l approche par les cosyst mes, comme d autres notions spatiales insaisissables, conna t quelques difficult s th oriques (Stam, 2015). Elle souffre d un risque tautologique dans la mesure o les cosyst mes entrepreneuriaux sont des syst mes qui produisent des projets entrepreneuriaux succ s, qui caract risent eux-m mes les bons cosyst mes. Il reste difficile de sp cifier des relations de cause effet entre cosyst mes et conditions territoriales favorables. Enfin, les cosyst mes sont particuli rement h t rog nes en termes d chelles g ographiques.
Les approches h rit es des districts industriels soulignent en fin de compte des enjeux des repr sentations de l espace en entrepreneuriat qui oscillent entre le respect des dynamiques naturelles historiques, sociales et g ographiques dans une perspective volutionniste et la construction sociale et politique par les acteurs, pouvant aller jusqu un oubli des conditions g ographiques.
1.2. La prise en compte des lieux de vie quotidienne des entrepreneurs
Les recherches en entrepreneuriat se concentrent ainsi majoritairement sur des contextes relativement loign s de l activit entrepreneuriale, au d triment des conditions locales de la vie quotidienne des entrepreneurs (Steyaert et Katz, 2004; Trettin et Welter, 2011). Le fait de se focaliser sur la distance introduit alors un biais en faveur du concept de proximit en ce qu il s agit de r duire un espace abstrait quelque chose de possible appr hender pour tous les acteurs, y compris les chercheurs et intervenants publics. Avant d envisager les pistes qui restent explorer, je souhaiterais souligner qu une pens e implicitement marqu e par une g om trie de l espace tend pi ger les raisonnements.
Tout d abord, les travaux restent empreints d une approche g om trique qui sugg re de cerner l espace, de le r ifier par le rep rage de ses coordonn es pour tre en mesure de le penser et de l tudier. Fait de fronti res, l espace est ainsi transform en une sorte d abstraction qui permet de mesurer des distances, de cr er des chelles spatiales, de distinguer artificiellement des types d espaces, mais aussi de comprendre les mouvements l int rieur des (et entre les) espaces. En arri re-plan, cela suppose une ontologie stable de l espace dont il est aussi possible d valuer les d placements de fronti res, mais aussi l existence d un espace donn qui fournit les conditions de l activit entrepreneuriale. Cette r ification de l espace, m me si elle peut faire l objet de mesures successives, conduit galement l invention d un territoire fertile et productif pens au regard de ses finalit s au d triment d un espace v cu, pluriel et mobile. En mesurant l espace, il est possible d en valuer la performance ou la productivit . L espace est ainsi trangement conduit tre d territorialis sous la forme d une abstraction, certes intellectuellement confortable, mais qui ne consid re pas la vie qui s y d roule.
Somme toute, les travaux oscillent r guli rement entre les deux premi res dimensions de l espace identifi es par Lefebvre (1974), qui font, selon lui, l objet d un certain "f tichisme : l espace produit et donc consomm ; l espace de la production qui renvoie la r partition de la production dans l espace. Au contraire, la production sociale et temporelle de l espace, troisi me dimension, reste relativement sous-estim e. Cela renvoie la distinction r guli rement op r e entre, d une part, l espace qui r siderait essentiellement dans une valuation conomique de sa capacit g n rer des profits et rel ve du sens commun et, d autre part, le lieu qui proc derait plus de la capacit produire du sens ( sense of place) et rendre l espace familier de sorte qu il suscite un attachement subjectif et motionnel (Bjerke, 2007). Le d placement de l espace vers le lieu (o se vit l entrepreneuriat) traduirait une forme d appropriation de l espace par les acteurs (Massey, 1995); j y reviendrai.
La r ification de l espace entrepreneurial n est pas que le fait du chercheur dans une tradition fonctionnaliste. Comme le rappelle Lefebvre, l espace est aussi une construction politique qui installe des rapports et des in galit s de pouvoir. Savants, planificateurs, urbanistes produisent des "repr sentations de l espace qui s imposent aux individus par un ensemble de conventions (Lefebvre, 1974). Cette construction artificielle de l espace est consubstantielle de l volution du capitalisme, qui proc de par le quadrillage du territoire pour le rendre exploitable et productif (Deleuze et Guattari, 1981). L tiquetage des territoires (en p les de comp titivit , par exemple) permet galement de les diff rencier en termes de performance et donc d appui.
Cette g om trisation de l espace exerce aussi des effets l gitimant sur l activit entrepreneuriale qui s y d ploie. Un espace devenu normatif peut amener une normalisation des conduites entrepreneuriales en stipulant quels sont les comportements et les identit s habilit s et consid r s comme acceptables sur le territoire. Le milieu peut devenir un facteur inhibant pour les entrepreneurs en ce qu il constitue une infrastructure institutionnelle qui induit des effets isomorphiques sur les conduites entrepreneuriales (Julien, 2005). Il est aussi facilitant dans la mesure o il favorise le d codage des conventions afin d obtenir des ressources. Les strat gies collectives men es par les entrepreneurs les am nent devoir habilement conjuguer leur destin individuel une aventure collective. Le risque de conformisme peut tre renforc par une tendance la centralisation de certains dispositifs territoriaux qui installent parfois dans un rapport asym trique les entrepreneurs et limitent leur potentiel mancipatoire. L injonction d entrer en relation avec l autre dans le cadre de formes "institu es peut aussi tendre installer une verticalit dans les relations. Cela peut finalement poser des questions au regard de l entrepreneuriat, qui repose bien plus sur des formes de d sinstitutionnalisation du milieu ou de d construction du sens commun dont l espace fait partie.
Les th ories entrepreneuriales gagneraient abandonner la disjonction entre, d une part, un espace naturel et donn et, d autre part, un espace con u par l activit humaine et donc entrepreneuriale pour consid rer le rapport primaire d habitation l espace (Casey, 1993) des entrepreneurs et la mani re dont se fait l exp rience du lieu. Cette approche ph nom nologique des lieux de l entreprendre exige d en saisir les dimensions v cue, processuelle et relationnelle.
En m inspirant de Massey, je postule que l espace abstrait et g n rique devient un lieu gr ce l exp rience et aux pratiques des entrepreneurs qui, en y voluant quotidiennement, l incarnent et le nourrissent de contenus et de significations tel point que cette laboration subjective du lieu devient un aspect central de la construction de l identit entrepreneuriale (Massey, 1995; Rose, 1995). L "espace de repr sentation , accompagn de symboles et d images (Lefebvre, 1974), se forme en m me temps que le projet entrepreneurial se d ploie. Ce "sens du lieu , s il se produit dans le quotidien, est aussi empreint de tous les contextes plus larges dans lesquels l exp rience se d ploie; il est riche de toutes les chelles spatiales de l entreprendre (Steyaert et Katz, 2004). Entre autres, l exp rience v cue du lieu est encastr e dans un ensemble de pratiques spatiales (Lefebvre, 1974) qu il s agit de d chiffrer au cours du parcours entrepreneurial.
Une ph nom nologie des lieux en entrepreneuriat suppose aussi de consid rer la dimension processuelle de l espace v cu des entrepreneurs. Les approches traditionnelles paraissent limit es aux relations circulaires et causales entre les dynamiques territoriales et l activit entrepreneuriale, qui n abandonnent pas une certaine fixit d un espace cern . Massey (1994) propose que le lieu est fait de flux et de mouvements; il est le produit continu et donc temporaire d une intersection complexe de processus, de relations sociales et de connaissances qui int grent diff rentes chelles d espace. La vie ordinaire de l entrepreneur se d ploie ainsi dans des espaces multiples, parall les et temporaires qui nourrissent son parcours et composent son espace d habitation en mouvement. Rencontrer ses partenaires la maison, travailler son projet dans un caf , exp rimenter son produit dans un makerspace constituent autant de lieux contemporains de l entreprendre.
Si nous d veloppons une relation de stabilit et d appartenance ces lieux que nous occupons parfois bri vement, c est en raison de la familiarit que nous y retrouvons (Casey, 1993). Ingold (2000) insiste sur l importance de la compr hension des relations ou du mode d engagement des individus avec ce qui les environnent; relations qui fabriquent autant l espace que les individus. Empruntant Martin Heidegger (1971), Casey consid re qu une relation d immersion l environnement pr c de une relation de construction consciente au milieu dans notre mani re d tre au monde. Ce rapport primordial d habitation pleine aux lieux ( dwelling place) forme une partie vitale de notre exp rience quotidienne des espaces v cus (Casey, 1993). Cela conduit galement s int resser aux dimensions mat rielles de l espace qui permettent aux relations de se d ployer et au "sens du lieu de s laborer. En effet, l immersion naturelle dans un lieu est rendue possible pour un entrepreneur par des objets, des artefacts, qui incarnent les relations qui elles-m mes font l entrepreneur.
Une ph nom nologie des lieux de l entreprendre permet ainsi d insister sur les dimensions v cue, processuelle et relationnelle de l espace. Plus encore, l espace devient ce qui fait lien, parfois temporairement, souvent en parall le, et labore les "entre de l entre -preneuriat (Steyaert, 2005). S int resser au quotidien de l entrepreneur conduit ainsi pr ter une attention particuli re aux intersections, aux carrefours, qui cr ent des potentialit s multiples dans le parcours des entrepreneurs.
1.3. La multiplicit des espaces liminaux, transitionnels et mancipatoires
De mani re contemporaine, les "nouveaux espaces forment des lieux sans coordonn es qui chappent au rep rage sur la carte o se fabrique l entreprendre temporairement, dans les marges, de mani re plus mergente, parfois clandestinement, ou en r sistance aux conventions, dans des formes renouvel es de collaboration. Il en va ainsi des communaut s entrepreneuriales, des tiers-lieux - regroupant une grande vari t d espaces plus ou moins collaboratifs tels les fab lab, maker- ou hackerspaces - voire des non-lieux qui ne cr ent aucune relation (Aug , 1992), mais qui favorisent les pratiques de cr ation. L espace de l entrepreneur n est d s lors plus entendu comme seulement g ographique, mais fait de potentialit s, de r sistance et de transitions. S il reste qu il ne faut pas en faire les nouveaux eldorados, ces espaces sont int ressants en ce qu ils nous informent de la pratique entrepreneuriale.
Un certain nombre d espaces agissent comme des "aires interm diaires d exp rience (Winnicott, 1975) en organisant la transition vers l mergence d une organisation dans le parcours entrepreneurial. Certains, rev tant une forme plus institutionnelle, peuvent tre directement orient s vers la recherche d une performance, tels les incubateurs. D autres espaces, comme les fab labs, parce qu ils constituent une transition dans l activit entrepreneuriale, misent sur l exploration de potentialit s et sur la multiplicit des effets qui seront par la suite actualis s lors de la cr ation. On y travaille d s lors de mani re oblique dans la mesure o , cultivant de nombreux effets, ils pr parent le terrain une performance sans la rechercher. Ils permettent le report des irr versibilit s: ce qui y est exp riment forme un r servoir au sein duquel il sera possible ou non de puiser. L espace de l entrepreneur n est plus donn , mais form par les potentialit s qui s y exp rimentent et inventent. Entre autres, la mat rialit de l espace - son design - peut induire de nouvelles formes de collaboration et favoriser l innovativit des acteurs (Fabbri et Charue-Duboc, 2013). Ces espaces potentiels et transitionnels jouent donc deux r les: le d veloppement de potentialit s multiples et une transition vers le r el. Ce second r le renvoie aux qualit s des espaces transitionnels rep r s chez l enfant par Winnicott (1975) qui assurait gr ce au jeu un va-et-vient entre fiction et r alit .
Dans son Anthropologie du jeu, Hamayon (2012) pr cise que le jeu ne rel ve pas de la r alit ordinaire, mais toujours d un cart cr ateur avec ce r el. Le cadre fictionnel constitu par le jeu met en place une forme de r alit la fois distincte de la r alit et en rapport avec elle. Comme l ont sugg r Winnicott (1975) et Bateson (1977), la sp cificit du "jouer ( playing) est de cr er un espace transitionnel pour que puisse prendre place l exp rience de l autre et du soi, notamment via les objets. Cet espace rel ve du registre de l illusion, et la transition par l illusion fait merger la r alit (Hamayon, 2012, p. 165-166). Les espaces transitionnels de l entrepreneur font na tre la pratique parce qu ils permettent la transition entre un ensemble de potentialit s "jou es et la pratique concr te en situation qui permet de trier ces explorations. Toujours selon Hamayon (2012), ces espaces favorisent galement le "jeu parce qu ils permettent d exp rimenter des "mani res d agir mises l preuve ou non: des s quences de jeu qui sont des repr sentations de l action en train de se faire. Elles pr parent la pratique, mais ne s y substituent pas; elles sont une mani re de rendre pr sente une r alit venir en m me temps qu elles en restent distinctes en tant que fiction. En somme, les nouveaux espaces de l entreprendre accompagnent la performativit des identit s et des projets entrepreneuriaux. Par performativit , j entends ici, dans la tradition de Butler, que l identit d entrepreneur ne pr existe pas au fait d entreprendre, mais s labore dans les interactions sociales qui ont lieu au cours du processus entrepreneurial afin notamment de permettre la reconnaissance sociale.
La dimension transitionnelle de ces espaces collaboratifs accompagne le parcours entrepreneurial plus particuli rement dans des phases en amont du processus de cr ation. Ce parcours se d roule pourtant dans une vari t de lieux situ s dans les marges, de la pratique autant que de la connaissance, qui accueillent les exp riences v cues au quotidien par les entrepreneurs et sont ce titre signifiants, m me s ils ne sont pas express ment d di s au "faire entrepreneurial. Dans la vie quotidienne, l entrepreneur int gre naturellement ses espaces priv s ou des lieux courants dans l activit entrepreneuriale. L usage du domicile priv par des entrepreneurs jouera ainsi un r le central dans les difficult s acqu rir une l gitimit aupr s de parties prenantes (Mirchandani, 1999). Le caf , l cole et l a roport pourront constituer des lieux du "faire entrepreneurial en d pit de leur utilisation ph m re. Leur manque de reconnaissance institutionnelle favorise par ailleurs des conduites de r sistance aux normes en place (Casey, 1993).
Un int r t r cent a d ailleurs merg pour des espaces liminaux en entrepreneuriat qui se situent dans les " -c t de l activit entrepreneuriale (Daniel et Ellis-Chadwick, 2016). Les espaces liminaux peuvent prendre les formes tr s vari es cit es auparavant. Si la liminalit est souvent associ e une p riode de transition au cours de laquelle s incorporent des rites de passage, un espace liminal est aussi un lieu physique qui incarne l laboration d un nouveau projet (Van Gennep, 1909). Il peut accompagner l entrepreneur bien au-del de l incubation de la nouvelle organisation. En ce sens, l espace liminal suspend en quelque sorte les contraintes aux marges de toutes les institutions, ce qui g n re une incertitude. Cette incertitude est favorable la cr ation de nouveaut , notamment parce que les espaces facilitent la flexibilit mentale des entrepreneurs en les situant dans les "entre (Daniel et Ellis-Chadwick, 2016). Elle est aussi possiblement g n ratrice d anxi t et de stress chez l entrepreneur en ce que les lieux incarnent une absence de contr le sur le devenir du projet (Daniel et Ellis-Chadwick, 2016). Plus encore, l espace liminal incarne un rapport dynamique et productif la norme parce qu il permet d laborer de nouvelles r f rences, n appartenant pas la g ographie en place. Il est le lieu de la construction de l alt rit par le travail permanent des carts entre les espaces institu s et le projet en devenir. Les espaces liminaux pointent l importance d tudier les "entre de l entrepreneuriat l o la recherche para t parfois trop privil gier les espaces stables et soigneusement topographi s.
Plus encore, Hjorth sugg re l tude de la cr ation des h t rotopies en examinant les strat gies de r sistance aux r gimes de pouvoir dont usent les entrepreneurs en s appropriant et reconcevant les espaces comme des lieux de contestation o s explorent des id es mancipatoires (Hjorth, 2005). Il en va aujourd hui des lieux tels que les hackerspaces, qui misent sur une d sinstitutionalisation des normes impos es par la subversion symbolique des institutions et des strat gies de contre-mim tisme (Lallement, 2015). Lallement prend les exemples des unconferences qui sont le contrepied des conf rences universitaires. Dans le m me temps, les hackers proc dent par le d bordement de ces institutions gr ce la mobilisation de technologies qui ne sont pas directement rattach es au territoire (Lallement, 2015). Le rapport au territoire r el - quartier, etc. - peut s en trouver mis l arri re-plan au point de contribuer la gentrification de l espace du fait de populations appartenant, par exemple, une classe dite cr ative. Certains espaces deviennent en quelque sorte des espaces hors-sol d connect s de leur territoire. Ces lieux de piraterie, o s explore ce qui fera peut- tre la norme (Durand et Vergne, 2010), rel vent aussi de l utopie concr te dans la mesure o l on y r siste par le "faire . Toutefois, il ne s agirait pas de f tichiser ces nouveaux espaces en n gligeant le contr le cognitif qui s y op re et les effets discriminants qu ils produisent sur les formes plus ordinaires d entreprendre.
Les communaut s entrepreneuriales, de leur c t , se situent plus dans l mancipation affirm e et collective des populations locales visant la production du changement social, dans des contextes parfois d appauvrissement (Johnstone et Lionais, 2004), que dans la r sistance par la contestation. Elles articulent plus sensiblement les chelles spatiales et font le lien entre les dimensions spatiales et institutionnelles (Welter, 2011). Elles mettent l accent sur l engagement social, les b n fices pour une plus large communaut et les objectifs autres que le profit comme des moteurs de l entrepreneuriat (Welter, 2011). Cet entrepreneuriat fond sur la communaut mise donc sur les communaut s elles-m mes et non sur les individus qui la composent pour faire merger l activit entrepreneuriale (Peredo, 2015). Elles se caract risent par un pluralisme des objectifs qui les dirigent, une d pendance forte la participation communautaire active ainsi que, comme souvent, une fondation sur les expertises et connaissances disponibles mobilis es le plus souvent par le bricolage (Peredo, 2015).
L entrepreneuriat semble aujourd hui se faire beaucoup plus par la d multiplication de liens faibles parall les, ce qui cr e dans le m me temps plus d incertitude et de doute. Les nouveaux espaces de l entreprendre co ncident ainsi avec une identit plus fragment e, liquide et m tiss e, qui m le individualisme et coop ration. Les espaces o se fait l entrepreneuriat ne peuvent tre associ s des identit s fixes, mais plut t des identit s multiples et en mouvement. Cela conduit les chercheurs devoir accorder plus d importance aux intersections, aux espaces semi-publics (dont les r seaux sociaux), temporaires et marginaux tout en portant sur eux un regard critique. Cette fluidification des espaces entrepreneuriaux conduit devoir explorer l espace moral de l entrepreneuriat, situ l articulation d une vari t de contextes - soci tal et social, priv et public -, afin d laborer les fronti res morales des activit s entrepreneuriales (Anderson et Smith, 2007).
Enfin, de nouvelles approches de l espace ou du lieu de l entreprendre conduisent galement, en raison de leur dimension processuelle forte, r interroger la mani re de consid rer le temps en entrepreneuriat.
2. Les temporalit s de l entreprendre
Si le temps de l anticipation (ou projectif) et ses actualisations constituent la temporalit a priori naturelle de l entrepreneuriat, les th ories ont pendant longtemps repr sent la temporalit du processus entrepreneurial sous la forme d une abstraction th orique id alisant des tapes cl s d une trajectoire qu on aurait cherch au mieux pr dire. Elles ont aussi tonnamment mis de c t le temps de l action qui para t pourtant au c ur de l entreprendre. Les approches processuelles sont aujourd hui plus largement ouvertes au principe de l ind termination de tout parcours entrepreneurial (Hjorth, Holt et Steyaert, 2015). Rang es sous le vocable entrepreneuring, elles visent aborder la pratique entrepreneuriale telle qu elle se vit et la cr ation en train de se faire en s approchant au plus pr s de l exp rience.
2.1. Un rapport intrigant l anticipation
De la m me mani re que le management strat gique, l entrepreneuriat a longtemps v cu sous le joug d approches planificatrices qui s inscrivaient dans le cadre d une perspective normative o le formalisme jouait un r le cons quent. La vision du temps est alors simple: il s agit pour l entrepreneur de d cr ter un futur d sir et de rassembler les moyens n cessaires pour faire advenir ce futur. Il s agit de mettre les moyens au service des fins pr d termin es dans un rapport t l ologique l action gr ce la clart des buts d finis. Le temps du plan est alors s par du temps de l action: le plan labor sur la base d une analyse des conditions environnementales servant de guide pour l action venir lors de la cr ation formelle de l organisation. L entrepreneur est charg de r duire les carts entre pens e et action. Cette approche rapidement r sum e est port e par une rationalit causale qui vise l utilisation efficace et efficiente des ressources et l vitement de toutes les mauvaises surprises dans une logique d optimisation (Sarasvathy, 2001).
La longue domination d une approche balistique peut intriguer au regard du couple incertitude-complexit qui semble accompagner tout parcours entrepreneurial jusqu pouvoir interdire des formes plus ou moins labor es de pr vision. C est sans doute qu il n est pas v ritablement question de temps dans l approche pr visionnelle. Cette approche de la cr ation, colonisatrice d un futur, a d abord plus voir avec la surestimation de la volont et de l intention d lib r e qui constituent l un des mythes ou pi ges fondateurs de la pens e entrepreneuriale. Dominer le futur, c est faire uvre de ma trise et de puissance de la m me mani re que l entrepreneur est capable avant d autres de rep rer des poches d ignorance inexploit es. Elle se couple ensuite d une importance accord e aux instruments et dispositifs qui donnent le sentiment de faire advenir le futur voulu, tels que le plan d affaires. Enfin, elle s inscrit dans une tradition scientifique logocentrique qui survalorise le poids et la recherche de la logique dans les conduites humaines. En r sum , comme pour l espace, une perspective domin e par le triptyque "intention - formalisation - logique conduit produire un temps calcul que l on retrouve notamment sous la forme du plan d affaires.
Les biais empiriques des approches planificatrices ont t largement document s. Sarasvathy (2001), j y reviendrai, sugg re qu elles sont assez peu pratiqu es par les entrepreneurs dans leur quotidien, m me si elle ne rejette pas l int r t du formalisme une fois la chose cr e. Honig et Karlsson (2004) ont de leur c t mis en lumi re le fait que les pr dictions rationalistes contenues dans les plans d affaires ne se traduisent jamais en termes de performance r elle de la nouvelle organisation. C est essentiellement sous l influence de pressions institutionnelles coercitives mim tiques que les entrepreneurs crivent des plans. Les institutions cognitives, dont celles de l enseignement, jouent aussi un r le important en continuant de consid rer le plan comme mod le dominant d enseignement. L exc s de formalisme de la d marche est aussi consid r comme contraire une pratique beaucoup plus impr visible au regard de conditions changeantes.
Il est tentant de se faire l avocat du plan diabolique et d viter ainsi de jeter "le b b avec l eau du bain . L activit de pr vision sous la forme du plan informe d abord sur le pr sent de l entrepreneur en train de concevoir son projet. Elle permet d imaginer et d exp rimenter un ensemble de possibilit s. Le plan permet galement la construction d une narration suffisamment cr dible pour rassurer les parties prenantes, mais aussi l entrepreneur, sur la possibilit du projet. la fa on du plan strat gique, la planification d affaires constitue un pr texte ou une excuse pour l action (Weick, 1987). En somme, personne n est dupe quant sa mise en uvre ou la pr sence d carts dans le cours de l action venir, mais le plan vient supporter l action. Enfin, les plans peuvent constituer des narrations suffisamment ouvertes, fragmentaires et ambigu s pour pr server des possibilit s de flexibilit lors du d roulement du projet entrepreneurial (Saylors, Boje et Mueller, 2014).
Au-del des limites de la planification, l anticipation en entrepreneuriat a v cu certains assouplissements. Les travaux sur l apprentissage entrepreneurial ont ainsi mis en vidence l quilibre n cessaire entre l exploitation de comp tences dans le cadre d une action pr par e et l exploration parall le de nouvelles avenues par la construction d opportunit s 7 (Wang et Chugh, 2014). D une certaine mani re, la pratique contemporaine du lean start-up, ou du mod le d affaires, est une r ponse l incapacit de pr dire sous des horizons longs. Ces dispositifs misent sur une acc l ration et une multiplication des anticipations qui sont v rifi es mesure qu elles sont produites et autorisent des apprentissages continus par essais et erreurs. La production de mod les d affaires concurrents et successifs, r guli rement r vis s, ferme progressivement le champ des possibles en cartant pas pas des alternatives. Ces techniques ne sont pas pr serv es des m mes critiques d h g monie que le plan, parce qu elles tendent avoir des effets mim tiques et coercitifs lev s sur la pratique des entrepreneurs. Elles contr lent ainsi partiellement les anticipations des acteurs.
Toutefois, avec ces instruments parmi d autres, le temps de l anticipation devient un temps de la conception. Trois l ments constituent, selon Sarasvathy et ses collaborateurs (2008, p. 337), l espace de conception des entrepreneurs: 1) l incertitude selon Knight, c est- -dire qu il est impossible de calculer des probabilit s pour l avenir; 2) l ambigu t des buts, savoir que les pr f rences des entrepreneurs ne sont jamais donn es ni bien ordonn es; 3) l isotropie, c est- -dire que les l ments de l environnement sur lesquels porter son attention, ou qu il s agit d ignorer, sont flous. La conception, au contraire de la planification, consid re ainsi bien plus la r alit entrepreneuriale dans l imagination de devenirs. Penser l activit entrepreneuriale en termes de conception permet non pas de d cr ter un futur, mais d explorer et de construire des configurations de possibilit s qu il sera possible ou non d actualiser.
En somme, la figure du projet est sans doute celle qui correspond le mieux aux anticipations op r es par l entrepreneur, ce qui conduit parler du projet entrepreneurial comme d une anticipation op ratoire de type flou d un avenir d sir (Dupu, 2012). Si le projet entrepreneurial est orient par un but que l on souhaiterait atteindre, il est la fois tr s sensible aux modalit s concr tes de sa r alisation et suffisamment souple pour faire l objet d am nagements dans le cours de l action.
2.2. Une abstraction excessive du processus entrepreneurial
Une deuxi me temporalit l uvre dans les recherches en entrepreneuriat consiste dans la reproduction du processus entrepreneurial sous la forme de mod les vari s. Le temps v cu par l entrepreneur au cours de son parcours est rapidement transform en un temps th orique. Comme souvent en gestion, les recherches oscillent entre une volont nomoth tique qui cherche g n raliser et le souci de pr server la singularit dans une tradition idiographique. En d pit de tentatives de travailler l articulation de ces deux logiques (Bruyat et Julien, 2000; Sarasvathy, 2001), la premi re ambition semble encore dominer les recherches processuelles. Mon propos ici n est pas de faire tat de la tr s grande vari t des repr sentations du processus entrepreneurial produites (Steyaert, 2007), mais plut t de soulever certains blocages de ces approches qui, selon moi, emp chent possiblement de capturer ce qui fait la singularit de l entreprendre. Une abstraction trop grande du processus loigne sensiblement de la pratique entrepreneuriale et de l ind termination propre au processus en vacuant son paisseur temporelle.
Dans leur synth se, Moroz et Hindle (2012) rel vent une domination des approches qui cherchent tablir un lien entre le processus et les r sultats par l isolement de variables d pendantes au d triment des recherches qui se fondent sur le d gagement des v nements qui jalonnent ce processus dans une vis e compr hensive. Les travaux v nementiels sont, eux, faiblement occup s par des m thodes longitudinales privil giant les narrations, en d pit de leur capacit saisir la dimension temporelle de l action humaine. De leur tude (p. 792), il ressort que la majorit des mod les recherchent des liens statistiques entre des variables, sans en capturer la dynamique, ou utilisent un d coupage a priori du processus en t ches ou en tapes. Tr s peu de recherches traitent de la dynamique processuelle m me quand elles cherchent quantifier des s quences au sein du processus. En g n ral, les travaux utilisent un pattern traditionnel autour des tapes d un cycle de vie (Reynolds et Miller, 1992; Delmar et Shane, 2002, par exemple) ou se focalisent sur des tapes telles que la formation de l opportunit (Shane, 2003) ou les tapes cognitives de la d cision entrepreneuriale. Finalement, peu d tudes processuelles sont soutenues empiriquement. Selon Steyaert (2007), beaucoup d tudes pr servent un h ritage issu des th ories de l quilibre consid r au stade pr coce, soit qu elles travaillent sur fond de m taphore du d veloppement ou de la croissance (dans la filiation de Greiner, 1972), soit qu elles adoptent une posture volutionniste de la cr ation (Aldrich et Martinez, 2001).
L ontologie qui sous-tend les recherches processuelles en entrepreneuriat pose, selon moi, probl me. Qu elles aient une consid ration relative ou absolue de la r alit , les th ories processuelles en entrepreneuriat travaillent sur des substances plus que sur des processus. Le chercheur proc de par des incisions dans le flot de l action qui permettent d isoler des entit s, lesquelles ne sont en fait que des abstractions (Nayak et Chia, 2010). Le processus entrepreneurial est ainsi pens telle une suite d "individualit s discr tes (Rescher, 2000) qu il est possible artificiellement de d tacher du flux intrins que d actions humaines, mais dont l organisation n est en fait qu un essai abstrait d ordonnancement par la rationalit scientifique (Tsoukas et Chia, 2002). Des recherches vont, par exemple, examiner en les isolant les forces l uvre, endog nes ou ext rieures, autour d un processus dont la r ification permet l examen. De la m me mani re, examiner le r le des cognitions dans le processus supposera de fixer l ontologie du processus entrepreneurial sous la forme d "une s rie d tats juxtapos s qui ne forment en fait qu une reconstitution artificielle et abstraite de la dur e (Bergson, 1998[1938]). Les chercheurs proc dent donc une stabilisation ou une substantialisation du processus (d une ontologie processuelle) afin de le rendre exploitable gr ce la fixit descriptive (Rescher, 2000). Cela permet de faire surgir des points de rupture artificiels dans le processus, des v nements plus apparents et tragiques qui sont clairement identifiables alors que des transformations silencieuses sont plus certainement l uvre. Cela peut conduire aussi sursignifier certaines choses au regard de ce qui se d roule. Il est toutefois difficile de ne pas tomber dans le pi ge de la surd termination du processus dans la mesure o les recherches sont domin es par un examen des conditions de performance des processus entrepreneuriaux.
Il s agit donc de r ifier le processus entrepreneurial pour ensuite en d tacher des entit s se pr tant l examen, et enfin d en reconstituer la trame. Ce double processus de r ification et d isolement, qui conduit abstraire la r alit indivisible, s appuie sur la rationalit scientifique moderne, constitu e selon Sandberg et Tsoukas (2011, p. 340-342) en trois hypoth ses centrales li es: 1) la r alit humaine est constitu e par des entit s discr tes avec des propri t s distinctes; 2) cette abstraction est rendue possible par la distinction objet-sujet qui constitue la forme la plus basique de d veloppement de la connaissance du monde; 3) la relation pist mologique sujet-objet permet ainsi de constituer la logique, les repr sentations sous-jacentes aux pratiques. Les auteurs identifient trois probl mes pos s par la rationalit scientifique: elle sous-estime la totalit pleine de sens dans laquelle les praticiens sont immerg s, ignore l unicit de situation qui caract rise les t ches que m nent ces praticiens, et elle fait abstraction du temps v cu par les praticiens. Il s agirait donc, selon eux, de s approcher au plus pr s de la raison pratique.
Une abstraction pouss e du processus permet donc d y op rer des extractions th oriquement profitables. La fiction th orique de l opportunit est sur ce point int ressante dans la mesure o la notion a t rig e au rang de paradigme en entrepreneuriat (Shane et Venkataraman, 2000). Le processus entrepreneurial est enti rement organis par, voire orient vers, la d couverte ou la construction d une opportunit , puis son exploitation via notamment l mergence d une organisation (Short et al., 2010, pour une synth se). Ce statut th orique fourni par le chercheur l opportunit , son caract re quasi piphanique, la rend centrale, et son caract re productif la rend n cessaire. L opportunit est ainsi la plupart du temps d tach e d un flux d actions entrepreneuriales th oriquement articul , alors que dans la fabrication du r el, elle semble plus difficilement saisissable par des coordonn es pr cises (Popp et Holt, 2013a et b; Hjorth, Holt et Steyaert, 2015). Ainsi fa onn e, l opportunit prend la forme d une vidence. Elle proc de pourtant d une r ification injustifi e tenant pour acquis le statut de l opportunit comme un v nement empirique discret qui semble pr c der toute forme d action. Dans les mots de Bergson (1998[1938] - italiques dans le texte original), "notre intelligence, qui cherche partout la fixit (p. 7), s exerce p niblement sur la "mobilit du r el (p. 213). Port e par "les directions conceptuelles de notre pens e (p. 199), nous en venons alors proc der par l extraction de segments, l opportunit est un de ceux-l , que nous reconstruisons l aide de "notations partielles et prenons pour des "parties r elles (p. 193). Quelque chose surgit et change brusquement le cours de l action; d tach de l indivisible, puis amarr une pr cat gorisation, ce quelque chose prend le nom de "opportunit . L opportunit devient alors une entit discr te, d contextualis e, propice la mesure, la comparaison, pour tre capable de la caract riser. Pourtant, avant l intervention du chercheur sur le flot d actions, il serait bien compliqu de la d celer, ou bien s agit-il de la saisir autrement.
Les recherches processuelles (Hjorth, Holt et Steyaert, 2015) s ouvrent aujourd hui des approches qui saisissent l ind termination du parcours entrepreneurial consid r comme une "continuit indivisible (Bergson, 1998[1938]) et soulignent la place centrale et non plus accessoire de l mergence dans ce parcours et de la banalit du quotidien entrepreneurial sans recourir une dramatisation artificielle du processus. Elles mettent l accent sur les "intervalles et les "transitions plus que sur les "positions fictives (Bergson, 1998[1938]), l o s exerce l "entre de l entrepreneuriat. Cela suppose d adopter des d marches non repr sentationnelles qui saisissent la r alit ind termin e du processus entrepreneurial.
2.3. Le processus entrepreneurial: une "continuit indivisible
Les travaux en entrepreneuriat reconnaissent aujourd hui l affaiblissement des approches rationnelles de l entrepreneuriat par le truchement de notions comme le "bricolage , l "effectuation , l "ing niosit ou la "s rendipit en renversant ou en r interrogeant a minima la dialectique des fins et des moyens. L apparition de ce nouveau vocabulaire a permis d envisager un processus plus mergent, multidirectionnel, non lin aire et g n ralement singulier (Bygrave, 1989, p. 7), qui volue chemin faisant au gr de conduites d exploration. Elle renvoie ce que fait concr tement l entrepreneur, en particulier dans des phases d incubation du projet entrepreneurial.
On doit Sarasvathy (2001) le premier branlement pragmatiste de la logique causale pr visionnelle. La d marche d effectuation consiste pour l entrepreneur fabriquer des finalit s temporaires partir de la vari t des moyens sa disposition (ses connaissances, son r seau relationnel, tout ce qui le constitue). La ma trise des moyens est plus ais e que le contr le illusoire de l avenir. L accroissement des moyens est permis par le d ploiement des finalit s, qui sont elles-m mes amen es se modifier dans le cours de l action, notamment en tirant parti des surprises. L entrepreneur coconstruit son univers strat gique et incidemment l avenir gr ce au d ploiement de son r seau de partenaires plut t qu il n agit sur la base d une analyse du march . Son raisonnement est plut t orient par un principe de perte acceptable que par un rapport inconsid r au risque. L effectuation n ignore donc pas une forme de d termination en s int ressant la conception de finalit s temporaires qui orientent l agir entrepreneurial.
Le bricolage d crit une activit entrepreneuriale qui consiste "faire avec , se jouer des contingences et des restrictions de l environnement conventionnel, inventer de nouvelles combinaisons avec ce qui est sous la main, dans le but d affirmer un projet (Baker et Nelson, 2005). La contrainte de pauvret des ressources (des bricoles) disposition dans l environnement de l entrepreneur expliquerait le succ s de l emprunt de cette notion "import e par Claude Levi-Strauss au sein des sciences sociales; l entrepreneur tant le plus souvent amen faire avec peu. L ing niosit du bricoleur m l e ses capacit s d improvisation lui permet de refuser les limitations de l environnement et ainsi de renverser la contrainte de p nurie en r ussissant cr er partir de rien (Baker et Nelson, 2005). En cela, la capacit au bricolage renvoie dans la pens e entrepreneuriale une construction des opportunit s dans un environnement nact . Il s agit m me d intensifier et d amplifier la performance de la capacit bricoler r put e peu productive (Senyard, Baker et Davidsson, 2009). L entrepreneur ne produit cependant que des arrangements temporaires qui ne sont pas n cessairement destin s tenir, de m me que ce rafistolage ne le conduit qu r p ter le monde et non v ritablement innover.
De son c t , la s rendipit peut constituer un mode d mergence non contr l e de l opportunit . Elle joue par exemple un r le de catalyse dans l mergence de combinaisons complexes entre les services issus des ressources et donc dans la d couverte d opportunit s (Denrell, Fang et Winter, 2003). Dew (2009) d finit la s rendipit comme "une activit de recherche qui conduit la d couverte de quelque chose que l entreprise ne recherchait pas . La d couverte "s rendipitaire n appara t que dans le cours d une "qu te nergique ; en cela, elle se distingue de la chance (Denrell, Fang et Winter, 2003). Elle suppose l interaction de trois l ments: une connaissance pr alable qui se traduit par la sagacit ; des conditions, c est- -dire l influence de l environnement ext rieur sur la d couverte d opportunit s; puis un comportement de recherche active qui m ne l acquisition d informations in dites (Dew, 2009, p. 739). La s rendipit souligne donc la n cessit d une intentionnalit , d un acteur en projet, pour que quelque chose se passe.
En pr servant tout en revisitant la dialectique des fins et des moyens, ces approches ne vont pas jusqu assumer le caract re profond ment ind termin et instable du processus entrepreneurial et de l exp rience v cue par les entrepreneurs. Pour d autres, le processus est un devenir en perp tuelle cr ation qui n existe pas en dehors du flot continu du temps, sauf en le traitant un instant donn comme une entit discr te (Whitehead, 2010[1929]). Cette ind termination est au c ur des recherches aujourd hui plac es sous le label entrepreneur-ing et notamment inspir es par les philosophies du processus ( process philosophy) (Rescher, 2000), qui s int ressent l "entreprendre ou la "cr ation en train de se faire , voire aux pratiques entrepreneuriales en situation (Steyaert, 2007; Hjorth, Holt et Steyaert, 2015). Le processus entrepreneurial est une cr ation en devenir encastr e dans divers flots d actions et engag e dans une "r alit conversationnelle qu elle change (Steyaert, 2007). S int resser l "en train d entreprendre ( entrepreneuring) revient "saisir les pratiques quotidiennes cr atrices d organisation des personnes et des ressources, les sp cificit s d une situation concr te, les interactions qui se jouent, la connaissance en train de se fabriquer, etc. (Johanisson, 2011). C est aussi replacer le flot entrepreneurial dans le flot quotidien des individus et insister sur les dimensions prosa ques de l entrepreneuriat. Si elle a pris de l ampleur, il est possible de placer cette perspective dans la continuit des travaux de Gartner sur l mergence organisationnelle, qu il place lui-m me dans la filiation des recherches sur l organizing de Karl Weick (Gartner, 2012).
Une pens e processuelle invite la fois la cr ation d un nouveau vocabulaire, repenser certains termes en place et porter une attention plus vive des ph nom nes consid r s comme ordinaires ou transitoires. Sur le premier registre, la pens e processuelle consid re que tout processus entrepreneurial est porteur de diff rentes potentialit s qui existent parall lement et consiste dans l exploration de la multitude. Pour le chercheur, cela recommande de rendre compte de la multiplicit sans chercher produire un r cit coh rent port par une seule voix (Steyaert, 2012). L entrepreneuring est galement constitu d une vari t de rythmes h t rog nes qui se d plient et se replient, apparaissant simultan ment et produisant chacun une diff rence dans le processus (Verduyn, 2015). Il s agit aussi de pr ter attention aux points de r sistance, aux lignes de fuite, dans le vocabulaire de Gilles Deleuze, qui dans le cours de l action sont possiblement g n rateurs de la cr ation de nouveaut . Cela invite galement consid rer l entrepreneur non plus sous le prisme de ses qualit s d anticipation ou de vigilance, mais bien plus, selon moi, dans ses aptitudes la disponibilit qui favorisent l mergence. La disponibilit , comme tat de pleine immersion dans le quotidien, favorise le maintien d un ensemble de voies ouvertes permettant de s accommoder en permanence des sollicitations qui se pr sentent (Chia et Holt, 2009; Jullien, 2012). Plus encore, la processualit r interroge la place de l agence humaine dans la mani re dont se d roule un projet entrepreneurial en raison de la distribution plus large des lieux d intentionnalit . En cela les travaux sur l entrepreneuriat communautaire ou en quipe participent de la d mythification de l entrepreneuriat. Il s agit encore de s int resser la richesse et la vari t des narrations produites en cours d action, qui viennent composer autant que maintenir un processus entrepreneurial ind termin . Disponibilit , rythme, multiplicit l approche processuelle est en somme peupl e d un vocabulaire qui contribue au renouvellement du champ.
Sur le deuxi me registre, je l ai abord , une pens e processuelle questionne la fiction th orique de l opportunit , mais invite galement en penser les conditions de l mergence en retra ant finement sa g n alogie. En cela, l opportunit n est plus un v nement discret, mais devient elle-m me un effet d un ou de plusieurs processus, l actualisation de potentialit s qui ont t amorc es en amont sans n cessairement avoir fait l objet d une intention (Popp et Holt, 2013a et b; Hjorth, Holt et Steyaert, 2015). De m me, une pens e processuelle propose un clairage nouveau sur les identit s entrepreneuriales, aux antipodes d une approche par les traits qui mise sur des diff rences entre individus qui rendraient la r ussite entrepreneuriale plus certaine. Les identit s entrepreneuriales se forment, se r cusent et se mobilisent temporairement au cours de la pratique entrepreneuriale, consid rant qu elles ne sont pas a priori donn es, mais qu au contraire, des dimensions s prouvent l occasion des situations rencontr es (Leitch et Harrison, 2016).
Une approche processuelle permet enfin - c est le troisi me registre - de porter une attention des ph nom nes entrepreneuriaux et plus discrets, aux transformations silencieuses qui contribuent parfois changer plus profond ment les choses qu une action d lib r e port e par une intention (Jullien, 2009). J ai d j voqu l importance des lieux ordinaires et parfois transitoires qui se situent dans les marges de l activit entrepreneuriale. Bureau (2013) sugg re, en empruntant Bakthine, de s int resser, au-del du pitch (moment c r monial visant r pondre aux attentes des institutions), aux dialogues qui animent le quotidien entrepreneurial et constituent "une routine faite d exceptionnels . Duymedjan et ses collaborateurs (2016) soulignent, dans la filiation de Deleuze, le r le des rencontres dans l mergence des opportunit s. Les rencontres ne sont pas entendues au sens ordinaire, mais constituent des incisions qui branlent et travaillent progressivement le syst me de croyances de l entrepreneur et le rendent disponible accueillir une opportunit . Germain et Laifi (2016) sugg rent de s int resser aux preuves ordinaires qui jalonnent et performent le parcours entrepreneurial. Il y aurait, dans le m me sens, pr ter une plus grande attention, dans une perspective pragmatiste, aux situations entrepreneuriales. En somme, tout cela renvoie la n cessit de consid rer l entrepreneuriat comme une pratique sociale dans le sillon trac par la strat gie et le management (Nicolini, 2012).
Une pens e propre la gestion a permis d accro tre le pluralisme des repr sentations du temps en tentant, d autre part, de s carter d un temps abstrait et lin aire, mais aussi d une rationalit abusivement t l ologique. Une approche ph nom nologique de l entreprendre para t aujourd hui constituer une voie stimulante afin de r aliser pleinement la promesse d un retour au plus pr s de la pratique des entrepreneurs. Un ensemble de termes, de relectures, d objets peuvent enrichir notre compr hension de l entreprendre, c est- -dire tel que les entrepreneurs en font l exp rience concr te, ce qui recommande par ailleurs une adaptation des m thodologies employ es (Berglund, 2007).
3. La tension entre l gitimit et r sistance au c ur de l entrepreneuriat
La litt rature en entrepreneuriat s accorde pour consid rer la l gitimit comme un imp ratif de survie des entreprises fragilis es par le handicap de nouveaut , en particulier dans leur recherche de ressources (Stinchcombe, 1965; Aldrich et Fiol, 1994; Suchman, 1995; Delmar et Shane, 2004). Ce courant constitue aujourd hui une part importante des recherches ( berbacher, 2014), et chaque objet mergent, par exemple l entrepreneuriat social, se trouve confront ce devoir. Pourtant, cette qu te de l gitimit n est pas sans nous interroger, au regard d un champ qui a tr s vite mis l accent sur la destruction cr atrice et les comportements d viants par rapport aux normes. trop mettre l accent sur la n cessit de l gitimer le projet entrepreneurial, nous avons ainsi peut- tre perdu l essence subversive de l "entreprendre , mais aussi le projet mancipatoire au c ur de l entrepreneuriat. Plus encore, la contrainte de l gitimit touche la formation des identit s entrepreneuriales, ce qui n est pas, l encore, sans poser de probl mes en termes de construction d un soi entrepreneurial.
3.1. La l gitimit : contrainte, camouflage et narrations
La nouvelle entreprise devra donc se conformer aux attentes des d tenteurs de ressources, tant en termes de comportements jug s acceptables que d attributs tangibles qu il s agit d acqu rir pour gagner sa l gitimit . En cela, l entrepreneur peut travailler un ensemble d l ments plus symboliques, mais sera aussi en devoir d apporter des preuves concr tes de son aptitude exister dans le champ organisationnel (la d tention de comp tences cl s, par exemple). Cela est d autant plus vrai que l entreprise se situera dans des champs relativement mergents, eux-m mes en recherche de l gitimation. La l gitimit de la nouvelle firme est ici affect e par son absence de pass , mais galement par l absence de l gitimit du nouveau champ (Navis et Glynn, 2010).
Cette l gitimit peut tre impos e par le contexte de l entreprise, mais les entrepreneurs pourront jouer un r le plus proactif dans la l gitimation de la nouvelle entreprise (Tornikoski et Newbert, 2007). Des strat gies de l gitimation seront alors l uvre, se traduisant notamment par la construction d un r seau social et l acquisition de ressources cl s (Delmar et Shane, 2004). C est ainsi que l on distingue diff rents courants au sein des travaux sur la l gitimit ( berbacher, 2014).
Du c t des approches misant sur la passivit des agents, on trouvera le courant fort dominant h rit de la sociologie n o-institutionnelle. Ce dernier consid re que l entreprise cr e se conforme, via des conduites mim tiques, aux codes implicites et explicites qui structurent son futur champ d appartenance. C est ce qu on nomme l isomorphisme du champ. Toutefois, certains auteurs ont soulign la difficult de cette adh sion dans la mesure o les parties prenantes pr sentent des attentes h t rog nes, ce qui est vacu par les recherches en place ( berbacher, 2014). Certes, en migrant vers les sciences de la gestion, l approche n o-institutionnelle a am nag sa position en offrant des latitudes l acteur capable de travailler les institutions et de cr er des carts via des comportements entrepreneuriaux. Il n en demeure pas moins qu en bout de course, les cr ateurs sont contraints de se conformer aux attentes des acteurs en place. C est aussi que les th ories en entrepreneuriat ont eu tendance transformer des grilles de compr hension en des th ories normatives. De ce c t se situent aussi les travaux issus de l cologie des populations (Hannan et Freeman, 1977). Ce courant consid re que les nouvelles organisations sont tout simplement s lectionn es par le milieu dans lequel elles tentent d op rer. En particulier, une lutte entre les esp ces et les formes organisationnelles auxquelles les entreprises nouvelles appartiennent d cidera de leur survie. La taille des groupes, le nombre d acteurs et le degr de diff renciation entre esp ces jouera un r le galement dans le maintien des organisations. Ce courant a pu faire ses preuves dans l examen de nouveaux mod les conomiques par exemple li s l conomie num rique.
Les courants plus proactifs regroupent essentiellement le management des impressions et des approches narratives rang es sous le vocable de cultural entrepreneurship. Le management des impressions stipule que les cr ateurs pourront mettre en uvre des strat gies de camouflage (parfois discursives) visant donner le sentiment que l entreprise rejoint les attentes (Zott et Huy, 2007). Ce courant rejoint le sillon trac par Meyer et Rowan (1977) autour des fa ades c r monieuses. En somme, il s agit ici de faire "comme si l on rejoignait les attentes des parties prenantes (Gartner, Bird et Starr, 1992). Cela peut se traduire par la production de r cits et de symboles, l acquisition de quelques ressources signifiantes (p. ex. des personnes relais) pour l environnement. En th orie donc, gr ce cette approche fond e sur l hypocrisie, l entreprise se garde des latitudes entre la fa ade l gitime qu elle produit et le comportement r el qu elle adopte et qui maintient possiblement l int grit du projet. Les entrepreneurs doivent toutefois composer avec le risque de mise en ab me qui conduit devenir petit petit ce qu on a pass son temps mimer. La dimension performative des fa ades n est pas n gliger. En effet, les preuves tangibles sont moins manipulables et peuvent cr er de l irr versibilit du fait d un v ritable engagement.
Les nouvelles entreprises au sein d un champ sont galement amen es d velopper des narrations et des r cits individuels et collectifs ( cultural entrepreneurship) pour produire leur l gitimit . Ces strat gies de storytelling peuvent indirectement conduire elles aussi manipuler les impressions de l environnement. Elles insistent toutefois beaucoup plus sur le r le du r cit dans la construction m me, en ce qu il constitue l un des ferments essentiels du processus entrepreneurial (O Connor, 2004). Il volue ainsi mesure que le projet prend corps et gagne en coh rence. Des narrations accueillantes, ambigu s et faiblement coupl es pourront tre con ues la gen se du projet. Les nouvelles organisations ont besoin de temps pour "routiniser les activit s, instaurer de la confiance entre les membres du champ, b tir des relations avec les acteurs externes, apprendre comment coordonner les t ches, motiver et mobiliser les acteurs du champ (Lounsbury et Glynn, 2001). Les narrations viseront ainsi ne pas entamer avant l heure les possibilit s de l gitimit . Elles auront aussi pour fonction de construire les anticipations des parties prenantes qui ne disposent pas de preuves pour s assurer de la cr dibilit et de l acceptabilit du projet entrepreneurial. Le plan d affaires ou le pitch constituent certaines de ces narrations, mais les entrepreneurs en produisent contin ment. Il en va, par exemple, de la mani re de construire la page d un site lors d une campagne de sociofinancement tout autant que la banale carte professionnelle ou le nom donn son entreprise.
Certains auteurs ont soulign la pertinence de produire un r cit collectif, notamment lorsque le champ organisationnel est lui-m me l gitimer. R cemment, Navis et Glynn (2010) ont montr dans leur tude de l mergence de la radio par satellite que l tablissement d une identit collective constitue un pr alable au fa onnage de leurs identit s distinctives par les membres d une "nouvelle cat gorie de march . Une nouvelle cat gorie de march constitue "un projet social, actif, [ ] qui inclut les interpr tations et actions des organisations entrepreneuriales et des audiences int ress es (Navis et Glynn, 2010, p. 440). Leurs r sultats montrent que durant la phase d mergence, les entreprises gagnent revendiquer des identit s collectives afin d installer un nouveau "syst me conceptuel significatif . Une fois la "cat gorie de march l gitim e, au d marrage de la croissance, les firmes sont amen es revendiquer leur identit distinctive. Dans le management symbolique de sa l gitimit , la jeune firme doit ainsi "naviguer entre identit partag e et sp cificit individuelle (Navis et Glynn, 2010, p. 440-441). Selon Wry, Lounsbury et Glynn (2011), cette l gitimation collective "est facilit e lorsqu un groupe naissant d acteurs s accorde sur une histoire d identit collective identifiante qui d crit l orientation principale et les pratiques de base du groupe, en th orisant sa signification et sa pertinence (p. 450).
Le processus de l gitimation n a rien de lin aire et n cessite des efforts de maintien, de reconstruction, voire de d placement, m me s il est difficile de consid rer qu il existe des seuils de l gitimit en dehors de la rationalit scientifique. Laifi et Josserand (2016) ont par exemple d montr r cemment que ce travail de l gitimation se faisait essentiellement sous la forme d un patchwork dont l entrepreneur travaillerait s par ment les pi ces; travail qui n cessite principalement des aptitudes au bricolage de l entrepreneur afin de satisfaire les attentes des valuateurs.
3.2. Les paradoxes de la l gitimit et la qu te d mancipation
Le rapport de l entrepreneuriat la l gitimit m rite d tre abord de mani re plus complexe en en soulignant les effets paradoxaux, voire obscurs, sur la formation des projets. Plus encore, cet imp ratif para t nous loigner sensiblement du projet originel, qui mettait en avant la subversion plus que le conformisme. Cela n cessiterait de r fl chir en termes de tension et de paradoxe la contrainte de l gitimit et la r sistance, voire de placer cette contrainte au second plan. Berglund et Gaddefors (2010) soulignent dans ce sens que r sistance et l gitimit sont les deux faces de tout processus entrepreneurial.
La l gitimit , m me dans ses versants plus actifs, pose donc une s rie de probl mes dont certains ont t voqu s ailleurs (Germain et Laifi, 2014). En premier lieu, en stipulant ce que sont les conduites acceptables et cr dibles aux yeux des instances d valuation, la l gitimit proc de une mise sous contr le des subjectivit s entrepreneuriales et conduit limiter tr s t t la sph re d autonomie des entrepreneurs. En somme, en disant ce qui est possible ou non, la l gitimit conduit possiblement une premi re perte d auteur-it sur le projet. Ce que la sociologie n oinstitutionnelle consid re comme un mim tisme salvateur devient quasiment anti-entrepreneurial, m me s il ne faut pas sous-estimer la part des conduites ordinaires en entrepreneuriat. Toutefois, ce dont il est question ici est plus la capacit de l entrepreneur garder la main sur son projet.
Ensuite, il ne faut pas n gliger le fait que les contes de l entrepreneur (l ensemble des narrations formelles qu il produit) se transforment souvent en comptes rendre ( accountability). Les demandes de l gitimit ne restent pas lettre morte et influencent le devenir concret du projet. Elles contribuent cr er la r alit entrepreneuriale de diff rentes mani res. En premier lieu, la l gitimit ne se situe pas dans l atmosph re, mais dispose de relais qui la mat rialisent et agissent consciemment ou non pour la rendre effective. L accompagnement est par exemple souvent vu sous un angle neutre ou dans un r le bienfaiteur l gard des entrepreneurs 8 . Hors, ce qui s y joue est complexe et a beaucoup voir avec le travail de l gitimation. D abord parce que les accompagnateurs sont des relais forts des attentes de l environnement auquel se frottera l entrepreneur, en particulier les financeurs. Ainsi, ils contribuent au fa onnage du projet dans un sens attendu en v hiculant des mythes et st r otypes qui ont cours dans l cosyst me entrepreneurial. Ensuite, ils utilisent toute une batterie d outils de mise en forme qui sont pr tendument neutres, mais l encore portent une vision relativement d termin e de ce qu est un bon projet. Par ailleurs, il ne faut pas n gliger les rapports asym triques qui peuvent se construire entre l entrepreneur et l accompagnateur, o le second peut tre amen contraindre l o il pense faciliter l apprentissage. Enfin, et peut- tre surtout, les structures sont elles-m mes en recherche de l gitimit , par exemple parce qu elles d pendent de ressources publiques qui les obligent produire des r sultats tangibles, notamment en termes de r ussites entrepreneuriales. En cela, le processus d accompagnement sera soumis des demandes de comptes rendus ( accountability) en cascade. Cela pourra mener aussi certaines conduites conscientes ou non qui consistent s lectionner en amont les projets d ores et d j mieux lotis au d triment de ceux qui ont besoin d tre plus accompagn s. Tout cela devrait faire l objet d un int r t plus soutenu des chercheurs dans une perspective tout autant compr hensive qu mancipatoire.
Ensuite, la l gitimit se traduit sous la forme de traces ou d indices de mat rialit , mais aussi via un ensemble de dispositifs, d outils et d artefacts. Je l ai d j voqu , mais le domaine de l entrepreneuriat est peupl d un ensemble de recettes, de modes et d outils succ s v hicul s par tous les acteurs du champ (conseils, p dagogues, acteurs publics et financeurs) qui contribuent formater la pens e et les pratiques des entrepreneurs au d triment parfois de l originalit per ue du projet. Plus simplement, les relations entre l entrepreneur et son milieu sont organis es par un ensemble d objets (un courriel, une pr sentation PowerPoint), au sens o l entend Bruno Latour, qui jouent un r le dans la formation de conduites consid r es comme l gitimes. Le simple usage de couleurs ou d un type de caract res dans une pr sentation influence les repr sentations de part et d autre. Il y a donc s int resser toutes les formes de mat rialit qui laborent les relations sociales de l entrepreneur pour comprendre comment se forme la contrainte de l gitimit .
A contrario donc, une tendance consid re qu trop insister sur la l gitimit , on en oublie que l entrepreneur est aussi un agent du changement social qui agit par des pratiques subversives visant plut t perturber les ordres tablis. L entrepreneuriat doit, d une certaine mani re, remettre l mancipation au c ur de son projet th orique. En ce sens, il y aurait l comme un retour aux sources de l entrepreneuriat en insistant sur les conditions propices la cr ation. En effet, sur le plan macroscopique, l entrepreneuriat ne se constitue que par des mouvements incessants de d l gitimation et de rel gitimation qui sont le fait, sur le plan local, d entrepreneurs qui, un moment ou un autre, se situent dans les marges. Certains auteurs ont d ailleurs montr que le changement social tait le fruit d une co ncidence entre une obsession individuelle et un besoin public (Harmeling, 2011). Le d veloppement du capitalisme est le fait, comme l ont montr Durand et Vergne (2010), de pirates devenus corsaires: il n y a l encore qu songer la mani re dont l conomie num rique, par exemple dans le secteur de la musique, s est form e. En cela, il y a tout int r t mieux comprendre aussi les m canismes de la destruction support s par des conduites subversives (Bureau, 2013). Il y a aussi mieux consid rer la position n cessaire d tranger qu occupe l entrepreneur (Alter, 2014) et qui renvoie aux situations de d viance des outsiders mises en lumi re il y a longtemps par Becker (1985).
Un ensemble de travaux en entrepreneuriat va particuli rement s attacher l mancipation de l entrepreneur. Selon Rindova, Barry et Ketchen (2009), l approche mancipatoire en entrepreneuriat vise comprendre comment les souhaits d autonomie, l expression de valeurs personnelles et la fabrication d une diff rence dans le monde peuvent s accomplir. Percevoir les projets entrepreneuriaux comme des efforts mancipatoires focalise sur la compr hension des facteurs qui am nent les individus chercher rompre avec le statu quo et changer leur position dans l ordre social dans lequel ils sont encastr s et, l occasion, l ordre social lui-m me (Rindova, Barry et Ketchen, 2009). Ces auteurs ont ainsi propos trois l ments cl s constitutifs d une approche mancipatoire de l entreprendre. L approche mancipatoire contrarie d abord l existence d un environnement donn qui fa onne les activit s entrepreneuriales: elle privil gie comme vecteur la recherche d autonomie, en reconnaissant la pr minence du "dedans sur le "dehors . La rupture de l existant accro t certes les difficult s en r duisant la diffusion du nouvel objet social, mais accro t la libert des acteurs agir de mani re non conventionnelle au regard des pratiques courantes (Rindova, Barry et Ketchen, 2009, p. 482). Toutefois, cela suppose d lucider la nature des contraintes et le processus par lequel les individus s efforcent de les d loger, en consid rant ces contraintes non comme une barri re statique, mais comme un processus social dynamique (Goss et al., 2011). L mancipation ne consiste pas seulement se d faire des contraintes, selon les auteurs, mais se traduit galement par l criture de nouvelles relations d engagement avec l environnement qui pr servent le potentiel mancipatoire du projet. Cela revient rechercher le maintien de l autorit de l entrepreneur sur son projet et sa condition d auteur, mais galement penser au changement social produit par la cr ation (Hjorth et Steyaert, 2007). Enfin, au lieu de camoufler les diff rences du projet sous les habits de typifications l gitimes, les auteurs pr nent au contraire de miser sur la non-conformit par la production de narrations excessives et par le jeu des d clarations et des contestations visant produire un sens nouveau et implanter une nouvelle cat gorie (Rindova, Antoaneta et Suresh, 2007; Rindova, Barry et Ketchen, 2009).
Somme toute, la l gitimit doit plut t tre consid r e comme une contrainte secondaire devant faire l objet d une n gociation permanente afin de ne pas entamer l int grit du projet entrepreneurial (Germain et Laifi, 2014). Dans ce sens, un certain nombre d auteurs sont amen s souligner l importance d une l gitimit distinctive qui exprime la dimension paradoxale du travail de l gitimation auquel doit se frotter un entrepreneur. R fl chir la l gitimation en termes de paradoxes peut conduire notamment enrichir les projets en les situant sur une ligne de cr te entre singularit et conformit .
3.3. Les identit s entrepreneuriales l gitimes en question
Jusqu ici, la l gitimit a t discut e dans la perspective de formation des projets entrepreneuriaux. La l gitimit va au-del de l entreprise et touche au fa onnage de l identit m me des entrepreneurs sans cesse confront s ce qui est consid r comme la figure du "bon entrepreneur. Il en va ainsi des st r otypes et des mythes auxquels sont confront s dans leurs pratiques les femmes ou les immigrants se lan ant en affaires tout autant que des entrepreneurs sociaux. La question des identit s l gitimes doit ainsi tre remise sur la table en d mythifiant certaines lectures qui ont contribu installer durablement l id e de traits particuliers ou d un portrait-robot de l entrepreneur.
Nous, entendu au sens tr s large de celles et ceux qui fa onnent le champ de l entrepreneuriat, produisons un grand nombre d pith tes, de n ologismes, de compl ments de nom (f minin, de n cessit , immigrant, mompreneur, ethnique, intrapreneur, etc.) qui accompagnent le parcours des entrepreneurs et constituent autant de tribus acad miques que de communaut s de praticiens, sans suffisamment nous interroger sur les effets de cet tiquetage sur les identit s et les personnes. Ces tiquetages font d ailleurs l objet d un travail de n gociation parmi les praticiens. Par exemple, les acteurs de l entrepreneuriat social d battent tr s largement du p rim tre que cela recouvre, et les d fenseurs d une conomie sociale s interrogeront sur l intrusion d un vocabulaire entrepreneurial et des valeurs qu il porte (Steyaert et Dey, 2010). Il y a ici des enjeux de pouvoir qui visent prot ger le p rim tre et faire autorit sur "la d finition du champ. Mais derri re la mani re de nommer ou le souci de bien nommer se cachent galement des enjeux forts autour des discours qui tendent essentialiser ou figer les identit s. Les tiquettes, chez nous les concepts, n ont rien de neutre.
Ces tiquettes tendent ainsi, par l insistance port e sur des diff rences pr sum es, figer les identit s l gitimes en entrepreneuriat et par l m me disqualifier certains individus de la communaut des entrepreneurs (Jones et Spicer, 2009). Par exemple, une recherche tendant pr senter l entrepreneur "ethnique comme issu de famille modeste, faiblement duqu , disposant d un faible r seau social, aura des effets sur les repr sentations que l on se fait d un entrepreneur, mais aussi sur l identit en devenir du jeune entrepreneur. De la m me mani re, une femme qui entreprend se verra r duite des activit s faiblement innovantes du fait ici de repr sentations sociales. Il importe alors de mener un travail continu de questionnement d une connaissance qui doit tre consid r e comme locale et temporaire. Plus banalement, les clich s et st r otypes de ce que doit tre l entrepreneur se concr tisent dans la pratique quotidienne des entrepreneurs, qu il s agisse d une gestuelle ou de codes vestimentaires adopter, d un v hicule arborer, d un agenda d bord exhiber (Cornelissen, Clarke et Cienki, 2012). Ces identit s fixes que l on assigne font partie des dimensions du travail identitaire des entrepreneurs (Leitch et Harrison, 2016).
Je l ai d j voqu , les identit s entrepreneuriales se caract risent bien plus par leur fluidit , un devenir en perp tuelle construction, par leur multiplicit et leur actualisation temporaire, ce qui rend encore plus incertain le classement th orique dans des cat gories ferm es. En ce sens, les travaux sur l entrepreneuriat f minin immigrant sont riches en enseignement. Le travail de Essers et Benschop (2007) montre, dans leur tude des femmes immigrantes musulmanes aux Pays-Bas, une capacit ne pas accepter le registre d finitif et normatif auquel on vous assigne ou vous r duit. Par exemple, le port du voile pourra ici tre r v lateur d une r sistance et l , non. Les femmes font galement montre d une capacit jouer avec les - se jouer des - cadres communs impos s, en occupant des identit s temporaires et transitoires, en se servant des tiquettes pour tre accept es. Le travail r cent de Notais et Tixier (2016) r v le par exemple selon moi l utilit de la figure refuge de l entrepreneur social pour l gitimer l identit entrepreneuriale de femmes dans les quartiers. Ces recherches soulignent aussi la richesse d une approche plac e l intersection du genre, de l ethnie et de la condition sociale (ce qu on nomme l intersectionnalit ), qui peuvent repr senter diff rentes formes de domination dont, par l entrepreneuriat, ces femmes cherchent se d faire.
Toutes ces identit s relatives se forment ou se jugent la lumi re de l "entrepreneur sans pith te, qui continue, lui, de dominer nos repr sentations (Ogbor, 2000). La figure de l entrepreneur, outre un certain nombre de traits h ro ques marqu s du sceau de la puissance, s est compos e autour d une conception virile, ethnocentr e et relativement bourgeoise, et toute la tradition de recherche s est constitu e, comme l a d montr Ogbor, autour de cette figure. Cette figure optimiste et volontariste est aussi devenue un discours dominant, et donc l gitimant, suffisamment creux pour accueillir un large spectre de conduites plus ou moins entreprenantes, suffisamment puissant pour inclure et donc exclure (Jones et Spicer, 2009).
La puissance discursive s duisante de l entrepreneuriat a conduit diff rentes vagues de colonisation des pratiques o tout devient "entreprendre . Cette colonisation masque toutefois une r alit bien plus complexe dans laquelle chaque individu est enjoint s entreprendre ou laborer un soi entrepreneurial (Brockling, 2016). Ce soi entrepreneurial pr sente l avantage de pouvoir accueillir de mani re coh rente les identit s fragment es, temporaires et plurielles qui composent chacun d entre nous. Il est aussi la marque de soci t s o tout repose sur les paules d un individu - l homme endett de Maurizio Lazzarato - auquel il est dit quotidiennement que le collectif pourra de moins en moins. Il est autant la marque d une re possiblement qualifi e d hypermoderne o chacun est travers par des envies d accomplissement et de s curit , de commun et d individualisme, que la figure entrepreneuriale parvient assez bien articuler.
Conclusion: Des propos d tape n ayons pas peur des approches critiques
La recherche gestionnaire en entrepreneuriat et en PME a v ritablement pris son essor l aune de crises conomiques r p t es se traduisant par la perte de l illusion du plein emploi, mais aussi d attaques de plus en plus s v res port es aux politiques de l tat-providence. Ce terreau de d veloppement du champ a construit un lien univoque et faiblement questionn entre entrepreneuriat et croissance conomique qui explique une orientation fonctionnaliste et normative des travaux. En somme, la production de connaissances se doit implicitement d accompagner la croissance par l entrepreneuriat. Le champ de l entrepreneuriat reste ainsi profond ment marqu par des racines lib rales. Les approches critiques, encore peu pratiqu es en entrepreneuriat, et particuli rement dans la francophonie, nous adressent plusieurs invitations (Armstrong, 2005; Tedmanson et al., 2012; Verduyn, Tedmanson et Essers, 2014) mesurer la port e des discours que nous contribuons fa onner, mais aussi diffuser en premier lieu dans la salle de classe; d construire et questionner sans rel che des figures et des connaissances consid r es comme fragiles et temporaires; ne pas n gliger les rapports de pouvoir et de soumission qui sont aussi l uvre dans les pratiques entrepreneuriales. Elles nous enjoignent peut- tre abandonner de temps autre la posture du militant accompagnant le vent d optimisme et de volontarisme pour une connaissance un peu plus sceptique. Elles sugg rent qu il n est pas inutile de faire l examen de la face obscure de l entrepreneuriat, de ses dimensions excessives et oppressantes (Jones et Murtola, 2012; Verduyn, Tedmanson et Essers, 2014). C est peut- tre m me la condition d une pleine affirmation de l entrepreneuriat dans ses dimensions mancipatoires.
Dans ce sens, nous gagnerions r pondre l appel lanc aux sciences de la gestion "d fier les hypoth ses fondatrices des disciplines pour g n rer des th ories "int ressantes au lieu de miser sur la simple d tection de vides dans la connaissance accumul e et consid r e comme "vraie (Alvesson et Sandberg, 2013). Une tude r cente semble montrer que certaines rigidit s restent en place, en entrepreneuriat, si l on souhaitait alors aller dans ce sens (Frank et Landstr m, 2016). Pourtant, la d marche de traque des naturalisations aurait au moins une port e heuristique. Peut- tre m me qu il s agirait de proc der une op ration de d tournement en agissant nous-m mes dans les marges de la connaissance pour retrouver l essence de l entrepreneuriat. Pour ce faire, il y aurait sans doute organiser le brassage conceptuel (Oswick, Fleming et Hanlon, 2011) et aller puiser plus encore dans les autres sciences humaines et sociales, dans les arts et les humanit s, sans craindre l effondrement de nos propres fronti res. L identit d un champ se forme de ses m tissages et de ses inspirations.
Les questions d institutionnalisation du champ tant peu pr s r gl es, il y a dans ce m tissage un chantier stimulant auquel contribuer pour que les fruits passent d finitivement la promesse des fleurs. Les incursions croissantes de chercheurs des tudes organisationnelles en entrepreneuriat pourraient constituer un indice de ce changement. Il y a peut- tre pour cela r interroger d autres croyances implicites. L orientation normative h rit e d un contexte d pressif n a-t-elle pas conduit les chercheurs en entrepreneuriat vers une forme d obsession pour l utilit ? trop rechercher l utilit des connaissances produites, on emp che possiblement le pluralisme des connaissances de s exprimer, sauf si l on reconna t la pluralit in puisable des ph nom nes sociaux "utilement tudier, ce qui suppose aussi de limiter le recours aux g n ralisations. Il est aussi possible de consid rer l utilit comme une cons quence de la recherche plus importante de pertinence d une connaissance toujours plus vaste. Dans les merveilleuses premi res pages de La pens e sauvage (1962), o il nous entretient de la "science du concret , L vi-Strauss nous sugg re une piste. Contrairement une croyance r pandue, les peuples dits primitifs n ont pas un rapport d utilit la connaissance (p. ex. chercher les propri t s d une plante utiles au traitement d une maladie), mais sont avant tout mus par un souci d ordonnance du monde pour le rendre accessible. Cela se traduit par un examen permanent des " carts diff rentiels entre des cat gories de plantes ou d animaux, qui les conduit peu peu perfectionner leur connaissance du monde qui les environne. Plus tard vient le souci de faire bon usage de ces connaissances.
En empruntant ce chemin, nous pourrions ouvrir nos alliances en travaillant celle qui existe entre entrepreneuriat et soci t , ce qui nous ram nerait finalement aux premi res fleurs de Schumpeter, en promulguant un entrepreneuriat public cr ateur de socialit (Hjorth, 2013).
Bibliographie
A LDRICH , H. et C.M. F IOL (1994). "Falls rush in? The institutional context of industry creation , Academy of Management Journal, vol. 19, n o 4, p. 645-670.
A LDRICH , H. et A. M ARTINEZ (2001). "Many are called, but few are chosen: An evolutionary perspective for the study of entrepreneurship , Entrepreneurship Theory and Practice, vol. 25, n o 4, p. 41-56.
A LTER , N. (2014). "Un entrepreneur est n cessairement dans la peau de l tranger. Entrevue avec Caroline Verzat , Entreprendre Innover, n o 20, p. 66-70.
A LVESSON , M. et J. S ANDERG (2013). Constructing Research Questions: Doing Interesting Research, Thousand Oak, Sage.
A NDERSON , A. et R. S MITH (2007). "The moral space in entrepreneurship: An exploration of ethical imperatives and the moral legitimacy of being enterprising , Entrepreneurship and Regional Development, vol. 19, p. 479-497.
A RMSTRONG , P. (2005). Critique of Entrepreneurship. People and Policy, Basingstoke, Palgrave MacMillan.
A UG , M. (1992). Non-lieux, introduction une anthropologie de la surmodernit , Paris, Seuil.
B AKER , T. et R.E. N ELSON (2005). "Creating something from nothing: Resource construction through entrepreneurial bricolage , Administrative Science Quarterly, n o 50, p. 329-366.
B ATESON , G. (1977). Vers une cologie de l esprit, Tome 1, Paris, Seuil.
B ECATTINI , G. (1991). "The industrial district as a creative milieu , dans G. Benko et M. Dunford (dir.), Industrial Change and Regional Development: The Transformation of New Industrial Spaces, Londres, Belhaven Press, p. 102-116.
B ECKER , H. (1985). Outsiders. tudes de sociologie de la d viance, Paris, M taill .
B ERGLUND , H. (2007). "Opportunities as existing and created: A study of entrepreneurs in the Swedish mobile internet industry , Journal of Enterprising Culture, vol. 15, n o 3, p. 243-273.
B ERGLUND , K. et J. G ADDEFORS (2010). "Entrepreneurship requires resistance to be mobilized , dans B.F. Bjerke et A.Q. Johansson (dir.), ( De)Mobilizing Entrepreneurship - Exploring Entrepreneurial Thinking and Action, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, p. 140-157.
B ERGSON , H. (1998[1938]). La pens e et le mouvant, Paris, Presses universitaires de France.
B JERKE , B. (2007). Understanding Entrepreneurship, Cheltenham, Edward Elgar Publishing.
B OUTINET , J.-P. (2012). Anthropologie du projet, 2 e d., Paris, Presses universitaires de France, coll. "Quadrige .
B R CKLING , U. (2016). The Entrepreneurial Self, Fabricating a New Type of Subject, Thousand Oak, Sage.
B RUYAT , C. et P.-A. J ULIEN (2000). "Defining the field of research in entrepreneurship , Journal of Business Venturing, vol. 16, n o 2, p. 165-180.
B UREAU , S. (2013). "Au-del des monologues spectaculaires, de l importance des dialogues prosa ques pour innover et entreprendre , aRt Design Lab, 5 p., https://hal.inria.fr/hal-00934521/document , consult le 20 juillet 2016.
B YGRAVE , B. (1989). "The entrepreneurship paradigm (I): A philosophical look at its research methodologies , Entrepreneurship Theory and Practice, vol. 14, p. 7-26.
C ASEY , E.S. (1993). Getting Back into Place: Toward a Renewed Understanding of the Place-World, Bloomington, Indiana University Press.
C HIA , R.C.H. et R. H OLT (2009). Strategy without Design. The Silent Efficacy of Indirect Action, Cambridge, Cambridge University Press.
C ORNELISSEN , J., J. C LARKE et A. C IENKI (2012). "Sensegiving in entrepreneurial contexts: The use of metaphors in speech and gesture to gain and sustain support for novel ventures , International Small Business Journal, vol. 30, n o 3, p. 213-241.
C OURLET , C. et C. F OURCADE (2015). "Giacomo Becattini: L homme des districts industriels , dans K. Messeghem et O. Torr s (dir.), Les grands auteurs en entrepreneuriat et PME, Cormelles-le-Royal, ditions Management et Soci t , p. 352-370.
D ANIEL , E. et F. E LLIS -C HADWICK (2016). "Entrepreneurship and liminality: The case of self-storage based businesses , International Journal of Entrepreneurial Behavior Research, vol. 22, n o 3, p. 436-457.
D ELEUZE , G. et F. G UATTARI (1981). Mille Plateaux, Paris, ditions de Minuit.
D ELMAR , F. et S. S HANE (2002). "What firm founders do: A longitudinal study of the start-up process , dans F. Delmar et S. Shane, Frontiers of Entrepreneurship Research, Champaign, University of Illinois, p. 632-645.
D ELMAR , F. et S. S HANE (2004). "Legitimating first: Organizing activities and the survival of new ventures , Journal of Business Venturing, vol. 19, n o 3, p. 385-410.
D ENRELL , D., C. F ANG et S.G. W INTER (2003). "The economics of strategic opportunity , Strategic Management Journal, vol. 24, p. 977-990.
D EW , N. (2009). "Serendipity in entrepreneurship , Organization Studies, vol. 30, n o 7, p. 735-753.
D URAND , R. et J.P. V ERGNE (2010). L organisation pirate, Essai sur l volution du capitalisme, Lormont, ditions Le bord de l eau.
D UYMEDJAN , R., O. G ERMAIN , G. F ERRANTE et M.C. L AVISSI RE (2016). "Le r le de la rencontre entrepreneuriale dans l mergence des opportunit s. Autour de The Dallas Buyers Club , 6 es Journ es Georges-Doriot, "Entrepreneuriat et Soci t , Universit catholique de Louvain, Campus de Mons.
E NGEL , J.S. et D.J. T EECE (2012). "John Freeman: Entrepreneurship and innovation defined - A personal remembrance , Industrial and Corporate Change, vol. 21, n o 1, p. 245-248.
E SSERS , C. et V. B ENSCHOP (2007). "Enterprising identities: Female entrepreneurs of Moroccan and Turkish origin in the Netherlands , Organization Studies, vol. 28, n o 1 p. 49-69.
F ABBRI , J. et F. C HARUE -D UBOC (2013). "The role of physical space in collaborative workplaces hosting entrepreneurs: The case of The Beehive in Paris, France , dans F.X. de Vaujany et N. Mitev (dir.), Materiality and Space. Organizations, Artefacts and Practices, Basingstoke, Palgrave MacMillan.
F ELD , B. (2012). Startup Communities: Building an Entrepreneurial Ecosystem in Your City, New York, Wiley.
F RANK , H. et H. L ANDSTR M (2016). "What makes entrepreneurship research interesting? Reflections on strategies to overcome the rigour-relevance gap , Entrepreneurship Regional Development, vol. 28, n os 1-2, p. 51-75.
G ARTNER , W.B. (2012). "Entrepreneurship as organisation creation , dans D. Hjorth (dir.), Handbook of Organisational Entrepreneurship, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, p. 21-30.
G ARTNER , W.B., B.J. B IRD et J.A. S TARR (1992). "Acting as if: Differentiating entrepreneurial from organizational behavior , Entrepreneurship Theory and Practice, vol. 16, n o 3, p. 13-31.
G ERMAIN , O. (2010). "Quand l opportunit rencontre la strat gie , Revue fran aise de gestion, vol. 36, n 206, p. 171-187.
G ERMAIN , O. et A. L AIFI (2014). "D construire la contrainte de l gitimit : la recherche de l mancipation en entrepreneuriat , 5 es Journ es Georges-Doriot, "Entrepreneuriat et Soci t , CNST, Rabat.
G ERMAIN , O. et A. L AIFI (2016). "Les preuves de l gitimit au cours du processus entrepreneurial. Premiers enseignements du cas Mediapart , 6 es Journ es Georges-Doriot, "Entrepreneuriat et Soci t , Universit catholique de Louvain, campus de Mons.
G OSS , D., R. J ONES , M. B ETTA et J. L ATHAM (2011). "Power as practice: A microsociological analysis of the dynamics of emancipatory entrepreneurship , Organization Studies, vol. 32, n o 2, p. 211-229.
G REINER , L.E. (1972). "Evolution and revolution as organizations grow , Harvard Business Review, vol. 50, n o 4, p. 37-46.
H AMAYON , R. (2012). Jouer. Une tude anthropologique, Paris, La D couverte, Biblioth que du MAUSS.
H ANNAN , M. et J. F REEMAN (1977). "The population ecology of organizations , American Journal of Sociology, vol. 82, n o 5, p. 929-964.
H ARMELING , S. (2011). "Contingency as an entrepreneurial resource: How private obsession fulfills public need , Journal of Business Venturing, vol. 26, p. 293-305.
H EIDEGGER , M. (1971). "Building dwelling thinking , dans M. Heidegger, Poetry, Language, Thought, New York, Harper Row, p. 145-161.
H JORTH , D. (2005). "Organizational entrepreneurship with Michel de Certeau on creating heterotopias (or spaces of play) , Journal of Management Inquiry, vol. 14, n o 4, p. 386-398.
H JORTH , D. (2013). "Public entrepreneurship: Desiring social change, creating sociality , Entrepreneurship Regional Development, vol. 25, n os 1-2, p. 34-51.
H JORTH , D., R. H OLT et C. S TEYAERT (2015). "Entrepreneurship and process studies , International Small Business Journal, vol. 33, n o 6, p. 599-611.
H JORTH , D. et C. S TEYAERT (2007). Entrepreneurship as Social Change: A Third New Movements in Entrepreneurship Book, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, Movements in Entrepreneurship series, n o 3.
H ONIG , B. et T. K ARLSSON (2004). "Institutional forces and the written business plan , Journal of Management, vol. 30, n o 1, p. 29-48.
I NGOLD , T. (2000). The Perception of the Environment: Essays on Livelihood, Dwelling and Skill, Londres, Routledge.
I SENBERG , D.J. (2010). "How to start an entrepreneurial revolution , Harvard Business Review, vol. 88, n o 6, p. 41-50.
J OHANNISSON , B. (2011). "Towards a practice theory of entrepreneuring , Small Business Economics, vol. 36, p. 135-150.
J OHANNISSON , B., G. K ARLSSON et M. R AMIREZ -P ASILLAS (2002). "The institutional embeddedness of local inter-firm networks: A leverage for business creation , Entrepreneurship and Regional Development, vol. 14, p. 297-313.
J OHANNISSON , B. et A. N ILSSON (1989). "Community entrepreneurship - networking for local development , Journal of Entrepreneurship and Regional Development, vol. 1, n o 1, p. 1-19.
J OHANNISSON , B. et C. W IGREN (2006). "The dynamics of community identity making in an industrial district: The spirit of Gnosj revisited , dans C. Steyaert et D. Hjorth (dir.), Entrepreneurship as Social Change, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, p. 188-209.
J OHNSTONE , H. et D. L IONAIS (2004). "Depleted communities and community business entrepreneurship: Revaluing space through place , Entrepreneurship and Regional Development, vol. 16, n o 3, p. 217-233.
J ONES , C. et A.M. M URTOLA (2012). "Entrepreneurship, crisis, critique , dans D. Hjorth (dir.), Handbook of Organisational Entrepreneurship, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, p. 97-115.
J ONES , C. et A. S PICER (2009). Unmasking the Entrepreneur, Cheltenham, Edward Elgar Publishing.
J ULIEN , P.-A. (2005). Entrepreneuriat r gional et conomie de la connaissance, une m taphore des romans policiers, Qu bec, Presses de l Universit du Qu bec.
J ULLIEN , F. (2009). Les transformations silencieuses, Paris, Grasset.
J ULLIEN , F. (2012). Cinq concepts propos s la psychanalyse, Chantiers 3, Paris, Grasset.
L AIFI , A. et E. J OSSERAND (2016). "Legitimation in practice: A new digital publishing business model , Journal of Business Research, vol. 69, n o 7, p. 2343-2352.
L ALLEMENT , M. (2015). L ge du faire. Travail, hacking, anarchie, Paris, Seuil.
L ANDSTR M , H. (2008). "Entrepreneurship research: A missing link in our understanding of the knowledge economy , Journal of Intellectual Capital, vol. 9, n o 2, p. 301-322.
L EFEBVRE , H. (1974). La production de l espace, Paris, Anthropos.
L EITCH , C.M. et R.T. H ARRISON (2016). "Identity, identity formation and identity work in entrepreneurship: Conceptual developments and empirical applications , Entrepreneurship Regional Development, vol. 28, n os 3-4, p. 177-190.
L VI -S TRAUSS , C. (1962). La pens e sauvage, Paris, Librairie Plon.
L OUNSBURY , M. et M.A. G LYNN (2001). "Cultural entrepreneurship: Stories, legitimacy and the acquisition of resources , Strategic Management Journal, vol. 22, p. 545-564.
M ARSHALL , A. (1920). Principles of Economics, 8 e d., Londres, MacMillan.
M ASSEY , D. (1994). "A global sense of place: A place called home? , dans D. Massey (dir.), Space, Place and Gender, Oxford, Blackwell, p. 146-173.
M ASSEY , D. (1995). "The conceptualization of place , dans D. Massey et P. Jess (dir.), A Place in the World? Place, Culture and Globalization, Oxford, Oxford University Press, p. 45-85.
M EYER , J.W. et B. R OWAN (1977). "Institutional organizations: Formal structure as myth and ceremony , American Journal of Sociology, vol. 83, p. 340-363.
M IRCHANDANI , K. (1999). "Feminist insight on gendered work: New directions in research on women and entrepreneurship , Gender, Work Organization, vol. 6, p. 224-235.
M OROZ , P.W. et K. H INDLE (2012). "Entrepreneurship as a process: Toward harmonizing multiple perspectives , Entrepreneurship Theory Practice, vol. 36, n o 4, p. 781-818.
N AVIS , C. et M.A. G LYNN (2010). "How new market categories emerge: Temporal dynamics of legitimacy, identify, and entrepreneurship in satellite radio, 1990-2005 , Administrative Science Quarterly, vol. 55, p. 439-471.
N AYAK , A. et R. C HIA (2010). "Thinking becoming and emergence: Process philosophy and organization studies , dans R. Chia et H. Tsoukas (dir.), Research in the Sociology of Organization, Bingley, Emerald, p. 281-309.
N ICOLINI , D. (2012). Practice Theory Work Organization, Oxford, Oxford University Press.
N OTAIS , A. et J. T IXIER (2016). "Et si entreprendre socialement changeait la donne? La construction identitaire des femmes des quartiers , 6 es Journ es Georges-Doriot, "Entrepreneuriat et Soci t , Universit catholique de Louvain.
O C ONNOR , E. (2004). "Storytelling to be real: Narrative, legitimacy building and venturing , dans D. Hjorth et C. Steyaert (dir.), Narrative and Discursive Approaches in Entrepreneurship, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, p. 105-124.
O GBOR , J.O. (2000). "Mythicizing and reification in entrepreneurial discourse: Ideology-critique of entrepreneurial studies , Journal of Management Studies, vol. 37, n o 5, p. 605-635.
O SWICK , C., P. F LEMING et G. H ANLON (2011). "From borrowing to blending: Rethinking the processes of organizational theory building , Academy of Management Review, vol. 36, n o 2, p. 318-337.
P EREDO , A.M. (2015). "Poverty and community-based enterprise: Enlarging the discussion , dans T. Baker et F. Welter (dir.), The Routledge Companion to Entrepreneurship, Londres, Routledge, p. 263-280.
P OPP , A. et R. H OLT (2013a). "Entrepreneurship and being: The case of the Shaws , Entrepreneurship Regional Development, vol. 25, n os 1-2, p. 52-68.
P OPP , A. et R. H OLT (2013b). "The presence of entrepreneurial opportunity , Business History, vol. 55, n o 1, p. 9-28.
R ESCHER , N. (2000). Process Philosophy: A Survey of Basic Issues, Pittsburgh, University of Pittsburgh Press.
R EYNOLDS , P.D. et B. M ILLER (1992). "New firm gestation: Conception, birth, and implications for research , Journal of Business Venturing, vol. 7, p. 405-417.
R INDOVA , V.P., P. A NTOANETA et K. S URESH (2007). "Standing out: How new firms in emerging markets build reputation in the media , Strategic Organization, vol. 5, p. 31-70.
R INDOVA , V.P., D. B ARRY et D.J. K ETCHEN J R . (2009). "Entrepreneuring as emancipation , Academy of Management Review, vol. 34, n o 3, p. 477-491.
R OSE , G. (1995). "Place and identity: A sense of place , dans D. Massey et P. Jess (dir.), A Place in the World, Oxford, Oxford University Press, p. 87-132.
S ANDBERG , J. et H. T SOUKAS (2011). "Grasping the logic of practice: Theorizing through practical rationality , Academy of Management Review, vol. 36, n o 2, p. 338-360.
S ARASVATHY , S.D. (2001). "Causation and effectuation: Toward a theoretical shift from economic inevitability to entrepreneurial contingency , Academy of Management Review, vol. 26, n o 2, p. 243-263.
S ARASVATHY , S.D., N. D EW , S. R EAD et R. W ILTBANK (2008). "Designing organizations that design environments: Lessons from entrepreneurial expertise , Organization Studies, vol. 29, n o 3, p. 331-350.
S AYLORS , R., D.M. B OJE et T.J. M UELLER (2014). "Entrepreneurial storytelling in moments of friendship: Antenarratives of business plans, risk taking, and venture capital narratives , Tamara Journal of Critical Organisation Inquiry, vol. 12, n o 4, p. 3-15.
S ENYARD , J., T. B AKER et P. D AVIDSSON (2009). "Entrepreneurial bricolage: Towards systematic empirical testing , Frontiers of Entrepreneurship Research, vol. 29, n o 5, http://digitalknowledge.babson.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1462 context=fer , consult le 20 juillet 2016.
S HANE , S. (2003). A General Theory of Entrepreneurship: The Individual Opportunity Nexus, Cheltenham, Edward Elgar Publishing.
S HANE , S. et S. V ENKATARAMAN (2000). "The promise of entrepreneurship as a field of study , The Academy of Management Review, vol. 25, n o 1, p. 217-226.
S HORT , J.C., D.J. K ETCHEN J R , C.L. S HOOK et R.D. I RELAND (2010). "The concept of Opportunity in entrepreneurship research: Past accomplishments and future challenges , Journal of Management, vol. 36, n o 1, p. 40-65.
S TAM , E. (2015). "Entrepreneurial ecosystems and regional policy: A sympathetic critique , European Planning Studies, vol. 23, n o 9, p. 1759-1769.
S TAM , E. et N. B OSMA (2015). "Growing entrepreneurial economies: Entrepreneurship and regional development , dans T. Baker et F. Welter (dir.), The Routledge Companion to Entrepreneurship, Londres, Routledge, p. 325-340.
S TEYAERT , C. (2004). "The prosaics of entrepreneurship , dans D. Hjorth et C. Steyaert (dir.), Narratives and Discursive Approaches in Entrepreneurship, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, p. 8-21.
S TEYAERT , C. (2005). "Entrepreneurship: In between what? On the frontier as a discourse of entrepreneurship research , International Journal of Entrepreneurship and Small Business, vol. 2, n o 1, p. 2-16.
S TEYAERT , C. (2007). " Entrepreneuring as a conceptual attractor? A review of process theories in 20 years of entrepreneurship studies , Entrepreneurship and Regional Development: An International Journal, vol. 19, n o 6, p. 453-477.
S TEYAERT , C. (2012). "Making the multiple: Theorising processes of entrepreneurship and organisation , dans D. Hjorth (dir.), Handbook of Organisational Entrepreneurship, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, p. 151-168.
S TEYAERT , C. et P. D EY (2010). "Nine verbs to keep the social entrepreneurship research agenda dangerous , Journal of Social Entrepreneurship, vol. 1, n o 2, p. 231-254.
S TEYAERT , C. et J. K ATZ (2004). "Reclaiming the space of entrepreneurship in society: Geographical, discursive and social dimensions , Entrepreneurship and Regional Development, vol. 16, n o 3, p. 179-196.
S TINCHCOMBE , A.L. (1965). "Social structure and organizations , dans J.G. March (dir.), Handbook of Organizations, Chicago, Rand McNally, p. 142-193.
S UCHMAN , M.C. (1995). "Managing legitimacy: Strategic and institutional approaches , Academy of Management Review, vol. 20, n o 3, p. 571-610.
T EDMANSON , D., K. V ERDUYN , C. E SSERS et W.B. G ARTNER (dir.) (2012). "Critical perspectives in entrepreneurship research , Organization, vol. 19, n o 5, p. 531-541.
T ORNIKOSKI , E. et S. N EWBERT (2007). "Exploring the determinants of organizational emergence: A legitimacy perspective , Journal of Business Venturing, vol. 22, n o 2, p. 311-335.
T RETTIN , L. et F. W ELTER (2011). "Challenges for spatially oriented entrepreneurship research , Entrepreneurship Regional Development, vol. 23, n os 7-8, p. 575-602.
T SOUKAS , H. et R. C HIA (2002). "On organizational becoming: Rethinking organizational change , Organization Science, vol. 13, n o 5, p. 567-582.
BERBACHER , F. (2014). "Legitimation of new ventures: A review and research programm , Journal of Management Studies, vol. 51, n o 4, p. 667-698.
V AN G ENNEP , A. (1909). Les rites de passage, Paris, Stock.
V ERDUYN , J.K. (2015). "Entrepreneuring and process. A Lefebvrian perspective , International Small Business Journal, vol. 33, n o 6, p. 638-648.
V ERDUYN , K., P. D EY , D. T EDMANSON et C. E SSERS (dir.) (2014). "Emancipation and/or oppression? Conceptualizing dimensions of criticality in entrepreneurship studies , International Journal of Entrepreneurial Behaviour and Research, vol. 20, n o 2, p. 98-107.
V ERNANT , J.-P. (1965). Mythe et pens e chez les Grecs, Tome 2, Paris, Maspero.
W ANG , C.L. et H. C HUGH (2014). "Entrepreneurial learning: Past research and future challenges , International Journal of Management Reviews, vol. 16, p. 24-61.
W EICK , K.E. (1987). "Substitutes for strategy , dans D.J. Teece (dir.), The Competitive Challenge: Strategies for Industrial Innovation and Renewal, Pensacola, Ballinger, p. 222-233.
W ELTER , F. (2011). "Contextualising entrepreneurship: Conceptual challenges and ways forward , Entrepreneurship Theory Practice, vol. 35, n o 1, p. 165-184.
W HITEHEAD , A. (2010[1929]). Process and Reality: An Essay in Cosmology, New York, Simon Schuster.
W INNICOTT , D.W. (1975). Jeu et R alit . L espace potentiel, Paris, Gallimard, coll. "Connaissance de l inconcient .
W RY , T., M. L OUNSBURY et M.A. G LYNN (2011). "Legitimating nascent collective identities: Coordinating cultural entrepreneurship , Organization Science, vol. 22, p. 449-463.
Z OTT , C. et Q. H UY (2007). "How entrepreneurs use symbolic management to acquire resources , Administrative Science Quarterly, vol. 52, n o 1, p. 70-105.

1 . Le titre emprunte un po me de Fran ois de Malherbe, po te caennais.
2 . Ce chapitre doit beaucoup aux nombreuses rencontres qui continuent d inspirer mon parcours, l occasion d changes ou de collaborations. Je remercie mes coauteurs r guliers Raffi Duymedjian, Guillaume Ferrante et Amira Laifi, mes coll gues Sylvain Luc et Viviane Sergi, ainsi qu Octave Niami , doctorant l ESG UQAM. J adresse mes remerciements Jos e St-Pierre et Francois Labelle pour leur relecture, et tout particuli rement la premi re pour son soutien compr hensif tout au long du processus d criture.
3 . Dans ce texte, j utiliserai fr quemment le terme "entreprendre comme substantif afin de renvoyer la dimension processuelle de l entrepreneuriat.
4 . La notion de capital social est d velopp e dans le chapitre produit par Tr panier et Aka.
5 . Une illustration int ressante et in dite du fonctionnement de ces processus collectifs est pr sent e dans le chapitre de Razafindrazaka et Laurin.
6 . Pour une discussion fouill e de la notion d cosyst me entrepreneurial, j invite le lecteur consulter le chapitre de Razafindrazaka et Laurin.
7 . Un retour l tymologie nous apprend que l opportunit telle que nous la pratiquons rel ve de l anglicisme opportunity, dont la traduction convenable serait "occasion , c est- -dire circonstance favorable ou chance. L opportunit , en fran ais, est ce qui est "opportun , c est- -dire qui survient " propos , au bon moment. Elle renvoie donc au kairos qui, depuis la Gr ce antique, est "un temps agi et subjectif, ce point - moment favorable, "saisir - o co ncident l efficacit de l action humaine (ce qui est propos, appropri , convenable) et "un processus naturel qui se d veloppe au rythme de sa dur e propre (Vernant, 1965, p. 59). Le moment opportun - kairos - n est donc ressenti que sur fond d un temps lin aire, r p titif et mesurable, le chronos (Germain, 2010). Nous employons dans ce chapitre le mot opportunit dans la mesure o il s agit d une convention de langage en entrepreneuriat.
8 . St-Jean et Tremblay pr sentent dans ce volume une forme d accompagnement - le mentorat -, chapitre auquel le lecteur pourra utilement se reporter.
CHAPITRE 2
Les cosyst mes entrepreneuriaux
tat de l art et perspectives
Tinasoa Razafindrazaka et Fr d ric Laurin
La vaste tendue des connaissances accumul es en PME et en entrepreneuriat peut tre regroup e autour de trois th matiques: l entrepreneur, l entreprise et le contexte entrepreneurial. Cette derni re th matique a fait l objet d tudes et d applications multiples avec une diversit d approches, de th ories, de concepts et de d nominations tant du point de vue des travaux acad miques que de celui de l action publique. L examen du contexte entrepreneurial, plus pr cis ment de l environnement externe aux entreprises, int resse en ce qu il constitue un creuset des ressources mat rielles et immat rielles n cessaires au d veloppement des entreprises, notamment les PME.
Parmi la multitude d approches abordant le contexte entrepreneurial, ce chapitre traite de la notion d cosyst me entrepreneurial dans une perspective m taphorique (Moore, 1996; Iansiti et Levien, 2004) dont l id e sous-jacente est que le d veloppement entrepreneurial repose sur une dynamique cosyst mique porteuse d opportunit s et de cr ativit . Nous avons choisi de traiter la th matique d cosyst me entrepreneurial pour une double raison. D une part, l approche par l cosyst me entrepreneurial s av re une cl d entr e pertinente pour l tude du champ de l entrepreneuriat. D autre part, le dynamisme de l cosyst me s interpr te en tant que force explicative non seulement de l entrepreneuriat, mais aussi de la p rennit et de la performance des PME implant es au sein de certains territoires particuliers.
Ce chapitre est divis en trois sections. Dans un premier temps, nous parcourons l volution des concepts et des notions li s aux fondements de l approche par l cosyst me entrepreneurial. La deuxi me section fait part d un tat des lieux sur les cosyst mes entrepreneuriaux et d une application empirique tir e d une recherche portant sur l entrepreneuriat r gional. Cela permet d encha ner avec la derni re section sur les perspectives de recherche suscit es par la grille de lecture du contexte entrepreneurial offerte par les cosyst mes entrepreneuriaux et l analyse critique de la litt rature pr sent e dans le bilan des connaissances.
1. Les fondements de la notion d cosyst me entrepreneurial
Cette section vise sp cifier la succession des enjeux et des concepts li s aux fondements de l apparition de la notion d cosyst me entrepreneurial en tant que cl d analyse de l environnement entrepreneurial aussi bien interne qu externe aux entreprises.
1.1. L volution des enjeux conomiques et soci taux
Dans les ann es 1980, il y a eu une mutation des syst mes productifs la suite des crises conomiques successives ayant entra n des bouleversements industriels (Aydalot, 1986; Camagni et Maillat, 2006). Ces crises ont touch des bassins d emplois et de nombreuses activit s traditionnelles qui faisaient vivre r gions, villes et cit s (Messaoudi, 2014). Les r percussions des crises se manifestent notamment par des fermetures d usines et le d placement d activit s de production vers des pays bas co ts de main-d uvre. En r action, des acteurs territoriaux se sont mobilis s pour pr server les emplois, maintenir les activit s traditionnelles et stimuler l mergence d activit s innovantes, ce qui a suscit une prise de conscience sur la n cessit de prise en charge du d veloppement conomique local par les collectivit s et les diff rents acteurs dans une approche collective plut t qu individuelle, l conomie locale ne pouvant pas reposer uniquement sur les actions individuelles des entreprises. Cela a g n r de nombreuses initiatives menant vers ce que l on appelle la r invention du local (Torre et Zimmermann, 2015). Cette prise de conscience de la dimension locale s explique galement par la mutation des dynamiques de changement des conomies contemporaines s inscrivant dans le ph nom ne de mondialisation de l conomie, qui a induit les d cloisonnements des fronti res et a fait riger des territoires particuliers pour l analyse du processus de d veloppement. Du coup, le slogan des politiques publiques est de "penser local pour agir global (Longhi et Spindler, 2000). Ainsi, les collectivit s territoriales et les pouvoirs publics nationaux se sont dot s de v ritables structures de d veloppement conomique l chelle infranationale. Cependant, il a t constat que des outils conceptuels et op ratoires font d faut aux d cideurs politiques pour penser ce d veloppement local (Thisse, 1997; Courlet et Pecqueur, 2013).
1.2. Le renouvellement des probl matiques et la sophistication terminologique
Pour concr tiser cette recherche de cadre autant conceptuel qu op ratoire, des analyses des syst mes productifs locaux voient le jour sous diff rentes formes, avec des objectifs de recherche essentiellement tourn s vers l explication des succ s ou des checs des diff rentes sortes de configuration locale (Asheim, Moodyson et Todtling, 2011). L analyse sur les PME a suivi cette mouvance avec des r flexions autour des degr s d encastrement et d insertion des PME dans leur r gion pour expliquer leur multiplication et leur croissance.
Les travaux concernant les PME se situaient alors au stade d ouverture d autres disciplines des sciences sociales, telles que la sociologie et l anthropologie (Julien, 2008), ce qui a amen des enrichissements en termes de r f rents conceptuels, mais galement de la complexit des angles d analyse. On peut citer, titre d exemple, le d passement de l approche individuelle de l entrepreneuriat pour s atteler une dimension plus collective du ph nom ne entrepreneurial. Ainsi, des tudes (Asheim et Gertler, 2005; Edquist, 2005) ont r v l que la cr ation et le d veloppement des PME dans de nombreuses r gions seraient stimul s par la pr sence d un milieu dynamique et facilitant. Ce milieu, terminologie emprunt e l cologie, d finit l environnement d une esp ce vivante dont la contrainte agit de fa on d terminante sur son volution (Perrin, 2006). Transpos au ph nom ne entrepreneurial, le milieu offre, par le biais de r seaux, des facilitations mat rielles et immat rielles l chelle locale pour soutenir la cr ation et le d veloppement des PME. La notion de milieu fait intervenir l espace, tant g ographique que social, dans les travaux sur les PME, soulignant l importance de la proximit physique et organis e pour mieux comprendre ces entreprises (Maillat, Qu vit et Senn, 1993). Cet enrichissement des travaux contribue faire voluer les probl matiques de recherche, qui comptent sur des investigations sur les dynamiques internes des syst mes productifs l chelle des territoires commun ment appel s r gions (Mason et Brown, 2014). D s lors, on assiste un engouement des chercheurs envers l analyse des dynamiques endog nes qui influent sur l volution d un syst me productif dans un environnement spatial donn , entra nant une litt rature volumineuse qui tente de fa onner un cadre analytique consensuel (Aydalot, 1986; Dei Ottati, 1994; Saxenian, 1994; Uzzi, 1997; Cooke, Heidenreich et Braczyk, 2004; Cohen, 2006; Brown et Mason, 2012). Des diversit s s mantiques mergent de cette f condit d int r t, bien que des traits communs les r unissent. En effet, la majorit de ces travaux empiriques (Benko, 1996; Crevoisier, 2001, 2010; Scott, 2005; Audretsch et al., 2012; Obschonka et al., 2013; Fritsch et Storey, 2014) informent sur une dynamique autonome et propre certaines r gions se d velopper, laquelle surgit principalement dans des concentrations spatiales de PME sp cialis es, g n rant, au-del d un march local de travail (Rosted, 2012), des solidarit s et des compl mentarit s, un tissu industriel de concurrence-coop ration avec des r gles du jeu partag es (Pallard, 2009).
2. Les acquis de la recherche autour de la notion d cosyst me entrepreneurial
cause de l apparition de nouveaux facteurs pris en consid ration dans l analyse du ph nom ne entrepreneurial, les approches se complexi-fient et forgent de nouvelles conceptualisations que l on pourrait qualifier d claireurs pour la m taphore de l cosyst me entrepreneurial que nous d velopperons en d tails dans cette section.
2.1. Les concepts pr curseurs: variations taxinomiques
L un des premiers crits relatifs cette dynamique endog ne remonte au livre IV des Principes d conomie politique d Alfred Marshall (1971[1890]). l issue de ses investigations sur les dynamiques propres des r gions du sud de l Angleterre au XIX e si cle, cet auteur voque la notion d atmosph re locale ou industrielle li e l id e d agglom ration industrielle g n rant des conomies externes. Cela constitue le point de d part des travaux acad miques consacr s la compr hension de la dynamique de localisation des activit s conomiques (Uhlaner et Thurik, 2002; Potter et Watts, 2012).
Plus tard est apparu ce qu il convient de d crire comme le contexte analytique de renouveau marshallien (Lecoq, 1993). En effet, la suite du travail pionnier de Beccattini (1979) sur la r gion italienne de Prato se rapportant au secteur textile, le courant de pens e de l cole des districts italiens s est d velopp et a investigu des formes spatiales des processus d industrialisation diffuse apparues dans les r gions du centre et du nordest de l Italie (Piore et Sabel, 1984; Carbonara, 2002). Plus pr cis ment, ce courant s est fond sur l analyse des activit s artisanales, exposant des capacit s locales de production ancr es dans les h ritages socioculturels des communaut s qui les abritent.
Ensuite, la th orie des milieux innovateurs, issue de l ensemble des travaux men s par le Groupe de recherche europ en sur les milieux innovateurs (GREMI), est apparue (Maillat, 2006). Aydalot (1986) est l origine de cette cole, qui s est attach e identifier les m canismes cr ateurs de l innovation et, par ricochet, de l entrepreneuriat, au sein d un territoire en particulier dans le contexte conomique contemporain. On notera que les travaux align s sur la th orie des milieux innovateurs sont men s sur une dizaine de r gions diff rentes en Europe et aux tats-Unis, recouvrant divers contextes: m tropolitains, p rim tropolitains, de type district industriel, de tradition industrielle en voie d industrialisation et technopolitain. Grosso modo, ce courant renvoie l existence d un certain milieu, faisant r f rence implicitement la notion d "atmosph re industrielle marshallienne , qui serait la source de la dynamique endog ne d une r gion. Ici, la notion de "milieu s aligne sur l approche volutionniste (Nelson et Winter, 1982; Boschma, 2004) et consiste en un espace g ographique qui n a pas de fronti res identifiables et qui est compos de ressources mat rielles (machines, b timents, ressources financi res) et immat rielles (savoir-faire, l ments institutionnels) et d acteurs (entreprises, institutions de recherche et de formation, pouvoirs publics locaux) qui sont en charge de la gestion de ces ressources (Camagni, 1991; Garofoli, 1994; Maillat, 2006).
Pour terminer sur cet encha nement des cat gories analytiques qui se sont accumul es dans les r flexions sur les dynamiques endog nes, l on citera la notion de clusters, de port e plut t pragmatique et d finie comme une concentration sur un territoire donn de firmes et d institutions associ es dans une m me fili re industrielle et li es par des l ments communs et compl mentaires (Porter, 1998). L approche par cluster pr tend des finalit s op rationnelles, en essayant de mieux comprendre partir de cas empiriques pourquoi et comment certains regroupements spatialement concentr s sont efficaces, aux fins de cerner les configurations gagnantes et de les transformer en outils normatifs et d di s l action publique.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents