La France handicapée du calcul
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Description

PISA 2012, PIAAC 2013, etc. : à chacun de ces classements internationaux évaluant les compétences en littératie et en numératie des jeunes et des adultes, la France se retrouve au dernier rang. Comment s'imposer dans l'économie globalisée quand près de 60% des adultes français ne maîtrisent ni la proportionnalité, ni l'utilisation d'un tableur ? Les solutions à l'innumérisme existent pourtant.



25ème/65 : tel est le classement PISA 2012 de la France, derrière la Slovénie, la République tchèque, l'Irlande, etc. Dans le détail, les performances en littératie et numératie des jeunes Français âgés de 15 ans, mesurées par PISA, sont parmi les plus mauvaises des pays de l'OCDE : 50% des jeunes Français présentent des difficultés en calcul quand 10% sont en très grande difficulté, etc.



La faute à un système éducatif à deux vitesses : 20 places d'écart entre les meilleures élèves français en maths et les moins bons, en 2012. Et l'OCDE de conclure dans un rapport : "Le système éducatif français est plus inégalitaire en 2012 qu'en 2003..."



L'Education nationale est pourtant au fait des difficultés rencontrées par les jeunes Français, notamment en mathématiques : l'étude de la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) de 2008 confirmait les tendances observées par les études PISA depuis 1987 ! Et pourtant, rien n'a été entrepris pour remédier à cette situation.



Ces mauvais résultats se retrouvent également chez les adultes : c'est ce que confirme l'étude PIAAC 2013, évaluant les compétences en littératie et numératie des individus de plus de 15 ans parmi les pays-membres de l'OCDE. Ainsi se multiplient les témoignages de ce type : "Je suis inspectrice des impôts, et j'ai été obligée, à 32 ans, de me mettre au produit en croix, après avoir passé et réussi le concours des impôts"...



Pendant ce temps, l'Allemagne rattrape son retard par rapport à la France, la dépassant systématiquement depuis 2000 dans ces études internationales. Parallèlement, l'Allemagne ne cesse d'améliorer ses performances économiques, comparé à la France. Un constat s'impose : la corrélation entre le taux d'innumérisme et le taux de chômage dans les pays développés.



S'attaquer à l'innumérisme doit être l'une des priorités de la France, si celle-ci souhaite sauver son économie. Les solutions existent et sont faciles à mettre en oeuvre. Il est temps que les travailleurs français s'attaquent au marché du travail armé des compétences requises. Selon le sociologue américain Michael Hendel, entre 68% et 94% des postes de travail requièrent des compétences de base en mathématiques en 2013. L'effort en France doit être fait !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 juin 2014
Nombre de lectures 22
EAN13 9782212266665
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Michel Vigier
LA FRANCE HANDICAPÉE DU CALCUL
Vaincre l’innumérisme pour sortir du chômage
Copyright Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com Talmont Media SAS 83, rue Crozatier 75012 Paris
www.atlantico.fr
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, Atlantico, 2014
ISBN : 978-2212-86929-3
Sommaire

Mots-clés
Prologue
Les enquêtes nationales et internationales
Pisa ou la (bonne) cuisine de l’OCDE
Chômage et innumérisme
Ce n’est pas vraiment déraisonnable de faire ce rapprochement
Nous entendons les critiques s’élever…
Raisonnement absurde ?
Les propositions
Les associations pour la prévention de l’innumérisme
Le constructivisme
Les découvertes scientifiques
Comment économiser 300 millions d’euros par an dans l’Éducation nationale ?
Les objectifs TIC
Alors, que faire ?
Bibliographie
L’auteur
Mots-clés
Ces mots, à racine bien française, reviennent après un petit détour par l’anglais américain et le français du Québec :
Littératie : ensemble des connaissances et compétences de base requises pour utiliser l’information écrite (en anglais, literacy ).
Numératie : ensemble des connaissances et compétences de base requises pour conduire un calcul (en anglais, numeracy ).
Illettrisme : situation, susceptible d’évolution, des sujets dont la littératie est insuffisante.
Innumérisme : situation, susceptible d’évolution, des sujets dont la numératie est insuffisante.
Prologue
Loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République :
Code de l’Éducation, Article 9, L. 121-2. : « La lutte contre l’illettrisme et l’innumérisme constitue une priorité nationale. Cette priorité est prise en compte par le service public de l’Éducation, ainsi que par les personnes publiques et privées qui assurent une mission de formation ou d’action sociale. Tous les services publics contribuent de manière coordonnée à la lutte contre l’illettrisme et l’innumérisme dans leurs domaines d’action respectifs » . JO 09/07/2013
Ce premier pas de l’État, l’Association pour la prévention de l’innumérisme (API), créée en 2009, l’appelait de ses vœux, après avoir convaincu le ministère de l’Éducation nationale (2010-2011) d’utiliser le terme d’« innumérisme » en lieu et place du mot « dyscalculie », qui avait une connotation médicale évidente de pathologie incurable. Ainsi, Madame Françoise Laborde, sénatrice de la Haute-Garonne et vice-présidente de la Délégation aux droits des femmes, membre de la Commission de la Culture, de l’Éducation et de la Communication, ancienne professeure des écoles, a permis l’introduction d’un amendement à la loi qui permet de nommer enfin officiellement ce mal, qui handicape très lourdement le pays, mais dont on peut guérir relativement facilement. Qu’elle en soit, ici, remerciée, au nom de tous ceux qui ont eu des difficultés avec les mathématiques et de ceux qui luttent pour en faciliter l’apprentissage.
Les enquêtes nationales et internationales
Jusqu’aux années 2000, nous sommes restés dans l’ignorance des réels savoirs et compétences atteints par les élèves français, les résultats des examens BEP et BAC n’ayant pas la fiabilité d’enquêtes scientifiques. On entendait, au café du commerce, mais aussi dans les salles de profs, comme déjà en leur temps les disciples de Socrate l’entendaient de leur maître, que « les jeunes sont mal élevés » , que « ce n’est plus ce que c’était » , et que « les niveaux sont en baisse » . Ces points de vue, à tout le moins, étaient peu étayés de preuves !
Heureusement, l’OCDE 1 , formée de 34 pays occidentalisés considérés comme les plus avancés, organise tous les trois ans depuis 2000 des enquêtes sur les niveaux culturels, en maths, en compréhension de texte, en sciences et, plus récemment, en résolution de problèmes dans un environnement TIC (Techniques de l’Information et de la Communication). Les enquêtés sont des élèves de 15 ans. Aux différents pays de l’OCDE, s’ajoutent 31 pays nouvellement industrialisés, qui sont des économies partenaires telles que certaines villes chinoises ou des pays associés. Ces enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) débutent en 2000 ; l’organisation internationale a, depuis, imposé son approche en mesurant les niveaux culturels de ces jeunes. Même si on ne peut pas parler de métrologie des compétences en littératie et en numératie, les nombreux items et les mesures relatives entre les pays garantissent une bonne fiabilité des niveaux annoncés, mais aussi des comportements individuels et des tendances nationales.
Les rapports Pisa triennaux, dont celui de 2012, concernent, donc, le niveau culturel des jeunes à 15 ans. Tout à fait logiquement, l’OCDE se penche, maintenant, sur les niveaux des adultes de 16 à 65 ans, à travers l’étude Piaac 2 (Programme international d’évaluation des compétences des adultes) publiée pour la première fois en 2013. Cette enquête concerne 23 pays de l’OCDE dont Chypre, qui n’est pas adhérent.
Ces enquêtes internationales permettent de ressortir deux études françaises auxquelles on avait omis de faire trop de publicité, compte tenu de leurs résultats : la première, publiée en 2008, a été effectuée par l’Éducation nationale 3 , et plus précisément la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) ; elle concerne les écoliers de CM2 qui ont été évalués en 1987, 1999 et 2007. L’autre, l’enquête IVQ (Information et vie quotidienne), effectuée par l’INSEE 4 , s’intéresse aux compétences des adultes de 18 à 65 ans, en lecture, écriture et calcul.
Enfin, le sociologue américain Michael Handel vient de publier une étude 5 , avec le soutien de l’OCDE, cette fois vue du côté de l’entreprise : What do people do at work ?
Quelles sont les compétences mathématiques requises au travail ?
Cinq enquêtes complémentaires qui éclairent d’un jour nouveau la situation économique et sociale de la France et mettent en pleine lumière nos handicaps !
Pisa ou la (bonne) cuisine de l’OCDE
En mathématiques, Pisa 2000 et 2003 était à la mode anglo-saxonne. Il était de bon ton, alors, de critiquer cette orientation. En 2006, 2009 et 2012, les spécialités asiatiques s’imposent. 2015 devrait consacrer le retour des mets allemands mijotés depuis 15 ans. Et la France ? Le résultat est indigeste et son déclassement par l’OCDE se poursuit depuis le début. Il n’est plus question d’étoiles ! Après la catastrophe, une stabilisation en 2015 et un sursaut en 2018 sont-ils envisageables ? Oui, si nous donnons tous un coup de mains en cuisine.
En littératie, donc en compréhension de texte et en français, le niveau moyen se maintient depuis 2000 : il est très bas par rapport à nos principaux partenaires et, suivant les catégories, les disparités s’accroissent dans la population scolaire. Tout le monde sait bien qu’il faudra attendre quinze ans au moins pour commencer à déceler dans les statistiques le début d’un éventuel petit redressement.
En numératie, donc en maths, ce n’est pas une stagnation, mais une dégradation très importante des résultats qui est constatée. On peut, vraiment, parler de catastrophe, de désastre national, même si l’institution, qui est dans son rôle (?), en atténue les conclusions, notamment pour Pisa 2012. Mais l’autre enquête de l’OCDE, Piaac 2013, publiée juste avant Pisa en novembre dernier, est passée relativement inaperçue. Les résultats des mesures du niveau culturel de la France, cette fois chez les adultes, surprennent car ils relèguent le pays aux derniers rangs. Les conséquences économiques, bien que difficiles à cerner précisément, semblent graves à la fois pour les individus et pour le pays ; l’organisation le souligne.
Que disent vraiment les enquêtes ? L’interprétation faite par les médias est-elle juste ? Quel lien l’Organisation de coopération et de développement économique établit-elle entre l’économie et la culture ? Existe-t-il une dépendance étroite ? Dans le recul continu de la compétitivité française, existe-t-il un lien avec un déficit culturel de la population ? La défaite de la France à l’international est-elle inéluctable ? Quelles sont les causes de ces rigidités sociales et politiques, de cette peur de l’avenir, que nous reprochent tous les commentateurs internationaux ? Faudra-t-il attendre une explosion sociale pour réagir ? Quelle est la responsabilité de l’Éducation nationale ? La nouvelle loi apporte-t-elle des solutions ? Réagir, expérimenter, former et réformer, est-ce possible en France ? Redresser la situation d’ensemble à moyen terme, est-ce une utopie ? Les prochaines enquêtes Piaac 2016 et Pisa 2018 mettront-elles en évidence les premiers résultats des actions éventuelles qui pourraient être menées ?
Pisa 2012
La France a décroché et n’arrive pas à se rétablir
La France, avec un score de 495 dans l’enquête Pisa 2012, se situe dans la moyenne de l’OCDE, qui est de 494 hors pays associés, et se place au 25 e rang sur 65 (OCDE + pays associés). C’est vrai, que nous faisons mieux que certains pays qui sont en-dessous de la moyenne. Le Mexique, le Chili, la Turquie, la Grèce sont respectables mais leurs économies et leur stade de développement ne sont pas comparables avec les nôtres. Par contre, les pays qui sont devant nous sont nos partenaires directs ou nos voisins européens : la République tchèque, le Danemark, la Slovénie, l’Irlande, l’Autriche, la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas et bien sûr l’Allemagne. Dans ces conditions, devancer en moyenne nos voisins latins n’est pas satisfaisant et le score moyen annoncé est trompeur. En effet, le classement importe plus que ce score qui est défini de façon relative par rapport à l’ensemble des résultats des 500 000 jeunes de 15 ans qui ont passé les épreuves ; la moyenne de 500 points et l’écart type ont été définis lors de l’épreuve de 2003. Par ailleurs, l’OCDE, ne pouvant stigmatiser un pays adhérent, financeur de l’organisation, associe toujours un groupe de pays de même niveau, « dont le score moyen ne s’écarte pas de son score dans une mesure statistiquement significative » , comme elle le précise (Pisa 2012, Fr, fig. 1, 2, 13, p. 47). C’est pourquoi nous ne prenons en compte que le classement du pays et son évolution par rapport aux années 2000 ou 2003 ; le score n’est plus qu’un repère par rapport aux autres pays.
Depuis l’enquête de 2000,

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