Les nouveaux impératifs du luxe
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Description


Les entreprises du luxe sont confrontées au grand défi écologique, piégées entre la nécessité de croître et de faire des profits, et l’obligation de rendre des comptes écologiquement compatibles avec des productions absolument neutres pour la planète.



Si elles ne sont pas en tout point exemplaires, les marques de luxe pourraient, entre frivolité et prise de conscience, donner l’exemple en prônant la réinscription de la consommation dans une philosophie moins consumériste et une préservation des richesses naturelles.



Pour saisir cette (r)évolution en marche, l’auteur se focalise sur deux matières naturelles symboliques du luxe, la peau (cuir et poil) et le diamant. Les premiers parce qu’ils incarnent la noblesse de la matière travaillée par l’Homme, et le second parce qu’il personnifie la rareté originelle puisée au centre de la Terre, apanage d’un secteur qui prône l’exception. Face aux enjeux d’une économie frugale, elles sont désormais au pied du mur et devront se réinventer sans se dénaturer.



Les Maisons de luxe ont toujours réussi à affronter les ruptures, à s’adapter aux changements en interrogeant leur processus de création pour perdurer et s’arranger avec les événements d’un monde bousculé par l’urgence climatique.



Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782818810378
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
...
4e de couverture
...
Titre
...
 
Consultant spécialisé dans le décryptage des tendances de consommation, Dominique Cuvillier intervient principalement dans les domaines du luxe et de la mode...
 
« Pour mener l’être humain vers la civilisation, ...
Sommaire
Introduction
1. Le grand réveil ?
Le luxe cherche sa place dans le désordre...
Introduction
F ace au dérèglement climatique, il est impératif de canaliser notre société matérialiste, de concilier consommation et responsabilité. Un équilibre pas si simple à trouver, sauf pour des groupuscules activistes qui prônent un changement radical de civilisation. Nous vivons sous le joug des dégagistes, les promoteurs du coup de balai définitif pour nettoyer la planète en surchauffe des « déchets » qui l’encombrent, dont l’Homme, un mammifère voué aux gémonies. Des communautés absolutistes pensent que le tout végétal et la libération des animaux résoudront les problématiques environnementales liées à nos modes de vie voraces. On peut évidemment en douter tant le spectre d’une économie verte espérée recouvre des écosystèmes complexes et interdépendants, des sensibilités individuelles très larges et dominées par une forme de nihilisme généralisé où le bon sens n’existe plus, le déraisonnable et l’irrationnel devenant les seules conduites qui mènent le monde. ...
 
1# Le grand réveil ?
I l semblerait que l’année 2019 a été marquée du sceau de l’économie verte par les grands du luxe et de la mode. Lors du G7 à Biarritz, une coalition d’une trentaine d’entreprises mondiales (soit près de 150 marques), menée par le groupe Kering et avec la bénédiction du gouvernement, a présenté un « Fashion Pact » 1 en faveur de l’environnement. Un engagement autour de la protection du climat, la défense de la biodiversité et la préservation des océans a été proposé en vue d’établir une transition environnementale avec des objectifs posés. Les signataires du pacte s’engagent à atteindre le zéro émission en 2050, à passer à 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 dans toute la chaîne d’approvisionnement, à éliminer le plastique à usage unique et à limiter la pollution aux micro fibres dans les océans d’ici 2030, à soutenir une agriculture régénérative et non intensive, à éliminer « les approvisionnements venant de fermes pratiquant l’élevage intensif par engraissage et soutenir la production de systèmes qui respectent et optimisent le temps de l’animal sur les pâturages naturels, en ligne avec l’adoption de standards en faveur du bien-être animal », à « encourager le développement de matériaux et processus innovants qui n’ont pas d’impact sur les espèces clés et les écosystèmes ».
Signataire du Fashion Pact , Chanel souligne, par la voix d’Andrea d’Avack...
2# Les diamants ne sont plus éternels
E n 1961, sort un monument cinématographique réalisé par Blake Edwards, Breakfast at Tiffany’s . Le film s’ouvre sur une scène mythique. Au petit jour, dans un New York désert, un taxi dépose l’héroïne, Holly Golightly jouée par la ravissante Audrey Hepburn aux grands yeux étonnés par la vie ; la jeune femme en lunettes noires et robe fourreau Givenchy assortie, lève la tête sur le numéro 727 de la 5 e Avenue, adresse de l’emblématique joaillier Tiffany & Co. À petits pas chassés flottants, contraints par son long fourreau, elle déambule devant les...
3# Ni poil, ni peau
D epuis plusieurs mois, des boucheries, des charcuteries, des poissonneries et même des fromageries font l’objet d’agressions violentes (menaces, tags insultants, vitrines brisées, saccages de magasins…) par des véganiens radicaux, des antispécistes extrémistes. Sans parler des femmes et des hommes agressés verbalement ou physiquement parce qu’elles ou ils portent un manteau de fourrure… Une fièvre parfois rageuse au nom de l’écologisme fanatique.
Force est de constater qu’aujourd’hui de nouvelles formes d’actions politiques émergent où le débat n’a plus cours, seuls comptent les gestes forts pour occuper le terrain fertile de l’indignation populaire. Confronté à un vide de représentativité politique et à un acharnement anti élite, notre société laisse la place à des groupuscules sans légitimité qui se font entendre par la force et la violence. Le radicalisme actuel, que l’on retrouve dans d’autres domaines, est le fait d’une frange bruyante d’individus, électrons libres anti système et zadistes sans roi ni loi, qui ne croient pas aux manifestations pacifiques, aux pétitions citoyennes, aux débats d’idées. Même s’il est vrai que les débats, quel que soit le sujet, sont dominés par des impératifs médiatiques qui obligent les débatteurs à des mouvements de manches dramatiques comme dans les prétoires où il n’émerge que du gaz intestinal qui sature le climat.
Les casseurs de bouchers et autres professions nobles sont sur un autre registre, ils sont dans l’action extrémiste pour revendiquer leurs positions anti chasse, anti zoo, anti corrida, anti viande, anti fourrure, anti cuir, anti laine…, bref des ultras souvent anti capitalistes nostalgiques des grandes luttes du temps où extrême gauche et extrême droite paradaient dans les amphis. Et qui renaissent sous les habits rapiécés de l’écolo-populisme, épaisse glue de nos démocraties fragiles. Autant dire que ces terroristes sont peu inspirés de la philosophie écolo-centriste en vogue, mais ces pâles nihilistes sont l’arbre qui cache la forêt des lobbies véganiens revendiquant un changement radical de civilisation avec la disparition pure et simple de la domestication animalo-agricole de nos campagnes. Voire de l’humanité pour certains groupuscules : j’ai entendu des véganiens déclarer ne plus faire d’enfants parce que « c’est de la viande !!! »
Pour le philosophe et professeur émérite à l’École normale supérieure de Paris, Francis Wolff, « Ces militants se vivent comme des lanceurs d’alerte, se placent au-dessus des lois au nom d’une morale. Nous retrouvons là une vieille idée : la transgression, la résistance, la désobéissance civile. Ce type de mouvement hérite de la radicalité des mouvements politiques du XX e siècle. Nous n’avons plus de grande utopie politique, de grands courants de pensée humanistes. Pour beaucoup de jeunes, les animaux sont perçus comme les ultimes victimes, les sous-prolétaires du prolétariat. Ils se pensent les héritiers justiciers des grands mouvements idéalistes, comme les droits de l’homme ou le féminisme. C’est une position absurde, bien sûr… Mais il est nécessaire de bien comprendre cette logique 1 . »  
# Les véganiens, minorité bruyante. Majorité future ?
Le terme « vegan » a été inspiré en 1944 par deux Anglais, Donald Watson et Shirley Shrigley, qui souhaitaient se démarquer des végétariens, un peu trop souples sur l’alimentation, acceptant par exemple de manger des produits laitiers.
Derrière l’association The Vegan Society qu’ils ont créée, ils ont posé les bases du véganisme : « la doctrine selon laquelle les humains doivent vivre sans exploiter les animaux. » Et au-delà de ce dogme, le véganisme est « une philosophie et une façon de vivre qui cherchent à exclure ‒ autant que faire se peut ‒ toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but, et par extension, faire la promotion du développement et l’usage d’alternatives sans exploitation animale, pour le bénéfice des humains, des animaux et de l’environnement ».
Leur combat s’est intensifié, considérant que « le véganisme est une opportunité du prochain millénaire, un engagement en faveur de la justice et le refus explicite de participer à l’esclavage des animaux. » L’allusion à l’esclavage est à dessein, allant même jusqu’à considérer que celui subit par les animaux est plus grave et scandaleux que celui que vécurent les hommes autrefois. La Shoah est même évoquée par certains pour qualifier ce « massacre » animalier, une allusion encore plus choquante et révoltante. Mais pour certains excités marginaux, la manipulation des foules est un mode de communication que ne renient pas les régimes totalitaires.
Plus de 50 ans après, cette doctrine, qui a longtemps vécu à l’ombre de la société de consommation pendant les Trente Glorieuses, commence à s’installer. Avec force et mesure à la fois. ...
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