Tourisme et événementiel : Enjeux territoriaux et stratégies d acteurs
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Description

Permettre de vivre un moment « hors quotidien » grâce aux rencontres et à la découverte de ce qui est « autre », tel est l’objectif tant des événements que du tourisme. Une approche par publics, acteurs et territoires permet de traiter singulièrement la relation « tourisme et événementiel » par une lecture pluridisciplinaire. Si les dimensions sociétale, économique et environnementale constituent des leviers de valorisation des entreprises comme des territoires, les effets de la mondialisation interrogent sur les conditions d’agir et d’intervenir au sein des territoires.
Grâce à 16 textes issus de la cinquième édition des Rendez- vous Champlain sur le tourisme, organisée à La Rochelle, en France, cet ouvrage propose un éclairage sur les enjeux territoriaux et les stratégies d’acteurs. De la clarification conceptuelle aux solutions managériales, les auteurs y fournissent des clés de lecture sur les paradoxes, les interrogations et les défis auxquels les acteurs de l’événementiel et du tourisme sont confrontés.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782760546240
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0055€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La collection Tourisme propose une lecture novatrice du tourisme travers le prisme des sciences humaines et sociales. S adressant aux chercheurs et tudiants autant qu aux gestionnaires et professionnels de l industrie, cette collection offre un large panorama de livres fondamentaux et de recherches empiriques touchant le d veloppement du tourisme au Qu bec et dans le monde.
Par la pr sentation de recherches rigoureuses, de th ories et de cas concrets, les ouvrages qui la composent souhaitent alimenter les chercheurs et les d cideurs en leur proposant une lecture scientifique des principaux enjeux du tourisme, de mani re nourrir la planification et l action des gouvernements tout comme celles des entreprises touristiques.
Bruno Sarrasin
C OMIT SCIENTIFIQUE DE LA COLLECTION
Oliver Dehoorne, Universit des Antilles et de la Guyane (Martinique)
Christiane Gagnon, Universit du Qu bec Chicoutimi
Alain A. Grenier, Universit du Qu bec Montr al
Mimoun Hillali, Institut sup rieur international du tourisme (Maroc)
Katia Iankova, Memorial University of Newfoundland
Louis Jolin, Universit du Qu bec Montr al
Marie Lequin, Universit du Qu bec Trois-Rivi res
Franck Michel, Universit de Corte
Bernard Sch ou, Universit de Perpignan
Georges Tanguay, Universit du Qu bec Montr al
Xuan Lan Vo Sang, Universit Van Lang (Vi t-Nam)
Tourisme et v nementiel
Presses de l Universit du Qu bec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Qu bec (Qu bec) G1V 2M2
T l phone: 418 657-4399
T l copieur: 418 657-2096
Courriel: puq@puq.ca
Internet: www.puq.ca
Diffusion/Distribution:
C ANADA
Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Qu bec) J7H 1N7 T l.: 450 434-0306 / 1 800 363-2864
F RANCE
AFPU-D - Association fran aise des Presses d universit Sodis, 128, avenue du Mar chal de Lattre de Tassigny, 77403 Lagny, France - T l.: 01 60 07 82 99
B ELGIQUE
Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique - T l.: 02 7366847
S UISSE
Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse - T l.: 022 960.95.32

La Loi sur le droit d auteur interdit la reproduction des uvres sans autorisation des titulaires de droits. Or, la photocopie non autoris e - le "photocopillage - s est g n ralis e, provoquant une baisse des ventes de livres et compromettant la r daction et la production de nouveaux ouvrages par des professionnels. L objet du logo apparaissant ci-contre est d alerter le lecteur sur la menace que repr sente pour l avenir de l crit le d veloppement massif du "photocopillage .
Sous la direction de J R ME PIRIOU PRISCILLA ANANIAN et C CILE CLERGEAU
Tourisme et v nementiel
Enjeux territoriaux et strat gies d acteurs
Catalogage avant publication de Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada
Vedette principale au titre:
Tourisme et v nementiel: enjeux territoriaux et strat gies d acteurs
(Tourisme) Comprend des r f rences bibliographiques.
ISBN 978-2-7605-4622-6
ISBN EPUB 978-2-7605-4624-0
1. Sports et tourisme. 2. Tourisme et urbanisme. 3. v nements sp ciaux - Aspect conomique. 4. Tournois (Sports et jeux) - Aspect conomique. I. Piriou, J r me.
II. Ananian, Priscilla. III. Clergeau, C cile. IV. Collection: Collection Tourisme (Presse de l Universit du Qu bec).
G156.5.S66T68 2017 338.4 791 C2016-941821-9

R vision
Julie Pelletier
Correction d preuves
Aude Tousignant
Conception graphique
Richard Hodgson et Mich le Blondeau
Mise en pages
Le Graphe
Images de couverture


1) Mathieu Marquer 2) Lise Piquerey 3) Lise Piquerey
D p t l gal: 1 er trimestre 2017
Biblioth que et Archives nationales du Qu bec
Biblioth que et Archives Canada
2017 - Presses de l Universit du Qu bec
Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation r serv s
Imprim au Canada
D4622-1 [01]
AVANT-PROPOS
Cet ouvrage rassemble des textes pr sent s dans le cadre de la cinqui me dition des Rendez-vous Champlain 1 sur le tourisme, qui s est tenue La Rochelle du 2 au 5 juin 2014. Un retour aux sources puisque c est dans cette ville que cet v nement a vu le jour en 2004 l initiative du Centre international de formation et de recherche en tourisme (CIFORT) de l Universit du Qu bec Montr al, de l Unit de formation et de recherche d tudes sup rieures en tourisme et h tellerie de l Universit d Angers (ESTHUA) et du Groupe Sup de Co La Rochelle.
Le th me "Tourisme et v nementiel choisi pour cette dition 2014 avait pour objectif de faire un tat des lieux de la connaissance scientifique de la relation entre tourisme et v nementiel, deux univers mobilisant les acteurs des territoires des fins de d veloppement socio conomique. La Rochelle, ville de tourisme (patrimoine et activit s li es au caract re maritime, centre de commerces, escale de navigation ) et d v nements ( quipements d accueil, festivals de musique, expositions et salons, comp titions maritimes ), aura t un lieu propice pour accueillir cette cinqui me dition des Rendez-vous Champlain, temps enrichissant et convivial qui a permis d changer, de d battre et de construire une r flexion scientifique autour du th me "tourisme et v nementiel .
MEMBRES DU COMIT SCIENTIFIQUE DE LA CINQUI ME DITION DES RENDEZ-VOUS CHAMPLAIN
Priscilla Ananian, codirectrice scientifique, ESG-UQAM
Fran ois B dard, ESG-UQAM
Imed Ben Nasr, Groupe Sup de Co La Rochelle
Sandra Camus, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Universit d Angers C cile Clergeau, codirectrice scientifique, Universit de Nantes
Julia Csergo, ESG-UQAM
Philippe Duhamel, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Universit d Angers
Jean-Pierre Dumazert, Groupe Sup de Co La Rochelle
Olivier Etcheverria, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Universit d Angers
Barbara Fontar, Universit Haute-Bretagne Rennes 2
Maria Gravari-Barbas, Universit Paris Panth on-Sorbonne
Vincent Herbert, Universit du Littoral C te d Opale
L Hocine Houanti, Groupe Sup de Co La Rochelle
Boualem Kadri, ESG-UQAM
Dominic Lapointe, ESG-UQAM
Patrick Legoherel, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Universit d Angers
Jean-Ren Morice, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Universit d Angers
H l ne P barthe-D sir , UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Universit d Angers
J r me Piriou, codirecteur scientifique, Groupe Sup de Co La Rochelle
Marie-No lle Rimaud, Groupe Sup de Co La Rochelle
Georges A. Tanguay, ESG-UQAM
Julien Thuille, Groupe Sup de Co La Rochelle
Jean-Fran ois Trinquecoste, Universit Bordeaux IV
Marc-Antoine Vachon, ESG-UQAM
Philippe Violier, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Universit d Angers
Tan Vo Thanh, Groupe Sup de Co La Rochelle

1 . Voir la liste des membres du comit scientifique de la cinqui me dition des Rendez-vous Champlain la page suivante.
TABLE DES MATI RES
Avant-propos
Membres du comit scientifique de la cinqui me dition des Rendez-vous Champlain
Liste des figures
Liste des tableaux
Introduction Tourisme, v nementiel: des rencontres, une qu te d alt rit J r me Piriou, Priscilla Ananian et C cile Clergeau
Bibliographie
PARTIE 1 - CONTEXTES V NEMENTIELS ET PUBLICS
Chapitre 1 Tourisme et v nementiel: mod lisation et analyse d un syst me interfacique Sylvie Christofle et Martine Ferry
1. v nements et tourisme
1.1. Quelques d finitions
1.2. Typologie des v nements
1.3. v nement, tourisme et champs universitaires
2. Mod lisation du syst me v nement-tourisme: structuration et dynamique
2.1. Approche syst mique, l v nement touristique comme interface
2.2. Syst me interfacique v nement-tourisme: structuration
2.3. Syst me interfacique v nement-tourisme: dynamique
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 2 Tournois de polo sur neige dans les stations de sports d hiver haut de gamme: Saint-Moritz, Courchevel, Meg ve et Val d Is re Lise Piquerey
1. Jalons m thodologiques pour l tude des tournois de polo sur neige
1.1. litisme travers les pratiques sportives: le cas du polo sur neige
1.2. D veloppement du polo sur neige dans les stations de sports d hiver
1.3. Organisation des tournois de polo sur neige
2. Espaces de tournois de polo sur neige: une immersion au pays de la mondanit
2.1. Caract ristiques des tournois de polo sur neige
2.2. Dimension sociale des tournois de polo sur neige
Conclusion - Les tournois de polo sur neige: une pratique spatiale de la distanciation sociale
Bibliographie
Chapitre 3 v nementiel au service de la politique de l image: les r gates ACWS de la Coupe de l America Naples (2012-2013) Christine Salomone
1. Essai d approche m thodologique de l v nementiel
1.1. valuation par phases
1.2. valuation multidimensionnelle
1.3. M thodologie
1.4. Exp rimentation
2. v nement strat gique et f d rateur (analyse ex ante )
2.1. F d ration d acteurs sans pr c dent
2.2. Formidable mobilisation financi re: indicateurs conomiques
2.3. Tensions dissimul es
3. valuation pr sentielle
4. Effets et retomb es: valuation ex post
4.1. Territoire de rayonnement international
4.2. Retomb es conomiques
4.3. Retomb es m diatiques
4.4. Retomb es en mati re d image
5. Confrontation: quels enseignements?
Conclusion
Bibliographie
PARTIE 2 - VILLE ET V NEMENTIEL
Chapitre 4 " v nement urbain: de l usage strat gique au concept op ratoire? Boualem Kadri, Maria Bondarenko et Mohamed Reda Khomsi
1. v nement: une place dominante en soci t et une notion transversale aux sciences sociales
1.1. D finition du mot v nementiel
1.2. "Retour de l v nement
2. v nement et int r t dans les champs du tourisme et de l urbain
2.1. Emploi du mot v nementiel dans les tudes touristiques
2.2. Perspectives urbaine, sociale et politique du concept
3. Concept d " v nement dans le discours sur le tourisme urbain
3.1. Volet s mantique I (n ud de base). L v nement qui se r alise comme f te
3.2. Volet s mantique II. L v nement est un ph nom ne organis
3.3. Volet s mantique III. L objet de l organisation
3.4. Volet s mantique IV. Proc dures et moyens de l organisation
3.5. Volet s mantique V. Acteur organisateur
3.6. Volet s mantique VI. Classification des v nements
3.7. Volet s mantique VII. L v nement de grande envergure
3.8. Volet s mantique VIII. Pour qui est organis l v nement?
4. Observation s mantique: l v nement urbain et la ville touristique
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 5 La production d une urbanit v nementielle: entre stimulation et normalisation du vivre-ensemble dans les espaces publics Benjamin Pradel
1. M thodologie
2. Urbanit v nementielle et mise en destination des villes
2.1. L animation v nementielle au service de l attractivit urbaine
2.2. Marketing urbain et construction de l urbanit v nementielle
3. L v nement comme dispositif normalis (r)assurant l urbanit v nementielle
3.1. Un sc nario, un d cor, un parcours pour guider les publics
3.2. R glements pour encadrer et s lectionner les pratiques
3.3. Une surveillance institu e de la copr sence
3.4. Du cadre v nementiel au cadre assurantiel de la rencontre sociale
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 6 Grands v nements comme outil de d veloppement touristique et urbain Mohamed Reda Khomsi
1. Cadre th orique
2. M thodologie
3. Montr al et Barcelone: deux cas aux antipodes
3.1. Montr al et les Jeux de 1976
3.2. Barcelone et les Jeux de 1992
Conclusion
Bibliographie
PARTIE 3 - V NEMENTIEL: UNE AVENTURE EXP RIENTIELLE
Chapitre 7 Influence de l organisation de grands v nements sportifs sur la gouvernance des destinations: enseignements partir du cas suisse Christophe Clivaz
1. Impacts des grands v nements sportifs
2. Place de la gouvernance dans l tude des grands v nements sportifs
3. Exemples de championnats du monde de ski alpin en Suisse
3.1. Crans-Montana 1987
3.2. Saint-Moritz 2003
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 8 Lecture exp rientielle des v nements urbains: application d outils inspir s du marketing au cas de Paris Plages No mie Lago
1. l ments m thodologiques pour une tude exp rientielle de la conception des v nements urbains
1.1. Principes g n raux d une d marche exp rientielle
1.2. Outils et m thodes de production d exp rience
1.3. Terrain d tude: Paris Plages
1.4. Enqu te de terrain r alis e
2. Pistes pour la conception d v nements urbains forte dimension exp rientielle
2.1. Int gration d artistes aux quipes de conception
2.2. Classification selon un th me et mise en r cit du lieu
2.3. Immersion de l usager
2.4. Incitation l adaptation et l innovation
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 9 La reconversion des quipements construits pour de grandes comp titions sportives: discussion autour de l h ritage mat riel des Jeux pyr n ens de l aventure et des Jeux m diterran ens 1993 Andr Suchet
1. Jeux pyr n ens de l aventure et Jeux m diterran ens: deux grands v nements sportifs de l ann e 1993
2. Deux projets d am nagement et de d veloppement autour d un v nement sportif
3. R sultats et discussion: grandes manifestations sportives et reconversion des quipements d di s au sein des villes petites et moyennes
Conclusion
Sources et r f rences bibliographiques
PARTIE 4 - D VELOPPEMENT DES TERRITOIRES PAR L V NEMENTIEL ET LE TOURISME
Chapitre 10 v nementiel en mutation: la contribution des v nements sportifs l attractivit touristique des territoires Olivier Bessy
1. Cadre th orique
2. M thodologie plurielle de recueil de donn es
3. Syst me territorial favorable
3.1. Club phare au riche pass : le CUPPEV
3.2. Base d eaux vives de Juran on
3.3. Stade d eaux vives de Pau-Pyr n es (SEVPP): un fleuron technologique fort rayonnement international
3.4. Touskiflot: un v nement populaire pens pour dynamiser la culture locale des eaux vives
4. Types d v nements en eaux vives
4.1. v nement sportif contribuant au renforcement de l attractivit touristique du territoire palois
4.2. v nement mondial
4.3. v nement synonyme de "ressource territoriale
4.4. v nement partenarial
Conclusion - Des limites et des espoirs
Bibliographie
Chapitre 11 Offre v nementielle des vignobles, reconnaissance d un notourisme fran ais? Sophie Lignon-Darmaillac
1. v nements fondateurs de l notourisme fran ais: les f tes viticoles
1.1. F tes du folklore de la vigne et du vin
1.2. Bordeaux f te le vin, l v nement touristique majeur de la ville
1.3. v nements sportifs dans les vignobles fran ais: le succ s des marathons
2. Salons et foires: les v nements commerciaux au service de l notourisme
2.1. Foires: des v nements incontournables au service de la promotion touristique des grands vignobles fran ais
2.2. Vinexpo, une foire internationale: v nement majeur du tourisme d affaires bordelais
2.3. Difficile reconnaissance des salons de l notourisme
3. Multiplication des initiatives priv es
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 12 Croissance conomique et performance touristique: quelle relation? Mohamed Reda Khomsi et Sana Malyadi
1. Revue de la litt rature: tourisme et croissance conomique
2. Donn es, m thodologie et r sultats conomiques
2.1. Choix et mesures des diff rentes variables
2.1.1. Mesure de la variable expliquer: la croissance conomique
2.1.2. Mesures des variables explicatives
2.2. Description de la m thodologie et r sultats conom triques
3. R sultats et conclusions
Bibliographie
PARTIE 5 - D VELOPPEMENT DURABLE ET RESPONSABILIT DES V NEMENTS
Chapitre 13 v nementiel sportif en milieu naturel: n gociations, strat gies et justifications Elodie Paget et Yohann Rech
1. Sports de nature et v nementiel dans la nature
2. Analyse de l v nementiel sportif en milieu naturel: l ments m thodologiques
3. Contraintes organisationnelles de l v nementiel en milieu naturel: focus sur le site du golfe du Morbihan
3.1. Organisation d un v nement sportif de nature sur le littoral breton: un syst me d action complexe
3.2. v nementiel en milieu naturel: des n gociations entre acteurs sportifs et environnementaux
3.3. R percussion de l v nement et m connaissance des r gles comme sources de pouvoir
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 14 D marches RSE dans les projets v nementiels: proposition d un mod le d analyse des modalit s de transferts de connaissances C cile Clergeau et Krystel Paulus
1. D marche RSE dans l v nementiel: une dynamique d apprentissage singuli re
1.1. Espace d apprentissage interorganisationnel: relations et enjeux
1.2. M canismes de transfert de connaissances et d apprentissage interorganisationnel
2. Caract risation des modalit s de transfert interorganisationnel de connaissances RSE dans les projets v nementiels
2.1. Caract ristiques des connaissances RSE
2.2. Caract ristiques de l change dans les RIO
2.2.1. Situation dans l change des RIO
2.2.2. Comportement des acteurs dans l change des RIO
2.3. Caract ristiques du r cepteur
Conclusion
Bibliographie
Chapitre 15 Lacunes et pistes de r flexions sur le r le (RSE) des organisateurs aupr s des festivaliers Fran ois B dard et Stefano Speck
1. Probl matique
1.1. Le secteur v nementiel et ses impacts
1.2. Compr hension de la responsabilit sociale des entreprises
1.3. Question de recherche
2. M thodologie
2.1. Cas d tude
2.2. D roulement des entretiens semi-dirig s
3. R sultats et analyse
3.1. Profil des r pondants
3.2. Impact des initiatives de RSE
3.3. Modes de transport des festivals et modes habituels
3.3.1. Modes de transport
3.3.2. Modes de transport en fonction de la provenance
3.3.3. D placements par automobile
Conclusions et recommandations
Bibliographie
Chapitre 16 Diff rentiels d impacts d v nements en termes de d veloppement durable: le cas de la ville de Qu bec Maryse Boivin, Isabelle Marquis et Georges A. Tanguay
1. Litt rature sur les retomb es d v nements en milieu urbain
2. Indicateurs de tourisme durable et v nements
2.1. Indicateurs de tourisme durable
2.2. Tableau de bord des retomb es d un v nement
3. M thodologie
4. R sultats
5. Discussion
5.1. conomie
5.2. Environnement
5.3. Social
5.4. Culture
5.5. Indicateurs diff rentiels
Conclusion
Bibliographie
Notices biographiques
LISTE DES FIGURES
Figure 1.1 - Syst me interfacique v nement-tourisme
Figure 1.2 - Dynamique du syst me interfacique v nement-tourisme
Figure 2.1 - Vue sur le tournoi de polo sur neige de Saint-Moritz
Figure 2.2 - Tournois de polo sur neige: l internationalisation reflet de la "mondialisation des lites
Figure 2.3 - Tournois de polo en France: une repr sentation de la mobilit des lites
Figure 2.4 - Tournois de polos sur neige, entre ouverture et s lectivit sociale
Figure 3.1 - Quels indicateurs privil gier pour une m thodologie de l valuation?
Figure 3.2 - Suivi- valuation de l v nementiel: quelle m thodologie?
Figure 3.3 - Quelle gouvernance pour les World Series de la Coupe de l America?
Figure 3.4 - V ritable synergie des acteurs en 2012?
Figure 4.1 - Visualisation graphique des rapports entre les th mes dans le r seau s mantique apr s l exploration d taill e manuelle
Figure 4.2 - Fragment du r seau s mantique repr sent sur la figure 4.1 (Regroupement I: n ud de base)
Figure 4.3 - Fragment du r seau s mantique repr sent sur la figure 4.1 (Regroupement II)
Figure 4.4 - Fragment du r seau s mantique repr sent sur la figure 4.1 (Regroupement III)
Figure 4.5 - Fragments du r seau s mantique repr sent sur la figure 4.1 (Regroupement IV)
Figure 4.6 - Fragment du r seau s mantique repr sent sur la figure 4.1 (Regroupement V)
Figure 4.7 - Fragment du r seau s mantique repr sent sur la figure 4.1 (Regroupement VI)
Figure 4.8 - Fragment du r seau s mantique repr sent sur la figure 4.1 (Regroupement VII)
Figure 4.9 - Fragment du r seau s mantique repr sent sur la figure 4.1 (Regroupement VIII)
Figure 5.1 - R gles d usages et agents de l appropriation tranquille au Festival de jazz international de Montr al
Figure 7.1 - Marguerite des parties prenantes un grand v nement sportif
Figure 8.1 - Plage sur quais de Seine Paris
Figure 10.1 - Cinq l ments structurants d un syst me territorial
Figure 14.1 - Mod le d analyse des modalit s de transfert interorganisationnel des connaissances RSE dans les projets v nementiels
Figure 15.1 - Mots associ s au d veloppement durable
Figure 15.2 - Bac de recyclage et son drapeau d information
Figure 15.3 - Mots associ s la diffusion d informations durables
Figure 15.4 - Affichage pour la compensation des GES au Zoo de Granby
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 2.1 - Partenaires des tournois de polo sur neige Meg ve, Val d Is re, Courchevel et Saint-Moritz
Tableau 3.1 - valuation comparative des r gates ACWS Naples 2012-2013
Tableau 3.2 - Moyens utilis s et couverture m diatique lors de l v nementiel Naples
Tableau 3.3 - Couverture t l vis e de la comp tition ACWS 2012
Tableau 3.4 - Estimation du grand nombre de t l spectateurs durant les r gates ACWS en 2012
Tableau 3.5 - Pr sentation des touristes interrog s et de leur profil
Tableau 4.1 - Dimensions et caract ristiques li es l v nement selon certaines disciplines
Tableau 4.2 - Liste des synapsies et mini-expressions li es au mot v nement ou v nementiel
Tableau 7.1 - Impacts des v nements sportifs du point de vue du d veloppement durable
Tableau 7.2 - Fiche d valuation de l v nement sportif Athletissima Lausanne 2001
Tableau 12.1 - Matrice de corr lation
Tableau 12.2 - R sultats de la r gression effectu e sous Stata 9
Tableau 15.1 - Sommaire des initiatives de RSE communes au FIJM et aux FM
Tableau 15.2 - Sommaire des initiatives de RSE propres au FIJM
Tableau 15.3 - Sommaire des initiatives de RSE propres aux FM
Tableau 15.4 - Sommaire des questions des volets I et II
Tableau 15.5 - Modes de transport et provenance des festivaliers
Tableau 15.6 - Rang des modes de transport d apr s leur utilisation
Tableau 16.1 - Vingt indicateurs de base en tourisme
Tableau 16.2 - Crit res d valuation des retomb es d un v nement
Tableau 16.3 - Diff rentiels d impacts
INTRODUCTION
TOURISME, V NEMENTIEL DES RENCONTRES, UNE QU TE D ALT RIT
J r me Piriou, Priscilla Ananian et C cile Clergeau
Puisqu ils permettent aux hommes et aux femmes de rompre avec une routine quotidienne, le tourisme comme l v nementiel constituent des chappatoires de la vie sociale pariant sur les rencontres et la recherche de ce qui est "autre . L v nementiel, pris comme cat gorie d analyse, est pourtant mis mal par les sciences sociales dans les ann es 1960-1970 (Delacroix, 2003). l poque, on observe un encha nement de critiques sociologiques portant notamment sur le quotidien des individus envahis par les "pseudo- v nements (Boorstin, 1963), sur la "soci t du spectacle construite sur un talement des marchandises (Debord, 1992), lesquelles permettent la r alisation d une "soci t de consommation bas e sur le simulacre (Baudrillard, 1970). De m me, le tourisme n est pas consid r comme une pratique s rieuse l inverse du voyage (Boorstin, 1961). D ailleurs le touriste est, dans ce cas, consid r comme une mauvaise imitation du voyageur, ne profitant gu re des contr es travers es (Urbain, 1993).
Cette vision n gative du tourisme et de l v nementiel est aujourd hui oubli e. Le tourisme peut ainsi tre consid r comme la mise en place d un projet par les touristes, projet qui mobilise des prestations offertes par les professionnels et qui s inscrit dans un lieu anim par tous les acteurs du tourisme, faisant de ce lieu un lieu pratiqu ( quipe MIT, 2002), imprimant au tourisme et aux v nements des enjeux socio conomiques importants. Le tourisme comme l v nementiel constituent ainsi les options strat giques pour des territoires industriels en qu te de reconversion conomique ou des territoires essentiellement touristiques souffrant de la monoactivit .
De plus, la relation entre tourisme et v nementiel s articule de mani re d pendante. L histoire des lieux touristiques nous enseigne que l v nementiel am ne une fr quentation touristique des lieux (Boyer, 2005), de m me que la fr quentation touristique des lieux appelle des manifestations v nementielles (Rollan, 2005). Dans un contexte de mondialisation, les villes sont particuli rement d pendantes de cette relation "tourisme et v nementiel : elles profitent de l organisation des grands v nements, pour mettre en uvre des strat gies de d veloppement qui g n rent des transformations importantes sur les syst mes de centralit s urbains et m tropolitains.
Le tourisme et l v nementiel deviennent les leviers ou les pr textes d une restructuration complexe des territoires par des projets urbains d envergure conjugu s la requalification des lieux existants travers la mise en valeur du patrimoine mat riel. Ils connaissent des mutations importantes demandant des adaptations: nouveaux march s et march s mergents, mutations technologiques, hybridation des pratiques, singula-risation des prestations et individualisation, nouvelles demandes soci tales touchant l am nagement de l espace, le respect de l environnement ou encore la qualit des rapports sociaux. Les d fis sont majeurs et affectent tant l environnement des entreprises que leur strat gie, et celle, bien s r, des destinations.
Les mutations dans l v nementiel interrogent la soci t dans laquelle s ins rent les v nements, encourageant m me des effets tels que le changement d attitude, la r duction de la pauvret et la gestion de crise. Hediger (2000), par exemple, sugg re qu une composante du principe de durabilit est d induire un changement culturel au sein de la soci t se traduisant par une mutation des attitudes, la fiert civique, le capital social entendu comme "r seau durable de relations plus ou moins institutionnalis es d interconnaissance et d interreconnaissance (Bourdieu, 1980, p. 2), la qualit de vie, la coh sion sociale et la sant (Raj et Musgrave, 2009; Foley et al ., 2005, p. 2). Ces auteurs plaident en faveur d un tat d esprit de d veloppement qui se d place vers la gestion moyen terme, en vertu de laquelle les v nements ne doivent pas simplement s inscrire dans une logique de profitabilit court terme, mais aussi r pondre l aspiration des pratiques et comportements thiques. Getz (2009, p. 62) d clare, en effet, que le "nouveau paradigme durable et responsable des v nements ne concerne pas seulement l valuation des impacts de l v nement, mais aussi la valeur de l v nement. Finalement, les v nements ne sauraient tre r duits une observation de type manag rial ou conomique. Ils appellent une vision plus soci tale, comme le soulignent Raj et Musgrave (2009, p. 4) qui crivent: "Les v nements sont explicitement li s aux principes fondamentaux de la race humaine - valeurs sociales et culturelles -, ainsi qu aux chelles fondamentales de l inclusion sociale, aux sentiments d appartenance et d identit . Les v nements sont des rendez-vous offrant des occasions pour contribuer l assise de valeurs soci tales. Ainsi, les v nements peuvent tre valu s non seulement en fonction de leurs impacts conomiques, mais aussi selon les avantages environnementaux, conomiques, sociaux et culturels qu ils peuvent apporter la communaut .
Le pr sent ouvrage se compose de cinq parties ind pendantes. Dans la premi re partie "Contextes v nementiels et publics , nous proposons de cerner les types d v nements selon les publics et leurs effets aupr s des territoires concern s. Sylvie Christofle et Martine Ferry abordent les concepts de tourisme et d v nements en s int ressant leurs liens avec le territoire et les acteurs. Dans cette partie, il s agit galement d identifier la multiplicit des acteurs qui agissent dans l organisation d v nements culturels et sportifs notamment au sein de lieux d j fr quent s par une population touristique. Lise Piquerey traite des v nements sportifs la montagne comme un moyen de promotion et de positionnement des territoires. Christine Salomone s int resse au rayonnement de la ville italienne de Naples par les r gates ACWS de la Coupe de l America 2012-2013. La deuxi me partie intitul e "Ville et v nementiel porte sur l v nement comme outil d attractivit et de comp titivit des villes et des m tropoles. Les conditions d am nagement et de d veloppement touristique sont d ailleurs utilis es par les acteurs locaux dans les discours de rayonnement des villes. Boualem Kadri, Maria Bondarenko et Mohamed Reda Khomsi revisitent la notion d v nement urbain l aune d une analyse scientifique. Benjamin Pradel en s int ressant quatre grands v nements Paris, Bruxelles et Montr al propose une compr hension de la production politique et une appropriation sociale de l urbanit v nementielle. Enfin, Mohamed Reda Khomsi par une comparaison entre Montr al et Barcelone pr sente les strat gies d am nagement touristique dans le cadre de l accueil de Jeux olympiques. La troisi me partie est centr e sur l exp rience: " v nementiel, une aventure exp rientielle . L exp rience tant per ue que v cue qui d finit les orientations donner aux v nements par les gestionnaires. Christophe Clivaz nous propose un focus sur l influence de l organisation de grands v nements sportifs sur la gouvernance des destinations. No mie Lago a tudi le cas de Paris Plages et s est int ress e cet v nement urbain par une approche marketing. Enfin, Andr Suchet d crypte les strat gies de territoires concern s dans la gestion et l utilisation de l h ritage mat riel des Jeux pyr n ens de l aventure et des Jeux m diterran ens organis s en France et en Espagne en 1993. La quatri me partie "D veloppement des territoires par l v nementiel et le tourisme interroge la capacit des territoires mobiliser des ressources et permettre un positionnement sur la carte des destinations touristiques et d v nements. Olivier Bessy voque le r le de l v nementiel dans l attractivit touristique des territoires. Sophie Lignon-Darmaillac, partir de l offre v nementielle des vignobles, questionne l int r t de ce produit dans la reconnaissance de l notourisme fran ais. Enfin, Mohamed Reda Khomsi et Sana Malyadi ont tudi la relation entre la croissance conomique et la performance touristique partir du cas de la province de Qu bec. Dans la cinqui me et derni re partie "D veloppement durable et responsabilit des v nements , nous questionnons la durabilit et la responsabilit soci tale des entreprises et des projets v nementiels. Elodie Paget et Yohann Rech ont regard comment les acteurs agissent dans le cadre de l organisation d v nements sportifs en milieux prot g s. C cile Clergeau et Krystel Paulus ont int gr la multiplicit des parties prenantes dans leur recherche sur les dynamiques d apprentissage dans le cadre de relations interorganisationnelles. Fran ois B dard et Stefano Speck s int ressent aux festivals musicaux et leurs d marches concernant la responsabilit soci tale des entreprises. Finalement, Maryse Boivin, Isabelle Marquis et Georges A. Tanguay focalisent sur cette strat gie globale de durabilit partir d une analyse de l impact des v nements.
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CONTEXTES V NEMENTIELS ET PUBLICS
L v nementiel par ses multiples acceptations s av rerait tre un objet insaisissable d crypter et analyser. L v nement peut se diriger au grand public comme un groupe restreint dans des conditions priv es. Par ailleurs, des v nements organis s destination d un public cible, de type manifestation sportive ou culturelle, se dirigent en fait un public multiple jouant sur la copr sence d individus acteurs et spectateurs. Ainsi les p rim tres entre l v nementiel et le tourisme deviennent flous. L mergence m me de l v nement peut ainsi na tre d un int r t qui d passe m me l v nement en tant que tel, au profit d un d veloppement conomique d un territoire, d une entreprise. Dans cette th matique, il s agit de saisir les conditions de l mergence d v nements et l insertion de l v nementiel dans la soci t .
Tout d abord, dans une recherche pist mologique, Sylvie Christofle et Martine Ferry proposent une observation scientifique par les interfaces afin de diff rencier les diff rentes formes de tourisme et d v nementiel ( chapitre 1 ). Elles pr sentent ainsi "l v nementiel touristique comme une interface, soit un syst me localis entre deux autres syst mes "tourisme et " v nement . Dans ce texte, les auteures cherchent mettre vidence les composants qui entrent en interaction dans la mise en r seau des acteurs et des mat riaux au sein d un territoire. Un mod le propos permet de discerner les groupes d acteurs qui agissent au sein du territoire donn . Ce syst me tant volutif, une explication de la dynamique compl te le mod le propos .
Ensuite, Lise Piquerey pr sente, par v nements propos s destination des touristes et visiteurs comme un moyen de faire de l v nementiel, un vecteur de positionnement d un territoire, jouant sur l image donn e pour la promotion touristique ( chapitre 2 ). Il s agit des tournois de polos sur neige organis s dans les stations alpines de Saint-Moritz en Suisse, et de Courchevel, Meg ve, Val d Is re en France. Parmi une typologie de la destination d v nements aux publics, ceux de tournois de polos sur neige qui se d roulent dans ces stations montagnards r v lent un caract re s lectif et lectif. L tude de cas propos e montre les liens existant entre les v nements et la repr sentation de l entre soi, notamment une s lection d individus plut t litiste. On comprend ainsi que l v nement initi joue sur les strat gies d ouverture des territoires cr ant une v ritable distinction sociospatiale.
Enfin, nous verrons que l v nementiel appliqu un contexte urbain n cessite une mobilisation des acteurs locaux jusqu une volont d ancrage. Christine Salomone nous propose une analyse du rayonnement et de l organisation de la ville de Naples en Italie dans le cadre des r gates ACWS de la Coupe de l America en 2012-2013 ( chapitre 3 ). En partant d une approche multidimensionnelle, des indicateurs ainsi que d outils et de techniques d analyse permettent d valuer l v nement en amont, mais galement pendant et apr s son d roulement. Dans le cas de Naples, la participation de la population locale ainsi que l action des acteurs d ci-sionnaires et financiers concourent une valorisation touristique par l v nement et contribuent alimenter la notori t de la ville.
TOURISME ET V NEMENTIEL
Mod lisation et analyse d un syst me interfacique
Sylvie Christofle et Martine Ferry
Comme d j exprim par Hede, Jago et Derry en 2003, la recherche en tourisme et v nementiel a besoin de bases m thodologiques solides. Dans le cadre d une recherche sur les objets d tude " v nement et "Tourisme , dont les champs acad miques sont relativement r cents, il est int ressant, pour la communaut scientifique, au-del d tudes de cas et de traitements statistiques, d approfondir une d marche conceptuelle. Nous proposons donc ici une mod lisation du ph nom ne " v nement touristique . Une premi re approche de notre tude porte sur les principales acceptions des termes " v nement et "tourisme . Il n est videmment pas envisageable d effectuer ici une revue exhaustive de la litt rature. Il s agit plut t de donner quelques pistes quant aux principaux sens v hicul s afin, dans un deuxi me temps, d aborder l analyse de l v nement touristique gr ce une approche syst mique centr e sur l utilisation de l outil th orique "Interface .
1. V NEMENTS ET TOURISME
1.1. Quelques d finitions
Plusieurs orthographes du terme " v nement sont admises et les acceptions sont multiples en physique, probabilit , psychologie Plusieurs d finitions acad miques permettent cependant de mieux cerner le point de d part de notre recherche. Sont consid r s ici les " v nements d cr t s, d cid s plusieurs ann es avant leur d roulement et susceptibles d tre consomm s et d avoir des impacts plusieurs mois voire des ann es apr s leur fin (Gravari-Barbas et Jacquot, 2007, p. 2). Pour Getz (2008, p. 404): "Les v nements planifi s sont des ph nom nes spatiotemporels et chacun est unique du fait des interactions entre le cadre, les personnes et le syst me organisationnel, incluant la conception de l v nement et son programme.
Le Conseil national du tourisme (2008, p. 4) d finit l v nement comme "toute animation se d roulant sur une p riode bien d limit e et capable d attirer un flux de fr quentation inhabituel . Augier (2009, p. 4) crit "[c est] une manifestation qui, concernant principalement un secteur d activit (sport, culture, conomie), a des r percussions territoriales de tous ordres (cr ation de valeur, effet d image, facteur de coh sion sociale, divertissement) et, un titre ou un autre, un impact international (venue de touristes trangers, effet d image, r plication de l v nement l tranger) b n fique pour le pays ou le territoire d accueil .
Ces d finitions font appara tre cinq param tres majeurs:
un public (participants ou spectateurs);
des activit s;
un usage de l espace (structure ou infrastructure supportant la manifestation et le territoire d accueil);
une temporalit sp cifique (p riode d termin e l avance);
une unicit .
ce stade, nous pouvons proposer une d finition: l v nement serait une "manifestation visant la satisfaction des organisateurs comme des participants, entre des personnes ayant en commun un loisir ou une activit (professionnelle ou non) dans un espace d fini, sur une p riode d termin e, et dont l aire d attractivit peut tre aussi bien mondiale que locale (Ferry, 2005, p. 19). Pr cisons pr sent le p rim tre des diff rents v nements.
1.2. Typologie des v nements
Il existe plusieurs typologies li es aux v nements, notamment celle de Getz (2005), qui permet de d terminer les op rations. L auteur envisage sept types d v nements:
1. c l brations culturelles: festivals, d Avignon, ou par exemple, de jazz de Montr al, carnavals, comm morations;
2. v nements politiques et d tat: sommets du G20, visites d tat;
3. v nements d affaires et de commerce: r unions entrepreneuriales, foires et salons professionnels;
4. v nements p dagogiques et scientifiques: congr s, s minaires, posters;
5. v nements li s au sport et la comp tition: Jeux olympiques, Coupe du monde de football;
6. v nements li s aux loisirs: tournois de bridge ou de scrabble;
7. v nements priv s: mariages, soir es.
Cette typologie consid re des manifestations attirant des publics vari s, issus de diff rents secteurs d activit - politique, culturel, informationnel, professionnel, sportif -, plusieurs chelles, op rations mises en place par des acteurs galement h t rog nes, des temporalit s et sur des territoires parall lement tr s divers.
Afin de mieux cerner l v nement, il convient d en appr hender maintenant les diff rentes cat gories. ce titre, Jago et Shaw (1998) distinguent les " special events et les " ordinary events . Ces deux cat gories font r f rence la d finition de l v nement de ces auteurs, correspondant un acte "au-del de l exp rience quotidienne (Jago et Shaw, 1998, p. 29; traduction libre). Les v nements "sp ciaux sont class s en sous-cat gories: les festivals, les v nements "mineurs et "majeurs . Les v nements dit mineurs, de taille relativement modeste, seraient plut t tourn s vers la population locale et utilis s pour renforcer le sentiment d appartenance et de fiert de cette derni re, alors que les op rations majeures seraient plus porteuses d universalit . Dans la classification des v nements "sp ciaux majeurs , un second niveau, se trouvent deux types de manifestations. D une part, les v nements " hallmark portent le nom de leur territoire d intervention comme, par exemple, le Tour de France. D autre part, les " mega events , comme les Jeux Olympiques de 2016 Rio de Janeiro, attirent une attention mondiale sur un territoire.
Dans le cadre des op rations planifi es, cette classification, versus celle de Getz, met davantage le poids sur la taille des v nements et sur une diff renciation entre les op rations li es une marque territoriale (" hallmark ) et les tr s grands v nements ("m ga ). Ces deux typologies, mettant l accent, l une, sur la d termination des diff rents v nements, et l autre, sur leur envergure et sur leur port e spatiale, permettent de mieux caract riser notre objet d tude. Au-del de cette indispensable, m me si non exhaustive, revue de d finitions acad miques et classifications de l v nement, appara t maintenant d actualit le besoin d une r flexion sur la recherche universitaire dans le champ de l v nementiel et parall lement du tourisme.
1.3. v nement, tourisme et champs universitaires
Si les pratiques sont multiples, vari es et connues depuis la deuxi me moiti du XX e si cle (Boyer, 1996; Wackerman, 1988), une d finition institutionnelle du tourisme a mis du temps appara tre. L Organisation mondiale du tourisme (OMT) a cr une d finition vis es statistiques que la France a reprise (Institut national de la statistique et des tudes conomiques - INSEE) au m me titre que de nombreux pays travers le monde. Cette d finition institutionnelle fait d bat au sein de la communaut scientifique mais aucun consensus pour l adoption d une d finition acad mique formelle et partag e n a t trouv . La d finition de l OMT demeure donc commun ment utilis e. Dans ce contexte, le tourisme est "l ensemble des activit s d ploy es par les personnes au cours de leurs voyages et s jours dans des lieux situ s en dehors de leur environnement habituel, pour une p riode cons cutive qui ne d passe pas une ann e, des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs non li s l exercice d une activit r mun r e dans le lieu visit (OMT-ONU, 2001, p. 13).
De mani re concomitante, l tude acad mique du tourisme et de l v nementiel est relativement r cente au regard de l pist mologie. N anmoins, le champ universitaire du tourisme est ant rieur de plusieurs d cennies celui de l v nementiel. Il existe toutefois une diff renciation importante entre le monde anglo-saxon et la France. En effet, autant, dans le premier cas, il existe un champ universitaire distinct, les " tourism studies , autant, a contrario , en France, la recherche sur le tourisme demeure disciplinaire. Dans les deux cas cependant, probablement li la relative jeunesse de l investigation scientifique en tourisme, l approche th orique est peu d velopp e par rapport aux tudes empiriques.
Deux principaux points communs apparaissent entre Tourisme et v nement:
la mobilit hors du domicile habituel 1 ;
des motivations de d part vari es incluant la participation des v nements (Getz, 2005).
Les liens entre v nement et tourisme m ritent alors une analyse sp cifique. En effet, des touristes assistent des v nements, soit comme motif principal du s jour, soit en saisissent l occasion lors d un d placement touristique. Pour Getz, les v nements font ainsi partie int grante de l offre touristique d un territoire.
L tude scientifique des v nements, malgr des pratiques peu r centes 2 , est mont e en puissance essentiellement ces derni res ann es. cet gard, Getz (2010) signale que le Canadian Journal of Applied Recreation Research a d di un num ro sp cial aux festivals et v nements. Cette revue canadienne a t , en 1991, la premi re revue scientifique consacrer un num ro sp cial ce type d activit s. On note cependant quelques tentatives plus anciennes, comme celles de Brent Ritchie et B liveau qui, d s 1974, ont voqu les v nements comme facteurs essentiels pour pallier la fluctuation de la demande touristique et de la saisonnalit . Des travaux d origine anglo-saxonne ont mis depuis en lumi re le ph nom ne et pr sent le champ acad mique des " event studies . L approche a d abord t disciplinaire puis, dans le monde anglo-saxon, s est mu e en approche pluridisciplinaire 3 . Des chercheurs ont cr des outils de recherche en ce sens d s 2004 suivant les premiers travaux de Burns, Hatch et Mules (1986) sur le Grand Prix de Formule 1 d Adela de et le congr s "Events beyond 2000 la suite des Jeux olympiques de Sydney. N anmoins, comme le soulignent Hede, Jago et Derry d s 2003, l approche conceptuelle m rite un int r t accru des chercheurs.
In fine , autant en recherche scientifique sur le tourisme que dans l tude sur les v nements, il semble n cessaire de cr er ou d utiliser des outils m thodologiques d o notre approche mod lisatrice.
2. MOD LISATION DU SYST ME V NEMENT-TOURISME: STRUCTURATION ET DYNAMIQUE
2.1. Approche syst mique, l v nement touristique comme interface
Plusieurs tentatives universitaires de mod lisation sont ainsi issues de la volont de diff rents auteurs d expliquer le ph nom ne touristique 4 , parmi eux, Miossec (1977), Clary (1993), Mill et Morrison (1985), Gunn et Turgut (2002), Goeldner et Brent Ritchie (2003), Leiper (2004), dans une approche m thodologique de type syst mique. Le syst me est ici envisag comme "[une] unit globale organis e d interrelations entre l ments, actions ou individus (Morin, 1990, p. 101); " a system comprises a set of elements (sometimes also called entities), the set of relationships between the elements, the set of relationships between those elements and the environment (Hall, 1992). Plus particuli rement, dans la recherche en g ographie du tourisme, "la d marche syst mique se veut globale et dynamique; elle tend identifier et hi rarchiser les relations induites par la logique commune d un ensemble (Balfet et Lozato-Giotart, 2004).
Dans le cadre de l analyse de type syst mique, l int r t de l observation scientifique par les interfaces r side dans la puissance explicative forte de cet outil pour l tude des ph nom nes spatiaux et des dynamiques territoriales li es au tourisme, dans ses multiples formes. L outil th orique "Interface (Groupe de recherches Interface, 2008) se r v le effectivement int ressant pour aborder l tude de diff rentes formes du tourisme et de l v nementiel; d j , le tourisme de r unions et de congr s international, l v nementiel congressuel a t caract ris et mod lis comme syst me interfacique avec ses composantes et sa propre structuration, originale et complexe (Christofle, 2010, 2012). Effectivement, l analyse par les interfaces "privil gie la r gulation et la valorisation de flux en des lieux sp cifiques par des acteurs, et la compr hension des cons quences sur le fonctionnement de l espace. L interface est un syst me localis , constitu d interactions entre les espaces et les soci t s [ ]. Les changes entre les territoires constituent les entr es et les sorties de ce syst me. Son organisation interne permet la s lection et la valorisation des changes. L interface est alors un syst me ouvert, essentiellement caract ris par ses relations avec son environnement (Groupe de recherches Interface, 2008, p. 198). Nous consid rons comme "interface l v nement touristique, tel que d montr en partie 1 , qui correspond au contact entre deux syst mes, le syst me " v nement et le syst me "Tourisme . L interface " v nement touristique est comprise comme un sous-syst me dot d une structure, d un r seau de processeurs et assurant des activit s sp cifiques. Elle est donc un objet g ographique qui na t de l existence de discontinuit s, c est- -dire de diff rentes sortes de s paration, rupture, saut, variation entre espaces (lieux de r sidence habituels des touristes v nementiels: touristes participant ou assistant un v nement) et soci t s (d o sont issus ces voyageurs). Elle assure avant tout une fonction de mise en relation de diff rents syst mes territoriaux par les touristes et joue un r le privil gi de r gulation, c est- -dire que l interface capte, filtre, transforme et oriente les multiples changes qui s y d roulent. "L interface met en relation des lieux, mais dans le m me temps en exclut d autres. Une nouvelle hi rarchisation de l espace merge alors, entre les lieux qui ont acc s l interface ou qui sont localis s dans sa dynamique forte (les lieux " in ), et les autres (les lieux " out ). Les syst mes interfac s vont ensuite tre modifi s par l existence m me de l interface, ce qui aura des cons quences sur le plan conomique, social, culturel, etc. (Groupe de recherches Interface, 2008, p. 7).
Il s agit donc d abord de comprendre les l ments majeurs qui, en interagissant les uns avec les autres, mettent en contact une activit fonctionnant en r seau (le tourisme v nementiel) et son territoire d accueil (ville ). L interface " v nement touristique assure cet effet un double r le d change, d abord entre participants et ensuite entre lesdits participants et le territoire. En cons quence, elle est un r gulateur entre une cause (les interactions sociospatiales) et un effet (les transformations spatiales). Le syst me v nement-Tourisme, notamment international, fonctionne ainsi gr ce un quilibre entre acteurs, r seaux et territoires se traduisant par l organisation, la promotion des v nements. Ce syst me se fonde sur les diff rences, voire les ruptures structurelles et fonctionnelles des r seaux qui sous-tendent la cr ation v nementielle touristique: r seaux culturels, sportifs, informationnels, festifs des chelles vari es (locale, r gionale, nationale, internationale). Le site d accueil de l v nement est la porte d entr e de cette activit complexe, dont la dynamique est li e des cha nes d interfaces, un deuxi me niveau. En effet, l v nement touristique est le point de contact nodal, rassembleur de cha nes d interfaces. L utilisation de cette m thodologie ouvre donc des espaces l exploration de l v nementiel touristique. Nous allons en amorcer l tude par la mise en place et la discussion autour de deux mod les.
Dans un premier temps, est mod lis e et explicit e la structuration du syst me interfacique v nement / Tourisme et ses quatre principaux groupes d acteurs sur un territoire donn : organisateurs-planificateurs, gestionnaires d quipements et fournisseurs de biens et services, collectivit s et institutions, et enfin, participants et accompagnants. Ensuite, est abord le ph nom ne de l embo tement des interfaces intrar ticulaires, interr seaux et r seaux-territoires du syst me v nement-Tourisme partir de l v nement touristique (interface connective-immat rielle) associ au site am nag (interface facilitatrice-mat rielle) et de leur contribution aux strat gies de d veloppement sectorielle propre chaque v nement (culture, congr s, sport, etc.), de d veloppement conomique, de destination (touristique) et territoriale (globale).
2.2. Syst me interfacique v nement-tourisme: structuration
Le syst me interface v nement-Tourisme s articule autour de l v nement touristique, interface immat rielle de cet ensemble d unit s, fondement du syst me, noyau d agr gation ( figure 1.1 ). Il prend place sur un territoire, support surfacique sur lequel prend appui mat riellement la manifestation. Ce territoire d accueil est ici symbolis par un cadre simple (voir l gende) mais peut ais ment tre per u, pour l analyse, de fa on multiscalaire: site, quartier, commune, d partement, r gion, pays, international. Il peut galement tre envisag , dans le cas d v nements multisites: courses sportives, par exemple, un espace v nementiel de type lin aire ou en boucle, avec diff rents l ments spatiaux juxtapos s.
Figure 1.1 - SYST ME INTERFACIQUE V NEMENT-TOURISME

Les acteurs parties prenantes de l v nement touristique sont plus ou moins nombreux et vari s en fonction de divers crit res: type et envergure de l op ration planifi e, r currence ou non de l v nement, niveau de complexit structurelle et organisationnelle, chelle pertinente de r f rence ( v nement r gional versus mondial), temporalit , etc. Quatre grands groupes semblent n anmoins merger.
Les organisateurs-planificateurs publics ou priv s, associatifs, professionnels, etc. ont en charge particuli rement la conception (technique, artistique, programmatique ) et la mise en place mat rielle de l v nement touristique: il peut s agir, par exemple, dans le cas d v nements congressuels , d organisateurs professionnels de congr s travaillant de concert avec un ou plusieurs laboratoires scientifiques, universitaires ou entrepreneuriaux; il peut tre galement tre question de planificateurs de courses sportives ou de programmateurs de festivals
Parall lement, la mise en place de l v nement touristique exige l implication des gestionnaires des quipements d accueil et des fournisseurs de biens et services n cessaires au bon d roulement du rassemblement, qui forment un sous-groupe h t rog ne. Nous avons dans ce cadre, par exemple, les infrastructures de r ception: parc d expositions, palais des congr s, stades, chapiteaux , mais aussi les h tels, restaurants, buvettes, commerces et de multiples corps de m tier: techniciens, juristes, assureurs, traducteurs, techniciens, intermittents Certains membres de ce groupe interviennent ou peuvent s engager sur tout type d v nement touristique planifi , comme les agences v nementielles par exemple ; d autres sont sp cifiques un certain type de manifestation, par exemple, les arbitres internationaux de comp titions sportives.
Le troisi me groupe est compos des collectivit s locales, institutions et autres unions li es au secteur du tourisme et de l v nementiel. En tant en charge du d veloppement territorial, ces acteurs s appuient sur le ou les v nements touristiques comme agent de croissance et non en tant qu instigateurs ventuels de l v nement m me si, et c est banal, une collectivit peut tre fondatrice ou organisatrice de l v nement touristique ( travers, par exemple, des services sp cialis s). Ce groupe agit particuli rement pour am liorer ou consolider l image des lieux (" branding ; Barry, 2009) et leur m diatisation, pour renforcer l attractivit et la dynamique touristique et globale du territoire (Jago et al ., 2003; Kolb, 2006) et engendrer des retomb es, esp r es positives, diversifi es: conomiques, culturelles, communicationnelles, m diatiques, etc. L v nement touristique a, dans ce cadre, souvent pour mission parall le d aider ce groupe assurer une action politique en direction de la population locale: animation, voire fiert , identification, coh sion sociale (Augier, 2009; Hertanu, Boitor et Bratucu, 2013).
Le dernier groupe d acteurs rassemble les participants l v nement touristique, qu ils soient directement engag s (concertistes, carnavaliers, sportifs concourant, etc.) ou spectateurs. N oublions pas les professionnels de la communication et des m dias pr sents sur les lieux pour informer les personnes int ress es par l v nement touristique, mais qui n ont pu se d placer.
Tous ces participants et spectateurs sont la cl de la r ussite de l v nement touristique par leur fr quentation et les retomb es, particuli rement conomiques, en d coulant.
Ces acteurs interagissent donc les uns avec les autres, sur un territoire donn , pour la tenue de l v nement touristique, qui, par son r le d interface, concr tisera des attentes vari es, propres chacun des groupes interfac s. L analyse de la dynamique du syst me va permettre pr sent de comprendre le fonctionnement des trois grandes cha nes d interfaces l origine de ces interactions (voir figure 1.2 ), les cha nes d interfaces intrar ticulaires, interr seaux et r seaux-territoires et l int r t de la mise en place, par les acteurs identifi s dans la figure 1.1 , de strat gies multiples, strat gies sectorielles de d veloppement conomique, de destination touristique et de croissance globale du territoire, autour de l v nement touristique.
2.3. Syst me interfacique v nement-tourisme: dynamique
D abord, les importantes discontinuit s entre les territoires cr ent des interfaces intrar ticulaires li es l v nement touristique, interface connective. En effet, les aires territoriales, quelque chelle que ce soit (r gionale, nationale, continentale) ne sont pas de m me niveau en termes de ressource touristique, v nementielle, festive, culturelle, sportive, etc., ce qui entra ne des mouvements de populations en faveur des espaces proposant une offre jug e plus attractive. Dans un contexte de mondialisation et d ouverture politique de grands pays mergents, il est observ des croissances g n rales de flux de personnes et de biens; de mani re concomitante, la baisse relative des tarifs et l volution technique des transports largissent l aire g ographique et les mobilit s li es au tourisme et l v nementiel. Le d veloppement du tourisme international en est un des r sultats: ainsi, en 2015, plus d un milliard d arriv es internationales a t comptabilis par l Organisation mondiale du tourisme (OMT, 2016). ce cadre g n ral s ajoute une concurrence qui s exacerbe, et une incertitude conomique sur certains territoires, notamment europ ens; par cons quent, des acteurs tendent consid rer l v nementiel touristique comme l ment important de strat gies de d veloppement sectoriel et conomique (Herrero et al ., 2006).
Figure 1.2 - DYNAMIQUE DU SYST ME INTERFACIQUE V NEMENT-TOURISME

Source: Sylvie Christofle, 2014.
Ensuite, la mise en place de l v nement touristique est le fruit des cha nes d interfaces interr seaux, correspondant l interconnexion de tr s nombreux r seaux. En effet, la mise en place d un v nement n cessite la jonction de r seaux multiples, mat riels et immat riels, diff rentes chelles. Les r seaux mat riels indispensables l v nementiel touristique sont techniques, li s au transport, aux structures et infrastructures touristiques, etc. Les r seaux immat riels concernent particuli rement les r seaux sociaux (traditionnels et num riques) dont les principaux sont les r seaux d acteurs politiques, culturels, sportifs, scientifiques, corporatistes ou de loisirs. Les r seaux communicationnels, politiques et m diatiques sont galement parties prenantes de ces cha nes. Tous ces contacts entre r seaux sont en rapport la fois avec des strat gies de d veloppement conomique et sectoriel ainsi que de destination. En effet, l v nementiel touristique joue un r le dans la dynamique d une destination urbaine et touristique. Les retomb es conomiques, certes, sont souvent mises en avant, m me si les r currentes difficult s et les nombreuses, parfois contradictoires, m thodes d valuation peuvent pr ter discussion (entre autres, Spindler, 2005; Hodur et Leistritz, 2006; Direction g n rale de la Comp titivit et des Services, 2012). Les effets immat riels ont parall lement de l int r t (Palmer, 2004): animation du territoire, m diatisation, consolidation de l image de la destination voire son renouvellement dans les espaces en recomposition - labellisation Ville europ enne de la culture et "Lille 3000 pour la capitale nordiste (Augier, 2009), Capitale europ enne de la culture de Marseille en 2013 - In fine l v nementiel touristique travers un marketing territorial intense engendrerait un avantage comparatif li la diff renciation du lieu dans un contexte tr s concurrentiel (Popescu et Corbos, 2012) voire accro trait sa comp titivit (Cibinskiene, 2012).
Enfin, les cha nes d interfaces r seaux-territoires concernent la connexion entre l v nement touristique et l espace d accueil; il s agit l du lien entre une activit fonctionnant en r seau et un espace surfacique. D j , notons les am nagements mat riels, parfois p rennes et qui marquent le territoire (Pradel, 2007; Gravari-Barbas et Jacquot, 2007), en fonction de la taille de la manifestation ou de sa r currence: sambodrome de Rio de Janeiro, palais de congr s, quipements li s aux grands v nements comme les Jeux olympiques, les Coupes du monde de football, les Expositions universelles. Ensuite, remarquons que le syst me v nement-tourisme, par son fonctionnement intrins que et son expansion acc l r e, touche de plus en plus de territoires; en effet, des v nements de toutes natures et de toutes envergures ont t cr s ces derni res ann es dont une part non n gligeable, m me si difficilement quantifiable, est d essence touristique. Ce d veloppement est li la multiplication des liaisons mat rielles entre les territoires et les d sirs des populations de voyager, d changer. De plus, ces op rations des acteurs, notamment institutionnels, dans leurs strat gies globales de croissance, tendent limiter les diff rentiels traditionnels entre les destinations touristiques et des villes secondaires l chelle internationale. En effet, classiquement, l v nementiel touristique prenait place dans les capitales, les m tropoles et les grandes destinations touristiques. Il tait bien moins implant dans d autres types de lieux. De nos jours, et de multiples chelles (station touristique, ville moyenne, m tropole r gionale, m tropole internationale en gestation voire villes en recomposition ), la dynamique v nementielle est consid r e comme accompagnant et confortant la croissance touristique et territoriale, se r v le parfois tre un des facteurs cl s dans des lieux aussi diff rents que la ville canadienne de 30 000 habitants de Stratford au Canada (Cimolino, 2008, report par Barry, 2009), Cardiff au Royaume-Uni (Gras, 2007), Lyon, Barcelone (Christofle, 2014), Berlin ou Beijing (Li et Kyriaki, 2013). L activit v nementielle, via l v nement, interface immat rielle connective, souvent cr ative (Prentice et Andersen, 2003), permet le contact et l change entre acteurs, r seaux et territoires. Les acteurs assurent l exploitation des diff rentiels entre les espaces interfac s, en permettant aux participants de se rassembler en un lieu nodal; les r seaux permettent et facilitent la fois les relations et interactions entre acteurs, et entre acteurs et territoire; l espace d accueil constitue la fois l interface mat rielle du syst me et l expression de la dynamique.
CONCLUSION
En conclusion, ayant constat un manque de recherche fondamentale et th orique dans ces champs d tudes relativement r cents que sont le tourisme et l v nement, nous avons propos ici une mod lisation de l " v nement touristique . Utilisant l outil th orique "Interface , le mod le facilite la compr hension de la structuration et de la dynamique du syst me interfac v nement-Tourisme. En effet, une approche globale permet d avoir une vision synth tique et d examiner tant les composantes que les liens qui unissent les entit s syst miques. Par l -m me, cette d marche peut, plus largement, aider la compr hension des ph nom nes spatiaux et des dynamiques territoriales li s l v nement touristique. Puisse cette tude, ses d buts, donner l envie de prospecter une voie encore peu explor e
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1 . Pour les participants et spectateurs non autochtones, videmment.
2 . Pourtant, les v nements "planifi s , et plus particuli rement les festivals, sont n s la fin du XIX e si cle, par exemple, les concours de chant Bayreuth d s 1876 ou les Jeux olympiques de l re moderne, r invent s en 1896. Au m me titre, nous pouvons galement voquer les c l brations traditionnelles comme les grands carnavals qui se succ dent, certains depuis des si cles, partout sur la plan te, ou bien encore les v nements religieux
3 . Les " event studies semblent suivre le m me sch ma de d veloppement que les " tourism studies .
4 . Si des travaux se multiplient aujourd hui et si des sch mas d explication de parties du ph nom ne existent (voir Getz, par exemple), il n est pas observ encore de mod lisation du syst me v nementiel dans sa globalit .
TOURNOIS DE POLO SUR NEIGE DANS LES STATIONS DE SPORTS D HIVER HAUT DE GAMME
Saint-Moritz, Courchevel, Meg ve et Val d Is re
Lise Piquerey
Les v nements propos s au sein des stations, plus que des animations ponctuant leurs saisons, sont des vecteurs de leur visibilit et renforcent leur attractivit . L v nement devient un gage de la qualit de ces stations dans le sens o il permet de construire leur image et donc leur positionnement sur le march touristique. Au sein des stations de sports d hiver haut de gamme de l arc alpin, une strat gie de diff renciation appara t travers leur capacit organiser des v nements hivernaux et estivaux internationaux, comme les manches de Coupe du monde de ski alpin ou les tournois de golf. L organisation de comp titions prestigieuses, reconnues au niveau international, est l cho du prestige et de l excellence des destinations touristiques. La crainte d une annulation de la Hannenkammrennen (comp tition de ski alpin) Kitzb hel en janvier 2014 la suite d un manque de pr cipitations neigeuses et l agitation que ce risque a occasionn e, sont repr sentatives de l importance de ces v nements pour l image des stations de sports d hiver. En effet pour viter cette annulation, les acteurs touristiques et le comit d organisation ont fait transporter 1 350 tonnes de neige par h licopt re pour un co t non r v l , mais qui, d apr s les journaux locaux, avoisine les 30 000 euros.
Les stations de sports d hiver haut de gamme sont des lieux marqu s par l exclusivit et la s lectivit de la client le, notamment gr ce aux infrastructures haut de gamme ou de luxe ( palace , boutiques de maisons de couture renomm es) et aux v nements programm s. Le bin me s lectivit - lectivit de la client le, identique au processus de cr ation des lites, se base sur le capital financier, culturel et social des individus (Bourdieu, 1979). Au sein de ces espaces marqu s par l entre soi, les directeurs des offices du tourisme des stations de Saint-Moritz, Val d Is re, Meg ve et Courchevel, semblent effectuer une segmentation des offres v nementielles en fonction des diff rences socio conomiques et culturelles pr sentes entre publics qui r sident ponctuellement ou quotidiennement au sein de ces stations de sports d hiver haut de gamme. L entre soi est ici d fini comme la coh sion sociale d un groupe d individus, produite partir d une homog n it de capital, la fois conomique, social et culturel.
Une typologie v nementielle peut ainsi tre propos e.
Les v nements "populaires : cette cat gorie regroupe ceux qui sont accessibles tous, la fois conomiquement (entr e libre) et culturellement, dans le sens o ils sont des moments de "convivialit selon les offices de tourisme, bas s sur des manifestations banales au sein des stations, par exemple les descentes aux flambeaux des moniteurs des coles de ski.
Les v nements "populaires et lectifs : cette cat gorie regroupe des v nements qui se pr sentent comme culturellement accessibles tous. Ils sont des "rendez-vous de la saison touristique, comme les manches de Coupe du monde organis e par la F d ration internationale de ski (notamment dans les cinq stations de l chantillon d tude), ou les tournois internationaux de sports de glace, comme le curling et le patinage artistique. Toutefois, ces manifestations se traduisent par une s lection partielle des publics par les co ts d entr e, comme pour la course Hannenkammrennen et galement par la pr sence d espaces very important person (VIP), accessibles seulement sur invitation pour un petit nombre de spectateurs.
Des v nements "s lectifs et lectifs : cette cat gorie est marqu e par la prise en compte principalement du capital culturel et social des publics cibl s. Ils sont fr quemment libres d acc s mais sont des marqueurs de distinction sociale travers les pratiques sociales et culturelles qu ils mettent en sc ne. Ce sont par exemple les festivals de musique baroque, les festivals gastronomiques, les expositions d art, les tournois de golf sur neige ou les tournois de polo sur neige. La s lection du public est ensuite renforc e par l lection de certains individus pouvoir pr tendre des services, des lieux qui leur sont r serv s, toujours sur invitation des organisateurs ou des partenaires des v nements.
Les stations de sports d hiver haut de gamme se caract risent comme des "lieux des lites , o l acc s certains espaces est soumis une s lection en fonction du capital social, conomique et culturel de chacun. Ainsi, certains v nements apparaissent comme tant des leviers de distinction sociale au sein des stations de sports d hiver haut de gamme. Pour appr hender les liens entre les v nements et la repr sentation de l entre soi des lites, produit par la s lection d individus socialement homog nes, nous proposons ici une analyse des tournois de polo sur neige, pr sents dans quatre stations haut de gamme des Alpes: Meg ve, Courchevel, Val d Is re et Saint-Moritz. En alliant des destinations haut de gamme un sport noble pratiqu par les grandes familles de l lite europ enne, les tournois de polo sur neige, sous couvert d un acc s libre, ne sont-ils pas repr sentatifs de l exclusivit et de la s lectivit sociale voulues au sein des stations de sports d hiver haut de gamme?
Apr s un retour sur la m thodologie employ e dans ce travail, une tude de cas sur le lien entre polo sur neige et litisme sera propos e, notamment partir de l tude du d veloppement de cette pratique dans les stations de sports d hiver de l chantillon.
1. JALONS M THODOLOGIQUES POUR L TUDE DES TOURNOIS DE POLO SUR NEIGE
Dans l optique de rendre compte la fois des modes de sociabilit pr sents au sein des tournois de polo sur neige et de leurs impacts sur l image des stations de sports d hiver haut de gamme, nous avons, dans un premier temps, fait des observations durant le d roulement des quatre tournois de polo sur neige pr c demment cit s. L objectif tait de prendre part la manifestation pour pouvoir se mettre l preuve des fronti res symboliques, quelquefois physiques, pr sentes entre les espaces "pour tous et les espaces des lites. Durant cette phase, nous nous pr sentions en tant que simple spectatrice des tournois de polo sur neige.
Pour compl ter les observations de terrain, nous avons men des entretiens avec les directeurs des offices de tourisme des stations accueillant les tournois 1 . Ces entretiens, non centr s exclusivement autour des tournois de polo sur neige, ont pour objectif de comprendre la s lection et le choix des v nements propos s dans les stations: sont-ils utilis s par les acteurs touristiques publics ou semi-publics comme des outils de s lection sociale? De plus, ces entretiens permettent d obtenir des informations compl mentaires sur le r le des tournois de polo sur neige dans les strat gies v nementielles des destinations. Les dossiers de pr sentation, destination des m dias et des groupes priv s souhaitant s affilier au tournoi, dit s par un organisateur priv (Jean-Yves Delfosse Organisation, 2014a et 2014b) dans les stations fran aises, ont t obtenus gr ce des demandes effectu es par courriel.
1.1. litisme travers les pratiques sportives: le cas du polo sur neige
Au m me titre que d autres sports d quitation, le polo est un sport pratiqu par la noblesse europ enne partir du XIX e si cle, import d Inde par des colons britanniques. Le fait de poss der un cheval, dans certains cas une curie ou un haras, est cette poque un marqueur d appartenance aux cat gories socio conomiques sup rieures (Veblen, 1899). De par les qualit s athl tiques et la rigueur psychologique requises, la pratique du polo permet l aristocratie d exercer un sport dans lequel se retrouvent ses caract ristiques de classe (de Saint-Martin, 1989). De plus, les tournois de polo, fr quent s entre connaissances, deviennent des v nements mondains, permettant leurs adeptes de renforcer et d largir leur capital social, comme le note de Saint-Martin (1989). Selon des principes similaires, le polo sur neige fait son apparition en 1985 Saint-Moritz ( figure 2.1 ), puis se diffuse dans d autres stations de sports d hiver r put es de l arc alpin: Cortina d Ampezzo en 1989, Meg ve en 1996, Kitzb hel en 2003, Klosters en 2006.
1.2. D veloppement du polo sur neige dans les stations de sports d hiver
L litisme de cette pratique sportive r affirme donc la place de certaines stations de sports d hiver dans le r seau des "lieux des lites bien que ces stations aient connu des strat gies de d veloppement touristique diff rentes. En effet, le tourisme Saint-Moritz et Meg ve est le fruit de la vill giature pratiqu e d s le XIX e si cle par les cat gories socio conomiques sup rieures europ ennes, notamment britanniques.
Figure 2.1 - VUE SUR LE TOURNOI DE POLO SUR NEIGE DE SAINT-MORITZ

Source: Lise Piquerey, 2013.
Les premiers investissements de la baronne No mie de Rothschild avec la cr ation de l h tel du Mont d Arbois Meg ve en 1921 est un bel exemple de l impact des actions des lites dans le d veloppement touristique des villages de montagne. Plus que des r les d am nageurs, les lites ont "transplant leurs habitudes et leur suffisance dans un contexte montagnard (Boyer, 2012, p. 175) provoquant d s la cr ation des stations de vill giature montagnarde une opposition entre la vie pastorale et la vie mondaine. La mondanit , pratiqu e dans les ambiances feutr es des cercles, des casinos ou encore des palaces , se retrouve galement dans des pratiques sportives, comme le golf ou les courses de chevaux. Pin on et Pin on-Charlot (1994, p. 73) notent que ces lieux r gissent "l organisation de la vie quotidienne des vill giateurs et sont galement au c ur de l am nagement des stations touristiques, comme le montre l exemple de l hippodrome de Deauville. Les tournois de polo sur neige se placent ainsi dans la continuit de la tradition de vill giature des lites (Boyer, 1995 et 2012; Wagner, 2007b), plus que dans le cadre d une innovation v nementielle au sein des stations de sports d hiver haut de gamme. Dans le cas de Courchevel et de Val d Is re, stations pour lesquelles la mise en tourisme r sulte de la volont d acteurs locaux (famille anciennement tablie, municipalit ) ou nationaux (d partement, minist re), les tournois de polo sur neige confirment leur mont e en gamme travers l accueil d une pratique de classe.
1.3. Organisation des tournois de polo sur neige
Le d veloppement des tournois de polo sur neige est caract ris par la pr dominance des lieux de vill giature europ ens des lites dans la diffusion de la pratique entre 1985 et 2000 ( figure 2.2 ), puis la pratique se diffuse dans le monde selon une logique d implantation similaire consacr e partir de l an 2000 par l organisation du World Snow Polo Championship Aspen. Bien que la pratique du polo sur neige reste confidentielle l chelle mondiale (28 tournois recens s dont 21 en Europe), sa diffusion spatiale est repr sentative de l internationalisation des lites mondiales, caract ris es par un "cosmopolitisme (Wagner, 2007a, p. 22) issu des r seaux de sociabilit et des mobilit s li es l h ritage symbolique, social et culturel des membres des cat gories socio conomiques sup rieures. Les stations de sports d hiver haut de gamme accueillant les tournois de polo sur neige vitent de superposer deux manifestations sur les m mes fins de semaine, et proposent ainsi un calendrier des tournois de polo sur neige qui n est pas sans rappeler la pratique du Grand Tour des aristocrates anglais du XVIII e et XIX e si cle (Boyer, 2012). Les lieux h tes des manifestations, aux profils touristiques similaires, sont cr ateurs d un r seau v nementiel, alliant valeur du lieu, valeur d une pratique et valeur sociale, toutes trois se caract risant comme litistes.
Figure 2.2 - TOURNOIS DE POLO SUR NEIGE: L INTERNATIONALISATION REFLET DE LA "MONDIALISATION DES LITES (Wagner, 2007b)

Source: D apr s The Polo Magazine , 2014.
Pour d autres lieux touristiques, accueillir un tournoi de polo sur neige permet un positionnement marketing dans le r seau des "lieux des lites . Val d Is re et Courchevel, qui accueillent le tournoi en r seau du Polo Masters Tour, respectivement depuis 2009 et 2008, sont des lieux d une mondanit li e un tel sport. La mont e en gamme de ces deux stations, observ e depuis les ann es 1960, avec la r novation du b ti, la diversification des infrastructures h teli res haut de gamme, est renforc e et r affirm e par l accueil de ce type de manifestation. Les tournois de polo sur neige participent donc de la strat gie touristique globale des stations qui se veulent litistes. L histoire de Courchevel, cr e ex nihilo en 1946 sous l impulsion du minist re de la Reconstruction et du d partement de la Savoie, est repr sentative de cette mont e en gamme. En effet, de station dite sociale, elle devient un lieu des lites, avec l arriv e de personnalit s nationales et internationales partir des ann es 1960 qui trouvent sur place les premi res infrastructures h teli res et marchandes haut de gamme qui leur sont destin es. L arriv e du tournoi de polo sur neige affirme la station comme support de la sociabilit et des pratiques des lites. Les organisateurs du Polo Masters Tour valident donc en quelque sorte la mont e en gamme de ces deux stations travers leur s lection dans le "club des lieux pouvant accueillir ces tournois. Les acteurs touristiques, comme le directeur de l Office du tourisme de Courchevel le mentionne en 2014, ces tournois peuvent tre utilis s comme marqueurs de notre place dans ce r seau de lieu: " C est un v nement d image, comparable aux voiles de Saint-Tropez . De plus, le caract re r ticulaire du Polo Masters Tour suit les pratiques de vill giature du public potentiellement cibl en proposant trois tournois hivernaux (Meg ve, Val d Is re et Courchevel) et un tournoi estival (Saint-Tropez).
Comme le montre la figure 2.3 , les tournois de polo, qu ils soient sur gazon ou sur neige, semblent correspondre aux mobilit s d agr ment des lites: durant l hiver, les tournois se trouvent dans des stations haut de gamme des Alpes, durant l intersaison et la saison estivale en le-de-France et dans les stations baln aires de l Atlantique, de Normandie et de la C te d Azur.
Les tournois de polo sur neige sont organis s soit par des associations (Saint-Moritz Polo AG), soit des entreprises priv es (Jean-Yves Delfosse Organisation pour le Polo Masters Tour). Ils sont en partie financ s gr ce des sponsors avec des marques (BMW, Veuve Clicquot, Ralph Lauren) ou des entreprises pr sentes au sein des stations h tes (Groupe Edmond de Rothschild Meg ve, Les Barmes de l Ours Val d Is re). Durant les entretiens r alis s avec les directeurs des offices de tourisme, le financement et l organisation des tournois de polo sur neige par des acteurs "ext rieurs apparaissent comme cr ateur d une fracture entre la strat gie v nementielle touristique de la station et la manifestation qui est propos e.

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