30, l âge de ma naissance
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Description

À la veille de mes trente ans, je recommence tout doucement à vivre. Je sens qu'il est temps de mettre des mots sur ce que j,ai vécu pendant quatre longues années au plus profond de mon être. Cet ouvrage a été écrit tout d'abord pour moi. Il est denature cathatique : des paroles pour m'apaiser, prendre du recul et tourner la page essentielle du livre de ma vie. Cette maladie s'est glissée dans mon coprs et dans mon me. Il inclut les témoignages de mes proches qui m'ont fait vivre une douloureuse cohabitation avec l'anorexie en dévoilant leurs points de vue et leurs émotions. Pourquoi tant de jeunes subissent-ils encore cette maladie. Ce témoignage est un encouragement à ne pas se sentir coupables et à prendre conscience de ce qui leur arrive. J'espère contribuer modestement à les aider à s'en sortir. C'est possible.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 février 2013
Nombre de lectures 65
EAN13 9782897260422
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Journal
Données de catalogage disponibles sur le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.


Pour l’aide à la réalisation de son programme éditorial, l’éditeur remercie la Société de Développement des Entreprises Culturelles (SODEC), ainsique le Conseil des Arts du Canada.

Marcel Broquet Éditeur 55 A, rue de l’Église, Saint-Sauveur (Québec) Canada J0R 1R0 Téléphone : 450 744-1236 marcel@marcelbroquet.com • www.marcelbroquet.com
Révision : Frederick Letia Illustration de la couverture : Roger Belle-Isle Mise en page : Roger Belle-Isle

Distribution : MESSAGERIES ADP*
2315, rue de la Province
Longueuil, Québec J4G 1G4
Téléphone : 450-640-1237
Télécopieur : 450-674-6237
Internet : www.messageries-adp.com
* filiale du Groupe Sogides inc.,
filiale de Québecor Média inc.

Distribution pour l’Europe francophone : DNM Distribution du Nouveau Monde 30, rue Gay-Lussac, 75005, Paris Tél. : 01.42.54.50.24 • Fax : 01.43.54.39.15 Librairie du Québec 30, rue Gay-Lussac, 75005, Paris Tél. : 01.43.54.49.02 www.librairieduquebec.fr



Diffusion – Promotion :

r.pipar@phoenix3alliance.com

Dépôt légal : 3 e trimestre 2010 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives nationales Canada Bibliothèque nationale de France © Marcel Broquet Éditeur, 2010

ISBN 978-2-923715-68-1

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction interdits sans l’accord de l’auteur et de l’éditeur.

Version ePub réalisée par: www.Amomis.com
Merci à toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de ce livre et en particulier, à mon père, qui a passé de longues heures à revivre cette histoire…
« Paradoxal, mais clair : ce sont les êtres les moins pesants qui ont laissé sur terre l’empreinte la plus forte ».
Daniel Pons


« Le corps est notre plus grand livre. Malheureusement, il est écrit dans une langue que nous ne comprenons plus ».
Jonathan Rosen
Prologue

T oute histoire est singulière. La mienne aussi forcément.

A la veille de mes trente ans, je recommence tout doucement à vivre.
Je sens qu’il est temps de mettre des mots sur ce que j’ai vécu au plus profond de mon être pendant quatre longues années.
Cet ouvrage que vous tenez en main, je l’ai écrit d’abord pour moi. Il est de nature cathartique : des paroles pour m’apaiser, prendre du recul et tourner une page essentielle du livre de ma vie.
J’ai pourtant la conviction que la singularité de mon histoire mérite d’être questionnée : pourquoi tant de jeunes refusent-ils, à un moment précis de leur existence, de se nourrir ?
Si ce récit peut les aider à prendre conscience de ce qui leur arrive ainsi qu’à ne pas s’en sentir coupables, eux et leur entourage, j’aurai contribué modestement à un premier pas vers la lente guérison, vers l’improbable acceptation.
En effet, si l’anorexie prend toujours la forme d’un corps émacié, les raisons de cette autodestruction sont multiples et complexes, mêlant inextricablement histoire personnelle et contexte sociétal.
A cet égard, comment ne pas stigmatiser la tyrannie du paraître, la dictature de la réussite et d’un bonheur de pacotille d’une société d’abondance (pour certains plus que pour une majorité d’autres…) ne laissant aucune place aux aspirations confuses mais profondes d’un(e) adolescent(e) ?
Le corps maltraité de l’anorexique n’est-il pas, du moins en partie, le reflet d’un corps social malade d’indifférence face aux protestations muettes de ses membres les plus fragiles ?
J’en ai fait partie mais j’en suis sortie vivante ; de trop nombreux jeunes, femmes pour la plupart, n’ont pas eu ma chance.
C’est aussi leur mémoire que je veux honorer en écrivant ce livre, fruit d’un accouchement avec douleur.
J’ai dû revivre intensément des événements que j’aurais préféré oublier.
Mais peut-on goûter pleinement à la saveur de la vie sans plonger à nouveau au cœur de nos abysses intérieurs ?
Quelques définitions…

Selon le dictionnaire de la psychologie :

« Anorexie mentale (angl. Anorexia Nervosa) : trouble de la conduite alimentaire caractérisé par un refus plus ou moins systématisé de s’alimenter, intervenant comme mode de réponse à des conflits psychiques.
PSYCHIATR. Cette conduite de restriction alimentaire méthodique, avec amaigrissement, survient le plus souvent chez une adolescente qui présente, par ailleurs, une aménorrhée et une hyperactivité associées à des changements du caractère ainsi que des troubles de la perception du corps. »
Grand Dictionnaire de la Psychologie, 2007, p. 61

• • •

L’anorexie mentale est « (…) une lutte « acharnée » contre la faim… jusqu’à ce que mort s’ensuive, si rien ne vient interrompre le processus morbide qui constitue une méthodique « entreprise » d’autodestruction ».
Pommereau, 1997, cité dans van Brusselt, 2002-2003, p. 38

• • •

« La caractéristique la plus évidente de l’anorexie mentale est le refus de maintenir un poids corporel minimal. Le surcontrôle du poids et de l’alimentation conduit à un amaigrissement significatif. L’arrêt des règles (conséquence de la dénutrition) est fréquent ; sauf si celui-ci est masqué artificiellement par la prise d’un produit de substitution hormonal (pilule contraceptive). Habituellement, la personne craint de perdre le contrôle de son alimentation, elle se sent grosse alors que son entourage la trouve plutôt mince ou maigre. Les personnes souffrant d’anorexie mentale représentent 10 à 15 % des patients consultant pour un trouble alimentaire. »
Centre Hospitalier Le Domaine
Préludes d’un amour




J e m’appelle Pat. Enfin, c’est le surnom que ma meilleure amie Joy m’a donné quand nous nous sommes rencontrées il y a quinze ans.
Pour ne rien vous cacher, j’ai 17 ans. Imaginez une jeune fille blonde, 55 kilos pour 1,68 mètre, pas trop moche de sa personne, même plutôt mignonne d’après mes copines.
Je mène une vie paisible dans la maison de mes parents, située dans un village du Brabant wallon, en Belgique. Je suis la cadette d’une famille de trois filles, mes sœurs s’appellent Joséphine et Catherine. Je les adore même si j’ai la sensation de ne pas les connaître vraiment. Je ne pourrais pas vivre sans elles, tout en les voyant fort peu.
Vie paisible en apparence mais mon petit cœur est plutôt chamboulé ces temps-ci. Eh oui ! Je suis amoureuse pour la première fois. J’ai trouvé le garçon parfait, idéaliste, rêveur et qui me rendra heureuse pour longtemps. Enfin, j’espère…
J’ai rencontré Thomas à l’école, à Bruxelles. Il a 18 ans. Il a un an de plus que moi, mais un an de moins sur les bancs de l’école : il est toujours en quatrième humanité. Thomas n’est pas mal non plus dans son genre : environ 1 mètre 70, mince, cheveux blonds et des yeux d’un bleu très profond. On se perdrait dans son regard : un océan d’infini.
Tous les jours, nous marchons vers la gare après l’école. Nous prenons le train ensemble, nous habitons dans la même région, au sud de Bruxelles. Une belle amitié nous lie et même un petit peu plus.
Thomas est issu d’une famille assez aisée. Une grosse maison dans un quartier bourgeois. Un père juriste. Une mère architecte. Et pourtant, chaque jour, de la gare à sa maison, il fait de l’auto-stop. Ce détail m’intrigue. Garçon paradoxal, un peu rebelle aussi vis-à-vis de tout le monde et de la société. Il est également le cadet d’une famille nombreuse.
Les jours passent.
Petit à petit, notre relation se construit. Nous sommes bien ensemble et nous partageons beaucoup. Tous les midis, nous allons nous asseoir sur un banc en face des étangs, pas loin de l’école. Seuls les canards sont les témoins bruyants de nos confidences. Thomas est peu sociable, il préfère que l’on s’isole à deux, en tête-à-tête, plutôt que de participer à la vie de groupe. Au fil du temps, nous devenons inséparables : parties de tennis, sorties, balades en forêt, rencontre chez l’un puis chez l’autre…
Le temps passe et cette relation me fait vivre sur un petit nuage. Je pardonne facilement ses défauts. J’aime ce jeune homme nerveux et fier. Il donne certes l’impression d’avoir une totale confiance en lui. Mais à l’intérieur, il est tellement fragile…
Sa plus grosse « faille » : le monde de la nuit et tout ce qui tourne autour. Les boîtes de nuit, la drogue, l’alcool, la house 1 , la techno, les filles,… Je ne partage pas ses attirances qui ressemblent bien à un système de fuite. Mais je l’accepte tel qu’il est sans me poser trop de questions. Je lui fais confiance. Et tout me semble presque parfait malgré cette ombre au tableau. Je vis une relation idyllique.
C’est une belle journée d’été. Je suis dans sa chambre. Des masques d’Indonésie tapissent les murs. C’est un souvenir de son dernier voyage en famille. Nous discutons. Il allume une cigarette. Comme souvent, Janis Joplin nous accompagne. il en est un fan.
Quelques instants plus tard, il m’allonge sur son lit et se couche sur moi. Je me sens bien. Je m’abandonne dans ses bras. Ses mains commencent à caresser ma peau. Elles semblent aimer mon corps. Mais ses gestes me mettent mal à l’aise. Manifestement, je n’y suis pas préparée. Je lui demande d’arrêter, mais je ne dois pas être très convaincante. Il continue. J’insiste. Je lui dis que j’ai froid. Il recouvre alors ma poitrine nue mais ne perçoit pas mon effroi !
Un premier voile tombe…
Je me sens sale. Ses gestes ont heurté ma sensibilité à fleur de peau. Pendant ces brefs instants, je n’ai pas ressenti son amour et sa tendresse. J’ai juste éprouvé… du dégoût !

1 musique des années 80
La vie suit son cours…




T homas et moi sommes ensemble depuis trois mois. La période d’apprivoisement est terminée ! Notre petite vie est rythmée par des parties de tennis. On se connaît de mieux en mieux. Mais notre relation a quelque chose de… spécial !
Thomas a beaucoup d’estime pour moi. Il me remercie sans cesse pour « ce que je fais pour lui ». C’est vrai que je ne me cantonne pas au rôle de petite amie. J’essaie de le raisonner par rapport à la drogue, l’alcool, la cigarette et autres plaisirs.
Un jour, il m’a dit : « tu es parfaite à mes yeux mais je trouve que tu pourrais perdre un ou deux kilos ».
Relation bizarre je vous le disais. Je me demande parfois si je ne m’accroche pas à lui par compassion. Je crois pouvoir l’aider. En tout cas, je le sens, ses parents sont reconnaissants. Ils m’apprécient beaucoup et me remercient. Ses frères et sœurs aussi. Toute la famille me dit que je fais du bien à Thomas. Il faut dire que cela fait un bon bout de temps qu’ils ne savent plus comment communiquer avec lui. Depuis longtemps, Thomas vit dans son monde de rêves et d’illusions.
Thomas est de plus en plus nerveux. Comme un enfant égaré. Perdu dans la vie et à l’école. En public, il essaie toujours de faire bonne figure. Mais ses nerfs le trahissent souvent.
Je suis triste. Autour de moi, personne ne l’apprécie. Ma sœur Catherine ne se prive pas de me le dire. Mes parents me laissent vivre ma vie mais n’en pensent pas moins, à mon avis. Même Joy, ma meilleure amie, ne l’aime guère.
Tant pis !
La vie continue. La routine. Train, école, dodo et… Thomas. Je m’éloigne de plus en plus de mon entourage, je me rapproche de plus en plus de lui. L’amour m’aveugle.
Le camp




L' année scolaire touche à sa fin. Je réussis brillamment mes examens. Après les grandes vacances, je serai donc en sixième année, la dernière des humanités. Thomas, lui, échoue une fois de plus. Il va prendre le temps des vacances pour réfléchir à son avenir. Il hésite : continuer ses humanités ou passer le jury central. Je suis inquiète pour lui. Il a déjà pris beaucoup de retard. Je pense que présenter le jury central constituerait une bonne solution.
J’ai promis à ma sœur Catherine de faire la cuisine à son camp « baladins ». Dix jours dans le sud de la Belgique, dans les Ardennes.
J’emmène Thomas. Joy, ma meilleure amie , accompagne aussi Boris, son copain du moment.
Deux couples pour faire la cuisine à une trentaine de bambins.
Au début, tout se déroule à merveille.
Mais au fil des jours, l’ambiance devient de plus en plus électrique au moment de préparer les repas. La « grande gueule » de Thomas exaspère mon amie. Il prétend connaître tout sur tout et pas seulement en matière de cuisine. La nuit aussi est une source de stress. Nous dormons à quatre dans la même chambre. Je suis mal à l’aise. Thomas est obsédé par la perspective de notre premier rapport sexuel. Il en parle souvent.
- « Je ne suis pas prête », lui dis-je. « Laisse-moi encore du temps. Je te dirai quand je le sentirai. Ne me brusque pas, s’il te plaît ».
- « Je suis sûr qu’au fond de toi, tu ne m’aimes pas. Si tu rejettes mes avances, c’est que tu n’es pas attirée par moi. Et puis, est-ce que tu as encore des sentiments pour moi ? »
Je ne lui réponds pas. Je ne sais pas !
Pour le moment, ses gestes sont respectueux, mais il multiplie les allusions. Je me sens sous pression. Il a 18 ans et a déjà vécu des relations « sérieuses » avec d’autres filles. Moi, c’est ma première grande histoire d’amour !
Nous dormons dans une maison au centre d’un village de campagne. Entourant la bâtisse, de paisibles vaches broutent l’herbe déjà jaunie par le soleil. La nature, omniprésente, invite à la sérénité. Je devrais me sentir bien, je suis en vacances ; pourtant, au fond de moi, je me sens tiraillée entre Thomas et les autres.
Thomas m’énerve de plus en plus. Je ne peux plus le supporter. Il a besoin de sa « dose ». Il désire tout le temps sortir de la maison pour s’isoler. Ma sœur Catherine me pose des questions sur son attitude. Je ne sais trop quoi répondre.
Le repas se termine. Les enfants sont en train de jouer dans la prairie voisine. Thomas me propose d’aller faire un tour. Je le suis docilement. J’en profite pour tenter une mise au point. Mais je ne contrôle plus mes émotions. Je lui balance à la figure ses quatre vérités. J’aimerais qu’il change son comportement, qu’il essaie de faire un effort jusqu’à la fin du camp. «

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