L
94 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

L'art de vieillir dans la joie !

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
94 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description


Nous apprivoisons chacun à notre manière l'inéluctable passage du temps. Loin des recettes miracles et toutes faites pour bien vieillir, Eggedine El Mestiri vous propose de prendre les chemins de traverse, ceux qui mènent à vous-même et à votre épanouissement personnel à cette étape charnière de votre vie.



Comment faire de votre retraite une période riche et pleine de projets ? Quel sens donner à ce temps disponible ? Quels nouveaux talents souhaitez-vous laisser éclore ? Vieillir est avant tout une affaire intime : c'est à chacun de cultiver son jardin intérieur pour redessiner peu à peu les contours de sa maison du bonheur.



Dans cet ouvrage, de nombreux témoignages montrent qu'il existe autant de façons de vieillir que de personnes. Exercices à l'appui, l'auteur vous aide à vivre cette période avec optimisme. Bien vieillir rime alors avec prendre du plaisir et resplendir.




  • Vieillir n'est pas une maladie !


  • Un supplément de vie pour agrandir notre maison


  • Se libérer de l'inutile pour vivre plus léger


  • Dépêche-toi de t'approcher de tes rêves !


  • Le bien-être ne diminue pas avec les années !


  • Transmettre le bon et le beau entre générations


  • Des initiatives solidaires et heureuses


  • Voilà pourquoi notre monde a besoin de ses anciens !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 juin 2016
Nombre de lectures 62
EAN13 9782212080872
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0021€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Donner plus d’années à la vie et plus de vie aux années !
Nous apprivoisons chacun à notre manière l’inéluctable passage du temps. Loin des recettes miracles et toutes faites pour bien vieillir, Ezzedine El Mestiri vous propose de prendre les chemins de traverse, ceux qui mènent à vous-même et à votre épanouissement personnel à cette étape charnière de votre vie.
Comment faire de votre retraite une période riche et pleine de projets ? Quel sens donner à ce temps disponible ? Quels nouveaux talents souhaitez-vous laisser éclore ? Vieillir est avant tout une affaire intime : c’est à chacun de cultiver son jardin intérieur pour redessiner peu à peu les contours de sa maison du bonheur.
Dans cet ouvrage, de nombreux témoignages montrent qu’il existe autant de façons de vieillir que de personnes. Exercices à l’appui, l’auteur vous aide à vivre cette période avec optimisme. Bien vieillir rime alors avec prendre du plaisir et resplendir.
Ezzedine El Mestiri est journaliste, auteur et ancien rédacteur en chef pour diverses publications.
Ezzedine El Mestiri
Préface de Thierry Janssen
L’art de vieillir dans la joie !
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Ouvrage dirigé par Anne Ghesquière, fondatrice du magazine FemininBio.com , pour mieux vivre sa vie !
Création de maquette : Hung Ho Thanh Adaptation de maquette et mise en pages : STDI
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2016 ISBN : 978-2-212-56446-4
Table des matières

Remerciements
Préface
Introduction
Chapitre 1 Vieillir n’est pas une maladie !
L’invention de la vieillesse
Une planète de cheveux blancs
France : l’espérance de vie recule
Un vieillissement mal vu !
Vivre un siècle !
Vieillir, c’est avancer dans la vie
L’âge d’or des seniors
Chapitre 2 Un supplément de vie pour agrandir notre maison
Et si l’on dessinait sa nouvelle maison du bonheur !
Continuer à monter l’escalier de la vie
Une bougie irradie sa lumière jusqu’au bout
Les années où l’on sait récolter
Vivre poétiquement sa retraite
Se libérer des mauvaises habitudes du passé…
Ce qui ne vieillit pas en nous
La vie vive quand il reste moins de temps !
Chapitre 3 Se libérer de l’inutile pour vivre plus léger
Simplifier son rapport au monde
Vieillir est une aventure
Se réconcilier avec le passé
Du positif dans la tête… la vie du bon côté
Ne jamais se plaindre car la vie est bien faite
Découvrir le trésor de ses souvenirs
Colorier le grand livre d’images de sa vie
Allégez-vous la vie, le matériel vous submerge !
Chapitre 4 Dépêche-toi de t’approcher de tes rêves !
Qu’est-ce que je me souhaite pour l’avenir ?
Sois ce que tu es et où tu es
Le temps pour faire ce que l’on aime
Les cinq saisons des anciens de mon village
Les couleurs du soleil couchant
La musique du vent dans les arbres et le bruit de la mer
La végétale attitude… Et cultiver sa nourriture
Chapitre 5 Le bien-être ne diminue pas avec les années !
Accéder à de nouvelles joies
Être heureux dans la lenteur
Vivre avec des gratifications simples
Préserver la capacité à l’émerveillement de nos jeunes années
La spiritualité, le chemin du bonheur
L’amour encore ! Et il n’y a pas d’âge !
Chapitre 6 Transmettre le bon et le beau entre générations
Le sens des autres… Se dévouer à son prochain et s’ouvrir au monde
Une belle vie est construite avec de belles relations
Comment éviter le conflit des générations
Chouchouter ses proches maintient en bonne santé
Transformer l’espace de son expérience en espérance
Diffuser les bonnes manières
Chapitre 7 Des initiatives solidaires et heureuses
Donner aux anciens l’envie de créer
Aider des jeunes démunis à retrouver foi en la vie
Un bâtiment unique pour l’école et la maison de retraite
Chapitre 8 Voilà pourquoi notre monde a besoin de ses anciens !
Les vieux ont des choses à dire au monde
Nos sages aînés à travers les cultures
Le secret des centenaires en bonne santé
Des belles images de vieilles personnes
La vraie vie consiste aussi à mourir…
Pour conclure Apprécier à chaque âge le chemin de la vie et savourer le moment présent
Bibliographie
À propos de l’auteur
À Annette Aux générations futures À mes filles, Myriam et Malika À mes petits-enfants, Tristan et Nolwenn
Remerciements
Merci à ma mère dont la philosophie de vie m’inspire chaque jour.
Merci aux personnes âgées que j’ai rencontrées et qui m’ont donné l’envie de leur ressembler.
Merci à Anne Ghesquière et Gwenaëlle Painvin qui ont défendu et soutenu ce projet et m’ont guidé et accompagné dans sa réalisation.
Préface
Lors d’un colloque de médecine anti-âge, le dirigeant d’un important groupe pharmaceutique me dit qu’il est très fier des « immenses progrès de la science qui, à terme, permettront de vaincre cette terrible maladie qu’est la vieillesse ». Je lui réponds aussitôt que je ne partage ni son enthousiasme ni sa fierté. Car, s’il est vrai que les innovations rendues possibles par la recherche scientifique font vivre un plus grand nombre de gens plus longtemps, ces « progrès » consistent le plus souvent à réparer ce qui est abîmé et, beaucoup trop rarement, à préserver ce qui maintient en bonne santé. Chercher des solutions pour lutter contre les maladies, produire des remèdes et des technologies pour pallier les manques et corriger les défauts, inciter à consommer ces innovations pour pouvoir financer la recherche de nouvelles solutions et la production d’encore plus (de toujours plus) de remèdes et de technologies. L’économie de nos sociétés industrialisées repose sur une logique sans limites. Nous nous réjouissons de pouvoir bénéficier d’un formidable « système de santé ». Il faudrait plutôt qualifier ce dernier de « système de maladies » : un système qui est en bonne santé tant qu’il y a des malades à soigner. Il n’est donc pas étonnant d’entendre un dirigeant de l’industrie du médicament parler de la vieillesse comme d’un mal à guérir. Ce genre de discours est d’autant plus facile à tenir que, dans nos sociétés habituées à une augmentation croissante du niveau de confort, les limitations, les renoncements et les désagréments liés au grand âge sont souvent vécus comme d’insupportables frustrations. Pourtant, n’en déplaise aux personnes qui s’enrichissent en proportion du nombre de malades à traiter : le phénomène du vieillissement n’est pas une pathologie et le grand âge n’est pas une maladie.
La vieillesse est un temps de la vie, une période de l’existence à laquelle, si nous avons la chance de vivre longtemps, nous serons confrontés. Cette expérience est l’opportunité de mieux comprendre ce qu’est la vie. Elle fait prendre conscience des changements et de l’impermanence qui président aux destinées du vivant. Elle enseigne la nécessité de s’adapter et de se réinventer. Car notre capacité d’adaptation aux circonstances de l’existence – notre créativité psychique et physique – est le signe de ce que nous appelons la « bonne santé ». La bonne santé n’est pas l’absence de maladie ou d’infirmité, elle est la vitalité : l’aptitude à trouver un nouvel équilibre et à maintenir notre élan de vivre dans une situation modifiée ou perturbée. Dans ce sens, les changements liés au phénomène du vieillissement sont un véritable défi, une formidable occasion de se transformer et de révéler la vitalité qui est au fond de chaque être humain.
C’est de ce défi dont nous parle le beau livre d’Ezzedine El Mestiri. Cet ouvrage est un hymne à la vie, une invitation à vivre pleinement, généreusement et joyeusement. Car la joie est l’expression de notre vitalité. Cette émotion tout à fait particulière surgit des profondeurs de l’être. Au contraire du contentement, elle n’est pas conditionnée par les circonstances de notre existence. Elle dit simplement notre connexion à la vie, notre capacité à créer et à nous adapter, notre aptitude à dire « Oui » à ce qui est. La joie reflète notre degré de bonne santé.
En lisant L’art de vieillir dans la joie ! , je me suis souvenu de plusieurs enquêtes de la psychologie positive (une discipline dédiée à l’étude scientifique des conditions qui permettent d’accéder au bonheur) qui montrent que le sentiment d’être heureux dépend à la fois de la capacité à éprouver du plaisir et de la possibilité de donner du sens aux expériences. En totale résonance avec ce que nous dit Ezzedine El Mestiri, ces enquêtes insistent sur le fait que le besoin de plaisir et le besoin de sens ne se conjuguent pas forcément aux mêmes temps. L’urgence du premier est immédiate ; celle du second accepte d’être différée. Dès lors, attribuer un sens aux expériences déplaisantes permet d’y faire face avec beaucoup plus de sérénité et d’efficacité. Cela permet même de rester heureux malgré l’adversité. Il apparaît également que plus on avance en âge, plus le besoin de trouver un sens devient prépondérant. Car, le nombre des années s’accumulant, on prend du recul et on éprouve souvent la nécessité de donner une signification au chemin déjà parcouru ; cela procure un précieux sentiment d’accomplissement. Et, de la même manière, le nombre des années qui restent à vivre diminuant, on attache généralement une plus grande valeur au temps qui passe ; de ce fait, on ressent davantage l’importance de choisir une direction pour le chemin qui peut encore être parcouru. Signification et direction définissent le sens d’une existence.
Les enquêtes de la psychologie positive confirment ce que les sages nous enseignent depuis la plus haute Antiquité : indépendamment de l’appartenance ethnique, de la culture, de la religion et des conditions socio-économiques, ce qui donne le plus de sens à la vie des êtres humains c’est leur capacité à exprimer le meilleur d’eux-mêmes, en lien avec les autres, au service de plus grand qu’eux-mêmes. Cela revient à se laisser inspirer par le « bon génie » qui est en chaque être humain – celui-là même que les anciens Grecs nommaient eudaimon – et de mener ce qu’Aristote appelait une « bonne vie » – une vie vertueuse au service de la vie en soi et autour de soi. Apprendre à connaître notre Moi – cet ego apeuré et agité qui permet d’exister – et, progressivement, ne plus le laisser occuper toute la place. Prendre le temps d’écouter le silence et de goûter la paix tout au fond de l’être – ce silence et cette paix qui étaient là avant que nous existions et qui seront encore là après que nous aurons cessé d’exister. Devenir calmes et silencieux. Ne plus tant vouloir faire et posséder. Ne plus tant chercher à exister, mais éprouver la joie d’être, tout simplement. Le processus du vieillissement n’est-il pas une invitation à dégonfler l’ego pour laisser la place à l’essence de la vie en nous – cette essence que nous partageons tous, l’essentiel que nous sommes tous : le silence et la paix ?
À travers les changements biologiques qui s’y produisent, notre corps vieillissant nous oblige à ralentir et à simplifier. Le mouvement naturel de la vie nous aide donc à retrouver la quiétude essentielle. Carl Gustav Jung décrivait l’apaisement de l’ego et le retour à l’essentiel comme un processus d’individuation où notre Moi laisse la place au Soi – non pas « notre Soi » mais « le Soi », cette dimension commune à tous les êtres vivants qui nous met en connexion avec plus grand que nous, la vie en nous et autour de nous. Vouloir continuer à accomplir toujours plus de performances, se battre pour gommer les effets du temps, nier la réalité du vieillissement à l’aide d’une médecine anti-âge, nous priveraient d’une partie absolument capitale de l’expérience humaine. Vieillir est un cadeau, la cerise sur le gâteau de l’existence, l’occasion de trouver en soi la ressource fondamentale – je devrais dire : la source – de la vie. De tels propos ne font pas l’affaire des marchands de remèdes qui nous font croire que nous devrions rester jeunes pour échapper aux affres du temps.
En refermant ce livre, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il serait tellement plus profitable pour chacun de nous de bénéficier des précieux conseils d’une médecine pro-âge – une médecine qui, tout en nous aidant à préserver le maximum de nos capacités le plus longtemps possible, valoriserait l’expérience de vieillir. Comme nous le montre si bien Ezzedine El Mestiri, nous pourrions alors accepter la vie comme elle est, avec ses phases de croissance et de décroissance, avec ses temps d’existence et de mort. Nous serions encouragés à développer davantage d’intériorité. Et, loin de nous résigner, nous comprendrions que, tant que nous sommes vivants, la vie vaut non seulement la peine d’être vécue mais, surtout, la joie d’être aimée.
Thierry Janssen
Chirurgien devenu psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques, Thierry Janssen est l’auteur de plusieurs livres consacrés à une approche globale de l ’être humain, au développement de ce que l’on appelle la « médecine intégrative » et à une vision plus spirituelle de la société ( www.thierryjanssen.com ). Il est le fondateur de l’École de la présence thérapeutique ( www.edlpt.com ).
Introduction
Et si vieillir était une bonne nouvelle ?
Écrire sur la vieillesse à l’âge de 62 ans est une gageure. Il aurait fallu peut-être attendre encore deux décennies avant d’y succomber pour avoir la juste mesure de ce qui nous attend dans ce voyage inévitable vers la fin.

“ « Qui es-tu ? demanda la chenille.
– Je ne sais pas très bien en ce moment, répondit timidement Alice ; disons que je sais qui j’étais quand je me suis levée ce matin, mais je pense que j’ai changé plusieurs fois depuis ce moment-là 1 . ”
Lewis Carroll
L’idée de cet ouvrage s’est imposée à moi lors d’une marche quotidienne dans les rues de Paris. Ce jour de printemps, je venais d’avoir 60 ans et, assis dans le jardin du Luxembourg, le temps d’une halte, j’ai réalisé que je me dirigeais vers ce pays, inconnu, appelé « la retraite », et que, dans les mois à venir, rien ne serait plus comme avant. Après un petit moment d’angoisse, je me suis confié à mon imaginaire et aux interrogations de ma petite voix intérieure : quel vieux monsieur voudrais-tu être ? Comment imagines-tu ce supplément de vie, ce cadeau qui t’est offert ? Je voyais le rocher de la mer, habité durant l’enfance, une frimousse pleine de rides, un horizon apaisé sur les vagues, un récital de poésie dans la tête, une grande écharpe caressant le cou, une main serrée pleine de tendresse… Et le sourire de mes deux filles, les rires de mes petits-enfants… La vie qui coule encore plus délicatement, lentement comme dans un film… Bref, je suis encore capable de continuer à écrire des bribes de scénario, d’imaginer des scènes à venir, de rêver d’autres idéaux tout en gardant un bel optimisme de vie… Un désir de renaître au milieu de tout ce que l’on a connu, vécu, approché... Et, surtout, ne rien confier à la consigne du temps qui passe, ne pas ranger ses souvenirs dans une cave !
Il est vrai qu’il n’existe pas de recettes pratiques et superposables pour bien vieillir. Vieillir, c’est avoir ce rendez-vous avec soi-même et préparer « cet être en nous » qui va vieillir. Me voilà donc à ce rendez-vous de découverte de soi. Sans être un spécialiste du sujet de la vieillesse, je suis intéressé… parce que je suis concerné.
Dans un monde où nous n’avons jamais vécu aussi longtemps, la question de savoir vieillir, le « bien-vieillir », n’a jamais été aussi éludée. Nous vivons de plus en plus vieux et pourtant notre société n’en continue pas moins à sacrifier au paradigme de la jeunesse. Les idées reçues sont légion, l’une des plus fréquentes étant de considérer les personnes âgées comme des êtres inaptes et diminués.
Alors, me direz-vous, vieillir, oui, mais dans quel état et pour quoi faire ? Personne ne peut nier les difficultés et les diminutions liées au grand âge. La littérature est pleine, et à juste raison, de témoignages et d’inspirations évoquant ce passage de la vie sous l’angle des contingences, des conjonctures économiques, et le décrivant comme un naufrage et un fardeau pour la solidarité nationale.
Et pourtant, vieillir n’est pas seulement ce que nous renvoie quotidiennement la résonance médiatique : des dépenses de santé en augmentation et un niveau de retraite en baisse… On ne s’intéresse malheureusement à la vieillesse qu’en termes de soins et de coûts.
Permettez-moi de porter, à travers cet ouvrage, un regard qui va à l’encontre du discours dominant sur la vieillesse. Et si vieillir était une bonne nouvelle ? Alors, comment faire de ce grand âge un moment de vie riche et passionnant ? Vieillir est un voyage intérieur qui permet de découvrir en soi de nouvelles ressources. C’est aussi garder un certain état d’esprit et une vie sociale vivante, fondée sur l’optimisme et l’attention aux autres. Vieillir, c’est cheminer en conscience et vivre avec son temps et le temps qui nous reste ; réfléchir au sens que l’on donne à sa vie afin de transformer toute la richesse de son expérience en espérance.
Le grand âge, ce supplément d’existence, est peut-être le moment de se poser des questions essentielles : qu’est-ce que je me souhaite pour l’avenir ? Comment aimerais-je vivre les nombreuses années à venir ? Puis-je trouver en moi de nouveaux talents et de nouveaux désirs ? Quelles terres m’est-il encore permis de découvrir ? C’est aussi le moment d’être plus disponible aux autres. L’être humain n’a jamais fini de grandir.
Chacun de nous a la possibilité de penser son vieillissement et d’agir à la recherche d’une tonalité positive. Oui, nous pouvons vieillir dans des conditions favorables, avec des implications heureuses sur notre bien-être et en complémentarité entre générations. Découvrir la douceur des instants qui passent, vivre des formes nouvelles de plaisir et de bonheur, mieux voir, mieux aimer…
« Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière 2 . » Comme le disait Victor Hugo, apprendre à vieillir, c’est aussi passer de la flamme à la lumière.
Les centenaires de la vallée de Vilcabamba en Équateur ont affiché une pancarte à la sortie de leur village : « Donner plus d’années à la vie et plus de vie aux années. »
Peu importe que nous vivions des années trop longues. L’essentiel est de vivre avec joie et sérénité le temps qui nous reste en lui donnant plus de vie…

1 Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles , Le Livre de Poche, 2006.
2 Victor Hugo, La légende des siècles , Le Livre de Poche, 2003.
Chapitre 1
Vieillir n’est pas une maladie !

L’invention de la vieillesse
Le monde n’a pas toujours été peuplé de personnes âgées. Certes, il y en a eu dans l’Égypte ancienne, en Grèce, à Rome ou au Moyen Âge, mais les documents dont disposent les historiens n’y font que rarement allusion.

“ « Si la jeunesse est la plus belle des fleurs, la vieillesse est le plus savoureux des fruits 1 . ”
Sophie Swetchine, écrivaine russe
Avant le XVI e siècle, les sociétés anciennes ne découpaient pas l’existence humaine en tranches de vie. Une vie commençait au travail et se terminait avec la mort. Le vieux n’était qu’un adulte âgé. Et l’aversion de ces sociétés traditionnelles pour les chiffres nous prive le plus souvent de connaître l’âge précis des individus. Au Moyen Âge par exemple, personne ne savait son âge à dix ans près 2 ! Jusqu’à l’apparition d’un âge légal pour la retraite, il n’y a pas eu de vieillesse reconnue en tant que telle. C’est à partir du XVII e siècle que des chiffres, des récits médicaux et des enquêtes sociales sont venus compléter et éclairer cette vision.
Aujourd’hui, alors que nous vivons de plus en plus vieux, le grand âge est devenu une étape décisive de la vie. Pour autant, tout le monde ne l’aborde pas de la même manière : certains y voient une fatalité, d’autres une formidable opportunité.
Une planète de cheveux blancs
Depuis le XVIII e siècle, l’espérance de vie a triplé. L’amélioration des conditions de vie a largement contribué à l’allongement de la durée de l’existence. La longévité, une des plus grandes révolutions universelles du dernier siècle, ne cesse de s’accroître. En 1750, l’espérance de vie était de 25 ans, contre 82 ans aujourd’hui (79,2 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes). Et selon les derniers chiffres 2015 de l’Insee, l’espérance de vie moyenne dès le début de la retraite s’élève à 23,1 ans pour les hommes et 27,7 ans pour les femmes. Ainsi, le vrai âge d’entrée dans la vieillesse est aujourd’hui aux environs de 85 ans.
Le XX e siècle a offert à l’humanité la longévité. En un siècle, nous avons ainsi gagné trente ans d’espérance de vie. On peut désormais croiser cinq générations dans une seule et même famille !

Bon à savoir
Un milliard, c’est le nombre des personnes de plus de 50 ans dans le monde. Les plus de 60 ans représentent aujourd’hui 11 % de la population de la planète. Ils seront 21 % en 2040. Les plus de 60 ans, 14,5 millions de personnes aujourd’hui, soit 23 % de la population française, seront 17 millions en 2020. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un enfant sur quatre nés aujourd’ hui pourra célébrer son anniversaire dans l’année 2100. Un quart des enfants nés aujourd’hui vivra centenaire.
L’espérance de vie progresse presque partout dans le monde, sauf en France en 2015. Elle dépasse aujourd’hui les 80 ans dans la plupart des pays. D’après l’OMS, dès 2020, notre planète comptera davantage de personnes âgées de plus de 60 ans que d’enfants de moins de 5 ans ! Et entre 2000 et 2050, le monde passera de 500 millions à 2 milliards de personnes de plus de 60 ans.
L’humanité prend des rides. Ce grand changement démographique n’est pas propre à la France ou à l’Europe, il concerne le monde entier. La seule certitude est que l’allongement de la vie et l’augmentation du nombre des personnes âgées influeront lourdement sur les décisions économiques et politiques de ce XXI e siècle.
France : l’espérance de vie recule
Le bilan démographique de la France publié en janvier 2016 par l’Insee indique que le nombre de décès est au plus haut depuis l’après-guerre. Ainsi, 599 000 personnes sont décédées en 2015, soit 41 000 de plus qu’en 2014. Un chiffre qui est le résultat du vieillissement de la population et de trois épisodes exceptionnels (canicule en juillet, vague de froid en octobre, épidémie de grippe en début d’année). Dans le même temps, les naissances ont diminué : 791 000 bébés sont nés, soit 19 000 de moins qu’en 2014. Autre nouvelle préoccupante : le recul de l’espérance de vie, une première depuis 1969. En France, l’espérance de vie à la naissance a diminué en 2015, de 0,3 an pour les hommes et de 0,4 an pour les femmes, pour s’établir respectivement à 78,9 ans et 85 ans.
Un vieillissement mal vu !
Il est dommageable que notre société continue à considérer le vieillissement sous l’angle de la dépendance et souvent de l’impotence. Or, dans la réalité, la vieillesse est un très bel âge de la vie. Comment éviter une stigmatisation du vieillissement qui considère que le nombre croissant de personnes âgées est un fardeau pour les générations futures ? Tous les chiffres prouvent le contraire.
Il est peut-être temps de développer une culture de la vieillesse et de nous atteler à changer le regard qui accompagne si mal aujourd’hui le vieillissement.

Bon à savoir
Contrairement à certaines idées reçues, la grande majorité des plus de 60 ans est en bonne santé. En France , seulement 8 % sont en grande perte d’autonomie ; 70 % des plus de 85 ans vivent à domicile et de manière relativement autonome. En France, sur les 17 millions de vieux , 15 millions sont en bonne santé.
Le sociologue Serge Guérin s’interroge sur la signification du secrétariat d’État chargé des Personnes âgées, toujours placé sous la coupe du ministère de la Santé : « Comme si la longévité ne relevait que du médico-social ! Au nom de quoi n’y aurait-il pas un ministère de l’Allongement de la vie et de l’Intergénération ? Un ministère de la Transition démographique 3 ? »
Nos attitudes par rapport aux personnes âgées sont souvent marquées par l’incompréhension. Les personnes âgées seraient pauvres et auraient besoin d’aide : fausse idée quand on sait que la plupart de nos aînés sont en bonne santé et apportent une contribution valable à la société. À l’inverse, nos aînés sont parfois décrits comme jouissant d’une confortable sécurité financière, disposant d’un certain pouvoir et imposant un fardeau financier aux générations futures. Ces idées fausses ne peuvent qu’exacerber le conflit entre les générations.
Il est important de repenser la vieillesse, de lui redonner sa place en tant qu’étape de mûrissement, une étape pendant laquelle l’être humain, après avoir remonté le cours de sa vie, en retient l’essentiel et devient un phare pour les générations qui viennent.
Cela passe peut-être par l’acceptation par chacun d’entre nous de sa vieillesse. Être vieux ne signifie-t-il pas que nous avons réussi à survivre à des épreuves et avons fait appel à des forces remarquables qui méritent le respect ?
Les citoyens vieillissants, loin d’être un fardeau, sont surtout des éclaireurs actifs. Nous avons besoin de nos anciens et de leur sagesse pour garder le sens de la juste mesure dans notre vie.

Bon à savoir
Le vieillissement dans une société n’ est pas vu par certains économistes comme une catastrophe économique mais plutôt un enrichissement. La longévité est un facteur de prospérité et fait augmenter le PIB. En Norvège où l’ espérance de vie atteint plus de 80 ans, le PIB par habitant est de 55 600 dollars. Au Zimbabwe, le PIB par habitant est de 500 dollars avec une espérance de vie de 37 ans !
Irène, 89 ans, ancienne professeure de français
« Vieillir, c’est aussi apprendre à être plus bienveillant à l’égard de l’autre. »
« Je n’ai pas vraiment préparé ma retraite ; je savais que j’aurais plus de temps pour voyager, visiter les expositions et fréquenter les spectacles ; de plus, investie dans des associations, je savais que je ne cesserais pas d’être active. À la retraite, on peut découvrir, ou plutôt développer des passions existantes et des activités d’émerveillement. Exemple, renouer avec des amitiés laissées en sommeil à cause des exigences de la vie, mais surtout, il y a eu, pour moi, la découverte de la grand-maternité qui fut une source de joies qui nourrissent encore mon grand âge.
Nous devons changer notre regard parfois dévalorisant sur la vieillesse à qui l’on doit, comme à tout être, reconnaissance et respect (ni moins, ni plus, car il ne faut pas tomber dans une espèce de discrimination infantilisante). En conséquence, il faut que la participation des vieux (ce mot n’est pas une injure) dans toutes les structures d’une société soit considérée comme normale. Ils apportent leur histoire et leur expérience, différentes des autres générations qui leur apprennent aussi à renouveler leur regard. Sans échange, chacun vit dans une forteresse qui épuise ses ressources.
Vieillir, c’est continuer à s’enrichir, affectivement, intellectuellement, moralement, parfois manuellement quand on en a le goût, rester ouvert à la vie, ce bien si précieux. C’est aussi apprendre à être plus indulgent, plus bienveillant à l’égard de l’autre. Garder le souvenir de ceux qui vous ont aimés pour continuer avec eux. Être autant que possible au milieu des autres, tous les autres, regarder, écouter, sentir, aider comme on peut, ne pas trop regarder en arrière. »

Vivre un siècle !
Dans Le meilleur des mondes dépeint par Aldous Huxley, il n’y a pas de vieux, chaque humain garde une apparence parfaite jusqu’à la mort. Le mythe ancestral de la jeunesse éternelle projeté dans la science-fiction nous revient aujourd’hui en force. Les gains de longévité se veulent des gains de jeunesse prolongée tandis que la vieillesse est repoussée aux confins de la marginalité.
Les cultures sont pleines de figures de grands vieillards. Le plus emblématique est Mathusalem : une figure biblique censée avoir atteint l’âge de 969 ans ! Ces patriarches bibliques sont souvent proposés comme modèles d’identification religieuse pour glorifier l’âge, gage de longévité, de fécondité et de richesse.
« Une mystique nouvelle semble venir soutenir la résurrection du vieux Mathusalem : la religion de la santé et le culte du corps, nouvelles valeurs de la société occidentale, renvoient les maladies, le vieillissement et la vieillesse au rang des injustices que la science et les technologies permettent désormais de combattre 4 », constate Jean-Pierre Bois.
Cette quête mystique se traduit aujourd’hui par une idéologie qui lutte contre l’âge et qui voudrait en gommer les signes et les effets. Elle s’exprime à travers des ouvrages, des recettes, des modes de vie, des exercices pour se maintenir jeune et lutter contre le vieillissement. Elle est devenue omniprésente dans une société marchande où tout se vend. La longévité est désormais pensée comme un mythe pour fuir la vieillesse. Des scientifiques mènent actuellement des recherches expérimentales sur l’animal pour comprendre les processus de dégradation et tenter de retarder l’heure de la mort, et – pourquoi pas – atteindre, dans un futur « biotechnologique », l’immortalité. Le mythe de Faust et la légende de la fontaine de jouvence sont plus que jamais à l’ordre du jour dans une société individualiste qui, bien que vieillissante (ou à cause de cela), idéalise le corps jeune et sain.
Aujourd’hui, les géants de la technologie financent à coups de millions de dollars les recherches les plus pointues sur la longévité dans l’espoir d’inventer des outils qui augmenteraient les ressources du corps humain. Objectif : repousser la mort le plus longtemps possible. Ces initiatives (greffes de neurones, tissus imprimés en 3D, cellules régénérées…) menées particulièrement aux États-Unis manquent cruellement de procédures de contrôle et ces nouveaux traitements sont destinés aux riches. Désirer rester jeune, freiner au maximum le vieillissement sont aujourd’hui les objectifs affichés d’une société marchande.
Et surtout, cette course scientifique nous fait croire que nous pourrions repousser toujours plus loin l’âge de la vieillesse. Certains généticiens estiment que nous serions programmés pour atteindre un âge maximum autour de 120 ans… Pour peu, il est vrai, que les conditions de vie soient favorables. Aujourd’hui déjà, les centenaires ne sont plus une rareté ; leur nombre a été multiplié par cinq au cours des vingt dernières années.
Il est temps de réhabiliter la vieillesse et de se défier de la longévité. Vieillir n’est pas que durer, c’est faire l’expérience de la durée ; vieillir, c’est transformer son rapport au monde, aux autres et à soi-même.

Quelle personne âgée êtes-vous ?
Mature : vous êtes une personne aimable qui profite bien de la vie, s’estime et se maintient active. Vous êtes spontanée sans être impulsive ; autonome et tolérante. En plus, vous regardez l’avenir avec optimisme. Parfait, vous êtes la mieux adaptée pour la retraite !
Pantouflarde : vous vous adaptez bien à la vieillesse, mais d’une façon passive et dépendante. Vous aimez les

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents