La méthode Coué
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Description


La méthode Coué invite chacun à se projeter vers la réussite par l'exercice de l'autosuggestion consciente. Conçue par un pharmacien, Émile Coué, qui rencontra d'importants succès thérapeutiques, elle fut publiée la première fois en 1905 avant d'être largement reconnue à l'étranger. En s'appuyant sur des exemples concrets, ce guide vous propose une initiation pratique à la première des méthodes comportementales, simple et efficace. Construire un projet, faire un choix ou prendre une décision, autant de situations dans lesquelles vous apprendrez à faire agir votre imagination pour éviter les pièges du scénario négatif etjouir des bienfaits de la pensée positive.



Une méthode accessible - Des outils pratiques - Des auteurs spécialistes




  • La méthode Coué et les méthodes de développement personnel


    • Qui était Emile Coué ?


    • La méthode Coué dans sa version originale


    • La mère de toutes les méthodes




  • Des forces à maîtriser


    • La force de l'imagination


    • Champions de l'autosuggestion... négative




  • La puissance de l'autosuggestion consciente


    • La force concrète de l'autosuggestion


    • Maîtriser l'autosuggestion


    • Conclusion


    • Glossaire "à la Coué"



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 mai 2016
Nombre de lectures 32
EAN13 9782212151619
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait




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La méthode Coué invite chacun à se projeter vers la réussite par l’exercice de l’autosuggestion consciente. Conçue par un pharmacien, Émile Coué, qui rencontra d’importants succès thérapeutiques, elle fut publiée la première fois en 1905 avant d’être largement reconnue à l’étranger. En s’appuyant sur des exemples concrets, ce guide vous propose une initiation pratique à la première des méthodes comportementales, simple et efficace. Construire un projet, faire un choix ou prendre une décision, autant de situations dans lesquelles vous apprendrez à faire agir votre imagination pour éviter les pièges du scénario négatif et jouir des bienfaits de la pensée positive.
Une méthode accessible
Des outils pratiques
Des auteurs spécialistes

JEAN-PIERRE MAGNES, diplômé de Sciences-Po Paris, est coach, rédacteur web et formateur. Il propose des formations en management et en communication, écrite et orale. Il est conférence speaker. Il anime un blog sur le temps : www.temps-mieux-formation.com et développe des applis audio sur www.mymentaltraining.com
LUC TEYSSIER D’ORFEUIL est coach, formateur et conférencier.Il dirige Pygmalion Communication où il propose des formations et du coaching alliant les techniques du théâtre et celles à la méthode d’autosuggestion consciente d’Émile Coué pour « mieux vivre en entreprise ». Il est aussi l’auteur des sites Internet www.methodecoue.com et www.autosuggestion.fr .
Luc Teyssier d’Orfeuil Jean-Pierre Magnes
LA MÉTHODE COUÉ
AUTOSUGGESTION CONSCIENTE
Deuxième édition
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Ouvrage réalisé sous la direction d’Isabelle Martin-Bouisset, agent éditorial isabelle.martinbouisset@cabinet-imb.fr
www.conseil-imb.fr


Mise en pages : Istria
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2011, 2016 ISBN : 978-2-212-56189-0
Dans la même collection
SOMMAIRE

Introduction
Une méthode méconnue
Un message stigmatisé et tourné en dérision
Démontrer l’actualité et la pertinence de la méthode
Partie 1 La méthode Coué et les méthodes de développement personnel
Chapitre 1 Qui était Émile Coué ?
Un pharmacien
La prescription
Les paroles
Le partage des rôles
Un partenaire des médecins…
Un promoteur de l’effet placebo
Un praticien atypique donc critiqué
Un praticien altruiste
Un homme attentif aux besoins de ses concitoyens
Un homme de réseau
Un livre comme outil de communication
Le rôle éminent des femmes dans la diffusion de la méthode
Un homme de foi
Chapitre 2 La méthode Coué dans sa version originale
Une méthode simple
Une méthode structurée, conceptuelle et pratique
Une méthode structurée autour de lois et de postulats
Une méthode fondée sur le concept d’autosuggestion consciente
Une méthode pratique sans support, sans questionnaire, à la portée de tous
Un fondement, deux postulats et quatre lois
Un fondement
Deux postulats
Les quatre lois de Coué
L’autosuggestion selon Coué
La suggestion
L’autosuggestion
La répétition
La phrase de Coué
Tous les jours (de notre vie)
À tous points de vue
Je vais de mieux en mieux
La loi de l’effort converti
La volonté est surestimée et contre-productive
Plus on veut, moins on peut
Moins on fait d’efforts, plus cela marche !
Les autres lois essentielles
Loi fondamentale
Loi de l’attention concentrée
Loi de l’émotion auxiliaire
Loi de la finalité subconsciente
Loi de l’autosuggestion
Loi de l’exemple
Loi de l’exercice
Renforcer l’efficacité des traitements médicaux
Les médecins utilisent dans leur pratique la suggestion sans le savoir
L’autosuggestion peut renforcer la confiance du patient et l’efficacité des traitements
N’essayez pas, faites-le !
L’essentiel à retenir
Chapitre 3 La mère de toutes les méthodes
La PNL, programmation neurolinguistique
Définition
Outils de la méthode
Concepts clés en écho à Coué
L’analyse transactionnelle (AT)
Définition
Outil de la méthode, les trois états du Moi
Concepts clés en écho à Coué
La communication non violente (CNV)
Définition
Concepts clés en écho à Coué
La pensée positive
Définition
Concepts clés en écho à Coué
Les approches orientées solution
Définition
Concepts clés en écho à Coué
Les thérapies comportementales et cognitives (TCC)
Définition
Concepts clés en écho à Coué
La visualisation créatrice
Définition
Concept clé en écho à Coué
Le training autogène
Définition
Concepts clés en écho à Coué
La sophrologie
Définition
Concepts clés en écho à Coué
La méthode Vittoz
Définition
Concepts clés en écho à Coué
L’essentiel à retenir
Partie 2 Des forces à maîtriser
Chapitre 4 La force de l’imagination
La planche
Imaginer l’impossible possible le rend réellement possible
Effet placebo et effet nocebo
Les trois causes possibles de l’effet placebo : la confiance, la croyance, l’émotion
L’effet nocebo
Le mécanisme du suspens
Quand j’imagine l’un, je ne peux pas imaginer l’autre
On ne peut penser qu’une seule chose à la fois
On ne peut penser deux choses contraires en même temps
Nos pensées s’ancrent en nous de manière inconsciente et puissante
Toute pensée devient réalité
Notre pensée nous trompe
Notre pensée (n’)est (qu’)une pensée
Une imagination sans limite
L’essentiel à retenir
Chapitre 5 Champions de l’autosuggestion… négative
Les messages négatifs de notre éducation
La construction du message « C’est un rêveur »
Les deux familles de messages
La suggestion renforcée par l’autorité
La répétition crée l’ancrage et renforce la programmation
La suggestion est transformée en autosuggestion négative
La solution de Coué
Nos « mots » sont nos « maux » !
Cinq idées avant de commencer
Au commencement était le verbe
La négation de la négation
L’appropriation des messages négatifs
Les phrases toutes faites de la « pensée dominante »
L’esprit critique gaulois
Les avantages de l’esprit critique sont nombreux
Les inconvénients
L’essentiel à retenir
Partie 3 La pratique de l’autosuggestion consciente
Chapitre 6 La force concrète de l’autosuggestion
« Cela me reviendra »
L’image agréable
Être acteur de son propre film
« La nuit porte conseil »
« Ça passe, ça passe »
« J’ai de la chance »
L’ouverture (dans l’action)
L’autonomie (dans la pensée)
L’optimisme (dans la suggestion)
L’adaptation (dans l’action)
« Ça va bien se passer »
« Pas encore »
« Je vais trouver une place ! »
L’essentiel à retenir
Chapitre 7 Maîtriser l’autosuggestion
Se préparer physiquement
Se mettre en condition
Utiliser la respiration ventrale et profonde
Utiliser l’état de conscience modifiée
Utiliser les outils de l’autosuggestion
Analyser la phrase de Coué
Construire une autosuggestion
S’autosuggérer par écrit
Pratiquer l’écriture créatrice positive
Écouter des autosuggestions enregistrées
Pratiquer l’autosuggestion à voix haute
Utiliser la visualisation
Utiliser la cordelette à vingt nœuds
Passer à l’action
Décider de son premier pas
Agir positivement
L’essentiel à retenir
Conclusion
Les deux fausses pistes
La vraie solution
Comprendre la nature de la pensée et l’influencer positivement
Décider de penser
Supprimer les pensées
Glossaire « à la Coué »
Bibliographie
Ouvrages d’Émile Coué
Ouvrages de référence : contemporains d’Émile Coué
Ouvrages de référence récents sur Coué
Ouvrages de psychologie humaniste héritière de la pensée d’Émile Coué
Des sites Internet
Index thématique
« Ce n’est pas la volonté qui est la première faculté de l’homme mais l’imagination. »
É. Coué
INTRODUCTION
Émile Coué est le premier coach du siècle dernier. Dans bien des domaines, Coué s’est avéré être un précurseur. Il est le premier coach moderne. Dès le début du XX e siècle, confronté à des pathologies de crise (dépression/neurasthénie, angoisse résultant de la guerre…), il « invente » un métier, une pratique, une discipline spécifiques pour répondre à des attentes, à des demandes et à des besoins non satisfaits par les médecins et les autres thérapeutes. Il prend sa place à côté du médecin, dont il reste le meilleur allié. Il souhaitait dans un élan citoyen apporter sa contribution à l’amélioration de la société. Il l’affirme dès les premières lignes de son ouvrage : « La connaissance de cette force est utile à chacun de nous, mais elle est plus particulièrement indispensable aux médecins, aux magistrats, aux avocats, aux éducateurs de la jeunesse. » Il est le premier praticien à formaliser des méthodes de coaching, parce que son approche laisse ses clients autonomes. L’autonomie du client, la relation d’échange réciproque, la confiance en la possibilité pour le client de construire « sa » solution, fondent la relation de coaching et sont également à la base de la méthode d’Émile Coué. Il est le premier coach international : il était surnommé, au États-Unis, « le marchand de bonheur ». Nous-mêmes utilisons cette approche, cette méthode et cette pratique et ce qui en découle au sein de nos interventions de formation et de coaching et même au cœur de l’entreprise. Il est le premier auteur à fournir des résultats concrets, qu’il démontre en en donnant la liste sous forme de témoignages de ses observations et qu’il publie dans son livre. Il est le premier auteur à succès dans le domaine du « développement personnel » et dans la constitution et l’utilisation d’un réseau efficace.
Une méthode méconnue
« On peut parfaitement lutter contre le trac… par exemple en utilisant la méthode Coué. J’imagine que les plus jeunes d’entre vous ne savent pas ce qu’est la méthode Coué. »
Pierre Desproges
Les termes « Coué » et « méthode Coué », parfois confondus avec le nom d’un animateur connu, déclenchent l’ironie, le sarcasme ou plus simplement un sourire amusé ou contrit. Coué est donc un mot souvent utilisé pour dénigrer, faire sourire à peu de frais et se moquer de celui qui y fait référence. La méthode apparaît comme la seule solution qui reste quand on a tout essayé et que rien n’a fonctionné : le recours ultime et désespéré !
L’expression désigne le plus souvent en France l’attitude de ceux qui, dans une situation d’échec, semblent se voiler la face, nier la réalité et cherchent à se convaincre que tout n’est pas perdu alors qu’apparemment la logique et la réalité démontrent le contraire. Voici quelques phrases trouvées dans la presse :
« Ce n’est pas en appliquant la méthode Coué que le gouvernement nous convaincra », dit un député entendant le Premier ministre parlant de croissance.
« M. Chirac a pratiqué la méthode Coué et ce n’est pas une bonne méthode pour gouverner », a dit de lui Pierre Bérégovoy.
En France, quand on dit de quelqu’un qu’il pratique la méthode Coué, on veut dire que cette personne se berce d’illusions, qu’elle cherche à tout prix à se convaincre de quelque chose en dépit de la logique, du bon sens et de la réalité.
Quand un politique ose affirmer sans sourciller, alors que le chômage continue à augmenter : « Le chômage commence à baisser significativement », certains pensent qu’il s’agit d’un exemple de méthode Coué. Ce sont ceux qui connaissent mal ou pas cette méthode.
Pratiquer la méthode Coué serait donc pratiquer la politique de l’autruche et se mentir à soi-même.

« À la Coué »

L’expression « à la Coué » a été inventée le 21 janvier 1923, dans une caricature parue dans le New York Times , pour souligner les « illusions » de la politique d’occupation de la Ruhr le 11 janvier 1923. L’expédition de la Ruhr est un moyen illusoire d’obtenir des réparations financières de l’Allemagne, première République allemande, fragile et affaiblie après l’épisode spartakiste, et un argument réel pour renforcer le nationalisme allemand… Depuis l’expression « politique à la Coué » désigne toutes les politiques illusoires, sans lendemain, sans réel fondement ou menées sans réelle conviction de la part de ceux qui les conduisent 1 …
La méthode est souvent réduite, au-delà du « bon mot » qui fait rire, à une méthode fondée sur la volonté : « quand on veut, on peut ! » proposée par un gentil docteur un peu illuminé.
Les personnes qui pensent cela commettent deux erreurs fondamentales : croire que la « volonté » est au cœur de la méthode et croire qu’il s’agit d’une approche fantaisiste.
Dans cet ouvrage, vous constaterez que la part de la volonté dans la méthode est réduite et que l’approche de Coué est pragmatique et expérimentalement démontrée.
La méthode se résume à deux objets complémentaires : un écrit présenté sous la forme d’un petit livre de référence, concret, didactique et pratique d’une cinquantaine de pages (hors exemples et propos sur l’éducation telle qu’elle devrait être) dont le titre est La Maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente . Vous pouvez trouver le texte de la méthode. Il est publié, sans interruption, depuis la première édition de l’ouvrage en 1913 (disponible sur www.methodecoue.com ) ; une formule d’autosuggestion universelle de quatorze mots : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux » que l’on peut/doit se répéter vingt fois, à haute et intelligible voix, tous les jours, matin et soir.
Un message stigmatisé et tourné en dérision
Intituler aujourd’hui un livre La Méthode Coué comme nous le faisons ici est un challenge.
Sommes-nous masochistes ? Sommes-nous simples d’esprit ? Sommes-nous idiots pour vouloir nous attacher à une méthode, à un personnage et à une pratique désuète, démodée, vieillotte et un peu « bête » pour les spécialistes de la psychologie, du comportement et des approches anglo-saxonnes formalisées, labellisées et protégées… ? Ce qui nous sauve du « ridicule », c’est la pertinence, la simplicité et la qualité de la pratique de Coué et son efficacité mesurée et mesurable.
Praticiens en formation, en accompagnement d’équipe et en coaching individuel, nous avons vérifié de manière expérimentale, avec des centaines de milliers d’heures stagiaires (nombre d’heures de formation multiplié par le nombre de stagiaires), l’efficacité de la méthode Coué dans le domaine du développement personnel et du développement des compétences dans l’entreprise.
La méthode appliquée au renforcement de l’impact personnel, à l’affirmation de son autorité, à la prise de parole, à l’acceptation du face-à-face, à la confrontation avec un public, à l’ancrage de son leadership managérial, à la motivation des personnes, se distingue d’autres méthodes par sa simplicité d’accès. De plus, l’utilisation de l’autosuggestion consciente et de l’imagination de nos clients rend superflus les protocoles, supports et questionnaires. Enfin elle renforce l’autonomie de nos clients et donne des résultats tangibles et rapides.

Quatre questions pour vous convaincre de trouver mieux ! Connaissez-vous une (autre) méthode que l’on peut résumer en une seule phrase ? Connaissez-vous une (autre) méthode accessible à tous , les jeunes comme les seniors, les particuliers comme les professionnels ? Connaissez-vous une (autre) méthode universelle et adaptée à tous les sujets, du développement personnel à la santé en passant par le « mieux vivre en entreprise », qui est l’objet de notre travail ? Connaissez-vous une (autre) méthode mettant en mouvement la personne instantanément, concrètement, parce que c’est une pratique avant d’être une méthode ?
Développer une méthode aussi simple et synthétique est donc à la fois un challenge et un vrai plaisir. Il s’agit pour nous, vous l’avez compris, de vous faire partager les principes et la pratique de la méthode Coué ainsi que les intentions de son auteur.
Démontrer l’actualité et la pertinence de la méthode
Notre intention est donc de souligner l’actualité de la méthode Coué. Cette méthode est toujours accessible à tous, efficace et gratuite…
Il s’agit d’un retour aux fondamentaux d’Émile Coué, à partir du texte lui-même, explicitant les concepts définis par l’auteur, utilisant ses exemples et citant ses aphorismes clairs et concrets. Cela suffira à remettre « au goût du jour » la méthode sans la dénaturer, parce qu’elle parle d’elle-même.
La méthode peut se résumer en trois mots : positif, possible et pratique. Le regard positif de Coué décrit son intention. En effet, il porte un regard positif sur l’humanité et sur le potentiel de chacun et a constaté dans sa pratique l’efficacité de toujours positiver. Coué prend les choses comme elles sont et ne porte pas de jugement négatif. Il veut aider, rendre autonomes ses patients, s’appuie sur ce qui fonctionne chez l’individu, ses points forts, donne de l’espoir, met en évidence ce qui est positif dans une situation. Émile Coué, par principe, refuse de parler du négatif, du passé, des causes et des responsables parce qu’il a constaté qu’il est plus efficace de s’appuyer sur le positif, de se tourner vers l’avenir et de chercher des solutions pour obtenir un résultat. Une approche qui tend vers le possible décrit la clé de l’approche. Il n’y a pas de limite à notre imaginaire ; nos rêves nous ouvrent le champ des possibles et nous projettent dans une dynamique positive. Nous pouvons faire mieux si c’est possible pour nous, c’est-à-dire si nous « l’imaginons » possible pour nous et pratiquement réalisable. La facilité d’accès à cette méthode la rend possible, au sens d’accessible, pour tous et pour tout. L’expression « Impossible n’est pas français ! » était d’ailleurs reprise régulièrement par Coué dans ses conférences. Des formules pratiques d’utilisation et faciles à mettre en œuvre décrivent la caractéristique de la méthode.
La méthode Coué est pratique, parce qu’elle est tout entière contenue dans un petit livre, parce qu’elle tient en un concept, l’autosuggestion consciente, parce qu’elle se résume en une formule : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. »
La méthode Coué est pratique parce qu’elle est facile. Facile d’accès à tous les publics, il suffit de retenir la formule d’autosuggestion.
Elle est pratique parce qu’elle est utilisable à tout moment, dans toute situation pour aller mieux, faire mieux, se sentir mieux, sans avoir besoin d’un manuel d’utilisation, d’un protocole compliqué ou de temps pour la mettre en œuvre.
Elle est pratique parce que c’est une pratique, dans le sens où il faut pratiquer tous les jours, plusieurs fois par jour, pendant toute sa vie comme la marche à pied, la décontraction ou la gymnastique.

1 . Guillemain Henri, La méthode Coué, Histoire d’une pratique de guérison , Seuil Paris, 2010.
PARTIE 1
LA MÉTHODE COUÉ ET LES MÉTHODES DE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

CHAPITRE 1
QUI ÉTAIT ÉMILE COUÉ ?
Au programme Un pharmacien Un partenaire des médecins Un promoteur de l’effet placebo Un praticien atypique donc critiqué Un praticien altruiste Un homme de réseau Un homme de foi
Un pharmacien
Sa pratique est historiquement datée et repose sur les préparations magistrales, les remèdes à l’ancienne, avant l’avènement des médicaments industriels, produits chimiques de l’industrie pharmaceutique de l’entre-deux-guerres. C’est dans le contact quotidien et répété avec les clients de sa pharmacie qu’Émile Coué a pris conscience de l’impact de son statut de pharmacien et de son attitude positive sur la guérison de ses patients. Il a observé la force de la suggestion positive, des paroles positives et de l’efficacité du placebo . L’histoire raconte que, alors qu’il ne pouvait délivrer un médicament à une personne qui n’avait pas l’ordonnance nécessaire, Émile Coué lui donna une potion de sa composition dans un petit flacon, de l’eau distillée aromatisée, avec des prescriptions très précises de posologie et en ajoutant des paroles positives suggérant des résultats rapides. Émile Coué fut lui-même surpris de voir revenir cette personne quelques jours après pour le remercier de l’efficacité du « médicament » qu’il lui avait préparé. Sa pharmacie a constitué le laboratoire de ses concepts et cet événement a renforcé ses convictions.
Les caractéristiques de la relation patient/pharmacien sont immuables. Le client est dans une posture « basse » de demande, le pharmacien est placé, à tort ou à raison, dans une posture « haute » d’autorité, dans le cadre d’une relation brève d’échange, matériel, la délivrance du médicament et affectif, le réconfort du client.
À partir d’une réflexion au contact des clients, des patients, sur la fonction du rituel de la prescription, Coué le pharmacien a identifié trois éléments déterminants pour aider ses patients : la prescription, les paroles, le partage des rôles entre médecin et pharmacien fondé sur une alliance bien comprise.
La prescription
La prescription est attendue par le patient. « Le malade, en effet, quand il va trouver son docteur, y va pour qu’on lui indique le médicament qui le guérira », précise Coué. « Les patients fuient les médecins qui ne prescrivent pas de médicaments » , ajoute-t-il.
Les paroles
Coué recommande au médecin, lorsqu’il rédige son ordonnance, de la commenter. Coué considère en effet que les paroles prononcées par le médecin au moment de la prescription sont au moins aussi importantes que les principes actifs contenus dans les médicaments eux-mêmes.
Le partage des rôles
Le médecin prescrit une ordonnance commentée et le pharmacien renforce l’efficacité de la prescription en écoutant le patient et en expliquant à son client les conditions, les précautions à prendre en insistant toujours sur les effets bénéfiques des médicaments.

Les changements de la fonction sociale du pharmacien
Types de changement
Coué (1920)
Aujourd’hui
Forme du médicament
Artisanal : Préparation magistrale par le pharmacien.
Industriel : Produit chimique uniforme et conditionné.
Fonction du pharmacien
Positiviste, humaniste : vecteur de l’efficacité thérapeutique.
Scientifique, commerçant, chef d’entreprise.
Fonction du médicament
Accessoire/efficacité relative.
Importance du régime et de l’hygiène soulignée par Coué.
Essentielle/efficacité prouvée.
Test agence du médicament.
Impact de la relation avec le patient
Déterminante.
Fonction de l’intérêt du pharmacien et du temps disponible.
Type de relation
Écoute, confiance, conseil.
Standards de qualité, gestion du risque, principe de précaution.
Un partenaire des médecins…
Coué défend la valeur thérapeutique du geste prescripteur, quelle que soit sa pertinence médicale, dont il n’est à aucun moment juge. Il va même jusqu’à écrire : « J’estime que chaque fois qu’un malade va trouver un médecin, celui-ci doit toujours lui ordonner un ou plusieurs médicaments, quand bien même ceux-ci ne seraient pas nécessaires. »
La valeur thérapeutique du geste prescripteur dépend de deux paramètres complémentaires. Tout d’abord du médecin lui-même, de son empathie, de son engagement personnel dans le geste prescripteur. Ensuite dans le choix du médicament et dans les mots qui accompagnent la délivrance de l’ordonnance. Les deux, pour Coué, sont bien sûr indissociables.
En revanche, Coué reste à sa place de pharmacien, n’élabore aucun diagnostic, peut vendre un « placebo » s’il le juge utile et ne fait jamais payer l’apprentissage de sa méthode.

L’effet placebo

« Le placebo est bien une gélule, une pastille, une pilule . »
François Roustang
Le malade est guéri avec un médicament sans principe actif
« Sublata causa tollitur effectus . » Si on enlève la cause, l’effet est supprimé. Or voici qu’un effet se produit sans cause. L’existence de l’effet a été vérifiée et la recherche de la cause résiste à toutes les recherches expérimentales.
Le malade est guéri avec un médicament sans principe actif.
La relation médecin-malade est déterminante
Le placebo rappelle la force de la relation médecin-malade, l’existence de causes psychologiques à la guérison et le caractère indissociable du corps et de l’esprit. Il n’y a pas de corps humain sans esprit et le corps a besoin de l’esprit pour exister. Les effets des psychothérapies non médicamenteuses sont dus à des mécanismes psychologiques. En prenant ce vrai « faux remède », le patient accepte de croire à l’injonction de l’autorité médicale : « Prenez ce médicament, il va vous faire du bien rapidement. » Il entre alors à l’insu de son plein gré, dans un système de croyances positives.
Un promoteur de l’effet placebo
Nous avons déjà évoqué cette histoire qui raconte qu’Émile Coué, sûr de l’impact de l’effet placebo , eut l’occasion de le vérifier avec un des clients de sa pharmacie. Celui-ci avait besoin d’un médicament qu’Émile Coué ne pouvait lui délivrer sans ordonnance. Voyant son client réellement inquiet et désireux de le satisfaire, Émile Coué lui proposa, à la place du médicament en question et sans lui dire, un flacon rempli d’eau distillée. Notre pharmacien prit le temps de lui faire une prescription très précise de la posologie à suivre scrupuleusement. Prescription du type : « deux gouttes avant chaque repas, trois avant de se coucher pendant quatre jours ». Il la termina par une suggestion positive forte : « Vous serez, très vite, beaucoup mieux. » Émile Coué fut surpris de revoir ce nouveau client une semaine après venir dans sa pharmacie pour le remercier des bénéfices et de l’efficacité de ce médicament qui, rappelons-le, ne contenait aucun principe actif.
Un praticien atypique donc critiqué
Coué était un innovateur confronté à l’ostracisme des milieux médicaux et institutionnels.
Le succès des « pilules Coué » bon marché, constituées de boulettes de mie de pain ( placebo ) remplaçant les médicaments pour tous les petits bobos de la vie quotidienne a irrité ses confrères pharmaciens ainsi que certains médecins.
Le succès de ses conférences gratuites, ouvertes au grand public et fréquentées par des centaines de personnes qui ont été soignées ou soulagées de maux habituellement pris en charge par la médecine officielle, a suscité jalousie et inquiétude dans le corps médical.
Nous comprenons pourquoi Émile Coué s’est heurté, en France, à un ostracisme médical et institutionnel. Une association de médecins a hésité à porter plainte pour exercice illégal de la médecine. Par ailleurs, la demande de reconnaissance d’utilité publique de l’Institut Coué a été rejetée en 1926, l’année du décès du pharmacien, par l’Académie de médecine parce qu’elle a considéré que la méthode Coué ne reposait pas sur le triptyque fondant la médecine expérimentale : l’examen clinique des symptômes, le diagnostic des causes et la prescription d’un traitement d’un organe spécifique à soigner.

L’avis de L’Académie de médecine (1926)

L’académie reconnaît trois mérites à la méthode : la confirmation de l’existence de la relation corps/esprit : « les rapports du moral sur le physique dans l’état de santé et de maladie » ; la puissance de la suggestion : « Il est incontestable que de l’action de l’auto et de l’hétéro suggestion peut amener des succès thérapeutiques… » ; l’importance de la relation de confiance thérapeute-patient : « donner aux malades la foi en leur guérison est le but cherché par la plupart des médecins et aussi par les thaumaturges. »
L’académie formule trois critiques pour refuser la reconnaissance d’utilité publique : Un fondement scientifique discutable : « Des connaissances trop fragmentaires, trop fragiles et trop discutées pouvant servir à des applications thérapeutiques de caractère scientifique (sur le pouvoir de la suggestion) ». En effet, pour Coué, « il n’est pas nécessaire de savoir quel organe est malade pour le guérir ». L’inconscient agit de manière globale, sans action spécifique sur chaque organe malade comme le préconise la médecine expérimentale/scientifique/rationnelle. Un non-respect de la démarche analytique recherchant les causes de la maladie, « la méthode suggestive de M. Coué procédant par affirmation impérative pour nier la maladie ». En effet, pour Coué, « il vaut mieux ne pas savoir d’où vient le mal et le faire passer que de le savoir et de le conserver ». La méthode Coué ne comporte pas de diagnostic préalable, d’examen clinique des symptômes permettant d’identifier les causes de la maladie et l’organe malade. Un risque réel de détournement de traitements médicaux : « Vouloir traiter les maladies organiques par l’autosuggestion serait exposer à des désastres… (et détourner) souvent des traitements scientifiques et rationnels des malades trop confiants et justement désireux d’une guérison rapide. » Et pourtant Coué affirme : « La pratique de l’autosuggestion ne remplace pas un traitement médical, mais c’est une aide précieuse pour le malade comme pour le médecin. » Ce troisième argument repose davantage sur des craintes que sur des fondements rationnels…
Pour les médecins de l’époque, ce qui comptait d’abord c’était le mal et la maladie. Pour Coué ce qui compte d’abord c’est le malade.

Les caractéristiques comparées de la médecine et de la méthode Coué
Caractéristiques
Pour la Médecine
Pour la Méthode Coué
Croyance par rapport à la maladie
La maladie est d’abord physique et organique.
La maladie est aussi psychique.
Fondement de la discipline
Un fondement déductif et expérimental.
Un fondement inductif et pratique.
Conception du soin
Un soin centré sur l’organe malade : un symptôme, une cause, un médicament.
Un soin centré sur le malade : une écoute, une parole, un effet.
Relation au patient
Une relation de pouvoir : le patient est dépendant de son médecin.
Une relation d’autorité dans laquelle le patient développe son autonomie.
Traitement
Un médicament et un traitement.
Un placebo et une suggestion.
Un praticien altruiste
Altruiste dans sa pratique et sa manière d’être, Émile Coué affirme ses convictions dans le supplément à son ouvrage La Maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente , intitulé « Ce que je dis » : « L’altruiste trouve sans le chercher ce que l’égoïste cherche sans le trouver » ou « Plus vous faites de bien aux autres, plus vous vous en faites à vous-même » .
Concrètement, ses conférences étaient gratuites et quand elles étaient payantes, le plus souvent à l’étranger, l’argent était reversé à des œuvres caritatives.
Cet homme a offert sa méthode et était prêt à répondre à toutes les sollicitations même écrites auxquelles il répondait toujours. D’ailleurs une méthode aussi simple et accessible à tous est sans doute le trait de ceux qui sont réellement prêts à partager leur savoir.
Le pharmacien, dans sa manière altruiste, travaillait en groupe pour partager sa pratique avec ses confrères et tous ceux qui s’intéressaient à sa méthode, d’où qu’ils viennent. Il souhaitait accueillir des groupes nombreux de patients pour en soulager un maximum à chaque fois et que le plus de personnes possibles puissent en profiter. Il a assuré plus de quatre interventions publiques par jour comportant à chaque fois, une conférence, de la pratique et des soins. En même temps il restait disponible pour répondre aux cas individuels graves des plus démunis.
Dans le même esprit et sans doute aussi par patriotisme, Émile Coué a consacré beaucoup de temps à ses concitoyens traumatisés par « l’horreur » et la violence des conséquences psychologiques du premier conflit mondial sur les combattants comme sur les populations civiles auxquelles personne n’était préparé.
Un homme attentif aux besoins de ses concitoyens
Résidant à Nancy, ville bombardée par l’aviation et l’artillerie lourde allemandes, il a été en contact avec trois types de traumatismes de la Grande Guerre. En premier lieu, l’angoisse des familles déplacées par le conflit ou des familles de soldats restées à l’arrière et toutes les pathologies engendrées par cette anxiété et ce stress. En second lieu, les traumatismes physiques du combat, et enfin, les troubles psychologiques des soldats.
Paralysies partielles, surdité, troubles du langage, insomnies chroniques, troubles digestifs, altération de la sensibilité, sinistroses ou délires, les psychologues sont partagés sur la nature de ces « traumatismes ». S’agit-il d’une lésion physique, d’un trouble psychique consécutif au choc traumatique ou d’une réactualisation d’un trouble passé ? Peu importe pour Coué : il s’agit d’abord de trouver des réponses concrètes. En s’occupant des traumatismes des « Gueules cassées », il a sans doute anticipé ce que les Américains ont redécouvert dans les années soixante pendant la guerre du Vietnam créant le concept de Post Traumatic Stress Disorder .
La force de Coué est de proposer une réponse pratique, immédiate prenant en charge la souffrance globale du patient sans re

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