La vie secrète des émotions
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Description


Tous les conseils pour cocréer avec ses émotions et trouver un équilibre



Nous sommes tous baignés d’émotions. Il nous arrive aussi de trébucher, d’être pris dans la tourmente émotionnelle, ce qui ne nous semble pas si grave puisque, une fois la tempête passée, nous nous


relevons et poursuivons notre route… Mais ces ressentis peuvent devenir pesants, voire nous « pourrir » la vie.


 


Et s’il suffi sait de reconnaître le besoin fondamental qui se cache derrière un comportement réactif pour sortir de nos boucles infernales ? Comprendre le processus, décoder le message biologique des émotions, oser plonger dedans pour mieux en sortir… C’est la proposition de la Logique émotionnelle®.


 


Grâce à une grille de lecture simple et une grammaire de l’émotion, il devient possible d’interagir avec ses ressentis. En s’appuyant sur la biologie et les neurosciences, la méthode permet de développer


son agilité émotionnelle, de faire coopérer le corps et l’esprit, de se réconcilier avec ses émotions et de gagner en qualité relationnelle.


 


 


Maître praticien PNL, Clothilde MARCIANO est également coach. Comédienne de formation, elle est consultante et formatrice en communication orale et interpersonnelle auprès des acteurs de l’entreprise et dans les grandes écoles depuis plus de vingt ans.


 


Après une activité de conseil en communication pour les entreprises, Maïté PECQUEUR crée et anime depuis près de quinze ans des stages d’intelligence émotionnelle et relationnelle pour les parents, les coachs et les managers. Elle est par ailleurs professeure de yoga.


Formées à la Logique émotionnelle® par le Dr Catherine Aimelet-Périssol, elles accompagnent les personnes sur la connaissance du processus émotionnel.


Préface de Catherine Aimelet-Périssol


Introduction


Première partie : Comprendre le fonctionnement de notre système nerveux


Chapitre 1 — Sciences et développement personnel


Chapitre 2 — Réagir : un mécanisme biologique


Chapitre 3 — Notre système nerveux


Chapitre 4 — L'émotion, au coeur de tout


Chapitre 5 — Le processus émotionnel


 


Deuxième partie : percer les secrets de votre réactivité


Chapitre 6 — À la source de nos comportements : des besoins


Chapitre 7 — J'identifie mes habitudes comportementales les plus fréquentes


Chapitre 8 — Comprendre avant de changer


 


Troisième partie : prendre les choses en main


Chapitre 9 — La voie du corps


Chapitre 10 — La voie de l'esprit 


Chapitre 11 — Être présent aux autres


Chapitre 12 — Accostage en douceur


Épilogue.


Remerciements


Bibliographie et sitographie


Annexes : Des outils pour garder le cap 


Annexe 1 — S'entrainer aux huit étpes du mécanisme émotionnel


Annexe 2 — Repères pour identifier l'émotion


Annexe 3 — Les étapes de la voie du corps


Annexe 4 — Les étapes de la voie de l'esprit


Annexe 5 — Décrypter une situation à froid


Annexe 6 — La boucle de l'émotion

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 avril 2020
Nombre de lectures 20
EAN13 9782212435085
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0600€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Tous les conseils pour cocréer avec ses émotions et trouver un équilibre
Nous sommes tous baignés d’émotions. Il nous arrive aussi de trébucher, d’être pris dans la tourmente émotionnelle, ce qui ne nous semble pas si grave puisque, une fois la tempête passée, nous nous relevons et poursuivons notre route… Mais ces ressentis peuvent devenir pesants, voire nous « pourrir » la vie.
Et s’il suffisait de reconnaître le besoin fondamental qui se cache derrière un comportement réactif pour sortir de nos boucles infernales ? Comprendre le processus, décoder le message biologique des émotions, oser plonger dedans pour mieux en sortir… C’est la proposition de la Logique émotionnelle ® .
Grâce à une grille de lecture simple et une grammaire de l’émotion, il devient possible d’interagir avec ses ressentis. En s’appuyant sur la biologie et les neurosciences, la méthode permet de développer son agilité émotionnelle, de faire coopérer le corps et l’esprit, de se réconcilier avec ses émotions et de gagner en qualité relationnelle.

Maître praticien PNL, Clothilde MARCIANO est également coach. Comédienne de formation, elle est consultante et formatrice en communication orale et interpersonnelle auprès des acteurs de l’entreprise et dans les grandes écoles depuis plus de vingt ans.
Après une activité de conseil en communication pour les entreprises, Maïté PECQUEUR crée et anime depuis près de quinze ans des stages d’intelligence émotionnelle et relationnelle pour les parents, les coachs et les managers. Elle est par ailleurs professeure de yoga.
Formées à la Logique émotionnelle ® par le Dr Catherine Aimelet-Périssol, elles accompagnent les personnes sur la connaissance du processus émotionnel.
MAÏTÉ PECQUEUR – CLOTHILDE MARCIANO
PRÉFACE DE CATHERINE AIMELET-PÉRISSOL,
DOCTEURE EN MÉDECINE ET PSYCHOTHÉRAPEUTE
LA VIE SECRÈTE DES
ÉMOTIONS
Agité ? Tendu ? Fatigué ? Enthousiaste ?
Comprendre la source cachée de nos comportements pour mieux vivre avec nos émotions
Éditions Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Ouvrage dirigé par Anne Ghesquière, fondatrice du magazine FemininBio et du podcast Métamorphose.
Illustrations p. 28 : Arcady/Shutterstock ; p. 29 (bateau et plongeur) : Huhu/Shutterstock ; p. 33 : metamorworks/Shutterstock ; cerveau p. 40 et 42 : Marish/Shutterstock ; p. 55 : EVdesing EV/Shutterstock ; p. 148 : ALaPhoto/Shutterstock
Mise en pages : Sophie Charbonnel
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Éditions Eyrolles, 2020
ISBN : 978-2-212-57366-4
SOMMAIRE
Préface de Catherine Aimelet-Périssol
Introduction
P REMIÈRE PARTIE COMPRENDRE LE FONCTIONNEMENT DE NOTRE SYSTÈME NERVEUX
Chapitre 1 – Sciences et développement personnel
Chapitre 2 – Réagir : un mécanisme biologique
Chapitre 3 – Notre système nerveux
Chapitre 4 – L’émotion, au cœur de tout
Chapitre 5 – Le processus émotionnel
D EUXIÈME PARTIE PERCER LES SECRETS DE VOTRE RÉACTIVITÉ
Chapitre 6 – À la source de nos comportements : des besoins
Chapitre 7 – J’identifie mes habitudes comportementales les plus fréquentes
Chapitre 8 – Comprendre avant de changer
T ROISIÈME PARTIE PRENDRE LES CHOSES EN MAIN
Chapitre 9 – La voie du corps
Chapitre 10 – La voie de l’esprit
Chapitre 11 – Être présent aux autres
Chapitre 12 – Accostage en douceur
Épilogue
Remerciements
Bibliographie et sitographie
A NNEXES DES OUTILS POUR GARDER LE CAP
Annexe 1 – S’entrainer aux huit étpes du mécanisme émotionnel
Annexe 2 – Repères pour identifier l’émotion
Annexe 3 – Les étapes de la voie du corps
Annexe 4 – Les étapes de la voie de l’esprit
Annexe 5 – Décrypter une situation à froid
Annexe 6 – La boucle de l’émotion
PRÉFACE
DE CATHERINE AIMELET-PÉRISSOL
L orsque Maïté Pecqueur et Clothilde Marciano m’ont sollicitée pour écrire cette préface, j’en ai éprouvé beaucoup de joie et de reconnaissance. À plusieurs titres. D’abord j’ai retrouvé chez elles l’élan qui m’habitait en écrivant, il y a près de vingt ans maintenant, Comment apprivoiser son crocodile . J’y mettais en évidence le principe fondamental du mouvement corporel de l’émotion, initial et vital, à l’origine de nos habitudes comportementales. Ensuite parce que témoigner de ce sujet me semble terriblement urgent dans notre monde de plus en plus happé par le mythe de la performance individuelle et de la satisfaction immédiate. Enfin, parce qu’elles sont devenues des amies dans l’étude et la transmission du langage émotionnel.
À l’époque où je pratiquais la médecine générale, j’ai pu réaliser le désarroi affectif de mes patients. Ils vivaient une double peine : non seulement celle de leur pathologie mais aussi celle d’un rapport anxieux à leurs émotions, le stress qui venait s’ajouter à la douleur. Médecin, je pouvais répondre par un diagnostic aux symptômes et les soulager au mieux, mais je me sentais désemparée face à leurs troubles émotionnels. Les réponses de la Faculté me semblaient être un pis-aller. C’était comme si je bâillonnais leur parole. Même en volant quelques instants pour les écouter, toute une part d’eux me demeurait incompréhensible. L’approche psychologique des émotions ne m’aidait guère. Pouvions-nous limiter la compréhension du malaise aux seuls facteurs éducatifs et parentaux ? La peur, la colère ou la tristesse n’étaient-elles que les conséquences de nos apprentissages relationnels ? N’étions-nous tous que des traumatisés de nos enfances ? Ne pouvions-nous pas comprendre la souffrance d’une façon plus précise que dans le seul modèle mimétique ?
De belles rencontres comme celle d’Henri Laborit, l’observation, l’art de l’écoute et l’étude surtout m’ont aidée à comprendre que l’émotion a rapport au langage de la vie elle-même, à la biologie. Les mots, les comportements, les croyances et autres interprétations, ce que l’on nomme la réalité psychique, peuvent être mieux compris à partir du fonctionnement neurosensoriel du système nerveux. Un choc pour moi qui avais été nourrie de l’approche interprétative analytique et d’une logique selon laquelle les facteurs extérieurs modelaient nos émotions.
Celles-ci sont un langage et elles ont leur langage. Elles veulent nous dire quelque chose de nous, individus vivant en collectivité dans un monde de matière et de sens.
Devenue thérapeute depuis près de trente ans, à l’écoute de la souffrance des personnes, je comprends que c’est l’ignorance de l’intention vivante de l’émotion qui aggrave le processus naturel de celle-ci et la transforme en stress. Les patients subissent la peur, la colère ou la tristesse tels un poids, un problème, cherchent comment s’en débarrasser, accusent les autres, l’environnement, la société ou eux-mêmes de cette souffrance et se rêvent enfin définitivement soulagés de cette pression intérieure. Bref, ils sont dans une recherche effrénée de contrôle, jusqu’à se demander de gérer leurs émotions ! Or nul ne peut échapper à sa nature corporelle et mentale. Ce n’est pas la psychologie qui peut nous libérer de cet emprisonnement, mais c’est la connaissance de l’enjeu vital qui nous anime, la reconnaissance bienveillante de notre part non consciente, car automatique, qui a son propre langage.
Nous nous pensons humains du seul fait de notre capacité à raisonner ; nous oublions que nous sommes d’abord humains par notre capacité à survivre. Cette évidence nous aveugle : nous ne voyons plus que le fruit de nos pensées et de nos productions sans oser regarder notre réalité biologique. Ou bien quand nous la regardons, c’est pour en faire une description physiologique privée de toute intention vitale. Trop loin dans un regard psychologique, trop près dans un regard scientifique. Il nous faut apprendre une voie médiane, un regard qui nous fasse toucher notre humanité jusque dans sa part… animale. C’est celle de la biologie, le langage du vivant.
Il ne s’agit plus de se contenter d’acquérir une intelligence émotionnelle. Il s’agit de réaliser que l’émotion est un processus et c’est bien lui qui est intelligent ! En d’autres termes, c’est à notre esprit, doué de formidables capacités de raisonnement, d’imagination, de créativité, d’admettre que nos émotions ont un langage et qu’elles ont une intelligence à prendre en considération si nous souhaitons être mieux dans notre peau et surtout, construire de plus saines relations avec les autres et la nature.
Il y a urgence ! La psychologie, en mettant l’accent sur la seule conscience cognitive, a favorisé un concept qui aggrave la pression émotionnelle : le stress ou la volonté de gérer ses émotions, d’éviter tout mal-être, de développer toutes nos capacités, de contrôler toute la vie, d’avoir une maîtrise totale du corps ! Cette pression nous pousse vers un futur de plus en plus coupé de notre réalité, de notre nature. De la nature. Cette coupure s’avère une catastrophe et il est bien dommage que la logique psychique conforte cette vision de l’individu. Il y a urgence à rendre à notre nature ses lettres de noblesse, à respecter le langage émotionnel avant de vouloir, coûte que coûte, se comporter autrement.
L’approche biologique de soi va à l’encontre de nos croyances culturelles, de la consommation, de l’abondance individuelle et de l’immédiateté de la satisfaction. Le mérite de cet ouvrage en est d’autant plus grand puisqu’il permet aux lectrices et lecteurs de cheminer pas à pas sur des voies nettement plus écologiques, et même éco-bio-logiques, en connaissance des véritables causes.
Au fil des pages, chacun pourra découvrir sa nature, la logique de ses émotions, sa façon d’être au monde et d’être en relation avec les autres. Il faut parfois du courage pour se voir dans un miroir. Découvrir ses habitudes d’évitement ou de lutte, ou de soumission, ou encore son avidité de plaisir peut déranger et nous éloigner d’une image de nous-même que nous aimons à conserver : celle du héros, de la victime, ou encore celle du sauveur. Difficile de ne pas attribuer aux autres la responsabilité de ses propres états d’âme ou d’humeur. Nous sommes tous concernés par ces habitudes. Notre erreur collective est de chercher à nous en affranchir plutôt que d’apprendre à vivre avec, inspirés par cet élan vital qui, par définition, échappe à notre contrôle.
Non, notre avenir ne passera pas par « avoir toujours plus » de connexion digitale, d’objets de consommation ou d’amis sur les réseaux sociaux. Notre avenir passera par plus de connexions cérébrales. Pour relever le défi des changements déjà en cours, nous devrons passer d’un modèle de contrôle à un modèle de confiance.
Pendant des années, nous avons eu la certitude que la seule connaissance psychologique et causale de nos comportements nous permettrait de créer un monde plus juste, plus responsable et plus humain. En réalité, cela nous a surtout fait développer l’individualisme et un fantasme de maîtrise et de performance. La conséquence en est une augmentation du niveau de stress, témoin de ce mécanisme : plus nous cherchons à contrôler les réactions émotionnelles et nos ressentis, plus celles-ci augmentent jusqu’à nous submerger ! Plus nous cherchons à devenir zen et tranquilles, plus nous nous sentons frustrés. Un cercle vicieux que la connaissance du processus peut nous aider à rompre.
Vivre, c’est apprendre à donner sens à ce qui est présent et existant. À commencer par soi ! Éclairer d’abord sa lanterne pour agir sainement envers soi, les autres et le monde.
À travers cet ouvrage, Maïté et Clothilde nous invitent à suivre le mouvement, joyeux et libérateur, d’une danse, d’un face-à-face corps-esprit, à l’origine de notre véritable responsabilité. Car, même s’il nous semble que nous sommes émus pour un rien, nous ne sommes jamais émus pour rien.
Catherine Aimelet-Périssol
Décembre 2019
INTRODUCTION
Nous sommes régulièrement surpris par certains comportements de notre entourage, voire par les nôtres, que nous ne comprenons pas toujours. Pourquoi Patrick ne répond-il jamais à mes messages ? Pourquoi Apolline s’énerve-t-elle alors que je fais tout pour lui faire plaisir ? Pourquoi mon enfant se met-il en colère dès que je lui adresse la parole ? Pourquoi suis-je tétanisé à l’idée de parler en réunion ? Pourquoi suis-je incapable de réagir face à une situation qui ne me convient pas ? Pourquoi reproduit-on souvent les mêmes comportements dans des situations différentes ? Autant d’interrogations récurrentes au cours des conversations amicales, familiales ou professionnelles.
Les conseils ne manquent pas : « Allège ton emploi du temps… », « Mets-toi au sport !», « Rencontre des gens ! ». Nous prenons régulièrement de bonnes résolutions : « À partir de maintenant, je vois le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide ! », « Demain, j’arrête de couper la parole ! », « Promis, après les vacances, j’arrête de crier ! », « La prochaine fois, je dis ce que je pense ! ». Mais, le moment venu… c’est plus fort que nous… nous reproduisons les mêmes comportements et rien ne change. Nous nous comparons, nous nous jugeons, nous culpabilisons, nous subissons les dommages de la sur-réactivité de notre entourage, nous parlons de comportements toxiques. Chacun semble enfermé dans ses habitudes, ses stratégies, persuadé que c’est « la » solution pour subsister face au danger, à la menace ou à l’incertitude.
Entraînés par la société de consommation, nous achetons le dernier produit à la mode. Nous nous racontons que nous avons absolument besoin du dernier smartphone pour télécharger la prochaine mise à jour et avoir plus de rapidité ou pour avoir plus de capacité de stockage et tout conserver. Certains investissent dans une voiture plus résistante et d’autres dans une voiture plus luxueuse... Nous nous isolons pour nous ressourcer, ou au contraire nous saisissons toutes les occasions de réunir nos proches pour partager un moment agréable.... Et si ce n’était que des moyens pour répondre à un besoin bien plus fondamental ?
Est-il possible de comprendre la genèse de nos comportements, leur raison d’être ? Se pourrait-il que nos habitudes comportementales entretiennent notre stress ? Nos émotions sont-elles en lien avec nos comportements ? Pourquoi la réactivité de l’autre vient-elle nous impacter ? Autant de questions auxquelles nous nous proposons de répondre. Cet ouvrage vous donne l’occasion de mieux comprendre le fonctionnement de votre système nerveux ainsi que les stratégies mises en œuvre pour maintenir un équilibre fragile, nécessaire à la vie, que l’on nomme « homéostasie ». Il vous permet également d’apprendre à mieux vous connaître, en repérant vos habitudes de comportement, de pensée et de langage. Comprendre la logique qui est à la source de nos comportements permet de développer de la bienveillance à l’égard de notre entourage et de nous-mêmes. C’est l’occasion de prendre un peu de recul sur nos émotions et, pourquoi pas, de tenter un premier petit pas pour sortir de ces automatismes qui nous empoisonnent la vie.
Tel un iceberg, nous avons une part de nous qui est visible et une autre qui est immergée. Notre partie visible est observable de l’extérieur à travers nos attitudes, nos comportements, nos paroles, nos opinions. Notre partie immergée, secrète, est notre part intime, sensible. Celle qui fait de nous des êtres uniques, construits au fil des expériences vécues et des façons dont nous nous sommes adaptés à notre environnement. Observer la partie visible ne suffit pas. Pour comprendre le processus, la genèse de nos comportements, il est utile d’aller regarder la partie plus secrète, plus archaïque.
S’appuyer sur les neurosciences, c’est revenir à la biologie des comportements. Cela permet d’être au cœur de notre fonctionnement biologique, et de mesurer combien le corps et l’esprit sont intriqués. C’est observer et faire l’expérience de ce qui se joue en nous lorsque nous nous trouvons face à une situation déstabilisante. C’est regarder autrement ce que nous avons mis en place au fil du temps. C’est aussi s’ouvrir aux nouvelles découvertes scientifiques, prendre conscience de notre forte capacité d’adaptation et du vaste champ des possibles ouvert par la plasticité cérébrale.
Nous vous proposons de cheminer à votre rythme, selon vos envies, pour comprendre, connaître et expérimenter votre processus émotionnel. Sortir de ses routines prend du temps. Aussi n’hésitez pas à faire des pauses, à tester les approches proposées, puis à reprendre votre lecture. Conscientes que la lecture d’un livre n’est qu’un début, nous vous encourageons à œuvrer au quotidien en étant attentif aux premiers signaux de déstabilisation ou d’inconfort, et en observant ce qui se joue (chez vous ou chez les autres) avant de chercher à changer. Une fois que vous aurez apprivoisé vos émotions, que vous saurez comment nourrir vos besoins autrement, il sera plus facile de lâcher vos habitudes et de retrouver du libre arbitre. Surtout, ne vous découragez pas si cela s’avère plus long que vous ne l’imaginiez car lorsqu’une route est tracée, il faut un peu de temps pour en créer de nouvelles tant notre mémoire est tenace !
Le chemin que nous vous proposons est le suivant :
1) La première partie se penchera sur les neurosciences.
Nous nous attacherons à comprendre comment fonctionne notre système nerveux. Nous parlerons réactivité et émotions, et vous présenterons la démarche de Catherine Aimelet-Périssol, docteure en médecine, psychothérapeute et spécialiste des émotions.
Vous pourrez mesurer votre connaissance du processus émotionnel au travers d’un quiz.
2) La deuxième partie vous permettra de percer les secrets de votre réactivité.
Le test proposé vous indiquera votre type de réaction favorite (fuite, lutte, repli ou captation). Nous éclairerons la notion de besoins fondamentaux et dévoilerons leurs polarités. Vous découvrirez l’intention positive des comportements, le désir qu’ils cachent et le manque qu’ils viennent combler. Nous verrons combien nos habitudes entretiennent nos ressentis, nos peurs et participent à construire notre vision du monde, à filtrer nos perceptions.
Nous développerons les deux temps du processus émotionnel (temps corporel et temps de l’esprit) et ses huit étapes (perception, sensation, réaction, besoin, désir, habitudes, ressentis, représentations).
3) La troisième partie vous incitera à prendre les choses en main.
Vous pourrez expérimenter, vous entraîner à ralentir le film de vos perceptions pour apprendre à repérer les signaux faibles de l’émotion. Distinguer vos véritables besoins derrière les solutions que vous déployez. Identifier ce que vous pouvez ajouter à ce que vous faites déjà pour retrouver votre équilibre en situation déstabilisante et nourrir vos besoins autrement que dans l’urgence, en innovant.
Vous trouverez également quelques astuces pour vous rétablir en cas d’urgence émotionnelle et garder le cap face à l’autre.
P REMIÈRE PARTIE
COMPRENDRE LE FONCTIONNEMENT DE NOTRE SYSTÈME NERVEUX
« Nous ne sommes pas seulement corps, ou seulement esprit ; nous sommes corps et esprit tout ensemble 1 . »
Les liens entre cerveau et corps, esprit et matière, conscience et système nerveux ont mis du temps à être étudiés et reconnus. En Occident, il a fallu plusieurs siècles avant que des ponts soient jetés entre anatomie, biologie, chimie, neurologie, physiologie, psychologie et psychiatrie, pour aboutir aux neurosciences d’aujourd’hui.
Ces sciences appliquées à l’étude du système nerveux sont rendues de plus en plus accessibles au grand public. Les articles et revues hors-séries consacrés à ce sujet se multiplient, les émissions de télévision sont en prime time, Internet est une mine d’informations et les neuroscientifiques publient des ouvrages de vulgarisation.
Aujourd’hui, raison et passion ne s’opposent plus. Les études scientifiques démontrent chaque jour un peu plus combien le corps (la biologie) et l’esprit (la cognition) sont intriqués.

1 George Sand, Histoire de ma vie , Le Livre de Poche, 2004.
Chapitre 1
SCIENCES ET DÉVELOPPEMENT PERSONNEL
« Le cerveau est une machine, certes complexe, dont nous n’avons pas fini de découvrir toutes les possibilités. Mais comme toute machine, il est doté d’un mode d’emploi 1 . »
Les neurosciences au fil du temps
Les neurosciences désignent les disciplines scientifiques qui étudient le système nerveux en s’appuyant sur plusieurs disciplines : la biologie, la chimie, l’anatomie, la physiologie, la neurologie, la psychologie, la psychiatrie et, plus récemment, les mathématiques et l’informatique… On y retrouve la neurobiologie (étude biologique du système nerveux), les neurosciences cognitives (lien entre système nerveux et pensée), les neurosciences médicales (neurologie et neuropsychiatrie) ainsi que les disciplines technologiques qui ac-compagnent les neurosciences comme l’imagerie cérébrale, la neuro-informatique et les neurosciences computationnelles (modélisation informatique du fonctionnement du système nerveux à partir de simulations numériques).
Cela fait fort longtemps que les avancées technologiques permettent à ces différentes disciplines de se développer et de gagner en précision. Prenons l’exemple du premier électroencéphalogramme (mesure de l’activité électrique du cerveau), mis au point en 1920 par le neurologue Hans Berger : cette avancée a été rendue possible grâce aux découvertes respectives du physicien Volta en 1776 (mise au point de la pile électrique), du médecin Galvani en 1781 (démonstration que les nerfs sont des conducteurs électriques), et du médecin physicien Von Helmholtz au XIX e siècle (mesure de la vitesse de l’influx électrique dans les nerfs). Parallèlement, d’autres chercheurs se sont attelés aux aspects plus biologiques des nerfs, tels que le physiologiste Otto Loewi, qui identifie en 1924 la nature chimique de la transmission des influx nerveux, prélude aux découvertes sur les neurotransmetteurs.
Autre exemple : dans les années 1970, la tomodensitométrie et la résonance magnétique nucléaire font leur apparition en imagerie médicale, grâce aux travaux conjoints de physiciens, radiologues, mathématiciens et médecins-chercheurs. La première technique, appelée « scanner », enregistre la trace des rayons X dans les tissus. La seconde, nommée « IRM », magnétise les tissus pour permettre de décrire la composition chimique ainsi que la nature des tissus biologiques explorés. D’abord utilisées pour affiner les diagnostics de maladie des principaux organes, ces techniques ont rapidement servi à mesurer l’activité neuronale du cerveau. Les résultats ont parfois contredit, mais le plus souvent confirmé ou fait évoluer les intuitions de nombreux chercheurs. Ces techniques ont permis d’autres avancées portant sur les neurotransmetteurs, les neurones miroirs, les neurones du repos, les réseaux neuronaux ainsi que sur les effets bénéfiques du stress et du changement pour le cerveau.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, les chercheurs en neurologie confirment que la biologie joue un rôle important dans la mise en place de nos comportements. En effet, les recherches font apparaître que la réaction du corps précède celle de la conscience d’une demi-seconde, qu’un comportement est associé à une situation déclencheuse et que l’émotion est indispensable à la prise de décision. Autres apports des neurosciences, nous savons désormais que nos perceptions sont filtrées, orientées vers certaines informations en fonction de notre vécu et de nos croyances, que la capacité d’adaptation cognitive de l’être humain passe par l’expérience corporelle et que le cerveau présente une plasticité insoupçonnée. En résumé, le corps fait partie intégrante de l’esprit et l’émotion est l’expression de la vie qui nous anime !
La Logique émotionnelle ® , une approche fondée sur les neurosciences
Tout au long de cet ouvrage, nous utiliserons l’approche de la « Logique émotionnelle ® ». Cette démarche pédagogique, qui s’appuie sur les recherches scientifiques en neurosciences, propose une grille de lecture qui intègre les dimensions biologique et psychologique du processus émotionnel. Comprendre la façon dont notre cerveau est au service du corps et de la vie nous permet d’apprivoiser nos émotions, de coopérer avec elles et de développer nos compétences émotionnelles.
Catherine Aimelet-Périssol, docteure en médecine et psychothérapeute, en est à l’origine. Persuadée que la compréhension du fonctionnement du corps la conduirait à comprendre le fonctionnement mental, elle se lance dans des études de médecine à la Pitié Salpêtrière et devient médecin généraliste. En écoutant ses patients lors des consultations, elle observe que même si le virus est déclencheur, la maladie s’inscrit dans une histoire. Elle développe alors une vision plus holistique de la personne, suit un double cursus d’homéopathie et de naturopathie à l’hôpital de Bobigny, et devient homéopathe.
Dans les années 1980, elle découvre les travaux du neurobiologiste français Henri Laborit sur le stress et les systèmes de défense, vulgarisés par le film Mon oncle d’Amérique du réalisateur Alain Resnais. Catherine Aimelet-Périssol met alors en lien biologie, comportements d’adaptation et émotions. Elle participe et se forme aux groupes Balint (groupe de formation et de recherche à partir de cas cliniques, qui distingue les compréhensions intellectuelle et émotionnelle), découvre Carl Rogers, psychologue humaniste américain, l’école de Palo Alto (fondée par Gregory Bateson, anthropologue et psychologue américain), s’intéresse à la sémantique générale, plonge dans la lecture des écrits de Freud et de Jung. En 1990, elle devient psychothérapeute.
Son premier livre, Comment apprivoiser son crocodile , paraît en 2002 aux éditions Robert Laffont. Résultat de ces années d’investigations et de pratiques, il développe la dimension biologique du processus émotionnel qui se prolonge dans la dimension psychologique. La compréhension du fonctionnement du corps a en effet conduit Catherine Aimelet-Périssol à comprendre celui du mental et les comportements apparemment irrationnels, dont le processus émotionnel est la clé. Nous vous invitons à aller découvrir la liste des neuroscientifiques qui inspirent sa réflexion sur le site Internet de la Logique émotionnelle 2 .
À la fin des années 1990, elle rencontre Sylvie Alexandre-Rochette, instructrice en art martial (Shintaïdo) et thérapeute en harmonisation posturale par le mouvement. Désireuses de transmettre leurs connaissances du processus émotionnel, elles créent en 2006 l’Institut de Logique émotionnelle, dédié à la formation de praticiens et aux stages de développement personnel. Aujourd’hui, la démarche continue d’évoluer en s’appuyant sur les derniers développements des neurosciences.
La Logique émotionnelle nous invite, grâce à une meilleure connaissance des processus biologiques à la base de nos systèmes émotionnels et comportementaux, à ralentir pour prendre du recul et mettre plus de conscience dans notre vie, à reprendre le contrôle de nos choix, à retrouver des leviers d’action et notre libre arbitre pour cesser d’être esclave de nos émotions et favoriser des relations interpersonnelles plus sereines, en un mot : plus « adultes ».

1 Pr Jean-Michel Oughourlian, Optimisez votre cerveau , Plon, 2019, p. 13.
2 https://www.logique-emotionnelle.com
Chapitre 2
RÉAGIR : UN MÉCANISME BIOLOGIQUE
« L’applaudissement, c’est jamais qu’une manifestation tout à fait instinctive du système nerveux cérébro-spinal, par laquelle le chimpanzé ou la ménagère manifestent leur joie frénétique incontrôlée, à la vue d’une banane, ou de Julio Iglesias 1 . »
Je réagis, tu réagis, il ou elle réagit…
Réagir, qu’y a-t-il de mal à cela ? Rien, bien au contraire. La réactivité est un mécanisme biologique naturel d’adaptation. Nous comprenons facilement que la fièvre est une réaction naturelle du corps pour éliminer les causes d’une infection et que ce phénomène physiologique permet au corps de se rétablir, de retrouver son homéostasie. La réactivité est inhérente à l’Homme, en relation permanente avec son environnement intérieur et extérieur !
Heureusement que Pierre a réagi en retirant sa main de la plaque de cuisson avant qu’il soit trop tard… Heureusement que Sophie a crié pour stopper Noémie alors qu’une voiture arrivait rapidement… Heureusement que Victor est resté au lit pour soigner sa grippe…
Dans notre société en perpétuelle mutation où tout va très vite, la capacité d’adaptation et de réactivité est perçue comme une qualité. Dans l’univers professionnel, un collaborateur réactif sera apprécié, surtout si ce qu’il fait est en phase avec ce qui est attendu ! Il vous est peut-être arrivé d’entendre la remarque suivante à propos d’un ami ou d’un collaborateur : « Untel est vraiment superréactif. C’est très agréable de travailler avec lui : dès qu’on lui demande quelque chose, il pose les bonnes questions et il s’y met tout de suite. Il est vraiment dynamique ! »
Mais comment réagissons-nous lorsque nous sommes confrontés aux retards récurrents d’un proche ou d’un collaborateur sur un dossier, en réunion ou lors d’un rendez-vous client ? Que pensons-nous d’une personne qui ne donne jamais son avis, ne répond pas à nos sollicitations, se dérobe dès qu’il faut prendre une décision ou argumente systématiquement, s’énerve chaque fois que nous lui demandons quelque chose ? Il peut nous arriver d’entendre dire de quelqu’un : « Mais qu’est-ce qu’elle a aujourd’hui, dès que je lui dis quelque chose, elle se met à pleurer ! » Ou encore : « Qu’est-ce qu’il est réactif ! On ne peut rien lui demander. Il se met aussitôt à crier et la dernière fois, il est parti en claquant la porte. Il est vraiment épuisant. »
Dans une même situation, chacun réagit à sa façon : rien d’anormal à cela, puisque chacun réagit en fonction de ses expériences passées et des solutions efficaces et satisfaisantes mémorisées. Confrontés à une fièvre de 38 °C, certains vont l’ignorer, d’autres prendre un médicament pour la maîtriser, d’autres enfin se mettre sous la couette et attendre que cela passe ! Alors qu’une réactivité d’enthousiasme est presque toujours appréciée, réagir de manière défensive est souvent mal perçu, mal vécu et peut porter préjudice à l’image de soi, aux relations et à la santé. Sauf quand il s’agit de sauver sa peau ! Contrairement aux apparences, quelles que soient nos réactions, toutes répondent à la même finalité : conserver son intégrité, préserver sa structure corporelle !
Côté dictionnaire, réagir c’est « avoir une action qui contrebalance une agression extérieure, s’opposer activement à l’action de quelque chose, résister à une menace, un danger 2 ». Jusque-là, tout va bien : il s’agit finalement de s’adapter à son environnement pour poursuivre sa route. Au sens biologique du terme, il s’agit de retrouver son équilibre, son homéostasie. Réagir est alors signe de bonne santé, de vitalité. Ces différentes réactions ont permis à Pierre, Sophie et Victor de s’adapter face à un danger ou une menace dans un mouvement de vie.
Et que faisons-nous quand il n’y a ni danger, ni menace imminente ? Nous réagissons aussi : Philippine a sauté de joie en voyant ses résultats du bac. Nathalie, nouvellement promue, est partie en vacances détendue. Max n’est plus le même depuis qu’il a sa nouvelle voiture. Paul a célébré son départ à la retraite. Ici, l’événement est perçu comme une opportunité. Il n’est pas question d’éviter pour se protéger, de lutter pour faire face à un danger ou une menace. Il s’agit de s’élancer pétillant, plein d’enthousiasme, vers la nouveauté, source de satisfaction. Vous l’avez compris : la réactivité est un système qui entretient la vie ! Cela ne veut pas dire que toute réactivité est acceptable d’un point de vue moral, relationnel ou social. Cela veut simplement dire qu’elle est salutaire à un moment donné et qu’elle répond à une exigence non consciente et urgente de survie.
Que ce soit en criant, en claquant la porte ou en s’arrêtant brutalement, le même mécanisme est en jeu : sauver sa peau, la face, son intégrité. Vous pouvez remercier votre réactivité et vous réconcilier avec elle !
Avant la réaction : l’information
Avant d’agir, notre système nerveux est informé, ce qui lui permet de répondre par une action appropriée à l’information reçue. Nous utilisons notre cerveau pour être en mesure d’agir et d’interagir avec notre environnement. L’information peut emprunter deux voies différentes. Cependant, « son rôle premier consiste à intégrer l’état de plaisir, disons de “bien-être”, de la société cellulaire à laquelle il appartient, autrement dit l’organisme. Le “ medial forebrain bundle ” (MFB), le faisceau de la récompense, a été mis en évidence par Olds et Milner au début des années 1950. Il existe également un faisceau de la punition, le “ peri ventricular system ” (PVS). Ces deux faisceaux réunissent les régions hypothalamique, limbique et corticale de notre cerveau. Ils donnent à l’ensemble cérébral les moyens d’assouvir les pulsions instinctives et d’éviter les expériences désagréables ou dangereuses 3 ». Au début des années 1970, Henri Laborit met en évidence le système inhibiteur de l’action (SIA) à partir d’expériences avec des rongeurs. En résumé, si l’animal ne peut ni fuir ni interagir, il y a inhibition de l’action et il se replie.
Dans la vie de tous les jours, si l’événement, la situation, la relation est perçue comme bénéfique, satisfaisante, agréable, l’information suivra le circuit de la satisfaction (faisceau de la récompense). Lorsque Philippine a sauté de joie en voyant ses résultats du bac, l’information est parvenue par ce canal. En revanche, si l’événement, la situation, la relation est perçue comme inconfortable, désagréable, frustrante, l’information suivra le circuit de la frustration (faisceau de la punition). Lorsque Pierre a réagi en retirant sa main de la plaque de cuisson, il s’est éloigné de la source de chaleur. Sophie, en criant, ne pouvant échapper à la situation, a fait face au danger. Leurs réactions ont permis d’éviter le pire, elles sont donc reconnues comme satisfaisantes par le cerveau. Laurent, lui, n’a pas eu le choix : il a dû se soumettre à la demande de son manager et reprendre les dossiers de son collègue Victor en arrêt maladie.


Les deux canaux d’information corporelle

LA DÉCOUVERTE FORTUITE DU CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE

« Une des découvertes les plus surprenantes réalisées sur le cerveau, dans les années 1950, est celle de l’existence d’un système hédonique dont les “ centres du plaisir ” sont répartis en différents endroits du système limbique.
En 1952, James Olds, chercheur en psychologie, travaillait dans le cadre d’une recherche de doctorat, auprès de Milner, professeur à l’université McGill à Montréal. Ce dernier était spécialisé dans l’étude des fonctions du cerveau qu’il explorait à l’aide d’électrodes implantées dans différentes zones. La recherche d’Olds consistait à vérifier si l’excitation d’un centre impliqué dans la vigilance, et situé en arrière de l’hypothalamus, pouvait amener un rat à éviter certains coins d’un enclos.
Cela semblait être le cas pour tous les rats testés sauf un qui, au lieu de s’éloigner de ces endroits, y revenait systématiquement après chaque choc. Olds, croyant qu’il s’agissait d’un animal moins sensible que les autres, se mit à augmenter les décharges électriques. Mais, plus les chocs étaient intenses et plus le rat revenait rapidement à l’endroit où ils étaient administrés, pour en recevoir un autre, plus intense encore. Il fallait se rendre à l’évidence, le rat semblait rechercher systématiquement la stimulation électrique au lieu de l’éviter.
Après dissection du cerveau de l’animal, Olds s’aperçut que l’électrode avait été implantée, par erreur, à côté de l’endroit où elle aurait dû se trouver, provoquant, suite à la stimulation, une réaction inattendue de “ plaisir ” .
Le chercheur systématisa alors l’expérience. Il plaça les rats dans des cages où ils pouvaient s’autostimuler en appuyant eux-mêmes sur un levier qui commandait la distribution des chocs. Les résultats furent stupéfiants. Très vite, les rats atteignirent des scores jamais atteints auparavant, quelle que soit la récompense. Si le sommeil devenait nécessaire, ils s’assoupissaient quelques instants pour reprendre aussitôt leur activité d’autostimulation. Ils préféraient même se priver de manger plutôt que d’abandonner le levier 4 . »
Sur-réagir, c’est garantir la satisfaction de la réaction !
Surréagir, c’est réagir par anticipation, dans l’espoir d’éviter d’être éprouvé par ce qui peut nous arriver. C’est réagir trop, trop souvent, trop longtemps à ce que nous voyons, entendons, ressentons. Tout est prétexte à… « sur-réagir » ! Un regard, un geste, une phrase… de trop : « Tu as encore oublié le pain ! », « C’est toujours comme ça avec toi ! », un mot déplaisant : « Tu as l’air fatigué ! », « Tu es trop nul(le)… ». Selon le dictionnaire Larousse, surréagir, c’est « avoir des réactions disproportionnées, réagir de manière excessive ». Dans cet ouvrage, nous avons fait le choix d’utiliser les graphies « sur-réagir » et « sur-réactivité » pour mettre en valeur le côté excessif et répétitif de la réaction, qui bien souvent nous dérange. Pourquoi avons-nous sur-réagi face à un événement ou une parole a priori sans conséquences ? Pourquoi avons-nous perdu le sens de la mesure, dit des mots qui ont dépassé notre pensée, eu un geste déplacé ou violent ? « Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai proféré des injures incroyables… je suis pourtant une personne mesurée. » « Cela a été plus fort que moi, je me suis levé et j’ai quitté la table… » « Chaque fois que je regarde une comédie sentimentale, les larmes me montent aux yeux quand les protagonistes s’embrassent… Pourquoi ? »
Si comprendre notre sur-réactivité est complexe, comprendre celle des autres est digne de l’énigme du Sphinx, aux portes de Thèbes, dans la mythologie grecque ! « Elle était tellement heureuse qu’elle m’a sauté dans les bras et m’a embrassée, alors qu’on se connaît à peine. Étrange, non ?! » « Mon mari me fait sursauter chaque fois qu’il s’exprime, il ne sait pas parler sans crier, c’est insupportable ! » « Nous avions pris rendez-vous pour dîner au restaurant, histoire de discuter et régler certains problèmes pratiques. Il a passé toute la soirée à regarder son téléphone et répondre à des messages… C’est dingue, non ?! » « Théo me demande de l’aide et quand je lui dis quoi faire, il s’énerve et me crie dessus… » « Je ne comprends pas toujours ma femme. Certains de ses comportements m’exaspèrent… Pourtant je l’aime… » « J’ai beau chercher, je ne comprends pas pourquoi Lucas ne dit jamais ce qu’il pense. Il répond toujours à mes questions par une question, fait un trait d’humour ou change de sujet… C’est exaspérant. » « Travailler avec lui est un supplice, il passe son temps à tout dénigrer : les projets, les personnes, tout… »
Souvent, nous nous contentons de subir la sur-réactivité de l’autre et préférons nous taire, surtout s’il s’agit de notre manager. Parfois, nous nous agitons ou quittons la pièce. Nous pouvons également faire face, argumenter. Pourquoi s’énerver, râler, crier, pleurer, trembler, bouder, ruminer ? Comprendre serait salutaire, car nous sommes fréquemment impactés par ces débordements. Nous avons beau nous dire : « C’est idiot, ça ne sert à rien... », « Que d’énergie dépensée ! », « Cela m’épuise », « La prochaine fois, je ferai autrement… », ça recommence… et nous ne comprenons toujours pas pourquoi ! En réunion ou en famille, nous osons parfois murmurer « Qu’a-t-il/elle donc à prouver ? », nous pensons qu’il n’y a aucun enjeu, et pourtant… Nos réactions ont une raison.
Quand crier, mépriser, ridiculiser est devenu une habitude... Quand l’humour est une seconde nature et la vie en solitaire, déconnectée des autres, un refuge... Quand nous sommes trop directifs, contrôlons tout, multiplions les règles et les procédures... Quand nous manquons d’autorité, abandonnons rapidement notre point de vue, nous taisons, alors qu’à l’intérieur nous bouillonnons, ou encore, quand nous sommes laxistes, fatalistes, trop dévoués, que nous nous sacrifions pour les autres... Il devient indispensable de transformer le « Pourquoi ? » en « Pour quoi ? ».
Tout est une question d’équilibre
Notre organisme réagit continuellement. Il passe son temps à s’autoréguler grâce à différents systèmes, à la fois autonomes et interdépendants, qui interagissent un peu à la manière d’une télécommande : rapidement et sans grand effort, par le biais d’un signal. Ces échanges d’informations servent à maintenir la stabilité et la croissance de la structure de notre être. « La structure représente l’ensemble des relations existant entre les éléments d’un ensemble. Le cerveau intègre l’état de bien-être ou de mal-être de l’ensemble cellulaire que constitue l’organisme, tandis que les organes des sens renseignent sur l’environnement 5 . » Le cerveau est capable, à partir de ces deux sources d’information, interne et externe, d’agir sur ce même environnement de façon à en maintenir les caractéristiques physicochimiques favorables à son bien-être.
À la fin du XIX e siècle, le médecin et physiologiste Claude Bernard parlait de « constante du milieu intérieur » pour désigner l’équilibre du milieu liquide dans lequel baignent toutes nos cellules, et signalait que la constance du milieu intérieur est la condition nécessaire à une vie libre et indépendante.
Dans les années 1930, le physiologiste américain Walter Bradford Cannon a nommé cet équilibre l’homéostasie. Il s’agit de « l’aptitude de l’organisme à maintenir ou à ramener les différentes constantes physiologiques à des degrés ne s’écartant pas de la normale 6 ». Henri Laborit ajoute que l’homéostasie coïncide avec un état de bien-être, ou le principe de plaisir, selon la terminologie freudienne.
Pour le neurologue et universitaire Antonio Damasio, « tout organisme vivant nourrit un désir non réfléchi et involontaire de persister et d’avancer vers l’avenir contre vents et marées. Persister en est la forme non consciente, le contrôle physiologique basique préalable au développement de l’esprit. C’est sa forme homéostatique. Avancer vers l’avenir en est la forme évolutive. Issue de l’esprit qui intègre la gestion de l’énergie pour réparer, défendre, croître. Il s’agit de sa forme homéo-dynamique 7 ».
Ce procédé d’homéostasie, nous le retrouvons dans la vie de tous les jours. Par exemple, lorsque nous trébuchons, notre corps, le plus souvent, retrouve son équilibre très rapidement et très naturellement, sans que nous ayons besoin de réfléchir. Nous avons évité la chute et, soulagés, nous soufflons, sourions ou nous nous exclamons.
De façon plus globale, lorsqu’un événement réel ou imaginaire, interne ou externe, vient perturber notre équilibre et stimuler notre système nerveux, nous ne pouvons que réagir pour retrouver l’équilibre perdu. Le processus intérieur enclenche une action observable de l’extérieur. Cette réaction est la partie visible de tout un processus qui s’exécute extrêmement rapidement, de façon non consciente, dans l’urgence du maintien des constantes de notre structure, de notre survie. L’équilibre étant possible grâce au mouvement perpétuel, l’homéostasie se réalise par un double mouvement : l’homéostatique, qui consiste à conserver la structure, et l’homéodynamique, qui consiste à favoriser la croissance. Ce programme de conservation/croissance est inscrit au cœur même de la cellule.


L’homéostasie
Explorer la partie immergée de l’iceberg
Si nous voulons retrouver la juste mesure, il nous faut commencer par regarder à quoi nous servent nos actions. Si elles étaient inutiles, nous serions moins attachés à nos habitudes, nous arrêterions de faire ce qui finit par nous fatiguer.
Remonter à la source de nos comportements peut changer bien des choses. Nos habitudes, nos stratégies, même si elles sont pesantes, coûteuses, ne sont pas là pour rien. Elles cherchent à satisfaire des besoins fondamentaux, qui sont la pierre angulaire du processus émotionnel, et donc de nos comportements. Telle la partie immergée de l’iceberg, ils sont invisibles, et nous devons plonger en nous-mêmes pour observer comment notre corps nous informe de nos besoins en déséquilibre. Les identifier permet d’éviter le naufrage !


Les deux espaces du processus émotionnel
Ce que nous avons mis en place au fil du temps, les histoires que nous nous racontons, les croyances que nous ne cessons de vérifier, sont des solutions pour « nourrir » nos besoins avant que la faim se manifeste. Nous pensons ainsi éviter de ressentir à nouveau le manque, la sensation éprouvante d’une perte de vitalité. Chacun de nos comportements est en quelque sorte une ode à la vie !

1 Pierre Desproges.
2 Larousse.
3 Henri Laborit, La Légende des comportements , Flammarion, 1994, p. 52. Toutes les citations d’Henri Laborit sont extraites de cet ouvrage.
4 Extrait de Jo Godefroid, Psychologie. Science humaine et science cognitive , De Boeck université, coll. « Ouvertures psychologiques », 2008, p. 239.
5 Henri Laborit, op. cit. , p. 39.
6 Centre national de ressources textuelles et lexicales.
7 Antonio Damasio, L’Ordre étrange des choses , Odile Jacob, 2017.
Chapitre 3
NOTRE SYSTÈME NERVEUX
« Finalement la seule raison d’être d’un être, c’est d’être, et fournir l’énergie indispensable aux fonctions de chaque niveau d’organisation est un autre moyen d’y parvenir 1 . »
Le veilleur de cet équilibre fragile
Quelle que soit la situation, c’est d’abord notre cerveau primordial, le tronc cérébral, qui est aux commandes. Henri Laborit nous l’annonce dans le film d’Alain Resnais Mon oncle d’Amérique : « Un cerveau n’est fait que pour agir ! » Et il agit pour préserver ce bien précieux qu’est la vie, et nous permettre d’évoluer : il est au service de notre structure corporelle.
En 1967, le tronc cérébral fut baptisé le « crocodile » par le journaliste essayiste anglo-hongrois Arthur Koestler, en référence au cerveau reptilien de la théorie des trois cerveaux, avancée dans les années 1950 par le neuroscientifique et psychiatre américain Paul D. MacLean. Aujourd’hui, le neurologue français Lionel Naccache, chercheur en sciences cognitives, le nomme le « cerveau corps ».
L’objectif du tronc cérébral, lui, n’a pas changé. Il est clair, précis : venir pallier la perturbation, la perte, et rétablir l’équilibre vital, l’homéostasie. Ainsi, il vient satisfaire un besoin incontournable pour vivre et continuer à aller de l’avant. Depuis, bien des chercheurs en neurosciences ont confirmé que le « crocodile » impulse nos choix, nos décisions avant que n’apparaisse, 300 millisecondes plus tard, un début de conscience.

LA THÉORIE DE PAUL D. MACLEAN

Dans les années 1950, Paul D. MacLean développe la théorie des trois cerveaux : une superposition de trois cerveaux en un seul, d’où émerge l’idée du cerveau triunique. Cette représentation hiérarchisée du cerveau, issue de la théorie de l’évolution des espèces, distingue un cerveau reptilien (le tronc cérébral), un cerveau paléomammalien (le cerveau limbique) et un cerveau humain, néomammalien (le néocortex).
Aujourd’hui, les représentations sur le cerveau ont évolué. L’idée de trois cerveaux « superposés » et cohabitant semble dépassée. Dans le hors-série n° 14 de la revue Sciences humaines (décembre 2011), le sociologue J. F. Dortier explique que cette théorie « ne correspond plus ni aux données de la neuroanatomie du cerveau, ni à la théorie de l’évolution. […] il ne faut pas chercher une structure nouvelle, mais plutôt un mode d’organisation particulier ». Les explorations par imageries médicales montrent que différentes zones du cerveau peuvent être activées en même temps. Cette théorie simple a toutefois permis une première étape dans l’accessibilité de la connaissance du cerveau.
De façon imagée, le journaliste essayiste Arthur Koestler écrit : « Pour parler allégoriquement de ces trois cerveaux dans le cerveau, on peut imaginer que le psychiatre qui fait étendre son patient lui demande de partager le divan avec un cheval et un crocodile 2 . » Henri Laborit utilisa cette théorie pour étudier les comportements et les pathologies liées au stress, ce qui l’amena à parler de la biologie des comportements. Il évoqua trois niveaux d’organisation du système nerveux qui révèlent comment un individu reçoit des informations du milieu dans lequel il évolue et comment, après les avoir analysées, il agit sur ce milieu.
En 2002, Catherine Aimelet-Périssol reprend l’image du crocodile pour illustrer le cerveau primordial et donne à son premier livre le titre : Comment apprivoiser son crocodile.
À la base de nos comportements, un système nerveux complexe et puissant


Notre système nerveux
Notre système nerveux est constitué d’une ligne centrale desservie par de nombreux embranchements qui parcourent tout notre corps. Cette ligne, au centre, est la moelle épinière, protégée par notre colonne vertébrale. Elle démarre au niveau des dernières vertèbres lombaires pour arriver jusqu’en haut du crâne et desservir l’ensemble des parties du cerveau : tronc cérébral, cervelet et néocortex. Les embranchements, ce sont les nerfs et ils sont nombreux ! Certains font des allers et retours entre la moelle épinière et nos organes des sens, d’autres avec la peau, les articulations et les muscles, d’autres encore passent par le tronc cérébral. Il y en a même dans notre ventre ! Les nerfs crâniens qui tapissent notre cortex (centre de la réflexion) prennent naissance dans le tronc cérébral (centre de régulation).
Donc, avant d’accéder au cortex, les informations provenant de nos sens passent par le tronc cérébral. Cette partie très archaïque du cerveau est encore appelée aujourd’hui cerveau reptilien – ou « crocodile », comme nous l’évoquions plus haut. Et c’est lui qui va prendre les commandes si les informations issues des autres nerfs véhiculent un message alarmant pour l’équilibre du corps, de la structure corporelle.
Le crocodile, accolé à notre mémoire
Dans une situation particulière, lorsque notre « crocodile » (cerveau archaïque) est informé d’un danger ou d’une menace par une sensation désagréable, il réagit de façon à conserver notre structure, l’intégrité de notre être : nous sommes sur la défensive, agités, tendus, mous. Lorsqu’il est informé d’une opportunité de croissance 3 par une sensation agréable, il réagit de façon à déployer notre être : nous devenons détendus, ouverts, curieux, enthousiastes.
Cette réactivité d’origine nerveuse permet de retrouver rapidement un équilibre selon le principe de l’homéostasie qui est à la base de notre système de survie. C’est ainsi que s’exprime la double mission du système nerveux et du principe de l’homéostasie : préservation (principe homéostatique) et croissance (principe homéodynamique). Au quotidien, nous oscillons entre instinct de conservation et instinct de croissance.
Compte tenu du nombre très important d’informations que notre cerveau reçoit continuellement, il lui est particulièrement utile qu’il se souvienne de ce qui favorise notre épanouissement et ce qui porte atteinte à notre bon fonctionnement. C’est pourquoi plus un stimulus se manifeste de façon intense ou fréquente, plus la réaction efficace est vérifiée, plus elle s’inscrit dans les circuits neuronaux. Le comportement devient alors une habitude, une stratégie récurrente, voire un comportement conditionné. Nous parlons dans ce cas de mise en place « d’autoroutes neuronales ». Telles des voies rapides sécurisantes, elles sont empruntées par notre cerveau sans réfléchir pour agir de façon efficace et ainsi rester disponible à ce qui peut advenir de nouveau.

1 Henri Laborit, op. cit ., p. 39.
2 Arthur Koestler, Le Cheval dans la locomotive : le paradoxe humain , Les Belles Lettres.
3 Voir le schéma « Les canaux d’information », p. 23 de cet ouvrage.
Chapitre 4
L’ÉMOTION, AU CŒUR DE TOUT
« Les émotions sont le trait d’union entre le corps et l’esprit 1 . »
Flux et reflux
Lorsque nous parlons de nos émotions, le vocabulaire est proche de celui des tempêtes maritimes : nous nous sentons submergés, puis elles s’estompent et réapparaissent tels le flux et le reflux des vagues… De même que les vagues, l’émotion est un mouvement incessant. Parfois presque invisible, nous la croyons absente. Parfois stimulante, nous pouvons nous laisser porter par son courant et entreprendre. Parfois explosive, déferlante, elle fait irruption tel un tsunami envahissant tout notre être. Pris dans la tourmente, nous cherchons à nous sauver coûte que coûte… Nous nous agitons intérieurement, prenons nos jambes à notre cou pour échapper au danger, nous luttons pour résister face à la tourmente. Si nous ne pouvons ni fuir, ni résister, fatigués par nos efforts, nous laissons tomber toute tentative, il ne nous reste qu’à subir en attendant que cela passe.
Connaissez-vous la gravure de la vague de Hokusai 2 et l’avez-vous déjà regardée attentivement ? La vague peut être interprétée de différentes manières : certains la trouveront menaçante et porteuse de chaos, d’autres protectrice. Pris dans la tourmente, nous pouvons résister – au risque de nous épuiser –, ou nous laisser porter, restant souple. Suivre le courant reste le plus sûr moyen de remonter à la surface. Prenez le temps d’observer cette gravure et de bien la détailler : vous pourrez voir trois barques qui ne semblent pas prises dans la tourmente. La vague peut même sembler enveloppante, servant de rempart contre les intempéries…
Il en est de même pour l’émotion : protectrice, lorsque nous prenons le temps de nous laisser informer par ce signal de déséquilibre afin d’ajuster notre réaction, d’agir en conscience, de nous adapter au mieux et de continuer à avancer. menaçante, dangereuse, lorsque nous n’entendons pas le signal d’alarme et agissons de manière conditionnée, renforçant notre système de défense pour résister jusqu’à finir submergé, épuisé.
La marée émotionnelle


Flux et reflux de l’émotion
La partie basse représente les turbulences sous-marines sous-jacentes aux vagues qui se succèdent. Lorsque nous détaillerons la grille de lecture de la Logique émotionnelle, vous retrouverez ce schéma sous la forme d’une boucle dessinée en hauteur. Une façon d’aller dans le sens de notre posture verticale.
L’émotion, un mouvement entre corps et esprit
Le mot « émotion » vient du verbe latin e-movere qui signifie « mouvoir », et du préfixe « e » qui indique « un mouvement vers l’extérieur ». L’émotion nous prépare, voire nous pousse à agir.
En 1690, le Dictionnaire de Furetière, l’un des premiers dictionnaires de la langue française, nous donne joliment à entendre l’importance du corps sans ignorer l’esprit :
« ESMOTION : Mouvement extraordinaire qui agite le corps ou l’esprit, et qui trouble le tempérament ou l’assiette. La fièvre commence et finit par une petite émotion du pouls. Quand on a fait quelque exercice violent, on sent de l’émotion dans le corps. Un amant sent de l’émotion à la vue de sa maîtresse, un brave à la vue de son ennemi. »
Bien que très ancienne, cette définition donne à voir l’émotion comme un mouvement, évoquant l’aspect subit, le changement d’un état initial face à un événement. Elle intègre l’environnement interne et l’environnement externe. Elle prend en compte le corps (la dimension physiologique), l’esprit (la dimension psychologique) et nos actions (la dimension comportementale). Autant d’éléments aujourd’hui repris et étudiés par les différentes branches des neurosciences.
Pour Antonio Damasio, l’émotion serait même à la source de nos cultures et de nos sociétés. Henri Laborit fut l’un des premiers à parler de la biologie des comportements. Il définit l’émotion comme « un mouvement corporel, neurobiologique, immédiat d’adaptation, lié à la perte de l’homéostasie (une modification transitoire de l’état de l’organisme) déclenché par un événement précis (dont les causes sont spécifiques) ». De façon instinctive, non consciente, « le système nerveux primitif réagit de façon à maintenir sa structure, la survie ». La mémoire de ce système est à court terme. Il parle également d’un mouvement qui s’étend dans le temps, mettant « en place une organisation nerveuse plus complexe liée au système limbique, aussi appelé le “cerveau de l’affectivité” ». Ici intervient la mémoire à long terme.
Au travers de cette définition, nous distinguons deux temps.
Un premier temps, « le temps corporel », correspond aux échanges d’informations dans notre espace corporel. Ultrarapide, inscrit dans l’instant, il concerne le temps réactif d’adaptation au présent. C’est le côté « Sauve qui peut la vie ! » ou « C’est plus fort que moi ! ».

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