Le Taï-chi
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Description

Discipline chinoise millénaire, mondialement connue, le Taï chi chuan vise à harmoniser le corps et l'esprit. Complet et accessible, ce guide propose une initiation pratique au Taï chi. Semaine par semaine, jour après jour, vous apprendrez à l'exercer en douceur.



Abondamment illustré, cet ouvrage pédagogique propose un programme d'exercices quotidiens.




  • Le Taï chi chuan, mode de vie


    • Histoire et philosophie du Taï chi chuan


    • Le Taï chi chuan, une hygiène de vie




  • Le Taï chi chuan en pratique


    • 1re série des 13 postures - semaine 1


    • 2e série des 13 postures - semaine 2


    • 3e série des 13 postures (1re partie) - semaine 3


    • 3e série des 13 postures (2e partie) - semaine 4


    • Récapitulons...



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 juin 2014
Nombre de lectures 322
EAN13 9782212252194
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Discipline chinoise millénaire, mondialement connue, le Taï chi chuan vise à harmoniser le corps et l’esprit. Complet et accessible, ce guide propose une initiation pratique au Taï chi. Semaine par semaine, jour après jour, vous apprendrez à l’exercer en douceur. Abondamment illustré, cet ouvrage pédagogique propose un programme d’exercices quotidiens.
Exercices commentés
Postures dessinées
Les conseils du prof

PHILIPPE GOUÉDARD est professeur de Taï chi chuan à Paris (XVI e arrondissement). Il est également spécialisé dans les arts martiaux de self-défense. Il est déjà l’auteur de deux titres dans la collection Eyrolles pratique : La méditation taoïste et Le Qi gong .
Philippe Gouédard
LE TAÏ CHI
Quatrième tirage 2014
Éditions Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Cet ouvrage a fait l’objet d’un reconditionnement à l’occasion de son quatrième tirage (nouvelle couverture et nouvelle maquette intérieure). Le texte reste inchangé par rapport au tirage précédent.
Mise en pages : Istria
Illustrations : © Hung Ho Thanh
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2008 pour le texte de la présente édition
© Groupe Eyrolles, 2014 pour la nouvelle présentation
ISBN : 978-2-212-55950-7
Dans la même collection
SOMMAIRE

Introduction
Comment définir le Taï chi ?
Traduction à partir de la transcription chinoise
Pourquoi le Faîte Suprême ?
Pourquoi pratiquer le Taï chi ?
Comment pratiquer le Taï chi ?

Partie 1 Le Taï chi chuan, mode de vie
Chapitre 1 Histoire et philosophie du Taï chi chuan
Les origines philosophiques
Le taoïsme
Le confucianisme
Le bouddhisme
En résumé...
Les évolutions historiques
La genèse du Taï chi chuan
Le développement du Taï chi chuan
Les différentes écoles
L’histoire de la famille Yang
Philosophie du Taï chi chuan
Les trois constituantes indissociables du Taï chi : technique, corps et esprit
Un art de l’harmonie
Progression technique
L’acquisition technique
Le travail « interne »
Le travail « externe »
Chapitre 2 Le Taï chi chuan, hygiène de vie
Repérer le stress
Définition
Stress et « stresseur »
Comment déceler le stress ?
Contrôler le stress
Maîtriser votre pensée (réactions psychologiques)
Maîtriser vos émotions et ressentis (réactions physiologiques)
Maîtriser vos actions (réactions comportementales)
En résumé...
Conseils et techniques pour une meilleure hygiène de vie
Adopter le bon rythme
Éviter les excès pour prévenir les déséquilibres
En résumé...
La respiration embryonnaire
Définition
L’importance du Qi
Exercices d’application

Partie 2 Le Taï chi chuan en pratique
Présentation de la pratique
Les mouvements de base (un par jour)
Les mouvements de Tui shou (un par jour)
Les techniques des 13 postures (un à quatre par jour)
Conseils préliminaires
La posture de base
Les 13 postures
1 re série des 13 postures : semaine 1
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
2 e série des 13 postures : semaine 2
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
3 e série des 13 postures (1 re partie) : semaine 3
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
3 e série des 13 postures (2 nde partie) : semaine 4
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Récapitulons...
Comment bien apprendre la forme ?
Bibliographie
Nomenclature
Mouvements de base
Mouvements de Tui shou
Techniques des 13 postures
INTRODUCTION
Vous qui ouvrez ce livre aujourd’hui, qui vivez dans ce monde où l’on vous demande sans cesse d’aller toujours plus vite, d’avoir une obligation de résultats, pouvez-vous imaginer vivre au ralenti, sans contraintes ? C’est pourtant ce que je vais vous proposer au travers de ces quelques lignes !
Installez-vous au calme. Posez vos pieds bien à plat sur le sol (ne croisez pas les jambes), le dos droit, sans raideurs. Relâchez vos épaules. Vous êtes détendu. Respirez : inspirez par le nez, expirez lentement par la bouche. Tournez les pages avec légèreté. Voilà, vous y êtes, vous pénétrez dans le monde du Taï chi !
Comment définir le Taï chi ?
Peut-être êtes vous plus habitué à voir écrit « Taï chi chuan » sous cette forme, puisqu’en effet, il s’agit de la transcription francisée. On prononce « Taï chi chuan » ou bien « Taï tchi tchouan ». Nous aurions pu préserver la transcription Pinyin chinoise : Taï Ji Quan . Mais il est bel et bien question de la même chose. Dans le doute, il est important de se rapporter aux idéogrammes afin de clore toute polémique (une traduction du chinois étant toujours très imprécise).
Traduction à partir de la transcription chinoise
Le Taï chi chuan s’écrit avec trois idéogrammes. Le premier : Taï , signifie grand, immense, suprême . Le deuxième : Ji , désigne la partie extérieure la plus haute dans la charpente du toit . Le troisième : Quan , combine deux idéogrammes ; l’un signifie main et l’autre est utilisé pour désigner tout ce qui est roulé . Cela correspond au geste du guerrier chinois saluant l’empereur : le poing recouvert par l’autre main à hauteur du visage est légèrement incliné.
Ce poing roulé est traduit par boxe . Le terme chinois exprime davantage un combat à mains nues (incluant des contrôles, des torsions articulaires, des projections et des frappes) plutôt qu’une boxe dans le sens occidental du terme.
La traduction communément admise est donc Boxe du Faîte Suprême .
Pourquoi le Faîte Suprême ?
Le deuxième signe « Ji » signifie la poutre faîtière d’un toit. Si vous vous placez au-dessus (en vue aérienne), cette poutre marque l’endroit où le toit change de pente, de la montée ( yang ) il passe à la descente ( yin ). Cette poutre symbolise donc la mutation de toutes les choses qui composent notre monde, comme le diagramme connu de tous : le cercle avec à l’intérieur une partie noire et une partie blanche : le ying et le yang .
Pourquoi pratiquer le Taï chi ?
Le Taï chi est une activité de loisir : quand vous avez du temps, pratiquez les enchaînements des « 13 postures » qui dénouent le corps et font circuler l’énergie.
Le Taï chi peut également aider au développement de la performance dans d’autres disciplines sportives. Il permet également de mieux faire face aux situations de stress. Il offre à chacun la possibilité de s’épanouir dans le domaine qui lui convient et de pratiquer toute sa vie.
Cette activité procure également une importante force intérieure, véritable source de jouvence pour vivre dans notre monde moderne.
Dans la lignée des arts taoïstes, le Taï chi a pour but de préserver et d’entretenir la santé en renforçant l’énergie. Complété par la méditation, il assure un travail interne amenant au calme et à la patience dans chaque évènement de la vie. Émotions et nervosité perturbent la santé. Par l’harmonisation de la respiration avec le mouvement, associé à la lenteur et à la fluidité, le pratiquant parvient à relâcher ses tensions.
Les mouvements ronds et fluides respectent parfaitement l’anatomie du corps sans risques de blessures articulaires, osseuses ou musculaires. La respiration est amplifiée sans fatiguer le coeur. Le cerveau est également entretenu par un travail sur la mémoire, la coordination du geste, la latéralisation et l’orientation dans l’espace.
C’est véritablement un art que n’importe qui peut pratiquer à n’importe quel âge, n’importe où, n’importe quand et dans n’importe quelle tenue !
Comment pratiquer le Taï chi ?
Le Taï chi est mouvement et liberté, il peut se pratiquer partout : au bureau : quand vous ressentez de la fatigue, des tensions physiques ou avant une réunion importante ; dans les transports : debout dans le métro ou assis en voiture ; en marchant .
Rassurez-vous, il s’agit d’un travail dit « interne ». Personne autour de vous ne s’apercevra de quoi que ce soit (cf. mouvements de base ).
Le Taï chi ne nécessite pas de tenue particulière (il faut simplement éviter les vêtements trop serrés). Il n’y a aucune contre-indication à sa pratique.
Grâce à une pratique régulière, vous parviendrez sans difficulté à atteindre un état de sérénité. N’hésitez donc pas à pratiquer le Taï chi chuan au quotidien !
Ce guide vous propose justement une initiation pratique au Taï chi semaine par semaine, jour après jour, pour vous apprendre à vous exercer en douceur.
Le début de l’ouvrage vous propose de découvrir les origines du Taï chi et vous donne des conseils pour mieux vivre.
Abondamment illustrée, la seconde partie est consacrée aux exercices, en trois temps quotidiens : exercices de base, exercices de Tui shou et pratique des « 13 postures ».
PARTIE 1
LE TAÏ CHI CHUAN, MODE DE VIE
CHAPITRE 1
HISTOIRE ET PHILOSOPHIE DU TAÏ CHI CHUAN
Au programme Les origines philosophiques Les évolutions historiques Philosophie du Taï chi chuan Progression technique
Les origines philosophiques
La philosophie du Taï chi chuan regroupe des principes issus des deux courants philosophiques majeurs de l’héritage culturel chinois (taoïsme et confucianisme), ainsi que du bouddhisme.
Le taoïsme
À la fois philosophie et religion, le taoïsme cultive des pratiques et un style de vie qui permettent l’harmonie avec la nature, en suivant le tao (la voie). Il repose sur la méditation, la médecine, la pharmacopée, l’alchimie et la divination par le Yi king (livre des mutations). Il s’est développé entre le IV e et le III e siècle avant J.-C.
Les écrits des trois philosophes Lao Tseu, Tchouang Tseu et Lie Tseu ont marqué ce mouvement.
« La douceur triomphe de la dureté, la faiblesse triomphe de la force »
Tao Te King, chapitre 36, Lao Tseu
En pratique

Douceur et faiblesse sont à comprendre dans le sens de non-opposition et de recherche commune d’harmonie. Cette maxime définit exactement la puissance et la circulation de l’énergie (Chi) dans la pratique du Taï chi.
Le confucianisme
Le Confucianisme prône un idéal de bonté entre les êtres en distinguant deux vertus : loyauté et fidélité ; ainsi que deux catégories de devoirs : ceux envers les autres et ceux envers les rites.
Wudi (-156 / -87 avant J.C.), l’empereur de la dynastie des Han l’impose en tant que doctrine d’état. Ainsi, il constitue la plus grande école philosophique chinoise.
Confucius a donné son nom à cette doctrine mondialement connue. Ses disciples ont rassemblé ses préceptes dans le livre Les Entretiens de Confucius .
« L’homme de bien travaille à la racine. »
Les Entretiens de Confucius (Livre I – 2)
« Tous les instruments jouent à l’unisson. Puis chacun d’eux se dégage dans toute sa pureté, et ceci en accord parfait avec les autres, soutenu jusqu’à la fin. »
Les Entretiens de Confucius (Livre I – 23)
En pratique

« L’homme de bien » est enraciné, stable et puissant tout en conservant souplesse et adaptation. Quand on pratique l’enchaînement du Taï chi chuan en groupe, chacun exerce « son Taï chi chuan ». Néanmoins, de l’extérieur, l’harmonie se dégage du groupe et tous les participants sont unis.
Le bouddhisme
Fondée en Inde au VI e siècle avant J.-C. par le prince Siddharta Gautama, cette religion fait son apparition en Chine au I er siècle. Bien que le premier temple bouddhiste ait été construit en 68 de notre ère, c’est seulement à l’arrivée du moine Bodhidharma en 475, que cette religion prend réellement son essor en Chine et dans le monde. Ce personnage a su, pour fortifier les moines dont il avait la charge, mettre au point un système de gymnastique de santé inspiré du yoga indien et des exercices de santé chinois : le daoyin . Il est associé à la méditation assise silencieuse. Créé sous le nom chinois de ch’an, il est aujourd’hui célèbre par son nom japonais : le zen.
« On prêche la voie pour l’esprit, mais esprit et corps sont un. En vous voyant, il apparaît que votre esprit et votre corps sont faibles, c’est pourquoi je vous donne une méthode pour augmenter les capacités de votre corps, ensuite cherchez l’essence de la voie. »
Bodhidharma s’adressant aux moines de Shaolin
En pratique

L’union du corps et de l’esprit est une des bases du Taï chi chuan. Par la pratique physique de la forme, le corps est tonifié sans être brusqué pour autant, ce qui permet de s’y adonner toute sa vie. Avec la collaboration de l’esprit, l’énergie est conduite à l’intérieur et les organes en bénéficient. Avec un corps et un esprit sain, une certaine ouverture vers « l’essence de la voie » peut s’opérer.
En résumé...
Les nombreux échanges entre ces différents mouvements ont enrichi la philosophie et la pratique du Taï chi chuan.
Si pour les taoïstes, le tao consiste en une union avec la nature, pour les confucianistes il est symbolisé par l’harmonie dans les relations humaines. Les bouddhistes recherchent, quant à eux, la compréhension de la nature même de l’esprit humain, que chacun peut redécouvrir, par ses propres moyens.
Les évolutions historiques
Les premiers écrits sur l’histoire du Taï chi chuan n’existent que depuis le XIX e siècle, car jusqu’à cette période, l’histoire se transmettait sous forme de légendes. Nous vous proposons donc la version la plus couramment répandue.
La genèse du Taï chi chuan
C’est en observant la souplesse et la fluidité d’un serpent face à la « rigidité » d’un oiseau qu’un ermite du nom de Zhang Sanfeng (1127 –1279) a eu la révélation des principes du Taï chi chuan énoncés par Lao Tseu quelques siècles plus tôt :
« Solidité et rigidité sont les compagnes de la mort ; souplesse et faiblesse sont les compagnes de la vie. »
Tao te king, aphorisme 76
Zhang Sanfeng élabore sa technique en combinant différentes méthodes de gymnastiques taoïstes (taoyin) et des techniques martiales. Néanmoins, cette pratique fut appelée Taï chi chuan bien plus tard.
Le développement du Taï chi chuan
Pendant de nombreuses années cette nouvelle technique martiale se transmet de maître à disciple comme le veut la tradition. Au début, cet embryon de Taï chi chuan est constitué de mouvements « isolés » les uns des autres. Il est très proche de la gymnastique taoïste : un mouvement fait travailler un certain type d’énergie et la dirige vers un organe interne pour le tonifier. À cette époque, il est donc assez éloigné du long enchaînement fluide que l’on connaît aujourd’hui.
Zhang Sanfeng s’est probablement inspiré du Wu Shu (art martial) de Shaolin (temple bouddhiste proche du mont Wudang) pour créer le Taï chi chuan. Cet art martial bouddhiste mêle des techniques de combats, enchaînées de manière souple et rapide, avec la méditation. Son côté très « démonstratif » en fait le fer de lance des arts martiaux chinois dit « externes ». Le Wu Shu a donc ensuite été adapté aux principes taoïstes ; ainsi les mouvements dans les enchaînements sont ralentis et entièrement intériorisés. L’accent est mis sur le travail de la respiration, le développement et la préservation de l’énergie. C’est la raison pour laquelle on parle d’arts martiaux chinois « internes ».
Les différentes écoles
Grâce à cette transmission de maître à disciple, différents styles apparaissent. Très souvent, c’est le père ou le grand père qui transmet au plus apte de la famille les secrets de son art. Tous les enchaînements et la manière de les exécuter techniquement ont pris comme nom générique celui de la famille ( Jia ) dont ils sont issus.
Si les secrets ne se transmettent qu’au membre de la famille le plus apte à les recevoir, les autres membres n’en sont pas exclus pour autant, Ils doivent simplement se contenter des techniques basiques plus ou moins transformées. C’est ainsi qu’au fil des générations, dans un même style, on distingue un courant « ancien », un courant « renouvelé » et un courant « simplifié » qui sont devenus des « écoles ». Ainsi, dans le style Chen, on trouvera l’école « simplifiée » ; c’est-à-dire que cette école travaille selon les principes de la famille Chen et en a certaines caractéristiques techniques. Un membre différent de la famille dirige chaque école issue d’un style donné. Un expert reconnaît immédiatement le style et l’école à la manière dont est pratiqué le Taï chi chuan. Cependant, les principes de base du Taï chi sont communs à tous les styles et à toutes les écoles.
Les citations suivantes, extraites du Traité sur le Taï chi chuan, de Zhang Sanfeng révèlent les principes de base du Taï chi chuan :
« La force prend racine dans les pieds, se développe dans les jambes, est contrôlée par la taille et se manifeste dans les doigts. »
« C’est la pensée qui dirige le geste. »
« Distinguer clairement le vide du plein. »
En pratique

Équilibre et harmonie sont des principes universels : le corps doit être coordonné. Les pieds sont comparés aux racines d’un arbre dont l’énergie pénètre le sol. Cette énergie est ensuite transmise des pieds à la taille qui assure la transmission dans les proportions nécessaires ; elle contrôle, guide et distribue. Suivant le souffle, l’énergie remonte la colonne vertébrale, les épaules doivent être basses, la pointe des coudes dirigées vers le bas et les poignets relâchés (pas « cassés ») jusqu’au bout des doigts. Attention ! une mauvaise posture induit une mauvaise coordination du corps.
Si le corps ne peut se déplacer que dans une direction à la fois, la pensée (l’esprit) peut bouger à l’infini sans limite de temps et d’espace. Ainsi, lorsque vous réalisez une technique, ouvrez votre esprit aux autres possibilités : aller vers l’avant implique l’arrière, la gauche la droite, le haut et le bas.
La première famille historiquement connue est celle des Chen ( Chen Jia ). Notez qu’il existe de nombreux styles, dont les principaux sont : Chen, Yang, Wu Chien, Wu Yu et Sun. Les deux styles d’origine du Taï chi chuan sont le Chen et le Yang, tandis que les trois derniers sont dérivés du style Yang.
Nous vous en proposons ici un bref historique.
L’histoire de la famille Yang
Le style Chen, très connu dans le milieu fermé des arts martiaux, fait des envieux en Chine. « Yang l’invincible », après avoir pratiqué de nombreux styles de boxes chinoises, découvre le Taï chi au travers des écrits de Zhang Sanfeng. Les membres de la famille Chen refusant la confrontation entre experts comme cela se pratique couramment, cela suffit à attiser encore davantage la curiosité et la soif d’apprendre de Yang Luchan (1799-1872). Ainsi, il agit avec ruse pour assouvir sa curiosité et ses connaissances.
Yang Luchan pénètre dans la famille Chen
Avec toutes les apparences d’un sourd-muet, il se fait engager comme serviteur chez les Chen. Puisqu’il n’entend pas, ne parle pas, comment pourrait-il diffuser les secrets ? Les élèves discutent entre eux des exercices et des postures sans se soucier de ce serviteur insignifiant.
Une observation secrète et minutieuse
Les grandes demeures chinoises sont en générales composées de plusieurs cours intérieures et d’une cour extérieure. L’enseignement secret des arts martiaux se fait au fond de la dernière cour, dans un bâtiment réservé à cet usage, bien à l’abri des regards indiscrets. Après trois années de patience et de détermination, Yang Luchan gagne la confiance totale des chefs de famille qui l’autorisent enfin à travailler (toujours comme serviteur) dans l’arrière-cour. Ainsi, il entend et voit les secrets de l’école Chen.
Grâce à ses connaissances préalables, il a beaucoup progressé dans ce style, car il reproduit durant toutes ces années, à l’abri des regards, les nouvelles techniques qu’il observe durant son service. Lorsqu’il pénètre dans cette arrière-cour, il ajoute la touche finale à ses apprentissages préalables. Il est donc désormais inutile pour lui de rester plus longtemps.
Le style Yang, sauvé in-extremis
Le destin se fait son allier. Un soir, un incendie éclate dans la chambre du maître qui dort au premier étage. Yang, n’écoutant que son courage, bondit à travers les flammes pour le sauver sous les yeux ébahis des autres élèves restés sur place sans rien faire. Par son acte, ils comprennent très vite la supercherie du faux sourd-muet. Ainsi, il ne doit sa vie sauve qu’à la reconnaissance du maître Chen, qui, pour le remercier de lui avoir sauvé la vie, épargne la sienne à son tour en l’autorisant à partir.
Yang Luchan synthétise son expérience martiale et crée son propre style de Taï chi chuan : le style Yang, qu’il transmet à ses fils et à son petitfils, Yang Chenfu (1883-1936).
Sortir de la tradition
Les réactions des défenseurs de la tradition ont été très importantes lorsque le propre père de Yang Chenfu, Yang Jianhou (1839-1937) a accepté de prendre pour disciple (c’est-à-dire celui à qui on transmet les secrets) quelqu’un n’appartenant pas à leur famille.
Un jour, un expert se présente chez les Yang en demandant à affronter Yang Chenfu, qui, peu intéressé par ce genre de pratique, décline l’offre. En agissant ainsi, il perd non seulement la face luimême, mais la fait perdre au style entier, autrement dit, à toute sa famille. Zhang Qinlin, alors élève et jardinier chez les Yang, se présente et prétexte à l’expert qu’il est nécessaire de le battre pour rencontrer Yang. Sûr de lui et de sa technique, Zhang ne déçoit pas. Pour le remercier, le maître Yang Jianhou (le père de Yang Chenfu) accepte de lui confier tous les soirs les secrets de son style et de l’école appelée « l’école de la transmission secrète de la famille Yang » ( Yanjia michuan taïjiquan ).
L’ouverture à l’Occident
En Chine, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, toutes les traditions sont rejetées et définitivement perdues pour la plupart. Celles qui ont réussi à survivre, ne le doivent qu’à l’exil précipité des professeurs, très souvent en direction de Taïwan. C’est le cas de Wang Yen Nien, un disciple de Zhang Qinlin très impliqué dans les arts martiaux depuis longtemps. Cet élève a découvert le Taï chi chuan de la famille Yang par l’intermédiaire de Zhang Qinlin et a tout abandonné pour suivre son maître.

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