Se libérer de la charge mentale
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Description


"Rosita venait d'avoir quarante ans et ses deux fois vingt bougies lui avaient craché au visage que le compte à rebours allait commencer et qu'il était temps d'en profiter. En profiter ? Mais comment ? Elle qui, chaque matin, attaquait sa journée par une course vertigineuse, où chacun de ses gestes était parfaitement orchestré, chronométré, réglé au dixième de seconde près !"



Derrière Rosita se dresse le portrait de toutes les femmes actives du XXIe siècle, atteintes d'un mystérieux syndrome : l'association d'une formidable aptitude à tirer sur la corde mêlée à une incapacité totale à tirer la sonnette d'alarme. À râler de devoir tout gérer, sans jamais solliciter de soutien. À déplorer de mener une vie à mille à l'heure, tout en continuant d'appuyer sur l'accélérateur. Quels sont les autres symptômes associés à ce syndrome ? Pourquoi apparaissent-ils ? Comment les soulager ? Autant de pistes creusées par Laurence Bourgeois à travers un parcours thérapeutique d'une semaine visant à faire définitivement tomber votre panoplie de bonne à tout faire.




  • Introduction - Pour l'être extraordinaire que vous êtes


  • Lundi - Rosita pète une durite


  • Mardi - Rosita donne beaucoup (trop) d'elle-même


  • Mercredi - Rosita aime les choses bien faites


  • Jeudi - Rosita est mise au placard


  • Vendredi - Rosita ne rêve plus


  • Conclusion - Le week-end, l'heure du bilan


  • Glossaire - Pour aller plus loin dans le diagnostic

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 31 mai 2018
Nombre de lectures 220
EAN13 9782212477214
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait



Derrière Rosita se dresse le portrait de toutes les femmes actives du XXIe siècle, atteintes d'un mystérieux syndrome : l'association d'une formidable aptitude à tirer sur la corde mêlée à une incapacité totale à tirer la sonnette d'alarme. À râler de devoir tout gérer, sans jamais solliciter de soutien. À déplorer de mener une vie à mille à l'heure, tout en continuant d'appuyer sur l'accélérateur. Quels sont les autres symptômes associés à ce syndrome ? Pourquoi apparaissent-ils ? Comment les soulager ? Autant de pistes creusées par Laurence Bourgeois à travers un parcours thérapeutique d'une semaine visant à faire définitivement tomber votre panoplie de bonne à tout faire.




  • Introduction - Pour l'être extraordinaire que vous êtes


  • Lundi - Rosita pète une durite


  • Mardi - Rosita donne beaucoup (trop) d'elle-même


  • Mercredi - Rosita aime les choses bien faites


  • Jeudi - Rosita est mise au placard


  • Vendredi - Rosita ne rêve plus


  • Conclusion - Le week-end, l'heure du bilan


  • Glossaire - Pour aller plus loin dans le diagnostic

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« Rosita venait d’avoir quarante ans et ses deux fois vingt bougies lui avaient craché au visage que le compte à rebours allait commencer et qu’il était temps d’en profiter. En profiter ? Mais comment ? Elle qui, chaque matin, attaquait sa journée par une course vertigineuse, où chacun de ses gestes était parfaitement orchestré, chronométré, réglé au dixième de seconde près ! »
Derrière Rosita se dresse le portrait de toutes les femmes actives du XXI e siècle, atteintes d’un mystérieux syndrome : l’association d’une formidable aptitude à tirer sur la corde mêlée à une incapacité totale à tirer la sonnette d’alarme. À râler de devoir tout gérer, sans jamais solliciter de soutien. À déplorer de mener une vie à mille à l’heure, tout en continuant d’appuyer sur l’accélérateur. Quels sont les autres symptômes associés à ce syndrome ? Pourquoi apparaissent-ils ? Comment les soulager ? Autant de pistes creusées par Laurence Bourgeois à travers un parcours thérapeutique d’une semaine visant à faire définitivement tomber votre panoplie de bonne à tout faire.
Laurence Bourgeois est l’auteure de plusieurs ouvrages sur le développement personnel et l’efficacité professionnelle. Experte en ressources humaines, elle intervient sur le bien-être au travail… et ailleurs.
Laurence Bourgeois
Se libérer de la charge mentale
Une semaine pour guérir du syndrome de Rosita
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Création de maquette et mise en pages : Soft Office
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2018 ISBN : 978-2-212-56959-9
SYNDROME :
ensemble de plusieurs symptômes ou signes en rapport avec un état pathologique donné et permettant, par leur groupement, d’orienter le diagnostic.
“ La seule personne que vous êtes destinée à devenir est la personne que vous décidez d’être ”
Ralph Waldo Emerson
Sommaire
Introduction – Pour l’être extraordinaire que vous êtes
LUNDI
Rosita pète une durite
Diagnostic : agitation aiguë du corps et de l’esprit
Évacuer la pression
Apprivoiser l’instant présent
Se recentrer sur l’essentiel
MARDI
Rosita donne beaucoup (trop) d’elle-même
Diagnostic : état de confusion avancé
Prendre du temps pour soi
Baisser son niveau d’exigence
Ne plus se laisser vampiriser
MERCREDI
Rosita aime les choses bien faites
Diagnostic : perfectionnisme* sévère associé à un besoin d’hyper-contrôle
Accepter l’imperfection
Savoir lâcher prise
Apprendre à déléguer
JEUDI
Rosita est mise au placard
Diagnostic : décrépitude* précoce
Penser à demain
Apprendre à relativiser
Prendre conscience de ses atouts
VENDREDI
Rosita ne rêve plus
Diagnostic : désenchantement* associé à une irritabilité exacerbée
Remplacer le devoir par l’envie
Casser la routine
Donner un sens à son existence
Conclusion – Le week-end, l’heure du bilan
Revisitez vos convictions
Décidez de ne plus vous laisser faire
Faites le point sur votre capacité à passer à l’action
Testez votre persévérance… et tenez bon !
Épilogue
Glossaire – Pour aller plus loin dans le diagnostic
Bibliographie
INTRODUCTION
Pour l’être extraordinaire que vous êtes
Ce livre est né d’une envie. Celle de dédier un ouvrage entier à un être extraordinaire : cette femme du XXI e siècle multicasquette, multifonction, multitout, pour qui chaque jour qui passe relève de l’exploit, tant elle a l’impression d’accomplir l’impossible.
Tiraillée entre son chef qui la presse comme un agrume, ses clients qui ne jurent que par elle, son mari inscrit aux abonnés absents, ses amis (dont la grande spécialité consiste à débarquer à l’improviste), ses enfants (quelquefois, elle en vient à se demander pourquoi elle les a faits…) et parfois aussi ses parents, la femme surmenée du XXI e siècle a le sentiment de devoir tout gérer, même l’ingérable. D’être constamment obligée de penser à tout. De repousser sans cesse les limites du supportable et, par la même occasion, ses propres limites. Mère de famille dévouée, femme attentive, employée modèle, amie bienveillante, cuisinière hors pair, véritable fée du logis, son rôle de bonne à tout faire l’exaspère, au point de finir par se traiter de bonne à rien, tant elle a l’impression de tout survoler. Sa coupe est déjà bien pleine, mais elle continue d’absorber. Et force est de constater qu’elle assure !
Avant d’écrire les premières pages de ce livre, j’ai commencé par chercher un symbole. Quel personnage, quel objet, voire quel animal pouvait bien représenter cet être extraordinaire ? J’ai d’abord investigué du côté du règne animal. Avec ses nombreux tentacules et sa grosse tête farcie, la pieuvre pouvait faire l’affaire. Mais elle était trop molle à mon goût. Du côté des animaux fantastiques, rien de très concluant non plus. J’ai alors successivement pensé à la boule de flipper, au robot multifonction, au couteau suisse, à la tractopelle multidirectionnelle, mais aucun de ces objets de métal froid ne m’inspirait vraiment.
C’est alors qu’une petite phrase est revenue à mes oreilles. Depuis quelque temps, elle tournait en boucle dans la bouche de certaines de mes collègues, vous savez, celles qui se plaignent d’être à la fois « overbookées » au bureau et débordées à la maison. Cette petite phrase était la suivante : « Y’en a marre de jouer les Rosita ! »
Rosita… J’avais trouvé ! Si vous avez vu le dessin animé Tous en scène 1 , vous connaissez cette adorable truie, dont le quotidien consiste à courir dans tous les sens pour élever ses vingt-cinq (oui, oui, vingt-cinq !) petits cochons. Prise dans une spirale infernale, Rosita mène une existence réglée au dixième de seconde près. Son mari partageant désespérément sa vie entre deux activités (la lecture de son journal et son travail), elle ne peut compter que sur elle-même. Oui mais voilà : Rosita a besoin de se sentir utile autrement qu’en épluchant des kilos de pommes de terre pour sa petite colonie. Lorsqu’elle étend sur le fil à linge les cinquante chaussettes de ses petits, Rosita nourrit un fol espoir, dans le plus grand secret : devenir chanteuse. Malgré son activité débordante, elle redoublera d’énergie et d’astuces en tout genre pour réaliser son rêve.
Sacrée Rosita ! Pour moi, elle illustre parfaitement le phénomène. Mieux encore : derrière elle se dresse le portrait de toutes les femmes actives du XXI e siècle (dont vous faites certainement partie, puisque vous avez choisi ce livre…), autour desquelles les mêmes interrogations n’en finissent pas de tourner : comment arrive-t-elle à tout gérer ? Par quel tour de passe-passe réussit-elle à tout mener de front ? Et, surtout, comment fait-elle pour ne pas craquer ?
Ces questions mettent le doigt sur la caractéristique principale du syndrome de Rosita : une formidable aptitude à tirer sur la corde mêlée à une incapacité la plus totale à tirer la sonnette d’alarme. À souffler haut et fort son ras-le-bol sans jamais demander l’aide de quiconque. À déplorer de mener une vie à mille à l’heure, tout en continuant d’appuyer sur l’accélérateur.
Au-delà de ce terrible paradoxe, quels sont les autres symptômes associés à ce syndrome ? Sous quelle forme se manifestent-ils ? Pourquoi apparaissent-ils ? Comment les enrayer ? Telles sont les questions qui jalonnent cet ouvrage.
Loin de moi la volonté de dresser la gent féminine contre celle du sexe opposé, ni de chercher à décrypter les mécanismes (fort différents, voire totalement opposés) qui régissent le cerveau de l’homme et celui de la femme. De très bons livres existent pour cela 2 et une telle approche risquerait de faire l’apologie d’un féminisme caricatural dans lequel il serait trop facile de puiser pour trouver des excuses à la femme en proie au surmenage. Loin de moi également l’idée de vous donner des conseils pour gérer votre PME familiale dans la joie et la bonne humeur ou pour faire de vous la reine du rangement, de l’organisation et des recettes de cuisine express ; ce serait vous coller définitivement une étiquette de bonne à tout faire et vous enfoncer encore davantage dans la mélasse des tâches qui vous insupportent.
Non. Je suppose plutôt que si vous tenez ce livre entre vos mains, c’est parce que vous avez la ferme intention de sortir la tête de l’eau. Mon objectif consiste donc à faire en sorte que les principaux symptômes de Rosita agissent sur vous comme autant de miroirs, dans lesquels vous n’aurez pas besoin de vous contempler très longtemps pour vous apercevoir que c’est vous, là… et, surtout, qu’il est grand temps de sortir de l’ornière. Pour vous aider dans la démarche, je vous propose des remèdes visant à atténuer chacun de vos symptômes. Ils relèvent généralement du bon sens, mais sont loin d’être systématiquement utilisés, le plus souvent faute de temps… Forcément, à quel moment prendre du recul quand votre agenda ne vous laisse aucune minute de répit ?
Pour guérir du syndrome de Rosita, je vous suggère un parcours d’une semaine avec trois étapes à franchir par jour. Allez-y pas à pas, c’est la meilleure façon de tenir sur la distance et de faire progressivement tomber votre panoplie de bonne à tout faire. En revanche, je ne vous ferai pas de sur-promesses : les symptômes du surmenage ne disparaîtront sans doute jamais complètement. D’une part, parce que certaines contraintes du quotidien, immuables, bloquent de facto les virages à trois cent soixante degrés. D’autre part, parce que dans l’inconscient collectif, la femme semble désignée d’office pour tout porter à bout de bras, ou presque.
Face à cette réalité, autant essayer de tirer son épingle du jeu du mieux possible, en se fixant comme objectif de stopper la machine… avant qu’elle ne déraille.
En avant, Rosita !
Excellente lecture.

1 . Film d’animation américain réalisé par Garth Jennings, sorti en 2016. En France, le film a cumulé plus de trois millions et demi d’entrées (Source : Wikipédia, mise à jour 24 septembre 2017).
2 . Je pense au célèbre essai du spécialiste en thérapie conjugale américain John Gray, Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus , paru pour la première fois en France en 1997 chez Michel Lafon.
Lundi
Rosita pète une durite
“ Elle est arrivée au bout, au bout de ce qu’elle peut supporter, au bout de ce qu’il est humainement possible de supporter 1 ”
Delphine de Vigan
R osita venait d’avoir 40 ans et ses deux fois vingt bougies lui avaient craché au visage que le compte à rebours allait commencer et qu’il était temps d’en profiter.
E n profiter ? Mais comment ? Elle qui, chaque matin, attaquait sa journée par une course vertigineuse, où chacun de ses gestes était parfaitement orchestré, chronométré, réglé au dixième de seconde près ! Pour lutter contre la fatigue, Rosita n’avait rien trouvé de mieux que de tout faire en quatrième vitesse : attraper les bols, y déposer trois cuillères de poudre chocolatée, engloutir deux biscottes (soit soixante-quatre kilos calories), s’attacher les cheveux à l’aide d’un chouchou sans âge, vérifier qu’aucun cahier ne traînait hors des cartables, courir vers l’école en tirant deux poids inertes à s’en décrocher les épaules, dire un mot gentil à la maîtresse, esquisser un sourire forcé aux parents et repartir en cavalant, en direction des transports en commun.
D ébarquée au trente-neuvième étage de sa tour de verre et d’acier (là où nichaient les bureaux de Packlick, le leader allemand de l’emballage pour liquides alimentaires), Rosita s’installait à son poste de travail, se préparant à taper des comptes rendus à toute vapeur. Du matin au soir elle tapait, elle trouillotait, elle classait et redoublait d’énergie pour satisfaire son patron, dont l’objectif principal consistait à presser les équipes comme des agrumes, desquels il ne tombait du reste plus la moindre goutte. Rosita le savait : le moindre retard dans le traitement de ses dossiers risquait de la mettre sur la touche.
C e jour-là, c’était le grand raout : on lançait en France une nouvelle boîte de conserve cartonnée dernière génération. Toute la sainte journée, les membres du comité de direction l’avaient harcelée pour que l’organisation du séminaire de lancement et de la soirée de gala qui suivrait soit absolument parfaite. On attendait la présence des managers de tous les établissements, pas moins d’une centaine de personnes au total. Entre les vols annulés à la dernière minute en raison d’une grève surprise des compagnies aériennes et les empêchements personnels des uns et des autres, Rosita ne savait plus où donner de la tête. Elle s’était arraché les cheveux pour tout boucler en temps et en heure ; la journée avait filé à une allure impressionnante.
À peine ses classeurs multicolores rangés à la va-vite dans son armoire métallique, elle quitta le bureau au pas de course pour aller récupérer ses enfants à la sortie de l’école. Il s’était mis à pleuvoir et comme un fait exprès, elle avait laissé son parapluie au bureau. Elle arriva à l’école, essoufflée. On lui annonça que le plus petit n’était pas très en forme ; forcément, avec trente-neuf de fièvre… Elle courut à la pharmacie, rentra faire couler un bain tiède, après quoi elle s’attela aux devoirs. Dans la précipitation, elle se maudit d’avoir oublié l’ordonnance sur le comptoir. Ni une ni deux, elle appela son mari. Une fois, deux fois, trois fois. Monsieur daigna enfin répondre : il rentrerait tard, mais essaierait tout de même de passer à la pharmacie. Tandis qu’elle regardait bouillir l’eau des pâtes, Rosita pensa aux factures qui étaient arrivées à échéance et qu’elle devait absolument régler le soir même. Elle se rappela aussi qu’il fallait inscrire ses enfants au centre de loisirs pour les vacances de la Toussaint. Soudainement, une peur panique se vissa dans sa gorge : avec tout ça, elle avait oublié de commander les petits fours pour la soirée de gala ! Horreur… De toute évidence, son patron lui passerait un sacré savon dès le lendemain matin…
B rusquement, un hurlement en provenance de la salle de bains l’extirpa de sa torpeur. Elle accourut, sa fille était couverte de pustules : les punaises de lit avaient encore frappé. Ce week-end, Rosita devrait faire le ménage de fond en comble et courir à la laverie pour nettoyer son linge à quatre-vingt-dix degrés.
I l était tard, la pharmacie avait fermé ses portes. Rosita était au bord de l’explosion : elle avait les joues en feu, le cerveau en pleine ébullition et dans son corps, plus rien. Du vide. Un vide énorme. Intersidéral. À cet instant précis, elle n’avait qu’une seule envie : disparaître.
Diagnostic : agitation aiguë du corps et de l’esprit
Pour Rosita, le diagnostic est sans appel : elle est au bout du rouleau. À force de mener deux, voire trois vies en une, de se plier en quatre pour satisfaire les exigences de ses clients, de ménager son mari et de porter ses enfants à bout de bras, elle ne supporte plus ni la charge mentale* 2 – c’est-à-dire la charge psychique que représente la gestion du foyer cumulée aux autres activités quotidiennes – ni l’état de fatigue chronique qui l’enserre et dont elle ne parvient pas à se dépêtrer.
D’aucuns affirmeront qu’il s’agit là d’une excellente nouvelle, parce que lorsque l’on atteint un tel niveau de surmenage, on peut raisonnablement penser qu’on ne pourra connaître pire scénario. C’est un tort. En effet, observez bien Rosita : bien que sa coupe soit déjà archi-pleine, elle continue d’absorber toujours plus et de s’agiter comme une diablesse, espérant qu’un jour, elle pourra souffler un peu. Comme si la recrudescence des symptômes était nécessaire à la guérison. Comme si, pour se trouver en harmonie avec soi-même et décider de s’écouter davantage, il fallait avoir connu le pire. Comme s’il était souhaitable d’attendre de toucher le fond pour se décider à remonter la pente…
Mais plutôt que de risquer l’effondrement total et d’attendre la goutte qui pourrait faire déborder le vase, je vous propose d’attaquer cette première journée par un programme en trois étapes. Votre équilibre vital (certaines n’hésiteront pas à parler de « survie ») en dépend. Tout d’abord, il va s’agir d’arrêter de jouer les cocottes-minute. Ensuite, de profiter de l’ici et maintenant plutôt que de se perdre dans des projections hypothétiques d’un avenir peu rassurant. Enfin, de définir vos priorités pour canaliser votre énergie sur l’essentiel.
Évacuer la pression
Dans un monde où tout va à cent à l’heure, où nous vivons avec les tympans obstrués par des écouteurs et les pouces contracturés à force de tapoter sur l’écran de notre smartphone, nous sommes en permanence sur-stimulées. Nous mettons un point d’honneur à répondre à toutes les demandes, à être présentes (et performantes !) sur tous les fronts : au travail tout doit être parfaitement exécuté (pas évident, quand le rythme s’accélère et qu’il convient de faire toujours plus avec toujours moins de moyens) ; à la maison rien ne doit être laissé au hasard ; avec nos amis, la bonne humeur et l’entregent doivent être de mise. Nous sommes en état d’hyperactivité. Et si la dépense physique ou la sollicitation de nos neurones permet de nous entretenir, l’hyperactivité, elle, s’avère toxique, tant pour le corps que pour l’esprit. Comme le note le philosophe Frédéric Lenoir, « la démesure de l’action (…) est tout aussi néfaste que l’absence d’action » 3 . Quand l’action ou la réflexion prend une place démesurée dans notre existence, nous nous transformons en cocottes-minute sur pattes, dans lesquelles bouillonnent (depuis bien trop longtemps déjà) de l’amertume, de l’insatisfaction et, bien souvent aussi, une envie irrésistible de tout plaquer et d’être ailleurs…
Nager à contre-courant
Le stress* représente aujourd’hui un état de fait, une réalité qu’il nous faut bien accepter, sous peine de passer pour une ringarde. Eh oui ! Le stress est plus que jamais à la mode ! Les gens se plaisent à dire qu’ils sont stressés : « Mes enfants me stressent », « Les transports en commun ? Quel stress ! », « Ce voyage au bout du monde me stresse », « Si je n’étais pas aussi stressée, tout irait mieux… », etc. Le terme est entré dans le langage de tous les jours. Comme le précise le consultant et spécialiste de la question Richard Carlson, le stress* « est devenu un terme passe-partout, employé pour décrire, justifier et expliquer presque tout ce qui ne va pas » 4 . Et le pire est que l’on considère bien souvent cet état de tension permanente comme une condition de la réussite, de nos rapports avec autrui et de notre existence en général. Nous le laissons pénétrer notre existence, quitte à y laisser notre santé physique et psychique. Nous reconnaissons que notre vie menée tambour battant nous dévore, mais nous sommes incapables de mettre la pédale douce. Pire, nous continuons d’appuyer sur l’accélérateur ! Face à cette situation, voici un premier remède :
Faites un arrêt sur image pour prendre conscience de votre état
Personnellement, j’ai eu le déclic le soir où j’ai levé le nez du lavabo pour me regarder, lamentable, dans le miroir de ma salle de bains, la bouteille de crème à récurer dans une main, l’éponge dans l’autre, encore chaussée de mes escarpins à talon et engoncée dans mon tailleur gris souris. Cette scène m’a fait terriblement honte. Comment avais-je pu en arriver là ? Subitement, le verdict est tombé : je ne pouvais plus me regarder dans la glace.
Plutôt que de supprimer tous les miroirs de votre domicile pour ne plus avoir à supporter votre reflet de bonne à tout faire, il est au contraire préférable de vous confronter à votre image, afin de prendre conscience de ce que vous êtes devenue. Pour développer la conscience de soi, je ne vous proposerai pas de suivre d’interminables séances de coaching ou de méditation. Je vous suggère dans un premier temps un exercice tout simple (la technique va vous aider à le réaliser), visant à aiguiser votre capacité à vous observer en toute bienveillance et, surtout, avec le maximum d’objectivité.

En pratique

Faites un arrêt sur image (à pratiquer avec son smartphone)
La prochaine fois que vous aurez votre smartphone coincé entre l’oreille et l’épaule, tentant vaguement d’écouter votre copine qui vous raconte ses déboires amoureux tandis que vous êtes en train de vider le lave-vaisselle, criez « stop ! ». Arrêtez-vous, un peu à la façon d’un rongeur pris au piège sur un carton englué : ne bougez plus, puis reposez tranquillement le bol dans le lave-vaisselle, raccrochez au nez de votre copine et faites un selfie. Puis regardez bien le cliché : est-ce que c’est bien vous, là, à travers l’écran ? Observez-vous bien : portez une attention particulière à vos pensées, à vos actes, à vos émotions. Reliez-les au contexte. Alors ? La femme que vous avez devant les yeux est-elle bien celle que vous avez envie d’être ?
Cet exercice terminé, je vous propose un second remède :
Sortez les rames !
L’objectif ici consiste à identifier les sources de votre comportement et à apprendre à ramer contre le courant de vos habitudes, de vos résistances personnelles et des mouvements inéluctables de notre société.
Quel démon a fait de vous la parfaite réplique de Shiva ? Quelle force vous pousse à accepter de faire tant de choses à la fois ? À constamment vous plaindre d’être débordée, sans prendre pour autant de mesures pour échapper à votre vie trépidante ? Dans la mesure où, comme nous venons de l’expliquer, le fait de mener une existence tambour battant aide non seulement à s’autopersuader d’être « dans le coup », mais aussi à façonner l’image d’une femme parfaite, tout l’enjeu réside dans votre capacité à affronter puis à surmonter vos peurs sociales : celles d’être rejetée, oubliée, mal aimée, humiliée… « La grande inquiétude , note le psychiatre Christophe André, c’est le rejet, sous toutes ses formes : indifférence, froideur, méchanceté, agressions, mépris, négligences… Pour éviter cela, nous sommes prêts à tout : combattre, nous soumettre, accomplir des efforts démesurés » 5 . Mais au fond, que risquons-nous à ralentir la cadence ?

En pratique

Une citation à méditer… et à retenir !
« La vie est trop courte pour que l’on soit pressé » (Henry David Thoreau, philosophe, naturaliste et poète américain du XIX e siècle).
Vider son cerveau gauche
Je vous propose de poursuivre cette première journée de la semaine avec quelques apports théoriques, et plus précisément ceux des neurosciences cognitives, qui ont établi l’existence chez chacun d’entre nous d’une asymétrie cérébrale, c’est-à-dire de « l’inégale implication des deux hémisphères du cerveau dans les différentes fonctions mentales » 6 . Même si au sein de la communauté scientifique, la question de cette asymétrie fait encore l’objet de controverses, ce thème suscite un certain intérêt de la part du grand public, qui utilise aujourd’hui assez largement la terminologie « cerveau gauche, cerveau droit » afin de désigner les modes de fonctionnement et de pensée dominants chez tout un chacun. En effet, même si nous faisons toujours appel à ces deux hémisphères, notre éducation, notre formation ou notre tempérament nous a conduits à privilégier l’un ou l’autre.
Tandis que l’hémisphère droit de notre cerveau fait appel aux images, aux émotions, à l’intuition, à la créativité, à l’imagination et au rêve, l’hémisphère gauche, quant à lui, analyse les situations et les problèmes. C’est l’hémisphère du raisonnement. Une personne très « cerveau gauche » a un esprit logique, analytique, rationnel. Elle se creuse les méninges, elle analyse et sait s’organiser afin de mettre en œuvre des plans d’action efficaces répondant à des objectifs précis. Dès lors, on comprend mieux pourquoi la charge mentale* prend racine dans cette partie gauche du cerveau.
Vous vous reconnaissez sans doute là, l’esprit annexé par votre to-do list qui s’allonge de jour en jour, votre calendrier Outlook qui ne désemplit pas, vos rappels sur Facebook, le planning des vacances de vos enfants, les dates de prélèvement de vos factures, etc. Avez-vous remarqué ? Non contente de penser à tout, et tout le temps, vous vous plaisez à enfoncer le clou : « Si je n’y pense pas, qui le fera à ma place ? », « Je dois penser pour tout le monde, ici ! », « Il faut aussi que je pense à… ». Et forcément, plus vous cogitez, plus vos neurones s’agitent dans votre cervelle, tels des petits vélos qui tournent, qui tournent, jusqu’à vous épuiser. Inévitablement, vous êtes en proie à des erreurs, des étourderies, de l’indécision, des ruminations* et des difficultés de concentration. Votre esprit chavire, le burn-out * menace (s’il n’est pas déjà installé).
Le saviez-vous ? Une étude publiée dans le Journal of Neurology Neurosurgery and Psychiatry 7 a démontré que le stress chronique représentait un facteur de risque élevé dans la survenue d’un accident vasculaire cérébral, indépendamment du mode de vie et des autres marqueurs de risques biologiques.
Voici donc un troisième remède pour lutter contre le surmenage, avant qu’il ne soit vraiment trop tard…
Chaque jour, faites un peu de gymnastique cérébrale !
Le cerveau n’est peut-être pas un muscle, mais il se travaille. Sortir de votre condition de femme « overbookée » passera non seulement par le désengorgement de votre cerveau gauche, mais aussi par le développement de votre hémisphère droit. Il est temps de vous couper de vos pensées stressantes (lesquelles, vous l’aurez remarqué, assaillent votre esprit de façon quasi-automatique, qui plus est sans crier gare), de cesser de réfléchir à toutes sortes de corvées qui vous attendent (d’ailleurs, vous en conviendrez, elles ne méritent absolument pas tout le temps et toute l’énergie que vous y consacrez…), car non seulement vous allez freiner votre capacité d’action, mais en plus, vous risquez de finir aussi tourneboulée qu’une serpillière dans le tambour d’un lave-linge.

En pratique

Un peu gymnastique cérébrale
1. Pour mettre votre cerveau gauche au repos Ne faites plus de listes pour un oui ou pour un non. Arrêtez de réfléchir à tout bout de champ. Ne serait-ce que cinq minutes consécutives par jour, efforcez-vous de regarder autour de vous, observez de façon détaillée un objet ou une personne, en vous concentrant uniquement sur ce que vous voyez. Sans jugement, sans ressenti, sans tirer de plan sur la comète. Observez, tout simplement. Pour un temps, débarrassez-vous de vos gris-gris préférés qui vous rappellent sournoisement toutes ces choses « à faire ». Par exemple, ne consultez plus vos e-mails professionnels après une certaine heure (le droit à la déconnexion vous le permet !), éteignez votre téléphone, ne serait-ce que l’espace d’une heure, rangez votre montre dans le tiroir de votre table de nuit, déchirez votre dernière to-do list . Respirez profondément, dix bonnes minutes, en laissant l’air inspiré venir chasser vos préoccupations. Méditez ensuite cette citation : « Si je devais adresser un seul et unique conseil à ceux qui veulent mieux vivre, je dirais simplement : apprenez à respirer comme il faut » prétendait Andrew Weil, médecin américain fervent défenseur des thérapeutiques alternatives.
2. Pour développer votre cerveau droit Apprenez à accueillir et à gérer vos émotions. Lorsqu’elles surviennent, plutôt que de chercher à les réprimer, respirez profondément à plusieurs reprises. Communiquez ce que vous ressentez (en utilisant le « je »), en toute sérénité. Quand la coupe est vraiment trop pleine, lâchez les chevaux ! Après tout, un bon « coup de gueule » n’a jamais fait de mal à personne… S’il ne permet peut-être pas de guérir du surmenage, il défoule et évite de somatiser*. Apprenez à lâcher prise (nous reviendrons en détail sur cet objectif mercredi). Cherchez à apprivoiser l’instant présent (c’est votre second challenge pour aujourd’hui). Rêvez, rêvez, rêvez ! (Il s’agit là du programme qui vous attend vendredi.)
Prendre soin de soi
On ne le répétera jamais assez : il est vital de prendre soin de soi. Déjà, parce que corps et esprit forment un tout indivisible et que le corps « a besoin d’une alternance judicieuse de périodes d’action et de périodes de repos pour être sain et fonctionner correctement » 8 . Ensuite, parce que si vous ne pensez pas à vous, personne ne le fera à votre place !
Quand on connaît l’impact du stress* sur le corps (tension musculaire, psoriasis, eczéma, maux de ventre, céphalées, envie d’uriner, transpiration excessive, accélération du rythme cardiaque, maladies cardiovasculaires, etc.), on comprend mieux l’engouement actuel pour les ouvrages sur les techniques de « lâcher-prise », les méthodes favorisant la « zen attitude », les cours de relaxation, d’hypnose, de méditation, de yoga, etc. Ce n’est pas un hasard si dans les entreprises, des services entiers sont aujourd’hui dédiés à l’équilibre vie professionnelle-vie privée et au bien-être en général. Beaucoup de grosses structures offrent désormais à leurs salariés des séances de relaxation, de sophrologie, de coaching en développement personnel, etc.
Si nous sommes toutes plus ou moins conscientes que notre bien-être dépend de notre capacité à nous traiter avec douceur et bienveillance, malheureusement, nos actes ne suivent pas toujours. Il existe plusieurs explications à cela. Pour le psychiatre Juan David Nasio, « il y a deux façons de vivre son corps : soit en l’oubliant (et là j’identifie mon corps à mon être et je me dis que “je suis mon corps”), soit en pensant à lui, et là je tiens mon corps pour mon bien le plus précieux, et je me dis que “j’ai un corps” » 9 .
Accordez à votre corps la valeur qu’il mérite
En d’autres termes, cela signifie que lorsque nous courons dans tous les sens, toute la journée, écartelées entre nos multiples obligations, nous sommes incapables de prendre le moindre gramme de recul et, donc, ne faisons plus qu’un avec notre corps. Dès lors, comment le considérer comme un objet de valeur, digne de bénéficier de soins spécifiques ? En revanche, dès lors que nous débranchons la prise, que nous nous recentrons sur nous-mêmes, nous prenons bel et bien conscience d’avoir un corps, un « maître souverain », comme le définit Juan David Nasio, qui a le pouvoir de prolonger ou d’arrêter notre vie. Nous pouvons alors le traiter avec tous les égards qu’il mérite.
Il existe mille et une façons de prendre soin de soi : se détendre assise en tailleur en robe de chambre, manger des brocolis cuits à l’eau d’Évian, regarder un film de Laurel et Hardy, faire une sieste, se bichonner devant la glace, aller se balader en forêt, siroter un jus de radis noir à jeun, etc. En cas de stress, d’anxiété, de surmenage, nombreux sont celles et ceux qui prônent aujourd’hui la méditation comme remède miracle pour apaiser les tensions et maîtriser les émotions. Mais entre la méditation tibétaine, taoïste, transcendantale ou sophronique, il y a de quoi se perdre, et, au final, ne plus savoir comment faire pour reprendre contact avec son corps.
Je vous propose ci-dessous quelques conseils, extraits des grands principes de toutes ces méthodes antistress.

En pratique

Relaxez votre corps en cinq étapes très simples
1 – Asseyez-vous confortablement, soit sur une chaise, soit par terre (en tailleur), les mains sur les cuisses ou sur les genoux.
2 – Redressez-vous. Concentrez-vous sur votre tête, en relâchant les muscles de votre visage, votre mâchoire, votre front.
3 – Décrochez visuellement, soit en fermant les yeux, soit en fixant le sol, à un mètre de vous maximum.
4 – Concentrez-vous sur votre respiration : prenez conscience de l’air qui circule dans votre corps, accueillez-le, tout simplement.
5 – Évacuez toute pensée (positive ou négative) qui pourrait vous passer par la tête. À cet instant précis, votre esprit doit être aussi vide qu’une bulle de savon. Continuez de vous concentrer sur votre respiration, et seulement là-dessus.
Apprivoiser l’instant présent
“ Pendant que nous parlons, le temps jaloux a fui. Cueille l’aujourd’hui (carpe diem) sans te fier à demain. ”
On a franchement du mal à croire que cette citation d’Horace date d’avant Jésus-Christ, tant elle résonne encore aujourd’hui en nous, qui sommes lancées dans une course effrénée contre la montre. Nous, qui nous battons sur tous les fronts, en ruminant nos rancœurs passées (vous vous souvenez comme si c’était hier du jour où, après une journée de travail harassante, vous vous êtes lancée dans la confection d’un gâteau d’anniversaire pour votre fils, lequel a fini par prétendre que la maman d’Émile en préparait de bien meilleurs…) ou en élaborant des projections douteuses sur un avenir pas forcément des plus roses.
C’est bien simple : à force de ressasser le passé et d’être obnubilée par ce qui pourrait arriver, vous ne vivez plus ! Qui plus est, sans vous en rendre forcément compte, vous restez confortablement emmitouflée dans votre panoplie de Rosita.
Privilégier « l’ici et maintenant » pour faire bouger les choses
Dans la mesure où le passé n’existe plus (au moment même où j’ouvre cette parenthèse, le début de cette phrase n’existe déjà plus…), que l’avenir n’est pas encore réel (c’est logique, puisqu’il n’existe pas encore), le seul moment qui compte est donc le présent. Dans « l’ici et maintenant », nous avons non seulement la capacité d’influencer la majorité des événements mais aussi, et surtout, d’agir sur la façon dont nous choisissons de les vivre. Rester bloquées dans le passé nous confine dans des schémas préétablis et nous cantonne à jouer les fées du logis. Nous projeter dans le futur risque de nous exposer à la peur, à l’échec et de nous faire passer à côté de tous ces instants de bonheur fugaces, que nous devrions prendre le temps de goûter, car ils se diffusent en nous aussi subtilement que les arômes d’un bon vin sur nos papilles.
Voici un premier remède pour ne pas faire dévier ses pensées vers des horizons hypothétiques peu réjouissants :
Supprimez le conditionnel de votre langage
« Et si je ratais mes îles flottantes pour les 50 ans de Jean-Pierre ? », « Et si mon petit tailleur vert amande déplaisait au recruteur ? », « Et si ma remarque l’avait froissé ? », « Et si le tee-shirt de ma fille n’était pas repassé le jour de la photo de classe ? », etc. La Française est ainsi faite, dit-on ; elle pense au conditionnel, avec la fâcheuse tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Dès lors, son appréciation du futur « est parfois si forte qu’elle rend malheureux dans le présent » 10 . Il est temps d’arrêter le carnage et de se détoxifier des ruminations * anxieuses et des hypothèses pessimistes ! Comme le fait très justement remarquer l’expert de la psychologie positive Tal Ben-Shahar, « la vie est courte, et on passe trop de temps à s’en faire pour ce qui pourrait (conditionnel) arriver au lieu de savourer ce qui est » 11 .
Inutile, donc, de vous faire un dessin :
Si vous n’en pouvez plus de devoir tout porter sur vos épaules, agissez !
L’action ne peut se concevoir autrement que dans le présent. Elle vous extirpe de votre monde intérieur, où nichent vos angoisses, pour vous diriger vers le monde extérieur, celui où vous visez des résultats.
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