Vingt-huit clés pour entretenir son couple
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Description

Une société vaut par la qualité des familles qui la composent a-t-on coutume de dire. Cet opuscule propose quelques recettes qui aideront le couple à faire échec aux incompréhensions, à la monotonie et aux conflits qui le guettent et peuvent le conduire à la ruine.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2008
Nombre de lectures 604
EAN13 9782336259277
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Vingt-huit clés pour entretenir son couple

Honorine Ngou
© La Maison gabonaise du livre, 2003.
© L’HARMATTAN, 2008 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296055070
EAN : 9782296055070
Sommaire
Page de titre Page de Copyright Epigraphe Dedicace AVANT-PROPOS INTRODUCTION I. - LE MARIAGE AUJOURD’HUI, NID D’AMOUREUX OU NID DE GUÊPES ? II. - LE RECOURS AUX FÉTICHES, UN CERCLE VICIEUX III. - VINGT-HUIT CLÉS POUR ENTRETENIR SON COUPLE CONCLUSION ANNEXE I ANNEXE II BIBLIOGRAPHIE
« Alors, peu à peu je découvre que progresser, vouloir atteindre des buts chaque fois plus élevés constitue la seule démarche qui puisse enrichir une vie, lui donner son sens »
Samuel Pisar
A tous ceux qui rêvent d’avoir un foyer stable.
AVANT-PROPOS
Il n’existe pas de couple parfait. Baudelaire a parlé des « intermittences du cœur » et reconnaît que l’amour est un sentiment en mouvement. Il s’en va et revient. Il est un « trésor redoutable », fragile, qui doit être entretenu comme une flamme qu’on ne veut pas perdre.
En effet, parler de l’entretien du mariage, c’est constater la “mauvaise santé” des couples actuels, c’est tirer la sonnette d’alarme au sujet d’une institution en train de perdre les valeurs multiples qui en font la force et favorisent sa solidité : amour, tendresse, joie, vérité, unité, fidélité, communication, harmonie, respect de l’autre, etc.
En fait, de nombreux mariages sont instables aujourd’hui et ressemblent à une plate-forme où l’homme et la femme sont devenus experts dans l’art de se détester, de se blesser mutuellement. Il y a un fossé entre la noblesse des engagements pris devant le Maire et les actes que les conjoints posent.
Souvent, au bout de quelques années de mariage, on néglige des astuces, des principes, des éléments qui peuvent aider à fortifier et à renouveler le couple. Bien pis, on se montre désinvolte, je m’en foutiste et on crée un climat de tensions, de haine d’où les regrets et le sentiment de déception éprouvés par les conjoints. Le couple dans ‘ces conditions, s’apparente à un désert aride, à un enfer sur terre.
Consciente du fait que la famille est la base d’une société dont la cohésion est étroitement liée à la stabilité conjugale et familiale, nous avons songé à écrire cette brochure sans autre prétention que celle d’aider les couples à avoir un foyer plus stable, plus harmonieux.
Ne pas agir aujourd’hui risque de se répercuter sur les générations futures lesquelles prendront le mariage en grippe et choisiront le concubinage qui leur assure plus de liberté. La solidité du couple est donc essentielle afin que les adultes de demain aient la possibilité de se fonder sur l’exemple de leurs parents.
Puissent les quelques astuces que nous proposons permettre aux couples de se dire : “Tel événement, telle circonstance nous a touchés mais pas coulés”,“nous avons plié face à telle situation mais nous n’avons pas rompu” !
Cet ouvrage se veut un nouvel espoir et de nouvelles perspectives pour la famille.
Nous souhaitons qu’il contribue à l’épanouissement psychologique et physique de l’homme et de la femme mariés ou qui projettent de l’être.
INTRODUCTION
Il faut reconnaître que ce n’est pas une tâche aisée de bâtir un couple stable dans une société où la tyrannie de la liberté, du sexe, du mensonge et du matérialisme est impitoyable.
En fait, porter l’anneau aujourd’hui ne veut plus rien dire. C’est un mirage, une illusion quand on tient compte de tous les scandales qui se produisent dans beaucoup de couples. La réalité conjugale est loin d’être un conte de fée, elle est devenue une plate-forme où tous les coups sont permis. C’est un lieu de destruction psychologique où l’amertume ronge les cœurs et où le désenchantement accable l’homme et la femme, parce que les valeurs essentielles dont le couple a besoin pour être solide ont disparu.
Or, le mariage, synonyme d’accord, d’alliance est l’acte par lequel deux personnes de sexe différent, décident, parce qu’elles s’aiment, de vivre ensemble, de partager leurs joies et leurs peines, de se porter mutuellement assistance jusqu’à la mort. Acte fondateur de la famille, le mariage correspond à un besoin de sécurité, d’équilibre psychologique et physique et se trouve au centre des préoccupations de l’être humain, quels que soient sa race, sa position sociale, son âge.
Loin d’être une aventure dans laquelle on s’engage sans avoir mûrement réfléchi, le mariage, institution divine, a un caractère sacré, solennel.
L’Ecriture sainte met d’ailleurs en relief la solennité de cette institution et montre clairement que Dieu reconnaît le bien-fondé du mariage quand il affirme : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je lui ferai une aide semblable à lui » 1
L’union entre l’homme et la femme est donc la relation la plus belle, la plus intime, la plus délicate et mérite, à cause de sa dimension sacrale, d’être entretenue, cultivée, « bichonnée » afin d’éviter qu’elle ne se rouille et ne s’enferme dans une routine lassante et pénible.
Malheureusement, en dépit de l’importance vitale du mariage, les professionnels de la justice, les hommes d’Eglise et même le commun des mortels sont unanimes à reconnaître que le mariage est en danger et devient aujourd’hui une comédie grotesque, un champ d’affrontements entre les époux, un espace fait de larmes et de vengeance au lieu d’être un nid d’échanges fructueux, de fous rires, de tranquillité morale et physique.
C’est pourquoi on constate qu’un nombre non négligeable de mariages débouchent sur le divorce aussi rapidement qu’ils ont été contractés. Pourtant, les rapports dans les couples peuvent être les meilleurs du monde à condition que les deux conjoints fassent des efforts au quotidien et respectent des principes qui n’ont l’air de rien mais qui permettent de faire échec à la monotonie, aux incompréhensions, aux tensions, aux frustrations et même aux bagarres qui existent dans le couple.
Quel que soit le nombre d’années de mariage que vous comptabilisez, ce livre vous sera utile et vous aidera non seulement à restaurer les valeurs qui sont le fondement du mariage, mais aussi à faire le point, à vous remettre en question, car le mariage ressemble à une longue marche et nécessite une évaluation constante. Souvent, les conjoints ont des attitudes, des comportements qui constituent un frein, voire une véritable carie pour l’équilibre conjugal. Or, ils doivent rechercher et mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour renouveler, « booster » leur relation souvent ruinée par l’usure et des crises de toutes sortes.
Ainsi, le lecteur et la lectrice trouveront-ils ici des recettes, “des trucs” susceptibles d’aider à la consolidation du couple et de lui apporter un peu plus de gaieté et de joie.
I.
LE MARIAGE AUJOURD’HUI, NID D’AMOUREUX OU NID DE GUÊPES ?

Se marier, c’est vite fait mais s’aimer toujours est une autre question
Jérôme et Rachel ont tous deux une bonne situation sociale et trois enfants. Mais il existe dans leur couple un malaise vague et indéterminé, une tension qu’ils ont du mal à dissimuler. Quand l’un rentre à la maison, l’autre sort sans un mot, sans un regard. Lorsqu’ils ont l’occasion de se retrouver ensemble, il suffit que l’un ouvre la bouche pour que l’autre tempête, explose.
Jérôme n’a pas eu le temps d’aller rendre visite à la mère de Rachel qui est arrivée du village pour un bilan de santé. Sa femme le lui a fait remarquer mais il l’a mal pris. Très vite, la négligence de Jérôme a engendré un chapelet de reproches et de mauvaises réflexions : « J’en ai marre de ton orgueil, de tes mensonges, des sautes d’humeur. C’est pas ton petit poste de directeur qui te monte à la tête ! Qu’est-ce qu’on a jamais vu ? » a lancé Rachel à son mari. Et celui-ci a rétorqué : « Et moi, je ne supporte plus tes plaintes, tes manières. Tu t’énerves pour un oui ou pour un non ; devant les enfants en plus. Tu exagères ! Essaye de diminuer un peu ton allure »
La dispute a éclaté alors que Jérôme était en train de déjeuner. Il a tapé du poing sur la table et a renversé la bouteille d’eau qui s’y trouvait. Ensuite, il a tiré nerveusement sa veste accrochée à l’une des chaises et est sorti en claquant la porte.
Désormais, le couple n’offre plus à ses enfants que le triste spectacle des portes qui claquent et des éclats de voix. Dans ce climat d’affrontement et d’agressivité, les enfants sont si terrorisés qu’ils s’enferment dans leurs chambres. La crise se prolonge jusqu’à eux ; ils sont nerveux et dissipés au point que leurs résultats scolaires s’en ressentent. Le petit dernier apeuré, pleure souvent quand il voit ses parents se disputer. Plus un mot ou un geste gentil. L’atmosphère est lourde et si intenable que la relation entre les deux jeunes gens est devenue comme un meuble rongé par les termites et qu’un seul coup de pied suffit à ébranler. Mais le couple fait de gros efforts pour sauver les apparences et résiste pour ne pas se séparer à cause de leurs trois enfants. Pendant combien de temps résisteront-ils ?
Il convient de souligner que le mariage dans la société actuelle est de moins en moins l’affaire des parents quel que soit le groupe ethnique. En dehors de quelques cas isolés de mariages arrangés, le choix d’un époux ou d’une épouse est personnel et libre. L’homme et la femme décident librement de se marier - parfois contre l’avis des parents - parce que chacun a reconnu la valeur de l’autre et croit que c’est avec cette personne qu’il partagera toute son existence.
Dans cette perspective, le mariage est l’occasion donnée au couple non plus pour rêver d’amour mais pour s’aimer, pour expérimenter véritablement des moments de tendresse, de complicité, de plaisir, de joie et de don de soi.
Il est des conjoints qui sont admirablement parvenus à créer cet environnement conjugal palpitant, ce nid d’amour en se témoignant une affection et un respect mutuels, et en essayant d’instaurer la discussion, le dialogue, l’ouverture au sein de leur couple. Conscients du fait que tout ménage peut battre de l’aile à un moment donné, ils ne laissent pas les problèmes les dominer et ne ménagent aucun effort pour dépasser toute tendance égoïste en assumant leurs responsabilités respectives à tous les niveaux. On éprouve un réel plaisir à côtoyer ce type de couple qui représente un modèle d’entente, de complicité et de paix.
Malheureusement, les ménages qui vivent dans un climat de tendresse, de gentillesse et de stabilité deviennent de plus en plus rares.
L’expérience montre qu’il existe dans le monde d‘aujourd’hui un nombre élevé de couples brisés qui connaissent une grande détresse affective et dont la relation conjugale n’est plus qu’une coquille vide : pas de joie de vivre, pas de complicité en dépit d’une famille nombreuse. Le manque de chaleur affective est tel dans ces ménages qu’il y a un froid presque polaire entre les époux qui se parlent à peine.
D’autres couples vivent presque dans une logique permanente de guerre, de violence : conflits psychologiques, conflits avec les beaux-parents, conflits financiers, conflits de goût, conflits d’opinions, conflits de sexe, au point que le climat devient irrespirable, infernal.
Faut-il s’étonner de la fréquence des adultères, des mensonges, des disputes dans ce type de ménage ?
Un fait anodin ou une simple discussion peuvent devenir l’objet de hurlements, de mots méchants et blessants transformant ainsi le foyer conjugal en panier de crabes, en plate-forme de haine où les époux vont chercher à se faire mal, à s’affronter même physiquement avec une rare violence.
En fait, on reste souvent interloqué, sans voix devant les couples qui se battent armés d’objets susceptibles de mettre la vie des uns et des autres en danger. Quand par exemple, un homme assène un robuste coup de poing à sa femme en pleine figure ou collectionne des maîtresses qui se montrent méprisantes envers celle-ci, a-t-il oublié l’engagement pris à la mairie ou à l’église de l’aimer en dépit de tout et de la protéger ?
Et lorsqu’une femme multiplie des attitudes de mépris, d’insoumission et de désinvolture envers son mari, que fait-elle de la promesse d’être l’aide de celui-ci, d’accepter qu’il passe en premier et qu’il joue pleinement son rôle de chef?
Un certain nombre de couples sont ainsi en lambeaux parce que les conjoints ont oublié leurs devoirs respectifs et mettent en avant leurs droits.
Aussi, offrent-ils un spectacle d’agressivité, de violence et de désolation à leurs enfants et à leur entourage au point qu’on peut se demander s’ils ne sont pas devenus des adversaires, des fardeaux les uns pour les autres au lieu d’être des moitiés, des cadeaux. C’est le cas de Jérôme et Rachel.
On peut observer que les tensions conjugales varient selon les couples et qu’elles ont des causes à la fois internes et externes, voire intimes. Elles peuvent être dues aux conjoints eux-mêmes (incompatibilité d’humeur, infidélité, égoïsme, autoritarisme, sexualité défaillante, etc.) et peuvent provenir des parents de l’un ou de l’autre, ou encore, de leur entourage.
Dans cet univers marqué par la violence, l’amertume et la lassitude, il règne une distance et un froid polaire tels entre les époux qu’on peut parler d’une sorte de solitude, d’enfer à deux.
Les femmes semblent plus souffrir d’une vie conjugale brisée que les hommes qui, très souvent, pour oublier le climat maussade et irrespirable du foyer conjugal, passent leur temps dans des bars, des boîtes de nuit ou dans les bras d’autres femmes. Tandis que les femmes transfèrent toute leur affection sur leurs enfants auprès desquels elles trouvent réconfort et refuge.
Certaines se tournent vers les féticheurs ou vont pleurer sur l’épaule de leurs amants.
Il faut tout de même dire qu’en dépit des pressions sociales, familiales ou d’autres facteurs qui peuvent fragiliser leur ménage, l’homme et la femme peuvent décider d’y faire face en reconnaissant et en réparant leurs erreurs.
N’y a-t-il pas des choix essentiels à faire, des idées à avoir pour la bonne marche du couple et pour que l’amour ne soit plus un sentiment dont on se contente de rêver quand on voit les autres dans les films ou dans la réalité ? Ne faut-il pas donner à son mari, à sa femme autant de chaleur, autant de gentillesse qu’on en demande pour que le foyer conjugal soit une bulle de joie et de paix ?
II.
LE RECOURS AUX FÉTICHES, UN CERCLE VICIEUX

Le fétiche est obscur et vain. L’amour plus sain
Le foyer de Sandrine battait de l’aile depuis six mois. Sa meilleure amie lui conseilla donc de consulter un « Nganga » avant qu’il ne soit trop tard. Sandrine se rendit au P.K.50 pour rencontrer « Papa Ngombi » qu’on disait faiseur de miracles en cas de crise sentimentale ou conjugale. « Papa Ngombi » était si « puissant » qu’on le croyait capable de briser les ménages les plus solides et de redresser ceux qui étaient déjà « par terre ».
Sandrine, bien décidée à reconquérir son mari et à améliorer la situation dégradante de son couple, demanda un découvert de trois cent mille francs à son gestionnaire et emprunta la première occasion pour le PK50. Elle paya cent cinquante mille francs de frais de consultation ainsi que quelques articles ( deux pagnes, deux whiskys, deux seaux neufs, deux bougies) que le féticheur avait dans son échoppe.
« Papa Ngombi » lui révéla ensuite que son mari avait une maîtresse qui était à l’origine de leurs problèmes : elle avait eu recours aux services d’une « nganga » pour que le mari de Sandrine se détache d’elle, ne la désire plus et la voie comme un « pagne noir ». Il ajouta que si Sandrine n’était pas vite allée le consulter, cette fille aurait réussi à démolir son ménage. Il recommanda ensuite à Sandrine de revenir le week-end avec un des slips de son mari et le sien propre, deux cheveux de son mari et les siens ainsi que deux œufs. Sandrine s’empressa de repartir chez « Papa Ngombi » quelques jours plus tard.
Ce dernier fit des incantations sur les cheveux et les slips et ordonna à Sandrine d’aller déposer les deux œufs au petit cimetière à minuit derrière sa case, sur une tombe de son choix en récitant une formule magique : « De la même manière que le mort ne peut se séparer de la terre, mon mari ne peut se séparer de moi. Quoi qu’il fasse et où qu’il soit, nous serons toujours liés comme le mort à la terre. Je mets ces œufs côte à côte pour que mon mari et moi soyons comme le mort et la terre ».
Sandrine retourna au cimetière à cinq heures du matin pour y récupérer les œufs déposés quelques heures plus tôt. Elle mit ensuite les slips dans une bouteille ainsi que les cheveux et alla jeter le tout à la mer en récitant une nouvelle formule qui avait le pouvoir de renouveler et de sceller l’unité conjugale : « De la même manière que nos slips et nos cheveux sont mêlés dans cette bouteille, de la même manière mon mari et moi serons inséparables. Emmy chéri, tu ne verras que moi, tu ne penseras qu’à moi, tu ne désireras que moi, tu ne seras qu’à moi ».
Une fois chez elle, Sandrine prépara une omelette aux champignons pour son époux et n’oublia pas, pendant qu’elle battait les œufs, de réciter une autre formule magique : « Le mort ne peut ni tromper ni trahir. Autant le mort est collé à la terre, autant Emmy sera collé à moi après avoir mangé cette omelette ».
Les fétiches de Sandrine semblèrent marcher pendant environ trois mois, car son mari ne découcha plus et on ne le revit plus en compagnie de sa maîtresse. Mais le bonheur de Sandrine ne dura que ce laps de temps : les absences de son mari au domicile conjugal redevinrent fréquentes et les rentrées de plus en plus tardives. Un jour, Sandrine crut devenir folle quand elle croisa son homme avec son ancienne maîtresse en train de faire des courses au « Premier Campement » .
La pluie d’injures qu’elle déversa sur son mari et sa rivale sous le regard amusé des commerçantes et d’autres clients n’empêcha pas Emmy d’épouser sa maîtresse un an plus tard. Ce qui traumatisa Sandrine et lui provoqua une dépression nerveuse et une anorexie.
C’est une évidence d’affirmer que le fétichisme situe et définit l’Afrique d’une manière générale. Culte ou pratique qui consiste à donner un pouvoir surnaturel, bénéfique ou maléfique à un objet, le fétichisme est ancré dans les mentalités et sert à rechercher quelque succès dans un domaine bien précis. On le trouve partout, même dans les domaines les plus inattendus.
On se rend compte en effet, que certaines personnes passent leur temps à consulter les “Nganga” pour tout, au point que le fétiche a remplacé les simples efforts personnels à fournir, les capacités et les compétences que Dieu a mises en chacun de nous.
C’est ainsi que, dans le domaine conjugal, beaucoup de femmes, par une sorte d’énergie du désespoir ont souvent recours à l’aide du féticheur. Si elles s’aperçoivent que leur couple est en péril et que l’amour y est devenu branlant, fragile, elles font tout pour trouver un fétiche qui le ravive, le stimule. C’est ce que Sandrine a désespérément tenté de faire.
D’autres femmes en revanche, n’attendent pas que les problèmes surviennent pour courir chez le féticheur. Elles anticipent et vont lui demander un “remontant”, quelque chose d’efficace pour s’assurer les bonnes grâces, la générosité, l’amour et la fidélité du mari dont les frasques et l’inconduite sexuelle peuvent être redoutables. Une expression tristement célèbre : « mettre son mari dans la bouteille » désigne la pratique qui consiste à maintenir l’homme dans une sorte de cage et à l’obliger à ne s’attacher qu’à sa femme par des moyens artificiels.
En fait, dans une société où les femmes, jeunes et moins jeunes s’érigent en d’impitoyables séductrices, plus d’une femme mariée se sent menacée face à certaines célibataires qui raffolent des hommes mariés, car, affirment-elles, ils semblent plus stables et plus responsables. Aussi, beaucoup de femmes, même des concubines et des maîtresses dépensent-elles des sommes astronomiques chez les féticheurs et autres charlatans, pour mériter la générosité de tel homme sur le plan financier, solliciter l’impuissance du mari face aux nouvelles conquêtes ou pour que le mari ne voie et ne pense qu’à elle, etc. Les anecdotes choquantes, effrayantes et pathétiques sont nombreuses à ce sujet. En effet, les femmes remportent la palme d’or dans ce qu’on pourrait appeler le “fétichisme du cœur”. Les hommes qui se livrent à des pratiques fétichistes pour rechercher la stabilité du couple existent mais sont rares.
Les hommes excellent, quant à eux, dans la recherche des fétiches qui renforcent le pouvoir, leur ouvrent la porte des postes de responsabilités et favorisent la promotion professionnelle et sociale. Il n’est pas exclu que certaines femmes entreprennent les mêmes démarches pour avoir la sympathie d’un chef et obtenir une promotion. Cependant, elles sont plus nombreuses à s’intéresser au “Nganga” pour améliorer et renforcer les rapports avec l’autre sexe.
C’est d’autant plus vrai que certaines femmes n’hésitent pas à faire manger des souillures dont on n’oserait donner des détails ici à leur époux, pire encore, à leurs simples amants parce qu’elles veulent les posséder, les obliger à n’avoir qu’elles absolument. Quelle perte de temps ! Quelle illusion !
Ces pratiques, d’une efficacité douteuse et éphémère, ruinent les femmes à tous les niveaux et enrichissent les charlatans. Une certitude subsiste, on ne peut nullement emprisonner un homme par des artifices, fût-il notre mari.
C’est dans la nature de l’homme, quel qu’il soit, d’être stimulé par ce qu’il voit, de se rincer l’œil, d’admirer et de désirer ce qu’il n’a pas. Plus on l’empêche de regarder, plus on multiplie les scènes de jalousie, plus on rend son envie et sa curiosité plus fortes. L’essentiel est que le mari sache ce que sa femme, sa vraie, représente : est-elle “un poids lourd ?” “un poids léger” ?. C’est connu de tous, un “poids lourd” n’est pas turbulent et ne panique pas devant n’importe qui, n’importe quoi, n’importe comment.
C’est pourquoi les fétiches ne nous semblent pas la meilleure solution pour obtenir tout ce que l’on veut de sa femme ou de son mari, ou pour avoir un foyer stable. La solution est dans des “petites choses”, des petites attentions, des détails que les gens négligent souvent mais qui sont assez efficaces pour produire de bons fruits et faire du mariage un lieu de vie et de complicité.
En revanche, les fétiches ont le pouvoir d’enchaîner ceux qui les pratiquent, de susciter non seulement une sorte d’accoutumance mais de produire un effet de boomerang. Cela signifie que lorsqu’on a pris l’habitude d’aller chercher secours chez les charlatans, on ne peut plus s’en passer. Cela devient une drogue qui se retourne toujours contre le consommateur. Même si le fétiche peut donner l’impression d’agir dans le sens qu’on souhaite, cette action ne dure pas toute une vie. On peut même se rendre compte que notre situation est pire qu’avant. C’est d’ailleurs pourquoi bon nombre d’observateurs affirment que la plupart des personnes qui ont longtemps été victimes des pratiques fétichistes en viennent à haïr ceux ou celles qui se sont rendus coupables de tels actes à leur endroit.
Cela prouve que seul le naturel peut vraiment procurer la paix. On est plus heureux ou plus heureuse de savoir que notre couple se porte bien naturellement. L’artifice étant éphémère, il aggrave souvent les problèmes du couple au lieu de les régler. Pouvait-on imaginer un instant le remariage d’Emmy après les incantations redoutables formulées par Sandrine ? Pourtant, il existe des erreurs et des comportements à éviter de peur que le couple ne fasse naufrage. Que faire alors pour embellir, raviver, donner de l’ardeur, de l’élan à notre couple sans féticher ?
III.
VINGT-HUIT CLÉS POUR ENTRETENIR SON COUPLE
Il n’y a pas de recette miracle pour entretenir et réussir son couple. C’est un engagement bilatéral qui implique concessions, sacrifices et surtout bonne volonté qui sont autant d’ingrédients pour vivre une union harmonieuse.

1. Se préparer au mariage : une nécessité absolue
Rien ne sert de courir, il faut partir à point
Aloïse, trente ans, a épousé Sandra, vingt-cinq ans, un an après leur rencontre en dépit des réserves de leurs parents. Sandra a fait toutes ses études primaires et secondaires en Europe et est plus imprégnée des valeurs occidentales que des valeurs de son pays. Ainsi, trouve-t-elle ridicule que des gens qui s’aiment s’observent pendant une éternité avant de se marier : « Ce sont des choses d’avant qui ne marchent pas forcément pour tout le monde » avait-elle répondu à sa mère qui tentait de la convaincre d’attendre que la relation avec Aloïse mûrisse un peu.
Le mariage fut pourtant célébré en grande pompe, à la mairie et à l’église. Il y avait de quoi faire envie aux célibataires, tellement les deux jeunes gens étaient beaux comme des cœurs. Sandra tomba enceinte deux mois après leur mariage. Ils eurent deux enfants en deux ans mais cela ne suffit pas pour amener la paix et l’entente au sein du couple.
Aloïse, à cheval sur les principes était très macho et trouvait que sa femme avait des manières de « blanche », car elle se permettait souvent de faire des remarques désobligeantes sur la famille de son mari, du genre : « Tes parents sont un vrai pot de colle, ils ne peuvent pas nous laisser tranquilles cinq minutes. C’est tout de même incroyable ! Sache qu’il y a une différence entre le tourisme et l’immigration ! En plus de cela, pourquoi ce serait nous qui devrions nous charger d’élever les enfants des autres ? Ce n’est pas écrit mère Térésa sur mon front ! Tout ça commence à me saouler ! »

Aloïse rétorquait : « Laisse mes parents tranquilles ! Si toi tu es une blanche, moi je ne suis pas un blanc. Je respecte suffisamment tes parents, tu dois aussi respecter les miens. Ils ont le droit de venir me rendre visite. C’est quand même chez moi ici, après tout ! ». Vexée, Sandra répondait à son mari : « O.K. j’ai compris, tu veux me montrer que j’ai rien à dire lorsque tes parents viennent chez nous sans avertir, ouvrent mon frigo et se servent sans mon autorisation. Un de ces quatre, je te laisserai avec tes parents et je me casserai, y’en a marre ! ». Pour Sandra, Aloïse est un villageois, un homme aux manières grossières, un égoïste qui pense plus à défendre les intérêts de ses parents que ceux de son couple.

Aloïse confiait à son tour à qui voulait l’entendre qu’il aurait dû écouter les conseils de ses parents avant de s’engager, car tout bien réfléchi, sa femme est comme une écharde dont il ne sait comment se débarrasser. Insultes, bagarres, actes d’infidélité sont devenus si fréquents entre Aloïse et sa femme que le divorce semblait la meilleure solution. Mais lorsqu’ils pensaient à leurs enfants et au mariage contracté à l’église, ils ne pouvaient prendre une telle décision. Pour Sandra, son mariage n’a été qu’une « grosse connerie ». Aussi, s’en voulait-elle de ne pas s’être rendu compte assez vite que son mari n’était qu’un « pauv’ con, une chiffe molle incapable de dire non à ses parents » .

Il importe d’abord de rappeler que l’amour, qui est la disposition à vouloir le bien de son prochain, de son mari ou de sa femme, doit être le fondement, la base même du mariage. En effet, l’amour constitue à notre avis, le meilleur remède qui permettra au futur couple de triompher des turbulences, du temps qui passe, des agressions extérieures. Nous appuyons ainsi cette belle affirmation extraite de “Cantique des cantiques”  : “Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour et les fleuves ne le submergeraient pas”. Cela signifie en clair que l’amour est une force, une puissance qui triomphe de tout. Quand on aime vraiment, on a toute la patience qu’il faut, on éprouve même la plus grande joie de donner, de se donner, de rendre sa conjointe ou son conjoint heureux.
Ainsi, faire le bonheur de son mari ou de sa femme devrait être la motivation première de celle ou de celui qui s’engage dans le mariage. Or, beaucoup de mariages sont brisés au bout de quelques années parce que chacun des conjoints recherche son bonheur, oubliant que le mariage n’est pas une voie à sens unique ; il est le “rendez-vous du donner et du recevoir” . Le bonheur qu’une femme attend de son mari, ce dernier l’attend aussi de sa femme. Se marier, c’est alors s’engager à rendre l’autre heureux ou heureuse en posant sans compter des actes qui font plaisir, plutôt que d’attendre passivement et égoïstement son propre bonheur.
Se marier, c’est prendre la décision de faire à son mari, à sa femme ce que nous voudrions qu’il ou qu’elle nous fasse et nous verrons que les choses seront plus simples et plus durables. En fait, le mariage, nous l’avons souligné plus haut, a été créé pour l’équilibre des conjoints. Aussi, est-il fondamental de s’assurer avant le mariage, qu’on connaît suffisamment son ou sa fiancé (e), ses attentes, ses aspirations, ses défauts et qu’on peut les supporter toute sa vie. En effet, beaucoup oublient que le mariage n’a rien à voir avec la cérémonie devant le maire, le prêtre ou le pasteur. C’est après, dans la vie de tous les jours qu’il se « pratique », se vit. Le mariage a tellement d’exigences et d’impératifs qu’il faut bien réfléchir avant de s’y engager.
Monsieur, Madame, quand on rate son mariage, c’est notre vie tout entière qui en est affectée. Ne se marie donc pas qui veut, mais qui peut. D’où la nécessité d’être outillé(e), armé(e) sur tous les plans. Nous osons affirmer que bon nombre de mariages connaissent l’échec et la désolation non seulement à cause des mauvaises motivations de départ, mais surtout à cause du manque de maturité, de préparation de l’un ou de l’autre des deux conjoints à la vie de couple.
Un nombre considérable de personnes, surtout les jeunes, se jettent dans le mariage sans éducation de base, sans connaissance des pratiques et des usages de la société, sans expérience, en somme. Souvent, on voit certaines femmes banaliser le mariage et tenir des propos à la fois surprenants et choquants, du style : “Je peux tenter l’expérience, si ça marche, tant mieux, si ce n’est pas ça, je divorce”. Le mariage serait-il devenu une loterie ? une formalité à remplir ? Avant même de se marier, on pense déjà au divorce. Comment peut-on avoir les pieds dans deux barques différentes et espérer arriver à bon port ?
Il est donc vital que le couple qui souhaite s’engager dans le mariage ait une formation, une sorte “d’initiation à la vie conjugale”. Il peut demander l’aide des hommes d’église ou des couples expérimentés pour avoir des conseils, des enseignements qui l’aideront à surmonter les embûches susceptibles de se dresser devant lui.
Si le couple n’est pas formé, préparé, éduqué pour la vie conjugale comment pourra-t-il faire face au stress, aux tensions qu’impose souvent la vie commune ? C’est justement s’il se prépare qu’il apprendra comment aimer, supporter, respecter l’autre et pourra acquérir la sagesse et l’habileté nécessaires à son équilibre.
En dehors de l’acquisition des valeurs morales et spirituelles qui contribueront à améliorer les relations entre les conjoints et serviront à l’éducation des enfants, la femme, jeune ou moins jeune doit apprendre les arts ménagers (couture, cuisine, hygiène, décoration, etc.) et la gestion du budget conjugal pour éviter les dépenses inutiles et les dettes. Or, beaucoup de femmes font semblant de tout connaître. Elles ne veulent rien apprendre et aspirent tout de même à fonder un foyer sans savoir ni cuisiner, ni repasser, ni faire le ménage. Jeunes, elles ne savaient même pas organiser le petit espace de la chambre qu’elles occupaient chez leurs parents, ni gérer le peu d’argent dont elles pouvaient disposer. Or, avant d’aller gérer tout un foyer et un gros budget, il est indispensable de faire d’abord ses preuves dans la maison familiale.
Il est également des hommes qui ne savent et ne veulent rien savoir non plus. Il ne faut surtout pas leur demander d’apprendre un peu de bricolage, de jardinage et de plomberie. L’on constate même qu’on continue de former davantage les jeunes filles aussi bien dans la cellule familiale que dans des centres appropriés mais qu’on néglige la formation des garçons. En général, une fois adultes, ils ne font que reproduire dans leur couple ce qu’ils ont vu faire chez leurs parents ; ce qui est somme toute normal, car « l’individu n’est que la résultante mécanique de ce qu’il reçoit d’autrui » .

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