Cultiver son attention et sa concentration avec la sophrologie
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Description


Evitez la dispersion : comment se reconnecter à soi-même et à ses objectifs



Qui ne s'est pas surpris à utiliser son Smartphone en réunion, à oublier une tâche commencée la veille et non finie, à manquer une information importante ou à avoir du mal à se concentrer ?



On en éprouve la sensation que la vie file entre les doigts : tout va si vite, tout change, plus de repères.



On se pose des questions sur notre mode de vie, le consumérisme, nos comportements, la fatigue, le stress, l'âge et, surtout, sur l'usage des nouvelles technologies. Mais quels sont réellement les facteurs ayant une influence sur la qualité de l'attention ? Peut-on soi-même agir ou réagir ?



La réponse est oui, à condition de s'exercer !



Vous découvrirez, au fur et à mesure de la pratique des 60 exercices proposés, les nombreux effets positifs de ce travail sur vous. Ils nous aideront à porter vos choix d'attention en toute conscience, à manier vos temps d'attention et de concentration, à exercer vos capacités d'ouverture, de curiosité et de lâcher-prise. Votre relation avec vous-même et avec les autres en sera améliorée et, plus que tout, vous vous sentirez maître de vos choix.




  • L'attention, c'est quand elle s'échappe qu'on s'en aperçoit


    • Une ressource difficile à discipliner


    • Se mettre dans de bonnes conditions


    • S'arrêter pour poser son attention




  • Augmenter ses capacités de concentration


    • Viser la bonne cible d'attention


    • Maintenir son attention pour se concentrer


    • Se reconnecter, se concentrer, et s'ouvrir sans se disperser



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 juin 2019
Nombre de lectures 3
EAN13 9782212466188
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0550€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Éviter la dispersion :
comment se reconnecter à soi-même et à ses objectifs
Q ui ne s’est pas surpris à utiliser son Smartphone en réunion, à oublier une tâche commencée la veille et non finie, à manquer une information importante ou à avoir du mal à se concentrer ? On en éprouve la sensation que la vie file entre les doigts : tout va si vite, tout change, plus de repères.
On se pose des questions sur notre mode de vie, le consumérisme, nos comportements, la fatigue, le stress, l’âge et, surtout, sur l’usage des nouvelles technologies. Mais quels sont réellement les facteurs ayant une influence sur la qualité de l’attention ? Peut-on soi-même agir ou réagir ?
La réponse est oui, à condition de s’exercer !
Vous découvrirez, au fur et à mesure de la pratique des 60 exercices proposés, les nombreux effets positifs de ce travail sur vous. Ils vous aideront à porter vos choix d’attention en toute conscience, à manier vos temps d’attention et de concentration, à exercer vos capacités d’ouverture, de curiosité et de lâcher-prise. Votre relation avec vousmême et avec les autres en sera améliorée et, plus que tout, vous vous sentirez maître de vos choix.

Sophrologue, Camille Chenal est également rédactrice sur le site calapalo-sophrologie, proposant la formation et la pratique de la sophrologie, de la relaxation, de la méditation et des techniques psychocorporelles de bien-être.
Camille Chenal
Cultiver
son
attention
et sa
concentration
avec la
sophrologie
60 exercices pour lâcher prise et doper son efficacité
Éditions Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Pour plus d’informations, accéder à des liens utiles, ou encore découvrir de nouveaux exercices, vous pouvez consulter le site de l’auteure :
www.calapalo-sophrologie.fr

Mise en page : Istria
Relecture/corrections : France Facquer et Céline Haimé
Illustrations et schémas : Camille Chenal ; Sebastian Kaulitzki/Shutterstock ( p. 33 , 34 haut) ; Jolygon/Shutterstock ( p. 34 bas) ; udaix/Shutterstock ( p. 36 ).
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Éditions Eyrolles, 2019
ISBN : 978-2-212-57095-3
Merci à tous les chercheurs, Jean-Pierre Changeux par exemple, et je cite le plus souvent Jean-Philippe Lachaux qui est à l’origine de ma passion lorsque j’ai découvert son livre Le Cerveau attentif . Sa préface pour mon premier ouvrage a été un très beau cadeau. Merci, Helena Peres et Jocelyne Gérigné, de tout votre accompagnement au cours de ces années dans notre passion commune de la transmission de la sophrologie. Merci, papa, d’avoir partagé avec moi des discussions acharnées sur tous les sujets autour de la méditation et dont les quêtes spirituelles ont forgé mon attrait pour la compréhension des ressorts de la conscience. Merci à Marion, Lilian et Bertrand, à tous mes proches, vous qui m’avez soutenue et aidée à enrichir la réflexion sur ce passionnant sujet.
Sommaire
Introduction
PARTIE 1 L’attention, c’est quand elle s’échappe qu’on s’en aperçoit
CHAPITRE 1 Une ressource difficile à discipliner
Ciel, où est donc passée mon attention ?
Votre attention s’il vous plaît !
Toutes les parties du cerveau jouent de concert
La porte de la mémoire
CHAPITRE 2 Se mettre dans de bonnes conditions
Stress et attention ne font pas bon ménage
Créer un environnement adéquat
On fait avec ce que l’on a
L’attention à l’attention
Mettre en place des visualisations, méditations et exercices psychocorporels
CHAPITRE 3 S’arrêter pour poser son attention
L’attention sous influence
J’y arrive pas !
Se relaxer, c’est se préparer à être attentif
Cool et en sécurité
PARTIE 2 Augmenter ses capacités de concentration
CHAPITRE 1 Viser la bonne cible d’attention
Mais quelle cible ?
Se motiver
S’organiser
CHAPITRE 2 Maintenir son attention pour se concentrer
Attention partagée, dispersée : difficile de se concentrer !
Enfin ! Quand l’attention se fixe
CHAPITRE 3 Se reconnecter, se concentrer… et s’ouvrir sans se disperser
Se reconnecter à soi-même grâce à son attention
Souplesse de l’attention : resserrer et élargir
Quand l’attention rencontre l’empathie
Attention et intelligence collectives
Conclusion
Bibliographie
Introduction
La capture de l’attention est un enjeu individuel et sociétal
Je suis sophrologue depuis une dizaine d’années. J’avais fait, pendant un certain temps, le choix de me centrer sur la question de l’apprentissage des enfants ayant des difficultés scolaires, et notamment des problèmes d’attention. J’ai témoigné de mon approche de la parentalité dans mon premier livre, J’aide mon enfant à être attentif 1 , non seulement en proposant des exercices pour aider à gérer les performances de l’attention, mais aussi en apportant une réflexion sur l’attention, la présence que l’on apporte à son enfant, le « bain d’attention », la sécurisation, dont nous l’entourons.
D’un autre côté, je me suis moi-même demandé « Mais où est donc passée mon attention ? », lorsque je me suis surprise à faire répéter, à ne pas avoir retenu l’information, à fatiguer et à sentir le surmenage, à ressentir de l’agacement face à de multiples interruptions, la dispersion de mon attention, sans cesse happée par-ci, par-là, l’épuisement, la lutte contre la démotivation, et l’influence de la routine. Je n’étais pas très fière de m’apercevoir des failles de mon attention, de mes difficultés de concentration au travail, de mon inattention face à mes proches ou encore de mon indifférence envers les autres. Et les piques amusées de mon entourage – « Ah oui, tu écris un livre sur l’attention, mais toi, tu n’as pas fait attention, là… » – ne cessaient de me le rappeler.
Faut-il attendre d’avoir perdu son attention pour se rendre compte de combien elle est nécessaire ?
Une étude, menée par Matthew Killingsworth et Daniel Gilbert, psychologues à Harvard, à partir de 250 000 questions posées à 5 000 personnes de 18 à 88 ans, montre que plus l’esprit est dispersé, peu impliqué dans l’activité en cours, moins le bien-être subjectif est ressenti 2 . L’attention qui se disperse provoque de la frustration, des baisses de performance et de l’anxiété. La concentration et la prise de décisions sont perturbées dans le milieu professionnel en raison des interruptions diverses. La société américaine Basex en 2005 avait déjà évalué à 28 % le temps de travail des salariés perdu, soit plus de deux heures par jour 3 .
Les panneaux publicitaires sont dans les rues, les transports, les bâtiments, sur Internet… Ils attirent l’œil, inconsciemment. Les alertes et notifications sont sur nos Smartphones et ordinateurs pour créer un être réactif et connecté, pour nous servir, et nous distraire. Notre époque impose de nombreuses pressions sur l’attention, ne laissant plus le cerveau donner libre cours à ses pensées, les approfondir. Pas étonnant que notre système attentionnel perde les pédales, trop sollicité.
La sophrologie pour cultiver l’attention
Il est nécessaire d’aller plus loin que la volonté de performance et l’effet « mode » des pratiques psychocorporelles. Comme le soulignent les chercheurs David Zarka et Ilios Kotsou, il faut éviter d’entrer dans la démarche d’une recette miracle visant à augmenter une performance 4 . L’acte de l’attention mène à prendre conscience.
Adopter une « attitude sophrologique » va donc révéler la conscience en vivant davantage dans la situation présente, et permettre de s’adapter de façon plus adéquate aux différentes situations. Percevoir l’état de sa propre conscience (sensation, émotion, tension…) permet en effet d’adopter une attention plus juste, vis-à-vis de soi-même et de l’entourage, environnement et personnes.
Dans la première partie de cet ouvrage, après avoir expliqué l’attention et ce qui l’influence, nous aborderons la pratique sophrologique en proposant de prendre le temps d’arrêter le flux ininterrompu du temps, et de se poser ces interrogations simples et nécessaires : « Comment je vais ? Qu’est-ce que je sens ? Comment est-ce que je respire ? ». Puis des exercices fondés sur l’expérimentation, le fait d’être et de vivre l’instant présent, nous amèneront à nous poser ces questions : « Qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je ressens ? Qu’est-ce que je pense, là, maintenant ? ».
Se pose alors la question de cibler son attention, abordée en seconde partie de cet ouvrage. Dans la prise de conscience qui s’établit, peu à peu émerge une recherche plus profonde : vers quoi orienter son attention, au-delà du comment l’orienter. Distinguer son fonctionnement automatique de son aspect plus réflexif demande alors de fixer son propre gouvernail et les sources de sa motivation.
J’espère que vous découvrirez au fur et à mesure de la pratique les nombreux effets positifs de ce travail de l’attention sur votre être.

1 . Éditions Eyrolles, 2018.
2 . Killingsworth M. A. et Gilbert D. T., « Wandering Mind Is an Unhappy Mind », Science, vol. 330, n°6006, 2010.
3 . Spira J. B., « The Cost of Not Paying Attention: How Interruptions Impact Knowledge Worker Productivity », Basex, 2005.
4 . Zarka D. et Kotsou I., « Prenons garde au détournement de la méditation de pleine conscience », Le Monde , 9 août 2018.
Partie 1
L’attention, c’est quand elle s’échappe qu’on s’en aperçoit
CHAPITRE 1
Une ressource difficile à discipliner
Ciel, où est donc passée mon attention ?
Trop dispersée ? Incontrôlable ?
Je vous propose de faire un test, inspiré de l’échelle d’autoévaluation d’Utah, Copland et Brown permettant de détecter les troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
Si vous cochez plus de 15 cases dans la colonne « Oui, ça m’arrive souvent », il devient urgent de lire et de suivre les conseils de cet ouvrage. Soucieux d’améliorer vos performances ou votre qualité de vie, vous pouvez essayer de perfectionner votre attention, en tentant tout d’abord de comprendre ce qui se passe, puis en vous exerçant – mais cela ne vous dispense pas d’aller consulter un médecin pour faire un bilan médical et prendre les dispositions nécessaires.

Ça ne m’arrive jamais.
Oui, ça m’arrive parfois.
Oui, ça m’arrive souvent.
Je ne prête pas attention aux détails.
J’ai du mal à maintenir mon attention sur un travail, une tâche ou une lecture.
Souvent, je ne semble pas écouter.
Je ne termine pas mes tâches.
J’ai des difficultés à organiser et à planifier mon travail et mes activités.
Je cherche à éviter, ou je fais à contrecœur, les tâches qui me demandent un effort mental soutenu.
Je perds ou j’oublie souvent des objets.
Je suis facilement distrait par des bruits autour de moi.
J’ai des oublis fréquents dans la vie quotidienne, comme oublier ce que j’ai fait, ce que je dois faire, etc.
Je remue souvent les mains, les pieds.
Je me lève souvent au travail ou dans d’autres situations où je dois rester assis.
Souvent, je parle trop.
J’interromps souvent les autres ou je réponds aux questions sans attendre qu’on ait terminé de les poser.
J’ai des difficultés à attendre (par exemple à la caisse du supermarché).
J’ai beaucoup de difficultés à vivre des situations de stress.
Je ne me rappelle plus ce que l’on m’a dit.
Je m’aperçois, quand quelqu’un me parle, que je pensais à autre chose.
Je suis incapable de me rappeler ce que j’ai fait ou mangé, ou ce qui s’est dit au cours de la journée.
J’ai du mal à me concentrer sur mon travail parce que des idées tournent dans ma tête.
Je m’emballe lors d’un travail, je pars à fond, mais le trop-plein d’enthousiasme et le flot d’idées générées entraînent un niveau d’excitation interne qui est incompatible avec la poursuite du travail lui-même.
Je réponds quelque chose n’ayant rien à voir avec la question posée.
Dès que j’ai quelques minutes de libre, je regarde mon téléphone pour vérifier si j’ai des messages.
Je me sens mal si je n’ai pas assez de « likes » sur les réseaux sociaux.
Je joue à des jeux sur mon téléphone dès que je le peux.
J’oublie l’anniversaire de ma mère (ou autre proche), je ne pense pas à de grands événements qui touchent mes proches.
J’ai de nombreux oublis. Cela peut porter sur des rendez-vous, des promesses, ou sur des tâches administratives obligatoires (les impôts par exemple).
Mon apparence m’importe peu : mal rasé, mal coiffé, ébouriffé, les vêtements non repassés…
On me fait souvent remarquer que j’ai laissé la poche de mon sac à dos ou la porte ouvertes, la lumière allumée, ou que ma veste est mal boutonnée…
Un environnement non adapté à notre cerveau
Comment expliquer ce ressenti global d’épuisement, et, pire, de « mal vivre » ? Je ne suis pas la seule à m’interroger sur la question, malgré les progrès de l’hygiène, de la médecine, des techniques, des échanges, de l’industrialisation, de l’informatique ou encore de la digitalisation…
Car où est passée notre attention dans l’ère de la consommation, du plaisir et du numérique ? J’en arrive à ce constat : tout est accessible, tout de suite, tout est consommable, et nos pensées suivent ce rythme effréné, devenant courtes, interrompues. De moins en moins de situations encouragent l’attention volontaire et contrôlée. Christophe André, dans son article « L’attention volée 1 », souligne la carence de calme, de lenteur et de continuité, trois nourritures vitales pour nos capacités attentionnelles.
L’attention est soumise à rude épreuve dans la vie quotidienne, ballottée çà et là au rythme « métro boulot dodo ». Dans la sphère professionnelle, tout le monde a à gagner d’une attention et d’une concentration performantes. Mais les faits sont là, elles s’échappent. Pourquoi ? Le monde moderne, qui aurait dû nous simplifier la vie, nous noie dans sa complexité, dans ses multiples interruptions et appels stimulants ou distrayants. Difficile de rester concentré en open space , de ne pas oublier quelque chose, d’écouter calmement son collègue sans l’interrompre, de ne pas manquer l’e-mail si important qui a été englouti sous les quatre-vingts autres de la matinée, et de garder le gouvernail sur le projet qui aurait pu permettre de vous faire briller un peu dans ce monde impitoyable.
L’environnement quotidien urbain et digital n’est pas adapté aux fonctions de notre cerveau. Il n’est plus composé uniquement d’éléments naturels, mais gorgé d’influences nouvelles, trop présentes pour ses capacités originelles. Qu’y a-t-il de si différent dans nos modes de vie, par rapport à ceux de notre ancêtre chasseur-cueilleur (je parle bien sûr à l’échelle de l’évolution de l’espèce humaine sur la planète Terre) ? De la survie, et donc de l’observation du monde environnant, nous sommes passés à la surexposition aux stimuli attentionnels, et d’échanges avec une trentaine ou une centaine seulement d’individus, nous sommes maintenant en contact avec des centaines, voire des centaines de milliers de personnes.
La surproduction qui guide notre société induit la concurrence de la publicité et l’exploitation commerciale, omniprésente, et même un réseau social comme Facebook, dédié uniquement au départ à créer du lien entre les personnes, s’empare dorénavant de tous nos actes et désirs. Nos cinq sens sont de toute part appâtés : chaque regard, que ce soit dans la rue ou sur le Web, mais aussi nos oreilles, sont exploités. Vous souvenez-vous de la musique dans le supermarché lors de vos dernières courses ? Normal, elle était là, entraînante, pour vous mener inconsciemment de la tête de rayon où sont les promotions vers les caisses. Et l’odeur de croissants par là ? Un diffuseur d’arômes pour vous faire croire que vos viennoiseries sont cuites sur place et chatouiller votre estomac qui ne demandera pas à votre cerveau de calculer le gain en calories et l’effet sur la balance.
Un monde surconnecté
Vous n’avez plus à angoisser en relevant votre boîte aux lettres, qui ne contenait plus que des factures et de moins en moins de lettres d’amis. Dorénavant, tous vos courriers et prélèvements sont virtuels, de même que la plupart de vos liens amicaux, exprimés par de simples « J’aime » sur les réseaux sociaux. Les applications s’installent automatiquement, votre boîte e-mail est pleine et, grâce à vos cartes de fidélité, tous les partenaires commerciaux vous bombardent d’offres. Pas de promenade sans que Google ne fasse vibrer votre compagnon indispensable pour vous attirer dans la boutique du coin parce que vous avez été ciblé comme public potentiel de leurs produits. Mieux vous connaître pour mieux vous servir… ou vous manipuler, exploitant chaque faille ou faiblesse détectée, du corps, du mental, et de vos compétences numériques.
Des vies personnelles éprouvantes
D’un autre côté, nos vies personnelle et familiale ne font pas non plus de cadeaux à nos capacités d’attention et de concentration. J’ai ce souvenir de jeune maman, quand, la première fois que j’avais fait garder mes enfants quelques jours, j’avais eu la sensation de pouvoir enfin « terminer ma pensée » sans être interrompue. Et vous, dans votre emploi du temps, de combien de temps disposez-vous pour vos loisirs, une activité physique, des échanges amicaux, ou pour rêvasser ?
Mener de front une carrière professionnelle et une vie personnelle épanouie relève du défi, et tout part à vau-l’eau quand nos fonctions cognitives nous lâchent. Est-ce moi qui décide de ma vie, ou ma vie qui décide de moi ? À quoi suis-je attentif, et suis-je suffisamment concentré quand cela est nécessaire ?

C’est du vécu

Je viens de raccrocher mon téléphone après avoir pris rendez-vous avec mon médecin. Il faut que je le note, avant même de faire autre chose, car j’ai bien peur de l’oublier dans le train-train régulier du quotidien.
J’ouvre l’agenda, et là, je vois une notification : « Vous avez reçu un SMS. » Zut, ma fille ! Qu’est-ce qui se passe ? Je regarde les quelques mots, qui m’intriguent, je ne comprends pas, donc je clique sur le message pour le voir s’afficher entièrement. Oh, elle a oublié ses clés et est coincée devant la porte ! Je l’appelle donc, pour régler le problème. Je la calme et l’aide à trouver une solution en attendant mon retour. Et je raccroche.
Je ne sais même plus ce que je faisais sur mon téléphone. Une alerte sur l’ordinateur me dit qu’il faut que je rejoigne la réunion. Le rendez-vous chez le médecin : oublié. Je ne l’ai pas noté. Reste à espérer qu’une bouffée de mémoire me remontera à un autre moment qu’au milieu de la nuit, quand je ne pourrai pas non plus le noter. Car le stress d’oublier quelque chose risque de me garder éveillée et de provoquer une insomnie.
Chacun a ses petits trucs plus ou moins recommandables pour doper l’attention, quand on en a besoin. Il s’agit de jouer sur l’équilibre chimique du cerveau : se détendre, boire du café (ou un soda), bien dormir, prendre de la vitamine C ou des médicaments, fumer, se gratter le nez, tenir son doudou…
Jusqu’à se troubler
On a aussi observé que la fatigue, le stress, l’alcool, les préoccupations et… l’âge ont une influence négative sur l’attention. Il est parfois extrêmement difficile de se concentrer, d’être attentif, et ce manque d’attention peut avoir des conséquences graves sur sa vie.

Troubles déficitaires de l’attention (TDA)
Les TDA peuvent être accompagnés d’un « H », pour « hyperactivité ».
Jean-Philippe Lachaux, directeur de recherche à l’INSERM de Lyon, précise que ces troubles proviendraient d’un dysfonctionnement chronique du cerveau et touchent six grandes fonctions : la capacité à fixer des priorités, à les organiser et à mettre en œuvre un plan pour les atteindre ; la capacité à définir et maintenir une cible de son attention et à en changer pour s’adapter à des changements d’objectifs ; la capacité à être réactif ; la capacité à réguler ses émotions, notamment pour faire face à la frustration ; la mémoire de travail ; la capacité à surveiller ses propres actions, pour s’assurer que l’on fait bien les choses correctement.
Si ces troubles de l’attention deviennent trop envahissants, disproportionnés, peut-être faut-il se poser la question du diagnostic et consulter votre médecin. Il vous aidera à prendre les mesures adaptées. L’encadré précédent peut vous aider à comprendre ce qu’on appelle les « TDAH ». Environ 4 % des personnes qui en souffraient durant leur enfance présentent toujours, à l’âge adulte, les critères complets du syndrome « inattention, impulsivité et hyperactivité », et un certain nombre d’adultes n’ont sans doute jamais été diagnostiqués dans l’enfance, mais seulement catalogués comme turbulents.
Votre attention s’il vous plaît !
On observera que plus une tâche est complexe, nouvelle et abstraite – voire rebutante –, avec de faibles qualités perceptives (textes à lire en petits caractères, sans division apparente, et dans un environnement bruyant par exemple…), plus grand est l’effort d’attention et de concentration à fournir, et plus rapidement s’installent la fatigue et le découragement.
Définissons l’attention
Cette notion complexe, si elle part toujours, à la base, d’une sélection d’information, se présente sous deux formes antagonistes. La première, automatique, nous sert à être avertis. Les sens sont éveillés ou attirés, par exemple par la vue d’une voiture qui fonce sur nous, l’odeur d’un bon gâteau, une robe qui brille. Cette forme basique est là pour veiller sur nous, éviter les dangers, nous attirer vers ce que nous aimons. Et, d’un autre côté, l’attention est le mouvement volontaire de sélection, d’orientation, lorsque non seulement elle se capte, mais peut également se maintenir et être modelée, enrichie et modulée par la force de l’esprit. Elle permet alors de se focaliser sur des éléments aux dépens d’autres, comme un projecteur de lumière dans la nuit.
William James, psychologue et philosophe américain qui a étudié la relation entre la conscience et les états émotionnels, a posé les principes fondateurs de l’attention dans The Pinciples of Psychology 2 :
“ « L’attention est la prise de possession par l’esprit, sous une forme claire et vive, d’un objet ou d’une suite de pensées parmi plusieurs qui semblent possibles [...]. Elle implique le retrait de certains objets afin de traiter plus efficacement les autres. » ”
D’une manière générale, l’attention comporte trois strates d’activités : prévenir, réagir, organiser. En voici ses caractéristiques : Elle favorise l’ouverture de nos sens en assurant une réception maximale de toutes les informations. Elle est un réflexe, mais elle peut aussi se diriger et s’orienter. Elle s’accompagne d’une mobilisation des ressources de l’organisme.

Le modèle de l’attention
Michael Posner est professeur émérite à l’université de l’Oregon et professeur adjoint au Weill Medical College de l’université Cornell et à l’Institut Sackler. Il s’intéresse particulièrement au rôle de l’attention dans les tâches humaines de haut niveau telles que la recherche visuelle, la lecture et le traitement des nombres. Il étudie le développement des réseaux attentionnels chez les nourrissons et les jeunes enfants et leur influence sur l’apprentissage, les émotions et l’acquisition du langage. En 1980, dans l’article « Orienting of Attention » publié dans The Quarterly Journal of Experimental Psychology , il propose l’analyse de l’attention suivant plusieurs strates : l’alerte, l’orientation, et l’exécution.
Le réseau d’alerte
Ce système est responsable de notre sécurité : surveiller et donner l’alerte. Il obtient ses informations depuis l’environnement sensoriel pour détecter les éléments inhabituels. Il travaille en veille, et ne transmet l’information à l’attention spécifique, l’alerte phasique, que si quelque chose l’intrigue.
Plus récemment, le chercheur Maurizio Corbetta, professeur de neurologie à l’université de Padoue et à l’université Washington de Saint-Louis, a montré que la distraction est un système qui réoriente l’attention vers les signaux potentiellement importants pour la survie de l’organisme – un système de veille guettant les signaux d’alarme.
Le réseau d’orientation
L’alerte donnée, nous orientons notre attention vers le stimulus, en activant ce réseau : dresser l’oreille, tourner la tête, se préparer à bouger, focaliser son regard… Le but est d’obtenir plus d’informations pour permettre au cerveau de décider quoi faire.
Le réseau exécutif
Celui-ci établit les priorités, contrôle les impulsions, réfléchit… ou décide de réorienter l’attention.

Modèle de l’attention de Posner

Tout est une affaire de sélection
Malgré ses cent milliards de neurones, le cerveau a une capacité de traitement limitée et ne peut analyser en permanence toutes les stimulations sensorielles. Et heureusement !
L’attention sélective
L’attention sélective est une sélection attentive. Notre cerveau ne peut pas traiter toutes les informations entrantes : notre système cognitif analyse et sélectionne l’entrée des informations potentiellement les plus utiles.
L’attention va pouvoir se focaliser, tel un projecteur, ou sélectionner, pour centrer l’attention sur une information, par exemple visuelle ou sonore.

Trois exemples d’attention sélective durant la lecture
Toutes ces actions se font naturellement, avec l’éducation de l’attention. Elles sont devenues réflexes.
1. Filtre
Vous pouvez effectuer une action en filtrant les distractions autour de vous, comme lorsque vous lisez à une terrasse de café.
Assis sur votre chaise, vous oubliez l’environnement sonore de la circulation et des conversations de vos voisins, et vous oubliez aussi : le contact avec le siège, la sensation de froid ou de chaud, l’air qui traverse vos narines, les poumons qui se dégonflent et se gonflent…
2. Focalisation


Vous lisez en centrant votre regard sur les lettres des mots au milieu du texte. Le regard se déplace de mot en mot pour le déchiffrer. En regardant un paragraphe complet de texte, vous voyez des formes noires sur du blanc, vous ne pourriez en saisir la signification, mais en s é lectionnant mot à mot, peu à peu la signification émerge.
3. Sélection par la différence
B J A O T X E F A S U
C E A V D J E N A W U
S E X T P O J I U L D E
Dans ce petit exercice, vous pouvez lire les mots en sélectionnant lettre par lettre selon le critère de différence de densité ou de couleur.
L’attention sélective est la capacité à discriminer et à encoder ce qu’il est pertinent de retenir. Elle suit les caractéristiques suivantes : Le traitement attentionnel a une capacité limitée : on ne peut pas faire attention à toutes les informations qui nous parviennent à la fois. La focalisation de l’attention sur une information pertinente améliore le traitement de cette information . Le traitement sélectif permet une meilleure mise en mémoire des données et permet d’éviter la surcharge mentale. Les informations « non focalisées » sont altérées : l’attention sélective ne permet pas de retenir les informations superficielles , jugées non pertinentes.
Nous ne nous rendons pas compte de ce travail d’attention, mais il est possible de bien le comprendre avec les exemples, très parlants, de la détection d’une voix au milieu des conversations ou, pour les musiciens, d’être capables de suivre seulement la mélodie du violon au milieu d’un orchestre, ou encore lorsque l’on parvient à suivre le mouvement d’une personne dans une foule.
Nous ne voyons que ce vers quoi notre attention nous porte, et il en résulte de nombreux quiproquos – voilà une évidence que nous oublions toujours. Un exemple : un cycliste passe à côté de vous. Il se trouve que vous aimeriez mettre des sacoches sur votre propre vélo. Votre regard va se porter naturellement vers son porte-bagages pour voir s’il a lui-même des sacoches, comment elles sont, etc. En revanche, si, comme cette personne âgée, vous avez du mal à marcher, vous seriez très agacé de voir que ce vélo roule sur le trottoir.

Fonctionnement du filtre attentionnel selon Donald Broadbent 3


Broadbent étudie la représentation du filtre attentionnel. Ce dernier agit en « entonnoir », en bloquant les informations non pertinentes très tôt dans le traitement. Les informations à traiter sont triées et déterminent le type de réponse qu’il faudra donner dans le but d’éclaircir l’information ou d’agir. L’information prioritaire capte toutes les ressources attentionnelles et cognitives. Le reste des informations ne peut être traité.
Le phénomène « cocktail party »

C’est du vécu

Pendant la Fête des voisins, j’écoute ce que dit mon ami. Il parle de mon livre, et j’aimerais savoir ce qu’il en pense. Je suis pourtant dos à lui, en conversation avec d’autres personnes. La pièce résonne de voix, de rires, de fragments de conversations, de tintements de verres, de musique. J’acquiesce de la tête pour montrer que je suis la conversation de mes partenaires, saisissant quelques mots, mais mon esprit suit les paroles derrière moi.
Lorsque tous les invités d’une fête parlent en même temps, notre cerveau recourt à des mécanismes élaborés pour isoler la voix de notre interlocuteur de ce fond sonore. De plus, il sait aussi distinguer étonnamment son prénom de la masse, même très concentré. Ces capacités ont été montrées par Colin Cherry, à l’Imperial College de Londres en 1953.
Mais quelques personnes sont incapables de décoder et de comprendre une parole dans un fond sonore complexe, alors même qu’elles ont une bonne audition. Elles souffrent du « syndrome du banquet », comme l’analyse Christian Lorenzi en 2006 4 . Ce trouble n’est pas lié à l’attention, mais à la distinction par l’oreille interne entre des variations lentes et rapides contenues dans l’information de la parole et du son.
L’automatisation, pour ne pas être attentif
L’attention exécutive permet de faire attention à ce que l’on fait, sachant que, comme on ne peut pas faire un million de choses à la fois, le cerveau a simplifié les choses. Quand il connaît la chanson, il la sait par cœur et n’a plus besoin de l’attention pour l’exécuter. Certaines fonctions s’automatisent, des autoroutes se forment au fur et à mesure de l’apprentissage de la vie, et d’autres, sur lesquelles on peut varier, improviser, garder son attention, restent soumises à la conscience volontaire.
En conséquence de ses capacités de sélection, l’attention est indispensable pour la quasi-totalité des processus mentaux permettant de former une représentation mentale, image, son ou sensation imaginaire et de la stabiliser. Elle lie et relie les différents modules de mémoire.

C’est du vécu

Zut, je suis rentrée à la maison directement, j’avais pourtant rendez-vous chez le dentiste ! Je ne m’en suis souvenue qu’une fois arrivée, et j’étais déjà devant les fourneaux à préparer le dîner, comme d’habitude… Je l’ai oublié parce que, tous les jours, je prends le même chemin et j’effectue les mêmes choses.
Cette attention, appelée « exécutive », se réalise à partir des processus mentaux et se distingue de l’attention sélective qui provient des sensations. John Stroop, en 1935, a proposé un exercice permettant de bien comprendre cette attention. Il s’agit de donner la couleur de mots, mais les mots JAUNE BLEU ORANGE VERT ROUGE sont écrits dans une couleur différente. Et ce n’est alors pas si facile de lire ces mots, car le cerveau, pour le faire, a besoin de dissocier l’information de la couleur qu’il reçoit de celle de la lecture, c’est-à-dire d’inhiber ses réflexes de lecture.
Le cerveau est fait pour automatiser des tâches, heureusement ! Quand on fait le même geste plusieurs fois, il s’enchaîne de manière réflexe sans que nous ayons à y penser. Les musiciens le savent bien, ils répètent jusqu’à connaître leur morceau du bout des doigts, et ne s’intéressent plus, le jour du concert, qu’aux nuances ou à jouer en fonction de ce que leur oreille leur donne pour interagir au milieu de l’orchestre.
Pilote automatique ou conduite contrôlée ?
Les nombreux distracteurs qui nous entourent stimulent des réponses automatiques de notre cerveau, auxquelles il est très difficile de résister.
Ne vous arrive-t-il pas de marcher et de vous presser vers votre destination, sans prêter attention, durant le trajet, à ce qu’il y a autour de vous ? N’avez-vous pas, souvent, eu l’impression que vous aviez fonctionné en pilote automatique, sans avoir eu conscience de ce que vous faisiez ?

C’est du vécu

Je discute au téléphone avec un ami en marchant dans la rue, et des passants, çà et là, me font slalomer. Ma marche dans la rue est sur « pilote automatique », mon attention veille et me fait me comporter sans que je ne m’en rende compte, puisque je ne m’intéresse qu’aux blagues de mon ami. La sirène d’une ambulance me gêne, et j’évite la canette abandonnée à terre. J’enjambe le trottoir pour traverser, l’œil vers le feu… vert pour les piétons… Je garde suspendue la jambe en l’air car… klaxon strident ! Un scooter vient de m’éviter de justesse… Heureusement que mon attention sait trier les informations, et sélectionner la plus importante pour réagir de manière appropriée !
L’attention commence généralement comme un processus passif, la réception brève et floue de la multitude de molécules et de rayons qui bombardent continuellement les récepteurs sensoriels spécialisés de notre corps avec des informations sur l’environnement extérieur.
Cette période de réception passive permet à notre cerveau de traiter autant de stimuli que possible tout en recherchant activement tout ce qui pourrait nécessiter une attention immédiate, et déclencher le processus émotionnel si besoin.

Pilote automatique ou conduite contrôlée ?

L’attention peut être volontaire, mais se laisse facilement capter.

Les différentes attentions
Le mot « attention » vient du latin attentio , qui dérive du verbe attendere , signifiant « tourner son esprit vers ». En anglais, « faire attention » se dit to attend , ce qui signifie « être présent, assister ».
Faire attention à un proche, c’est être présent à ses côtés : car on peut être présent physiquement tout en étant absent, être dans ses pensées…
L’attention sélective comporte deux formes : L’une est explicite , et peut être orientée à la demande : « Je dirige mon regard vers… » L’autre est implicite . Elle reçoit les informations sans mouvement d’organes sensoriels : « Les gens passent devant moi sans que j’y prête spécialement attention, sauf si quelque événement pouvait devenir potentiellement intéressant. » Le cerveau sélectionne ce qui est pertinent avec un filtre d’intérêt influencé par de nombreux facteurs internes et externes.
Une autre subtilité a son importance : L’attention exogène est capturée de façon automatique et involontaire par tout changement brutal ou l’apparition d’un stimulus saillant dans notre environnement. On appelle « stimulus saillant » la chose qui attirera l’attention par ses caractéristiques différentes : le klaxon du scooter, ou le mouton noir du troupeau. Cette attention s’est développée fort à propos pour assurer la survie de l’espèce humaine afin de détecter les dangers, et possède une très grande rapidité (120 millisecondes) de traitement. L’attention endogène , c’est-à-dire volontaire et délibérée sur ce que l’on veut, est exploitée la majorité du temps (pour trouver son téléphone dans son sac, faire un croche-pied, etc.). Elle peut rester activée plus longtemps, mais met un peu plus de temps à se déclencher (300 millisecondes).
La partie avant du cerveau (le cortex préfrontal) permet de désengager le pilote automatique et d’adapter de façon flexible sa façon de réagir à l’environnement afin d’être conscient de ce que l’on fait. Ces régions ont pour mission de déterminer ce qui est important et ce qui ne l’est pas en fonction de la tâche à réaliser, et de maintenir cette information en mémoire tout le temps de celle-ci. Le cortex préfrontal joue un rôle central dans la mémoire et la concentration. Or, activer ce réseau prend du temps – c’est le coût du changement, qui demande un effort. Et nous verrons plus loin l’importance de certains facteurs comme les émotions ou la motivation.
À court terme, le pilote automatique permet d’étendre votre mémoire de travail par la création d’habitudes. Si on répète une action plusieurs fois, le cerveau va automatiser celle-ci pour ne consommer qu’une petite partie de la puissance cérébrale et réaliser des tâches de plus en plus complexes. En revanche, pour être attentif, c’est-à-dire conscient de ses actions, il faut désengager ce pilote automatique.
Toutes les parties du cerveau jouent de concert
Le cerveau est plastique : il change, se modifie, évolue
Le cerveau est majoritairement composé d’un tissu nerveux, la matière grise, que l’on appelle « cortex » et qui correspond aux corps cellulaires des neurones. Cent milliards de neurones sont rassemblés dans deux hémisphères qui, dépliés, seraient aussi grands qu’une pizza extra-large ! C’est pour cela que le cortex est replié sur lui-même en de nombreuses circonvolutions pour tenir dans notre crâne. Les connexions s’établissent entre les neurones pour la transmission des informations.
Notre cerveau est un organe dynamique qui se modifie au gré de l’apprentissage, de l’émotion et du vécu de chacun, quel que soit son âge. La structure neuronale de notre cerveau est modifiée par l’expérience : nos sensations, nos mouvements, nos pensées et nos émotions résultent de la communication entre les neurones. Maintenant, fermez les yeux et pensez à un être cher. Vous venez de réveiller un réseau de quelques centaines de millions de neurones. Chaque fois que nous apprenons quelque chose, des circuits sont modifiés dans notre cerveau. Les échanges augmentent en efficacité grâce à la répétition de l’apprentissage, facilitant et renforçant le passage de l’influx nerveux dans un circuit particulier. Au fil des moments de vie, les neurones s’activent ou s’inhibent : notre cerveau peut en effet varier les cheminements, complexifier et faire naître de nouveaux neurones, ou simplifier et faire le ménage.
Le cerveau subit l’influence de son environnement, qui le façonne durant toute la vie. On retrouve la double influence de la nature (l’héritage génétique) et de la culture (l’environnement dans lequel nous vivons dès notre naissance). Chaque cerveau est unique, et vous pouvez décider de ce que vous en faites selon la façon dont vous l’utilisez.

Trois cerveaux en un
Depuis la séparation de la lignée humaine de celle des singes (il y a cinq millions d’années), le cerveau humain a quadruplé de volume. Cette augmentation de volume cérébral a constitué la réponse adaptative appropriée, permettant à l’homme de rester dans la course lors de la sélection naturelle des espèces.
Paul MacLean établit en 1969 la théorie du cerveau triunique 5 . Selon lui, le cerveau n’est pas seulement une affaire d’hémisphères droit et gauche. Trois strates seraient apparues successivement au cours de l’évolution : au milieu, sur le haut de la nuque, le cerveau reptilien, le plus ancien, gère les instincts de survie ; au centre, comme un noyau, le cerveau limbique, datant de l’apparition des mammifères, gère les émotions ; et enfin, le néocortex, partie qui englobe le tout comme un épais matelas cotonneux plissé, est le siège des capacités de raisonnement, de la logique et du discours.


Le tronc cérébral veille


Le tronc cérébral, dans un prolongement de la moelle épinière, supervise les comportements automatiques indispensables à la survie tels que la respiration. Il reçoit passivement des informations sensorielles entrantes et commence le processus d’attention active en contrôlant l’éveil et notre capacité à ignorer les stimuli non pertinents.
Le cortex préfrontal régule


Le cortex préfrontal, situé juste derrière le front, est la partie importante attribuée à la réflexion, caractéristique de l’homme. Il se construit avec l’âge et régule l’attention. L’altération du cortex préfrontal peut conduire à des symptômes d’inattention et de distraction.

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