L enfant extra-ordinaire
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Description


Une approche qui respecte l'enfant dans ses besoins, ses sensibilités, son rythme et ses difficultés



Maladresse, évitements, distraction, hypersensibilité... Et si le cerveau de votre enfant fonctionnait différemment ? Face à ce constat de plus en plus fréquent, les parents se sentent souvent démunis et culpabilisés. Cet ouvrage vous aide à comprendre les comportements atypiques, compliqués, déroutants, voire envahissants, de votre enfant par le biais de l'approche en intégration neurosensorielle (INS). Élaborée par des ergothérapeutes et enrichie par les neurosciences, FINS pose un regard bienveillant et respectueux de l'enfant en difficulté et de sa famille. Découvrez le parcours de Nathan, Éva, Paul et tant d'autres enfants extraordinaires, vous serez étonné par leurs progrès !




  • Des clés pour décoder les comportements atypiques et comprendre les origines des difficultés.


  • La liste des indices qui doivent vous alerter.


  • Des conseils pour accompagner votre enfant et l'aider à retrouver sa confiance en lui, l'envie et la force de progresser.



Pour chaque difficulté expliquée (troubles dys-, de l'attention, de la régulation, hypersensibilités, autisme...), vous trouverez :




  • Et si votre enfant était différent ?


    • Des troubles difficiles à diagnostiquer


    • Que sais-t-on de l'origine et des causes de ces troubles ?


    • A quel moment vous faire aider par un professionnel


    • L'intégration neurosensorielle : à l'origine des apprentissages et des comportements




  • Histoires d'enfants extraordinaires


    • Les troubles de l'attention et de la circulation


    • Les hypersensibilités


    • Les troubles "dys"



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 mars 2018
Nombre de lectures 9
EAN13 9782212101089
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Une approche qui respecte l’enfant dans ses besoins, ses sensibilités, son rythme et ses difficultés
Maladresse, évitements, distraction, hypersensibilité… Et si le cerveau de votre enfant fonctionnait différemment ? Face à ce constat de plus en plus fréquent, les parents se sentent souvent démunis et culpabilisés. Cet ouvrage vous aide à comprendre les comportements atypiques, compliqués, déroutants, voire envahissants, de votre enfant par le biais de l’approche en intégration neurosensorielle (INS). Élaborée par des ergothérapeutes et enrichie par les neurosciences, l’INS pose un regard bienveillant et respectueux de l’enfant en difficulté et de sa famille. Découvrez le parcours de Nathan, Éva, Paul et tant d’autres enfants extraordinaires, vous serez étonné par leurs progrès !
Pour chaque difficulté expliquée (troubles dys-, de l’attention, de la régulation, hypersensibilités, autisme…), vous trouverez : Des clés pour décoder les comportements atypiques et comprendre les origines des difficultés. La liste des indices qui doivent vous alerter. Des conseils pour accompagner votre enfant et l’aider à retrouver sa confiance en lui , l’envie et la force de progresser .


Isabelle Babington est diplômée en ergothérapie en France et aux États-Unis où elle a exercé pendant une vingtaine d’années avec des enfants en difficultés, tout en se formant à l’intégration neuro-sensorielle. Elle fut la première à enseigner l’approche INS en France, dès 2003. Elle est cofondatrice de La Maison des Enfants Extraordinaires, où elle consulte, coordonne des programme, et forme les professionnels ( www.meexlab.com ).
Isabelle Babington
L’ENFANT EXTRA ORDINAIRE
Comprendre et accompagner les troubles des apprentissages et du comportement chez l’enfant
Éditions Eyrolles 61, boulevard Saint-Germain 75240 Paris cedex 05
www.editions-eyrolles.com
La collection Apprendre autrement propose des livres pour apprendre de façon ludique, créative et avec plaisir.

Illustrations originales de Faustine
Mise en pages : Caroline Verret
Enrichissement de la maquette réalisé par Filf.
Dépôt légal : février 2018
Imprimé en République tchèque par PBTisk
© 2018, Groupe Eyrolles
Tous droits réservés.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
ISBN : 978-2-212-56878-3
SOMMAIRE
Introduction
PREMIÈRE PARTIE - ET SI VOTRE ENFANT ÉTAIT DIFFÉRENT…?
1. DES TROUBLES DIFFICILES À DIAGNOSTIQUER
Caractère difficile ou troubles plus profonds ?
Le tourbillon des émotions
Le parcours du combattant
Comprendre pour changer de regard
2. QUE SAIT-ON DE L’ORIGINE ET DES CAUSES DE CES TROUBLES ?
Une explosion du nombre d’enfants détectés
Plusieurs pistes d’études
3. À QUEL MOMENT VOUS FAIRE AIDER PAR UN PROFESSIONNEL
Votre enfant a besoin d’aide
Et vous ?
4. L’INTÉGRATION NEUROSENSORIELLE : À L’ORIGINE DES APPRENTISSAGES ET DES COMPORTEMENTS
L’INS, qu’est-ce que c’est ?
Qu’est-ce qu’un dysfonctionnement de l’intégration neurosensorielle ?
Qu’est-ce que l’approche en intégration neurosensorielle ?
Comment les troubles sont-ils décrits et classifiés ?
Comment aider votre enfant à aller mieux ?
DEUXIÈME PARTIE - HISTOIRES D’ENFANTS EXTRAORDINAIRES
5. LES TROUBLES DE L’ATTENTION ET DE LA RÉGULATION
Comment reconnaître les troubles de l’attention
Comment reconnaître les besoins sensori-moteurs
Comment reconnaître la difficulté à se réguler
6. LES HYPERSENSIBILITÉS
Comment reconnaître les enfants hypersensibles et hyposensibles
Hypersensible sans pouvoir le dire
Comment reconnaître l’hypersensibilité au mouvement
7. LES TROUBLES « DYS »
Comprendre la dyspraxie
Comment la latéralité peut-elle influencer l’apprentissage de la lecture ?
Comment les troubles neurovisuels peuvent-ils affecter les apprentissages ?
Conclusion
Bibliographie
INTRODUCTION
Peut-être votre enfant est-il un enfant en difficulté, hypersensible, maladroit, décalé, inattentif, impulsif, difficile, agité ? Il ou elle a parfois été diagnostiqué – troubles dys, déficit d’attention, troubles du comportement, troubles de la coordination, troubles du spectre autistique… – ou peut-être pas. Ses réponses ne sont pas tout à fait appropriées aux situations, ses émotions sont à fleur de peau. Il décode mal les intentions des autres. Elle est facilement frustrée et fait de grosses colères à la maison. Il ne s’adapte pas bien à l’école, il souffre, silencieusement ou bruyamment. Elle dérange les autres parce qu’elle agit à contretemps. Il ne fait pas attention. Elle semble ne pas comprendre les consignes, ou ne pas savoir par où commencer. Il a mal au ventre sur le seuil de l’école tous les matins. Elle n’arrive pas à se faire des amis. Il a des rituels rigides. Elle est malhabile. Etc. La liste est longue.
L’idée de ce livre est née du besoin de partager mon expérience avec vous, parents, qui souhaitez rester ou redevenir proactifs dans la prise en charge de votre enfant. Diplômée en ergothérapie en France, puis formée au Canada et aux États-Unis, j’ai travaillé outre-Atlantique pendant vingt ans avec des enfants de toutes nationalités, tout en gardant des liens étroits avec la France. Ces enfants différents, décalés, ou « désorganisés », ni tout à fait handicapés, ni tout à fait adaptés à l’école et à la société, peuvent m’être adressés par leur pédiatre, leur enseignant, ou des professionnels de l’enfance en difficulté. Mais la majorité des parents viennent consulter spontanément parce qu’ils s’inquiètent, cherchent des réponses, un soutien, un suivi. Malgré le jeune âge des enfants concernés – ils arrivent en majorité entre 3 et 8 ans –, beaucoup de familles ont une longue histoire, emplie de frustrations, de questionnements, d’étiquettes posées parfois hâtivement et maladroitement par l’entourage ; pourtant leur démarche indique qu’elles n’ont pas baissé les bras et sont prêtes à emprunter une nouvelle route, pour peu qu’elle ait du sens, respecte leurs besoins et soit bénéfique pour l’enfant.
Les chiffres comptabilisant les enfants en difficulté sont alarmants. Troubles de l’attention, troubles des comportements, troubles des apprentissages, troubles envahissants du développement et autisme, dyspraxies, dyslexie, dysgraphie, sans compter tous les troubles sans étiquette, diffus, mal identifiés, voire niés. Il faut d’urgence reconnaître la réalité de cette « épidémie » devenue problème de santé publique et soutenir les familles et les professionnels de l’enfance.


Des troubles en constante augmentation
Aux États-Unis, 5 % de la population scolaire connaît des troubles des apprentissages formellement identifiés. On estime par ailleurs que 15 % des écoliers sont atteints de troubles non identifiés ou non adressés. Pour l’instant, aucune statistique précise et officielle n’est disponible sur le sujet en France, mais les professionnels de l’enfance observent que le nombre d’enfants concernés est en constante augmentation.
Quand on ne comprend pas le comportement d’un enfant, qu’on ne parvient pas à utiliser les ressources habituelles pour l’aider, on s’interroge sur ses propres capacités d’éducateur. La souffrance des parents démunis est trop souvent passée sous silence. Souvent désemparés et culpabilisés, ils ont besoin de clés de lecture sur les situations vécues, d’outils concrets pour prendre des décisions, de pistes pour savoir quel type de prise en charge engager. D’autant plus que celle-ci doit être précoce, efficace et adaptée, tout en étant respectueuse de la vie de famille.
D’autre part, la souffrance des enseignants, qui aimeraient agir mais ne savent pas comment, est à peine dite. En France, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances impose l’intégration des enfants en difficulté dans les écoles, mais peu d’établissements et d’enseignants ont les ressources nécessaires pour mettre en place les conditions propices à cet accueil. Témoins privilégiés d’une classe d’âge, ils peuvent être les premiers à observer qu’un enfant ne suit pas comme ses pairs ou se comporte de façon inappropriée. Les moins sensibilisés d’entre eux peuvent exiger que l’enfant s’adapte, ce qui contribue à augmenter sa souffrance et peut déboucher sur un blocage. Les plus motivés chercheront à adapter leur enseignement à l’élève en difficulté, mais ce travail demande temps et efforts supplémentaires, soutien en amont, ainsi qu’une formation adéquate.
Un enfant a besoin d’être compris, soutenu, aidé, respecté dans ses soucis et ses difficultés. Il a besoin qu’on lui donne des explications à son niveau et des outils à sa mesure. Il a besoin de retrouver confiance en lui, le plaisir d’être audacieux, l’envie et la force de progresser, des raisons d’explorer son environnement et de s’engager dans de nouveaux apprentissages.
Le but de cet ouvrage est d’aider l’entourage de l’enfant en difficulté à mieux identifier et comprendre ses comportements, en lui fournissant de nouvelles grilles de lecture, ainsi que des pistes de réflexion et d’action pour l’accompagner. Ce livre s’adresse ainsi plus largement à tous ceux, professionnels de l’éducation et de la santé, amis, grands-parents, collègues, qui souhaitent découvrir une approche largement pratiquée et ayant fait ses preuves dans de nombreux pays occidentaux, mais qui reste encore mal connue du grand public en France.

À propos des histoires racontées dans ce livre
Toutes les histoires et personnes évoquées dans ce livre sont réelles. Certains prénoms et détails personnels ont été modifiés afin de protéger la vie privée des personnes avec qui j’ai eu le privilège de travailler. Souvent ces histoires ne reflètent que partiellement une situation plus complexe. Les symptômes décrits ne constituent parfois qu’une partie des soucis de l’enfant, soit parce que ce serait trop long et compliqué de tout raconter, soit parce que les problèmes ne sont pas toujours tous identifiés en même temps, certains en masquant d’autres. Enfin parce qu’on ne peut jamais prétendre avoir accès à tous les éléments de l’histoire de quelqu’un. Il faut donc prendre chaque enfant décrit comme un exemple d’enfant en difficulté, me permettant de vous raconter mon approche.
Les conversations ont été reconstruites à partir de mes notes et de mes souvenirs. J’ai essayé de rapporter les échanges et les interactions en étant la plus fidèle possible quant à leurs tons et contenu. Les citations professionnelles et scientifiques sont toujours tirées de références précises présentées en fin d’ouvrage ou en bas de page.
Chaque chapitre porte le prénom d’un enfant et de son ou ses symptômes principaux et permet ainsi de développer un problème particulier et la façon dont je l’ai abordé. Le but n’est pas de coller des étiquettes ou de mettre les enfants dans des cases, car chacun présente ses propres symptômes, ses difficultés et ses comportements, imbriqués les uns dans les autres. Le but était de partir d’observations d’enfants en difficulté, en décalage, voire en décrochage, et d’expliquer ma démarche pour comprendre leurs symptômes et les aider.
J’aimerais remercier tous mes patients et leurs familles dont je raconte les histoires. J’espère qu’elles enrichiront l’expérience du lecteur autant qu’elles ont enrichi la mienne.
J’aimerais également remercier toutes celles et ceux qui m’ont encouragée à écrire ce livre, ceux et celles qui ont lu et relu mes histoires, et m’ont soutenue moralement dans cette aventure.
À propos des conseils donnés dans ce livre
Ce livre présente une théorie utilisée en rééducation, une approche reconnue, des conseils et des recommandations de la part de l’auteur, mais ne remplace ni un avis médical ni une formation en intégration sensorielle. Son but est de fournir des explications et des informations utiles aux parents, éventuellement aux enseignants, aux familles et aux professionnels qui se posent des questions sur les enfants en difficulté et souhaitent explorer cette approche. Vous devez consulter un professionnel compétent et formé avant d’adopter les suggestions et stratégies décrites dans ce livre, et d’en tirer des conclusions.
Première partie ET SI VOTRE ENFANT ÉTAIT DIFFÉRENT…?
1
DES TROUBLES DIFFICILES À DIAGNOSTIQUER
Les origines diffèrent. Certaines mères ont eu une grossesse compliquée, certains bébés ont eu une naissance difficile ou prématurée, d’autres ont vécu un début de vie perturbé. Ces familles-là sont familières des hôpitaux et des bilans, de l’inquiétude et de la surveillance de signes particuliers. Leur avantage ? Elles ont anticipé de possibles conséquences, se sont préparées depuis le début à l’éventualité d’un petit retard de développement d’un enfant pas tout à fait comme les autres.
C’est loin d’être une majorité. Beaucoup d’enfants naissent sans complication et dans d’excellentes conditions médicales. Ils peuvent être des bébés inhabituellement calmes ou des bébés inconsolables, particulièrement agités, difficiles à nourrir, à endormir.
Caractère difficile ou troubles plus profonds ?
L’enfant grandit. Les parents ont peu de répit. Celui-ci demande une attention constante. Celui-là ne sait pas jouer tout seul ; celui-ci ne semble pas retenir ce qu’on lui dit. Celui-là fait des colères à chaque fois que les choses ne se passent pas comme il aimerait. Celle-ci semble ignorer ses frères et sœurs, ne les regarde jamais dans les yeux. Celle-là ne supporte pas d’être seule, constamment accrochée à sa mère. Un autre ne doit pas échapper à la surveillance des adultes tant il se met en danger ou présente un risque pour les autres. Il y a celui qui ne peut jamais s’endormir seul et celle qui pleure à chaque fois qu’on la met dans la baignoire. Face à votre incompréhension devant ces comportements, peut-être avez-vous le sentiment de ne pas être à la hauteur en tant que parent, et une série de questionnements vous assaille. Est-ce son caractère ? Est-ce que je me fais du souci inutilement ? Est-ce que c’est moi qui ne sais pas m’y prendre ? Lorsque les troubles sont variables d’un jour à l’autre, d’un lieu à l’autre, il est tentant de penser que c’est juste un caprice, un enfant avec une forte personnalité qui cherche à contrôler ses parents. Plus les différences sont minimes, voire invisibles à l’œil nu, plus il est facile de justifier des comportements occasionnels atypiques en leur trouvant des explications rassurantes. Ce passage est une étape légitime du processus. La minimisation des faits permet de rationaliser, de tenir bon au jour le jour, et de croire que tout va s’arranger éventuellement.
Le tourbillon des émotions
Vient le temps de se rendre compte que tout ne va pas vraiment comme il faudrait, que vous n’avez pas là un enfant ordinaire. C’est une étape chaotique : vous comprenez que votre enfant a quelque chose en lui qui l’empêche de se sentir bien dans les plus simples situations de la vie. S’ensuivent sentiments de culpabilité et remords. Qu’ai-je fait, ou pas suffisamment fait ? Pourquoi je m’énerve autant ? Suis-je trop protectrice ? Mon fils semble m’ignorer, suis-je trop absent ? Ai-je négligé une étape ? Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à être un bon parent avec cet enfant-là ? Peut-être vous êtes-vous mis en colère face à l’injustice ressentie ; c’est tout à fait compréhensible. Peut-être avez-vous cherché à tout prix à trouver un ou des coupables, ou à « marchander » pour tenter de donner un sens à cette réalité quotidienne. Cette nouvelle étape, de négociation, vous a conduit à chercher des moyens pour corriger ou compenser la situation. Évidemment chaque parent ajoute sa propre histoire au processus. La longueur et la complexité des étapes varient en fonction de la solidité psychique de chacun, du soutien, ou non, de votre entourage, de la force, ou de la fragilité, de votre couple. Certains couples ne résistent pas au stress quotidien que représente un enfant difficile ou à besoins particuliers. Il n’est pas rare que l’un des deux parte en recherche, tandis que l’autre préfère attendre en espérant que tout s’arrange.
Le parcours du combattant
L’enfant grandit avec des difficultés bien à lui, c’est dorénavant un fait. Peut-être vous seul, ou vous et votre conjoint, avez-vous compris que votre enfant est en souffrance, peine, va mal, ou ne trouve pas sa place. Les frères et sœurs en pâtissent. Vous êtes fatigué, voire épuisé. Vous perdez patience plus souvent que vous ne le souhaitez et vous culpabilisez. Peut-être explosez-vous de temps en temps ? Peut-être prenez-vous des antidépresseurs ou des calmants ?
Mais désormais vous acceptez la réalité de la différence et comprenez que vous avez besoin d’aide. Un peu désemparés devant les choix à faire en même temps que le quotidien à gérer, vous pouvez mettre un certain temps à vous renseigner et à prendre des rendez-vous. Cette phase est compliquée à gérer dans sa logistique, mais c’est une étape obligée dans la recherche de solutions. Le parcours du combattant peut être fait de zigzags, d’allers-retours, d’impasses, de frustrations, mais heureusement aussi de belles rencontres le long du chemin. Se sentir moins seuls, voire soutenus et compris permet d’entrevoir l’espoir de jours meilleurs.
Ce parcours du combattant a souvent commencé par la recherche d’une école qui accepte votre enfant avec ses difficultés et où il se sentira bien ; une école où toutes les conditions seraient réunies pour que votre enfant y fasse ses apprentissages dans un environnement bienveillant, développe son envie d’apprendre, ne connaisse pas l’échec scolaire, se fasse des amis ; une école où ses enseignants seraient formés à la différence et soutenus dans leurs initiatives positives pour inclure l’élève en difficulté tout en lui donnant les moyens de réussir.
Souvent commence en parallèle un autre parcours d’obstacles pour trouver un ou des professionnels qui identifient précisément les symptômes, leurs origines et vous orientent sur la prise en charge thérapeutique la plus adaptée. Les premières années peuvent être jalonnées de multiples rendez-vous chez des spécialistes, avec des interactions plus ou moins fructueuses.
Il y a enfin le regard des autres, pas toujours accueillant. La société a fait quelques progrès pour accepter la différence, mais en a encore beaucoup à faire pour l’inclure complètement et lui offrir les mêmes opportunités ; certaines difficultés mal connues, ou des troubles du comportement mal interprétés, peuvent déclencher nombre de regards désapprobateurs. Il n’est pas toujours facile de les ignorer. Certains handicaps « invisibles » génèrent des remarques désobligeantes qui causent beaucoup de souffrance. La vie sociale s’en ressent.


Néanmoins, avec le temps, grâce aux efforts, aux soutiens, au mouvement de vie qui nous poussent tous à aller de l’avant et à faire face aux obstacles, le quotidien se réorganise. Sur de nouvelles donnes et avec de nouveaux objectifs. Pas forcément plus simple ou reposant, mais porteur de changements et d’améliorations possibles.
Comprendre pour changer de regard
Dans la vie, que nous soyons adulte ou enfant, nous avons besoin que les choses aient un sens. Quand quelque chose ne tourne pas rond, nous voulons comprendre pourquoi et comment. Or avoir un enfant qui semble agir de façon désorganisée, irrégulière et disproportionnée est très déroutant. Si nous savions ce que celui-ci perçoit et traduit du monde qui l’entoure, nous serions encore plus désorientés. Mais si nous pouvons entrapercevoir ce qui se passe dans son système nerveux et comment la désorganisation des sens influence les comportements, notre regard sur ces comportements se modifie.
La science ne peut pas toujours tout expliquer, notamment sur les origines de cette désorganisation. Néanmoins études et expériences cliniques ont beaucoup contribué à nous proposer des clefs ces dernières années.
2
QUE SAIT-ON DE L’ORIGINE ET DES CAUSES DE CES TROUBLES ?
Il semble qu’on entende de plus en plus parler d’enfants en difficulté. Il est alors légitime de se poser la question : y a-t-il une augmentation du nombre d’enfants extraordinaires ou bien sont-ils simplement mieux détectés ?
Une explosion du nombre d’enfants détectés
Le nombre d’enfants en difficulté est en augmentation exponentielle. Que ce soit les troubles de l’attention, l’autisme, les troubles « dys », les chiffres grimpent chaque année, bien au-delà d’un meilleur dépistage. De nos jours, l’autisme est la maladie non transmissible dont la fréquence augmente le plus rapidement. En 2014, le CDC 1 publiait ses dernières estimations : un enfant de 8 ans sur 68 est touché par l’autisme.
Mais le chiffre encore plus impressionnant est celui de la rapidité de son évolution : supérieur de 30 % à celui publié seulement deux ans auparavant par le même CDC.
En France, l’Inserm estime qu’environ 100 000 jeunes de moins de 20 ans sont atteints de TSA (troubles du spectre autistique), l’autisme infantile concernant 30 000 d’entre eux. Cela représente environ 1 naissance sur 100 2 .


Prévalence du trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)
Aux États-Unis en 2015, selon les statistiques du CDC 3 , le nombre d’enfants âgés de 3 à 17 ans diagnostiqués comme présentant des TDAH était de 5,9 millions, répartis comme suit : pourcentage d’enfants âgés de 3 à 17 ans diagnostiqués : 11 % ; pourcentage de garçons âgés de 3 à 17 ans diagnostiqués comme présentant des TDAH : 13,5 % ; pourcentage de filles âgées de 3 à 17 ans diagnostiquées comme présentant des TDAH : 5,4 %.
En France, on estime que 5 % environ des enfants sont concernés par le TDAH. Les variations de certaines statistiques s’expliquent par le fait que certaines études concernent les cas avec hyperactivité et d’autres où il y a trouble de l’attention sans hyperactivité, ce qui semble plus fréquent à l’âge adulte.
Si l’on ajoute à ces deux statistiques les enfants présentant d’autres troubles des apprentissages, sans oublier tous ceux qui n’ont pas encore été détectés ou diagnostiqués, on atteint aisément 15 % à 18 % d’une classe d’âge, soit 1 enfant sur 6 concerné par un trouble du développement. Une institutrice des années 1950 avait de temps en temps un élève difficile dans sa classe. Aujourd’hui, certains enseignants ont trois, quatre, voire cinq enfants ayant besoin d’aide dans une même classe. Des écoles commencent à avoir plus d’assistant(e)s de vie scolaire (AVS) que d’enseignants.


Certains ont questionné ces chiffres, affirmant que la forte progression des chiffres de l’autisme est la conséquence d’un reclassement dans le spectre autistique d’un grand nombre d’enfants qui avaient été initialement diagnostiqués comme ayant des déficiences intellectuelles et des troubles du développement. Il est possible que ce soit le cas pour un certain nombre, cependant on peut se demander ou étaient tous ces enfants-là avant ? (Se cachaient-ils ? N’allaient-ils pas à l’école ?) D’autres se demandent s’il n’y aurait pas un surdiagnostic, contribuant à déresponsabiliser parents et écoles…
Il est bon qu’il y ait débat sur les méthodes d’éducation et la responsabilité de chacun, pour que nos enfants grandissent sainement. Il est nécessaire de s’interroger sur les changements fondamentaux dans nos modes de vie et leurs influences sur les enfants : sédentarité, nutrition, pollution, parents épuisés passant moins de temps en famille, omniprésence des écrans à des âges de plus en plus jeunes, etc. Cependant on ne peut nier que les enfants aux sens désorganisés ayant des troubles des apprentissages et des troubles du comportement sont de plus en plus nombreux, partout, et de façon alarmante. L’explication du surdiagnostic et celle de parents débordés ou absents sont largement dépassées, même si nous sommes tous d’accord pour dire que le mode de vie actuel n’aide pas. Il suffit d’aller passer du temps dans les écoles, de discuter avec des enseignants, notamment les plus anciens qui ont vu passer plusieurs générations d’élèves, ou de lire les forums des associations de parents, pour se rendre compte de l’importance du problème. Les professionnels rencontrent de plus en plus de parents désemparés, certains au bord de l’épuisement dans leur « parcours du combattant », certains ayant essayé de faire tout ce qu’ils pouvaient pour éviter de médicaliser leur enfant, d’autres proactifs, se rassemblant, s’informant, sensibilisant l’opinion.
Plusieurs pistes à l’étude
Les causes exactes des désordres sensoriels et de tant d’autres désordres neuro-développementaux n’ont pas été identifiées. Beaucoup de parents s’inquiètent de savoir s’ils sont responsables, s’ils auraient pu faire autrement.
La piste d’une origine génétique et développementale
Les études préliminaires et la recherche indiquent que les troubles sont souvent encodés dans le matériel génétique du bébé, que des complications prénatales et au moment de la naissance favorisent la manifestation de ces différences génétiques et que les facteurs environnementaux jouent un rôle fondamental dont nous n’avons pas encore mesuré toute l’étendue.


« Où en est la recherche ? »
En 2014, des chercheurs de l’Inserm (en collaboration avec des chercheurs du CNRS) ont étudié (sur des souris) les anomalies dans la façon dont les informations sensorielles sont traitées par le néocortex, partie du cerveau responsable entre autres de la perception sensorielle. Le néocortex de certaines souris est hyperexcité en réponse à des stimulations sensorielles tactiles. Ils ont ensuite effectué une variété de tests précis montrant que cette hyperexcitabilité néocorticale est liée à la façon dont les neurones de cette région du cerveau intègrent les informations sensorielles, notamment la fonction de certaines molécules qui déterminent la façon dont les neurones transmettent les signaux électriques à travers les dendrites.
Qu’en est-il de l’influence du milieu éducatif ?
Une éducation structurée et cohérente, qui pose des limites dès le plus jeune âge est un atout incontournable. Une routine logique, une alimentation saine avec des horaires de repas en famille, un équilibre ajusté entre le travail, le sommeil et les loisirs, des parents aimants et attentifs à leurs enfants, tout cela influence le développement. L’enfant a également besoin de jouer dehors et de bouger tous les jours, et en cela notre société sédentaire et sécuritaire va dans le sens oppos é . D’autant plus depuis l’invasion des écrans qui absorbent de plus en plus jeunes et moins jeunes. Les conséquences sur le développement de l’enfant sont motrices, cognitives, visuelles mais aussi émotionnelles. Car l’enfant a besoin de relationnel, c’est-à-dire d’être « en relation » avec sa famille, d’avoir des échanges quotidiens porteurs de sens et d’attention partagée.
L’impact des pesticides…
De plus en plus d’études posent la question du lien entre pesticides et troubles de l’attention. Une fois ingérés, les pesticides se décomposent en produits chimiques que les scientifiques peuvent mesurer dans l’urine.
En 2014, The Charge Study 4 a clairement démontré le lien entre les risques d’avoir un enfant atteint d’autisme et l’exposition aux pesticides durant la grossesse. En étudiant plus de 900 familles vivant à proximité de zones agricoles, les chercheurs ont trouvé une augmentation de 60 % de risque d’autisme, avec des chiffres encore plus élevés pour une exposition lors du 3 e trimestre de gestation.
Une étude québécoise 5 a confirmé que les enfants consommant des légumes et des fruits biologiques avaient moins de résidus de pesticides dans leur urine.
En 2000, l’Académie des sciences a suggéré que chez un enfant sur quatre, les troubles du comportement et des apprentissages pouvaient être liés à des facteurs génétiques combinés à des facteurs environnementaux, dont l’exposition au plomb, au mercure et aux phosphates. Les recherches continuent. Le National Institute of Health (NIH) à Washington, ainsi que d’autres organisations, étudient activement les effets des pesticides et des dérèglements hormonaux. Tout récemment (2015), c’est la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO) qui met en avant la responsabilité d’un certain nombre de polluants dans les troubles endocriniens ; la FIGO, qui rassemble 18 000 chercheurs et cliniciens spécialisés dans l’étude du système hormonal, dénonce l’exposition aux polluants de l’environnement comme une cause majeure dans le développement des maladies émergentes et de troubles neurocomportementaux 6 .
Dans un ouvrage scientifique publié en 2014, Barbara Demeneix, directrice du département « Régulations, développement et diversité moléculaire » du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, explique l’importance des hormones thyroïdiennes dans le développement du cerveau humain : « Les hormones thyroïdiennes sont connues pour moduler l’expression des gènes pilotant la formation de structures cérébrales complexes comme l’hippocampe ou le cortex cérébelleux […], la plupart des substances connues pour leur effet sur le développement du cerveau interfèrent avec le système thyroïdien.
Ces molécules ne sont pas toutes suspectées d’augmenter les risques d’autisme, mais sont susceptibles d’altérer le comportement ou les capacités cognitives des enfants exposés in utero , ou aux premiers âges de la vie. » Citons notamment les PCB (utilisés comme isolants électriques, lubrifiants, etc.), certaines dioxines, le bisphénol A, les PBDE (composés bromés utilisés comme ignifuges dans l’électronique et les mousses d’ameublement), les composés perfluorés (comme le téflon), les pesticides organophosphorés, certains solvants. Les composés bromés peuvent inhiber l’absorption d’iode par la thyroïde qui en conséquence va produire moins d’hormones. Les molécules chlorées peuvent en perturber la distribution dans les tissus. Le mercure, lui, peut inhiber l’action des enzymes. Lorsqu’une femme enceinte est exposée à ces substances, son fœtus l’est également et le risque est important que le développement initial du système nerveux en soit affecté.


Pesticides et autres
L’exposition aux pesticides affecte certains enfants plus que d’autres. La plupart d’entre nous parviennent à éliminer, au moins partiellement, les toxines de l’environnement, mais lorsque leur concentration augmente, ces poisons quotidiens déclenchent chez certains enfants des perturbations sensorielles, comportementales et motrices. Métaux lourds, substances chimiques de synthèse, additifs alimentaires, pollution de l’eau et de l’air… En attendant l’interdiction de tous ces polluants, il est prudent de retenir que certains enfants sont plus fragiles que d’autres – car ils ont du mal à éliminer les toxines – et donc de rester vigilants en ce qui concerne leur alimentation et leur exposition aux plastiques, produits chimiques et métaux.
…et des allergies
Les troubles de l’intégration neurosensorielle coexistent régulièrement avec les allergies : saisonnières, aux pollens, aux moisissures, aux acariens, aux poussières, les allergies alimentaires, avec en ligne de mire le gluten (voir encadré page 125 ) et la caséine des produits laitiers. Une fois l’allergène identifié, et supprimé, certains symptômes disparaissent, d’autres sont diminués. On ne « guérit » pas un enfant en supprimant certains aliments, comme le laissaient penser certains articles sensationnels il y a quelques années, cependant il est bon d’enquêter dans cette direction si vous soupçonnez une allergie, car la suppression des aliments ou allergènes en cause peut conduire à de belles améliorations du comportement.


De l’importance du microbiote
Recherches et études en micronutrition mettent en évidence l’influence du microbiote intestinal sur les troubles comportementaux et les troubles du spectre autistique. On a découvert ces dernières années que la flore intestinale joue un rôle prépondérant sur la santé et dans la biochimie du cerveau. Conséquences : troubles digestifs, obésité, addictions alimentaires pour certains composants tels le sucre, le sel ou le gluten, hypersensibilités et hypersélectivités alimentaires, allergies, affectent comportements et apprentissages. Chercheurs et micronutritionnistes se penchent sur ces questions pour nous aider à comprendre, et proposer des pistes de traitement. À suivre de près !
Toujours selon le CDC, les allergies alimentaires sont de plus en plus communes. En 2007, leur taux chez les enfants de moins de 18 ans est de 18 % plus élevé qu’en 1997, augmentation constatée chez les préscolaires comme chez les enfants plus âgés. Tout est-il lié ?


Les facteurs de risque
Si l’on n’a pas identifié de causes communes à tous ces enfants, on connaît un certain nombre de facteurs de risques. Ont plus de risques de développer des troubles de la désorganisation des sens ( sensory processing disorder ) : les enfants dans le spectre autistique ; les enfants diagnostiqués TDAH ; les enfants qui ont été institutionnalisés et/ou sous-stimulés pendant les toutes premières années de leur vie, ou qui ont été hospitalisés longtemps ; les enfants dont les parents ou la fratrie présentent ces troubles, même s’ils se manifestent différemment ; les enfants prématurés, et/ou ayant eu des complications au moment de la naissance ; les enfants qu’on appelle précoces ; les enfants porteurs de syndromes génétiques ; les enfants porteurs d’un syndrome d’exposition à l’alcool ou portés par une mère consommant des drogues pendant la grossesse ; les enfants qui ont été nourris par une sonde d’alimentation pendant une période prolongée ; les enfants qui ont des allergies alimentaires ; les enfants dont la mère a été exposée aux toxines environnementales pendant sa grossesse.
Le cas des otites à répétition
Certains enfants entre 0 et 6 ans font des otites à répétition et le fait est presque banalisé. Douleurs, pleurs, nuits agitées, fréquentes visites chez le pédiatre, antibiotiques et, quand l’otite se révèle résistante à ce premier traitement, il est courant qu’on donne au bébé des antibiotiques plus efficaces. Si le taux de récidive est trop important et si l’enfant commence à présenter un retard de langage, on préconise l’installation de petits tubes d’aération dans le tympan qui permettent de rétablir la pression de l’air dans l’oreille et le drainage. Les otites disparaissent éventuellement.
L’otite chronique affecte 20 à 40 % des enfants de moins de 6 ans. L’otite aiguë est l’une des maladies le plus souvent diagnostiquées en pédiatrie.
Les otites à répétition et la présence de fluide dans les oreilles peuvent être des indicateurs utiles sur la santé future d’un individu, et ce jusqu’à l’âge adulte. De plus, leur fréquence peut affecter le développement du langage. Certains enfants rattrapent leur retard dès que les otites s’arrêtent, mais pas tous. Un certain nombre d’enfants en difficulté d’apprentissage ont un historique d’otites chroniques. Et leur nombre est en constante augmentation.
Le développement de l’audition dure plusieurs années et nécessite une variété de sons auxquels l’enfant apprend à donner un sens. Le nouveau-né entend une cacophonie de bruits qu’il lui faut trier et identifier. Assez vite, il associe les sons d’une certaine fréquence à la voix de sa mère – et à son repas –, puis peu à peu il apprend à isoler des bruits spécifiques et à diriger son regard pour identifier leur provenance, puis leur raison. Il sourit à certains sons, intègre qu’il y a des sons importants pour lui et d’autres qui peuvent être ignorés.
Vers 1 an, le bébé remarque que son imitation de certains sons a un impact positif ; c’est l’origine du langage. Le développement du traitement des données auditives est complexe et évolue par séquence sur plusieurs années. Que se passe-t-il lorsque les oreilles du bébé sont régulièrement remplies de fluide ou douloureusement infectées ? Les sons sont déformés et plus difficiles à comprendre. Si pendant la période critique du développement de l’interprétation auditive (0 à 3 ans) ses oreilles ne fonctionnent pas bien, l’enfant n’apprendra pas à s’en servir de façon efficace. À 4 ou 5 ans, les otites ont disparu, mais il a manqué des étapes importantes de son développement auditif. Il peut entendre les sons mais ne pas leur donner de sens exact ; il peut ne pas entendre correctement ; il peut ne pas être capable d’imiter des sons ou les mots aussi bien que ses pairs ; il a pris du retard.


Allergies et otites
Des études ont montré que les allergies étaient l’une des causes principales des otites chroniques : 16 % aux inhalants, 14 % aux aliments et 70 % aux deux. L’élimination des allergènes peut à elle seule réduire le nombre de cas d’otites chroniques de 92 % alors que les traitements médicaux usuels ne permettent pas une réduction de plus de 52 % 7 .
Liens avec les troubles de l’attention
Des études effectuées auprès d’enfants ayant eu des otites à répétition montrent que ceux-ci ont tendance à être plus distraits que les autres et ce, jusqu’au lycée. Les troubles de l’attention sont les symptômes les plus fréquemment rencontrés chez les enfants en difficulté d’apprentissage, qu’ils aient un diagnostic de TDAH, un autre diagnostic, ou pas de diagnostic du tout. Lorsque le système de traitement des données auditives est correctement développé, l’individu peut prioriser les informations qui parviennent à ses oreilles. Par exemple, l’élève peut décider spontanément et automatiquement d’écouter son instituteur expliquer la leçon plutôt que son voisin qui fait des bruits avec son crayon. À l’inverse quand le processus fonctionne mal, l’enfant ne parvient pas toujours à filtrer ou à s’habituer aux informations non importantes (le bruit du chauffage, de la mouche qui vole) ; l’information principale est alors perdue dans l’ensemble sonore.


On voit donc que le traitement auditif va influencer les fonctions exécutives. Si l’institutrice dit : « Prenez votre cahier bleu, tirez un trait vertical et écrivez votre nom en haut à droite », la plupart des élèves sont capables de le faire sans qu’elle ait à répéter la consigne. L’élève qui a un mauvais traitement des données auditives sortira le cahier bleu, mais ne se souviendra plus de ce qu’il doit faire avec.
D’autres études ont montré que les otites à répétition pouvaient également affecter l’équilibre, rendant les enfants plus maladroits et enclin aux accidents, avec un impact possible sur leur développement moteur. L’une d’elles a même précisé que 33 % des enfants seraient touchés (NIH, 1995 et 1999). Ce qui paraît assez logique dans le cadre de référence de l’intégration neurosensorielle, les deux systèmes, auditif et vestibulaire, étant très liés de par leur proximité, échangeant et comparant beaucoup d’informations. Or, la composante motrice est toujours présente chez les enfants hyperactifs, notamment le manque d’inhibition motrice, caractérisée par leur impulsivité et leurs réponses exagérées. Tous les troubles de l’attention ne sont pas liés à des otites à répétition, mais identifier cette cause permet de travailler sur la prévention.
Des liens avec l’autisme ?
Des chercheurs ont mis en évidence la fréquence dix fois plus élevée des otites chroniques chez les personnes autistes 8 . Plus les troubles envahissants sont importants, plus les otites ont commencé tôt. Cela ne veut pas dire que les otites causent l’autisme, mais que les facteurs qui font qu’un individu est plus enclin à avoir des otites le rendent aussi plus enclin aux troubles neurologiques. Un des facteurs peut être lié à une faiblesse immunitaire. La présence de dysfonctions immunitaires chez les personnes autistes a été démontrée dès 2001. La relation entre problèmes immunitaires et développement neurologique est reconnue, mais pas encore vraiment comprise au-delà du fait qu’il y a échange de messages entre les deux systèmes. Ces messages provenant du système immunitaire peuvent affecter le développement neurologique et le comportement, particulièrement pendant les périodes où le système nerveux est le plus vulnérable. Or c’est pendant cette période de 0 à 4 ans que les otites se répètent. On peut se demander si le fait qu’un enfant soit souvent malade pendant ces années-là peut faire pencher la balance vers l’autisme. Ce ne sont peut-être pas les maladies elles-mêmes, mais le stress qu’elles engendrent, ajouté à des marqueurs génétiques et des facteurs environnementaux qui seraient cause de souffrance neurologique. Les TSA sont sans doute liés à beaucoup d’autres facteurs, mais connaître l’influence des otites à répétition peut faire gagner du temps et peut-être aussi prévenir des risques.


Prévention des otites chez les tout-petits
Il est possible de prévenir l’apparition d’otites chez l’enfant : éviter l’exposition de l’enfant au tabac ; prévenir et bien soigner les rhumes et autres infections respiratoires ; encourager l’allaitement, qui constitue le meilleur moyen de prévention ; si le bébé est nourri au biberon, ne pas le faire boire couché, ne pas le faire boire pour l’endormir ; identifier et éliminer les aliments qui causent des intolérances et/ou des allergies ; arrêter l’usage de la tétine, c’est 25 % en moins de risques d’otites.
Prévention des récidives
81 % des cas guérissent spontanément. Il est recommandé d’attendre 48 à 72 heures avant de prendre des antibiotiques : dès 2005, des études ont été menées mettant en cause la toxicité de certains antibiotiques chez les enfants à risque.
Pendant ces 48-72 heures, l’huile d’ail ou des recettes d’huiles essentielles conçues dans ce but peuvent aider à soulager ou à traiter (jamais d’huile essentielle pure dans l’oreille : ça brûle et c’est dangereux !).
L’homéopathie peut également être une option ; demandez conseil.
Et encore une fois : surveillez, identifiez et éliminez les aliments allergènes. Une élimination des coupables diminue la récurrence dans 86 % des cas
La question des vaccins
Encore très controversée, cette question est pourtant toujours d’actualité. Il est mal vu dans le monde médical de questionner le bien-fondé des vaccinations. En fait le débat n’est pas ouvert, il est parasité par l’influence énorme de l’industrie pharmaceutique sur la médecine et la quasi-impossibilité pour un médecin de s’opposer aux discours officiels de l’Ordre. Il est certes important de rappeler les bienfaits de certaines vaccinations au niveau mondial. Il est triste que les études comparant la santé des enfants vaccinés aux enfants non vaccinés soient systématiquement dénigrées et dénoncées comme une menace pour la santé générale des populations. Pendant ce temps-là, on continue d’augmenter le nombre de vaccins administrés aux tout-petits et on tient peu compte dans ce débat des bébés fragiles qui risquent de surréagir aux vaccins. À ce jour, je ne sais pas si les vaccins sont à l’origine de certains déséquilibres immunitaires, je peux juste constater qu’il continue à y avoir régulièrement des parents déclarant une poussée de symptômes dans les jours suivant une vaccination.

1 . Le CDC (Center for Disease Control and Prevention) est l’équivalent américain de l’Institut de veille sanitaire français. Il tient des statistiques annuellement mises à jour et aisément accessibles au grand public. www.cdc.gov/ncbddd/autism/addm.html .
2 . Inserm (Institut national français de la santé et de la recherche médicale) www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/autisme .
3 . https://www.cdc.gov/ncbddd/adhd/data.html .
4 . The Charge Study : https://ehp.niehs.nih.gov/1307044/ .
5 . http://observatoireprevention.org/2017/05/18/residus-de-pesticides-fruits-legumes-avantages-de-consommation-depassent-largement-risques/
6 . Fédération internationale de gynécologues-obstétriciens (FIGO), Appel à davantage d’efforts pour prévenir l’exposition aux produits chimiques toxiques, 2015.
7 . F. Döner, M. Yariktas, M. Demirci, The Role of Allergy in Recurrent Otitis Media with Effusion , National Institutes of Health, 2004.
8 . J. M. Burleigh, K. W. McIntosh, M. W. Thompson, « Central Auditory Processing Disorders in Autism », 2002.
3
À QUEL MOMENT VOUS FAIRE AIDER PAR UN PROFESSIONNEL
Certains enfants ont peu de symptômes ou bien ceux-ci sont discrets. Certains ne manifestent pas de problèmes particuliers dans les premières années, mais en commençant l’école de petites différences apparaissent. Pour d’autres, le comportement se détériore lors de l’entrée en CP alors que les exigences augmentent. Et puis il y a les enfants qui ont toujours été différents, ou décalés, et pour lesquels on se fait du souci depuis qu’ils sont bébés.


Votre enfant a besoin d’aide
Vous avez peut-être remarqué que votre enfant a des besoins particuliers, a du mal à s’adapter ou à rentrer dans certains apprentissages et/ou a des comportements atypiques, mais la décision de consulter nécessite un temps de réflexion ; on espère toujours que ça va passer, on se dit que c’est sa personnalité, on rationalise, on essaye d’être plus ferme sur la discipline. Votre entourage peut donner de bons et de mauvais conseils, en voulant bien faire. Il est compréhensible de se raccrocher aux paroles rassurantes.


« Moi aussi j’ai eu du mal à l’école, je me suis bien débrouillé, est-ce que mon enfant ne peut pas faire pareil ? »
On retrouve souvent des traits communs dans les familles ; il n’est pas rare que plusieurs enfants d’une même fratrie soient affectés. Comme il n’est pas rare que l’un des parents se reconnaisse dans les difficultés de sa progéniture. Ce n’est pas une raison pour lui imposer les mêmes conditions. D’abord parce que chaque individu présente ses propres symptômes et que ceux-ci peuvent être plus handicapants à la deuxième génération ; ensuite parce que si un parent peut éviter à son enfant les frustrations et les échecs qu’il a lui-même subis, il lui facilitera grandement la vie et la sienne en sera facilitée par la même occasion !
En temps normal, grandir implique que l’enfant construise ses acquis les uns « sur » les autres, comme une maison qu’on construit à partir de ses fondations. Il apprend à courir après avoir appris à marcher, qu’il a appris après avoir appris à se mettre debout, qu’il a appris après avoir rampé, etc. Pour l’enfant en difficulté, grandir ne veut pas toujours dire aller mieux car les fondations de sa « maison » ne sont pas assez solides. Attendre risque d’affecter les apprentissages dépendants de ces fondations. Une construction sur des fondations bancales va devenir bancale.
Si certaines sensibilités peuvent diminuer légèrement en grandissant, si l’enfant semble s’adapter et compenser, c’est souvent au prix de gros efforts qui le fatiguent, engendrent un stress permanent et entament fortement la confiance en soi ainsi que l’image de soi. Peuvent s’ensuivre toutes sortes de troubles comportementaux qui affectent le rapport au monde et aux autres. Une hypersensibilité au départ peut devenir un sérieux problème psychologique à l’adolescence et un handicap chez l’adulte.
Chaque enfant est unique dans ses sensibilités, et tous les enfants peuvent avoir des réactions exagérées dans certaines situations. La dysfonction apparaît lorsque les comportements décalés, disproportionnés et mal adaptés affectent la vie quotidienne et les apprentissages. Ce n’est pas un ou deux comportements inappropriés et occasionnels, mais un ensemble de réactions désorganisantes, leur intensité, leur durée et leur fréquence, qui définissent un profil sensoriel mal construit.
Voici une check-list de questions qui peuvent vous aider à prendre la décision d’aller consulter : Votre enfant est particulièrement maladroit, et/ou il casse plus fréquemment que de coutume ses jouets, et/ou fait régulièrement tomber les affaires de la table, et/ou se cogne dans les meubles. Il est particulièrement sensible à certaines textures de vêtements, lors de la toilette, du lavage des cheveux, ou lorsqu’on le touche d’une certaine façon. Il est hypersensible à certains sons : il se bouche les oreilles, il se ferme aux conversations. Il est sensible aux odeurs au point de réagir de façon négative. Il est très difficile à table, préférant un nombre limité d’aliments, en refusant catégoriquement beaucoup d’autres à cause de leur texture, couleurs, odeurs, au point parfois d’avoir des haut-le-cœur. Il est facilement distrait en ayant du mal à garder son attention sur l’activité en cours. Il évite certaines situations ou certaines activités de façon systématique, et/ou il trouve toutes sortes de motifs pour expliquer son retrait. Il a du mal à passer d’une activité à une autre ou d’une situation à une autre. Il a tendance à surréagir à des événements apparemment anodins pour les autres, et/ou à avoir du mal à se calmer. Il fait des colères alors qu’il en a passé l’âge. Il paraît facilement et souvent surexcité, ou au contraire sous-excité, lent et avachi. Il est têtu, inflexible, voire rigide, et a besoin de contrôler son environnement et son entourage le plus souvent possible. Il paraît avoir du mal à interagir avec les autres. Il est mal à l’aise dans un groupe, et particulièrement lors d’une activité peu structurée. Il évite le contact visuel. Il est plus fatigable que ses pairs. Il semble manquer d’endurance. Il semble manquer de maturité, avoir plus besoin d’aide et de protection que les autres. Il semble manquer de confiance en lui, éviter les situations qu’il ne connaît pas et les expériences qui lui paraissent hors de sa portée. Il semble avoir une piètre image de lui-même et se critique fréquemment.
Si vous avez coché au moins trois de ces questions, il est possible que votre enfant ait des troubles de l’intégration neurosensorielle. Les comportements d’un enfant varient grandement d’un âge à l’autre et un questionnaire seul ne permet pas de diagnostiquer une dysfonction neurosensorielle. Si vous pensez que votre enfant entre dans cette catégorie, il est recommandé de demander un bilan auprès d’un professionnel.


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