Le syndrome du jumeau perdu
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Description

A l'heure actuelle, on méconnait à quel point le vécu intra-utérin est important pour le restant de la vie.Pourtant, dès le premier instant de la conception, nos perceptions s'inscrivent dans nos cellules. Nous enregistronsce qui se passe autour de nous. Nous pouvons percevoir la relation entre nos parents et les sentiments de notre mère tandis que nous grandissons dans son ventre. Nous pouvons sentir très intimement notre frère ou notre soeur. Nous entendons son coeur battre. Un jour cependant, dans un grand nombre de cas, l'autre cesse de grandir. C'est un choc.Après la naissance, nous avons oublié. Mais, ces sentiments ont-ils disparu sans laisser de trace ?Près d'un être humain sur dix commence le voyage de la vie dans le ventre de sa mère accompagné par un jumeau...Si l'un d'eux meurt, le survivant subit un choc énorme dont il n'est plus conscient plus tard. Un grand vide subsiste alors en lui et l'impact affecte sa vie entière. Une mélancolie profonde, un sentiment de solitude et de culpabilité inexplicables peuvent-être les conséquances de ce deuil précoce. De nombreux musiciens et producteurs de film comme Nell et Le grand bleu se basent sur cette quête de l'unité perdue.Les auteurs nous sensibilisent à cette situation peu connue et proposent des démarchent thérapeutiques pour refermer cette cicatrice (en particulier les "constellations familiales"). Cet ouvrage cite de nombreux cas vécus et exemples qui témoignent des situations et des résultats obtenus. Il ouvre des perspectives passionnantes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 avril 2007
Nombre de lectures 15
EAN13 9782840584827
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0600€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Alfred R. Austermann & Bettina Austermann

LE SYNDROME DU JUMEAU PERDU

À l’heure actuelle, on méconnaît à quel point le vécu intra-utérin est important pour le restant de la vie.
Pourtant, dès le premier instant de la conception, nos perceptions s’inscrivent dans nos cellules. Nous enregistrons ce qui se passe autour de nous. Nous pouvons percevoir la relation entre nos parents et les sentiments de notre mère tandis que nous grandissons dans son ventre. Nous pouvons sentir très intimement notre frère ou notre sœur. Nous entendons son cœur battre. Un jour cependant, dans un grand nombre de cas, l’autre cesse de grandir. C’est un choc.
Après la naissance, nous avons oublié. Mais, ces sentiments ont-ils disparu sans laisser de trace ?
Près d’un être humain sur dix commence le voyage de la vie dans le ventre de sa mère accompagné par un jumeau… Si l’un d’eux meurt, le survivant subit un choc énorme dont il n’est plus conscient plus tard. Un grand vide subsiste alors en lui et l’impact affecte sa vie entière. Une mélancolie profonde, un sentiment de solitude et de culpabilité inexplicables peuvent être les conséquences de ce deuil précoce. De nombreux musiciens et producteurs de films comme Nell et Le grand bleu se basent sur cette quête de l’unité perdue.
Les auteurs nous sensibilisent à cette situation peu connue et proposent des démarches thérapeutiques pour refermer cette cicatrice (en particulier les « constellations familiales »). Cet ouvrage cite de nombreux cas vécus et exemples qui témoignent des situations et des résultats obtenus. Il ouvre des perspectives passionnantes.

Alfred R. AUSTERMANN est psychologue et psychothérapeute. Bettina AUSTERMANN est éducatrice sociale. Formés aux « Constellations familiales » par Bert Hellinger, ils exercent en tant que psychothérapeutes en Allemagne et donnent des séminaires en Belgique et en France.
Titre
Alfred R. Austermann & Bettina Austermann


LE SYNDROME DU JUMEAU PERDU


Un embryon sur dix environ a eu un jumeau,
qui souvent disparaît durant la grossesse.
Pour des milliers de personnes,
l’origine méconnue d’un profond sentiment
de nostalgie, de mal-être ou de culpabilité.

Traduit de l’allemand par Gabriele Sieck

Le Souffle d’Or

5 allée du Torrent – 05000 Gap (France)
www.souffledor.fr
Préface de la deuxième édition
Nous avons présenté la première édition de notre livre en tant que support de cours de notre institut au cinquième congrès des constellations systémiques à Cologne. Il y faisait partie des livres les plus demandés. Nous l’avons aussi souvent vendu à des personnes qui l’avaient trouvé sur Internet ou dans le cadre de nos séminaires. Le feedback de nos lecteurs est émouvant et parfois époustouflant. La lecture de ce livre a donné à de nombreuses personnes une impulsion importante pour la compréhension de leurs symptômes et pour leur autoguérison. Certaines personnes nous ont fait part d’une augmentation temporaire de leurs symptômes, comme c’est souvent le cas en homéopathie, en tant que processus de dissolution et de guérison.
Vu la description pertinente de leur histoire et de leurs difficultés, de nombreux lecteurs de notre livre ont eu l’impression que nous les avions connus personnellement.
Nous sommes reconnaissants des ajouts dont peuvent profiter nos lecteurs dans cette deuxième édition, et nous souhaitons à nos nouveaux lecteurs que ce livre les inspire et leur permette de nouvelles prises de conscience. Nous exprimons également notre reconnaissance à tous les thérapeutes qui ont recommandé notre livre à leurs clients.
Alfred R. et Bettina Austermann
Berlin, février 2006
Préface
Jeune spécialiste en gynécologie-obstétrique, j’ai rencontré Alfred Ramoda Austermann lors d’une constellation familiale. Je me sentais alors quelque peu à l’étroit dans le format étriqué imposé par des études universitaires de longue durée. J’avais soif de réponses pour toutes ces questions échappant à l’analyse cartésienne si bien transmises par mes pairs. Lors de ces séances de travail, l’humilité, le respect des patients, l’empathie dont fait preuve Alfred m’ont touché. Peu m’importent la base théorique, le concept psychologique derrière cette forme de thérapie systémique, car au bout du compte, le bien-être est partagé. L’intensité des rencontres vécues lors de ces week-ends particuliers reste aujourd’hui encore, comme des braises qui me réchauffent le cœur. Quand Alfred m’a demandé d’écrire une préface pour son livre, j’ai évidemment été surpris qu’il pense à moi. Ma pensée cartésienne s’est emballée, je me suis posé beaucoup de questions, sur le pourquoi, les motivations, sur ma capacité à réaliser la tâche demandée. J’ai décidé de lâcher prise, pour écouter ce que je ressens, en d’autre terme accepter sa demande. Je ne crois pas au hasard et si la finalité de toutes ces expériences m’échappe encore, je n’ai, jusqu’à présent, pas eu à regretter la confiance accordée à mon ressenti.
Je travaille actuellement dans le milieu de la recherche en médecine fœtale, plus précisément de la thérapie fœtale in utero . Je suis régulièrement confronté à des couples dont la grossesse ne se passe pas comme ils l’avaient prévu. Le syndrome du transfuseur-transfusé est une des pathologies traitées dans le centre qui m’emploie. Pour résumer le problème, la patiente attend des jumeaux mais des connexions vasculaires entre les 2 fœtus entraînent un déséquilibre qui, si rien n’est fait, est fatal pour les deux jumeaux, dans 90 % des cas. Le traitement consiste en une coagulation fœtosco-pique de ces anastomoses par laser. Malheureusement dans plus ou moins un quart des cas, un des deux jumeaux meurt avant la naissance. La souffrance des parents passant par cette épreuve est évidente, et une éventuelle prise en charge de leur détresse est possible. Si les séquelles néonatales en cas de décès, in utero , d’un des deux jumeaux sont de mieux en mieux reconnues, l’impact psychologique voir psychiatrique pour le jumeau survivant n’est pas du tout d’actualité. Ainsi, souvent je me suis demandé ce que ce jumeau, résistant quelque part à la sélection naturelle, allait advenir, quelles pouvaient être pour lui les conséquences psychologiques d’une telle perte. Voilà l’état d’esprit dans lequel j’étais quand Alfred m’a demandé d’écrire la préface de son livre sur le jumeau perdu, quelle coïncidence !
Depuis un certain temps, le milieu médical a cessé de considérer le fœtus comme un simple arc réflexe, de nombreuses disciplines médicales s’intéressent à cette période anténatale. Ainsi, après avoir découvert et démontré qu’un fœtus est capable de ressentir de la douleur, plusieurs équipes de spécialistes se sont posées la question d’une conscience fœtale, d’une aptitude à ressentir des émotions et par la suite, de leurs implications sur le devenir postnatal. Bernard Golse, pédopsychiatre à l’hôpital Necker (Paris), a beaucoup travaillé dans le domaine de la maltraitance infantile, il a développé dans plusieurs de ses conférences une notion intéressante : la maltraitance fœtale et ses implication sur le développement de l’enfant à naître. D’autres pédopsychiatres, comme le Dr Luc Roegiers des cliniques universitaires Saint Luc (Bruxelles), s’interrogent également sur l’émergence d’un concept de conscience fœtale. Les ouvrages traitant de ces développements récents sont nombreux ( La psychiatrie fœtale de Marie José Soubieux et Michel Soulé ; La grossesse, l’enfant virtuel et la parentalité de Sylvain Missonnier, Bernard Golse et Michel Soulé, pour n’en citer que deux). Force est de constater que je ne suis pas seul à me poser ce genre de questions. Le partage de ces interrogations a pour moi un côté rassurant qui m’aide quotidiennement dans mon travail. Cette recherche de réponse est essentielle. Elle soulage dans les moments d’empathie nécessaire, mais parfois douloureuse, où avec les couples, des décisions difficiles doivent être prises. Je remercie Alfred et son épouse Bettina pour le travail de recherche et d’analyse qu’il a effectué, je suis persuadé que cela apporte une pierre supplémentaire à l’édifice de cette psychologie fœtale naissante. Je me réjouis de pouvoir partager encore une fois avec lui, ses idées, ses constatations, son ressenti. Cet ouvrage est riche en enseignements tant pour les spécialistes du somatique que pour les différents intervenants de la sphère psychologique, car quelle que soit la discipline exercée, science sans conscience continuera de n’être que ruine de l’âme.
Dr Léonardo Gucciardo
Introduction
Dans le cadre de notre travail, nous avons pu observer combien de souffrances mal comprises et de drames relationnels résultant d’un problème de jumeau manquant. Nous avons rencontré beaucoup de gens qui se sont désespérément posé la question : ‘Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi n’ai-je pas de chance dans mes relations ?’ ou ‘Pourquoi n’ai-je pas de chance sur le plan professionnel ?’ Nous avons vu beaucoup de gens à la recherche de quelque chose : ceux qui avaient parcouru avec acharnement la planète des milliers de fois, ceux qui avaient déjà fait plusieurs thérapies sans succès notable, ceux qui ont recherché la spiritualité dans diverses communautés et ceux qui n’ont pas supporté la mort de leur animal domestique adoré pendant de nombreuses années. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres. Après coup, une fois que nous savons qu’il y a eu un jumeau perdu dans l’utérus, nous pouvons mieux comprendre cette recherche. Tous ces gens cherchent l’autre de manière désespérée et souvent inconsciente.
Nous avons vu chez beaucoup de nos clients – adultes, adolescents et enfants – que la découverte d’un jumeau manquant avait des répercussions profondes sur leur joie de vivre et en amour. Nous sommes reconnaissants d’avoir pu aider de nombreuses personnes, parfois de manière décisive. Nous ne voulons pas garder ces expériences pour nous-mêmes mais les rendre accessibles à tout le monde par le biais de ce livre.
Depuis plusieurs années, divers psychologues aux quatre coins du monde découvrent séparément les uns des autres la portée du jumeau perdu dans l’utérus. Un ‘jumeau perdu’ est un terme qui éclaircit le point de vue du jumeau survivant. Le survivant a vécu une perte gémellaire quand il était dans l’utérus. En anglais on appelle ce phénomène ‘vanishing twin’. Ceci décrit la disparition d’un embryon dans beaucoup de grossesses gémellaires qui avaient été confirmées par échographie en début de grossesse. En 1993, Elisabeth Noble fut la première à décrire son travail thérapeutique avec des jumeaux survivants dans son livre ‘Primal Connections’. En Allemagne, Norbert Mayer écrivit le premier livre sur ce phénomène ( Der Kain Komplex , 1998). Sans savoir que ces livres existaient, moi, Alfred, j’ai découvert ce phénomène il y a 8 ans dans des constellations familiales et j’ai commencé à rassembler mes expériences en la matière. Il y a 6 ans, mon épouse Bettina s’est jointe à moi. Grâce à son expérience professionnelle et au fait qu’elle a une sœur jumelle homozygote en vie, elle apporte régulièrement de nouvelles idées qui permettent de comprendre en profondeur ce que cela signifie d’avoir un jumeau ou d’en avoir eu un. Nous avons écrit ce livre ensemble. Il est toutefois intéressant dans certains cas de savoir qui des deux auteurs rapporte les faits décrits ; le cas échéant, nous mettrons donc l’auteur concerné en évidence.
Juste avant la rédaction de ce livre, nous avons reçu d’une stagiaire belge le livre Un être vous manque du médecin et psychothérapeute française Claude Imbert (2004), qui venait de sortir de presse. Nous lisons avec fascination que ce qu’elle dit des répercussions de la perte d’un jumeau est très similaire à nos découvertes. Sa thérapie ressemble aussi à la nôtre, bien qu’elle y soit parvenue par un autre chemin.
Ensuite, nous découvrons sur internet que Barbara Schlo-chow et Urs Honauer préparent aussi un livre sur ‘notre’ sujet, ainsi que Ray Castellino et David Chamberlain.
Aux quatre coins du monde on reconnaît le phénomène. Il est donc temps pour tous d’élargir l’horizon grâce à cette découverte importante en psychologie prénatale : la mort d’un jumeau dans l’utérus.
Vivre la mort d’un frère ou d’une sœur de tout près et être seul par la suite, a des conséquences importantes pour la vie des personnes concernées. Selon des analyses échogra-phiques récentes, une personne sur dix a vécu ce terrible drame dans l’utérus.
Chapitre 1.
Les jumeaux – un phénomène rare ?
Il y 8 ans, moi, Alfred, j’ai rencontré pour la première fois dans le cadre de mon travail une cliente qui avait perdu un jumeau dans le ventre de sa mère. Avant cela je ne pouvais pas imaginer que la perte d’un jumeau dans l’utérus pourrait avoir une quelconque signification pour la plupart des gens. Théoriquement, il était plausible pour moi que dans un pourcentage infime de grossesses, deux enfants aient existé en même temps, puis que l’un ait disparu.
Je ne pouvais pas imaginer que ceci arrive souvent et que cela laisse en plus une empreinte profonde sur la vie de ‘l’ancien’ jumeau né seul. Si quelqu’un m’en avait parlé à l’époque, j’aurais probablement eu envie de rejeter cela comme une ‘connerie ésotérique’. Mais la vie est un enseignement. La redécouverte d’un jumeau perdu a apporté une solution fondamentale aux questions et problèmes de beaucoup de mes clients que d’autres images ou méthodes ne pouvaient pas résoudre.
Avant de tomber sur le ‘jumeau perdu’, je m’étais déjà intéressé au temps passé dans le ventre de la mère. Avec l’aide de partenaires expérimentés, j’ai revécu mes propres régressions prénatales profondes dans de l’eau à la température du corps. Plus tard j’ai accompagné mes clients. Certains mouvements involontaires qui se produisent dans l’eau tiède lors d’une relaxation totale sont les mouvements d’un jumeau dans l’utérus qui joue avec son frère ou sa sœur. Autrefois, j’avais observé ces mouvements, mais je ne les avais pas encore compris.
Pour y arriver, j’ai dû être confronté au phénomène du jumeau perdu. En collaboration avec mon épouse Bettina que j’avais rencontrée un peu après, j’ai observé et analysé ce phénomène plus intensément. Ensemble, nous avons réfléchi à la manière dont nous pourrions accompagner des centaines de clients tout en gardant l’histoire de la jumelle homozygote vivante de Bettina en mémoire. Nous sommes arrivés maintes fois à des observations identiques et nous étions étonnés de voir combien de fois nous rencontrions des jumeaux perdus dans notre travail. Nous avons rassemblé des protocoles ainsi que des lettres de nos clients pour rédiger un livre accessible à tous.
Lors des préparatifs, nous nous sommes beaucoup concentrés sur les faits médicaux. Nous voulions savoir si les découvertes que nous avions faites grâce à nos méthodes psychologiques correspondaient aux connaissances médicales. Nous étions préoccupés par les questions suivantes : À partir de quel moment un jumeau peut-il effectivement être identifié ? Que peut-on vraiment et clairement voir ? Que vivent les embryons dans l’utérus ? Une réponse claire et nette est venue de Belgique.
Mes séminaires en constellations familiales et systémiques m’amènent souvent dans la partie francophone de la Belgique.
Les Belges sont à la pointe dans le domaine de la médecine prénatale.
Les échographies différenciées pendant la grossesse furent développées en Belgique par le pionnier Salvator Levi. C’est lui aussi qui fut le premier dans les années 60 à découvrir qu’il y avait beaucoup plus de grossesses gémellaires que de naissances gémellaires. Les Belges ont aussi développé la méthode ICSI qui permet la fécondation par l’injection directe du sperme dans l’ovule. Grâce à cela, des couples peuvent avoir des enfants même si les spermatozoïdes de l’homme ne sont pas assez mobiles ou s’ils ne peuvent être prélevés qu’au niveau des testicules.
Grâce à mes amis belges, j’ai eu le grand plaisir de rencontrer un spécialiste en médecine prénatale : Jean-Guy Sartenaer. En tant que gynécologue, ce dernier voue sa vie non seulement à l’analyse de toutes les étapes de la grossesse à l’aide d’appareils échographiques ultramodernes à images tridimensionnelles, mais aussi à la croissance des ovules. C’est un passionné d’œufs d’autruche. Dans son appartement, les murs sont couverts d’étagères où sont exposés des centaines d’œufs d’autruches artistiquement décorés en provenance du bout du monde.
C’est absolument fascinant d’interroger un spécialiste en personne sur la vie d’un embryon et d’étudier des images échographiques. Chers lecteurs et lectrices, je vous invite à prendre place sur le canapé, entourés d’œufs d’autruche, pour écouter les réponses du docteur Sartenaer dans le chapitre suivant.
Chapitre 2.
Entretien avec un spécialiste en médécine prénatale : le docteur Sartenaer
La vie d’un enfant dans l’utérus
Monsieur Sartenaer, combien de fois voyez-vous plusieurs embryons dans l’utérus quand vous pratiquez une échographie en début de grossesse ?
Cela arrive dans à peu près 8 pour cent de toutes les grossesses. Seul un pour cent des grossesses gémellaires aboutissent à la naissance de jumeaux vivants.
Cela veut donc dire que vous voyez huit fois plus de grossesses gémellaires à l’échographie en début de grossesse que de naissances gémellaires. À partir de quelle semaine voyez-vous que plusieurs ovules se sont implantés ?
Je vois l’implantation d’un ou de plusieurs embryons à partir de la 5 e semaine de gestation selon les calculs gynécologiques. Les gynécologues calculent toujours à partir du premier jour de la dernière menstruation. Les embryologues calculent toujours à partir de la fécondation. Ceci veut dire que l’échographie peut identifier des embryons trois semaines après la fécondation. Les embryons mesurent à ce moment-là plusieurs millimètres.
Est-ce que vous voyez toujours tous les embryons ou est-il possible qu’il y en ait d’autres qui ne soient pas visibles à l’écran ?
Il arrive qu’ils se trouvent les uns derrière les autres ; dans ce cas, un embryon peut en cacher un autre et l’échographie ne permet pas de les dépister. Lors d’une rare forme d’implantation des jumeaux homozygotes appelée jumeaux monochoriaux-monoamniaux, parce que les deux flottent dans la même membrane ovulaire et la même poche de liquide amniotique, ce n’est que plus tard qu’on peut voir qu’il y en a deux.
En Allemagne, on pratique habituellement la première échographie entre la 9 e et la 12 e semaine de gestation (selon le calcul gynécologique). À ce moment-là, la plupart des jumeaux ont déjà disparu. Est-ce la raison pour laquelle la notion d’un ‘jumeau perdu’ est peu connue en Allemagne ?
Certainement. En Belgique, nous commençons les contrôles plus tôt. La première échographie est prévue dans le courant de la 7 e semaine de gestation. Cela veut dire que nous regardons dans le ventre de la mère pour la première fois cinq semaines après la fécondation. Dans notre clinique, nous avons des appareils échographiques particulièrement sensibles qui nous permettent de bien tout détecter, car la plupart des jumeaux meurent déjà dans le premier tiers de la grossesse.
J’ai lu chez Joachim-Ernst Behrend, un expert allemand en matière d’expériences auditives, que l’oreille se développe en premier, donc même avant le cœur et le cerveau. Est-ce exact ? Qu’est-ce qu’un embryon entend à votre avis ?
Oui, l’oreille se forme avant que le cœur ne commence à battre au cours de la 6 e semaine de gestation. L’embryon entend le bruissement du sang, le cœur et les bruits de digestion de sa mère, de même que les bruits de son environnement.
Qu’est-ce qu’un embryon entend d’un autre ?
Lors de l’implantation de deux embryons, l’un entend l’autre très tôt, soit avant la 6 e semaine. Il entend la circulation sanguine de l’autre avant que son cœur ne commence à battre.
Entre les embryons se trouve au moins une membrane ovulaire. Que peuvent enregistrer les embryons l’un de l’autre en dépit de cette paroi de séparation ? Est-ce qu’elle empêche le contact ?
Pas du tout. La membrane est tellement fine que tout peut la pénétrer.
Au cours du processus appelé ‘Constellation Familiale’, nous observons souvent que des jumeaux veulent s’enlacer le plus fort possible. Est-ce possible dans l’utérus ?
La membrane permet cela aussi. Chez des fœtus plus grands, il m’arrive de voir à l’échographie que l’un met son bras autour de l’autre. De toute façon, les embryons et les fœtus bougent énormément et cela longtemps avant que leur mère ne ressente leurs mouvements.
Lorsqu’un jumeau meurt, est-ce que la mère le ressent ?
Normalement, la mère ne ressent rien. Des saignements intermédiaires se produisent rarement. Le taux hormonal de la grossesse ne change pas du tout. Même si un jumeau meurt dans une grossesse assez avancée, la mère ne ressent rien dans la plupart des cas – sauf à travers des rêves et son intuition.
Lorsqu’un jumeau meurt, comment l’autre ressent-il son décès ?
Tout d’abord, le battement du cœur et les mouvements deviennent plus faibles, puis ils cessent complètement. L’autre le ressent.
Quand un jumeau est mort, est-ce que l’autre peut ressentir le corps mort comme si c’était par exemple une masse dure ?
Oui, très souvent. Chez des fœtus qui ont atteint une certaine taille, si un décès survient à partir du deuxième tiers de la grossesse, l’un ressent l’autre d’office. Souvent il évite le jumeau mort, se retire même entièrement dans l’utérus et ne bouge presque plus pendant le restant de la grossesse.
Nous travaillons avec une cliente qui a perdu un jumeau dans l’utérus. Elle se plaint d’un dégoût profond pour elle-même et pour ses compagnons. Elle a suivi plusieurs thérapies par rapport à l’abus, mais sans succès. Serait-il possible que le liquide amniotique ait tellement changé après le décès du jumeau qu’il ait eu un mauvais goût ?
Un net changement dans la composition du liquide amniotique lors du décès d’un jumeau est très probable. La circulation sanguine des deux placentas est étroitement liée. Les bourgeons du goût se développent très tôt et sont déjà visibles à la 10 e semaine de gestation. Pour cette raison, il est probable que le survivant peut percevoir un changement dans le goût du liquide amniotique.
Quand nous sommes nés, nos parents ne connaissaient pas les échographies. Comme dans ce temps-là, on examine aujourd’hui le placenta après l’accouchement. Quel âge minimum devraient avoir les jumeaux pour qu’on puisse les voir dans la délivrance du placenta ?
On peut voir un embryon décédé implanté dans le placenta quand il a atteint la 14 e semaine de gestation. Avant cette date, il est tout à fait absorbé par le placenta ou il s’intègre dans le corps du survivant. Si le jumeau décédé était plus âgé, à partir de la 20 e semaine de gestation, il devient un ‘fetus papyracaeus’, un fœtus tout à fait aplati et desséché duquel le liquide tissulaire a été retiré.
Généralement, un jumeau perdu était rarement remarqué à l’époque et était plutôt considéré comme quelque chose d’exotique et d’invraisemblable. Souvent on cachait aux mères qu’il y avait des traces d’un jumeau perdu pour ne pas les inquiéter. Comment vous et vos collègues gérez-vous aujourd’hui les résultats des échographies ?
Plusieurs de mes collègues informent la mère uniquement dans le deuxième tiers de la grossesse qu’ils voient des jumeaux, puisqu’à ce moment-là il est probable qu’ils vont naître tous les deux. Personnellement, je dis à la femme enceinte tout au début de sa grossesse ce que je vois. Ainsi, les mères peuvent se préparer aux jumeaux probables et aussi dire adieu aux enfants qui ne vont pas grandir.
Quand des jumeaux morts précocement s’incrustent dans le corps d’un autre, s’agit-il uniquement de jumeaux homozygotes ou aussi de jumeaux hétérozygotes ?
Les deux.
Croyez-vous que le vécu d’un embryon dans les premières semaines de la grossesse peut laisser une empreinte décisive sur la vie d’un adulte ?
J’en suis sûr et je suis très content qu’aujourd’hui les nouveaux-nés soient traités tout à fait différemment d’il y a quelques années. L’image globale de l’homme en gyné-cologie s’est énormément transformée.
Merci beaucoup.
Échographie montrant des jumeaux décédés

Sur cette image, vous voyez deux cavités amniotiques dans la 8 e semaine de gestation, six semaines après la fécondation. L’embryon à gauche est mort et il aura probablement disparu sans laisser de trace quand la grossesse sera avancée.
Des jumeaux dans la 18 e semaine de gestation, 16 e semaine après la fécondation. À droite, le jumeau vivant est couché sur son côté. L’ovale foncé avec la ligne claire en-dessous est son placenta. L’autre est décédé il y a trois semaines. On peut voir sa tête.
Chapitre 3.
De la conception à la naissance
Le premier tiers de la grossesse est la phase la plus intéressante pour nos observations. La plupart des gémellités qui s’implantent et puis disparaissent meurent dans le premier tiers de la grossesse.
Pour cette raison, nous décrivons cette phase plus en détails.
Chaque fille a au début de sa vie, au moment de sa naissance, plus de deux millions d’ovocytes. Au début de la puberté, il en reste encore 400000 qui peuvent se développer en un follicule mûr. Dans la période entre la première menstruation et la ménopause, seules plusieurs centaines d’ovocytes mûrissent et permettent une fécondation. Au cours de chaque cycle, il y a toujours plusieurs ovocytes qui commencent à mûrir. Un seul ovocyte se développe particulièrement bien. Il devient le follicule dominant. Un follicule contient l’ovocyte et le liquide folliculaire. Le follicule dominant donne aux autres follicules qui ont commencé leur maturation le signal : ‘Je suis mûr et assez fort pour l’ovulation, vous pouvez arrêter de grandir’. À ce moment-là, les autres follicules ne sont pas encore prêts pour une fécondation.
Sur l’échographie, on peut très bien observer les follicules mûrissants et les ovaires d’une femme. Un follicule mûr mesure environ 2 centimètres juste avant l’ovulation.
La soi-disant ovulation se produit. Une fois que l’ovocyte a été libéré, il n’est plus reconnaissable sur l’écran d’un appareil échographique. Sa taille varie entre 0,11 et 0,14 millimètres, un peu comme la pointe d’un cheveu. C’est la plus grande cellule corporelle existante.
Le follicule éclate et l’ovocyte descend dans la trompe utérine. S’il a de la chance, il rencontre des spermatozoïdes dans le tiers supérieur de la trompe utérine. Normalement, à peu près 200 millions de spermatozoïdes sont libérés lors d’un rapport sexuel. Aussitôt qu’ils touchent l’ovocyte, ils l’entourent en formant une couronne épaisse. Ils touchent la membrane ovulaire avec leur tête et pénètrent la paroi protectrice constituée de substances nutritives jusqu’à ce qu’un spermatozoïde soit aspiré par l’ovocyte à l’intérieur. Le spermatozoïde éjecte sa queue qui a rempli sa fonction. La membrane ovulaire se barricade et ne laisse plus entrer d’autres spermatozoïdes. Les noyaux cellulaires du spermatozoïde et de l’ovule fusionnent l’un avec l’autre.
La fécondation a eu lieu. 23 paires de chromosomes se constituent à partir des 23 chromosomes de l’ovocyte et des 23 chromosomes du spermatozoïde. Ceci contient tout le programme génétique de cet être humain en devenir. Le livre de Lennart Nielsson montre des photos fantastiques de la fécondation et du développement de l’embryon.
Quatre semaines après la fécondation et l’implantation d’un ovocyte dans l’utérus, on peut observer le sac amniotique ou, en cas de gémellité, plusieurs sacs amniotiques sur l’écran d’un appareil échographique. Tout ce qui se passe avant cette date n’est visible qu’avec des appareils spécifiques. Après la fécondation, les cellules se divisent constamment.
La période entre la fécondation et l’implantation dure 8 à 10 jours. Pendant ce temps, l’ovocyte fécondé, le zygote, se divise sans cesse. Le photographe mentionné ci-dessus, Lennart Nielsson, a pris de magnifiques photos sous microscope en direct de l’utérus illustrant l’évolution du zygote. Après 3 jours, les cellules commencent à se spécialiser. L’amas de cellules se divise en deux parties : une partie intérieure qui deviendra l’embryon, et une partie extérieure. Les cellules extérieures forment la face fœtale du placenta et la membrane ovulaire extérieure, le chorion. Les deux amas cellulaires sont liés l’un à l’autre par un pédoncule de connexion qui donne naissance au cordon ombilical. Le septième jour, les cellules se différencient davantage et la cavité amniotique ou l’amnios (parfois aussi appelé ‘poche des eaux’) se forme.
Ce n’est qu’à ce moment-là que l’embryon, qu’on appelle encore à ce stade blastocyste, s’implante dans l’utérus. En effet, seuls 15 à 40 % de tous les zygotes y parviennent. L’embryon est protégé dans l’utérus par une double couche, la membrane ovulaire intérieure et extérieure, l’amnios et le chorion. La zone délimitée par la membrane ovulaire intérieure est remplie de liquide amniotique.
Si on regarde avec quelle vitesse cet amas de cellules tout d’abord minuscule se développe et forme des systèmes compliqués et différenciés dans une très courte période, il est juste de parler d’un miracle de l’évolution humaine.
Les premiers bourgeons des oreilles se développent déjà une semaine après la fécondation. Trois semaines après la fécondation, l’embryon a déjà une tête et une queue.
Les bras et les jambes commencent à bourgeonner à la fin du premier mois de la grossesse. L’être humain en devenir se compose maintenant d’une tête, d’un tronc et d’une queue. L’évolution du système nerveux démarre. Le 23 e jour après la fécondation, le cœur commence à pomper du sang. Deux mois après la conception, le cœur est complètement développé.
Au cours de la sixième semaine suivant la fécondation se forment le cerveau et les organes intérieurs, tels que les reins et le foie. Commence alors le développement des gonades et, avec ceci, le développement sexuel.
À l’âge de sept semaines, on peut reconnaître le visage avec des yeux, un nez, des lèvres et une langue. Les premiers signes de dents et d’os se forment.
Dans la huitième semaine de gestation, les doigts et les mains sont bien formés. Les muscles commencent à se développer.
À peu près huit à dix semaines après la fécondation, l’embryon se met à bouger et à faire sa propre gymnastique. Les organes sont en place. Les organes intérieurs (foie, reins, cœur, tube digestif) fonctionnent. Maintenant, le petit être en devenir n’est plus appelé embryon, mais fœtus (en latin : le petit, le descendant).
Les trois premiers mois de la grossesse ont fait émerger un organisme complexe à partir d’un ovocyte et d’un spermatozoïde. L’homme en devenir flotte dans l’eau, des réflexes et répétitions de mouvements peuvent être observés.
Le développement se poursuit. À la fin du quatrième mois de gestation, les organes génitaux intérieurs et extérieurs sont formés. Au cinquième mois, le premier tissu adipeux se développe chez le fœtus. Il pèse maintenant entre 300 et 400 grammes et mesure 25 centimètres. C’est au plus tard à ce moment-là que la grossesse se voit à l’extérieur. Le ventre de la mère s’arrondit et les mouvements de l’enfant deviennent visibles et peuvent être ressentis. Le fœtus peut entendre des bruits de l’extérieur et, par exemple, réagir à la musique.
À cet âge-là, le fœtus a déjà une chance de survivre en cas de naissance prématurée. Grâce aux développements de la médecine, un bébé né très prématurément peut être requinqué, même si son poids est en dessous de 500 grammes. Le ‘record’ d’une équipe de médecins japonais qui avait sauvé un bébé pesant à la naissance 285 grammes est douteux d’un point de vue éthique. Il n’existe pas de rapports sur d’éventuels dégâts cérébraux et autres déficiences corporelles et psychiques lorsque un tel enfant deviendra adulte.
Il est important de se poser la question de savoir à partir de quel moment il est sensé d’intervenir médicalement pour sauver un nouveau-né très prématuré. Le risque de futurs handicaps corporels et psychiques est très grand.
À partir du sixième mois, l’espace dans l’utérus devient exigu. Le fœtus pèse maintenant entre 500 et 600 grammes et mesure 30 à 35 centimètres.
Les dernières maturations ont lieu dans les trois derniers mois de gestation. Le cerveau se spécialise de plus en plus. Les cellules ganglionnaires de l’encéphale qui, d’après certaines recherches, sont responsables des états de conscience supérieurs, tels la volonté, la mémoire et la conscience, atteignent leur développement maximal au plus tard au huitième mois. À partir de cet âge-là, on peut observer un rythme prononcé de veille et de sommeil qui continue jusqu’après la naissance. Le fœtus développe une couche de graisse pour être protégé du froid après l’accouchement. L’être en devenir se prépare à sa naissance. Il rêve, et des phases de rêves appelées REM (Rapid Eye Movements) peuvent être observées. Le tube digestif est complètement formé et préparé à prendre de la nourriture liquide.
Au cours du neuvième mois, l’être en devenir est pratiquement coincé, la tête descend normalement dans le bassin.
Le bébé naît, à peu près 38 semaines après la fusion de l’ovocyte avec le spermatozoïde.
Chapitre 4.
L’implantation des jumeaux
Afin de mieux comprendre ce sujet complexe du jumeau perdu, nous aimerions décrire les faits biologiques liés à la formation de jumeaux.
Il y a deux possibilités de développement de jumeaux.
Deux tiers de tous les jumeaux évoluent chacun à partir d’un ovocyte et d’un spermatozoïde. Pour cette raison, on les appelle des jumeaux hétérozygotes. À peine un tiers de tous les jumeaux se développent à partir du même ovocyte fécondé. Ce sont les jumeaux homozygotes. L’un est le clone génétique de l’autre.
À part cela, il y a encore une forme particulière très rare de gémellité quand deux spermatozoïdes différents fécondent deux parties fécondes de l’ovocyte. On nomme de tels jumeaux des ‘jumeaux aux globules polaires’ ou ‘jumeaux en provenance d’ovocytes binucléaires’ selon la manière dont ils ont été formés.
Du côté du père, ces jumeaux sont différents, mais du côté de la mère, ils sont identiques : ce sont donc en quelque sorte des jumeaux issus d’un ovocyte et demi.
Les jumeaux hétérozygotes
Les jumeaux hétérozygotes naissent à partir de deux ovocytes qui mûrissent pendant le cycle de menstruation.
On a longtemps cru que les femmes n’avaient qu’une seule ovulation qui libérait un seul ovocyte et, dans de rares cas, deux ovocytes en même temps. Pour constater ceci, on prenait la température. Le jour de l’ovulation, la température corporelle est de 0,3 degrés plus élevée. D’éventuelles fluctuations spontanées à la même heure du matin un ou plusieurs jours plus tard étaient attribuées à la consommation d’alcool la veille, aux rhumes et autres causes. Une fois que l’ovulation s’était produite, on croyait qu’aucun autre ovocyte ne pouvait être fécondé après trois jours d’abstinence.
La prise de la température pour dépister l’ovulation est utilisée depuis longtemps comme méthode de contraception. On la nomme ‘méthode Knaus-Ogino’ d’après ses inventeurs. Depuis qu’on sait qu’il peut y avoir plusieurs ovulations, on comprend pourquoi beaucoup de femmes devenaient enceintes malgré le respect strict de la méthode. De mauvaises langues ont surnommé cette méthode ‘la roulette du Vatican’. Même le Pape n’avait pas d’objections contre cette méthode. À l’aide des appareils échographiques, il n’est pas rare qu’on voie aujourd’hui qu’il y a une deuxième ovulation, parfois aussi dans l’autre trompe utérine.
Après l’ovulation, les ovocytes sont fécondés par les spermatozoïdes. Ceci ne résulte pas forcément d’un seul rapport sexuel. Il est possible que des jumeaux hétérozygotes aient deux pères différents. Si ceci reste un secret familial, il va occasionner de grandes perturbations chez les jumeaux plus tard. Dans notre chapitre ‘la liaison psychique chez les jumeaux vivants’, nous allons vous montrer des exemples pratiques de notre travail.
Un proverbe anglais insolent dit : ‘Mummies’ babies, daddy’s maybes’ (les bébés de maman et les ‘peut-être’ de papa).
Il existe des dispositions génétiques qui favorisent la maturation de plusieurs ovocytes. La fréquence des jumeaux qui en résulte est héréditaire. On suppose que ce sont des facteurs maternels qui jouent un rôle exclusif dans la formation des jumeaux.
En outre, il y a des facteurs environnementaux qui favorisent plusieurs ovulations. Le docteur Sartenaer a observé que la fréquence de plusieurs ovulations simultanées s’accroît avec l’augmentation des polluants.
Un autre facteur déterminant la fréquence des jumeaux est l’âge. Les femmes de 35 ans ont quatre fois plus de chance d’attendre des jumeaux que des femmes nettement plus jeunes. La probabilité baisse à nouveau quand on atteint un âge plus élevé. On présume aussi que l’interruption de la pilule favorise également les grossesses gémellaires.
Il n’est pas scientifiquement établi que des jumeaux hétérozygotes peuvent être originaires de deux cycles différents de menstruation. Dans la littérature on trouve des indications différentes là-dessus.
Un de nos clients en Belgique connaît une femme de 50 ans qui a un frère jumeau de 3 mois plus jeune qu’elle. Elle est née, mais lui est resté 3 mois de plus dans le ventre de sa mère. Dans un tel cas, il est possible que la mère ait eu un deuxième utérus et que son corps avait ovulé encore une fois malgré les hormones de gestation. Ceci arrive de temps en temps dans le cas d’enfants conçus sous pilule. La pilule simule le début d’une grossesse par la production de certaines hormones. C’est ce conditionnement hormonal qui fait qu’il n’y a pas d’ovulation.
Les jumeaux hétérozygotes s’implantent séparément à des endroits différents dans l’utérus. Ils forment chacun leur propre cavité amniotique avec leur propre placenta. On peut observer ceci clairement lors des échographies.

Jumeaux homozygotes
À peu près un tiers de tous les jumeaux sont homozygotes. Ce sont deux enfants ayant le même matériel génétique. L’ovocyte fécondé se divise en deux parties pendant les treize premiers jours suivant la conception.
Pourquoi cette division se produit n’est pas clair. On présume qu’il y a des écarts dans le milieu biochimique de l’utérus. Des cycles menstruels particulièrement longs ainsi que l’insémination artificielle semblent favoriser la formation de jumeaux homozygotes.
Un amas de cellules se forme par division cellulaire à partir de l’ovocyte fécondé. Lors de la formation de jumeaux homozygotes, cet amas de cellules est complètement divisé. Selon le moment où cette division gémellaire se produit, l’embryon reçoit son propre placenta et sa membrane ovulaire ou bien il doit les partager avec son frère ou sa sœur.
Très tôt déjà, dans la phase où il n’y a que huit cellules, l’amas cellulaire, que l’on appelle aussi blastocyste, commence à se spécialiser : une partie produit le placenta et les membranes ovulaires et l’autre devient l’embryon.
Si une division gémellaire se produit dans les 3 premiers jours suivant la fécondation, chaque embryon reçoit son propre placenta et sa membrane ovulaire intérieure et extérieure. Ils grandissent alors comme des jumeaux hétérozygotes. Parfois les deux placentas sont tellement proches l’un de l’autre, qu’ils se soudent.
Entre le troisième et le neuvième jour après la fécondation, la spécialisation des cellules a tellement avancé que deux placentas séparés ne peuvent plus être formés. Si une division gémellaire a lieu, les embryons homozygotes grandissent donc dans une cavité amniotique propre à chacun avec un seul placenta. Ils ont donc encore assez de cellules capables de se différencier en deux membranes amniotique, ou poches des eaux, appelés aussi amnios. Les embryons flottent dans des eaux différentes.

Après le neuvième jour à partir de la fécondation, en cas de division, les jumeaux flottent dans le même liquide amniotique. Pour ces grossesses gémellaires monochoriales, monoamniotiques, le risque de complications est très élevé.

Il existe des embryons multiples homozygotes
Nous avons vu comment la division d’un ovocyte peut amener la formation de jumeaux homozygotes. Il arrive parfois que l’ovocyte divisé se divise à nouveau et déclenche la formation de triplés ou de quadruplés. Il existe aussi des grossesses mixtes où des embryons homozygotes et hétérozygotes se développent les uns à côté des autres.
L’implication psychique de différents types gémellaires
Les images dans ce chapitre montrent que le contact entre les embryons est très différent au moins au début de la grossesse. Lorsqu’ils doivent partager un placenta ou lorsque deux placentas se touchent, ils sont très proches. Ils sont dépendants l’un de l’autre pour le meilleur et pour le pire. Ceci influence certainement la profondeur de leur relation.
Pour l’âme du survivant, la place du placenta et donc la distance qui séparait les embryons dans l’utérus a une grande importance.
Outre le moment où l’un des deux meurt, ceci pourrait expliquer pourquoi la perte d’un jumeau est vécue de manière très différente.
Monique, une de nos clientes, ressent un grand dégoût pour elle-même et pour ses compagnons. Il est possible que les deux cavités amniotiques étaient tellement proches l’une de l’autre que la composition du liquide amniotique ait changé lors du décès de son jumeau.
Chapitre 5.
La fréquence des cas de gémellités au début de la grossesse
Comme chez la plupart des grands mammifères comme les chevaux, les dauphins et les éléphants, l’utérus humain n’est pas fait pour des grossesses multiples. Le cerveau immense du fœtus exige tant d’espace dans l’utérus que ce dernier peut à peine faire face aux exigences de deux crânes en croissance.
Chez les êtres humains, par exemple, le col de l’utérus est trop faible pour soutenir la pression énorme de plus d’un enfant. Ceci est une des raisons pour lesquelles les jumeaux naissent en moyenne quatre semaines avant terme.
Le décès du jumeau le plus faible répondrait-il à un programme de survie naturel ? Probablement. Cependant, cette expérience laisse une empreinte sur la vie du survivant, comme nous allons l’expliquer plus loin en détail.
La plupart des gynécologues ne savent même pas à quelle fréquence la perte d’un jumeau se produit effectivement. Ne soyez donc pas étonné si votre gynécologue réagit de la même façon que le nôtre c’est-à-dire avec un manque certain de compréhension.
Pour faire nos propres contrôles de routine, nous nous sommes rendus dans plusieurs cabinets gynécologiques à Berlin au cours des dernières années. En dehors des examens personnels, nous étions très curieux d’obtenir pour notre livre des chiffres actuels sur la pratique gynécologique quotidienne. Nous présentions notre projet de livre et étions curieux de savoir combien de fois des grossesses multiples avaient été dépistées à l’échographie avant de disparaître.
Les médecins étaient intéressés. Mais ils semblaient déconcertés d’entendre nos informations et nos observations psychologiques. Certains d’entre eux ne nous prirent pas au sérieux. Cependant, la plupart des médecins nous dirent que l’implantation de jumeaux ou d’embryons multiples et leur disparition par la suite seraient théoriquement possibles. Mais ils n’en avaient vu aucun cas personnellement et considéraient cela plutôt comme un phénomène rare. Toutefois, un gynécologue travaillant dans un cabinet spécialisé confirma largement nos observations. D’après lui, un taux de grossesses multiples de 5 à 10 % était réaliste. Cependant, il ne pouvait pas imaginer que ceci pouvait avoir des répercussions psychologiques.
La plupart de vos connaissances et amis vont probablement réagir de la même façon, quand vous leur expliquerez qu’un jumeau perdu pourrait être la cause de vos inexplicables sentiments de solitude et de culpabilité, de vos échecs relationnels, de vos maladies ou d’autres problèmes. Chez nous en Allemagne, ce phénomène est tellement inconnu que seuls des amis proches voudront bien nous écouter sans rejeter ce que nous disons.
Comment se fait-il que la plupart des gynécologues n’ont que peu de connaissances des grossesses gémellaires ou multiples et en rencontrent si peu ?
Un cabinet médical ordinaire n’est pas équipé d’appareils hypersensibles et spécialisés. Contrairement aux gynécologues spécialisés en insémination artificielle ou autres techniques de pointe, ces médecins voient très peu d’embryons multiples au début d’une grossesse. Les premiers contrôles ont lieu entre sept et onze semaines. Les gynécologues parlent de la neuvième et douzième semaine de gestation. Pour eux, la grossesse commence le premier jour de la dernière menstruation. À ce moment-là, la plupart des grossesses multiples ont déjà disparu et il ne reste qu’un embryon dans l’utérus.
Il faudra encore pas mal de temps avant que de nouvelles connaissances médicales fassent leur entrée dans les cabinets médicaux simples. Une gynécologue nous a parlé avec fierté d’une découverte médicale récente selon laquelle des femmes auraient parfois deux ovulations au cours du même cycle. Beaucoup de femmes le savent déjà depuis longtemps grâce à leurs échanges et leur expérience. Cette ancienne connaissance ressentie intuitivement par les femmes n’a été reconnue que récemment comme fait scientifique.
La connaissance exacte en matière d’ovulation, de conception et d’implantation des ovocytes fécondés n’a fait son entrée dans la médecine que ces dernières années grâce à des appareils échographiques de plus en plus précis et de meilleures techniques d’investigation. Elle est particulièrement importante pour l’insémination artificielle. Seules des preuves scientifiques de jumeaux existant en début de grossesse et disparus très tôt rendent nos observations crédibles et leur donnent une base scientifique.
Que voit-on sur une échographie ?
Avec un appareil échographique sensible, on peut très bien reconnaître le follicule mûr juste avant l’ovulation. À ce moment-là, il a une taille de presque 20 mm. Le follicule est un ovocyte en maturation entouré d’une vésicule liquide. La vésicule éclate et libère un ovocyte d’une taille de 0,11 à 0,14 mm ainsi qu’un liquide contenant des hormones. Ceci contribue à préparer la muqueuse de l’utérus, ou endomètre, à l’implantation. Dans les premiers jours après la fécondation, l’ovocyte est beaucoup trop petit pour être dépisté sur une échographie. La première chose que l’on voit d’une implantation réussie sur une échographie est la membrane extérieure, la cavité du chorion. C’est un point minuscule dans l’endomètre et il peut être reconnu à peu près trois semaines après la fécondation de l’ovocyte.
Le docteur Sartenaer, dont je vous ai parlé au début de ce livre, examine chaque jour des grossesses naturelles ou artificiellement inséminées dès les premières étapes grâce aux échographies. Dans son cabinet, il voit l’implantation des embryons multiples dans 8 % des cas des grossesses naturelles. Ses contrôles se font régulièrement trois semaines après la fécondation de l’ovocyte, soit au début de la cinquième semaine selon les calculs gynécologiques. Cependant, il n’arrive pas toujours à voir tous les embryons.
Si les embryons sont couchés très près l’un de l’autre ou l’un au-dessus de l’autre, ils peuvent en cacher d’autres. Ceci veut dire que si l’on considère le chiffre d’un dixième, c’est assez réaliste pour la fréquence des jeunes grossesses multiples.
Notre compte de jumeaux se base uniquement sur des embryons qui se sont implantés dans l’endomètre et qui peuvent être dépistés par échographie, au moins théoriquement. Ces embryons ont déjà grandi côte à côte avec un ou même plusieurs embryons. Leurs premiers organes sensoriels ont déjà commencé à travailler. Les embryons savent s’entendre et se toucher.
Un ovocyte fécondé qui s’est divisé une première fois ne s’appelle pas encore embryon, mais zygote puis blastocyste. Pendant son voyage de la trompe utérine dans l’utérus, qui dure entre huit et dix jours, le zygote se divise plusieurs fois. Déjà trois jours après la fécondation, les cellules commencent à se spécialiser. Une partie deviendra l’embryon et une autre formera le placenta, le cordon ombilical et les membranes ovulaires. Ici aussi, des jumeaux homozygotes pourraient se développer de manière inaperçue tandis qu’un seul arrive à s’implanter.
Seul un quart de tous les blastocystes réussit à s’implanter. Dans une phase très précoce, il y a certainement beaucoup de blastocystes ou, comme on le dit en langage courant, de très petits embryons, qui auraient pu devenir des gémellités s’ils s’étaient implantés. Mais ces amas de cellules ne sont pas toujours considérés comme des jumeaux perdus.
Notre décompte d’embryons multiples ne commence qu’après l’implantation dans l’utérus, à peu près trois semaines après la conception. Nous nous en tenons aux constatations du docteur Sartenaer et arrivons à une grossesse sur dix où il y a au début clairement des jumeaux et dans certains cas des embryons multiples.
Entretemps, il y a de plus en plus d’analyses et de discussions au sujet du phénomène du jumeau perdu. On le dit perdu parce qu’un embryon décédé est souvent absorbé par l’endomètre. Il ne peut plus être dépisté par une échographie. En anglais on appelle ce phénomène ‘vanishing twin’. Sur internet on trouve sous ce terme global des examens médicaux et des discussions sur la fréquence des grossesses multiples. Les incidences qui y sont mentionnées sont très variées. Elles fluctuent entre 3 et 6,5 %. Ces chiffres diffèrent de ceux que nous connaissons.
Malheureusement, la date du premier contrôle n’est pas donnée. Beaucoup de grossesses multiples disparaissent très tôt, c’est-à-dire pendant les deux premiers mois de gestation. Elles ne peuvent être identifiées qu’avec des appareils échographiques modernes. Lorsqu’elles apparaissent très tôt dans la grossesse, il faut un œil expérimenté pour les dépister. Lorsqu’un embryon est décédé, il est difficile d’en voir des traces plus tard.
Dans certains cas, il s’agit donc juste de quelques semaines pendant lesquelles un embryon peut être identifié, à savoir entre le début de la 6 e semaine et la fin de la 8 e semaine de gestation selon les calculs gynécologiques.
Les différences régionales dans la fréquence des jumeaux peuvent s’expliquer en partie par des chiffres très différents. Cependant, pour la personne qui a perdu un jumeau et qui en ressent les répercussions psychologiques, les chiffres n’ont pas d’importance. Ils ont uniquement pour but de montrer que ce destin n’est pas aussi rare qu’on le croit.
Qui sait s’il y a déjà des répercussions quand un blastocyste disparaît ? La membrane ovulaire d’un blastocyste, la ‘zona pellucida’, communique déjà avec la trompe utérine par le biais de substances messagères complexes. Ceci a été démontré par des analyses sur des vaches. Les blastocystes communiquent-ils les uns avec les autres ? ‘Moi ou toi, ou devrions-nous essayer de faire quelque chose ensemble ?’ Ceci relève du domaine de la spéculation, ce qui est toujours aléatoire. Dans ce livre, nous voulons nous limiter à ce qui est visible sur une échographie.
Une autre chose que l’on ne peut pas voir après l’implantation dans l’utérus, même avec un appareil échographique de haute précision, ce sont des jumeaux homozygotes formés tard ou des embryons multiples avec un placenta commun et une cavité amniotique commune. Des triplés ou quadruplés homozygotes peuvent mourir rapidement après leur implantation dans l’utérus sans qu’on le sache. À l’échographie, ils apparaissent comme un seul embryon.
Ces divers faits pourraient expliquer pourquoi certains de nos collègues, qui utilisent le test kinésiologique pour le dépistage d’un jumeau perdu, tombent sur une fréquence plus élevée que celle sur laquelle nous nous basons. Certains parlent d’une fréquence de 70 ou 80 % pour ce qui concerne les grossesses multiples.
Résumons à quelle fréquence des jumeaux se forment :
Des ovulations multiples peuvent libérer plusieurs ovocytes, fécondés en même temps ou dans un intervalle de plusieurs jours. Les jumeaux ou les embryons multiples évoluent par division cellulaire pendant leur voyage à travers la trompe utérine. Une grande partie d’entre eux disparaît sans avoir été visibles à l’échographie. Lors d’une échographie précoce, dès les premiers moments où les embryons peuvent être dépistés, seuls 8 % des sacs gestationnels doubles sont directement visibles. Il s’agit donc de huit grossesses gémellaires sur cent grossesses.
Combien de jumeaux naissent effectivement ?
Nous n’avons pas l’intention ici de vous assommer avec une masse de chiffres. Nous voulons nous limiter à quelques exemples statistiques. Tous ces chiffres se rapportent à une grossesse conçue de manière naturelle. Un traitement hormonal et une fécondation artificielle augmentent la probabilité d’embryons multiples dont nous allons parler plus en détail dans le chapitre suivant.
La probabilité qu’une femme enceinte mette au monde des jumeaux dépend de beaucoup de facteurs : de la région, de l’âge de la femme et du fait qu’elle a déjà eu des enfants ou non. En outre, elle est plus élevée s’il y a déjà des jumeaux dans la lignée maternelle. La tendance à avoir des ovulations multiples se transmet probablement héréditairement par la mère.
En Allemagne, une seule mère sur 450 accouche de jumeaux. Parmi les mères de 35 ans, une sur 85 donne la vie à des jumeaux. Ce sont elles qui ont le plus de probabilité d’avoir une grossesse gémellaire. Selon les statistiques, cela veut dire que la probabilité d’avoir eu un jumeau perdu est la plus grande lorsqu’on a une mère d’environ 35 ans et qu’on a déjà des frères et sœurs.
Nous pourrions élargir les facteurs à volonté. Une équipe de chercheurs belges trouva, par exemple, que le taux de grossesses multiples était deux fois et demi plus élevé que la moyenne chez des femmes qui habitaient à proximité d’un incinérateur de déchets ménagers. En Suède, une enquête similaire fut menée. Cependant, elle ne révéla pas d’augmentation des accouchements gémellaires dans les régions proches des incinérateurs de déchets ménagers.
Chez les Yorubas, en Afrique de l’ouest, le taux des accouchements gémellaires est à peu près cinq fois plus élevé qu’en Asie. Outre un système de croyance qui attribue des forces surnaturelles aux jumeaux, c’est avant tout la consommation d’une certaine racine qui est la cause du pourcentage élevé de jumeaux. Cette racine contient une substance analogue à l’hormone FSH (hormone folliculostimulante) qui déclenche la production des ovocytes. On administre la même substance aux femmes avant d’extraire les ovocytes lors d’une insémination artificielle.
Pour notre livre, nous allons simplifier le compte en utilisant deux valeurs approximatives relativement exactes : disons que sur à peu près 100 grossesses, au moins deux jumeaux viennent au monde. Mais il existe des preuves qu’une grossesse sur dix était à l’origine une grossesse multiple.
En résumé, nous pouvons constater ce qui suit :
Une personne sur dix pourrait avoir eu un jumeau en début de grossesse.
Un jumeau implanté sur dix est venu au monde.
Au moins un accouchement sur cent est un accouchement de jumeaux.
Une personne sur cinquante a un jumeau vivant.
Dans ce livre nous appellerons le jumeau survivant qui a perdu son frère ou bien sa sœur, le ‘demi-jumeau’ ou ‘jumeau né seul’. Nous appellerons ceux qui ont été conçus et qui sont nés seuls des ‘personnes conçues et nés seules’.
De temps à autre, il arrive que des triplés ou des embryons encore plus nombreux se forment et que tous disparaissent sauf un. Ceci ne se produit pas très souvent. Notre travail thérapeutique nous a fait découvrir l’existence de ce type de cas. Pour faciliter la compréhension de cette matière difficile, tout au moins sur le plan linguistique, nous ferons référence au ‘jumeau perdu’ ou au ‘demi-jumeau’, même en cas de perte de deux jumeaux parmi des triplés ou lors de grossesses de rang plus élevé.
Chapitre 6.
Grossesse par fécondation artificielle
Si un couple n’arrive pas à réaliser son désir d’enfant par la voie naturelle, la science peut leur donner un coup de pouce. Les traitements hormonaux de la femme nécessaires pour une fécondation in vitro sont associés à une fréquence plus élevée de grossesses multiples, incidence supérieure à celle observée lors des fécondations naturelles.
Dans le cadre de notre travail, nous rencontrons de plus en plus de couples dont les enfants sont nés suite à une fécondation artificielle. Leurs expériences ont nettement contribué à nos recherches. Nous voulons nous occuper de ce thème plus en détail parce que cela semble être une préoccupation de notre temps. Nous aimerions montrer aux futurs parents d’enfants conçus in vitro les possibilités et les difficultés d’une fécondation effectuée en laboratoire. En même temps, nous les renvoyons aux problèmes psychologiques de demain.
La première grossesse conçue artificiellement fut réalisée dans l’étuve bactériologique d’un laboratoire anglais, en 1978. Les enfants conçus de cette manière portent le nom de ‘bébés IVF’, parce que leur fécondation a eu lieu dans une éprouvette. ‘IVF’ veut dire ‘ in vitro fertilization’ – la fécondation dans une éprouvette.

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