7 clés d une vitalité sexuelle... pour la vie!
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Description

Accroître votre libido de façon naturelle et saine pour une plus grande satisfaction
Une bonne santé mène à de bonnes activités sexuelles et du bon sexe peut conduire à une bonne santé. Votre vie sexuelle peut s’améliorer au fil du temps grâce au pouvoir de l’intimité, une complicité qui croit agréablement chaque année.
Drs. Brian et Anna Maria Clement, un couple marié et codirecteurs d’une clinique de bien-être et spa de renommée internationale, experts en santé et en sexualité, offrent des conseils afin de maintenir la vitalité sexuelle et l’intimité tout au long de la vie. Résolument naturelles, leurs suggestions sont accessibles à tous. Elles ne nécessitent aucun médicament.
Selon les Clement, l’énergie sexuelle est perçue comme le combustible universel de la vie qui régit l’esprit, le corps et l’âme. Pour eux, le fait de rester actif sexuellement est l’un des moyens les plus efficaces pour améliorer
naturellement la santé. Les sept clés décrites dans ce livre offrent :
Des conseils sur la santé, la nutrition, la désintoxication et des exercices pour tous les âges
Des techniques de massage pour améliorer l’intimité et la fonction sexuelle
Des recettes riches en nutriments amplifiant les fonctions sexuelles
Une imagerie guidée et la pleine conscience pour augmenter l’intimité
Des conseils pratiques pour éveiller la libido, résoudre la dysfonction sexuelle en augmentant la satisfaction.
Le livre fournit également un soutien scientifique pour surmonter la peur et la désinformation. Holistique et testé cliniquement la vision des Clement concernant la sexualité vous aidera à tonifier votre vie sexuelle pour améliorer votre santé et vice versa.
Mondialement connu pour ses recherches dans le domaine de l’alimentation et des conditions de vie, Dr Brian Clement, originaire de New York, est devenu végétalien dès l’âge de 20 ans. Diplômé en biochimie, inspiré par le livre et la vie d’Ann Wigmore, il est allé trois ans en Europe pour rééduquer certains européens au au concept des aliments crus, mouvement qui avait vu le jour sur leur continent. Il devient directeur de l’Institut Humlegaarden au Danemark, fondé par le pionnier Dr Kristine Noli dans les années 1940. Depuis 30 ans, il est co-directeur avec Anna-Maria Clement, de l’Institut Hippocrate.
Dr Anna Maria Clement, devenue végétarienne à 15 ans, a été directrice du Centre de santé international Brandal à Stockholm (Suède), son pays natal. Elle poursuit sa vocation de nutritionniste, iridologue, thérapeute et développe ses qualités de guérisseuse. Depuis vingt ans, elle est co-directrice et hygiéniste en chef de l’Institut Hippocrate Tous deux sont des auteurs réputés et des conférenciers internationaux et ont publiés de nombreux livres dont les best sellers Énergie vitale, Alimentation vivante et Cuisine vivante, publiés chez Marcel Broquet.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 29 avril 2013
Nombre de lectures 228
EAN13 9782897261115
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Tous droits réservés : aucune partie de la présente publication ne peut être reproduite, en tout ou en partie, enregistrée dans une base de données ou transmise sous quelque forme que ce soit ou par tout moyen électronique, mécanique, ou autre, sans autorisation écrite préalable de l’éditeur, sauf par un lecteur critique qui pourrait utiliser de brefs extraits dans un compte rendu.

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Les informations contenues dans ce livre sont fournies à des fins éducatives. Elles ne sont pas destinées à remplacer le diagnostic ou le traitement proposé par un professionnel qualifié, médecin ou thérapeute. Nulle garantie, explicite ou implicite, quant aux effets de l’utilisation des recommandations contenues dans ce livre n’est donnée et les auteurs n’engagent aucunement leur responsabilité à cet égard. Des prénoms et des pseudonymes sont utilisés afin de protéger la vie privée des personnes concernées.
Préface
I l y a quelque temps, pendant la période des Fêtes, j’ai rencontré les docteurs Brian et Ana Maria Clement pour discuter d’un projet ciblant l’expression génétique et l’influence possible du style de vie de l’Institut Hippocrate sur elle. Ana Maria et Brian ont eu la gentillesse de m’inviter à fêter avec eux, et j’ai pu les voir danser ensemble toute la soirée, comme un jeune couple d’amoureux inconscients de tout sauf du moment présent. Connaissant la lourde charge de travail à laquelle ils s’astreignent quotidiennement et les tournées de conférences qu’ils donnent sur une base régulière, au pays comme à l’étranger, je fus impressionné par l’amour qu’ils semblaient avoir l’un pour l’autre en dépit de leurs buts élevés et de leur engagement au service de l’humanité.
Depuis des années déjà, contre vents et marées, les docteurs Brian et Ana Maria Clement sont la cheville ouvrière du renouvellement de l’Institut Hippocrate. Pour la première fois, ils ont entrepris des travaux d’agrandissement pour recevoir tous ceux qui participent à leur programme de Floride.
Plusieurs décennies de travail auprès de centaines de milliers de personnes leur ont permis de constater qu’il n’y a pas que la nourriture qui a une influence sur la santé et la longévité des individus. La dimension biologique de la sexualité est intimement liée à la santé physique et mentale de tout un chacun. Ils ont donc accumulé des témoignages ainsi que des données scientifiques et statistiques sur le caractère central de la sexualité dans nos vies. Ils ont également constaté, comme ils l’expliquent dans cet excellent ouvrage, que les codes moraux de notre culture limitent toute discussion publique à propos de la sexualité. Pourtant, dans toutes les civilisations, la puissance de la sexualité a toujours été présente et reconnue à un degré plus ou moins grand.
Dans la culture asiatique qui est la mienne, le yang ou force masculine et le yin ou force féminine doivent trouver leur équilibre à l’intérieur de chaque être humain. Le chi de l’énergie sexuelle qui nous lie les uns aux autres est ce qui permet à l’humanité de se perpétuer. Tout au long de la vie, l’énergie sexuelle est un élément moteur de premier plan, et ce même longtemps après les années de procréation. Mais la sexualité est plus que la pulsion qui déclenche l’acte sexuel physique. Elle est plutôt la force fusionnelle d’une énergie qui se manifeste par l’union de deux âmes engagées et aimantes. Le bien-être émotionnel, physique, voire spirituel, est la récompense qui suit l’expression de cette pulsion fondamentale.
Depuis plus de 35 ans, je travaille comme chirurgien spécialisé en urologie. Je m’intéresse tout particulièrement aux hormones sexuelles, au vieillissement, à la santé et à la maladie. Dans un de mes projets de recherche, j’ai cherché à comprendre pourquoi certains centenaires, tels ceux d’Okinawa au Japon, avaient des taux hormonaux beaucoup plus élevés que les Nord-Américains et les Européens. Nous avons pu vérifier ce phénomène auprès des habitants d’Okinawa, qui conservent une bonne santé jusqu’à 70, 80, 90 et même 100 ans. L’observation des êtres humains ayant vécu le plus longtemps sur terre nous a permis de constater que leur régime hypocalorique (1 500 à 1 800 calories par jour) 1 contribuait à leur bien-être. Ils consomment surtout des mets à base de plantes, qu’ils cultivent ou récoltent dans la mer. Ils sont actifs, mentalement aussi bien que physiquement, s’adonnant à toute sorte de sports et de jeux, et la discrimination entre les différents groupes d’âge n’est pas de mise. Les Okinawaïens sont des gens radicalement uniques tout en étant très proches, génétiquement parlant, des premiers Taïwanais. Ils sont heureux, en bonne santé ; ils ont des traits de visage bien définis et sont de petite stature.
Si on combine ces observations avec la science de la longévité, il est de plus en plus évident que la prolongation de la durée de la vie, la vitalité et la sexualité se trouvent toutes renforcées par une nourriture appropriée et des pensées positives. Il est également possible d’envisager que ceux qui vivent aussi sainement souhait ent et obtiennent une plus grande intimité sexuelle et qu’ils y restent attachés beaucoup plus longtemps que la plupart d’entre nous.
Étant donné ma formation en biologie, chimie, médecine et biologie évolutive, mon opinion est que les êtres humains ont des besoins aussi primaires que les autres créatures, qu’ils ont les mêmes finalités biologiques de survie et de procréation. Nos hormones sexuelles restent fixées à ces buts avant comme après la période de fertilité. Entre 20 et 40 ans, la production des hormones sexuelles, lesquelles ont une influence sur les glandes surrénales et sur la glande thyroïde, commence à baisser, pour chuter radicalement chez les femmes ménopausées ainsi que chez les hommes andropausés (eh oui !).
À plus d’un titre, l’évolution n’a pas suivi le processus de modernisation. Les commodités modernes, l’électricité, le chauffage central, la réfrigération, les vêtements chauds et, par-dessus tout, la médecine diagnostique, qui nous permet d’identifier les maladies avant quelles ne nous tuent, contribuent à prolonger la période de procréation. Et que pouvons-nous faire pour combler ce décalage évolutif ? En plus d’avoir la haute main sur la sexualité et la reproduction, les hormones sexuelles sont des signaux naturels qui peuvent aider ou nuire à notre état de santé général.
Les directeurs de l’Institut Hippocrate amorcent le dialogue avec l’influence de la nourriture sur la sexualité. Ils soulignent le fait que les facteurs nutritionnels positifs comme les minéraux, les vitamines et les protéines de source végétale ainsi que des compléments tirés d’aliments complets renforcent et accroissent l’activité des hormones sexuelles. Ils considèrent aussi que les toxines contenues dans l’air et dans l’eau, les pesticides, les fongicides et toute la pléthore de produits chimiques répandus dans l’environnement contribuent à déstructurer, à affaiblir et à neutraliser la fonction endocrine et l’activité hormonale, provoquant des dysfonctions sexuelles. Lorsque ces dernières deviennent chroniques, elles peuvent mettre fin à la pulsion biologique et au désir psychologique de procréer.
Une chose qui ne manquera pas d’intéresser le lecteur, c’est l’accent mis par les docteurs Brian et Ana Clement sur la stimulation des sens. Les préliminaires amoureux faisant appel au toucher, aux parfums, aux massages, à l’ingéniosité érotique et à l’intimité émotionnelle éveillent le système endocrinien tout en aidant les hormones sexuelles dans leur travail. Vous pouvez améliorer votre acte d’amour en préparant votre corps au moyen d’exercices pelviens, en pratiquant le yoga, la méditation, la visualisation, le tantrisme ou le taoïsme, et en ayant de saines habitudes de vie. Les recommandations des docteurs Clement sur la manière d’améliorer la vie sexuelle en évitant les pratiques malsaines sont encourageantes.
Concis et clair, cet ouvrage est une contribution de premier ordre à l’enrichissement de la vie sexuelle. Les 7 clés d’une vitalité sexuelle pour la vie est un guide pour retrouver le chemin de l’équilibre. En lisant, puis en adoptant, certaines de ses suggestions pratiques, vous acquerrez la faculté de discriminer la distorsion, les dogmes culturels, voire la folie pure et simple, autour de la sexualité et la pulsion sacrée, d’origine biologique, du désir d’une relation intime et engagée.
George W. Yu , MD, coauteur de Critical Operative Maneuvers in Urologie Surgery .
Introduction
Une vie sexuelle saine est un médicament puissant
Le sexe est comme l’air que vous respirez :Tant que vous n’en manquez pas, il importe peu.
Auteur anonyme
L ’énergie sexuelle est le carburant universel de la vie. Elle nourrit la pensée, le corps et l’esprit humains. Au-delà du régime alimentaire et de l’exercice, rien ne saurait mieux vous aider à conserver une bonne santé tout au long de votre vie que le fait de rester sexuellement actif. Une saine sexualité est l’un des médicaments naturels les plus puissants.
Ce livre jette un nouveau regard, de nature scientifique, sur les avantages physiologiques et psychologiques de l’intimité sexuelle, surtout lorsque les partenaires sont engagés dans une union durable. Les renseignements contenus dans ce livre vous aideront à percevoir l’acte sexuel non plus comme un plaisir gratuit, mais comme un principe de santé conscient.
Depuis plus de 30 ans que nous dirigeons l’Institut Hippocrate, il est devenu de plus en plus évident pour nous que les gens qui ne font aucune place à l’intimité sexuelle dans leur vie rencontrent plus de problèmes de santé, des problèmes physiques aussi bien que psychologiques, que ceux qui restent sexuellement actifs. Ceux qui ont suivi le programme de l’Institut et restent fidèles à son régime alimentaire après leur départ nous disent que leur vie sexuelle s’est améliorée au-delà de toutes leurs espérances.
Nous avons également pu constater directement que les personnes engagées dans une relation stable qui conservent leur intimité sexuelle ont trois fois plus de chances d’atteindre leurs objectifs de santé que les personnes seules et sans activité sexuelle, ou celles qui sont prisonnières d’une union dépourvue d’intimité sexuelle. Les observations que nous avons pu faire sont appuyées par de nombreuses recherches médicales – qui sont toutes rapportées dans ce livre – montrant que les individus engagés dans des unions sexuelles durables vivent plus longtemps que la plupart des gens.
L’insatisfaction sexuelle, un phénomène généralisé
Lorsque les Rolling Stones chantent I can’t get no satisfaction , est-ce que les paroles de leur chanson trouvent un écho chez vous ? Si vous êtes un homme marié, sachez qu’un homme marié sur trois éprouve de la frustration sur le plan sexuel. Si vous êtes une femme mariée, sachez qu’une femme mariée sur quatre n’atteint pas le degré de satisfaction sexuelle désiré. C’est ce que nous apprend une enquête mondiale, Global Better Sex Survey , menée auprès de 12 563 personnes vivant dans 27 pays, dont les États-Unis. Les résultats de l’étude ont été présentés devant l’Association européenne d’urologie, puis publiés en juin 2007 dans la revue Urology Times 2 .
La moitié des personnes interrogées avaient 40 ans ou moins. La constatation de loin la plus surprenante de toutes a été d’apprendre qu’un homme sur deux avoue être incapable de maintenir une érection pendant suffisamment de temps pour satisfaire sa partenaire.
Les pensées ont des répercussions biologiques
La sexualité est un phénomène naturel essentiel à la santé. Que vous le vouliez ou non, la biologie commande à votre corps d’exprimer ses pulsions sexuelles. Si vous n’y consentez pas et refusez d’aller dans le sens de ce besoin fondamental, si vous persistez à refouler votre sexualité ou si vous tentez de détourner cette énergie d’une manière qui s’oppose à votre morale ou blesse votre sensibilité, il en résultera des conflits et des frictions entre votre corps et votre esprit qui vous causeront des problèmes de santé. Alors que si votre pensée reconnaît et soutient le besoin qu’éprouve votre corps d’avoir une expression sexuelle, le plaisir que vous prenez à l’acte sexuel sera plus intense et aura de multiples effets salutaires sur votre santé.
Des livres comme l’ouvrage du biologiste Bruce Lipton, The Biology of Belief ( La Biologie de la croyance ) ou celui de Candace Pert, professeure au centre médical de l’université de Georgetown, Molecules of Emotion ( Les Molécules de l’émotion ) ont établi hors de tout doute que nos pensées, nos attitudes et nos émotions influencent directement l’activité biochimique et cellulaire de notre cerveau et des autres parties de notre organisme 3 .
Cette boucle de rétroaction est tissée serré. Le cerveau et, à travers lui, nos pensées positives et négatives de même que notre subconscient contrôlent le fonctionnement de nos cellules – tout particulièrement les cellules immunitaires –, qui déterminent notre état de santé. Il en va de même pour notre santé sexuelle. Les sécrétions hormonales sont une des manières dont les hommes et les femmes se servent pour communiquer entre eux sur le plan du subconscient. Si on tente de supprimer cette activité biologique normale, il peut en résulter des peurs et des anomalies. Au lieu d’être une expérience agréable et normale, l’acte sexuel réprimé devient une sorte d’abomination dont on ne parle qu’à mots couverts, quand il ne se transforme pas en source d’embarras ou d’humour scatologique.
Les préjugés sur le sexe sont responsables d’une bonne part de la discorde sociale que nous voyons autour de nous. Une grande partie de la colère et de la violence présentes dans le monde aujourd’hui s’explique par une sexualité refoulée ou dénaturée.
Le sexe est bon pour la santé
L’activité sexuelle diminue la dépression et la colère, l’anxiété et le stress. Elle libère dans l’organisme des produits chimiques qui renforcent votre système immunitaire. Elle va jusqu’à améliorer votre mémoire en diffusant des produits chimiques qui stimulent la création de nouvelles dendrites, lesquelles facilitent la communication des neurones dans le cerveau.
L’intimité sexuelle est le secret de la santé et du bonheur. Le cancer des ovaires est lié à la rareté de l’extase sexuelle. Il en va de même pour le cancer de la prostate. Il existe également un lien entre la solitude sexuelle et un risque plus élevé de mortalité précoce. Dans ce livre, nous soutenons également que la sexualité doit être pratiquée en ayant à l’esprit le plus grand bien de l’humanité. Mettre une femme enceinte sans y prendre garde, par exemple, transforme l’acte sexuel en source de douleur alors qu’il devrait être une célébration.
Lorsque le sexe sera démystifié et que ses bienfaits extraordinaires pour la santé seront reconnus, il est à espérer que les gens seront plus enclins à abandonner leurs préjugés à son endroit. C’est là une des principales motivations qui sont à l’origine de ce livre.
Votre régime alimentaire influence votre vie sexuelle
Pour les êtres humains, le sexe est le sujet de conversation le plus intéressant qui soit. Ce thème nous fascine, mais jusqu’à quel point sommes-nous prêts à en parler ouvertement avec nos proches, nos amis, voire à en discuter en public avec des inconnus ? Après le sexe, le deuxième thème qui domine le plus nos pensées et nos discussions est probablement l’alimentation. Dans ce livre, vous découvrirez à quel point une saine alimentation peut être bonne pour le sexe.
Il y a toujours eu une relation étroite entre alimentation et sexe. Si une saine alimentation est un médicament – ce qui est assurément le cas –, une saine pratique sexuelle est également un médicament puissant. Le sexe est un carburant pour l’esprit humain et l’âme, au même titre que la nourriture peut l’être pour le corps.
Étant nutritionnistes, nous pouvons vous dire quels sont les minéraux, vitamines, protéines et acides gras indispensables aux cellules et à la structure de votre organisme. Plusieurs de ces éléments nutritifs sont également pertinents pour la sexualité. Ils sont essentiels à la production du type d’hormones et de cellules sanguines qui nous permettent d’avoir une intimité sexuelle. Sans une bonne circulation sanguine dans les parties génitales, sans production suffisante d’hormones sexuelles, la vitalité sexuelle échappe à la plupart des gens, et tout particulièrement aux aînés. Nous étudierons les aliments et les herbes qui augmentent les performances sexuelles de manière naturelle, sans les effets secondaires rattachés aux médicaments sur ordonnance, tels le Viagra ou le Cialis.
Un régime alimentaire insuffisant combiné avec l’exposition aux toxines peut saboter une des plus grandes bénédictions apportées par la sexualité : la capacité de concevoir un enfant et d’introduire une nouvelle vie dans le monde. Les problèmes d’infertilité sont sérieux et touchent de plus en plus de couples. Les chiffres varient suivant le spécialiste que vous consultez, mais on estime que de 12 à 33 % des couples sont incapables d’avoir des enfants. Toutefois, même si les toxines minent la fertilité, un régime riche en éléments nutritifs peut aider à la retrouver. Nous pourrions citer des centaines de cas de gens qui se sont présentés à l’Institut Hippocrate avec des problèmes de fertilité et qui ont réussi à surmonter leurs difficultés en adoptant le style de vie que nous préconisons.
Au cours des décennies de travail auprès de milliers de personnes aux prises avec des problèmes de santé, nous avons pu constater que, chez certains, la frustration sexuelle peut être la principale cause de l’apparition d’un cancer. Comme nous l’avons déjà mentionné, la science nous montre que les cancers de la prostate et des ovaires peuvent être contrecarrés par des rapports sexuels fréquents. Mais il y a plus. La psychologie de la frustration et du refoulement a des répercussions sur les facteurs physiques et biologiques de toutes les maladies. Nous exposerons les problèmes que rencontre notre système immunitaire lorsque nos hormones sexuelles ne sont pas régulièrement stimulées.
Pour que la fonction sexuelle puisse œuvrer correctement, il est nécessaire d’avoir un corps qui fonctionne bien, voire de manière optimale. Notre poids devrait se situer entre des marges larges, mais saines, soit quelque part entre l’obésité et l’anorexie. Le dégoût de notre propre corps, quelle que soit la forme qu’il prend, tend à saboter le désir et l’expression sexuels, minant les besoins nutritionnels qui freinent la détérioration de notre organisme.
Le sexe peut augmenter votre espérance de vie
Les rapports sexuels ne sont pas uniquement synonymes d’énergie sexuelle, mais ils augmentent également l’énergie mentale. Du point de vue de la physiologie, les bienfaits du sexe comprennent une activité hormonale plus intense, permettant à l’organisme de se développer sainement et d’être plus fort.
La symphonie hormonale produite par l’acte sexuel, particulièrement dans une relation stable, insuffle une vitalité inégalée. Si on excepte le temps passé dans le ventre de votre mère, vous n’êtes jamais plus proche d’un autre être humain que lorsque vous faites l’amour avec un partenaire que vous chérissez.
À mesure que vous vieillissez avec la personne aimée, les échanges biologiques continus liés à votre union sexuelle fortifient votre santé et prolongent votre vie. Les preuves d’ordre médical présentées dans ce livre appuient largement le lien entre énergie sexuelle et prolongation de la vie.
La structure du programme de l’Institut Hippocrate : Vos 7 clés pour une énergie sexuelle durable
Depuis plus de 50 ans, notre but est d’enseigner à nos hôtes la meilleure manière de développer leurs pouvoirs d’auto guérison. Notre programme est une approche holistique de la santé qui fait appel à ces pouvoirs en les combinant à d’autres stratégies : détoxification de l’organisme ; consommation d’aliments complets ; massothérapie, méditation et exercices physiques qui stimulent le système immunitaire ; et, finalement, psychothérapie pour supprimer les obstacles qui s’opposent au mieux-être. L’ensemble de ces instructions – que nous désignons dans ce livre comme les « 7 clés » – agit efficacement, que votre objectif soit de guérir d’une maladie quelconque ou de retrouver votre énergie sexuelle pour votre plus grand plaisir et une plus grande durée de vie. Nous consacrons les différents chapitres de ce livre à chacune de ces clés :
Première clé :
Comprenez votre sexualité : ce que vous ne réalisez peut-être pas.
Deuxième clé :
Visualisez votre sexualité : ce que vous n’avez peut-être pas imaginé.
Troisième clé :
Exprimez votre sexualité : ce sur quoi vous n’avez peut-être pas agi.
Quatrième clé :
Protégez votre sexualité : ce contre quoi vous devez vous prémunir.
Cinquième clé :
Nourrissez votre sexualité : les aliments que vous devez absorber.
Sixième clé :
Améliorez votre sexualité : les exercices que vous devez pratiquer.
Septième clé :
Prolongez votre vie sexuelle : les avantages pour la santé que vous conserverez toute votre vie.
Construit autour du programme de santé de l’Institut Hippocrate, ce livre vous montre comment une activité sexuelle assidue peut influencer votre état de santé général, la qualité de votre vie et même sa durée.
Afin que vous puissiez tirer le meilleur profit de la science médicale, des données nutritionnelles et des conseils qui vous seront donnés dans ce livre. Nous vous demandons uniquement d’essayer de garder l’esprit ouvert. Expérimentez et vous trouverez ce qui fonctionne le mieux pour vous.
Nous sommes profondément convaincus de la pertinence du message communiqué dans cet ouvrage. Même si nous sommes médecins nutritionnistes et éducateurs en promotion de la santé plutôt que sexologues, notre vision profonde et notre vaste expérience des difficultés que les gens rencontrent dans le domaine de la sexualité sont les premières motivations de ce livre. Des milliers d’exemples de première main nous ont montré que, lorsque la santé sexuelle ne peut s’épanouir dans une relation ou dans la vie d’une personne, cet échec devient un facteur important de vieillissement prématuré et de maladie.
On dit souvent que le bonheur est un voyage et pas une simple destination. Être en mesure de faire l’expérience d’une énergie sexuelle durable vous permettra non seulement d’améliorer vos perspectives de bonheur, mais l’objectif et la signification du voyage qu’est votre vie s’en trouveront éclairés.
1 re clé
Comprenez votre sexualité
Quand les autorités défendent l’idée que le sexe est un péché, il y a une importante leçon à retenir :ne pas faire l’amour avec les autorités
Matt Groening, dessinateur
Questionnaire sur votre sexualité
La moitié du monde n’apprécie pas ce qui amuse l’autre moitié
Jane Austen (1775-1817), écrivaine
L a série suivante d’énoncés jumelés vous invite à examiner les façons dont vous pourriez saboter votre propre épanouissement sexuel et peut-être même contrecarrer le potentiel sexuel des gens qui comptent le plus pour vous. Lisez attentivement chacun des énoncés ci-dessous et encerclez ceux qui reflètent le plus fidèlement vos sentiments. Vos réponses pourront vous aider à voir dans quelle mesure vos croyances, vos attitudes et vos opinions sur la sexualité sont une cause de dysfonction sexuelle, d’absence d’intimité sexuelle ou de problèmes de santé liés au refoulement et à la frustration.
Sur le tableau à la page suivante, la colonne de gauche énumère des attitudes saines sur la sexualité. La colonne de droite énumère des attitudes négatives, qui peuvent être symptomatiques d’abus ou d’obsessions sexuels.


















Comment définir ce qui est normal ?
La chasteté est la moins naturelle des perversions sexuelles
Aldous Huxley (1894-1963), philosophe
Pourriez-vous imaginer avoir une relation sexuelle avec un robot ? Une telle liaison sera-t-elle considérée un jour comme « normale » ? La question peut vous sembler idiote, mais un jour prochain, probablement de notre vivant, le sexe avec des partenaires artificiels sera un sujet de conversation commun. La technologie nécessaire existe déjà.
Si vous avez vu Mondwest ( Westworld ) et Les Rescapés du futur ( Futureworld ), deux films des années 1970 où des robots d’apparence humaine procurent divertissement et compagnie aux humains vivant dans un décor qui ressemble à un Disneyland pour adultes, vous savez de quoi nous parlons. Dans les années 1980, le thème fut poussé plus loin par Ridley Scott dans son film Blade Runner , qui présentait une catégorie de robots appelés « réplicants ».
Les futures lois classeront-elles les robots comme de simples objets, des adultes consentants ou des esclaves sexuels ? Les humains auront-ils avec eux des liens psychologiques et affectifs qui n’ont actuellement aucune pertinence lorsque nous utilisons des poupées gonflables ou des vibrateurs ?
David Levy, chercheur en intelligence artificielle à l’université de Maastricht aux Pays-Bas, prévoit que l’amour et le sexe avec des robots sont non seulement inévitables, mais que le premier gouvernement à légaliser les mariages entre robots et êtres humains sera l’État du Massachusetts, par le biais de son Institut de technologie (MIT). Les premiers groupes enclins à profiter du sexe et du mariage avec des robots seront les amateurs de sensations fortes, les gens extrêmement introvertis, ceux qui ont des problèmes psychologiques et ceux qui se sentent trop laids pour attirer un partenaire humain 4 .
Nous ne devons pas oublier qu’il y a seulement un siècle, les mariages interraciaux étaient illégaux dans la plupart des états des États-Unis, ces unions ayant été définies comme « anormales » et « crimes contre nature ». La même chose a été vraie pour les mariages entre conjoints de même sexe, même si cette interdiction est, elle aussi, progressivement abandonnée à mesure que les attitudes sur ce qui est considéré comme un comportement sexuel normal évoluent.
Ce que nous vous invitons à faire dans ce chapitre, c’est de commencer à penser à l’extérieur de votre zone de confort. Quel genre de relations sexuelles non violentes entre adultes consentants vous répugnent ? Quel genre d’actes sexuels non violents refusez-vous à cause de la manière dont vous avez été éduqué(e) ? À moins d’examiner honnêtement nos propres inhibitions, nous ne pouvons découvrir les limitations à l’expression de notre plein potentiel et faire l’expérience d’une vie sexuelle saine.
Les pratiques sexuelles dans le monde
Les pratiques sexuelles définies comme « normales » varient en fonction des pays et des cultures. Cela, nous le savons. Mais une étude publiée en 2001 dans la revue Sexual and Relationship Therapy ( Thérapie des relations sexuelles ) l’affirme explicitement : « Sauf dans quelques rares pays, nous n’avons aucune idée de ce que les gens font au lit 5 . »
Il est difficile de classer les désirs sexuels suivant les catégories de « normal » et « d’anormal ». « Certains sont attirés par les partenaires plus matures ou plus âgés, d’autres par les jeunes adultes », observe Simon Le Vay, professeur de biologie à l’université de Californie, dans son livre The Sexual Brain ( Le cerveau a-t-il un sexe ? ).
Certains préfèrent les maigres, d’autres les gros. Certains sont aguichés par les chandelles et la musique douce, d’autres par le fouet et les abus. Certains sont excités par les animaux, d’autres par les motocyclettes et d’autres encore par des cadavres. Certains aiment le sexe en groupe alors que, pour d’autres, l’objet sexuel ultime est leur propre corps. Il y a même des gens qui n’ont jamais aucune sensation sexuelle de quelque nature que ce soit 6 .
On sait très peu de choses sur ce qui engendre nos préférences sexuelles. Voici pourtant quelques données extraites des études de chercheurs ayant étudié les pratiques sexuelles dans le monde.
• Aux États-Unis, 30 % des hommes et 28 % des femmes déclarent être célibataires ou n’avoir qu’un très petit nombre de relations sexuelles par année.
• En Grande-Bretagne, une personne moyenne a 2 580 relations sexuelles avec cinq partenaires différents au cours de sa vie.
• En Inde, beaucoup de couples s’abstiennent de toute activité sexuelle après 50 ans, particulièrement les femmes qui deviennent grand-mères.
• En France, les personnes sexuellement actives (de 16 à 45 ans) ont en moyenne 141 relations sexuelles par an, ce qui est le plus haut taux observé dans les pays étudiés, alors que les habitants de Hong Kong ont seulement 57 rencontres sexuelles par année, ce qui est le taux le plus bas de tous les groupes.
• Dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, les adolescentes se font enseigner par leur mère la manière de rester « vierges » sans brimer leurs désirs sexuels : elles ont des rapports hétérosexuels anaux tout en refusant la pénétration vaginale jusqu’au moment du mariage.
• On estime que 3 à 4 % de la population masculine mondiale, et 2 % de la population féminine mondiale sont exclusivement homosexuels. Dans le règne animal, 450 espèces de mammifères et d’oiseaux sont, dans une certaine proportion, amateurs d’activités sexuelles avec un animal de même sexe.
• L’homosexualité est encore illégale dans 50 pays. Dans huit de ces pays, l’homosexualité est passible de la peine de mort : Afghanistan, Iran, Pakistan, Mauritanie, Arabie Saoudite, Soudan, Émirats arabes unis et Yémen.
• Dans l’ensemble du monde, au moins 60 % des couples ont eu un mariage arrangé par leurs parents ou un autre membre de leur famille. Ces couples ont un taux de divorce très bas, une fraction de ce que l’on retrouve chez ceux qui se marient pour des raisons romantiques. Les plus hauts taux de divorce se retrouvent en Hongrie et aux États-Unis, les plus bas en Afghanistan et en Inde.
• L’adultère chez les couples (si on se fie aux réponses de ceux qui ont bien voulu s’ouvrir sur cette question) serait de 50 % chez les Américains, 42 % chez les Britanniques, 40 % chez les Allemands, de 36 % chez les Français (malgré leur réputation de coureurs de jupons) et de 22 % chez les Espagnols. Quatre pays imposent la peine capitale aux femmes (mais non aux hommes) ayant commis l’adultère : l’Iran, le Pakistan, l’Arabie Saoudite et le Yémen 7 .
Croyance mythique
Les rapports sexuels avant le mariage sont plus communs de nos jours que par le passé.
Vous serez peut-être étonné d’apprendre que vos parents et vos grands-parents étaient tout aussi susceptibles d’avoir eu des relations sexuelles avant le mariage que vous-même et vos enfants. C’est pourtant là une des conclusions d’une recherche sur la sexualité publiée en 2007 dans la revue Public Health Reports ( Rapports sur la santé publique ) :
« La probabilité pour les Américains d’avoir des rapports sexuels avant le mariage est restée en gros la même depuis les années 1950. »
Chez les femmes nées dans les années 1940, environ 9 sur 10 avaient eu des relations sexuelles avant le mariage. De nos jours, la proportion reste la même, avec une différence importante : les naissances hors mariage sont beaucoup plus fréquentes qu’au siècle dernier, ce qui s’explique en partie par le fait que les mères monoparentales sont moins stigmatisées.
Une autre différence est que de nos jours, après qu’un adolescent ou une adolescente a eu ses premières relations sexuelles, il ou elle peut avoir plusieurs partenaires avant de se marier, et ce à un rythme beaucoup plus élevé qu’il y a 50 ans 8 .
C’est la peur qui pousse les hommes à vouloir contrôler les femmes
Une grande part des anomalies qui entourent le sexe provient de la peur qu’ont les hommes de voir les femmes échapper à leur contrôle. Des pratiques révoltantes comme l’ablation du clitoris ou des autres organes sexuels féminins, imposée à 130 millions de fillettes et de femmes sur la planète, découlent de la volonté masculine de contrôler à tout prix les pulsions sexuelles féminines et l’expérience sexuelle des femmes.
On a retrouvé des traces de circoncision féminine sur des momies datant de 5 000 ans ; la compulsion masculine à vouloir contrôler la sexualité féminine est donc une attitude ancienne. Elle se retrouve également sous d’autres formes, par exemple l’insertion d’anneaux de métal dans les lèvres de la vulve par les anciens Romains ou les ceintures de chasteté (dont les hommes conservaient la clé) que devaient porter les Européennes à l’époque médiévale.
En Grande-Bretagne, la clitoridectomie (ou ablation complète du clitoris) était pratiquée couramment par les médecins du XIX e siècle, qui la considéraient comme un « traitement » pour les femmes qui se masturbaient, une forme de plaisir sexuel qui pouvait, croyait-on, entraîner la folie – mais seulement chez les femmes. Quant aux hommes surpris en train de se masturber, on se contentait de leur dire qu’ils iraient en enfer. Ce n’est qu’en 1985 que les mutilations génitales féminines furent finalement interdites dans tout le Royaume-Uni.
Ces pratiques contre les femmes et d’autres encore ont été documen­tées, et il appert qu’historiquement, toutes les grandes religions les ont tolérées : le christianisme, le judaïsme, l’islamisme aussi bien que l’hindouisme.
De nos jours, nous voyons encore que cette attitude malsaine à l’endroit des pulsions sexuelles féminines se développe à un âge très précoce et de manière presque innocente. Petit garçon, je (Brian) n’avais encore jamais eu de rapports sexuels, mais je subissais la pression de mes petits camarades pour dire le contraire. Je savais qu’il y avait un mot à connotation sexuelle (sperme) qui rimait avec ferme. Donc, pour impressionner les autres garçons, je dis : « Mon ferme est entré en elle ». Un garçon plus âgé me dit alors : « Qu’est-ce que tu veux dire par là ? ». Je répondis : « Tu sais bien, mon ferme. Le mien est entré en elle. » Le garçon plus âgé ricana en disant : « Alors ça devait être une pute. »
Le message qui parvint jusqu’à mon entendement, même à ce tout jeune âge, fut qu’une fille qui acceptait d’avoir des relations avec vous était une pute. Pour certains hommes, cette attitude ne change jamais vraiment, même lorsqu’ils atteignent un âge moyen. Les femmes qui expriment librement leur sexualité sont regardées de haut, alors que les hommes se jugent eux-mêmes et jugent les autres hommes suivant d’autres critères. Le fait de « conquérir » une jeune fille ou une femme est considéré comme l’apanage des hommes et célébré comme un rite de passage. L’idée que les hommes doivent traiter les femmes comme de vulgaires objets sexuels est largement acceptée de nos jours, particulièrement dans la musique et les vidéos rap.
Dans les années 1950 et 1960, les filles qui avaient la réputation, surfaite ou pas, d’être sexuellement actives n’étaient jamais prises au sérieux par les garçons et les autres filles. On les traitait comme des lépreuses. Vous pouvez imaginer quelles répercussions cette attitude méprisante a pu avoir sur leur image de soi et leur sexualité dans leur vie adulte.
Le hiatus entre les rôles sexuels masculins et féminins demeure dans de nombreuses régions du globe. Pourquoi une femme du XXI e siècle ne pourrait-elle pas se sentir libre d’exprimer ses besoins sexuels comme un homme le ferait, sous peine d’être jugée et condamnée ? La réponse reste la même : la peur masculine de perdre le contrôle de la sexualité.
Les hommes qui sont efféminés ou qui sont gais, les femmes qui sont des garçons manqués, qui ont une allure masculine ou qui sont lesbiennes subissent souvent le même traitement. Lorsque je fréquentais l’école paroissiale, je (Brian) me suis laissé dire par les prêtres et les religieuses qu’il était mal de tuer, mais que l’homosexualité l’était tout autant. On m’apprit qu’il était mal de regarder une femme nue ou de se masturber. L’idée de regarder des femmes nues ne m’était jamais passée par la tête. Mais sitôt qu’on me l’interdit, qu’est-ce que j’ai voulu faire ? Regarder des photos osées, bien sûr. Mais si vous regardez une photo de femme nue lorsque vous avez 7 ou 8 ans et qu’il ne se passe rien, que vous ne soyez pas excité par la chose, vous commencez à penser qu’il y a quelque chose qui cloche chez vous.
L’éducation sexuelle d’Anna Maria a été tout autre. J’ai (Anna Maria) grandi en Suède, un pays qui, dans les années 1960 et 1970, avait la réputation d’être plus libéral, permissif, voire concupiscent que tout autre au monde.
Dans une certaine mesure, la réputation de la Suède tenait plus du mythe que de la réalité. On ne peut dire qu’il y avait plus de concupiscence chez les Suédois qu’ailleurs ; c’est notre attitude naturelle et dépourvue d’inhibition devant la nudité, notre propension à discuter ouvertement des questions sexuelles qui nous a faussement placés à l’avant-garde de la révolution sexuelle.
Vu que les femmes se sentaient moins opprimées en Suède quelles pouvaient l’être dans de nombreux autres pays, nous grandissions en sachant que nous pouvions devenir ce que nous voulions dans la vie. Cette conscience neutralisait une grande part des tensions entre hommes et femmes. On a toujours beaucoup parlé de sexualité dans ma famille. La nudité était une chose normale, comme lorsque nous allions nager ensemble dans les lacs ou dans la mer. J’ai grandi librement, de manière naturelle et sans inhibitions. J’ai aussi eu une bonne relation avec mon père, ce qui est très important pour la qualité des relations qu’une femme aura avec les autres hommes dans sa vie adulte.
Dans les années 1970, j’ai visité l’Allemagne, la Suisse et d’autres pays européens. J’ai pu constater que ces cultures (à l’exception peut-être du Danemark) étaient répressives à comparer avec la Suède. Une chose qui peut avoir joué en faveur de la Suède est qu’elle a subi moins d’oppression religieuse que les autres cultures, moins de honte et de culpabilité sur le plan de l’expression des comportements sexuels. En mettant fin au secret entourant le sexe et le corps humain, la culture suédoise a contribué à réduire la déformation, l’obsession et la culpabilité entourant l’expression sexuelle.
La désinformation (ou l’absence d’information) encourage la répression
Il est tout naturel de désirer avoir des relations sexuelles. Ce qui n’est pas naturel, c’est de ne pas vouloir de sexe dans sa vie. Il n’est pas normal que des parents adoptent une approche puritaine et refusent que leurs enfants soient mis au courant d’idées ou de faits portant sur la sexualité. Il est de beaucoup préférable que les parents abordent d’eux-mêmes le sujet. Sinon, des erreurs et des aberrations sur le sexe pourraient venir troubler la vie de leurs enfants. La propagande religieuse et les dogmes de la religion ont perverti l’expression sexuelle de générations entières.
Certains enfants des années 1950 et 1960 ont entendu parler de la cigogne porteuse de bébés quelle déposait dans les bras des parents, comme le père Noël apportait des cadeaux aux enfants. D’autres, qui se sont fait raconter des histoires compliquées d’oiseaux ou d’abeilles par l’un ou l’autre de leurs parents sont restés longtemps perplexes sur le sens qu’elles avaient pour eux. Mais la plupart des enfants n’étaient aucunement informés sur le sexe par leurs parents. Tels des détectives privés, ils devaient trouver les réponses par eux-mêmes en faisant des expériences ou en prêtant l’oreille aux rumeurs propagées par leurs frères et sœurs ou par leurs amis. Cette absence de discussion ouverte et honnête sur le sexe a fini par fausser l’intimité et les relations sexuelles et a eu pour effet de considérablement augmenter le taux de divorce chez les adultes que sont devenus ces enfants.
La révolution sexuelle des années 1960 a chamboulé les attitudes d’une génération entière envers ce qui était personnellement permis ou socialement acceptable. De nombreux adolescents vivant aux États-Unis à cette époque développèrent une espèce de schizophrénie autour du sexe et de la saine expression de la libido, impuissants à réconcilier l’esprit de l’« amour libre » avec l’endoctrinement souvent répressif qu’ils avaient reçu de leurs parents et des institutions religieuses et sociales de leur pays.
Au cours des entretiens que nous avons eus pour ce livre avec les rescapés de cette époque turbulente, nous avons noté la présence de modèles récurrents qui allaient façonner leurs relations intimes pendant toute la durée de leur vie. D’abord, l’éducation religieuse, renforcée par l’autorité parentale, allait être comme un gorille de 1 000 lb dans la vie sexuelle de nombreux baby-boomers.
Voici ce qu’Andrew, Reba et Michelle nous ont raconté. Andrew a grandi à Chicago, dans une famille où on n’abordait jamais les questions sexuelles. Andrew se rappelle que pour ses 14 ans, son père fit un « vaillant effort » en lui parlant d’oiseaux et d’abeilles, ce qui le fit bien rire. « Ma compréhension était qu’il fallait d’abord se marier avant d’avoir des relations sexuelles », dit-il. « Après quelques expériences à l’adolescence et au début de l’âge adulte, j’ai adopté une manière de penser plus chrétienne. [À partir de] l’âge de 30 ans, je suis resté célibataire pendant 15 ans. J’ai ensuite réalisé que c’étaient les hommes et non Dieu qui m’avaient imposé cette ascèse et l’avaient imposée à tous ceux qui partageaient mon point de vue. Mais cela ne signifie pas que je me suis mis à coucher à gauche et à droite. Je ne me sens pas à l’aise avec les relations sexuelles sans intimité. J’ai maintenant 53 ans. Je n’ai jamais été marié et je n’ai pas de partenaire sexuel intime. »
Reba a passé la plus grande partie de sa vie en Floride. Elle a eu le bonheur de grandir dans une famille pleine d’amour et d’affection, dans une atmosphère très « copain-copain ». « Mais le catholicisme était mon principal blocage, et je suis restée vierge jusqu’à ce que je rencontre mon mari », dit-elle. « Je n’étais pas vraiment préparée à l’acte sexuel comme tel. J’étais très naïve en ce qui a trait au sexe. La religion était comme un gros nuage surplombant ma vie sexuelle. Je croyais que Dieu serait triste si je ne restais pas sage jusqu’au moment du mariage. Même si j’ai fini par dépasser ce stade, j’ai encore une vision très morale du sexe. Je pense que le sexe devrait être quelque chose de spécial et de sacré. C’est peut-être ce qui explique que je n’aie jamais couché qu’avec un seul homme dans ma vie : mon mari. »
Canadienne, Michelle est originaire de Montréal. Elle a eu des parents adorables qui l’aimaient, mais les questions sexuelles étaient un sujet tabou à la maison. « La révolution sexuelle des années 1960 a provoqué chez moi une très grande culpabilité. C’était comme si j’avais eu deux personnalités. Pour l’une d’elles, le sexe hors mariage était péché. Pour mon autre personnalité, la liberté sexuelle allait de soi. Cette coupure a faussé ma conception des relations. Je décidai que je devais marier mon meilleur ami, mais il y avait peu de passion sexuelle dans notre relation. J’ai rencontré mon second mari sur mon lieu de travail, alors que j’étais encore mariée avec mon premier mari. Je savais que j’avais rencontré l’âme sœur. Il y a maintenant 26 ans que je suis mariée à mon second mari. Notre passion a toujours été fondée sur l’amour et l’intimité. »
Il n’y a probablement pas de catégorie d’adolescents des années 1960 (ou plus tard) qui ont eu à surmonter plus de stigmatisation sociale ou à se défaire d’un plus grand conditionnement psychologique que ceux qui se sont découvert une attirance pour les membres de leur propre sexe. Suzanne et Caroline, un couple de femmes dans la cinquantaine, nous racontent les épreuves qu’elles ont traversées.
Les parents de Suzanne étaient affectueux, mais ils n’étaient pas prêts à discuter de questions sexuelles avec elle. On pourrait dire la même chose de la famille de Caroline. Suzanne s’en remit au dictionnaire pour apprendre la signification des mots osés. En cinquième et sixième année, elle eut aussi des copains qu’elle prit plaisir à embrasser.
Caroline entreprit sa propre éducation sexuelle à 11 ans en lisant le rapport Ramsey sur le sexe, quelle avait découvert sous le lit de ses parents, et en tombant par hasard sur The 10 th Man ( Le Dixième Homme ), un livre sur l’homosexualité. Lorsque Caroline a eu ses premières menstruations, c’est son frère aîné qui lui expliqua les changements qui s’opéraient dans son corps et non ses parents.
« Lorsque je suis entrée à l’université, dit Suzanne, j’ai dû me défaire de l’idée du sexe avec laquelle j’avais grandi. On m’avait appris que le sexe était mal et que si j’avais des relations sexuelles avec quelqu’un, cela signifiait que j’étais une pute. Je n’avais pas conscience de la prohibition de l’homosexualité. Aussi, lorsque j’ai eu ma première expérience sexuelle avec une femme, je me suis sentie bien. Lorsque finalement j’ai dit à ma mère que j’étais sexuellement attirée par les femmes, elle m’a demandé de lui expliquer pourquoi j’avais encore un diaphragme dans le tiroir de ma commode. Je lui ai répondu que j’avais eu des relations sexuelles avec des hommes, mais que j’avais réalisé que je préférais les femmes aux hommes. Le bagage émotionnel que je traîne en raison du conditionnement culturel auquel j’ai été soumise est tel que je dois consciemment rejeter l’idée que quelqu’un d’autre est responsable de mon plaisir. »
Caroline a grandi dans une maison où la nudité devant les autres membres de la famille était courante, mais où l’antipathie à l’égard des homosexuels allait aussi de soi. « On aurait dit que ma mère détestait les homosexuels. À 21 ans, j’ai pensé que je devais d’abord coucher avec un homme pour voir comment c’était, car on m’avait inculqué l’idée qu’il était normal d’être avec un homme. Je commençai donc par coucher avec un homme, mais je passai la nuit d’après avec une femme. Il était évident pour moi que je préférais le sexe avec une femme. Maintenant, je pense que le fait d’être avec une femme est parfaitement normal et je ne saurais imaginer partager une intimité sexuelle avec un homme. »
La principale leçon que Suzanne a tirée de la confrontation des stéréotypes sexuels avait trait à la différence entre sexe et intimité. « Il y a le sexe qui n’est pas très différent de ce qui se pratique chez les animaux et il y a l’intimité, laquelle découle du choix et du désir. Dans ma vie, j’ai fait l’expérience des deux. Je préfère le sexe qui découle d’un choix. Les deux formes de sexe ont leur langage. Le sexe pour le sexe peut être amusant, mais l’intimité sexuelle est d’abord et avant tout l’expression d’une joie profonde. »
Pour ceux de nos lecteurs qui croient encore qu’il n’est pas naturel ou qu’il est anormal qu’une portion quelconque de l’humanité soit homosexuelle, nous vous invitons à examiner les faits concernant les comportements homosexuels correspondant à une prédisposition génétique dans le règne animal. On a trouvé jusqu’à 1 500 espèces d’animaux sauvages ou vivants en captivité ayant des comportements bisexuels de façon naturelle ; les activités sexuelles avec les individus de leur propre sexe sont aussi communes qu’avec le sexe opposé. Un article fascinant, paru dans Scientific American Mind , décrit les mœurs du bonobo, un proche parent du chimpanzé. Les femelles de cette espèce aux mœurs sexuelles très libres frottent leurs parties génitales contre celles des autres femelles, et les mâles pratiquent entre eux le sexe oral 9 .
Nous autres humains pouvons penser que nous sommes supérieurs aux animaux en ce que nous pouvons parfois contrecarrer nos tendances génétiquement programmées. Mais ce modèle d’autocontrôle ne fonctionne pas pour l’homosexualité et la bisexualité, comme l’ont démontré plusieurs études portant sur des personnes homosexuelles ayant tenté de vivre comme hétérosexuels. Il est absurde et malheureux de voir certains groupes religieux ou politiques défendre des pratiques visant à « déprogrammer » les personnes gaies et bisexuelles au moyen de conditionnements psychologiques. Tous les exemples de transformations réussies qu’ils peuvent produire ont trait à des personnes qui n’avaient pas de prédisposition génétique pour l’homosexualité ou la bisexualité, ou qui ont choisi de refouler leurs pulsions afin de passer pour hétérosexuels. L’homosexualité est une expression sexuelle déterminée par la génétique plutôt que par les choix personnels. Et après tout, même si l’homosexualité était un choix, pourquoi devrait-on se soucier de ces relations sexuelles non violentes entre adultes consentants ?
Préjugés autour de l’âge et de la sexualité
Lorsque nous étions enfants ou adolescents, il était impensable pour la plupart d’entre nous d’imaginer que nos parents puissent avoir une vie sexuelle. C’est une réaction courante. La plupart des gens, même lorsqu’ils sont parvenus à l’âge adulte, se sentent mal à l’aise s’il leur faut penser à la vie sexuelle de leurs parents, quel que soit l’âge de ces derniers.
De nos jours, des fillettes peuvent avoir leurs premières menstruations à un âge très précoce, 9 ans, et s’il n’y a pas près d’elles un adulte capable de leur fournir des détails précis sur ce qu’est la sexualité, elles peuvent se faire des conceptions erronées à ce sujet au moment même où leur corps est le plus réceptif aux expériences sexuelles. Si on n’enseigne pas aux jeunes la manière naturelle de soulager leurs pulsions sexuelles, la norme pour bon nombre d’entre eux sera les rapports sexuels illicites, les grossesses non désirées et l’exposition aux maladies.
Au cours du mandat présidentiel de Bill Clinton, la D re Jocelyn Elders, Médecin-chef (U.S. Surgeon General), fut contrainte de démissionner de son poste après seulement 15 mois d’exercice. Elle avait soulevé une énorme controverse après avoir dit publiquement que la masturbation devrait être considérée comme une pratique sexuelle saine et sans risque. En réponse à une question sur la manière d’éviter les risques liés au sexe, elle avait dit qu’on devrait peut-être songer à enseigner la masturbation. Elle a perdu son emploi à cause de son honnêteté, mais à notre avis, elle était du bon côté de l’Histoire.
La masturbation est très certainement supérieure aux relations sexuelles illicites. Elle est plus sûre et n’entraîne pas de risques de grossesse ou d’exposition aux maladies. Elle prépare aussi aux relations sexuelles intimes de la vie adulte dans la mesure où le jeune apprend à mieux connaître son corps, ce qui le rendra apte plus tard à donner du plaisir et à en recevoir. Pourtant, les esprits et les institutions réactionnaires présentent la masturbation comme un acte honteux, dégradant, égoïste et immature. C’est l’opinion de ceux qui pensent que le sexe est une bonne chose uniquement lorsqu’il a en vue la procréation.
À l’époque où je fréquentais l’école paroissiale, on me (Brian) dit que si je me masturbais, je deviendrais aveugle. Chaque fois que je le faisais, tout de suite après, je lisais quelque chose – ce qui me tombait sous les yeux à ce moment-là – pour m’assurer que je n’avais pas de problèmes de vision. Les mêmes personnes qui cherchaient à m’endoctriner me dirent aussi que si j’embrassais une jeune fille pratiquant une autre religion que la mienne, la terre s’ouvrirait et je brûlerais en enfer. Donc, la première fois que j’ai embrassé une fille d’une autre religion, j’ai gardé un œil ouvert en surveillant le sol. D’autres gens m’ont dit que j’attraperais des verrues aux mains si je me masturbais. Les pères de certains de mes amis inspectaient les mains de leurs enfants et lorsqu’elles présentaient des verrues, les enfants étaient punis pour s’être masturbés.
Comment s’étonner que des populations entières aient une vue déformée de la sexualité ? Comment se surprendre des abominations qui surgissent quand le sexe refoulé entraîne la violence, le viol et la brutalité ?
La répression engendre des comportements étranges
L’orientation sexuelle ne devrait pas être un problème tant que personne ne fait de mal à personne. Tant que les bisexuels, les homosexuels et les hétérosexuels sont à l’aise avec leur orientation sexuelle, pourquoi ne pas les considérer tous comme normaux ? À cause de la peur, tout simplement.
De nouveaux éléments de preuve indiquent que les êtres humains ont majoritairement, mais non exclusivement, une orientation sexuelle particulière. Cependant, nous avons tous une certaine tendance à la bisexualité que nous refoulons. Quant à l’expression des préférences sexuelles, elle se ramène à une question d’estime de soi. Dans quelle mesure vous souciez-vous de vous-même, dans quelle mesure avez-vous de l’estime pour vous-même et vous respectez-vous ? Quels sont vos conflits intérieurs, qu’est-ce que vous refoulez ?
Le contexte a aussi son importance. Considérez ce qui arrive lorsque des hétérosexuels, hommes ou femmes, sont incarcérés. Le taux d’homosexualité augmente. Lorsque ces personnes sont libérées après avoir eu des relations homosexuelles, redeviennent-elles automatiquement hétérosexuelles à part entière ? C’est ce que font la plupart, sinon tous.
Vers la fin de la vingtaine, au moment où je (Brian) travaillais et enseignais en Inde, j’ai constaté que tous les garçons qui n’étaient pas mariés avaient des activités homosexuelles. Au début, j’ai cru me retrouver dans un pays exclusivement homosexuel, car je voyais partout des hommes se tenir par la main et s’embrasser. Un ami indien qui était médecin m’expliqua qu’il s’agissait d’une tradition culturelle, une manière pour les garçons et les hommes de soulager leur frustration sexuelle. La plupart d’entre eux devenaient exclusivement hétérosexuels après leur mariage. Quelques-uns restaient homosexuels, mais leur proportion n’était pas plus élevée que dans les cultures occidentales.
Si on veut se faire une idée de ce que génère la répression, il suffit de penser aux dirigeants politiques ou religieux qui se positionnent comme anti ceci ou anti cela, puis se font prendre à faire précisément ce qu’ils condamnaient. Une personne saine et à l’aise avec son hétérosexualité n’a aucune raison de condamner l’homosexualité. Nous n’avons jamais rencontré d’hétérosexuels sains se sentant « menacés » par les homosexuels. Pourquoi une personne serait-elle aussi agressivement opposée à l’homosexualité, si ce n’est parce quelle refoule une tendance homosexuelle ? Par exemple, pourquoi y a-t-il eu autant de cas de pédophilie et d’homosexualité chez les prêtres catholiques ?
Pensons à tous les scandales impliquant des politiciens se réclamant des « valeurs familiales traditionnelles ». Mark Foley, membre du Congrès, représentant de la Floride et président du Comité de la Chambre pour les enfants disparus ou exploités a dû démissionner après qu’on eut découvert qu’il avait envoyé des messages à contenu sexuel explicite à de jeunes étudiants travaillant au Congrès comme messagers. Le sénateur Larry Craig, représentant de l’Idaho au Congrès, plaida coupable à l’accusation d’avoir essayé d’avoir un rapport sexuel avec un policier en civil dans les toilettes d’un aéroport, mais il se rétracta par la suite. Vous pouvez imaginer à quel point il faut être malheureux pour rechercher ce genre de rapports parce qu’on pense qu’il est impossible d’exprimer autrement une tendance qu’on porte en soi.
Pensez à tous les scandales sexuels impliquant des prêtres ou des ecclésiastiques. Le télévangéliste Jim Bakker a dû démissionner de son ministère en 1987, après avoir eu une liaison avec sa secrétaire. Un autre télévangéliste, Jimmy Swaggart, qui avait condamné la « déviance sexuelle » de Bakker, fut contraint de révéler un an plus tard qu’il recourait régulièrement aux services de prostituées. L’ex-pasteur évangélique Ted Haggard, président de l’Association nationale des évangéliques, qui clamait souvent pendant ses prêches que l’homosexualité était une abomination contre Dieu, fut contraint de démissionner en 2006 après avoir avoué qu’il avait payé des prostitués masculins pour obtenir leurs faveurs sexuelles.
Lorsque les adeptes de la morale conservatrice répriment leurs désirs sexuels et ne brisent pas le mur de l’hypocrisie, le refoulement fait ses ravages chez eux, provoquant des comportements étranges et embarrassants. La répression de l’identité sexuelle, l’incapacité à l’exprimer par des voies saines sont patentes chez ceux qui se font les défenseurs des opinions les plus étroites. Par exemple, l’ex-Gouverneur de l’État de New York, Eliot Spitzer, après avoir traîné en justice les responsables de réseaux de prostitution à titre d’Attorney général de New York, fut contraint de démissionner en 2008 à la suite de révélations alléguant qu’il avait dépensé des dizaines de milliers de dollars auprès de prostituées employées par un réseau de call-girls identique à ceux qu’il avait fait fermer.
Contrairement aux résultats obtenus par la répression des pulsions sexuelles, les hommes et les femmes homosexuels qui ont passé la majorité de leur vie en étant ouverts et sans avoir honte de leur orientation sexuelle sont « plus actifs, heureux et mieux adaptés dans leur vie adulte » que ceux qui n’ont pas été aussi ouverts et honnêtes sur leur sexualité. C’est le résultat auquel est parvenue une étude de 2005 du Centre international de longévité 10 .
Les attitudes négatives à propos du sexe peuvent friser la folie. Le désir le plus fort de l’être humain est faussé par un conditionnement fondé sur la peur. On engendre ainsi des esprits malades et, potentiellement, des esprits criminels. On vous dit qu’une chose est si précieuse et si sacrée que vous ne pouvez même pas y penser et encore moins l’exprimer. Et pourtant, si ce processus de refoulement hormonal et pulsionnel se poursuit suffisamment longtemps, le viol, la violence sexuelle et d’autres comportements étranges et tordus en résultent.
Le sexe qui n’est pas propre, pur et sans honte tend à être nuisible et à perturber les gens qui en sont victimes pour le reste de leur vie. Ce qui est une des raisons pour lesquelles nous avons écrit ce livre. Nous avons tous besoin de sortir le sexe de cette zone d’ombre pour que nos esprits délestés puissent contribuer au processus de transformation de l’énergie sexuelle en force saine apte à soutenir une vie longue et épanouissante.
En tant que culture, nous avons fait des progrès vers une plus grande ouverture sur les questions sexuelles.
Si vous avez un certain âge, vous vous souvenez peut-être d’un jeu télévisé en vogue il y a quelques dizaines d’années, The Newlywed Game ( Le jeu des nouveaux mariés ), où des couples de jeunes mariés étaient questionnés séparément pour savoir qui de l’homme ou de la femme connaissait mieux l’autre. En réponse à la question « Quel est l’endroit le plus bizarre où vous avez eu envie de faire l’amour ? » une femme répondit, sans hésitation : « Dans le cul ». Sa réponse provoqua un grand nombre d’expressions ébahies et de rire étouffés de l’auditoire en studio, ce qui est très révélateur des attitudes sociales de l’époque. Aujourd’hui, la question serait plus directe : « Quel est l’endroit le plus bizarre où vous avez eu envie de baiser ? » – et même si la réponse de cette femme pouvait encore provoquer quelques rires, elle ne choquerait pas autant qu’avant. De nos jours, dans les pays occidentaux, les pratiques sexuelles commencent à être discutées ouvertement et on peut dire qu’il était temps !
Les idées étriquées sur le sexe provoquent des dysfonctions sexuelles
Des recherches médicales ont accumulé un nombre considérable de données qui montrent que les idées étriquées sur le sexe entraînent des inhibitions sexuelles et des problèmes de performance sexuelle chez les hommes comme chez les femmes. Les taux élevés de dysfonction sexuelle sont un phénomène mondial. Et même si l’alimentation déficiente, l’exposition aux produits chimiques toxiques, la maladie et les effets secondaires des médicaments ont tous un rôle important, les attitudes et les comportements malsains sont la principale cause sous-jacente du problème.
Chez les femmes, les dysfonctions sexuelles comprennent une perte d’intérêt pour les relations sexuelles, des difficultés à se sentir excitées sexuellement et une incapacité à atteindre l’orgasme. Chez les hommes, les problèmes sont surtout la dysfonction érectile et l’éjaculation prématurée, même si un nombre croissant d’hommes déclare ne plus s’intéresser au sexe.
Pour avoir une idée de la profondeur et de l’étendue de ces dysfonctions, voici quelques statistiques provenant de recherches publiées récemment dans le Journal of Sexual Medecine et d’autres revues scientifiques comparables :
• Une enquête effectuée par des spécialistes en urologie et médecine sexuelle de 60 pays estime qu’environ 40 % des femmes adultes et 30 % des hommes adultes dans le monde souffrent d’au moins une dysfonction sexuelle importante.
• Une enquête menée en 2005 auprès de 6 700 personnes vivant en Chine, à Taiwan, en Corée du Sud, à Singapore, en Malaisie, en Indonésie ou aux Philippines a révélé que 27 % des femmes avaient perdu tout intérêt pour le sexe et que 23 % d’entre elles étaient incapables d’avoir un orgasme ; chez les hommes, 20 % avaient des problèmes d’éjaculation prématurée et 15 % souffraient de dysfonction érectile.
• Une enquête semblable menée auprès d’Européens vivant au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en France ou en Espagne a révélé que 23 % des hommes et 32 % des femmes souffraient de dysfonctions sexuelles.
• Aux États-Unis, une recherche portant sur 3 005 hommes et femmes de 57 à 85 ans a révélé que la moitié des participants des deux sexes avaient au moins un problème sexuel gênant. Les dysfonctions sexuelles touchent quatre personnes de 70 ans et plus sur cinq, quel que soit leur sexe. Les difficultés érectiles sont le problème le plus courant chez les hommes, alors que la disparition du désir sexuel est le changement le plus fréquent rapporté par les femmes 11 .
Il est significatif et ce n’est pas un hasard si toutes ces enquêtes révèlent un taux de dysfonction sexuelle beaucoup plus grand chez les femmes que chez les hommes. Les femmes ont davantage souffert que les hommes des contraintes sociales, de la programmation culturelle et des doubles standards autour des croyances sexuelles et de l’expression des comportements sexuels. Bien que les répercussions négatives de ce conditionnement puissent se faire sentir à toutes les étapes de leur vie, elles sont particulièrement marquées lorsque les femmes atteignent la ménopause.
Une étude de 2006, particulièrement éloquente à cet égard, portant sur 1 335 Suédoises de 18 à 74 ans, a montré que les conceptions étroites sur le sexe étaient un bon indicateur de dysfonction sexuelle. Les chercheurs, qui ont publié leur étude dans le Journal of Sexual Medecine , affirment : « Les meilleurs protecteurs d’une bonne fonction orgasmique contre la dysfonction sexuelle manifeste sont : un premier orgasme à un âge relativement précoce, un répertoire de techniques relativement étendu, l’importance accordée à la sexualité et le fait d’atteindre l’excitation sexuelle avec une relative facilité 12 . »
Tous ces attributs d’une expérience sexuelle réussie nécessitent une certaine ouverture et indépendance d’esprit par rapport aux dogmes sexuellement répressifs. Bien que la Suède soit reconnue mondialement, depuis les années 1960, comme un pays plus ouvert sur les questions sexuelles que la plupart des autres, cette recherche a mis en évidence l’existence d’un écart générationnel dans la manière dont les Suédoises font l’expérience de leur sexualité. Ayant grandi dans un milieu moins permissif, les aînées avaient tendance à avoir plus de dysfonctions sexuelles que les femmes qui ont profité des changements culturels récents.
Un rapport de 2005-2006, Ageism in America ( L’âgisme en Amérique ) produit par le Centre international de longévité à New York (associé avec l’école de médecine Mount Sinaï), dénonce vivement les répercussions de certaines attitudes culturelles sur la vie sexuelle des individus :
Un franche discussion, s’appuyant sur les faits, une prise en compte constructive du sens et de l’importance de la sexualité pour la santé, la qualité de la vie et de l’expérience humaine sont ce qui manque cruellement […] des connaissances lacunaires et la censure de toute discussion ou recherche sur la sexualité humaine génèrent inutilement, dans le meilleur des cas, de l’angoisse et de la confusion, et engendrent, au pire, la maladie, l’ignorance et la dysfonction 13 .
En pratique, un bon indicateur du fait que les conceptions et les croyances étroites sur le sexe nuisent à la performance sexuelle est le succès de la thérapie cognitive du comportement dans le traitement de la dysfonction érectile chez l’homme et de la difficulté à atteindre l’orgasme chez la femme. Ce traitement est particulièrement important pour les femmes, car on n’a pas encore trouvé aucun médicament pharmaceutique ou de remède naturel pour traiter efficacement la dysfonction orgasmique.
La thérapie cognitive du comportement (TCC) part de l’idée que vos pensées peuvent améliorer ou entraver votre capacité à guérir. L’idée est que vous pouvez changer vos pensées et croyances sous-jacentes malsaines de façon à permettre à votre pensée d’améliorer votre santé. Par exemple, si vous pensez que vos gènes déterminent votre destinée et que vous ne pouvez lutter contre la maladie, ou si vous croyez que vos émotions vous empêchent d’atteindre un état de bien-être complet, cette automédication peut en pratique vous aider à faire tomber les obstacles que vous avez construits et qui s’opposent à la guérison de nombreux cas de dysfonction sexuelle.
Nos convictions profondes se forment souvent dans l’enfance, engendrant des « pensées automatiques » qui influencent nos comportements dans notre vie adulte. La première étape du traitement cognitif consiste à repérer les croyances négatives ou irrationnelles pour les recadrer ou les réinterpréter dans une lumière plus saine, dans le but de trouver des stratégies d’adaptation qui permettront d’affronter efficacement ces pensées et réactions lorsqu’elles surgiront à nouveau.
C’est un moyen idéal en vue d’exploiter la sagesse de votre corps dans le processus de guérison. Des recherches médicales ont démontré l’efficacité de cette technique pour traiter les maladies rhumatismales, l’insomnie, le syndrome de fatigue chronique, les bouffées de chaleur qui surviennent à la ménopause, les crises de panique, la dépression, les douleurs liées au cancer et des dizaines d’autres maladies, y compris les dysfonctions sexuelles. Ce processus peut être un outil important dans la boîte à outils de compétences que vous transportez avec vous durant le voyage qu’est votre vie 14 . Nous le décrivons plus en détail ci-dessous, en ajoutant un exercice autodidactique que vous pourrez effectuer.

Déprogrammer les attitudes malsaines
La thérapie cognitive du comportement (TCC) est une technique facile à apprendre et largement utilisée dans le traitement du stress, de l’anxiété et d’une foule de maux. Essentiellement, la TCC est fondée sur l’idée que la façon dont vous pensez à quelque chose influence la manière dont vous vous sentez et dont vous vous comportez. Une fois que vous devenez conscient des répercussions négatives sur vous d’une perspective étroite ou de pensées limitantes, vous pouvez construire un raisonnement plus souple qui engendre des sentiments positifs par rapport à une situation particulière, et par là, un comportement différent. La TCC cumule les réussites, particulièrement lorsqu’elle est utilisée en combinaison avec des massages, des exercices et de la méditation. L’utilisation de cette technique peut aussi vous aider à repérer et à vous débarrasser de styles de pensée toxiques, des attitudes et croyances qui limitent votre satisfaction sexuelle et votre potentiel dans ce domaine.
Grâce à cet exercice, vous apprendrez à voir quels sont les modèles de pensée qui vous conduisent sur le chemin de la dysfonction, comme le fait de s’attendre toujours au pire, ou lorsque vous adoptez l’attitude « tout ou rien ». Vous apprendrez ensuite à remplacer les pensées toxiques par des pensées réalistes, pratiques et positives. Dans ce processus, vous concevrez de nouveaux scénarios mentaux, plus larges, accompagnés d’un plan d’action qui vous aidera à introduire de sains changements de comportement.
Il est préférable que la thérapie cognitive soit supervisée par un conseiller professionnel ou un thérapeute, car un spécialiste pourra vous aider à traverser les différentes étapes et vous proposer son diagnostic. Mais vous pouvez aussi pratiquer cette technique par vous-même pour commencer à mettre au point un plan d’action visant un changement d’attitude.
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