Divine Sexualité
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Description

La difficulté pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui de vivre une sexualité épanouissante est le reflet de la dualité très profonde émanant de la culture dont nous sommes issus qui oppose matière et esprit, corps et âme, sexualité et spiritualité. Dans cecontexte de dualité, nous avons à faire un choix : sommes-nous l’un OU l’autre ? Un corps qui aspire au plaisir OU une âme qui aspire à s’élever ? Ce choix est une déchirure… Ne pourrions-nous pas être l’un ET l’autre ? Être un corps ET une âme, et considérer que le corps soit une porte VERS l’âme. Car le désir de l’autre est souvent aussi, un désir de soi. Mes facettes cachées demandent à naître par la rencontre et mon désir pour l’autre sera d’autant plus magnétique que cet autre aura le pouvoir d’être le révélateur, l’éveilleur de mes plages inexplorées.Mon désir ne serait-il pas un messager de mon âme qui m’invite à oser aller plus loindans l’exploration de ma propre richesse intérieure ?Comment les hommes et les femmes imprégnés de la tradition culpabilisante judéochrétienne et baignés dans une culture faisant l’apologie de la dimension intellectuelle peuvent-ils retrouver leur capacité naturelle à atteindre l’extase ? Serait-ce un privilège réservé à quelques initiés ? Ou, au contraire, ne sommes-nous pas tous appelés à vivre cettedimension extatique de la sexualité ? Dès lors, quel est le chemin pour y arriver ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 25 octobre 2011
Nombre de lectures 19
EAN13 9782897262303
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0120€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

À mes fils
« Et je l’ai rejoint. Ce n’étaient pas onze minutes, mais une éternité, c’était comme si tous les deux nous sortions de nos corps et nous promenions, dans une joie, une compréhension et une amitié profondes, dans les jardins du paradis. J’étais femme et homme, il était homme et femme. Je ne sais combien de temps cela a duré, mais tout paraissait silencieux, en prière, comme si l’univers et la vie étaient devenus sacrés, sans nom, hors du temps. » 1
1 COELHO, P., Onze minutes, Paris : Anne Carrière, 2004.
Introductio n
Avant toute chose, je souhaite apporter une précision importante dont la nécessité s’est imposée suite à divers échanges avec ces aimables personnes qui avaient accepté de me lire et de me donner leur avis. En effet, il est apparu que le choix du mot « Dieu » présent dans la première version pouvait prêter à confusion, créant parfois des réactions épidermiques tant ce mot est encore connoté négativement. Loin de moi l’intention de me référer à une représentation purement humaine, à une image définie par une seule religion, quelle qu’elle soit. Loin de moi également, d’ailleurs, l’intention de limiter la notion de spiritualité à la pratique d’une religion. Mon souhait n’étant pas de provoquer des crises d’urticaire ni de relancer les éternelles polémiques quant à l’existence ou à l’inexistence d’un Dieu extérieur à l’être humain, ou quant au sujet de la forme de cet éventuel Dieu, il m’apparaît opportun aujourd’hui, à la veille de l’édition de mon travail, de supprimer ce mot et d’en choisir un autre.
Cherchant à choisir LE mot qui peut représenter, de la manière la plus universelle possible, la notion réelle à laquelle je souhaite faire référence, j’ai malheureusement été obligée de constater qu’un tel mot n’existe pas. De nombreux mots sont utilisés : l’Univers, le Grand Soi, l’Esprit, le Divin en soi, les valeurs morales… Mais ils sont tous, en fait, très personnels et dépendants des croyances propres de chacun. Quel que soit celui que je choisirais, il serait en harmonie avec certaines personnes mais serait toujours irritant pour d’autres. Bien qu’ayant conscience des limites de tout mot, il m’a bien fallu faire un choix, et ce choix personnel a été celui des mots : « le Divin ». À l’exception des moments où, dans le texte, je fais référence à des notions plus précises, telles que celles de la religion égyptienne ou de la religion catholique qui, quant à elles, utilisent le mot « Dieu » qu’il me faut donc utiliser tel quel.
Pour tenter de préciser, autant que faire se peut, ce que je sous-entends par cette appellation : « le Divin », je dirais que je fais référence à toute énergie qui nous appelle à transcender notre nature humaine pour rejoindre l’espace sacré présent en nous, espace à partir duquel nous pouvons révéler le meilleur de nous-mêmes.
Si le mot « Divin » ne correspond pas à vos croyances ou vous hérisse un peu, je vous invite donc à garder cette précision dans un coin de votre esprit, à choisir le mot que vous préférez pour résumer cette notion et à opérer la substitution mentalement durant votre lecture.
Pourquoi un tel livre ?
En accompagnant les hommes et les femmes le long de leur chemin de vie, mon plus grand étonnement au cours de ces dernières années a été de constater qu’en cette époque où la pornographie est omniprésente et nous envahit d’images erronées, la sexualité reste un sujet difficile pour de nombreux couples. On aurait pu croire que les personnes nées après mai soixante-huit et ayant grandi après la soi-disant libération sexuelle entreraient dans l’âge adulte plus armées que leurs parents pour faire cohabiter au sein de leur couple les deux besoins fondamentaux d’amour et de sexe. Il n’en est rien. Peut-être parce que cette libération sexuelle, venue en opposition à un excès de puritanisme où les sentiments prévalaient sur le sexe, a amené un autre excès où le sexe prévalait sur les sentiments. Il semble qu’aujourd’hui l’équilibre soit encore à trouver, un équilibre dans lequel nous pourrions ne renier aucune de ces deux aspirations essentielles. Pourquoi le couple tel qu’il est vécu actuellement semble-t-il conduire de plus en plus souvent à une impasse dont nous ne sortons, victime ou coupable, que dans la souffrance ? Lorsque nous en sortons… Car il y a encore ceux qui y restent en s’aveuglant sur ce qu’il leur faut laisser mourir d’eux-mêmes au nom de la survie du couple. Pourquoi deux personnes qui se sont engagées en espérant que le tout soit plus grand que la somme des parties découvrent-elles si fréquemment qu’il est moindre ?
Un homme me demandait récemment : « Comment pouvons-nous concilier le désir de sexualité des hommes avec le besoin d’amour des femmes ? ». Cela m’a fait repenser à une publicité où on voyait un couple en pyjamas dans un lit, chacun tenant une pancarte. Celle de la femme disait : « No love = No sex », celle de l’homme : « No sex = No love ». On y voit bien que l’histoire qu’hommes et femmes se racontent n’a pas le même thème pour chacun des deux protagonistes. Il semble que les femmes aient envie de parler d’amour et les hommes de parler de sexe. Alors qu’ils pourraient parler ensemble d’amour ET de sexe. Car « Il n’y a pas plus sincère que le langage du corps amoureux » écrivait quelqu’un que je prie de m’excuser d’avoir oublié son nom. Alors pourquoi occulter l’importance de ce langage-là qui parfois parle tellement plus clairement que tous les mots ?
Si on essayait d’apposer au lieu d’opposer ? Si on essayait de chercher un chemin sur lequel ce ne serait pas l’un OU l’autre mais bien l’un ET l’autre ? C’est sans doute le défi auquel nous sommes confrontés actuellement, celui d’inventer un modèle de relation dans lequel notre besoin de sécurité et notre besoin d’évolution puissent être conciliés, réconciliés. Et, puisque ce n’est que par la distance que naît le désir de la rencontre, cherchons la voie qui permette la juste distance et la vraie rencontre. Comment construire un mariage – ou assimilé – qui concilie le besoin de durée et le besoin d’évolution, de mouvement ? Ce mouvement qui est la nature même de la vie. Dans cette relation qui est à créer, deux co-créateurs vont unir leurs couleurs respectives. Sommes-nous prêts à prendre la responsabilité de notre palette personnelle ? De cette histoire, serons-nous les acteurs ou de simples spectateurs, voire des critiques amers prêts à accuser les autres, les circonstances ou la vie si le déroulement de l’histoire nous déçoit ? À chacun de prendre soin de ce qui repose entre ses mains. À chacun d’avancer sur son propre chemin de guérison et de transformation… Pour mettre sa transformation au service de la relation et la relation au service de sa transformation.
Pourquoi un tel titre ?
Lorsque l’idée du titre de ce livre s’est imposée comme une évidence, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un léger sentiment de honte. Oser mêler le « Divin » au sexe, quel blasphème ! Prétendre que les relations amoureuses et sexuelles nous ouvrent à une dimension sacrée, voilà qui risque de choquer. Pourtant, l’idée n’est pas neuve et se retrouve en filigrane dans de nombreux films, romans ou chansons qui nous inondent. Chacun d’entre nous ne recherche-t-il pas, au travers de ses amours, à retrouver une unité perdue, à mettre en lumière ce qu’il possède de meilleur en lui, à recontacter sa partie divine ? Ne parle-t-on pas d’âmes sœurs ? Ces âmes devraient-elles être asexuées pour que leur amour soit considéré comme plus élevé ? N’évoque-t-on pas l’orgasme comme étant le septième ciel ? Cet imaginaire collectif n’est-il qu’imaginaire et irréalisable ou bien montre-t-il un possible dont nous avons l’intuition mais qui a été censuré par une culture qui tire profit de la culpabilité liée à la notion de péché ?
J’imagine que ce titre suscitera en vous le même genre de sentiments paradoxaux qu’il a suscités en moi, et c’est pourquoi il est le juste titre. C’est parce qu’il interpelle qu’il est juste. Car il éclaire bien notre plus grande contradiction en matière de relations. En même temps que nous aspirons à ce qu’elles nous ouvrent les portes du paradis, nous reléguons dans l’ombre un des véhicules qui peuvent nous y conduire. Nous voulons la fin mais nous méprisons les moyens, et cela parce que toute notre éducation nous a inculqué que notre sexualité est la partie « basse » de nous-mêmes tandis que notre spiritualité est notre partie « élevée ».
Mais le chemin d’éveil à nous-mêmes et à notre dimension spirituelle est tellement ardu que nous risquerions bien de ne jamais nous y aventurer si nous n’y étions pas poussés, souvent contre notre gré, par la puissance du désir. Car le désir de l’autre est souvent aussi un désir de soi. Mes facettes cachées demandent à naître par la rencontre, et mon désir pour l’autre sera d’autant plus magnétique que cet autre aura le pouvoir d’être le révélateur, l’éveilleur de mes plages inexplorées. « De quelles facettes oubliées de toi-même souhaites-tu que mes yeux soient le miroir ? »
Mon âme sait jusque où je peux aller, elle connaît les étapes nécessaires à mon évolution vers ma propre complétude et elle met sur ma route cet(te) autre qui catalysera ma transformation. Quel moyen plus efficace que le désir pour me forcer à aller dans cette direction vers laquelle mes peurs m’enjoignent de ne jamais aller ? Mon désir, un messager de mon âme qui m’invite à oser aller plus loin dans l’exploration de ma propre richesse intérieure ? Plus loin que ma raison, plus loin que mes doutes, plus loin que mes peurs.
Sexualité et spiritualité : comment faire le lien entre ces deux polarités ?
Constitué de plusieurs dimensions, l’être humain est étudié par différentes disciplines qui le morcellent, et il nous est donc difficile de nous comprendre dans notre fonctionnement global. Le corps, et donc les sens étudiés par la médecine et la sexologie mécanistes, l’affectif et les émotions étudiés par la psychologie, les relations décortiquées par l’analyse systémique, l’énergie qui circule en nous explorée par les thérapies dites « parallèles », et l’âme dont s’occupent les religions. Comment rassembler toutes les pièces du puzzle afin de découvrir l’image globale de ce que nous sommes ? Parmi les différentes pièces du puzzle, les dimensions de la sexualité et de la spiritualité sont certainement celles que nous avons le plus de mal à faire cohabiter harmonieusement en nous. La dualisation sexe – âme, reflet d’une dualité plus vaste entre le monde de la matière et le monde du « divin » est sans doute une des plus grandes déchirures dont nous sommes porteurs. Dans ce contexte de dualité, nous avons à faire un choix : sommes-nous l’un OU l’autre ? Un corps qui aspire au plaisir OU une âme qui aspire à s’élever ? Ne pourrions-nous pas être l’un ET l’autre ? Cette idée de réconciliation entre la sexualité et la spiritualité qui peut choquer dans le contexte culturel judéo-chrétien dont nous sommes imprégnés est cependant présente dans certaines autres traditions telles que le chamanisme et le courant tantrique qui témoignent de la possibilité pour l’être humain d’explorer sa sexualité comme une occasion de vivre une expérience mystique, de se relier au Tout, d’atteindre la transcendance. Nous pourrions alors, non seulement, être un corps ET une âme, mais en plus, il serait possible de considérer que le corps soit une porte VERS l’âme. Comment les hommes et les femmes imprégnés de la tradition culpabilisante judéo-chrétienne et baignés dans une culture faisant l’apologie de la dimension intellectuelle peuvent-ils retrouver cette capacité naturelle à atteindre l’extase ? Nous pourrions penser que c’est une aptitude perdue à jamais, un idéal inaccessible ou un privilège réservé à quelques initiés issus de civilisations tellement éloignées de la nôtre que, même en rêves, nous ne pourrions espérer les imiter. Mais, peut-être sommes-nous tous appelés à vivre cette dimension extatique de la sexualité. Dès lors, quel est le chemin pour y arriver ? C’est ce chemin qui part d’une sexualité blessée vers une sexualité extatique que ce livre vous propose de parcourir…
ChapItre I

Notre sexualité blessé e

1.1 L’empreinte socioculturelle
1.2 Les blessures d’enfance: sept chakras, sept blessures
1.3 Guérison des blessures et circulation de l’énergie
1.4 Éveil de la « Kundalini »

« Chacun, n’importe qui, peut mettre un oiseau dans une cage, mais c’est aussi l’oiseau lui-même. Chacun, n’importe qui, se laisse enfermer dans des cages. » J’étais perplexe… « Mais pourquoi se laisse-t-on enfermer dans des cages ? »
« Ces cages-là, petite fille, ont des barreaux que l’on ne découvre que de l’intérieur… Il y a même des cages qui ont la forme de
la souffrance. »
« Qu’est-ce qui arrive quand on s’aperçoit qu’on est dans une cage ? »
« Cela dépend de chacun », répondit l’oiseau.
« Il y a ceux qui sentent que les cages détruisent ; ceux-là osent prendre leur élan et les quitter très vite.
Il y a ceux qui hésitent, mais plus ils hésitent, plus difficile ce sera parce qu’ils s’habituent à la cage. S’habituer à la cage déforce les ailes et réduit la vue…
Et puis il y a ceux qui ont tellement peur qu’ils n’osent même plus regarder la porte. » 2
2 JACQUES, B., Dis, est-ce que ça repousse les ailes ? Namur : Fidélité, 2003.

M algré la libéralisation apparente des mœurs qui pourrait faire croire que nous vivons à une époque où notre dimension sexuelle est sans tabous ni restrictions, une écoute attentive des hommes et des femmes qui se livrent dans l’intimité du dialogue médecin – patient permet de découvrir la vraie réalité et de constater que, pour beaucoup d’entre nous, la sexualité est en souffrance, même si ce n’est pas nécessairement toujours conscient. Cette sexualité en souffrance est-elle la conséquence ou la cause de cette difficulté à retrouver nos repères alors que toutes les données ont changé dans les relations entre les hommes et les femmes ? Ou faut-il aller voir au-delà ?
Pour parcourir le chemin qui part de la sexualité blessée et donc souffrante qui est la nôtre vers une sexualité épanouie et extatique, il est essentiel d’amener à la conscience les traces qui ont été gravées en nous et qui constituent nos principaux obstacles pour sortir de cette souffrance. Ces traces peuvent se diviser en deux composantes : la première composante est collective et provient des empreintes socioculturelles ; la deuxième composante est individuelle et provient des blessures d’enfance.

1.1 L’empreinte socioculturelle
Sans vouloir entrer dans une analyse historique et sociologique détaillée, il est malgré tout indispensable, dans le cadre d’un livre comme celui-ci, de décrire brièvement le contexte dans lequel nos croyances sur la sensualité et la sexualité se sont construites. Même si, tous, vous pouvez faire le constat pour vous-mêmes des freins et des barrières qui vous limitent, il peut être bénéfique de prendre la juste mesure des traces qui se sont gravées tellement profondément en nous que nous les prenons pour l’unique réalité, confondant les idéaux moraux d’une petite proportion d’individus pour la Vérité universelle, n’imaginant pas qu’il soit convenable voire souhaitable d’explorer d’autres possibles, alors que nos corps et nos âmes y aspirent.
Petit garçon, petite fille, quelle empreinte se grave en nous ?
Même s’il existe des exceptions dans la répartition traditionnelle des rôles au sein des familles, aujourd’hui encore c’est surtout la femme qui est au centre des soins prodigués à l’enfant. Mère, gardienne, institutrice, le petit enfant reçoit donc toute cette féminité jusqu’à plus soif. Pour le petit garçon, l’amour du sexe opposé est non seulement évident mais même parfois presque inévitable. Pas d’expérience de manque de son côté. La féminité est là, bien là, toujours là. Indispensable et toute puissante, parfois trop puissante. Pour la petite fille, où se trouve l’homme dans sa vie ? Loin, bien loin. Quelques instituteurs parfois à partir de l’école primaire… mais pas d’hommes avant cela. Même si les nouveaux pères sont certainement plus présents que ne l’étaient leurs propres pères, la place de l’homme dans les familles actuelles reste, à quelques exceptions près, une place de satellite, une aide à la mère. La petite fille fait donc pleinement l’expérience du manque de la présence du sexe opposé pendant ses premières années. Que ne ferait-elle pas pour attirer, conserver le masculin dans sa vie ? Combler le manque, garder pour soi, retenir celui dont la présence est toujours si courte, l’absence toujours si longue. Et si, parfois, on lui offre un regard nourrissant, parfois c’est vraiment la famine. Besoin inassouvissable dites-vous à l’égard de certaines femmes ? Cela vous étonne encore ?
Par contre, pour le petit garçon, le féminin est plutôt trop présent dans sa vie. Son challenge ne sera donc pas de combler un manque mais plutôt de se différencier, se distancier, s’autonomiser. Et si, parfois, on lui laisse prendre ses distances facilement, d’autres fois, c’est un véritable combat qu’il doit mener. Peur de l’engagement dites-vous de la part de certains hommes ? Cela vous étonne encore ?
Le petit garçon se construit face au féminin sur une expérience de (TROP) PLEIN alors que la petite fille se construit face au masculin sur une expérience de (TRÈS) VIDE.
Voilà, ces deux-là se rencontreront un jour, chacun étant porteur de cette mémoire inconsciente. Tant de différence au départ, la rencontre n’est pas gagnée d’avance.
De cette première différence fondamentale découlera un grand risque de malentendu. Car nous offrons toujours ce que nous aimerions recevoir. L’homme va concevoir la liberté comme la plus grande preuve d’amour et il dira : « Puisque je t’aime, je te veux libre. ». Par contre, le don le plus précieux aux yeux d’une femme étant la présence, elle dira : « Puisque je t’aime, je veux être là. ». Quelle souffrance lors du déballage des cadeaux d’amour respectifs !
C’est l’histoire du chat et du lapin qui s’aimaient tellement qu’ils voulaient offrir à l’autre la nourriture la plus parfaite. Le chat apportait chaque jour la meilleure des viandes, le lapin déployait beaucoup d’efforts pour trouver les plus belles carottes. Et ne voulant pas se faire de peine, ils faisaient semblant de se délecter des offrandes de l’autre. Jusqu’au jour où, à moitié morts de faim, ils trouvèrent le courage de s’expliquer mutuellement ce qu’ils avaient vraiment besoin de recevoir.
Tâchons donc de ne pas offrir de la viande à un lapin ou des carottes à un chat. Que les hommes essaient de ne pas offrir une trop grande liberté aux femmes qui rêvent de présence. Que les femmes essaient de ne pas offrir une présence étouffante aux hommes qui rêvent de liberté. Mais, qu’au sein du couple, chacun apporte un juste équilibre entre présence et liberté. Voici une première occasion de chercher la voie du milieu.
Jeune homme, jeune fille, quel discours nous accompagne lors de la découverte de notre sexualité ?
Lors de l’adolescence, à l’heure où notre système hormonal nous fait découvrir la puissance du désir, mises en garde et conseils bien intentionnés pleuvent comme une douche froide sur nos jeunes ardeurs. La dualité s’installe entre ce que nous ressentons comme merveilleusement beau et ce que notre mental enregistre comme images dévalorisantes. Énorme fracture qui se creuse entre notre corps et notre tête. Les mythes circulent, nous imprégnant de croyances sur ce qu’une relation amoureuse est censée être pour être considérée comme « valable ».
Du côté de la jeune fille
Chaque jeune fille débute sa vie en étant porteuse de la capacité d’aimer son corps et de savourer le plaisir qu’elle peut éprouver par les sens. Mais cette aptitude au plaisir est rapidement muselée par le discours éducatif, les tabous familiaux et les non-dits qui créent une énorme faille entre sa notion de la moralité et sa sensualité. Si elle grandit entourée de la croyance que la sensualité féminine est honteuse ou tentatrice, elle va réprimer en elle-même tout l’éveil de ses sens et, une fois adulte, elle adoptera un comportement « correct », s’interdisant souvent d’entrer dans des jeux de séduction. De même, si elle reçoit de l’extérieur des messages la mettant en garde contre la tendance masculine de ne s’intéresser qu’à la sexualité, elle réprimera ses propres pulsions et enfermera son propre feu bien en profondeur, porteuse dès lors d’une sensation inconsciente d’étouffement de son élan de vie qui la fera parfois ressembler à une « morte vivante » sur le plan de la sensualité et de la sexualité. Elle quittera toutefois de temps en temps cette attitude « éteinte » pour faire de brèves incursions vers le comportement inverse de séduction un peu outrancière, ne manquant dès lors pas de susciter remarques désobligeantes et regards culpabilisants de la part des autres femmes, ce qui la fera bien vite retrouver sa peur d’être jugée comme « tentatrice ». Mais ce feu qui couve et ne peut s’exprimer sans être immédiatement victime de violentes tentatives d’extinction la consume de l’intérieur et la conduit à utiliser sa puissance dans d’autres domaines, devenant alors, bien malgré elle, quelque peu écrasante, voire complètement tyrannique. Il est édifiant d’observer à quel point ce sont les femmes entre elles qui entretiennent, les unes contre les autres, cet enfermement de leur sensualité par le jugement désapprobateur très violent qu’elles émettent sur les attitudes séductrices des autres femmes. Plus une femme a réprimé sa lumière de femme, plus elle sera virulente lorsque une autre femme s’autorise à la manifester. Aussi paradoxal que cela puisse paraître en ces temps de recherche d’égalité entre les femmes et les hommes, ce sont les femmes elles-mêmes qui se dévalorisent mutuellement et s’empêchent ainsi d’accéder à la libération de leur sensualité. Lorsqu’une relation amoureuse se termine, les femmes retombent bien vite dans la sensation d’avoir été « utilisées » par l’homme pour satisfaire ses « appétits », reléguant aux oubliettes le fait qu’elles ont été valorisées par le regard désirant de leur partenaire et qu’elles ont également reçu beaucoup de plaisir. Peu de femmes sont capables d’éprouver simplement de la gratitude envers l’homme qui les a comblées et de remercier pour ce magnifique cadeau sans être inconsciemment parasitées par leur peur que l’homme ait « profité » d’elles. Laquelle d’entre nous n’est pas profondément émue d’assister à la naissance du désir de l’homme qu’elle aime pour retomber bien vite dans la peur de n’être considérée que comme un objet ? Bien souvent, en fait, la femme est inconsciemment à la recherche de l’homme qui portera sur sa sensualité un regard d’amour profond et qui lui permettra ainsi d’exprimer pleinement ce feu intérieur qui l’habite. La femme va donc devoir se libérer de toutes ces traces culturelles et transformer le regard qu’elle porte sur sa dimension sexuelle afin de devenir capable d’aimer et d’honorer cette partie d’elle-même et d’arriver ainsi dans la rencontre capable d’honorer la virilité de l’homme, donneuse de plaisir mais aussi et surtout receveuse de plaisir.
Encourageons-nous les unes les autres à habiter pleinement notre corps de femme et à manifester, sans honte aucune, ni culpabilité, ni peur, notre lumière sensuelle, pour notre plus grand bonheur autant que pour celui de l’homme. Rendons hommage à notre désir afin de devenir capables de rendre hommage au désir masculin et, ainsi, de le libérer. Pour avancer ensemble vers un mode relationnel dans lequel personne ne « prend » mais chacun « donne et reçoit », vers une véritable libération de tous les multiples aspects de chacun et donc également de l’aspect de sensualité et même d’animalité. Puisque la véritable libération, prélude à l’intégration harmonieuse de toutes nos dimensions, demande qu’un regard d’amour soit posé sur ces différentes dimensions.
L’imaginaire de la jeune fille est donc imprégné du mythe du Prince charmant , ce seul et unique homme qui surmontera tous les obstacles afin de venir la sauver de l’enfer que représente pour elle le manque de masculinité. Ce mythe ne serait pas si destructeur pour les couples s’il ne s’accompagnait pas de la croyance que ce prince charmant doit éprouver pour elle un amour pur, c’est-à-dire dénué de toute connotation sexuelle. Quelle femme n’a pas entendu maintes fois : « Les hommes ne pensent qu’à cela ! ». Ou, plus respectueusement : « Si un homme t’aime vraiment, il saura surmonter son désir ». Même si, bien sûr, le sexe sans amour risque toujours d’être un peu fade, se limitant à une gymnastique plutôt comique, faut-il pour autant négliger de dire que l’amour sans le sexe est, lui aussi, incomplet. L’homme est présenté comme un chasseur qui ne s’intéresse qu’à une partie de son être, et la femme apprend très tôt que si elle cède, elle risque d’être rejetée par celui-là même dont elle veut être aimée. Tout en parant son corps des appâts destinés à retenir l’attention masculine, elle s’entoure psychiquement d’une armure qui étouffe malheureusement l’éveil de son propre désir. Sa sensualité naissante est ainsi tuée dans l’œuf parce que susceptible de l’exposer au mépris. Dans sa recherche du mari idéal, la jeune femme va donc porter son regard et son choix sur celui qui l’aime sans (trop) la désirer. Il apparaît que, fréquemment, la femme choisit pour (premier) partenaire stable, un homme dont la sexualité lui semble être parfaitement sous le contrôle de ses valeurs morales. Si, avec le temps, elle découvre que l’imaginaire de cet homme comporte quelques fantasmes moins respectueux, ses sentiments pour lui pourraient en être fortement abîmés. Inconsciemment, la femme préfère un homme amputé : un homme dont le désir sexuel est débarrassé de toute composante considérée comme animale. Ne parlons même pas de choisir un homme qu’elle désire trop ardemment mais vis-à-vis duquel elle ressent alors une certaine peur. Sans amour, son propre désir n’est même pas sensé exister car son éducation de future femme l’a poussée vers l’unification obligatoire de ses polarités amour – désir.
Du côté du jeune homme
Au départ, le jeune homme ressent sa dimension sexuelle comme il ressent l’ensemble de ce qui représente la vie : avec la joie et l’émerveillement de la découverte. Mais, car il y a malheureusement un énorme mais, il est immergé dans une culture de répression et de condamnation de tout ce qui touche au corps, à la sensualité et au plaisir. Et selon les messages cachés envoyés par son milieu familial et éducatif, cette joie innocente de l’abandon aux sens va être plus ou moins censurée, le laissant parfois porteur d’une grande honte de cette partie de lui-même.
L’homme ayant donc enregistré inconsciemment depuis son plus jeune âge que son désir pourrait le transformer – horreur ! – en « chasseur » irrespectueux des femmes. Il va donc séparer ses deux composantes : d’un côté son désir, de l’autre côté l’Amour avec un grand « A ». Il va donc mettre un point d’honneur à ce que ses élans hormonaux soient contrôlés et exploités exclusivement dans le cadre de relations stables. L’expression d’une pulsion biologique ou animale est définitivement rangée dans un placard dont il n’ouvre jamais la porte, trop horrifié qu’il serait de se découvrir aussi une partie de lui-même qui pourrait être considérée comme non respectueuse de la femme. Il n’a même pas besoin des remarques extérieures pour se convaincre de la vilenie des désirs ou fantasmes « bestiaux » car il s’autocensure tellement bien qu’il ne conçoit même plus qu’il se censure. La partie désirante de lui-même représente le « mal », et il n’imagine même pas que certaines personnes pourraient vivre ce type de désirs avec plus de « naturel ». Bien sûr, plus il refoule cette tendance à fantasmer sur des situations d’irrespect de l’autre, plus ses fantasmes prennent de la place. Ce à quoi on résiste persiste et s’amplifie… contribuant comme un joli petit cercle vicieux (c’est le cas de le dire) à augmenter sa honte de lui-même, le poussant à encore augmenter sa tendance au respect, refoulant encore plus cette partie bestiale de lui-même, partie refoulée qui prend alors encore plus de place. Hé, hé, on s’embourbe là ! Le rejet et le déni renforcent la réalité que l’on veut combattre. L’acceptation est la seule voie préalable à la transmutation. L’homme va devoir passer par le stade d’accepter avec indulgence que cette partie de lui-même existe, qu’elle n’est pas honteuse, qu’il peut s’autoriser à être cela aussi. Peut-être lui faudra-t-il même expérimenter concrètement des situations dans lesquelles il s’autorise un apparent non respect de l’autre avant de pouvoir revenir vers sa ligne de conduite de ne plus choisir que d’exprimer sa sexualité dans un cadre relationnel mutuellement respectueux. L’homme aurait d’ailleurs beaucoup de chance s’il rencontrait une partenaire qui regarderait cette partie plus animale de lui-même avec amour, une partenaire qui l’inviterait à la manifester, qui appellerait de tous ses vœux l’expression de cette dimension.
Si le discours émanant de son entourage familial et éducatif a été moins « castrateur » pour ses pulsions hormonales, l’homme sera moins porteur de la honte de ce côté de lui-même. Il y aura moins de déchirure en lui entre son cœur et son corps, et il pourra alors plus facilement intégrer sa dimension sexuelle à sa vie affective, reliant plus aisément son amour et son désir.
Quel homme n’a pas, dans ses souvenirs, la gêne d’avoir été surpris lors d’une de ses premières érections ou la culpabilité d’avoir osé regarder une revue pornographique ? C’est un regard de honte qu’il va poser sur son désir. Mais, ne pouvant réprimer la puissance de tout ce bouleversement hormonal qui se rappelle sans cesse à lui, il n’a pas d’autres solutions que de créer en lui une dualité : d’un côté, sa composante honteuse, son désir ; de l’autre côté, sa composante noble, ses sentiments. Cette dualité qu’il vit en lui-même, il va la projeter sur sa vision des femmes : il y a celles qu’on désire et celles qu’on aime. C’est toujours l’un ou l’autre. C’est le mythe de la sainte ou de la pute. Celles qui répondent à ses avances sont considérées comme des femmes faciles qu’on utilise et qu’on jette.
Plus tard, au moment de quitter le cellule familiale, la distinction est toujours bien présente : il y a les femmes qu’on met dans son lit et celles qu’on épouse. Un homme ne se marie donc pas avec la femme pour laquelle il éprouve le plus fort émoi sexuel mais avec celle qui suscite en lui le plus de respect. Il souhaite donc, lui aussi, une femme amputée : une femme sans sa sensualité.
Le chemin de l’homme vers lui-même débute donc par une DUALISATION entre désir et amour (et donc devoirs moraux)… Le chemin de la femme vers elle-même débute par une obligation d’UNIFICATION entre désir et amour (et donc devoirs moraux).
Voilà, le mariage unit donc une femme qui veut un homme dont le désir sexuel est parfaitement sous contrôle et un homme qui veut une femme respectable. Cela en dit long sur ce qui va se passer au creux du lit conjugal. Passés les premiers moments où tout est embelli par l’illusion de perfection, dès les premières difficultés rencontrées, cet homme et cette femme risquent de ne pas disposer de l’aimant puissant, de la boussole leur permettant de retrouver le chemin du cœur de l’autre : leur désir. Cette description est un peu caricaturale, bien sûr, mais la trame de cette histoire est inscrite dans l’inconscient de nombreux couples, parfois plus, parfois moins.
Imaginons une autre histoire…
Si nous disions à notre fille que le désir de l’homme est le plus beau des hommages à sa féminité, que son sexe n’est pas un objet méprisable mais un réceptacle précieux où elle peut accueillir le cadeau du masculin. Si nous lui disions qu’en emplissant le creux, l’homme la comble de la certitude d’être désirable, et que, remplie ainsi de cet amour, elle pourra avoir accès à sa capacité d’action. Si nous disions à notre fils que son désir sexuel est l’expression de l’élan de vie qui l’habite, que ce désir est une magnifique preuve de son énergie créatrice et qu’il peut en faire don à celle qu’il aime. Si nous lui disions que la femme qui le reçoit lui fait le cadeau de libérer toute la tension de sa capacité d’action et de lui donner ainsi accès à sa capacité d’aimer.
Ils se rejoindraient alors avec la conviction que faire l’amour est une occasion d’unification, de réunion en chacun d’eux, du masculin et du féminin.
Homme et femme face à face
Je suis consciente du fait que toute tentative de description des différences entre les femmes et les hommes risque d’apparaître comme une généralisation manquant quelque peu de nuance. D’autant plus que ces différences s’estomperont sans doute progressivement dans le futur suite aux transformations profondes que vivent les hommes et les femmes d’aujourd’hui, transformations auxquelles j’espère d’ailleurs contribuer, à mon niveau et de manière très modeste par le biais de ce livre.
Ces différences sur lesquelles j’attire l’attention, tirées de l’observation attentive des difficultés conjugales de nombreux patients, restent bien évidemment des étiquettes, et chaque individu, homme ou femme, est trop complexe pour être réduit à quelques étiquettes. La grille de décodage que je vous propose décrit donc uniquement des tendances générales auxquelles il existe, bien entendu, des exceptions.
Par ailleurs, je décris ces tendances générales dans un contexte particulier correspondant à une tranche bien précise de la vie des individus : celle qui précède le premier engagement de couple durable et qui se termine au moment où le couple est confronté à la « middle age crisis » de l’un ou de l’autre des partenaires (moment qui représente l’épreuve que je décris plus loin).
Durant la ou les tranches de vie qui suivent, ayant été complètement bouleversés dans tous leurs fondements par la traversée de cette tempête, hommes et femmes auront souvent pris conscience des pièges dans lesquels leurs fonctionnements de base les avaient précipités, et ils transformeront donc ces fonctionnements. Ainsi, dans les chapitres suivants de leur vie, il sera beaucoup moins rare de voir des hommes suivre leur coeur ou des femmes dissocier amour et sexe.
Dualisation face à unification
L’éducation répressive par rapport à la sexualité crée en l’homme une immense fracture entre sa composante « noble » et sa composante « honteuse ». L’homme se vit donc dès le plus jeune âge sur le mode de la dualité et, en se mariant, il entrevoit l’espoir de réunifier ces deux composantes contradictoires de lui-même. Pouvoir être, à la fois, celui qui désire et celui qui assume ses devoirs. Mais s’il advient, avec le temps, que ce mariage ne lui apporte pas l’épanouissement affectif et sexuel, il va retrouver cet état de dualité intérieure qu’il peut répercuter sur une dualité extérieure, une double vie : d’un côté ses besoins affectifs et sexuels, de l’autre côté, ses devoirs moraux. Devoirs moraux issus de la société patriarcale dans laquelle les hommes sont responsables de la survie des femmes et des enfants et qui lui imposent de respecter ses engagements, de soutenir affectivement et financièrement ceux qui dépendent de lui.
L’amour étant souvent la plus haute valeur morale pour la femme, elle se sentira en conformité par rapport à ses principes si, aimant un autre homme que son partenaire officiel, elle suit son cœur et cet homme qu’elle aime. Ses responsabilités morales concernent ses enfants mais elle ne se sent plus de devoir de soutien par rapport à l’homme dont elle se sépare. L’homme, par contre, considère cette partie de lui qui aime et désire ailleurs que là où c’est permis comme étant coupable et contradictoire avec l’idée qu’il se fait de la moralité. La moralité de la femme, c’est d’aimer ; la moralité de l’homme est d’être à la hauteur de ses devoirs. C’est d’ailleurs surprenant d’écouter les commentaires de l’entourage en cas de séparation… Si c’est la femme qui en prend l’initiative, il n’est pas rare que l’on admire le courage qu’elle a de se libérer pour vivre sa propre vie. Si c’est l’homme qui s’en va, il est souvent considéré comme coupable de trahison ; les sous-entendus ne manquant pas concernant les hormones qui lui brouillent l’esprit. Un même acte, deux interprétations selon le sexe de l’auteur, selon les devoirs imposés par la société. Il n’est donc pas étonnant que les hommes soient plus hésitants à écouter la voix de leur cœur. Ils portent sur leurs épaules tout le poids des attentes que la société a à leur égard quant à leurs responsabilités. Alors que nous, les femmes, reconnaissons que nous sommes promptes à les juger : s’ils partent, ils négligent leurs devoirs ; s’ils restent tout en aimant ailleurs, ils sont lâches. Coupables de toute façon, que peuvent-ils faire si ce n’est osciller sans cesse avant de savoir quelle culpabilité est la moins difficile à endosser. Entre la peste et le choléra, avouons qu’il y a matière à hésitation. Ne sachant que choisir, nombreux sont ceux qui espèrent secrètement, souvent sans même se l’avouer, que ce soit la femme qui prenne la décision de la séparation. Au moins n’auront-ils pas à endosser la responsabilité d’avoir délibérément rompu leur promesse de soutien. Si c’est la femme qui rompt, ils ne sont déjà plus coupables de rompre leurs obligations. Lorsqu’ils se font croire, même si c’est en toute bonne foi, qu’ils veulent tenter de renouer le dialogue alors qu’inconsciemment ils souhaitent la rupture, c’est le début de l’enfer pour tout le monde. Lorsqu’il y a opposition entre leur volonté consciente et leur volonté inconsciente, entre leur mental et leur cœur, entre leur devoir et leur désir, c’est le début du chaos. Voulant faire les choses correctement pour ne pas être jugés négativement, ce qu’ils souhaitent véritablement, souvent sans même le savoir, c’est qu’en face, on leur dira qu’ils ont raison de partir ou, tout au moins, que le choix de la séparation soit assumé par l’autre. En espérant que, par le dialogue, l’autre reconnaîtra la nécessité de leur séparation, ils cherchent en fait à échapper à leur sentiment de culpabilité. Si on peut les comprendre au vu du poids du jugement qui les guette, il ne faut pas négliger de dire que c’est un rêve, rien qu’un rêve. Celui, homme ou femme, qui désire partir voudrait presque recevoir l’approbation de celui ou celle qu’il quitte… Mais celui qui est quitté ne peut pas le disculper, à moins d’avoir une notion altruiste de l’amour qui n’est malheureusement pas fréquente. D’ailleurs, aurait-on encore envie de quitter un(e) partenaire montrant cet altruisme ?
Discontinuité face à continuité
On aura compris que de ces empreintes différentes découlent également des besoins différents pour l’homme et la femme au niveau de leur sexualité. Amener cette différence fondamentale à la conscience permet, en en comprenant l’origine, de ne pas édifier de critères de jugement. Une manière de fonctionner n’est pas meilleure que l’autre. Mais, jusqu’à présent, les valeurs circulantes semblent fustiger le mode de fonctionnement masculin. Plus l’homme est culpabilisé de son désir, plus il aggrave la fracture entre son corps et son cœur, moins il est capable de respecter la féminité puisque cette féminité est tentatrice et éveille sa composante honteuse. Comment pourrait-il redonner à la féminité sa dimension sacrée ?
Dans son livre intitulé « L’érotisme », Francesco Alberoni 3 , décrit bien comment les femmes vivent leur désir sexuel dans un besoin de continuité tandis que les hommes le vivent dans un besoin de diversité.
3 ALBERONI, F., L’érotisme, Paris : Ramsay, 1987.
Dans cet ouvrage, Francesco Alberoni compare les lectures érotiques des hommes et des femmes. D’un côté, les livres pornographiques, de l’autre, les romans sentimentaux.
« … Dans les livres pornographiques prisés par les hommes, les femmes sont présentées comme assoiffées de sexe, offertes sans qu’il y ait besoin de stratégie de séduction ni de promesse d’engagement. Le désir érotique masculin est éveillé par la projection, sur les femmes, d’un fonctionnement sexuel de type masculin. Ce qui y est le plus excitant est d’imaginer des femmes se comportant comme des hommes, c’est-à-dire étant capables de vouloir du sexe pour le sexe sans attendre plus qu’un plaisir de peau.
Dans les romans sentimentaux dégustés par les femmes, l’érotisme, par contre, n’a en fait presque rien à voir avec le sexe mais se trouve plutôt dans l’attente, le doute, l’angoisse, la peur de ne pas être aimées. L’érotisme est dans le refus, dans le fait de dire non avec l’espoir affolé que l’homme reviendra malgré tout. Bref, l’imaginaire érotique féminin est alimenté par la projection, sur les hommes, d’un mode de fonctionnement féminin. Ce qui éveille leur désir est l’espoir que les hommes recherchent le grand amour et qu’elles soient la personnification de ce grand amour. »
F. Alberoni dit aussi : « La structure temporelle est différente pour les deux sexes. Les femmes ont une préférence marquée pour le continu, et les hommes une préférence non moins marquée pour le discontinu. Cette situation de continu - discontinu est l’axe porteur de la différence féminin - masculin.
Le caractère continu va être présent, pour les femmes, dans leur façon de vivre l’orgasme où l’expérience n’est pas localisée en un point unique ni orientée vers un but unique, dans leur besoin de l’intérêt constant de leur partenaire, dans leur envie de laisser une trace permanente dans les souvenirs de leur amant, et dans leur volonté de prolonger la continuité érotique par une proximité de vie quotidienne. Le besoin de discontinu des hommes est, quant à lui, apparent également dans les caractéristiques de leurs orgasmes qui sont beaucoup plus localisés en un point précis, dans la baisse d’intérêt qu’ils peuvent éprouver après l’acte sexuel et dans leur perception que la relation érotique est un temps magique arraché à la vie quotidienne et qui a donc un commencement et une fin. L’homme rêve d’amour avec plusieurs femmes, la femme rêve à de multiples amours avec un seul homme. »
Où situer la voie du milieu dans ce domaine ? Quelle part du chemin chacun des deux partenaires va-t-il faire pour aller à la rencontre de l’autre ?
Performances face aux critères de mode
Il faut aussi ajouter ici une notion qui a également son importance dans la difficulté pour la femme de se laisser aller, pleinement décontractée, dans les ébats amoureux. Il s’agit du regard qu’elle porte sur son propre corps et qui est malheureusement fortement influencé par les critères de beauté érigés en valeur absolue par les médias et la mode ; critères qui sont éminemment variables selon les époques et les régions du monde. Mais la femme, dans son éternelle quête pour retenir le regard et l’amour de l’homme, va se comparer à ce qui est sensé représenter l’idéal féminin. Si son propre physique correspond relativement à ce modèle, elle va se sentir plus ou moins à l’aise lors des relations sexuelles et parviendra à se sentir belle dans les yeux de son partenaire, ce qui lui permettra de vivre sa sexualité avec une certaine liberté. Par contre, si son corps diffère beaucoup du modèle proposé, il lui sera beaucoup plus difficile de vivre sa nudité, et donc la sexualité avec aisance et plaisir.
Bien que certaines très belles femmes, qui ont toujours été définies en fonction de ce critère esthétique, vivent parfois dans la peur de perdre cette beauté ou dans le souhait d’atteindre encore plus de perfection. D’autres femmes, qui ne correspondent pas aux standards de notre époque, sont suffisamment équilibrées pour aimer leur corps tel qu’il est. Néanmoins, les témoignages que j’ai reçus de la part des femmes me confirment dans cette idée que la mode peut créer bien des dégâts dans leur inconscient et se répercuter sur leur façon d’être ou de ne pas être présentes avec plaisir dans leur corps et dans leurs sensations. On pourrait d’ailleurs penser que la chasteté érigée en vertu est surtout une création des femmes dont les caractéristiques physiques sont très éloignées du modèle en vogue.
Lors d’un débat télévisé, une femme plutôt âgée et assez peu attrayante physiquement disait à une autre femme une phrase dont le sens était celui-ci : « N’oubliez pas que lorsque vous êtes seule avec votre amant, votre nudité, quelle qu’elle soit, est d’un mystère sans pareil et que, à ce moment, pour lui, vous êtes plus attirante que toutes les pin-up du monde ! » Ce magnifique témoignage nous plonge dans l’imaginaire érotique masculin où les critères de mode ont assez peu leur place. Un homme peut fantasmer sur des attributs que nous, les femmes, trouverions plutôt repoussants. Actuellement, la mode voulant que la beauté féminine soit mince, ferme et bronzée, nous imaginons mal nos compagnons éprouver du désir pour des fesses blanches et volumineuses. Nous serons d’ailleurs les premières à leur reprocher d’avoir le regard attiré par des corps de femmes que nous jugeons ne pas correspondre aux standards de la mode.
L’érotisme masculin semble se vivre dans la variété. Si toutes les femmes avaient les seins identiques, cela laisserait peu de place à cette variété indispensable à leur imaginaire. De petits seins évoqueront pour eux la jeune fille qu’une femme a été avant d’être une femme ou leur donneront la sensation d’avoir capturé un petit animal apeuré, de gros seins évoqueront peut-être la protection douce et chaude de la mère que toute femme est en puissance ou les fascineront par l’impression de la vie propre et indépendante que ces seins semblent posséder… Et ainsi de suite pour chacune des parties du corps de la femme.
D’ailleurs, si on interrogeait les partenaires des mannequins les plus cotés actuellement, sans doute avoueraient-ils aussi fantasmer sur d’autres types de corps. Ainsi, si un homme partage sa vie avec le sosie de Claudia Schiffer, il entretient peut-être dans son imaginaire érotique le fantasme d’avoir une relation sexuelle avec une femme brune aux seins opulents, à l’odeur forte, aux hanches larges ou aux cuisses puissantes.
Il est donc important que nous, les femmes, cessions de nous évaluer en fonction de l’unique mesure de ce qui est proposé comme critères de mode et que nous sachions voir en quoi notre corps possède sa beauté propre, unique et puissamment mystérieuse. Apprenons à nous sentir belles à nos propres yeux, apprenons à aduler chacun de nos attributs féminins pour toute la symbolique qui y siège et entourons-nous de cette aura magnifique qui baigne une femme lorsqu’elle est profondément connectée à sa sensualité animale. Le rayonnement d’une femme qui aime son corps et l’habite d’une présence authentique, même si ce corps n’est pas parfait, est infiniment supérieur à celui d’une femme au corps splendide qui vit comme si elle portait une carcasse à améliorer.
Jamais nous ne posséderons à la fois de gros et de petits seins, jamais nous ne serons diversifiées au point de pouvoir concentrer uniquement sur notre seul corps toute l’attention de notre amant afin qu’il n’imagine pas avec excitation d’autres attributs que les nôtres. Par contre, lorsque nous portons à notre corps l’admiration qu’il mérite en tant que représentant unique et parfait de notre féminité, lorsque nous le considérons comme le temple sacré du mystère féminin, lorsque nous laissons notre sensualité habiter chacune de nos cellules, notre attrait est si puissant, notre lumière est si éblouissante qu’elle ramène la beauté purement plastique à son statut de substitut de la véritable féminité.
Ne nous effrayons pas de ce besoin de diversité que connaissent nos compagnons. N’y voyons pas un manque d’amour pour notre propre corps mais tâchons simplement de répondre à ce besoin de diversité en étant capables de changer de rôles au sein de la rencontre amoureuse, en puisant dans notre propre fantaisie le goût d’innover sans cesse, d’être parfois geisha, parfois amazone, parfois tendre, parfois exigeante, parfois lascive, parfois active, parfois proche, parfois distante, parfois simple, parfois mystérieuse, parfois, parfois, parfois…
Les hommes, eux aussi, sont également porteurs de croyances véhiculées par la culture ambiante qui parasitent leur capacité à intégrer leur dimension féminine pour faire leur part du chemin. Il s’agit, bien sûr, du mythe de la « performance ». Autant les femmes ont des difficultés à intégrer leur énergie masculine à cause de l’idée qu’elles doivent être conformes à l’idéal féminin défini par la mode, autant les hommes vont éprouver des difficultés à intégrer leur énergie féminine à cause de cette pression qui pèse sur eux quant à leur capacité physique à assumer. Ils savent qu’ils peuvent connaître des défaillances. La taille de leur sexe et le contrôle qu’ils peuvent exercer sur la puissance et la durée de leurs érections sont les questionnements qui les emprisonnent dans leur rôle de « mâles » et les rend étonnamment vulnérables. À vous aussi, messieurs, il est temps que l’on vous dise que ces croyances sont des polluants relationnels et qu’un homme qui possède une réelle présence, une ouverture à la magie possible de la rencontre, un lâcher prise et une belle attention à ses sensations ainsi qu’à celles de sa partenaire, suscitera plus de plaisir physique chez cette dernière qu’un autre individu bien membré, obsédé par son chronomètre et par sa recherche du bon bouton où appuyer.
De la même manière que nous avons vu qu’une femme est plus capable d’exprimer sa féminité si elle explore bien sa masculinité par une bonne confiance en elle, un homme exprimera mieux sa masculinité s’il explore sa dimension féminine de présence à ses sensations.
Ainsi, le psychothérapeute anglais, Robin Skynner, dit ceci :
« … Les hommes qui jouissent trop rapidement, avant que leur partenaire ne soit prête, ne sont pas hypersensibles au plaisir, mais l’inverse. Ils n’arrivent pas à se contrôler parce qu’ils ne sont pas aussi conscients qu’ils devraient l’être de la montée du plaisir physique qui se produit dans les parties sexuelles, le pénis en particulier, pendant les jeux amoureux et les préliminaires. » 4
L’éjaculation précoce ne serait donc pas un manque de masculinité mais bien un manque de féminité, un manque de perception de ses sensations. Étonnant comme découverte ! FEMME HOMME Relation à l’autre sexe se construit sur un manque se construit sur un trop plein Besoin qui en découle • la présence, • la sécurité affective • la liberté, • l’autonomie affective Croyance sur ce qu’est l’amour puisque je t’aime, je veux être là pour toi puisque je t’aime, je te veux libre Croyance sur son désir sexuel doit être relié à ses sentiments fait partie de sa composante honteuse Valeur morale la plus élevée aimer être à la hauteur de son devoir Conséquences unification sexe - sentiments : je ne peux désirer que si j’aime et si je n’aime plus, je n’ai plus de devoir de soutien affectif vis-à-vis de l’autre dualisation sexe - sentiments : je peux désirer ailleurs que là où j’aime à condition de continuer à assumer mon devoir de soutien matériel Caractéristiques principales de la sexualité basée sur la continuité : • physiquement : l’orgasme se vit dans l’ensemble du corps • psychologiquement : l’érotisme est prolongé par la vie quotidienne basée sur la discontinuité : • physiquement : l’orgasme est localisé en un point du corps • psychologiquement : l’érotisme est coupé de la vie quotidienne Blocage de la sexualité par les critères esthétiques par l’angoisse de la performance
4 CLEESE, J. et SKYNNER, R., La famille, comment s’en dépêtrer ? Paris : Odile Jacob, 2000, (col Sciences Humaines)

1.2 Les blessures d’enfanc e
À présent que nous avons exploré le contexte socioculturel dans lequel nos croyances globales ont pris naissance, faisant de nous des hommes et des femmes limités par ces croyances, allons voir plus en profondeur. Car en plus des traces laissées en nous par les discours moraux qui censurent notre dimension désirante, les blessures que nous vivons dès la toute petite enfance vont être des freins supplémentaires, limitant notre potentiel sexuel à son niveau le plus basique.
En effet, d’une part, ces blessures sont à l’origine de peurs qui nous amènent à développer des moyens de défense que nous utilisons bien évidemment aussi dans ce moment de plus grande vulnérabilité que constitue la rencontre sexuelle. D’autre part, ces blessures créent des blocages qui empêchent la circulation fluide de notre énergie. Or, pour que la sexualité devienne une occasion d’atteindre un état de conscience différent comparable à une extase mystique, il est indispensable que notre énergie puisse nous parcourir librement.
En découvrant nos blessures et en avançant vers leur guérison, nous levons les blocages créés par ces blessures. Ces blocages étant levés, même partiellement, l’énergie peut circuler d’une manière plus fluide en nous, et nous pouvons dès lors expérimenter, par le biais de notre sexualité, un état de conscience différent. Cet état de conscience différent nous donne accès à une plus grande sagesse. Cette sagesse peut nous éclairer pour une meilleure compréhension de nous-mêmes et des interactions avec l’autre et, dès lors, nous mener encore plus loin vers la guérison de nos blessures, et donc vers une circulation encore plus fluide de l’énergie, un état de conscience encore plus vaste. Le cercle tourne dans le bon sens.
Sept chakras, sept blessures
On peut constater qu’il y a sept grandes catégories de blessures qui peuvent laisser leurs traces en nous, constituant notre carte de référence et orientant tout le cours de notre vie en nous enfermant dans des modes de défense conditionnés, lesquels modes de défense vont bien évidemment colorer nos comportements sexuels.
Ces blessures sont longuement décrites dans différents livres de développement personnel, entre autres dans le travail de Lise Bourbeau. 5 Nous nous limiterons donc à les explorer très brièvement. Mais l’essentiel est de faire le lien entre ces différentes blessures et les chakras, ces centres qui régulent toute la circulation de notre énergie, reliant ainsi notre dimension psychologique à notre dimension énergétique. Nos blessures d’enfance créent des blocages énergétiques au niveau des chakras symboliquement concernés, et ces blocages empêchent l’énergie de circuler librement en nous. De plus, ces blocages nous amènent à utiliser l’énergie de ces chakras dans leurs facettes négatives, véritables polluants relationnels.
Ces blessures sont également à l’origine de notre dualisation entre notre lumière et notre ombre. Ce processus sera longuement expliqué dans le chapitre concerné.
Les circonstances d’enfance qui peuvent créer ces blessures sont éminemment variables et personnelles, et c’est le but d’un travail sur soi-même que de refaire le chemin en arrière pour identifier ces blessures et leurs causes. Mais connaître les catégories existantes, savoir quel chakra y correspond, et détecter ainsi le symbolisme qui en découle peut être utile à tous ceux et celles qui essaient de se dégager de leurs croyances pour vivre une vie plus adaptée au besoin d’évolution de leur âme.
5 BOURBEAU, L., Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même, Saint-Jérôme (Québec) : ETC., 1996.
Nous pouvons, évidemment, être porteurs de plusieurs de ces sept blessures, voire de toutes. Cependant, certaines ont pris plus d’importance que d’autres, et nous aurons privilégié certains modes de défense plus que d’autres.
Blessure de rejet : premier chakra
Force positive du premier chakra : Enracinement, ancrage dans la vie « matérielle », sécurité.
Force négative du premier chakra : Insécurité qui amène l’exclusion des autres, les préjugés, et une certaine illusion de supériorité.
La croyance qui en découle est : « Je n’ai pas de valeur » . La personne doute donc de son droit d’exister et ne peut pas se sentir en sécurité. Le premier chakra se bloque, et tant que le blocage n’est pas levé, c’està-dire tant que la blessure n’est pas guérie, l’individu aura tendance à ne pouvoir utiliser l’énergie de son premier chakra que dans sa facette négative par l’exclusion des autres.
Le mode de défense mis en place suite à cette croyance est la fuite, fuite physique ou fuite dans l’imaginaire. S’enfuir avant d’être rejeté, quitter avant d’être quitté, ou se réfugier dans son imaginaire.
Au niveau de la sexualité , celui dont la blessure est le rejet aura tendance à fuir le risque d’une confrontation avec la possibilité du rejet. Il peut donc alors vivre sa sexualité avec une importante composante de masturbation, ou même, plus radicalement, éteindre sa libido et ne ressentir ainsi aucun désir de rapprochement physique avec qui que ce soit : pas de désir, pas de risque d’être rejeté…
Blessure de privation : deuxième chakra
Force positive du deuxième chakra : Créativité, réalisation personnelle, élan vital.
Force négative du deuxième chakra : Déposséder les autres de leur pouvoir personnel.
La croyance qui découle de cette blessure est : « Je ne peux pas être assouvi ». Cette blessure provoque le blocage du deuxième chakra, blocage qui amène l’individu à ne pouvoir utiliser que la force négative de l’énergie de son deuxième chakra. Force négative qui est l’abus de pouvoir, le besoin de déposséder l’autre de sa puissance ou de l’utiliser à son avantage.
Le mode de défense mis en place est la possession sous toutes ses formes, matérielle et affective. Par cette peur de manquer, l’individu a tendance à accumuler, retenir, enchaîner, enfermer ce qu’il possède, et il considérera l’autre comme son bien au même titre que ses possessions matérielles. Le pouvoir de l’autre ne sera toléré que dans la mesure où il y a moyen d’en tirer des avantages propres.
Sur le plan de la sexualité , la personne qui est porteuse de la blessure de privation a tendance à rechercher les relations sexuelles de manière compulsive, ne pouvant supporter la pénurie. Ces relations sexuelles seront fortement teintées d’un grand besoin de fusion qui s’apparente souvent à un besoin de posséder l’autre, de se l’approprier.
Il est également important de noter que, sur le plan énergétique, le deuxième chakra est l’origine de l’élan vital et il est donc le siège symbolique de la créativité en tant que capacité à engendrer et à réaliser des projets personnels. (La sexualité représentant un volet spécifique de cette créativité.) Le deuxième chakra est fortement sous l’influence du troisième chakra et peut donc être également bloqué par la blessure d’humiliation/abus qui concerne ce troisième chakra. Dans ce cas, l’élan vital est complètement paralysé, et l’individu éprouve beaucoup de difficultés à avoir des projets et à se réaliser dans le monde. Lorsque le deuxième chakra est bloqué suite à un blocage du troisième chakra, l’individu n’est plus dans une possession outrancière comme lorsque c’est la blessure de privation qui est en cause, mais plutôt dans la tendance inverse d’absence de capacité à avancer vers son accomplissement personnel. Sexuellement, cela se traduira alors plutôt par une libido très pauvre, voire une absence totale de désir.
Blessure d’humiliation/abus : troisième chakra
Force positive du troisième chakra : Estime de soi, puissance personnelle.
Force négative du troisième chakra : Abdication de son pouvoir personnel par besoin d’approbation.
La croyance qui découle de cette blessure est : « Ce que je suis est sale, honteux, mauvais ». La blessure d’humiliation amène donc un blocage du troisième chakra, blocage dont découle la tendance à ne pouvoir utiliser que la force négative de ce troisième chakra. Cette force négative consiste à abdiquer de sa volonté personnelle par souci d’approbation. Il y a une grande capacité à se sacrifier chez les personnes qui souffrent de la blessure d’humiliation, sacrifice qui est particulièrement valorisé dans notre culture judéo-chrétienne, mais qui pourtant n’est que le reflet d’un manque d’estime de soi, d’un besoin d’être aimé et légitimé par le monde extérieur conduisant à un manque de respect de soi. La capacité à écouter et à exprimer ses besoins propres est pratiquement inexistante, et la personne se croit responsable du bonheur des autres.
Le mode de défense qui est développé suite à la blessure d’humiliation est le masochisme qui consiste, pour la personne qui souffre de la blessure d’humiliation, à tellement chercher à se conformer à ce que les autres voudraient qu’elle soit qu’elle se crée une montagne de responsabilités sans savoir identifier ses limites ni ses besoins. À un point tel que l’individu peut en arriver à accepter des situations intolérables (jusqu’à la maltraitance physique ou psychologique) tout en s’attribuant la responsabilité des abus dont il est victime.
Sur le plan de la sexualité , la personne qui souffre de la blessure d’humiliation ressent ses désirs comme honteux et sales, et sa sexualité sera donc teintée d’une importante composante de culpabilité. Puisque l’individu qui souffre de la blessure d’humiliation est fort dépendant du regard extérieur et qu’actuellement, la valeur culturellement transmise est que la sexualité est coupable, honteuse, celui qui porte cette blessure d’humiliation optera facilement pour l’option de vivre cette sexualité en cachette, comme un acte de liberté défendu. C’est le partenaire qui fera référence pour définir ce qui est bien ou mal ; ainsi, si le ou la partenaire estime que le rapport sexuel est dégradant, il se jugera coupable d’éprouver du désir ; par contre, si le ou la partenaire est demandeur d’un rapport sexuel, il se jugera coupable lorsqu’il n’éprouve pas de désir. On aura donc compris qu’en matière de sexualité, comme dans de nombreuses autres situations, c’est dans le regard de l’autre que l’individu porteur de la blessure d’humiliation mesurera sa propre valeur, complètement coupé de sa capacité à écouter ses propres besoins. Une relation extra-conjugale sera, par exemple, le moyen de s’opposer secrètement à la puissance du partenaire officiel représentant la « loi », la « règle », une manière de se révolter contre l’autre.
Blessure d’abandon : quatrième chakra
Force positive du quatrième chakra : Amour, compassion, pardon. Force négative du quatrième chakra : Jalousie, colère, ressentiment. La croyance qui découle de cette blessure est : « Je ne peux pas me débrouiller seul », et cette blessure va générer un blocage d’énergie au niveau du quatrième chakra. Ce qui amène l’individu à ne pouvoir
utiliser que la facette négative de l’énergie de ce quatrième chakra : la colère, le ressentiment, la jalousie, la haine et autres sentiments négatifs qui coupent l’individu de l’accès au pardon. Car, afin de s’assurer l’amour et le soutien des autres, la personne qui souffre de la blessure d’abandon cherche à se rendre utile, à donner toujours plus. Mais c’est un don « intéressé », c’est-à-dire un don fait dans l’espoir de s’attacher l’amour de l’autre, un don qui rend l’autre redevable, un don qui est à la base de l’épouvantable culpabilisation que l’on retrouve dans la phrase : « Après tout ce que j’ai fait pour toi ! ». L’amour et la générosité apparents qui trouvent leur origine dans cette blessure d’abandon sont surtout responsables d’une comptabilité secrète qui pèse, sans le dire, ce qui est reçu ou non reçu en retour de ce don soi-disant généreux. Cette bonté comptable est celle-la même qui se transformera en ressentiment, qui créera la haine là où il y avait de l’amour puisque, dans le cœur de celui qui souffre de la blessure d’abandon, le reçu ne semblera jamais suffisant pour équilibrer son don. Cette sensation de ne jamais recevoir autant qu’elle donne amènera la personne à jouer le rôle de la victime.
Le mode de défense qui découle de la blessure d’abandon est donc la dépendance : l’individu éprouve un immense besoin de soutien, de marques d’attention, de preuves d’amour et peut aller jusqu’à dramatiser ses problèmes afin de s’attirer l’attention des autres.
Sur le plan de la sexualité , la personne qui est porteuse de la blessure d’abandon va considérer la relation sexuelle comme une manière de créer de l’intimité, une manière de s’attacher l’autre. La femme porteuse de la blessure d’abandon pourra jusqu’à aller simuler le désir et le plaisir pour s’attacher son partenaire ; l’homme porteur de la blessure d’abandon aura besoin de se sentir fortement désiré pour se sentir aimé et pourra facilement être celui qui exprime le plus fréquemment un manque de relations sexuelles. Si la personne, homme ou femme, sent que la relation s’étiole et que l’autre semble l’aimer moins, la peur de perdre l’autre va augmenter considérablement son désir sexuel. La personne porteuse de la blessure d’abandon n’est jamais aussi désirante que dans les situations où elle se sent moins aimée.
Globalement, de nombreuses femmes sont porteuses de cette blessure d’abandon par rapport aux hommes suite à la structure familiale dans laquelle les pères jouent le plus souvent un rôle d’absent à cause de leur rôle professionnel.
Il est important de savoir que le chakra du cœur, tout en étant le siège potentiel de la blessure d’abandon, résonne également avec tous les autres chakras. Cela signifie qu’une blessure bloquant l’énergie d’un autre chakra bloque toujours également le chakra du cœur. On peut d’ailleurs associer la blessure d’abandon à toutes les autres : abandon par rejet, abandon par privation, abandon par humiliation, abandon par négation, abandon par dévalorisation et abandon par trahison. Lors d’un travail de guérison d’une de ces blessures, il est donc important de prendre conscience du besoin de guérison du chakra du cœur qui y est associé.
Blessure de négation : cinquième chakra
Force positive du cinquième chakra : Expression de soi, autorité personnelle.
Force négative du cinquième chakra : Incapacité à entendre l’autre.
La croyance qui s’installe suite à la blessure de négation est : « Je ne peux pas être pas entendu ». Suite à la blessure de négation, il y a donc blocage au niveau du cinquième chakra, blocage qui conditionne la personne à ne pouvoir fonctionner qu’avec la facette négative de l’énergie du cinquième chakra. Cette facette négative consiste à polluer la relation par une série de non-dits tout en cherchant, en catimini, à satisfaire ses besoins. C’est la force négative du cinquième chakra qui crée des réactions du type : « Je te dis oui en apparence, mais je fais non derrière ton dos ». Ce mode de fonctionnement amène toujours la relation à l’opposé de ce pour quoi elle a été créée, à savoir la satisfaction mutuelle des besoins par le dialogue vrai. Celui qui est porteur de la blessure de négation n’est pas capable d’entendre l’autre, trop occupé à souffrir de la croyance de ne pas être entendu et, en fin de compte, ni l’un ni l’autre ne peut recevoir la satisfaction de ses besoins.
Le mode de défense qui est développé est l’opposition cachée qui consiste à passer sous silence son propre ressenti tout en ayant tendance à chercher à atteindre ses objectifs de manière détournée, sans jamais oser exprimer ses besoins réels.
Sur le plan de la sexualité, la personne qui souffre de la blessure de négation va être sujette à la frigidité, à l’impuissance ou à l’éjaculation précoce, manières détournées de s’opposer à l’autre, de lui résister, d’affirmer sa volonté, de ne pas prendre en compte le désir de l’autre. Par cette frigidité ou cette impuissance, l’individu devient donc celui qui détient le pouvoir sans en avoir l’air.
Blessure de dévalorisation : sixième chakra
Force positive du sixième chakra : Intuition, inspiration.
Force négative du sixième chakra : Séduction.
La croyance qui en découle est : « Je dois être parfait », et l’individu porteur de la blessure de dévalorisation va développer un perfectionnisme important pour essayer de devenir conforme aux attentes des autres. La blessure de dévalorisation crée un blocage du sixième chakra, blocage qui favorise l’utilisation de la facette négative de ce sixième chakra. Cette facette négative consiste à tenter de se valoriser aux yeux des autres, même s’il faut, pour atteindre cet objectif, utiliser la séduction. La personne porteuse de cette blessure de dévalorisation, et nous ne devons pas nier que nous sommes nombreux dans ce cas, risque donc d’utiliser son intuition pour sentir ce qu’il faut dire ou faire pour obtenir de l’autre la valorisation, l’amour dont elle ne se croit pas digne. D’où la complète inauthenticité de la relation puisqu’elle unit une personne qui porte un masque afin de se faire aimer à une autre personne qu’elle force à porter le masque nécessaire pour pouvoir l’aimer.

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