Réussir sa vie sexuelle en couple
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Description

Pour celles et ceux qui choisissent de vivre en couple, il est couramment admis que la durée de la relation et les contraintes de la vie quotidienne nuisent à la force du désir. Ceci est souvent vrai.
Pourtant, l’usure du désir n’est pas fatale dans un couple qui dure. Bien souvent, les dysfonctionnements sexuels sont étroitement liés à la détérioration de la relation. Si on parvient à améliorer la qualité de la relation amoureuse entre les deux conjoints, la vitalité du désir sexuel demeure ou s’accroît au fil des années.
C’est pour cette raison que la recherche d’une forte intimité dans le couple est un des objectifs majeurs de la sexologie relationnelle.
Nicole et Alain Faucher, psychanalystes et psychosexologues, nous font bénéficier de plus de vingt années de pratique avec les couples.
Les auteurs montrent comment l’approche sexologique relationnelle peut, dans un premier temps, aider le couple à retrouver une sexualité satisfaisante. Dans de nombreux cas, ce travail de réparation crée une intimité nouvelle entre les conjoints. Celle-ci permet alors au couple d’aller vers un épanouissement amoureux et sexuel de plus en plus profond.
L’ouvrage s’appuie sur les témoignages de plusieurs couples qui décrivent avec précision les différentes étapes de ce processus. Ces témoignages, écrits dans un style vivant et direct, intéresseront beaucoup les couples qui souffrent d’un essoufflement de leur vie sexuelle.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 juin 2020
Nombre de lectures 79
EAN13 9782411000749
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

Réussir sa vie sexuelle en couple
Nicole et Alain Faucher
Réussir sa vie sexuelle en couple
Sexologie relationnelle



LEN
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© LEN, 2020
ISBN : 978-2-411-00074-9
Préface de Claude et Danielle Allais {1}
Une passion pour le couple partagée avec les auteurs de ce livre
Bien que venant d’horizons très différents, chacun de nous a toujours eu une passion pour la compréhension des phénomènes psychiques qui empêchent de s’établir dans un bien-être individuel stable et durable. Cette passion commune nous a conduits à nous intéresser de près au fonctionnement de la relation amoureuse. Nous avons pu constater, sans surprise, que les mêmes mécanismes psychiques qui détruisent le bien-être individuel, détruisent aussi l’amour dans le couple.
Pour l’avoir vécu nous-mêmes, nous savions que, si un couple parvenait à surmonter les obstacles provoqués par ces mécanismes destructeurs, il pouvait accéder à un véritable paradis amoureux. Vers le milieu des années 1980, nous avons donc décidé de consacrer notre travail à la thérapie de couple.
Nous savions que la tâche n’était pas facile car nous constations que bien des conjoints venant consulter, avaient laissé la situation se détériorer fortement, engendrant de très forts ressentiments entre eux. Beaucoup se plaignaient amèrement de leur partenaire, attendant un changement de celui-ci sans envisager une remise en cause personnelle.
Heureusement, nous recevions aussi des couples dont les deux conjoints partageaient une motivation suffisamment forte pour aborder les difficultés de leur relation sans faux-fuyant.
Nicole et Alain Faucher faisaient partie de ces « pionniers ». Ils étaient très intéressés par leur vie commune et étaient demandeurs de toute approche qui permettrait d’améliorer leur relation et leur vie sexuelle.
Ces personnes disponibles pour expérimenter une approche nouvelle des difficultés du couple ont contribué à l’élaboration d’un cadre méthodologique adapté pour atteindre une intimité amoureuse et sexuelle stable.
La méthode qui a résulté de ces années expérimentales a été présentée dans le livre que nous avons publié en 1993 aux éditions Retz : « Le couple en thérapie ».
Nicole et Alain avaient tiré de forts bénéfices de cette période de travail et de découverte. Leur relation leur apportait beaucoup de satisfaction. Ils sont alors devenus eux-mêmes des praticiens spécialistes du couple et ont pu apporter leur aide avec le même investissement qui leur avait permis de faire évoluer leur propre vie amoureuse.
Plus tard, forts de leur propre expérience, ils ont participé avec nous à l’écriture du livre « Retrouver la force de l’amour » paru en 2009. Dans cette collaboration, ils ont apporté leurs qualités fondamentales de rigueur et d’enthousiasme.
Un livre concret qui parle clairement de la sexualité en couple, de ses difficultés mais aussi des solutions possibles
Ce n’est un secret pour personne : la sexualité est au cœur de la relation amoureuse entre un homme et une femme. Certains couples ont connu une lune de miel éblouissante dont ils ont perdu la magie au fil du temps. D’autres, n’ayant jamais connu cette expérience, en rêvent sans forcément se l’avouer, considérant que ce n’est pas pour eux.
Pour les passionnés du couple, comme le sont Nicole et Alain, le mariage entre une sexualité vibrante et chaude et une honnêteté de parole dans le couple est toujours apparu comme la caractéristique d’une vie conjugale réussie.
Les obstacles ne manquent pas sur le chemin de cette réussite. Néanmoins, aujourd’hui, malgré l’instabilité sociale qui fait souffrir nos sociétés mais peut-être aussi grâce à elle, l’intérêt pour une vie personnelle nourrissante, loin des faux-semblants, ne cesse de croître. Pour beaucoup d’entre nous, le couple constitue une part essentielle de cette vie personnelle.
Les aspirations des personnes qui se mettent en couple ont considérablement évolué en quelques décennies. Auparavant, on se mariait pour fonder une famille, avoir des enfants et assurer la continuité d’un patrimoine. La question de la satisfaction amoureuse et sexuelle était tout à fait secondaire.
Aujourd’hui, amour et épanouissement sexuel sont au cœur des attentes d’un grand nombre de personnes.
Pourtant, malgré la révolution des mœurs qui a marqué la 2 ème moitié du siècle dernier, la vie amoureuse et sexuelle des couples demeure souvent insatisfaisante. Après une période de lune de miel plus ou moins réussie, le désir sexuel diminue rapidement. Cette baisse du désir, très fréquente, est en général considérée comme inévitable.
Si on accepte d’aller plus loin que cette considération statistique, on peut se rendre compte que la situation est moins désespérée qu’il n’y paraît. Mais pour rompre cette fatalité apparente, il faut s’intéresser aux mécanismes de la relation du couple dans leur ensemble.
L’usure du désir sexuel, avec les symptômes qui l’accompagnent, n’est que la partie visible de l’iceberg. La partie cachée de l’iceberg est constituée de l’ensemble des mécanismes interpsychiques (relation entre les conjoints) et intrapsychiques (relation à soi-même) qui altèrent la relation. Nous prenons l’image de la partie cachée de l’iceberg car ces mécanismes psychiques sont en grande partie inconscients. Il est donc difficile, sans l’aide d’un analyste spécialisé, de comprendre le rôle essentiel qu’ils jouent dans la détérioration de la relation amoureuse et sexuelle.
En s’intéressant à la partie visible de l’iceberg, c’est-à-dire aux différents symptômes qui affectent la sexualité des hommes et des femmes, la sexologie a développé des outils intéressants pour y remédier. Mais, bien souvent, l’utilisation même de ces outils demande une entente relationnelle dont le couple n’est plus capable.
En effet, la proximité qu’impose le contact sexuel avec son partenaire génère bien souvent, de façon invisible, des comportements défensifs. La peur en est le facteur essentiel.
Le contact corporel intime avec l’autre n’est jamais neutre. Même fortement recherché, il génère chez beaucoup d’entre nous une certaine appréhension. C'est encore plus vrai quand la situation devient sexuelle. L’approche sexuelle est très rarement exempte d’inquiétude. L’acte sexuel va-t-il répondre à mes attentes ? Vais-je être à la hauteur ? Le désir va-t-il devenir brûlant ou au contraire s’évanouir, sans maîtrise de ma part, au contact de mon partenaire ?
Face à un sentiment de peur, tout être vivant réagit par des comportements de défense. Pour l’être humain, l’agressivité relationnelle contre l’autre, directe ou indirecte, est la réponse la plus fréquente. Cette réaction, destructrice de l’amour et du désir, génère peu à peu déception et ressentiment.
L’agressivité relationnelle entre les conjoints se nourrit de tous les ressentis négatifs, plus ou moins conscients, que génère une relation durable. Au début d’une rencontre, tout est rose et beau. Il y a donc peu d’agressivité entre les amoureux. L’inquiétude peut engendrer certaines inhibitions mais dans bien des cas, la force du désir de plaire à l’être choisi permet de surmonter cet obstacle. Lorsque la relation devient durable, le stress et l’anxiété, tenus jusqu’alors à l’arrière-plan, ressurgissent. Les petits travers de la vie quotidienne se transforment en un cumul de reproches et de ressentiments. L’agressivité relationnelle latente qui en résulte rend le rapprochement intime plus délicat, voire impossible.
Cet obstacle difficile nécessite deux actions pour être surmonté :
 d’une part assainir la relation entre les conjoints, c’est-à-dire comprendre la dynamique psychologique qui sous-tend les actes relationnels du couple afin d’être en mesure de le changer. Ce travail est indispensable pour ne pas alimenter le vécu négatif et permettre ainsi à l’intimité amoureuse de se développer au fil du temps ;
 d’autre part, créer des cadres de rencontre suffisamment sécurisants et motivants pour que les conjoints puissent retrouver le goût de faire l’amour. Ces cadres, qui proposent, quand c’est nécessaire, des exercices clairement sexologiques, sont surtout conçus pour permettre de développer la créativité propre à chaque couple dans la sexualité.

La synergie de ces deux actions, spécifique à la sexologie relationnelle, est d’une grande efficacité.
Danielle et moi, au cours de notre longue carrière axée sur le développement du couple, avons souvent été étonnés par des couples qui souhaitaient au départ un rapprochement relativement limité et qui ont trouvé, à leur grande surprise, une vie intime et sexuelle extrêmement riche.
Le livre d’Alain et Nicole explique comment cette réussite est possible. Il intéressera, à notre avis, les femmes et les hommes en quête d’un épanouissement de leur sexualité dans le cadre de leur couple.
Remerciements
Nous remercions Nadine et Thierry Chantepie, Angeles et Patrick Féliot, Claire et Pascal Housiau, tous psychosexologues, pour leur contribution à l’écriture de ce livre.
Merci également à nos collègues Sylvie Audfray, Henri Lamagnère, Edwige et Gérard Béthune et Sylvie Laurent pour leur relecture qui a permis d’apporter des corrections utiles.
Un autre merci à Alan Barnett et Carine Faucher qui nous ont aidés pour la mise en forme.
Enfin, un grand merci aux couples qui ont accepté d’enrichir ce livre par leurs témoignages sur la façon dont la sexologie relationnelle leur a permis de faire évoluer leur vie amoureuse et sexuelle.



Retrouvez les auteurs du livre sur www.psy-couple.fr
Introduction Sexualité vivante et relation amoureuse durable

Au-delà des symptômes sexuels dont souffrent certaines personnes, l’insatisfaction, plus ou moins profonde, de la vie sexuelle dans un couple n’a rien d’exceptionnel. L’usure du désir est considérée bien souvent comme un phénomène inévitable et irréversible.
Pourtant quand un homme et une femme désirent inscrire leur relation dans la durée, la capacité à maintenir vivante la flamme de la sexualité est le plus beau des cadeaux qu’ils puissent s’offrir.
Ce livre essaye de montrer que, même si cette entreprise est difficile, il existe des solutions pour la réussir.
Cette introduction a pour but d’indiquer au lecteur quels sont les thèmes principaux de ce livre. Tout ce qui est abordé dans l’introduction est repris et approfondi dans les différents chapitres. Pour permettre une lecture en fonction des centres d’intérêts de chacun, nous indiquons, à la fin de l’introduction, l’organisation de ce livre et le contenu des différents chapitres.
Deux révolutions importantes pour le couple
En Occident, la deuxième moitié du vingtième siècle a vu se dérouler deux révolutions.
La première a concerné la sexualité. Elle est connue de tous car la libération des mœurs sexuelles a été explosive dans les années 1960-1970. Ce changement important a été précédé et accompagné par le développement de la sexologie. Celle-ci a apporté des connaissances très précises concernant le fonctionnement physiologique sexuel. À partir de ce nouveau savoir, de nombreuses techniques ont pu être élaborées pour essayer de lutter contre les différents dysfonctionnements sexuels tant féminins que masculins.
La deuxième révolution s’est déroulée de façon plus discrète mais elle est tout aussi importante pour le sujet qui nous intéresse. Entre 1972 et 2000, en France, le nombre des cohabitations en union libre a été décuplé et le nombre des divorces a doublé {2} . Cela signifie qu’aujourd’hui les gens vivent en couple de façon beaucoup plus informelle et que les couples sont devenus beaucoup plus instables.
Une approche nouvelle de la vie en couple
Dans le domaine sexuel, la fin du tabou sur la légitimité de la recherche du plaisir sexuel et l’apparition de la pilule contraceptive sont deux facteurs qui ont considérablement modifié les comportements de la jeunesse par rapport à la sexualité. Sans la crainte d’une grossesse non désirée, les jeunes femmes ont pu expérimenter la sexualité avec différents partenaires. En conséquence, cela permet aux jeunes hommes de ne plus être obligés de s’engager dans une relation durable pour connaître la sexualité.
Il n’y a pas si longtemps, se mettre en couple pour fonder une famille et avoir des enfants constituait le modèle de couple le plus répandu. Bien sûr, l’attente d’une relation amoureuse qui traverse les années a toujours existé, mais cette attente était bien souvent déçue. Néanmoins cette déception ne remettait pas en cause l’existence du couple puisque la fonction essentielle de celui-ci était d’être la base d’une famille.
La première relation sexuelle des femmes était alors bien souvent réservée à celui qui allait devenir le futur mari. Après le changement que nous évoquons, il est devenu possible de cohabiter avec un partenaire sexuel et d’en changer s’il s’avère que la relation ne réponde pas aux espérances mises en elle.
Cette possibilité d’expérimenter la relation à deux, en dissociant ce choix de la création d’une famille, explique en partie la multiplication des unions libres. À partir de cette nouvelle opportunité, il était logique que la recherche d’une satisfaction liée à la relation elle-même prenne de l’importance. L’exigence a donc augmenté concernant la qualité d’intimité amoureuse et sexuelle que l’on recherche et qui fait que c’est avec cette personne et pas avec une autre que l’on souhaite partager sa vie.
La satisfaction sexuelle et amoureuse demeure difficile à maintenir dans le temps
Même si les « nouveaux couples » ont une plus grande attente sur la qualité de leur vie à deux, de leur sexualité, de l’intimité de leur communication, nous ne pouvons que constater que la déception demeure bien souvent au rendez-vous. Il ne suffit pas de vouloir pour réussir. Les êtres humains ne sont pas naturellement doués pour faire durer l’entente amoureuse. Les statistiques du nombre de séparations nous le rappellent cruellement.
Compte tenu de ce constat, les couples sont de plus en plus nombreux à avoir recours à une aide psychologique ou sexologique. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de personnes qui ne relèvent d’aucune pathologie. Elles acceptent seulement de reconnaître que leur vie conjugale est insatisfaisante et qu’une aide extérieure est nécessaire pour améliorer la situation. Cette évolution est porteuse d’espoir car l’expérience des praticiens s’améliore au fil des années et les réponses apportées au désarroi des couples gagnent en efficacité.
L’apport de la sexologie
De façon naturelle, les approches dans l’aide apportée aux couples qui souffrent de mésentente sexuelle se sont diversifiées pendant ces dernières décennies. Quelles que soient leurs différences aujourd’hui, elles doivent beaucoup au développement de la sexologie au cours du dernier demi-siècle, dans la continuité de ses pionniers célèbres qu’ont été William Masters et Virginie Johnson.

La révolution sexologique
Au début de la deuxième moitié du 20 e siècle, William M ASTERS et Virginie J OHNSON ont eu l’immense mérite de se lancer dans l’observation in vivo du fonctionnement sexuel des êtres humains. Cela a constitué une avancée considérable et mis fin à des années d’obscurantisme.
À partir d’une observation précise des réactions physiologiques de chaque sexe pendant l’acte sexuel, M ASTERS et J OHNSON ont établi un modèle du déroulement complet et satisfaisant d’un acte sexuel entre un homme et une femme pratiquant le coït (pénétration sexuelle de la femme par l’homme). Nous décrivons ce modèle en quatre phases dans le chapitre 3 de ce livre : excitation, phase de stabilisation de l’excitation sexuelle dite « phase du plateau », orgasme et phase de retour au calme dite « phase de résolution de la tension liée au désir sexuel ». Ces phases étaient bien connues des hommes car leur fonctionnement sexuel est très mécanique compte tenu des exigences de la reproduction. Le fonctionnement sexuel masculin est donc naturellement organisé pour aller le plus rapidement possible vers l’obtention du résultat essentiel qu’est l’éjaculation qui coïncide avec l’orgasme masculin. La phase dite « du plateau » présente peu d’intérêt dans l’optique première de la sexualité masculine. Apprendre à la faire durer pour son propre plaisir et celui de sa compagne demande donc en général un entraînement spécifique pour l’homme.
La sexualité féminine au centre de l’évolution de la sexologie
M ASTERS et J OHNSON ont réalisé leurs travaux dans une société très corsetée par la morale, dans laquelle la sexualité devait rester un domaine dont on ne parlait pas.
La sexualité féminine était particulièrement réprimée. Beaucoup mettaient en doute la possibilité pour les femmes d’éprouver du plaisir, et si cette possibilité existait, elle ne pouvait qu’être la marque des femmes de mauvaise vie. L’idée la plus répandue dans la société était que des femmes prenant du plaisir dans la sexualité, se détourneraient immanquablement de leurs tâches essentielles que constituaient la maternité et l’éducation des enfants.
L’inégalité entre les sexes était violente et hypocrite. Ainsi, tout en étant officiellement interdit pour les deux sexes, l’adultère était toléré pour les hommes et sévèrement condamné pour les femmes.
Les travaux de M ASTERS et J OHNSON sur la sexualité féminine ont constitué un virage fondamental. L’observation des réactions sexuelles réelles montrait que les femmes pouvaient avoir accès à un très grand plaisir sexuel, notamment à travers l’orgasme. Contrairement à l’orgasme masculin très lié à l’éjaculation, l’orgasme féminin n’a aucune fonction dans la reproduction. Le plaisir est donc sa seule raison d’être. Un tabou était ainsi levé : la recherche du plaisir dans l’acte sexuel pouvait être considérée comme une composante naturelle légitime de la sexualité féminine.
Dans le domaine des mœurs, un progrès significatif s’accompagne bien souvent d’effets secondaires délicats à négocier. Ainsi, la reconnaissance du potentiel de plaisir féminin, ô combien positif pour les femmes elles-mêmes mais aussi pour l’évolution de la relation amoureuse entre les deux sexes, a constitué également une source de perturbation tant pour les femmes que pour les hommes.
La sexualité devient une performance à accomplir
Après sa mise en évidence « officielle », l’orgasme féminin est devenu un centre d’intérêt puissant qui a profondément modifié les pratiques sexuelles des deux sexes. Avant de goûter au plaisir qu’il procure, beaucoup de femmes et d’hommes se sont mis à le rechercher avant tout comme un gage de normalité : avoir un orgasme pour pouvoir se considérer comme une femme normale, procurer un orgasme à sa partenaire comme preuve de sa virilité pour l’homme.
Mais la sexualité féminine s’est avérée nettement plus complexe que la sexualité masculine. L’obtention de l’orgasme n’est pas automatique et les chemins pour y parvenir varient d’une femme à l’autre. Les différentes enquêtes sur le sujet ont toujours montré qu’une majorité de femmes ne connaissaient pas l’orgasme.
Cette quête difficile du plaisir féminin dans la sexualité a eu, néanmoins, des effets positifs sur les comportements sexuels masculins. La nécessité d’être à l’écoute de leur partenaire pour lui permettre de retirer la meilleure satisfaction possible de l’acte sexuel, a permis de développer des échanges de tendresse notamment à travers les caresses préliminaires. Dans le meilleur des cas, des couples ont appris à communiquer sur ce qui se passe pour chacun pendant la rencontre sexuelle. Face aux couples en difficulté sexuelle, la sexologie a toujours privilégié la recherche de ces échanges corporels et verbaux.
Mais, compte tenu de l’enjeu que représente l’obtention obligatoire de l’orgasme féminin, l’acte sexuel est devenu une performance à accomplir pour beaucoup de femmes et d’hommes. Il génère ainsi une anxiété d’échec qui contribue à créer ou amplifier les symptômes connus. Pour les femmes, la crainte de l’échec face à l’orgasme peut entraîner une diminution du désir sexuel voire des douleurs à la pénétration. Pour les hommes, l’inquiétude de ne pas « durer suffisamment » se traduit bien souvent par une éjaculation prématurée ou des fluctuations de l’érection.
La réponse de la sexologie au mécanisme de l’anxiété
Toutes ces perturbations de la mécanique sexuelle sont très liées à l’anxiété et à l’effet de crispation corporelle qu’elle entraîne. Cet état de crispation à la fois physique et mental limite fortement les sensations corporelles et sexuelles. En l’absence de sensations, l’excitation diminue et le cercle vicieux se trouve ainsi bouclé.
La sexologie a donc été amenée à développer différentes approches pour lutter contre cette situation. D’une part, elle a cherché à apprendre aux personnes à se détendre et à se concentrer sur leurs sensations corporelles pour éviter que l’inquiétude mentale ne prenne trop d’importance. D’autre part, elle a élaboré des protocoles précis proposant des comportements adéquats pour réussir l’acte sexuel. En quelque sorte, il s’agit d’apprendre à faire l’amour.
Ces techniques de rééducation du comportement sexuel sont très utiles dans de nombreux cas. Elles parviennent souvent à débloquer des situations figées par un échec sexuel répétitif.
Prendre en charge sa propre sexualité est devenu possible
Les parcours personnels d’apprentissage de la sexualité ne sont pas toujours aisés et la description que donne la sexologie des problèmes sexuels que les femmes et les hommes peuvent rencontrer, en témoigne. Ce constat n’a d’ailleurs rien d’anormal car la sexualité humaine est fragile en raison de la complexité de notre cerveau. Nous reviendrons fréquemment sur ce point au cours du livre. Les êtres humains pensent beaucoup et bien souvent la pensée ne fait pas bon ménage avec le fonctionnement spontané de la sexualité.
Psychologie et sexologie
Au fil du temps et en fonction de l’expérience clinique des différents praticiens, la sexologie s’est à la fois enrichie et diversifiée. La dimension psychologique, toujours très présente dans la symptomatique sexuelle, peut être abordée de différentes façons. Il est malheureusement fréquent d’opposer l’approche psychanalytique et l’approche cognitive ou cognitivo-comportementale.
La première, psychanalytique, s’efforce de dénouer les fils intrapsychiques profonds qui sont à la racine du symptôme. C’est une approche qui demande du temps mais le résultat dépasse la simple résolution du symptôme en apportant à la personne une véritable connaissance d’elle-même. La seconde correspond plus à l’esprit initial de la sexologie qui recherche une résolution rapide du symptôme lui-même. Cette approche correspond également à l’attente des personnes soumises à la souffrance des difficultés sexuelles. Pour cela, tenter d’éliminer dans l’esprit de la personne les pensées erratiques qui perturbent le bon fonctionnement sexuel constitue une démarche efficace dans un certain nombre de cas. Cependant elle peut se révéler peu adaptée quand le soubassement du symptôme relève de mécanismes psychiques inconscients complexes.
Dans la suite de ce livre, nous définirons comme classique la sexologie centrée sur le symptôme et utilisant principalement la démarche cognitivo-comportementale. En ce sens, elle reste fidèle à la conception initiale de M ASTERS et J OHNSON .
Pour en revenir à l’opposition de la psychanalyse et de la psychologie cognitive, nous constatons, dans notre expérience, que ces deux approches sont complémentaires. Leur utilité est fonction du symptôme présenté.
Soulignons que l’image de la psychanalyse est en général associée à la pratique du « divan », à partir de l’association libre des pensées de la personne qui conduit à la découverte de certains aspects du fonctionnement inconscient du psychisme. Mais la même conception théorique de l’inconscient peut sous-tendre d’autres pratiques. Dans notre cas, nous utilisons l’analyse de l’expérience concrète de la personne dans la relation à son corps, à sa sexualité ou à son partenaire de couple. Elle s’intègre ainsi parfaitement à l’ensemble des techniques corporelles et relationnelles de notre approche sexologique.
La place du corps dans la sexologie
Compte tenu de la dimension éminemment corporelle de la sexualité, la place du corps est toujours importante dans une démarche sexologique. Les premières approches de la sexologie ont été surtout orientées vers la relaxation pour favoriser un état de détente propice à l’acte sexuel et vers le développement de la sensibilité corporelle. Des sensations corporelles perçues clairement calment l’esprit et sont un prélude favorable à l’installation et au maintien de bonnes sensations sexuelles.
Par la suite, au moment des changements accompagnant la nouvelle liberté sexuelle, de nombreuses techniques corporelles sont apparues. Elles ont essentiellement comme but de débloquer les tensions du corps qui traduisent le refoulement émotionnel. Nombre d’entre elles ont fait la preuve de leur efficacité. Elles ont parfois été critiquées à cause d’une utilisation un peu « sauvage » par des thérapeutes qui n’en avaient pas encore une maîtrise suffisante. Aujourd’hui, quarante ans après, les praticiens expérimentés savent comment les utiliser de manière adéquate.
Dans notre pratique, nous attachons donc beaucoup d’importance à la sensibilisation du corps et à sa dynamisation. Nous utilisons pour cela une forme de travail psychocorporel que nous décrirons en détail dans la suite de ce livre.
Rappelons-le, tous les points que nous venons d’évoquer dans ce survol rapide de la sexologie seront repris tout au long du livre, et plus particulièrement dans le chapitre 3 consacré aux dysfonctionnements sexuels et à leur traitement.

Sexologie classique et sexologie relationnelle
Le paradoxe de la sexologie classique et du couple
Pour mettre en place son approche des difficultés sexuelles, la sexologie a besoin que les personnes soient en couple afin de disposer d’un partenaire régulier. C’est une condition nécessaire pour la pratique de la plupart des exercices.
La clef de la réussite de l’approche comportementale, qui caractérise la sexologie classique, est de parvenir à faire diminuer l’anxiété et notamment celle qui provient de l’interaction relationnelle : « Qu’est-ce que l’autre pense de moi ? ». Pour éviter cet écueil, on demande donc aux partenaires de se concentrer uniquement sur leurs sensations sexuelles. L’idée est pertinente car, effectivement, de nombreuses difficultés sexuelles sont provoquées par l’inquiétude liée à la relation.
Néanmoins, cette stratégie constitue aussi une limite pour cette approche car de nombreux praticiens constatent qu’il est très souvent difficile de mettre de côté les problèmes relationnels. Et, si la relation est conflictuelle, la mise en place des techniques proposées peut s’avérer délicate voire impossible.
La sexologie relationnelle
Tout en continuant à utiliser certains outils de la sexologie classique, il est possible de développer une autre stratégie qui consiste à faire évoluer le lien relationnel entre les conjoints en même temps que l’on cherche à résoudre la difficulté sexuelle. Cette pratique est délicate car on mêle alors les difficultés relationnelles et sexuelles. Il s’agit pour le couple d’apprendre à dédramatiser la lutte relationnelle qui apparaît dès que la peur s’installe entre les conjoints. La mise à jour et la compréhension des mécanismes qui sous-tendent cette lutte est une première étape nécessaire pour utiliser ce que nous appelons la sexologie relationnelle.
A tout moment de sa pratique, cette approche recherche une synergie entre le développement de l’intimité amoureuse et celui de la sexualité. Son objectif est de développer le caractère ludique et intime de la sexualité en favorisant les jeux corporels et la créativité de chacun. Elle utilise notamment pour cela une pratique que nous appelons « situation sexuelle expérimentale » ou « temps d’intimité sexuel » que nous décrivons dans un encadré du chapitre 1.
Les obstacles, qui ne manquent pas d’apparaître au fil de cette pratique, sont analysés avec l’aide des psychosexologues. Peu à peu la communication du couple sur ses difficultés devient plus aisée et la sexualité perd son caractère anxiogène.
Notons que nous avons choisi d’utiliser le terme de psychosexologues pour qualifier les praticiens de la sexologie relationnelle car les difficultés relationnelles du couple sont essentiellement d’ordre psychologique. Le terme psychosexologue indique clairement qu’il s’agit de prendre en compte la globalité de la situation du couple sans se limiter à la seule dimension sexuelle.
La principale difficulté sexuelle du couple : empêcher le désir de s’éteindre
L’entente sexuelle des débuts de la vie conjugale peut apporter beaucoup de bonheur. Mais, dans bien des cas, ce bonheur ne dure pas et l’usure de la vie relationnelle à deux éteint peu à peu le feu de l’excitation sexuelle. Celle-ci ne se réveille au mieux qu’occasionnellement. La vie à deux peut rester agréable et non dénuée de tendresse mais la flamme d’un désir fort, qui pousse irrésistiblement les amoureux l’un vers l’autre, n’apparaît plus que comme un merveilleux souvenir.
La présence des enfants, source de joie quand elle est désirée, n’est pas toujours favorable non plus à la vie sexuelle. La perte d’intimité qui en découle, la fatigue liée à une vie dans laquelle tâches familiales et professionnelles s’accumulent sont autant de facteurs qui ne stimulent pas la libido.
La tentation de l’infidélité conjugale pour retrouver le plaisir de l’embrasement des sens est souvent forte. Elle constitue une solution dont la limite est le renoncement au partage d’une forte intimité amoureuse qui n’est réellement possible qu’avec un seul partenaire. En l’absence d’exclusivité sexuelle, consciemment ou non, la jalousie s’insinue dans la relation et introduit une distance plus ou moins conflictuelle entre les deux conjoints.
Pour certains couples, la sexualité n’a jamais connu de phase vraiment heureuse. Cela correspond en général à un choix de partenaire dans lequel la peur inconsciente de la sexualité est dissimulée. Il est en effet fréquent que deux personnes peu sûres d’elles sur le plan sexuel choisissent de vivre en couple. Sauf miracle, elles ont, a priori, peu de chances de voir s’épanouir leur vie sexuelle. Beaucoup se résignent à cette situation.
Pourtant, pour ceux qui osent franchir le pas de la demande d’aide, il n’est pas impossible, même tardivement, de développer une sexualité satisfaisante. Les apprentissages sexuels n’ont rien de compliqué en eux-mêmes. Il s’agit surtout de prendre conscience des obstacles qui empêchent l’énergie sexuelle de s’exprimer.
Une vie sexuelle vraiment satisfaisante est l’objectif de la sexologie relationnelle
L’expérience montre que, chez les êtres humains vivant en couple, une véritable satisfaction sexuelle est difficile à atteindre ou à préserver.
L’insatisfaction sexuelle est parfois caractérisée par des symptômes précis et visibles comme l’éjaculation trop rapide ou la fragilité de l’érection chez les hommes, les douleurs à la pénétration, le manque de sensations ou de désir chez les femmes. Mais bien d’autres personnes perçoivent leur sexualité comme pauvre et bridée, tout en ayant un fonctionnement sexuel d’apparence normale.
La relation de couple est complexe car elle est constituée par l’interaction de deux psychismes eux-mêmes complexes. Vouloir faire abstraction d’une observation sérieuse de cette double complexité rend illusoire l’établissement d’une forte intimité entre les conjoints. Or, c’est bien l’intimité amoureuse authentique qui est le garant de la persistance du désir sexuel tout au long de la vie du couple.
De façon paradoxale, la prise de conscience de l’insatisfaction sexuelle dans le couple, liée ou non à des symptômes clairs, est une immense chance de s’engager sur la voie de l’intimité amoureuse et sexuelle. En effet le travail fait conjointement sur les difficultés sexuelles du couple et la communication qu’il implique ouvrent un monde relationnel intime et vrai que peu de couples qui « pensent aller bien » connaissent.
L’apport de la neurobiologie
Depuis la naissance de la sexologie, la science neurologique a énormément progressé. Elle apporte aujourd’hui de nombreuses informations sur l’activité cérébrale liée à l’acte sexuel. Dans l’encadré ci-dessous, nous faisons le point sur l’utilité que présentent ces nouvelles connaissances dans la compréhension de la sexualité.

Ce que nous apprend la neurobiologie sur la sexualité
La neurobiologie est une science qui s’est énormément développée ces dernières années grâce notamment aux possibilités offertes par l’imagerie cérébrale. Celle-ci permet de voir, avec un certain niveau de précision, l’activité du cerveau dans différentes circonstances de la vie humaine. La neurobiologie a ainsi permis de mettre en évidence les rôles respectifs des différentes zones du cerveau d’une personne pendant qu’elle se livre à telle ou telle action ainsi que les neurotransmetteurs qui sont alors utilisés.
Appliquée à la sexualité, elle nous donne des informations générales sur le comportement sexuel humain qui présentent beaucoup d’intérêt. Notre propos n’est pas de décrire en détail les études faites dans ce domaine éminemment complexe. Aucune hormone n’agit seule et il est donc délicat d’en isoler le rôle. Néanmoins, les caractéristiques de certaines d’entre elles sont suffisamment spécifiques pour être mentionnées.
Nous présentons ci-dessous des connaissances reconnues qui apportent des informations importantes dans deux domaines essentiels qui concernent la sexualité des personnes et des couples : le rapprochement amoureux et le fonctionnement du désir et du plaisir.
L’ocytocine, hormone du rapprochement amoureux
De nombreux articles ont été à juste titre consacrés ces dernières années à l’ocytocine. Ils correspondent tout à fait à l’intérêt apporté au rapprochement amoureux intime recherché par les « nouveaux couples ». L’ocytocine est connue depuis longtemps pour le rôle qu’elle joue au moment de l’accouchement. Son champ d’action s’est trouvé très étendu par des études plus récentes. Surnommée par certains « l’hormone du câlin », elle joue un grand rôle dans toutes les formes de relation proche et intime.
Dans la sexualité, un niveau d’ocytocine élevé amène une plus grande réceptivité sexuelle tant chez les hommes que chez les femmes. L’ocytocine nous pousse vers l’acte sexuel et celui-ci contribue à l’augmentation du taux d’ocytocine. Nous constatons là un cercle vertueux qui présente beaucoup d’intérêt.
Le contact corporel tendre stimule la production d’ocytocine. Nous ne pouvons donc qu’inciter les couples à user et abuser de toutes les formes de caresses et de massages qui leur conviennent.
Au vu de ces constats enthousiasmants, on peut à juste titre se demander pourquoi le rapprochement amoureux et sexuel demeure aussi instable dans les couples qui durent. La raison est qu’il existe des conditionnements, basés sur la peur et l’agressivité, susceptibles d’entrer en conflit avec la tentation du rapprochement intime. La différence du conditionnement biologique des hommes et des femmes par rapport à la sexualité en est un exemple.
La différence d’approche de la sexualité entre les hommes et les femmes
La neurobiologie met clairement en évidence la différence des fonctionnements masculins et féminins. Prenons comme exemple la lulibérine. Il s’agit d’une hormone libérée au début de la relation sexuelle. Elle renforce le désir en poussant les partenaires à rechercher un contact de plus en plus fort. Mais, chez le mâle, cette hormone est liée aux centres cérébraux de l’agressivité et du plaisir alors que, chez la femelle, elle est en rapport avec la peur et l’évitement. Ceci explique la différence de posture des animaux pendant l’acte sexuel : la femelle adopte une attitude de soumission et le mâle une attitude de domination.
Ces conditionnements qui ont leur utilité, sont vécus sans problème par les animaux. Mais, chez les êtres humains, cette différence des approches masculine et féminine de la sexualité qui résulte de ces conditionnements neurobiologiques est connue mais souvent caricaturée, mal comprise et, de ce fait, génératrice de conflits.
Nous explicitons longuement ce thème dans la première partie du chapitre 2.
Désir et plaisir : le rôle primordial de la dopamine
La neurobiologie a montré qu’il existe dans le cerveau deux systèmes différents qui produisent des états agréables : celui du désir et celui de la satisfaction du besoin. Ils ont chacun leurs propres centres nerveux qui utilisent des neuromédiateurs différents : la dopamine pour le désir et les endorphines pour la satisfaction.
La dopamine est le neurotransmetteur de l’élan vital. Elle produit un sentiment de dynamisme et d’euphorie qui pousse à l’action.
L’hormone qui crée le désir sexuel, tant chez l’homme que chez la femme, est la testostérone. Mais chez une personne dépressive, qui manque donc de dopamine, même des injections de testostérone auront peu d’effet sur le désir sexuel. Ainsi, sans être une hormone spécifiquement sexuelle, la dopamine conditionne malgré tout la force du désir sexuel
Faire souvent l’amour est un moyen très efficace de produire de la dopamine. Un taux élevé de dopamine donne envie de faire l’amour et faire l’amour produit de la dopamine. A priori, cette boucle positive devrait déboucher sur un fonctionnement sexuel sans problème. Malheureusement, comme nous l’avons signalé à propos de l’ocytocine, l’activité sexuelle des êtres humains, bien que parfaitement conçue sur le plan biologique, se heurte à des contradictions liées à leur fonctionnement psychique spécifique. Nous examinons la nature des difficultés engendrées par ces contradictions tout au long de ce livre.
Compte tenu de ce constat, il est très utile de trouver d’autres moyens de produire ce carburant essentiel qu’est la dopamine.
Le travail corporel est un générateur efficace de dopamine
Dans l’approche sexologique que nous pratiquons, le travail corporel est fortement orienté dans un sens dynamique et énergétique pour favoriser la production de dopamine.
Nous décrivons les différents aspects du travail corporel que nous proposons dans un encadré à la fin de la première partie du chapitre 3.
L’augmentation de la production de dopamine crée un dynamisme qui favorise la réapparition du désir sexuel et la dédramatisation des problèmes rencontrés par le couple.
La satisfaction du désir est plus brève que l’attente de sa réalisation
Quand le désir trouve son accomplissement en atteignant l’objet convoité, l’individu peut consommer cet objet et en tirer la satisfaction attendue. Il y a alors apparition d’autres neurotransmetteurs qui apportent la jouissance et la tranquillité : ce sont les endorphines. Celles-ci ont une durée de vie beaucoup plus courte que la dopamine.
Quel que soit le domaine de la vie, la phase de jouissance de l’objet désiré est toujours plus brève que la phase de désir. Il est essentiel qu’il en soit ainsi : quand un individu cherche à atteindre un objectif, il ne doit pas se décourager trop vite. Cette loi, qui s’applique bien sûr à la sexualité, permet de renouveler sans cesse le désir qui représente l’élan vital dans la vie.
Prendre du plaisir à désirer et agir
Compte tenu de ce qui précède, une conclusion s’impose : il est essentiel de prendre plaisir pendant l’action qui va dans le sens du désir sans attendre que ce désir soit comblé. Bien souvent, le désir est vécu comme une tension désagréable dont on ne peut se libérer que par sa satisfaction. C’est souvent le cas dans la sexualité. L’orgasme est une satisfaction très agréable mais de courte durée. Il est très utile d’apprendre à profiter de la phase du désir en tant que telle car éprouver du désir, sexuel ou autre, c’est se sentir vivant. Nous développons ce point de vue dans la première partie du chapitre 3 qui concerne la description physiologique de l’acte sexuel.
Les limites de la neurobiologie en sexologie
Bien qu’ayant fait des progrès considérables, la neurobiologie est loin de pouvoir comprendre l’ensemble du fonctionnement de l’esprit humain. Par exemple, l’imagerie cérébrale illustre le fonctionnement des neurotransmetteurs mais comprendre comment fonctionne la relation entre deux personnes et les mécanismes inconscients qui la perturbent est une toute autre affaire. La réponse se trouve dans le cortex qui est la partie spécifiquement humaine du cerveau. Aujourd’hui, l’imagerie cérébrale est très loin de pouvoir explorer en détail son fonctionnement.
Les différentes méthodes d’analyse psychologique, en s’appuyant sur de nombreuses expériences cliniques, ont développé un savoir qui constitue une base très solide pour comprendre l’ensemble des réactions humaines intrapsychiques (internes à la personne) et interpersonnelles. C’est ce savoir que nous utilisons dans la démarche psychosexologique que nous pratiquons.
L’organisation du livre
Nous avons divisé ce livre en trois chapitres.
Dans le premier chapitre, nous présentons la méthode que nous pratiquons en montrant son fonctionnement à l’aide de témoignages décrivant concrètement comment les problèmes sont abordés.
Puis, dans le deuxième chapitre, nous approfondissons la relation entre la femme et l’homme, en mettant en évidence ce qui les différencie. Cette différence entre les hommes et les femmes est à la fois connue et sous-estimée. À tout le moins, elle est souvent mal utilisée, un sexe critiquant l’autre, au lieu de voir la complémentarité positive possible des formes féminines et masculines. Dans la seconde partie du chapitre, un témoignage très complet de Nelly et Thibaut sur leur évolution, donne une idée très claire de la façon dont un couple motivé peut atteindre un haut niveau de satisfaction dans sa vie sexuelle.
Le troisième chapitre est le chapitre sexologique à proprement parler. Dans la première partie, nous y décrivons le fonctionnement physiologique de la sexualité ainsi que les symptômes qui peuvent entraver son bon fonctionnement aux différents stades de l’acte sexuel. Dans la seconde partie, nous présentons des témoignages d’hommes et de femmes confrontés à ces symptômes. Ils décrivent comment ils ont pu venir à bout de leur dysfonctionnement.
Chapitre 1
Une approche globale pour aborder les difficultés de la vie sexuelle en couple

Dans la vie amoureuse du couple, la qualité de la relation sexuelle est un témoin incontournable. La sexualité est bien difficile à maintenir vivante quotidiennement. Elle signale fréquemment l’insatisfaction des partenaires qui attendent autre chose mais qui ont du mal à mettre en œuvre les actions nécessaires pour sortir de l’ornière de la mésentente sexuelle. De nos jours, les conseils ne manquent pas dans la presse écrite et audiovisuelle. Ces conseils, souvent sensés, sont parfois utiles mais nombreux sont les facteurs personnels et relationnels susceptibles de perturber la relation sexuelle. Tant que ces facteurs ne sont pas clairement vus par les personnes, il leur est difficile d’agir pour améliorer la situation.
En utilisant des outils qui permettent à la fois de comprendre la sexualité et de la développer, celle-ci va constituer un sol de plus en plus solide dans lequel une authentique relation amoureuse, stable et durable, pourra s’enraciner.
Nous le verrons en détail dans la suite de ce livre, les hommes et les femmes réagissent très différemment, à la fois sur le plan physique et psychologique, face à la sexualité. Néanmoins, en tant qu’êtres humains, ils sont soumis aux mêmes lois et confrontés aux mêmes difficultés dans trois domaines essentiels qui déterminent leur aptitude à la satisfaction sexuelle :
1. l’influence de l’histoire personnelle, les perturbations et les croyances qui en résultent ;
2. les problèmes liés à la qualité de la relation avec leur partenaire ;
3. l’anxiété générée par les difficultés sexuelles elles-mêmes.
Bien entendu, ces trois facteurs sont toujours plus ou moins intriqués pour un couple. Ils réagissent les uns sur les autres et sont, de ce fait, difficilement repérables séparément. Nous allons, malgré tout, les présenter séparément pour les besoins de l’exposé.
1. L’ INFLUENCE DE L ’ HISTOIRE PERSONNELLE , LES PERTURBATIONS ET LES CROYANCES QUI EN RÉSULTENT
Tout être humain est le produit d’une histoire personnelle qui détermine fortement ses réactions et ses comportements dans les différents domaines de la vie. Les différents événements marquants que la personne rencontre au cours de son existence façonnent progressivement sa vision du monde et ses croyances personnelles.

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